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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 19.06.2014 à 17h20
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
L'histoire débute en l'an 1937
Cette fanfic compte déjà 113 paragraphes
Elle ne se lasse pas de contempler la jeune femme, séduite par sa franchise. Si elle osait … mais elle ne veut pas prendre le risque de la mettre mal à l’aise.
« Je me présente : Bette Porter. Je travaille au pavillon américain. Je suis en charge des œuvres à exposer. Elles vont arriver ces jours-ci. Alors, quand vous en aurez l’occasion , venez donc y faire un tour Je serais ravie de vous accueillir et de vous parler des tableaux affichés , déclare-t-elle dans sa hâte à la revoir rapidement.
- Tina Kennard , Tina est le diminutif du prénom de ma grand-mère. Je vous remercie de votre invitation et je vous promets dès que j’aurais un instant de libre , je viendrais.
- Quelle heureuse coïncidence ! Je me réjouis que le sort vous ait fait quitter votre chemin habituel et vous ait justement placée sur le mien ! ( serait-ce un signe du destin ? pense-t-elle ) Nous sommes donc appelées à nous revoir ? demande-t-elle , inquiète soudain.
- Oui et si vous passez par là tous les jours , je serais contente de faire un bout du trajet en votre compagnie. » répond une Tina apparemment ravie de cette rencontre due au simple hasard.
C’est ainsi que les jours suivants , d’un accord tacite , elles se retrouvent toujours à cet endroit et font un bout du trajet ensemble. Si l’une est en avance , elle attend l’autre.
Chaque matin , Bette se lève un peu plus tôt pour accorder plus de soins à sa toilette , à son maquillage qu’elle a négligé tous ces temps-ci ! Elle a envie de plaire si ce n’est de séduire ! Rien que de penser à leur prochaine rencontre matinale réveille en elle ce frisson qu’elle commence à bien connaître !
Peu à peu , des liens particuliers se tissent entre elles.
Bette est sous le charme en permanence. Tina lui plait de plus en plus. Son cœur bat la chamade du plus loin qu’elle l’aperçoit et quand elle est toute proche, ses jambes flageolent !
Elle qui d’habitude arrive facilement et rapidement à ses fins , est intimidée . Cette jeune femme a un tel pouvoir de séduction sur elle et ne semble même pas s’en rendre compte que Bette ne sait plus trop quelle attitude adoptée. Tina ne fait aucun geste , aucun signe , aucun regard plus appuyé qu’un autre. Elle est toujours égale à elle-même, discute de tout et de rien.
Heureusement pour elles, chacune connait quelques mots de la langue de l’autre , Bette étant déjà venue en France et Tina ayant séjournée en Angleterre comme jeune fille au pair.
Les jours se suivent et se ressemblent.
Bette n’a pas avancé d’un pouce dans son désir de conquête . Elle est toujours dans l’ignorance totale de ce que pense Tina. Tout ce qu’elle devine, c’est qu’elle a l’air de se plaire en sa compagnie ! C’est tout et c’est frustrant !
Pourtant , de temps à autre , elle regarde Bette d’une façon différente avec un étrange petit sourire qui la fait fondre !
Elles discutent de tout , de peinture, de livres , de politique . Tina aborde tous ces sujets avec intelligence et beaucoup de connaissances et finit ainsi par conquérir définitivement le cœur de Bette.
Mais , là où Bette sent comme un malaise chez elle, c’est quand elles parlent politique , Tina semble alarmée, elle a des mauvais pressentiments. Elle élude rapidement le sujet pour ne parler que des progrès réalisés dans l’avancée des travaux.
Les jours passent ainsi … et rien ne se passe entre Bette et Tina. Bette semble se résigner à accepter , à se contenter de cette amitié un peu particulière pour elle. Elle accepte cette situation plutôt que de perdre sa belle amie avec des gestes ou des paroles inconsidérés.
Enfin , le 25 mai arrive.
L’exposition est inaugurée en grande pompe par le président de la République en personne.
Pendant toute la durée de cette manifestation , elles sont tellement occupées qu’il leur est très difficile de se voir !
