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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 04.11.2013 à 18h20
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Bette et Tina heureuses. Eric en fuite.
Cette fanfic compte déjà 138 paragraphes
Enfin, ils arrivent sans encombre dans une grande ville. Ils cherchent un hôtel pour se reposer un peu et discuter de leur avenir.
Eric ne veut avoir aucun secret pour sa bien-aimée. Il décide donc de lui raconter en détails tous les événements qui ont précédé sa venue ici.
Il ne lui cache rien de son homophobie passée. Il lui parle de son amour d’alors, de Tina qu’il a perdue à tout jamais à cause de son intransigeance, de sa bêtise. Il évoque la rencontre avec Bette, cette lesbienne magnifique, comment elle a réussi à sauver la vie de Tina, comment elles sont devenues amies, comment sa jalousie et surtout sa haine des homos l’a poussé à engager un détective pour les suivre partout et photographier leurs moindres faits et gestes et enfin, comment dans son aveuglement, il a perdu la tête et roué de coups Tina. Il ne se contrôlait plus, il n’était plus que haine et seule, l’intervention de la police a pu faire cesser ce massacre.
Il parle aussi de son arrestation, de son court passage en prison et comment il s’est enfui pendant sa liberté conditionnelle afin d’échapper à tout jugement.
Il lui explique également comment il avait réussi à effacer tout cela de sa mémoire et comment tout ce passé si profondément enfoui venait de ressurgir si brutalement. Il lui dit combien il regrette cette attitude et son souhait sincère d’assumer les conséquences de ses actes. Il évoque son désir de retourner en France, de s’inquiéter enfin de Tina et de se rendre afin que la justice fasse son travail. Ce n’est qu’après tout cela qu’il se sentira vraiment redevenu un homme fréquentable.
Pendant cette longue tirade, cette longue confession, Carole n’a pas dit un mot, n’a pas émis le moindre reproche.
Simplement cette histoire l’a bouleversée. Elle est passée par tous les stades de l’émotion : étonnement, incompréhension, horreur…
Eric s’en est bien rendu compte et implore son pardon, jurant qu’il n’était plus cet homme obtus, cette brute qui n’avait pas hésité à frapper une femme ! Il est prêt à tout assumer mais essentiellement, ce qu’il veut c’est le pardon de Tina.
Il souhaite donc retourner en métropole et si Carole veut faire sa vie avec lui, il lui explique qu’il faudra peut-être qu’elle accepte de l’attendre.
« Ma chérie, je t’aime plus que tout. Grâce à toi, je me sens revivre, j’ai retrouvé toute ma dignité. Je ne voudrais pas te perdre mais je dois assumer et payer pour ce que j’ai fait ! C’est seulement après que je me sentirais réellement un autre homme. Auras-tu le courage de m’attendre pendant cette période difficile ?
- Eric, je t’admire beaucoup et je te remercie pour ce courage et cette franchise dont tu viens de faire preuve et sache que je t’aime aussi et que je suis prête à t’aider , à te soutenir pendant tous ces instants pénibles ! Sois sûr d’une chose, je t’attendrais le temps qu’il faudra ! Je suppose que Tina sera présente au procès. Comment va-t-elle réagir en te voyant ? Et toi ? N’auras-tu aucun regret ? Tu l’aimais beaucoup il me semble !
- Oui, je l’ai aimée mais certainement pas comme elle l’aurait voulu ! À l’époque, seule ma carrière avait une très grande importance à mes yeux ! Je considérais comme un fait acquis pour toujours sa présence à mes côtés. Il me semblait donc inutile de me montrer tendre envers elle chaque jour ! Quel idiot j’ai été quand je repense à cette période de ma vie ! Je devais être prétentieux, froid, calculateur, en un mot : imbuvable… Alors, quand Bette est apparue dans sa vie, je ne faisais pas le poids ! Elle était tellement belle, séduisante, douce, charmeuse, attentionnée, passionnée par l’art… Et moi, comme un imbécile, au lieu de changer ma façon de penser, au lieu d’essayer de la reconquérir, je n’ai fait que m’impliquer davantage dans ces manifestations de rue, de persister dans mon attitude sans concession ! J’ai laissé la haine obscurcir mon esprit…
Oui, c’est vrai , je l’ai aimée mais une autre vie commence pour moi et je ne la conçois pas sans toi, sans ta présence, sans ton amour. »
Après quelques jours de repos, après avoir mis au point, ensemble, un plan pour rentrer en France, ils prennent l’avion. Direction : Paris !
