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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 07.06.2013 à 17h49
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Il était une fois ...
Cette fanfic compte déjà 83 paragraphes
Tina est toujours au téléphone.
Au fur et à mesure que se déroule sa communication, je vois son visage changer. Il devient de plus en plus triste, de plus en plus pâle et vire soudain à la pleine colère ! Elle raccroche sans attendre !
« Tina? Veux-tu qu’on en parle?
- Oh ! Bette ! Si tu savais tout le mal qu’il a dit de toi, que tu étais une malade, qu’il fallait te faire soigner, que tu étais un danger pour la société et qu’il ne comprenait pas ce que je faisais avec toi, toi, une métisse de surcroît ! a-t-il ajouté avec beaucoup de mépris et beaucoup de méchanceté dans la voix ! Et pour finir, il m’a ordonné de ne plus te fréquenter car je courais de grands risques en ta présence ! En entendant de telles inepties sur ton compte, ces mots ont été de trop ! J’étais dans une colère noire et j’ai mis fin brutalement à cet échange en lui raccrochant au nez ! Cela n’a pas du lui plaire ! Mais tant pis, cela m’a fait du bien !
Que va-t-il se produire demain quand je vais rentrer à la maison? Il commence à me faire peur ! Il est entrain de péter les plombs ! Est-ce la jalousie ou bien ses convictions ont pris le dessus. Elles sont telles qu’il est persuadé que tu n’es pas quelqu’un de fréquentable? Je ne le connaissais pas du tout sous ce mauvais jour ! Je dois mettre les choses au point avec lui sans tarder ! Il n’a aucun droit de juger ainsi les gens et leur façon de vivre !
- Tina, je ne comprends pas ce que tu fais avec cet immonde individu ! Toi, si douce, toujours prête à voler au secours des autres ! Calme toi, cela me fait mal de te voir ainsi bouleversée !
- Je t’assure Bette, au commencement de notre relation, il était charmant, aimant, très attentionné à mon égard. Depuis le début de ces manifestations, dans cette ambiance si particulière d’hostilité et de mensonges, il a complètement changé ! Il ne pense plus qu’au prochain défilé et aux paroles haineuses qu‘il va encore pouvoir hurler pour tenter de convaincre le plus de gens possible de la véracité de son combat. Il ne me regarde plus… »
Elle tombe dans mes bras et pleure de chagrin, de colère et de rage. J’essaie de la rassurer comme je peux mais je crois qu’il l’a si profondément blessée qu’elle n’est pas prête pour le pardon !
« Viens, allons voir si nous pouvons trouver un petit quelque chose à manger et nous reviendrons nous coucher. »
L’hôtel ne faisant pas restaurant, j’emmène Tina à la recherche d’un endroit agréable. À une centaine de mètres de là brille une enseigne « aux impressionnistes ». Rien ne pouvait plus nous faire plaisir. Prolonger notre journée de cette façon, c’est un signe?
Nous entrons et nous installons à une table dans un coin tranquille. Le restaurant mérite bien son nom, d’innombrables tableaux d’amateurs ornent les murs.
Une charmante hôtesse vient nous présenter la carte. Un menu alléchant nous est proposé.
Des plats que Tina adore et dévore habituellement sans crainte pour sa ligne. Mais là, c’est du bout des lèvres qu’elle y touche … Elle n’a pas du tout le cœur à festoyer ce soir !
Nous regagnons notre chambre (eh oui ! Tous les voyageurs bloqués comme nous se retrouvent avec nous dans cet hôtel ! Le nombre de chambres étant limité …)
« Tina, si tu veux, passe à la salle de bain en premier, prends ton temps, essaye de te détendre sous une bonne douche ! »
Elle accepte sans rechigner. Je m’allonge sur le lit, ferme les yeux en attendant mon tour.
Le bruit de l’eau qui coule éveille en moi de drôles d’images ! Je vois cette eau entrain de parcourir son corps de déesse ! À cet instant, je voudrais être une goutte d’eau indiscrète et la caresser partout … pénétrer dans ses endroits les plus secrets … Des rêves érotiques s’emparent de mon esprit et m’entrainent loin de cette chambre.
Je ne suis plus là ! Je suis loin avec Tina, seules sur une plage, quelque part au soleil …
Soudain, des cris retentissent.
« Bette ! Bette ! »
Ces cris horrifiés me tirent brutalement de mon voyage idyllique et me ramènent sur terre sans ménagement !
