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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 04.11.2013 à 18h20
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Bette et Tina heureuses. Eric en fuite.
Cette fanfic compte déjà 138 paragraphes
Toujours dans la prison.
« Allez, monsieur P., rassemblez vos affaires rapidement, je vous emmène signer vos papiers de sortie. »
Eric ne se le fait pas répéter deux fois ! En un clin d’œil, il a récupéré le peu d’affaires qu’il possède : quelques livres apportés par sa petite amie Carole, quelques vêtements et son nécessaire de toilette. Tout cela est jeté pêle-mêle dans un sac ! Il ne veut pas rester une minute de plus dans cette cellule !
Puis il suit le gardien, pas encore tout à fait sûr de la bonne nouvelle !
L’une après l’autre, les grilles s’ouvrent et se referment derrière lui, le rapprochant un peu plus à chaque fois de l’air libre ! Il se retrouve bientôt dans le dernier local où il récupère les quelques objets laissés là lors de son incarcération.
Et …enfin … il est derrière cette grande porte , dernier obstacle le séparant de la liberté.
De l’autre côté, trois femmes guettent avec impatience sa sortie. Carole est la plus stressée d’entre elles, la plus stressée mais aussi la plus heureuse ! Elle va enfin vivre une vie normale avec l’homme qu’elle aime sans craindre à tout moment pour leur vie !
Ça y est ! Cette grande porte si imposante s’ouvre … Enfin !
Carole se précipite vers Eric et se jette dans ses bras . Il la serre contre lui dans une étreinte passionnée et le baiser qu’ils échangent dure … dure …
Cette attitude convainc définitivement Tina du changement réel d’Eric. Elle échange un regard avec Bette, elles sont contentes de voir qu’elles ne s’étaient pas trompées en accordant leur pardon. Ces deux là vont enfin connaître et partager le même bonheur qu’elles !
Eric desserre son étreinte . Il contemple Carole ne réalisant pas encore tout à fait le miracle qui vient de se produire en sa faveur ! Son regard est encore plein de doute et d’incompréhension !
Carole lui raconte donc, en détails, toutes les démarches effectuées par Tina et Bette, leur opiniâtreté pour obtenir sa libération, les moments de doute qu’elles ont traversé …
Emu , les larmes aux yeux, Eric se dirige vers ses « libératrices » … Il les prend par le cou, les serre contre lui, les embrasse chaleureusement. On est très loin de son attitude homophobe du début de sa rencontre avec Bette ! D’ailleurs, celle-ci ne s’y trompe pas ! Elle l’embrasse à son tour, heureuse de constater la sincérité de son geste !
« Merci ! Merci ! » Ce sont les seuls mots qu’il réussit à prononcer.
Carole vient à son secours.
« Les filles, je vous invite à déjeuner avec nous demain midi ! J’aurais pu le faire maintenant mais … vous comprendrez que … Eric et moi avons du retard à rattraper ! » déclare-t-elle avec un clin d’œil complice en leur direction.
Au cours de cette attente interminable devant cette porte impressionnante de la prison, elles ont mis au point un plan pour présenter Angie à son père !
Après les dernières embrassades mutuelles, les dernières étreintes de bonheur retrouvé, les deux couples quittent cette place austère, d’un pas alerte et la tête haute pour ce qui est de Eric et de Carole. Ils sont sur un petit nuage et c’est main dans la main qu’ils marchent vers leur avenir.
Bette et Tina , main dans la main également, n’ont plus qu’ une envie, retrouver au plus vite leur fille ! Elles sont soulagées, heureuses que leurs démarches aient enfin abouti ! Leur vie va reprendre son cours normal. Elles se voient déjà à L.A. , au milieu de leur atelier, pinceau à la main ! Elles ont des projets plein la tête et beaucoup d’histoires à raconter à leurs amies !
« Il faut absolument que nous parlions à Angie sans plus tarder ! »
C’est Bette qui vient d’interrompre ainsi le silence dans lequel elles étaient toutes les deux plongées depuis un moment.
« C’est notre priorité maintenant ! poursuit-elle. Et puis, je vais reprendre contact avec Alice et la tenir au courant de l’évolution de la situation. Je m’étonne qu’elle ne l’ait pas encore fait ! Serait-elle soudain devenue moins curieuse , moins indiscrète ?
