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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 07.06.2013 à 17h49
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Il était une fois ...
Cette fanfic compte déjà 83 paragraphes
Je la serre encore plus étroitement contre moi, lui murmure des mots doux à l’oreille et couvre son cou de mille petits baisers tendres. Je sens son corps se détendre et ses pleurs disparaître peu à peu.
J’en profite pour me lever et lui chercher un verre d’eau et je reviens m’allonger à ses côtés.
Un peu apaisée, elle se blottit de nouveau dans la chaleur de mes bras et poursuit son récit.
« Au moment où il allait commettre l’irréparable, ton visage m’apparut avec ce regard si particulier qui savait crier ton amour… Je vis même tes lèvres prononcer ces mots magiques : « je t’aime! »…
Alors, dans un dernier sursaut, je lui flanquais un grand coup de genou ! Sous le coup de la douleur, il me lâcha mais dans un réflexe de rage insensée, il me cogna encore plus fort !
Je perdis connaissance et quand je me réveillai, il avait disparu !
Dans son obsession à vouloir me punir, dans sa hâte à vouloir se venger de mon infidélité, il avait oublié mes affaires…
Malgré la douleur occasionnée par le moindre petit mouvement, je retrouvai mon sac au milieu de mes vêtements éparpillés à même le sol. Je perdis de nouveau connaissance. Après je ne sais combien de temps, je repris conscience.
Je me levai péniblement, ramassai quelques habits que j’enfilai difficilement, m’emparai de mon téléphone et composai le numéro de Jean, mon co- équipier au commissariat, en souhaitant ardemment qu’il ne soit pas parti sur une affaire…
Par chance, c’est bien lui qui prit mon appel !
Je lui racontai ce qui venait de se produire et lui demandai son aide !
Un quart d’heure plus tard, il était là avec Marie, une autre équipière présente au poste à ce moment là.
Ils trouvèrent Eric à la cuisine, endormi sur la table, entrain de dessouler. Il se laissa embarquer sans résistance, se mit à pleurer au souvenir de ce qu’il avait fait… Il leur indiqua, d’un signe de tête, l’endroit où il m’avait enfermée...
En ouvrant la porte de la chambre, Marie fut effrayée par mon aspect. J’avais le visage tuméfié,des marques sur le cou, les bras tout bleus d’avoir été serrés si fort et surtout, je pouvais à peine tenir debout.
Marie appela Jean à la rescousse. D’un commun accord, ils décidèrent de m’emmener à l’hôpital afin que je sois vue par un médecin…
Je restais plusieurs jours en observation car entre temps, j’avais de nouveau perdu connaissance plusieurs fois!
Étaient-ce les coups violents reçus, en particulier sur la tête, toujours est-il que je restais plusieurs jours dans un mutisme total, incapable de raconter exactement ce qui s’était passé ! Moi-même, je suppose, inconsciemment, je voulais effacer ces moments terribles de mon cerveau.
Combien de temps suis-je restée ainsi? Je ne saurais le dire ! Mais après des soins intensifs, beaucoup de calme et de repos, mon cerveau se remit en « marche ! »Petit à petit des souvenirs me revinrent en mémoire.
La première chose qui me vint à l’esprit, ce fut toi ! Ton image, toi si magnifique, tendre, souriante me tenant dans tes bras. Puis, ce fut ton regard amoureux et tes « je t’aime » murmurés si souvent à mon oreille qui retentirent dans ma tête et qui me sortirent totalement de ma léthargie, de mon amnésie passagère !
Soudain, je réalisai vraiment ce qui c’était passé ! Tout me revint d’un seul coup, les bons moments comme les mauvais !
Mais surtout, je réalisais que tu étais sans nouvelles de moi depuis des jours ! Je me rendis compte alors combien tu devais n’y rien comprendre, combien tu devais te faire du souci ! Peut-être même envisageais-tu le pire ! Je t’imaginais tellement inquiète de ne pas avoir de réponse à tes appels.
À cet instant, je me souvins de Coleman !
Je n’eus de cesse que Jean, mon co-équipier, ne me trouve son numéro ! Je me mis en relation avec lui ! Il vint me rendre visite à l’hôpital. C’est ainsi que nous avons fait connaissance. Il était au courant de notre amour. Tu lui avais tout raconté au fur et à mesure que notre histoire progressait. Il me donna alors les vraies raisons de ton départ.
Ainsi, il m’apprit tes nombreux coups de fil restés sans réponse, ton désespoir, ton incompréhension devant mon silence obstiné.
C’est ainsi que j’ai su que tu l’avais contacté pour venir enquêter dans le quartier. Quand il est venu, j’étais déjà hospitalisée. Jean avait menée l’affaire très discrètement, c’est pourquoi les voisins n’étaient au courant de rien ou pour le moins, de peu de choses.
Avec Coleman, tu as un ami des plus sincères, des plus sûrs !
Il me rendit visite tous les jours ! C’est lui qui assura ma sortie de l’hôpital.