« Viens ! Viens vite ! »
Enfin éveillée, revenue dans la chambre, j‘ai bien du mal à retrouver mes esprits. Mon rêve était si merveilleux ! Je me précipite vers la salle de bain. Heureusement, la porte n’est pas verrouillée car, à l’intérieur, c’est la panique totale !
J’entre et je découvre une Tina paralysée par la peur, complètement immobile et s’expliquant avec difficulté. Elle bégaye :
« Bette ! Regarde … là-haut …au-dessus de ma tête … cette...cette énorme araignée prête à me tomber dessus ! Fais quelque chose, je t’en prie ! »
Au lieu d’agir rapidement, je reste là, figée sur place, sans un geste, béate d’admiration et d’envie devant cette nudité offerte sans retenue …
Devant mon silence et mon manque de réactivité, Tina s’affole de plus en plus ! Cela atteint presque l’hystérie !
« Bette ! Dépêche toi ! hurle-t-elle. Elle bouge ! Je vois s’agiter ses grosses pattes velues…! »
Ce dernier rappel à l’ordre me sort enfin de ma torpeur. Je prends une serviette, entre dans la cabine frôlant au passage ma belle nymphette ce qui occasionne une flopée de frissons qui me traversent le corps… Je frappe d’un coup sec sur la bestiole qui s’écrase au sol. Je la ramasse et la jette dans les toilettes.
Soulagée, Tina se jette dans mes bras. C’est seulement à ce moment là qu’elle prend conscience de sa tenue, ou plutôt… de son manque de tenue !
Elle rougit devant le regard gourmand que je ne peux pas contrôler. Gênée, elle saisit rapidement une serviette et couvre ce corps sublime que j’ai eu tout loisir de découvrir et que je ne suis pas prête d’ oublier !
« Bette, s’il te plaît? Tu veux bien me laisser maintenant finir cette douche, déclare-t-elle d’une toute petite voix, toute gênée encore. Merci pour ton aide ! »
Je desserre mon étreinte et la laisse aller, non sans regret…
Quelques instants plus tard, Tina sort rapidement de la douche, en petite tenue puisque nous n’avons rien d’autre ! Cette halte était totalement imprévue au programme de la journée!!! Elle ose à peine me regarder et file directement vers le lit et se faufile aussi vite sous la couette. Seule, sa tête dépasse !
J’ai quand même eu le temps , une nouvelle fois, d’admirer ses rondeurs exquises!
La douche fraîche est la bienvenue pour calmer mes sens si totalement hors de contrôle … J’en profite longuement. Finalement, l’arrivée d’une eau glaciale me calme instantanément ! J’ai épuisé la réserve d’eau chaude !
Je me glisse dans le lit, en petite tenue aussi. Je me couche, me recroqueville sur le bord, loin d’elle … sinon …
La nuit promet d’ être longue et difficile à supporter avec elle si près de moi ! ! !
Je l’entends respirer, se tourner et se retourner. Elle aussi a du mal à s’endormir ! Est-ce ma présence toute proche qui la perturbe? L’aurais-je troublée? Ne suis -je pas un tantinet présomptueuse de croire cela ? Ou bien elle pense tout simplement à sa dispute avec Eric?
J’en suis là de mes réflexions quand :
« Bette ! Bette ! Tu dors? murmure-t-elle d’une toute petite voix.
- mmmm…
- Je voudrais m’excuser pour tout à l’heure et m’expliquer. Depuis toute petite, j’ai la phobie des araignées, petites ou grosses ! Quand j’en aperçois une, c’est la panique totale ! Même avec les années qui passent, je ne parviens pas à surmonter cela ni à contrôler la peur qui s’empare de moi à chaque fois !
- Chut ! Tina ! Dors! N’en parlons plus. J’étais ravie de t’aider. Et maintenant, bonne nuit ! À demain ! »
Loin de s’endormir, Tina est de plus en plus agitée. Bien sûr, sa dispute avec Eric au téléphone, la perturbe énormément.
« Comment va-t-il m’accueillir demain en sachant que j’ai passé la journée et surtout la nuit avec Bette ? pense-t-elle en se remémorant ce coup de fil.