- Aurais-tu oublié, Bette, comment tu l’as reçue l’autre jour ? Tu lui as quand même raccroché au nez assez sèchement ! Et comme elle te connait par cœur et connait surtout tes colères légendaires…. Elle a préféré s’abstenir ! Mais elle doit trépigner d’impatience et questionner ta sœur inlassablement ! »
Bette éclate de rire à cette seule pensée !
« Alice entrain de ronger son frein, ce doit être un sacré spectacle ! »
Elles éclatent de rire toutes les deux en imaginant la tête d’Alice, un rire de bonheur, de soulagement .
Puis Tina enchaîne :
« Il me vient une idée ! Tu me diras ce que tu en penses.
« Oui, je t’écoute.
- Amour, voici ce que je te propose : nous rentrons au plus vite retrouver Pierre et Angie. Nous déjeunons ensemble et, comme le temps est toujours aussi clément, après le repas , nous emmenons Angie au jardin des plantes. C’est encore un endroit de Paris que tu ne connais pas. Tu verras, il y a là une collection impressionnante d’arbres et de plantes en tout genre. Cela vaut le coup d’œil et puis cela te fera un autre très bon souvenir de notre séjour ici !
J’ai surtout pensé à cet endroit pour Angie car il y a également une ménagerie superbe avec une foison d’animaux de toutes les espèces : mammifères, oiseaux, serpents, insectes … Ils vont enthousiasmer notre fille. Elle qui adore les bêtes sera enchantée de les découvrir.
C’est la ménagerie la plus ancienne de France et peut-être, mais je n’en suis pas certaine, la plus ancienne d’Europe !
Après cette visite aux animaux, nous pourrions déambuler dans les allées boisées ou fleuries et nous asseoir sur un de ces nombreux bancs disséminés ça et là au détour des allées, bancs parrainés par des mécènes, particuliers ou industriels, dans le but d’assurer l’entretien et la pérennité de cet endroit pour les années à venir.
Et, enfin, je pense que ce lieu serait idéal pour parler à Angie de sa rencontre prochaine avec son père.
Voilà ! Qu’en penses-tu ?
- magnifique idée ma chérie ! Je suis entièrement d’accord sur ce beau programme !
- Alors, rentrons sans attendre ! »
Après cette journée riche en émotions, Bette et Tina sont rentrées épuisées émotionnellement, nerveusement et physiquement, la balade au jardin et à la ménagerie n’a pas été de tout repos . Mais…elles sont heureuses, heureuses … enfin, leur avenir s’éclaircit !
Le souper a été vite expédié, Angie couchée rapidement avec quand même la lecture habituelle de sa petite histoire . C’est un rituel qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte !
Et maintenant elles viennent de se mettre au lit, serrées l’une contre l’autre, Tina blottie dans les bras de son bel amour. C’est ainsi qu’elles se retrouvent chaque soir depuis le premier soir.
« Mon amour, c’est la seule place où je me sente vraiment bien, déclare Tina en se lovant encore plus près. Te sentir ainsi me rassure totalement, sentir ton parfum, la chaleur de tes bras … hum ! »
Emue par ces confidences, Bette l’embrasse tendrement, commence à lui caresser le visage, l’embrasse à nouveau, mais … cette fois le baiser est plus appuyé, plus profond … Elle sent une vague de désir déferler dans tout son corps.
« Mon bel Ange, je t’aime, je t’aime ! »
Bette se laisse emporter par son impulsion, pour le grand plaisir de Tina ! Ce ne sont bientôt plus que deux corps enlacés, échange de baisers ardents, de caresses tendres et coquines, de paroles d’amour, de gémissements … puis, soudain, deux cris , vite étouffés, s’échappent de leurs lèvres gonflées par les baisers …
Après quelques instants de récupération, Bette reprend la parole. Il lui est difficile de se rendormir après ces moments de passion qu’elles viennent de partager.
