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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 04.11.2013 à 18h20
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Bette et Tina heureuses. Eric en fuite.
Cette fanfic compte déjà 138 paragraphes
Pendant que tous ces événements heureux : amour-passion entre Tina et Bette, naissance d’Angelica, baptême du bébé, mariage de Bette et Tina… se déroulaient à Los Angeles, qu’est-il advenu d’Eric l’ex-fiancé parisien de Tina ? Celui-là même qui avait disparu juste avant la date de son procès.
Vexé dans sa dignité d’homme d’avoir été trompé par sa fiancée et surtout trompé avec une autre femme, lui, le militant homophobe invétéré, cela lui avait été insupportable ! Et puis, lui, avocat, être jugé par ses pairs pour ses brutalités, pour ses actes de malveillance envers une femme, envers Tina, ( elle s’est quand même retrouvée à l’hôpital avec amnésie passagère et de nombreuses contusions ! ) lui, l’orgueilleux, ne pouvait l’accepter !
C’est pourquoi lors de sa liberté conditionnelle, il avait préféré disparaître sans laisser de trace. Et, malgré toutes les recherches entreprises aussi bien par Jean, le co-équipier de Tina au commissariat à Paris, du temps où elle était dans la police que par Interpol, personne n’avait réussi à le localiser !
Il s’est réfugié au fin fond de l’Afrique pour se faire oublier de la métropole.
Il s’est acoquiné avec une bande de malfrats peu recommandables ! Il a effacé de son esprit toute notion de morale, de bien et de mal, tout ce qui comptait pour lui de son passé est totalement oublié !
Il participe avec eux à toutes sortes de trafics . Sur ce continent secoué sans cesse par des coups d’état, des révoltes, des révolutions de toutes sortes, il vend aussi bien des armes, des diamants que des concessions illicites de bois précieux.
Il n’a qu’un seul but dans cette nouvelle vie : devenir extrêmement riche pour prouver au monde sa toute puissance !
Il est de plus en plus méconnaissable ! Lui, le dandy parisien, toujours tiré à quatre épingles, toujours en costume-cravate, chaussures de grand prix aux pieds, toujours rasé de près, des cheveux à la coupe toujours impeccable, l’air hautain en permanence, lui, maintenant, se trimbale tout le temps en treillis, chaussé de rangers.
Le mot élégance a disparu de son vocabulaire. Il a laissé pousser sa barbe et ses cheveux.
Il a tout du bandit de grand chemin ! Il a complètement disjoncté, complètement perdu la tête ! Il est dans le déni total !
Apparemment, c’est sa nouvelle façon de vivre ! Il a rayé de ses souvenirs toute sa vie d’avant, sa conscience, ses amis, ses relations, Paris qu‘il aimait tant.
Il est devenu un vrai marginal se laissant seulement attirer par l’appât du gain et n’hésitant pas à boire avec ses comparses. C’est une mauvaise habitude qu’il a prise depuis quelques mois !
De temps en temps, dans de courtes périodes de lucidité (oui, cela lui arrive parfois ! ), il repense à Tina, à sa beauté, à son amour perdu … Il revoit tous ces bons moments de tendresse , d’amour partagé …et il pleure !
Mais, quand sur l’image de ces merveilleux instants vient se superposer l’image de la photo prise par le détective au musée de Giverny, la photo du baiser échangé entre elle et Bette, il ne peut retenir sa colère ! Et sa rage revient aussi forte qu’alors ! Il maudit ces deux femmes, ces deux « salopes » qui ont gâché sa vie à jamais et l’ont transformée en un véritable enfer ! Pour chasser ces clichés de son esprit, il replonge dans l’alcool et ne dessoule pas pendant des jours !
Quand il a ces crises, il est inutile de l’aborder, il ne se contrôle plus ! Il est d’une brutalité incroyable et n’hésite pas à invectiver ses acolytes au risque de prendre de mauvais coups.
Il a même une arme à la ceinture et serait prompt à s’en servir au moindre regard de travers ! Même les femmes n’ont aucune grâce auprès de lui dans ces périodes là !
Les jours, les semaines, les mois passent ainsi et il s’enfonce de plus en plus dans la déchéance ! Il devient un poids mort vis-à-vis de ses collègues qui commencent à le regarder d’un air menaçant. Il ne leur est plus d’une grande utilité.
Mais un jour, Bernard, un des chefs de la bande revient dans leur fief en compagnie de sa petite amie.
Le cœur d’Eric fait tilt dans sa poitrine quand il l’aperçoit ! C’est le coup de foudre immédiat ! Il est amoureux ! Elle est si belle, si magnifique avec cette cascade de cheveux blonds qui lui couvrent les épaules, avec ses yeux noisette au regard plein de douceur. Inconsciemment, il repense à Tina. Elle lui ressemble ! Elle a sa même peau laiteuse, la même façon de se déplacer…
Il émane d’elle quelque chose d’indéfinissable mais, oh combien attirant ! Il reste sous le charme . Il se sent attiré vers elle comme un papillon vers la lumière !