C’est lui qui organisa notre voyage pour venir te rejoindre, me demandant de garder le silence. Il était tellement heureux d’apprendre, qu’enfin, ta quête du grand Amour avait abouti qu’il voulait être le premier à assister à nos retrouvailles !
Cela prit un peu plus de temps que prévu car ton pays ne laisse pas entrer facilement les étrangers, même avec la double nationalité ! Il faut montrer patte blanche et répondre à un questionnaire très serré avant d’obtenir le visa d’entrée chez vous ! Heureusement , Coleman connaissait du monde à l’ambassade américaine … Cela nous a été très utile ! Il a pu accélérer la procédure!
Accepte mes excuses pour avoir osé prolonger ton angoisse plus que nécessaire. Ton ami méritait bien ce petit sacrifice en remerciement de ses attentions à mon égard.
Voilà, ma chérie, tu sais tout.
- Je suis si désolée mon cœur. J’étais loin d’imaginer cela ! Je te promets d’être toujours aux petits soins pour toi, de t’aimer toujours tendrement et même passionnément ! Qu’est-il advenu d’Eric?
- Il est en prison pour un certain temps et moi je viens chercher l’hospitalité dans ton pays et surtout l’amour dans tes bras. »
Je l’allonge près de moi, contre moi.
Pendant un long moment, je contemple, je caresse son beau visage que j’ai failli oublier ! Nos yeux ne se quittent pas et, quand je me penche sur elle pour un tendre baiser sur ses lèvres si douces, elle passe ses bras autour de mon cou…me serre très, très fort, dans un geste de total abandon …alors …c’est l’embrasement total de nos deux corps … Je ne quitte pas ses yeux ni son visage une seule seconde , elle est tellement belle dans l’amour !
Nous nous aimons toujours avec la même passion, la même tendresse…toujours aussi émerveillées de découvrir l’autre, de découvrir la puissance de l’amour de l’autre…
Après une longue étreinte, nos corps apaisés , dans le silence, nous retrouvons nos esprits.
« Tina, je voudrais te présenter à quelqu’un qui souhaite me voir enfin heureuse. Voudrais-tu m’accompagner à l’hôpital? Je pense que l’ami Coleman t’a expliqué le pourquoi de mon départ précipité.
- Oui, ma chérie! J’ai hâte de faire sa connaissance. Nous devrions peut-être simplement changer de tenue !
- Alors, pressons nous ! L’heure de ma visite du soir est proche ! Je ne voudrais pas qu’il s’inquiète de mon retard ! Je sais bien qu’il n’est pas seul, Kit doit déjà être près de lui. Depuis qu’il est hospitalisé, elle a trouvé un gérant pour s’occuper de son bar le soir. »
Nous quittons mon atelier, repassons par le jardin pour regagner la maison.
Tout le monde est parti !
Nous nous changeons tranquillement. Nous montons en voiture et en route pour l’hôpital.
À cette heure-ci, la circulation est dense. J’ai donc tout loisir de lui raconter les rapports que mon père et moi entretenions avant sa maladie.
« Depuis mon adolescence, il m’a pratiquement ignorée quand il a appris mon amour pour les femmes. Pour lui qui fréquentait régulièrement l’église, c’était un grave pêché de vivre ainsi ! Nous nous voyions de temps en temps car mon affection pour lui était restée la même ! Simplement, j’étais mal à l’aise à chaque rencontre car je sentais sa réticence, son opposition permanente. Je ne lui ai jamais présenté aucune des quelques partenaires que j’ai pu avoir ! Peut-être qu’Alice a du être la seule mais, comme elle n’avait peur de rien ni de personne , elle a réussi à lui plaire et ils sont restés bons amis même après notre rupture.
Je te raconte tout cela pour te décrire mon étonnement quand l’autre soir, alors que j’étais en plein désespoir de ton silence, il a senti cette détresse. Il m’a demandé gentiment des explications sur ce qui me rongeait ainsi.
Alors, n’y tenant plus, je lui ai avoué mon amour pour toi, les circonstances qui nous ont permis de nous rencontrer à Paris, mon chagrin d’être sans nouvelles de toi depuis des jours.
C’est alors qu’il a fait son mea-culpa, qu’il ma dit avoir enfin compris que la chose importante était l’amour partagé ! C’est lui qui m’a poussé à te contacter une nouvelle fois !
Tu connais la suite : c’est à cet instant que Coleman et toi êtes apparus dans mon salon !
- Mon pauvre petit cœur, comme tu as du souffrir de cette situation !
- Oui, mais comparé à ce qu’Eric t’a fait subir…
- Chut, ma belle ! Une nouvelle vie commence pour nous deux ! »
Nous arrivons enfin à l’hôpital. À cette heure assez tardive, les places de parking sont faciles à trouver ! Je gare la voiture , nous descendons du véhicule et c’est main dans la main que nous nous dirigeons vers l’entrée.
Tina est un peu émue, un peu stressée.