« Quelle journée ma chérie ! D’abord cette attente interminable, stressante devant cette prison à Fresnes, le regard d’Eric à sa sortie, ce bonheur sur son visage, ce baiser passionné échangé avec Carole, puis, cette balade, cet après midi au jardin des plantes avec notre fille, la joie d’Angie devant tous ces animaux, le plaisir de la voir gambader, sauter partout, de sentir sa joie de vivre m’émerveillent toujours autant. Et, pour finir, cette étreinte, ce moment d’amour si intense entre nous …
- Oui, j’ai ressenti tout cela aussi et partager de tels instants avec toi est fabuleux ! Quand je repense au chemin parcouru depuis notre rencontre, ici, à Paris, dans ces circonstances si exceptionnelles, il ne me reste que les moments d’incroyable bonheur découvert, partagé … Le moment inoubliable entre tous, c’est notre première nuit passée dans ce petit hôtel de Vernon, cette première nuit où tu m’as fait découvrir l’Amour, où je me suis donnée si totalement à toi, où tu m’as comblée, transformée … Je sens encore sur moi la douceur de tes premières caresses, leur délicatesse et la fulgurance du désir qu’ elles ont fait naître au plus profond de moi … Oublié mon séjour à l’hôpital … Je revois sans cesse ton étonnement, ta surprise quand Coleman m’a ramenée vers toi. Ce regard que tu m’as lancé à cette seconde, ce regard profond, ce regard chargé d’un tel amour … je ne l’oublierais jamais, d’ailleurs c’est ce même regard qui me fait fondre à chaque fois que je le croise ! Et puis, ces minutes passées auprès de ton père, sa gentillesse à mon égard … Enfin la naissance de notre fille et le plaisir de découvrir ta sœur et tes amies … Bette, pour rien au monde, je ne voudrais changer de vie. Tu m’as tout donné, tout apporté … Je t’aime ! Je t’aime !
- Hou la la ! Ma chérie ! Quelle déclaration ! Je ne changerais rien à ma vie actuelle ! D’être avec toi, de tout partager me rend follement heureuse. Mais, doucement ma toute belle, dans ton euphorie tu sembles avoir effacé de ton esprit la rencontre de demain entre Eric et sa fille ! Comment va-t-il réagir ? Carole saura-t-elle l’aider à accepter cette situation ? L’Eric d’avant va-t-il ressurgir ? Et Angie, que va-t-elle faire ? Cet après midi, elle n’a pas tellement réagi ! Ce sont toutes ces questions qui me traversent l’esprit et m’empêchent encore de me réjouir totalement ! »
Aucune réponse. Tina s’est tout simplement endormie dans les bras de Bette. Son abandon est si total que Bette est émue comme à chaque fois. Elle la serre un peu plus contre elle, elle adore sentir le souffle léger de sa respiration dans son cou. Cela l’apaise et elle finit par s’endormir à son tour.
Au petit matin, c’est Tina qui se réveille la première. Bette dort encore , plus pour longtemps certainement car , dés qu’elle va sentir Tina se détacher d’elle, elle va ouvrir l’œil , c’est devenu instinctif chez elle . Tina profite de ces quelques instants pour admirer sa belle endormie. La beauté de sa femme l’éblouit toujours autant. Elle admire sa peau si joliment dorée, ses formes délicieuses qui la font fantasmer si souvent et ce sourire qu’elle a, en dormant, après l’amour. Elle a l’air tellement apaisée, détendue, loin de son self contrôle habituel .
Effectivement, Bette a perçu les légers mouvements de Tina. Elle ouvre les yeux et le regard tendre qu’elle lui adresse lui va droit au cœur.
« Bonjour ma chérie ! Bien dormi ? Pourquoi me regardes-tu ainsi ?
- Tu es si belle, Bette, mon amour. Je te dois un baiser ! Hier soir, je me suis endormie sans te dire bonsoir. Je suis désolée d’être partie ainsi, si vite, dans les bras de Morphée et de t’avoir laissée parler toute seule ! Le sommeil est venu soudain, irrésistible … J’étais si bien après l’amour, après ces instants passionnés … »
Elles échangent un doux et tendre baiser et se lèvent sans plus tarder. Une nouvelle journée chargée d’autres émotions les attend .
Comme d’habitude, elles vont réveiller leur fille. A leur grande surprise, c’est déjà chose faite ! Elles la surprennent entrain de chantonner une comptine de son invention : « papa, papa, maman T., maman B. … papa … »
Elles sont ravies de constater que le mot est intégré dans son vocabulaire si ce n’est pas encore dans sa vie !
Puis, c’est le petit déjeuner habituel préparé par Coleman, moment chaleureux entre amis de longue date.