Il n’a plus qu’une idée en tête : la conquérir, la séduire, l’aimer…
Du jour au lendemain, il change complètement ! Finis la barbe et les cheveux hirsutes ! Rasé de près, cheveux courts, il reprend figure humaine ! Finies les beuveries également ! La belle Carole devient son obsession.
Il redevient le séducteur qu’il était à Paris. Il retrouve ses bonnes manières, l’art de faire des compliments. Au bout de quelque temps, étonnée, ravie, séduite par cette attitude inhabituelle dans un tel endroit, Carole, peu à peu, se détourne de son compagnon pas toujours très tendre avec elle , avare de compliments, d’attentions délicates et arrive ce qui devait arriver pendant l’absence du chef, Carole succombe au charme d’Eric ! Eric l’ entraîne chez lui… Il lui fait l’amour avec tendresse, avec douceur. Il l’embrasse, la caresse avec passion. Carole se donne totalement à lui. Il est heureux et elle aussi ! L’amour s’est installé entre eux pour toujours !
Cela dure pendant plusieurs jours. Ils oublient tout ce qui les entoure et vivent à fond ces instants délicieux. Ils oublient surtout le retour imminent de l’amant !
Après quinze jours d’absence pour vendre un stock d’armes à des rebelles de la région, Bernard rentre au camp, discrètement, content de la bonne affaire qu’il vient de réaliser.
Un collègue d’Eric, évincé par la belle Carole, jaloux du bonheur des deux amoureux, ne pense qu’à une seule chose : se venger de ce couple qui semble le narguer en permanence.
À la nuit tombée, il se rend chez Bernard qui ne s’est encore rendu compte de rien, occupé qu’il est à mettre son argent à l’abri en attendant le partage avec ses hommes.
Arguant qu’il est son meilleur ami et que Bernard doit tout savoir, pour son bien n’est-ce pas ? Il joue le rapporteur en se frottant les mains de joie en pensant au bon tour qu’il est entrain de jouer à Eric. Il faut voir son air sournois, hypocrite en annonçant cette nouvelle qui éclate comme une bombe aux oreilles de Bernard !
Celui-ci, sans en entendre davantage, sans perdre de temps, se précipite, bousculant au passage son informateur pour vérifier la véracité des faits que l’on vient de lui raconter.
Eric et Carole sont pris en flagrant délit, tendrement enlacés sur le lit, dans la chambre ! Aucun doute n’est permis.
Bernard entre dans une rage folle ! Il empoigne la jeune femme brutalement, lui assène quelques gifles bien appuyées, des coups de pieds et ne cesse de la secouer et de la malmener tout en la traitant de tous les noms !
Bernard entraîne Carole à l'extérieur.C’est insupportable pour Eric qui leur emboîte le pas ! Comment peut-on traiter ainsi une femme ? D’indignation, il se précipite vers la brute pour défendre sa belle amie. Mal lui en prend de se ruer ainsi au secours de Carole.
Ses forces décuplées par la colère, Bernard l'accueille avec un coup de poing magistral qui le laisse à moitié groggy. Il titube mais réussit à rester debout .
Pendant ce temps, alertés par les cris de la jeune femme et les hurlements de colère de l’amant trompé, tous les gens présents au camp sont sortis pour assister à la bagarre !
Encouragé par les cris de ses hommes, Bernard lâche la jeune femme et se tourne vers Eric pour le rouer de coups ! Celui-ci ne réussit même pas à se défendre ! Il tente bien de riposter mais en vain ! Il encaisse et finit par s’effondrer ! Bernard l’abandonne sur place et emmène avec lui une Carole en larmes, terrorisée par cette attitude brutale !
Eric est dans un triste état ! Il n’est pas habitué à de telles rixes et n’a pas su éviter, esquiver le moindre coup !
Il reste immobile, un long moment sur le sol, couché en chien de fusil. Il a un œil qui commence à enfler, sa mâchoire est douloureuse et il a mal partout !
Les minutes passent…
Eric ne bouge toujours pas ! Personne ne s’inquiète. Chacun est retourné à ses occupations sans un regard vers lui…
Il n’était plus très apprécié au sein du groupe ! On lui reprochait son arrogance, son air supérieur. On le tolérait pour sa maîtrise parfaite du droit qui permettait à la bande de signer des contrats juteux ! Et encore, cette maîtrise avait tendance à disparaître peu à peu ! Depuis qu’il se laissait aller à boire de plus en plus souvent.
Alors, que fait-il ainsi immobile?