Alors, chacune pendant un moment d‘accalmie, s’éclipse rapidement de son pavillon pour rejoindre celui de son amie. Mais ces rencontres à la sauvette au milieu de la foule des visiteurs les laissent frustrées plus qu’autre chose .
Néanmoins, bienheureuses de se voir , de se parler , elles ne perdent pas une minute en discussions oiseuses. Elles poursuivent leur conversation entamée la veille comme s’il n’y avait eu aucune interruption !
Cela ne leur suffit pas, elles se sentent lésées. Les liens tissés entre elles sont devenus tellement forts, tellement puissants qu’elles ont chaque jour un peu plus de mal à se séparer !
Elles se languissent l’une de l’autre …
Bette est de plus en plus éprise, de plus en plus amoureuse de cette jeune femme au parfum envoûtant.
Elle fantasme de plus en plus sur son corps de rêve … ses nuits deviennent pénibles à vivre…Elle fait toujours le même rêve… Chaque nuit, elle la passe dans les bras de Tina … Elle la caresse , l’embrasse , la découvre , la sent s’abandonner peu à peu tout contre elle… et chaque matin , son maudit réveil qui sonne toujours juste au moment où elle allait la faire sienne , la met en rage , brisant ainsi son beau rêve !!!
Elle sort de ces moments fabuleux , de ces séances amoureuses , en sueur , déçue , frustrée , cela avait l’air tellement vrai ! Son désir d ’elle est toujours là , présent , inassouvi … Elle n’a plus qu’une envie la voir , encore et encore , même si c’est seulement pour de courts instants ! Ne serait-ce que le temps de croiser son magnifique regard.
Elle est définitivement accro à cette belle inconnue qui , un jour, par hasard, s’est trouvée sur son chemin.
De son côté , Tina n’est pas indifférente au charme de Bette.
Dès leur première rencontre , elle a été attiré par cette femme superbe . Ses yeux noirs au regard si intense l’ont séduite . Son élégance , sa voix charmeuse , douce , aux inflexions si tendres parfois ont parachevé sa conquête !
Depuis ce jour , elle ne cesse de remercier le ciel de l’avoir fait dévier de son trajet habituel , tout cela pour éviter un inopportun , un lourdaud , un jeune officier allemand qui la guettait tous les matins et tenait absolument à l’accompagner , malgré ses protestations , malgré sa réticence , jusqu’à son lieu de travail !
A voir son regard trouble , ses gestes sans équivoque , elle se rendait compte qu’il n’avait qu’une envie : la mettre dans son lit par n’importe quel moyen ! Ses yeux injectés de sang lui faisait craindre le pire ! Heureusement , le chemin qu’ils suivaient grouillait toujours de monde , d’ouvriers allant au travail sur le site de l’exposition !
La situation devenait de plus en plus oppressante pour elle . Elle sentait un malaise grandissant l’envahir peu à peu , puis la peur s’est emparée d’elle et ne la quittait plus !
C’est ainsi qu’elle a décidé de changer d’itinéraire et s’est trouvée sur le chemin de Bette . Elle ne l’a regretté à aucun moment !
Au début , elle était un peu intimidée par cette belle femme. Elle ne comprenait pas ce qu’elle pouvait trouver en elle d’intéressant , elle au chômage , sans connaissances particulières dans la peinture , dans la sculpture …
« Mais très vite , Bette a su me mettre à l’aise . Elle me traitait d’égale à égale et peu à peu , je me suis enhardie ! J’ai osé m’affranchir de mes craintes et je discutais de tout et de rien avec elle. Nous avions des discussions passionnées et là où je l’intéressais le plus , c’est quand je parlais politique. Je pressentais qu’il allait se passer des choses horribles en Europe ! J’entendais mes employeurs parler ouvertement et les propos que certains tenaient me faisaient froid dans le dos ! Bette avait du mal à me prendre au sérieux alors, je déviais la conversation et l’aiguillais sur la peinture. Il fallait la voir à ce moment là ! Heureuse de retrouver son élément favori , elle était transfigurée , intarissable ! »
« Au fil des jours , je la regardais autrement ! Moi qui ne m’étais jamais intéressait aux femmes , je la voyais différemment . Je me surprenais entrain d’admirer son corps fin , élancé. Je me surprenais à caresser ses formes avec des yeux gourmands. A ces moments là , je rougissais de gêne ! Jamais , au grand jamais , je ne m’étais comportée ainsi avec tant d’impudeur. Heureusement , Bette , trop occupée, passionnée par son désir de me faire partager son amour de la peinture , ne paraissait se rendre compte de rien à mon grand soulagement !