« Les filles, je vous sens de nouveau tendues, sous pression ! Je le comprends, l’étape qui vous reste à franchir aujourd’hui est difficile ! Je vous propose donc pour occuper votre esprit et aussi parce que vous allez bientôt quitter Paris pour reprendre le cours de votre vie après cet intermède peu évident à gérer, je vous propose, disais-je, de visiter ma galerie . Vous me l’aviez demandé l’autre jour , le moment est idéal pour le faire ce matin, si vous voulez ! Nous pourrons y rester jusqu’à l’heure de votre départ chez Carole et Eric. A ce moment de la journée, nous serons les seuls visiteurs, alors Angie peut nous accompagner sans problème.
- Pierre, ton idée est géniale ! s’exclame Bette. Tu vas voir Tina l’originalité de ses œuvres. Et moi, je vais enfin découvrir le résultat de ses recherches sur la couleur rouge ! Dis moi, je me suis laissée dire que la sculpture t’intéressait aussi?
- Oui, vous pourrez voir les quelques pièces que j’expose. » répond- il modestement.
A l’heure prévue, Coleman dépose Bette, Tina et Angie au pied de l’immeuble d’Eric et de Carole. Elles n’ont pas vu le temps passer au cours de cette visite à la galerie et c’est avec un réel plaisir et beaucoup d’admiration qu’elles ont découvert les œuvres de leur ami.
Elles sont apparemment sans aucune appréhension en arrivant au dernier rendez vous important de leur séjour à Paris.
Elles sont sur le trottoir saluant et remerciant Coleman . Elles se retournent et se dirigent vers le porche d’entrée de l’immeuble.
Soudain, Tina a comme un flash ! Elle marque un léger temps d’arrêt puis repart en traînant un peu les pieds ! Elle serre la main de Bette un peu plus fort et se rapproche d’elle. Des souvenirs précis viennent de ressurgir dans son esprit ! D’abord la dernière étreinte si douce, si chaude dans le hall avant la disparition subite de Bette … et … surtout … cette agression sauvage dont elle a été victime dans cet appartement où elles se rendent ! ! ! Elle qui croyait cela bien enfoui au plus profond d’elle-même, est obligée de constater qu’il n’en est rien ! Pour un peu, elle ferait demi-tour . Elle est tétanisée !
« Tina, ma chérie ? Que t’arrive-t-il ? Tout va bien se passer, rassure toi ! » l’encourage Bette d’une voix calme et douce. Elle a bien senti sa réticence à aller plus loin. Non seulement elle l’a senti mais elle la comprend. Elle se souvient trop dans quel état se trouvait Tina en lui racontant cette agression.
Elle l’étreint en lui murmurant des paroles apaisantes à l’oreille. Il faut éviter à tout prix d’effrayer Angie . Elle a su trouver les mots rassurants. Tina se calme peu à peu. Elle retrouve toute sa lucidité. Après un délicieux sourire vers Bette, elle reprend la direction de l’entrée portant la fillette dans ses bras, bien décidée à affronter Eric avec sang froid. Bette passe son bras autour de sa taille pour lui donner toute la force nécessaire à cette démarche qui l’attend .
A peine ont-elles ouvert la porte que Carole se précipite vers elles.
« Bonjour vous ! Bonjour Angie ! Comme tu es mignonne ! Inutile d’aller plus loin ! Eric a changé l’endroit du rendez vous ! Il a décidé que cela serait préférable ! Je suis chargée de vous guider jusque là !
- Mais ? Pourquoi ?
- Eric a soudain réalisé que Tina n’apprécierait sûrement pas de se retrouver à nouveau dans cet endroit où il s’est si mal conduit ! Il a donc prévu le repas dans l’appartement d’un ami parti en déplacement. A l’heure qu’il est , il doit être impatient de vous recevoir. J’avoue qu’il m’a semblé un peu tendu ce matin. Il appréhende cette rencontre même en sachant que vous lui avez pardonné. Il se sent encore gêné par son attitude passée. Voilà, il m’a demandé de vous attendre et de vous conduire jusque là. Rassurez vous, ce n’est pas loin, juste à quelques pâtés d’immeubles. Angie pourra marcher sans fatigue jusque là ! Et, bien sûr, je ne lui ai rien dit au sujet de votre fille ! »
Au fur et à mesure de ce discours, Tina se redresse, un grand poids vient de quitter ses épaules.
Elle est reconnaissante envers Eric d’avoir eu cette pensée délicate à son égard.
« Oui, il a réellement changé, cela ne fait plus aucun doute désormais ! » pense-t-elle.
« Tu viens ma chérie ? », dit-elle d’une voix claire et décontractée en se tournant vers Bette.
Un sourire magnifique éclaire son visage.