Pour voyager, Eric a gardé sa fausse identité. Il met un point d’honneur à se rendre à la police, seul, en toute connaissance de cause et pas du tout encadré par deux gendarmes qui l’auraient cueilli à l’aéroport et mené manu-militari, menotté au premier poste de police ! Il veut rester libre de son choix, de sa décision.
Le passage à la douane s’effectue normalement. Le voyage se déroule sans problème. Ils sont des passagers comme les autres. Ils atterrissent à Roissy.
Ils récupèrent leurs bagages, prennent un taxi et se rendent à l’appartement qu’Eric à conserver à Paris.
Il y installe Carole, lui donne quelques conseils pour se repérer et se déplacer dans cette grande ville inconnue pour elle. Il lui procure le plan du métro. Il lui explique où aller pour faire les courses… Il lui donne également l’adresse et le numéro de téléphone de l’avocat qu’il compte solliciter pour sa défense, à charge pour elle de le contacter dés qu’il sera arrêter.
Quelques jours plus tard, après avoir bien pris le temps de guider Carole dans cette grande ville, après lui avoir fait visiter ses endroits préférés, après avoir fait provision de beaucoup d’amour, il détruit ses faux papiers et c’est d’un pas serein qu’il se dirige vers le commissariat où travaillait Tina autrefois.
Il lui semble qu’il s’est écoulé des siècles depuis ce moment fatidique où il s’est retrouvé là après sa crise de violence, de folie furieuse envers Tina.
Il espère que Jean, l’ancien co-équipier de Tina est encore là, qu’il n’a pas été affecté ailleurs. Cela le rassurerait un peu de tomber sur lui.
Après une courte balade dans les rues parisiennes pour humer encore cet air particulier qui lui manquait tant en Afrique, il se retrouve devant le commissariat qu’il s’est choisi, à l’heure qu’il s’est choisie.
Après une profonde inspiration, c’est d’un pas décidé qu’il en franchit le seuil. Personne ne se précipite sur lui ! Apparemment, on ne l’a pas reconnu ! Il s’approche de l’accueil et demande l’inspecteur Jean T…..
Par bonheur pour lui, Jean est là. Il arrive quelques minutes plus tard.
Il reconnaît Eric aussitôt.
« Suivez moi » lui dit-il et « ne nous dérangez pas ! » ajoute -t-il en se tournant vers ses hommes.
Eric : je viens me rendre, je me suis conduit comme un imbécile. Je suis bien décidé à tout assumer pour retrouver l’estime de moi ! Auparavant, avant que vous ne procédiez à mon arrestation, j’ai une grande faveur à vous demander.
- Quoi ? Que voulez-vous ? répond Jean d’un ton glacial. Il a encore en mémoire l’état de Tina quand il l’a retrouvée dans la chambre, pliée en deux, se tordant de douleur, à moitié inconsciente.
- Je voudrais des nouvelles de Tina ! Comment va-t-elle après ce que je lui ai fait subir ?
- çà alors ! Vous ne manquez pas d’air ! Il vous a fallu tout ce temps pour réaliser, regretter votre comportement inadmissible envers Tina ! Enfin, je veux bien vous répondre, vos regrets ont l’air sincères ! déclare-t-il devant son air vraiment désolé.
Après un séjour assez court à l’hôpital, elle a quitté la France. Elle est partie aux Etats- Unis. C’est tout ce que je sais. Vous pourrez le lui demander lors de votre procès, elle y assistera certainement.
- Merci. »
Après avoir consulté le procureur, il arrête Eric. Il le met en cellule en attendant son transfert le lendemain pour le quartier des prévenus, à la prison de Fresnes où il restera jusqu’au moment de son procès.
