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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 27.07.2015 à 18h31
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Nous retrouvons nos deux héroïnes dans la voiture qui les emporte vers la zone libre.
Cette fanfic compte déjà 107 paragraphes
Encore choquées , bouleversées par ce moment d’intense émotion qu’elles viennent de vivre , elles se sont installées dans la voiture sans échanger un mot , chacune ayant encore présents à l’esprit les événements tragiques et sanglants qui viennent de se produire.
Elles roulent à peine depuis quelques instants que le bruit strident des sirènes de la police les fait sursauter . Elles se rapprochent à très vive allure de l’endroit de l’attaque perpétrée par les résistants.
Bette et Tina échangent un regard encore chargé de crainte .
Quand la police arrive enfin sur le lieu de l’explosion , il n’y a plus personne !
Seule reste la carcasse calcinée et encore fumante du véhicule d’Eric. Eric le chef de la gestapo parisienne , celui-là même qui retenait Tina prisonnière depuis des mois dans l’espoir de la séduire et d’en faire enfin sa femme ! Il est là , mort dans la voiture ainsi que son chauffeur.
Quelques mètres en arrière , immobilisée également , toutes portières grandes ouvertes , se trouve la seconde voiture qui conduisait les deux jeunes femmes , compagnes d’incarcération de Tina vers la gare où un train devait les emporter , toutes les trois , vers Berlin dans un « lebensborn » … dans le but de donner naissance à des enfants de pur type aryen selon les normes imposées par Hitler !
Les cadavres des soldats abattus sont toujours à l’intérieur.
Mais … aucune trace des résistants auteurs de cette embuscade ! Ils ont déguerpi sitôt leur action terminée ! Ils se sont dispersés selon le plan établi par Pierre , le chef du commando . Pierre et quelques hommes sont partis en direction de leur QG tandis qu’un autre groupe mettait les jeunes femmes à l’abri des représailles dans un lieu sûr !
Pendant ce temps , Bette qui avait participé activement à l’assaut et à la délivrance de son amour , entrainait Tina vers la voiture garée là la veille .
La voiture a démarré sans à coups et roule tranquillement afin de ne pas attirer les regards.
Elles n’ont pas échangé un seul mot depuis le départ du véhicule . Simplement , quand les sirènes hurlantes de la police ont retenti , Tina a serré un peu plus fort la cuisse de Bette , peur rétrospective , remerciements , geste d’amour …
Elles n’ont pas dévié de leur route quand les tractions avant noires de la gestapo les ont croisées .
Et maintenant , elles poursuivent leur chemin calmement , la peur au ventre tout de même !
Elles roulent depuis presque une heure , quand , soudain , Bette est prise d’un irrésistible tremblement ! Impossible pour elle de se contrôler ! Dans l’incapacité à rester concentrée sur la conduite , dans la crainte de provoquer un accident , elle profite d’un endroit relativement désert pour arrêter la voiture . La manœuvre à peine terminée , elle s’effondre sur le volant et éclate en sanglots .
Elle , l’artiste si sensible à la beauté des choses , à la beauté d’une fleur , au charme d’une femme , l’artiste qui depuis des mois vit en permanence dans l’angoisse , traversant des périodes d’espoir et de désespoir , témoin de tant d’horreur et pour finir , ce bain de sang , elle n’en peut plus !
Elle craque sous les yeux médusés de Tina peu habituée à un tel comportement .
Tina , très inquiète, elle n’a jamais vu Bette dans un tel état , s’approche et la presse de questions:
« Ma chérie , que se passe-t-il ? Que t’arrive-t-il ? Es-tu blessée ?
- N…. noon ! »
Et les sanglots repartent de plus belle.
Tina pose son bras sur son épaule dans un geste d’apaisement , dans un geste protecteur . Elle se serre tout contre elle , lui caresse les cheveux et ,de sa main libre , elle essaye de tourner son visage vers elle afin de voir ses yeux. Elle y lit une telle douleur qu’elle en est toute bouleversée.
« Bette , ma chérie , parle moi , je t’en prie ! Tu me fais peur , je ne t’ai jamais vue ainsi perdue dans une telle détresse ! Regarde moi ! Explique moi ! »
Pas de réponse.