À la suite des coups reçus, il paraît émerger avec bien du mal ! Il est simplement entrain de récupérer physiquement mais surtout , il vient d’avoir un flash et il est entrain de faire le tri dans sa tête.
« Qu’est-ce que je fais ainsi allongé par terre, dans cet endroit inconnu ? » se demande-t-il.
Soudain, tout ce qu’il avait enfoui au plus profond de lui, ressurgit avec une violence inouïe ! Un flot d’images pas très flatteuses pour lui ne cesse de défiler dans son esprit ! Est-ce d’avoir assisté à la brutale correction infligée à Carole ? Toujours est-il qu’il se revoit dans la même position que Bernard entrain de frapper une femme avec la même brutalité ! Et pas n’importe quelle femme ! Enfin … il réalise que c’est Tina qu’il a maltraitée ainsi !
Cette fois, tout lui revient : son arrestation, sa remise en liberté conditionnelle et sa fuite…
Il se redresse brutalement, s’assoit et se prend la tête à deux mains. Enfin, il est réveillé ! Bien réveillé même, lucide enfin…
« Bon dieu ! Quel con j’ai été ! Quel imbécile parfait !
Cette homophobie obsessionnelle poussée à son paroxysme ! Cette haine rabâchée, hurlée sans cesse au cours de ces manifestations à répétition dans les rues de Paris ont fini par m’empoisonner le cerveau, effacer toute possibilité de jugement ! Bien au contraire, je n’étais plus qu’un robot sans cervelle qui se prélassait dans ses idées malsaines et s’obstinait à vouloir faire la chasse aux homos comme au Moyen Âge on faisait la chasse aux sorcières. J’étais obnubilé par ces pensées destructrices.
Alors, quand j’ai regardé cette fameuse photo de Tina et Bette, mon sang n’a fait qu’un tour ! Je lui suis tombé dessus sans lui laisser la moindre chance de s’expliquer ! Je l’ai frappée, encore et encore, comme une brute, la brute que j’étais devenu ! C’était une attitude impardonnable d’autant plus que sur le coup, je n’ai éprouvé aucun remord et ne me suis jamais soucié de la santé de Tina ! Je ne me reconnais plus ! Je sais que j’ai des défauts mais jusqu’alors la lâcheté n’en faisait pas partie !
Maintenant que j’ai retrouvé ma lucidité, je dois assumer les conséquences de mes actes ! »
Eric est effaré par ce qu’il vient de découvrir concernant sa vie d’avant.
Toujours assis à même le sol, il poursuit son monologue.
« Avant toute chose, je dois me soucier de Carole, la sortir des griffes de Bernard et, si je peux, l’emmener avec moi. Je l’aime et je crois qu’elle m’aime aussi. Ma vie sans elle n’aurait aucun sens ! Elle ne peut continuer à vivre dans de telles conditions !»
Sans plus tarder, il se relève, certes avec beaucoup de difficultés, en serrant les dents, il a mal partout. Après bien des efforts, il est debout !
Il se dirige vers sa demeure, emballe rapidement ses affaires et charge sa voiture. Puis il se rend chez Bernard, prêt à affronter une nouvelle bagarre s’il le faut. Qu’importe, une seule chose a de l’importance : sortir Carole de cette situation !
Il entre. Un grognement de surprise l’accueille.
« Que veux-tu encore ? Que cherches-tu ? Une nouvelle raclée ?
- Je pars et j’aimerais que Carole m’accompagne.
- Quoi ? Cette traînée ? Grand bien te fasse ! Elle peut partir avec toi mais …déguerpissez sur le champ avant que je ne change d’avis ! »
Sans plus attendre, Eric saisit la main de sa belle et l’entraîne vers la voiture. À peine lui a-t-il laissé le temps de récupérer quelques-unes de ses affaires. Il craint tellement que Bernard ne change d’avis et ne les empêche de partir qu’il accélère leur départ !
Apparemment, elle ne porte aucune trace de mauvais coups. Seules ses joues sont encore rouges des gifles reçues et ses yeux sont encore tout gonflés d’avoir pleuré.
Ils s’installent dans le véhicule et démarrent en trombe après avoir échangé un tendre regard. Carole se met à l’aise, elle est détendue, confiante, prête à affronter une nouvelle vie ailleurs avec ce nouveau compagnon si attentionné, si aimant.
C’est sans regret que tous deux quittent cet endroit malfamé ! Ils partent sans un regard en arrière. Eric est encore secoué par ce rappel du passé et il n’a qu’une hâte : réparer tout le mal qu’il a fait !
Ils roulent ainsi pendant des kilomètres et des kilomètres sans échanger un mot, chacun perdu dans ses pensées. Seuls leurs yeux communiquent et leurs mains se caressent de temps en temps.