Mais…si je suis honnête avec moi-même, ce n’est pas exactement cela qui me trouble à ce point ! C’est la présence de Bette à quelques mètres de moi, Bette, toute recroquevillée sur le bord du lit pour éviter tout contact avec moi. Bette qui m’attire de plus en plus, Bette et son charisme envoûtant et son regard si chaud qui m’a contemplée, enveloppée d’une chaleur inconnue, tout à l’heure. Elle n’a pas pu le contrôler devant ma nudité et je me suis sentie des fourmis partout … et…quand elle m’a frôlée sous la douche, j’ai senti tressaillir tout mon être !
C’est la première fois que l’on me regarde ainsi, avec un tel mélange de tendresse et de passion et c’est la première fois aussi que mon corps réagit ainsi ! Aucun homme n’a eu ce pouvoir, même pas Eric au début de notre relation .
Je dois me reprendre. Ces pensées sont invraisemblables de ma part ou bien serai-je entrain de changer fondamentalement ? Serai-je entrain de tomber amoureuse des femmes ? Non, seule Bette produit cette attraction sur moi ! Ce sont seulement ses mains, ses lèvres qui me font envie ! »
Quelques minutes plus tard …
« Bette !
- mmmm…
-Bette, je voulais te dire aussi à quel point j’ai aimé cette journée passée avec toi. Je l’ai aimée plus que tu ne peux l’imaginer ! Ce jardin de Monet est vraiment extraordinaire ! Quelle bonne idée tu as eu de m’y amener !
- Bette !
- mmmm »
À chaque phrase prononcée, elle se rapproche un peu plus et moi, j’essaye vainement de m’éloigner ! D’ici peu, je vais me retrouver par terre !
« Bette !
- mmmm..
- J’ai aimé ton honnêteté, ta loyauté vis-à-vis d’Eric. Il n’en mérite pas tant. Sache que chacune de ses sorties en province se fait en charmante compagnie … il croit que je suis dupe …
- Bette !
- mmmm …
- J’ai aimé le baiser que tu m’as donné. Tes lèvres étaient si douces … »
Elle a encore grignoté quelques centimètres de la distance qui nous sépare !
« Bette !
- mmmm …
- J’ai aimé le regard que tu as porté sur ma nudité tout à l’heure ! Sous sa caresse , je me suis sentie tellement vivante … »
« Bette ! appelle-t-elle encore une fois. Sa voix rauque n’est plus qu’un chuchotement sensuel … Bette !… Je t’en prie !… »
En disant cela, elle se blottit contre moi.
De surprise, j’allume les spots situés au-dessus du lit ! Le doute n’est pas permis ! Ses yeux scintillent de mille étoiles …et sur son visage flotte un air que je ne lui ai jamais vu ! La chaleur de son corps embrase totalement le mien … Je ne résiste plus …
Je me laisse aller, l’enlace, me penche sur elle… à ce moment là, elle blottit sa tête dans mon cou et me murmure à l’oreille :
« Bette, éteins, s’il te plaît ! »
Ce souffle dans mon cou …il ne m’en faut pas plus pour me faire fondre complètement …Sa bouche entrouverte cherche timidement la mienne … Je la laisse faire … Sa langue trouve la mienne …
Le baiser échangé, partagé, est plein de fougue, de désir inassouvi, de passion, de promesses … Je cède à mon envie d’elle refoulée depuis si longtemps …
Ce fut une nuit divine … Je n’ai jamais rien connu de semblable, une telle ivresse, un tel bonheur … Je m’enivrais de son parfum, de la douceur de sa peau, de sa façon de s’abandonner entre mes bras. Pour Tina, je crois qu’elle aussi a vécu une découverte qu’elle n’est pas prête d’effacer de son esprit …j’entends encore ses petits cris de plaisir …
Pensées de Tina:
« Quelle amante merveilleuse ! Je ne suis pas prête d’oublier cette première nuit d’amour dans les bras d’une femme ! Et quand cette femme s’appelle Bette, encore moins, je dirai même jamais ! »
Nous nous sommes endormies au petit matin …
La sonnerie du portable nous tire difficilement de notre sommeil réparateur … Nous n ‘avons dormi que quelques heures ! Mais…qu’importe !
« Bette, je suis si bien, si heureuse de ce qui vient de se passer ! Je t’aime comme je n’ai jamais aimé personne ! Dans tes bras, je me suis sentie complètement femme …épanouie … comblée …et d’avoir su te faire l’amour sans trop de maladresses me réjouit énormément ! J’ai énormément apprécié de savoir te rendre tout le plaisir que tu m’as procuré.