Tina se tait . Elle se contente de se serrer encore plus près de son amour , bien décidée à attendre que le calme revienne chez sa compagne. Elle lui parle doucement à l’oreille , lui murmure des mots tendres , des mots d’amour … lui raconte le bonheur qu’elle éprouve de l’avoir retrouvée , de la sentir bien vivante tout contre elle alors qu’elle avait pensé ne jamais la revoir …
Effectivement , après un temps long comme l’éternité , les sanglots s’estompent , les larmes coulent encore quelques instants et … enfin , Bette se redresse et regarde Tina avec les yeux encore pleins de larmes !
Attendrie par ce visage encore inondé de larmes , Tina n’hésite pas un instant , elle pose ses lèvres sur celles de Bette pour un baiser léger , tendre et rassurant à la fois.
Cette fois , Bette semble avoir retrouvé tout son calme et un sourire timide éclaire tout son visage .
D’un geste doux , Tina essuie les dernières traces de larmes qui s’attardent encore sur ses joues , heureuse de voir renaître le calme chez Bette , de la voir reprendre le contrôle d’elle-même .
« Tina , pardonne moi cet acte de faiblesse ! Je ne sais pas ce qui m’a pris ! C’est la première fois qu’une telle chose m’arrive et , le pire , je ne parvenais pas à me contrôler ! C’est incompréhensible pour moi , j’ai affronté tellement de situations périlleuses sans jamais perdre mon sang froid que je ne me reconnais pas dans ces larmes ! Et je n’ai pas dormi cette nuit ou si mal :
« Et si le plan échouait , et si la grenade n’explosait pas ? Et si la portière de Tina restait bloquée ? Et si elle avait peur de sauter ? Et si … et si … » me disais-je.
Alors , qu’au contraire , je devrais rire , me réjouir d’être de nouveau près de toi !
- Justement , tous ces derniers mois tu vivais dans une tension permanente au milieu de tant de dangers , de tant d’horreur que maintenant que tout cela est terminé , ton corps , ton esprit évacuent toute cette tension accumulée au fil des jours et tu viens de craquer. C’est une réaction des plus humaines ma chérie !
- Mais … Tina , c’est toi qui aurais dû craquer ! Ta situation était bien plus dangereuse que la mienne quand je pense à ce s….d d’Eric et à l’avenir qu’il te réservait !
- Chut ! N’en parlons plus ! Si nous continuions notre voyage plutôt , nous ne sommes pas encore en zone libre ! Nous aurons bien le temps d’évoquer cette triste période plus tard ! »
« Oui , tu as tout à fait raison Tina . Reprenons notre route ! »
Après avoir essuyé ses yeux et son visage , passé sa main dans ses cheveux pour les remettre en place , Bette se redresse . Toute détresse a disparu de son regard , elle a retrouvé tout son calme , son fameux self contrôle .
Et Tina a de nouveau devant elle la Bette qu’elle connait . Celle qui a toujours si fière allure , celle qui semble ne jamais douter d’elle…
« Avant de repartir , je voudrais jeter un coup d’œil sur la carte que Pierre a mis dans la boîte à gants et que nous décidions ensemble de la route à suivre . Nous avons le choix entre plusieurs itinéraires. Alors , profitons du calme de cet endroit pour étudier cela tranquillement . Peux-tu prendre cette carte ma chérie , nous allons la regarder ensemble. »
Ce faisant , Bette tourne la tête vers Tina en pointant la carte du bout du doigt .
Celle-ci , dans un réflexe de femme amoureuse ne peut s’empêcher d’approcher ses lèvres des lèvres de sa compagne et malgré le danger d’être vue , elle ne résiste pas …
En un instant , ses lèvres chaudes , gourmandes , assoiffées sont sur la bouche de Bette qui ne résiste pas . Elle entrouvre les siennes… sa langue va à la rencontre de celle de Tina … et le baiser qui devait être léger devient ardent , passionné , profond … toutes deux ferment les yeux pour savourer pleinement ce plaisir retrouvé … leur étreinte se resserre … elles sont loin de cette fuite en avant … A ce moment là , seul compte uniquement le bonheur qu’elles ressentent, le bonheur d’être à nouveau réunies .
A bout de souffle , le cœur battant la chamade , un désir lancinant aux creux des reins , Bette rompt le baiser la première.
Etourdie , chavirée , le corps encore frémissant , elle est heureuse , heureuse comme elle ne l’a pas été depuis longtemps !
Heureuse de retrouver son amour aussi fort , aussi ardent que si elles s’étaient quittées la veille !