Plus le temps passait , plus sa présence me troublait et plus je devais me surveiller pour ne pas passer mon temps à la contempler ouvertement.
Je ne comprenais pas trop ce qui se passait en moi ! Chaque matin , du plus loin que je la voyais apparaître, mon cœur bondissait dans ma poitrine ! Je rougissais , je pâlissais et quand elle arrivait à ma hauteur, je devais me retenir pour ne pas la prendre dans mes bras , l’étreindre , sentir son corps contre le mien … je balbutiais un simple bonjour et me contentais de lui tendre la main. Mais , rien que de sentir sa main dans la mienne m’électrisait !
Après l’ouverture de l’exposition , ce fut un vrai calvaire ! Je devais me contenter de ces quelques instants volés par-ci par-là ! Mes sentiments pour elle avaient évolué, je comprenais enfin que j’étais amoureuse de cette femme , pas de n’importe quelle femme : juste ELLE , Bette Porter , que le destin avait mis sur ma route pour mon plus grand bonheur !
Je voyais bien qu’elle aussi devait ressentir des choses … elle me regardait autrement , dans ses yeux apparaissait parfois une drôle de lueur qui me mettait en transes , sa voix était toujours tendre, douce … et quand parfois, par discrétion , elle me murmurait quelque chose à l’oreille pour ne pas être entendue du voisinage , son souffle sur mon cou m’affolait totalement ! Je serrais les poings pour m’empêcher de tourner la tête et poser mes lèvres sur les siennes !
Devant le pavillon allemand cela aurait été très mal vu et je me serais sûrement fait renvoyer sur le champ ! Ou pire ... ! Bette connaissait la situation dans ce pays et ne m’a jamais mise dans l’embarras devant eux. »
Les jours et les mois défilent ainsi , bien trop vite au gré de nos héroïnes !
El le 25 novembre arrive , jour de fermeture de cette exposition qui a vu passer des milliers de visiteurs.
Bette et Tina ont encore du travail : veiller à la fermeture de leur pavillon respectif et au bon retour des œuvres exposées vers leur pays d’origine.
C’est alors que Bette est priée par son gouvernement , de rapatrier , en personne, l’ensemble des œuvres vers les USA. Impossible pour elle de se dérober à une telle injonction. Il y va de sa réputation de femme sérieuse, consciencieuse ! Elle ne s'attendait pas du tout à une telle mission ! Sur le coup , elle est désemparée , ne plus voir Tina lui semble difficile , irréalisable mais ... que faire ?
C’est donc d’un cœur lourd qu’elle s’apprête à quitter la France !
Auparavant , elle doit absolument voir Tina.
Elle fait une dernière tentative pour l’apercevoir au détour d’une allée . Il faut vraiment qu’elle la prévienne de son départ imminent !
Coup de chance pour elles deux , elles finissent par se rencontrer au croisement des chemins menant à leur pavillon , chacune à la recherche de l’autre. Elles ont eu la même idée au même moment ! Pressentiment ou déjà entente parfaite ?