Pendant ce temps, à Los Angeles, dans la maison de Bette et Tina, chacune est prise par ses occupations habituelles.
Bette est entrain de préparer le repas et se bat avec les casseroles ! Ce n’est pas évident pour elle de cuisiner. Quand elle vivait seule, elle passait chez le traiteur et le problème du repas était vite réglé ! Mais maintenant qu’elle a femme et enfant, elle met un point d’honneur à les gâter en leur faisant de bons petits plats quoique, pour Angelica qui en est encore au stade du biberon, c’est vite fait !
Quand elle est ainsi à ses fourneaux, Tina vient souvent se frotter à elle, l’enlacer sous prétexte de surveiller la cuisson. De voir son amour ainsi affublé d’un tablier de cuisine, elle trouve cela très excitant ! Elle passe ses bras autour de sa taille, se serre contre elle et lui vole un baiser. Elle adore voir Bette dans sa tenue de cuisinière ! Elle la trouve émouvante, sexy… Sentant ces baisers chauds dans son cou, ces mots doux murmurés à son oreille, Bette en frissonne de plaisir…
« Tina…s’il te plaît… ce n’est pas le moment… » murmure-t-elle d’une voix désolée.
L’amour, la passion habitent toujours cette maison ! Cela se ressent dès que l’on en franchit le seuil.
Rien qu’à observer ces deux femmes, les regards tendres qu’elles échangent, les frôlements de mains quand elles se croisent dans la maison, on comprend la profondeur de leur amour. Elles sont très heureuses et, de vivre entre elles deux, Angelica est une petite fille très éveillée, très câline, épanouie.
Tandis que Bette cuisine, Tina est retournée à l’ordinateur pour vérifier les mails reçus ces derniers jours.
« Bette, ma chérie ! Viens par ici ! s’écrie-t-elle soudain.
- Où es-tu ?
- Au bureau, devant l’écran de l’ordinateur. »
Bette arrive, s’installe aux côtés de Tina, passe un bras autour de son cou et la serre tendrement contre elle.
« Que se passe-t-il Tina de si important pour que tu me déranges en pleine préparation du repas ?
- Regarde le mail qui vient d’arriver. C’est ton ami Coleman qui l’envoie.
- Et alors ?
- Eh bien, il annonce la réapparition d’Eric à Paris, son arrestation et son incarcération . Mais pas la date de son procès. C’est Jean qui l’a prévenu. »
À la lecture de ce message, elles sont un peu désemparées. Il y a bien longtemps qu’elles ont oublié Eric et bâtit leur bonheur loin de lui.
Un peu pâle, bouleversée d’être ainsi rattrapée par son passé, Tina réagit la première.
« Qu’allons-nous faire ? Devons-nous assister à ce procès ?
- J’en ai bien peur ma chérie, si tu te souviens bien, c’était toi la victime.
- Je n’ai pas oublié. Des cauchemars viennent encore hanter mes nuits parfois ! Mais, quand je te sens tout près de moi, blottie contre moi, je me rendors, apaisée, rassurée par ta présence. Je m’inquiète seulement de sa réaction lorsqu’il va constater que nous sommes ensemble, que nous sommes mariées et que nous avons un bébé. C’est quand même son homophobie exacerbée qui l’a conduit là !
- Ce qui m’étonne, c’est : pourquoi il est revenu ! Il avait pris la fuite pour échapper à son jugement et le voilà qui revient dans nos vies ! Qu’est-ce que cela cache ? Je vais demander des éclaircissements à Coleman. Ainsi nous en saurons peut-être un peu plus sur ce changement d’attitude. »
Joignant le geste à la parole, Bette s’empare du clavier et rédige son message à l’intention de Coleman .
Peu de temps après arrive la réponse circonstanciée de leur ami.