« Après ce que tu viens de me raconter sur l’attitude de ton père par rapport à ta vie sentimentale, crois-tu qu’il va m’accepter ainsi sans sourciller ? Sa clémence récente est peut-être due simplement à sa maladie , à sa faiblesse ? Et , quand il va vraiment réaliser que je suis une femme , que tu aimes une femme , sa tolérance ne va-t-elle pas disparaître à nouveau ? Et alors, ma chérie, que se passera-t-il à ce moment là? Tu devras choisir ? Renoncer à rester près de lui ou renoncer à moi ! Je panique à cette seule pensée !
- Non , mon tendre amour, il était parfaitement sincère l’autre soir. Malgré sa grande fatigue, crois moi, il avait toute sa tête et il était vraiment conscient de ce qu’il disait ! Il savait à quel point, en parlant ainsi, il allait me rendre heureuse ! Je t’assure, n’aie aucune crainte, cette rencontre va bien se dérouler !
- Je le souhaite de tout cœur ! Embrasse moi, cela me donnera du courage pour affronter son regard. »
Nous prenons l’ascenseur, arrêt au premier étage.
Nous sortons et marchons en direction de la chambre 123.
Tina me serre la main de plus en plus fort ! Mes paroles rassurantes ne l’ont pas du tout convaincue ! C’est une situation tellement inconfortable pour elle ! Dans son monde d’avant, la rencontre avec les parents d’Eric était dans la « norme »! Là, elle va rencontrer le père de celle qu’elle aime, mon père ! Au fur et à mesure que nous avançons, Tina ralentit de plus en plus. Je vois l’inquiétude sur son visage, dans ses yeux.
« Bette, je ne me sens pas très bien. Ces odeurs d’hôpital me rappellent de trop mauvais souvenirs ! Allons nous -en ! »
Je m’arrête, la prends dans mes bras, la serre avec tendresse tout contre moi. Je l’embrasse doucement tout en prononçant des paroles apaisantes. Peu à peu, son malaise semble se dissiper et c’est d’un pas un peu plus sûr que nous arrivons devant la porte de la chambre.
Après avoir frappé, nous entrons dans cette chambre qui fait si peur à Tina.
Kit est déjà là, comme prévu.
Dans son lit de malade, mon père paraît un peu mieux. La douleur semble lui laisser un peu de répit ce soir. Serait-ce une rémission passagère ?
Le bruit de la porte qui se referme le tire de sa somnolence habituelle. Un grand sourire éclaire son visage marqué par la maladie. La présence de Tina à mes côtés le rend heureux.
« Père, je te présente Tina . Voici la jeune femme auprès de qui je veux passer le reste de ma vie. Tu te souviens, je t’ai raconté notre histoire, l’autre soir et tu m’as donné ton approbation.
- Je m’en souviens parfaitement Bette. N’aie aucune crainte, je ne vais pas revenir sur ma parole. Approchez toutes les deux, venez tout près de moi. Je veux vous découvrir Tina, faire votre connaissance. Vous devez être quelqu’un d’exceptionnel si Bette vous a donné son amour ! »
Tina s’approche timidement, toutes ses craintes ne se sont pas totalement dissipées.
« Bonsoir monsieur. Je suis ravie de connaître enfin le père de Bette. Elle m’a tellement parlé de vous et de la joie que votre changement d’attitude lui a procuré.
- Donnez moi chacune une main. » nous demande-t-il dune voix pleine de malice et un grand sourire aux lèvres.
Nous nous exécutons en échangeant des regards pleins d’incompréhension ! Voilà des jours que je ne lui ai pas vu cet air réjoui !
Il prend nos mains et les place l’une sur l’autre dans sa propre main.
« Soyez heureuses mes filles, continuez à vous aimer. Tina, je vous confie Bette. Promettez moi de la chérir, de prendre soin d’elle car sous ses airs décontractés se cachent une sensibilité, une fragilité insoupçonnables ! »
Sur ces dernières paroles, il ferme les yeux. Les efforts qu’il vient d’accomplir l’ont complètement épuisé !
Je me tourne alors vers Kit pour lui présenter mon bel Ange blond mais elle ne m’a pas attendue ! Elle serre déjà Tina dans ses bras et l’embrasse tendrement comme si elle la connaissait depuis longtemps.
« Bonjour petite sœur, bienvenue à L.A. Je suis si contente de voir votre bonheur ! Vous rayonnez toutes les deux ! Je n’ai jamais vu une telle joie sur le visage de Bette. Tina, il ne te reste plus qu’à faire connaissance avec le reste de la bande. Je suis certaine qu’Alice et Shane seront ravies de t’accueillir parmi nous! »
Puis, nous cessons ce bavardage afin de ne pas perturber le sommeil de mon père. Nous restons ainsi un long moment, chacune perdue dans ses pensées. J’ai apprécié l’accueil , la gentillesse de Kit envers ma Douce. Celle-ci a d’ailleurs l’air parfaitement à l’aise parmi nous maintenant. Elle a retrouvé son sourire que j’aime tant chez elle , ce sourire qui affole toujours mon cœur.