Bette parle la première :
« Si tu savais comme je suis heureuse de te trouver enfin ! Avec tous ces rangements , cette surveillance de tous les instants sur les œuvres en cours d’emballage , je n’ai pas eu un instant pour m’échapper ! Je suppose que pour toi , c’est la même chose ! Alors , puisque le temps nous est compté , écoute moi ! Voilà des jours que je ne cesse de penser à toi, à nos rencontres matinales , à nos échanges . J’avoue qu’ils commençaient à me manquer sérieusement ! Hélas , je dois te dire que , sitôt toutes les œuvres emballées , je retourne aux USA avec elles ! Mon ordre de mission est de les accompagner jusqu’à New York où elles seront dispatchées dans les différents musées qui ont bien voulu nous les confier pour la durée de l’exposition. Mais j’ai encore quelques jours devant moi ! Alors j'aimerais que nous nous voyions plus pendant ce court laps de temps. Qu'en penses-tu ?
- Moi aussi , je te cherchais et je suis ravie que nous ayons pu nous retrouver ainsi. C’est un nouveau clin œil du destin ! Si tu veux , ma soirée est libre , une jeune allemande me remplace. Veux-tu venir jusque chez moi ? Nous serons plus à l’aise pour parler et surtout , personne ne pourra nous observer !
- Oui , j’accepte avec joie ! Fixe moi une heure et donne moi ton adresse , je viendrais , trop contente de ce tête à tête ! »
Elles se quittent sur cet échange amical . Chacune regagne son lieu de travail le cœur en joie.
C’est donc d’un pas léger que Bette retourne à son travail tandis que Tina rentre directement chez elle puisqu’elle a quartier libre jusqu’à demain.
Elle doit faire un peu de rangement dans son logement . Il faut que tout soit impeccable ! Elle doit surtout mettre au point un menu acceptable pour son invitée. Mais ce qui lui semble également très important est de trouver une tenue à la hauteur de l’évènement ! Depuis le temps qu’elle espère cette rencontre , ce tête à tête …
« Seulement elle et moi … » pense-t-elle en soupirant d’aise , en s’étirant langoureusement … Elle se voit déjà dans les bras de Bette dans une folle étreinte …
Elle se met à rêver à ce « possible » qui pourrait se réaliser …
Vers dix-neuf heures , Bette cesse son travail. Il est temps pour elle de regagner son hôtel , de se faire belle pour aller à ce premier rendez-vous qui la réjouit tant ! Après une bonne douche , elle enfile son tailleur gris et son chemisier blanc , celui qui fait si bien ressortir le doré de sa peau. Elle se maquille avec le plus grand soin. Elle veut quelque chose de discret. L’image que lui renvoie son miroir lui plaît , lui donne entière satisfaction.
Elle est magnifique , élégante , séduisante …
Elle quitte l’hôtel , le cœur battant , un peu inquiète malgré tout de se retrouver ainsi , seule à seule avec Tina ! Sera-t-elle capable de garder son sang froid ?
Sur son passage , elle entre dans une boutique encore ouverte et en ressort avec une bouteille de vin.
Elle se dirige à grands pas et en proie à la plus vive agitation , vers l’adresse donnée par Tina.
Arrivée devant l’immeuble , elle panique un peu mais réussit à gravir les quelques marches qui la mènent juste devant la porte de son amie.
Elle est là , paralysée par le trac , émue comme jamais à la perspective de rencontrer celle qui fait battre son cœur comme personne avant elle. Elle , Bette Porter qui n’a jamais eu peur d’aucune fille, se trouve soudain dans un état second. Elle ne se reconnait plus !
Surmontant sa crainte , elle frappe enfin à la porte , d’abord timidement , puis un peu plus fort.
Enfin , la porte s’ouvre sur une apparition sublime !
Tina a revêtu une petite robe bleue toute simple qui épouse ses formes parfaites ! Devant le regard et le sourire qui l’accueillent , Bette flippe encore un peu plus …
« Je ne vais pas pouvoir résister bien longtemps si elle continue à me regarder ainsi ! Le frisson du désir me secoue de la tête aux pieds ! Je suis entrain de perdre pied … Et cette robe ! Cette robe qui laisse deviner tant de trésors à découvrir ! Elle ne pouvait choisir mieux pour affoler complètement mon pauvre cœur et me faire perdre définitivement toute lucidité ! »
Elle s’approche pour la saluer mais Tina la prend par la main pour la faire entrer rapidement et claque la porte derrière elles.