« Jean l’a contacté pour le prévenir du retour d’Eric afin qu’il puisse alerter les filles. Il lui a rapporté les changements survenus dans l’attitude d’Eric, son désir d’assumer ses violences passées, d’être jugé et puni comme il se doit. Avant tout il voudrait obtenir le pardon de Tina pour pouvoir débuter une nouvelle vie, la tête haute. Coleman termine son message par ces mots : selon Jean, ses regrets ont l’air parfaitement sincères ! »
Soudain, Tina note un léger affaissement dans la posture de Bette ! Elle, qui connaît sa fragilité, sa vulnérabilité, sait que quelque chose d’important la tracasse subitement et qu’elle doit intervenir immédiatement sinon ce mal-être ne fera qu’empirer.
« Bette, ma chérie, que t’arrive-t-il tout à coup ? Ce ne sont que de bonnes nouvelles ! Parle moi ! Qu’est-ce qui te perturbe ainsi aussi soudainement ? Allez, dis moi…»
« Je ne sais pas ce qui m’a pris mais, soudain, pendant quelques secondes, je me suis imaginée que ce retour à Paris allait réveiller en toi tous tes souvenirs heureux passés dans cette ville ! Que tu allais regretter d’être venue partager ma vie ! Alors j’ai paniquée !
- Bette ! Qu’est-ce que tu racontes ? Que vas-tu imaginer là ? Je n’ai aucun regret si ce n’est de ne pas t’avoir avoué mon amour bien plus tôt. Sache que je t’ai aimée dès notre première rencontre !
Est-ce ta façon protectrice envers Sophie, ton ex-petite amie qui t’accompagnait à Paris pendant ton séjour chez Coleman, devant ces odieux voyous qui vous agressaient ? Est-ce le regard que nous avons échangé ce jour là ? Ce qui est certain, c’est qu’un trouble inconnu s’est emparé de moi à ce moment là. J’avais beau lutté contre lui, rien à faire !
Et quand tu es apparue pour la deuxième fois dans ma vie, mais cette fois pour me défendre contre ces mêmes agresseurs, j’ai ressenti ce même trouble, encore plus puissant ! J’étais déroutée. Je n’avais jamais ressenti pareille chose pour personne !
C’est alors que m’est venue cette idée farfelue de me protéger de ce sentiment si étrange en te parlant de ma relation avec Eric et de te faire jurer que nous ne serions que des amies très chères. Quelle idiote j’ai été ! Et toi, toujours prête à assumer tes décisions quoiqu’il t’en coûte, tu n’as jamais tenté le moindre geste équivoque !
Tu ne peux imaginer à quel point ces balades dans Paris me rendaient heureuse, heureuse mais aussi frustrée ! Ce sentiment étrange qui m’obsédait, je l’avais enfin identifié, c’était l’amour… J’aimais ta façon de me parler, de me regarder, tes gestes attentionnés, ta douceur, tes connaissances, ton amour pour l’art qui te rendait intarissable ! Je voyais bien les efforts que tu faisais pour ne pas me prendre dans tes bras, m’embrasser, je le lisais dans tes yeux si expressifs ! Je commençais à bien te connaître et j’ai compris que si je ne faisais pas le premier pas, tu ne reviendrais jamais sur ta promesse. Quand tu m’as embrassée, chastement il est vrai, au musée, je me suis sentie fondre…Tes lèvres sur les miennes étaient d’une telle douceur … et à l’hôtel de Vernon, j’ai aimé plus que tout ce regard que tu as porté sur ma nudité ! Tes yeux pleins de désir retenu m’ont bouleversée, s’il n’y avait pas eu ma phobie des araignées à cet instant là, je crois que je me serais jetée dans tes bras sans aucune retenue, j’avais aussi très envie de toi ! Mais toi, tu t’es fait violence et tu es allée te coucher. Ma décision était prise, c’était à moi de faire les premiers pas.
Enfin…tu as rompu ta promesse… tu m’as fait l’amour comme personne avant toi ! Tes baisers passionnés, brûlants, tes mains douces, les caresses de ta langue partout sur mon corps me rendaient folle de désir et quand … enfin … tu es venue en moi, je me suis abandonnée totalement ! J’étais heureuse, heureuse…transformée. J’ai su ce jour-là que tu serais l’amour de ma vie et que je n’avais plus besoin de me poser de questions ! »