- Oui , ma chérie, toi aussi, tu m’as rendue très, très heureuse. Je t’aime … »
Nous partageons encore un baiser …une étreinte… puis, avec beaucoup de regrets, nous quittons cet endroit magique, lieu de naissance de notre amour !
Nous déjeunons à la hâte et nous précipitons vers la gare. Il ne faudrait pas manquer ce train une nouvelle fois ! Tina a tant de choses à mettre au point avec Eric !
Le train est bien là, à l’heure prévue.
Nous montons ainsi que les autres voyageurs restés à quai, comme nous, la veille. J’ignore si notre bonheur tout neuf se lit sur nos visages , ce qui est certain, c’est que le jeune couple d’hier, nous fait un clin d’œil complice ! Tina rougit de confusion ! Nous échangeons un tendre regard …
Le convoi s’ébranle.
Nous voici, enfin, en route vers Paris !
Une fois parvenues à destination, je raccompagne Tina au pied de son immeuble. Nous entrons dans le hall. Nous échangeons un baiser passionné ! Je la sens totalement abandonnée contre moi ! Puis, elle s’échappe de mes bras sans que j’ai eu le temps de lui redire tout mon amour ... Elle disparaît dans l’ascenseur.
Aucune trace d’Eric.
Je rentre retrouver mon ami Coleman.
Il est soulagé de me voir arriver. Il vient de recevoir un coup de fil de Kit.
« Il faudrait que tu la rappelles de toute urgence ! Je crois que c’est à cause de ton père ! »
Je m’exécute aussitôt.
« Kit ! C’est moi ! Que se passe-t-il avec papa?
- Je ne sais pas trop. Il a fait un malaise . Les filles m’ont aidée. Nous l’avons emmené à l’hôpital où il a subi un tas d’examens. Ce serait bien si tu pouvais rentrer rapidement ! Il est vraiment très faible » déclare-t-elle d’une voix empreinte de tristesse et elle raccroche sans vouloir m'en dire davantage.
Bouleversée, complètement paniquée par cette mauvaise nouvelle, j’appelle Tina pour la prévenir de mon départ précipité. Malheureusement, je tombe sur Eric !
« Pourrais-tu me passer Tina, s’il te plaît? C’est important !
- Je regrette, elle n’est pas là ! Elle vient de ressortir faire quelques courses !
- Pourrais-tu lui transmettre un message alors? Explique lui que je dois rentrer de toute urgence aux U.S.A., mon père est gravement malade !
- Oui ! Oui ! ne te fais pas de soucis ! Je lui transmettrai ton message. »
Je sens une telle jubilation dans sa voix que je suis certaine qu’il apprécie fortement ce départ en catastrophe !
Sans perdre un instant, je fais mes bagages pendant que mon ami me retient une place sur le prochain vol pour L.A. Par chance, il en reste encore une !
Le soir même, je suis dans l’avion sans avoir entendu la voix de mon Amour !
À l’aéroport de Los Angeles, Kit est là pour m’accueillir. Elle est en compagnie d’Alice.
Je suis heureuse de les revoir mais nous écourtons nos effusions de retrouvailles et , sans plus attendre, les filles m’emmènent à l’hôpital au chevet de mon père. Je suis pressée de le retrouver malgré le différent qui nous oppose depuis des années ( il est totalement hostile à ma façon de vivre ! ). Je suis contente d’être là ! Il y a tant de souvenirs qui me rattachent à lui, à mon enfance, à ma mère disparue bien trop tôt ….
Il a l’air épuisé mais ravi de me voir. Je l’embrasse. Nous discutons quelques instants. Je ne m’attarde pas trop afin de ne pas le fatiguer davantage. Selon ses médecins, ses jours sont comptés et il diminue rapidement.
Kit me conduit au Planet. Mes amies me reçoivent à bras ouverts. Nous nous entendons si bien.
Elles me posent un tas de questions sur mon séjour à Paris, sur Coleman, sur la ville, sur les endroits visités… Elles sont intarissables …Ai-je fait des rencontres intéressantes depuis le départ de Sophie?
Elles en deviendraient presque indiscrètes. Elles oublient totalement que je suis épuisée par le décalage horaire mais aussi par le souci que je me fais en retrouvant mon père en si pitoyable état !