« Tina , ma chérie , merci d’avoir osé ce geste ! J’avais tellement peur que cette si longue séparation , ces épreuves si difficiles pour toi , n’aient transformé tes sentiments à mon égard…
- Bette , comment peux-tu dire une telle chose ? Tu dis n’importe quoi ! Mon esprit ne t’a jamais quitté ! Aux pires moments traversés , je fermais les yeux et je te voyais devant moi… et cela me redonnait du courage pour continuer à vivre ! Depuis que nous sommes dans la voiture , je sens bien ce doute qui t’habites et te connaissant , j’ai préféré faire le premier pas malgré le danger encouru. Es-tu rassurée , convaincue ? »
Pour toute réponse , Bette l’embrasse à nouveau mais cette fois c’est un baiser léger , plein d’allégresse !
« Et si nous regardions cette carte ? » dit-elle un large sourire aux lèvres.
La carte est posée ouverte sur le volant de la juvaquatre.
« Regarde Tina , avec Pierre nous avions déjà discuté d’itinéraires : Paris-Vierzon ou Paris -Orléans - Bourges . Finalement , nous avons choisi ce second trajet . C’est là que nous passerons la ligne de démarcation et après … après , nous respirerons tranquillement un air de liberté retrouvée ! Qu’en penses-tu ma chérie ,
- Oui , je vous fais confiance ma chérie car je suppose que Pierre et toi avez pensé à toutes les éventualités possibles ! Mais ? pourquoi nous arrêter à Orléans , ne pourrions nous pas filer directement jusqu’à Bourges ? Plus tôt nous serons là-bas , plus tôt nous serons loin de tous les dangers ?
- Tu n’as pas tort T , mais je crois qu’il serait préférable pour notre avenir de faire une pause . Après la mauvaise nuit passée hier , pour toi aussi je pense , et les événements difficiles , plus que risqués de ce matin , cette pause nous permettrait de récupérer un peu ! Nos nerfs ont été soumis à rude épreuve … Nous serions ainsi plus à l’aise , plus détendues pour le passage de cette frontière qui ne sera pas sans danger non plus . Et puis , nous sommes attendues dans cette ville par un ami très sûr .
- S’il en est ainsi , appliquons ce plan. »
Bette enchaîne :
« Avant de repartir , je vais profiter du calme de cet endroit pour remettre de l’essence dans le réservoir et , si tu veux , nous pourrions manger un peu . Il y a un morceau de pain à la farine de maïs et j’ai réussi à trouver un morceau de fromage - je ne te dirais pas comment !- en attendant le repas de ce soir . »
Aussitôt dit , aussitôt fait ! Bette a retrouvé tout son calme et gère tout sereinement .
Elles échangent un dernier baiser , baiser qui se voulait léger mais qui est vite devenu ardent , troublant … Bette , la première , a de nouveau rompu l’étreinte.
« Non Tina , s’il te plaît , remontons dans la voiture !
- Mais …Bette , ma chérie , je voudrais tant que tu me prennes dans tes bras , j’ai besoin de te sentir contre moi pour être certaine que tout ceci n’est pas un rêve !
- Mon amour , depuis le baiser échangé tout à l’heure , je le désire autant que toi mais … tu sais , si des gens nous remarquent , imagine ce qu’ils vont penser ! Quelle sera leur réaction ? Ne vont-ils pas nous dénoncer ? Tu sais qu’en cette période troublée , la délation va bon train . C’est ainsi que des personnes sont arrêtées parce que leur voisin enviait leur logement ! On dénonce vraiment sans réelles raisons , juste pour le plaisir de faire du mal , de savourer une vengeance mesquine …
Alors , je t’en prie Tina , encore un peu de patience , nous ne sommes plus très loin d’Orléans . Tu n’as pas envie de revivre les moments qui viennent de s’écouler et cette fois , personne ne viendra nous secourir ! »
Et la discussion se poursuit :
« Oui Bette , je sais que tu as raison mais ...de te sentir là ... si près de moi et ces baisers échangés ont réveillé tellement de souvenirs en moi …! Je te promets , je ne dirais plus rien . Je vais me contenter de te regarder , de t’entendre respirer … Tu es toujours aussi belle malgré les changements opérés dans ta façon de te coiffer , dans ta façon de t’habiller , malgré ces quelques rides aperçues sur ton visage et ces quelques cheveux blancs que j’entrevois dans tes beaux cheveux noirs . Tu exerces toujours le même pouvoir sur moi et mon corps réagit toujours à ta présence !
- Je suis dans le même état d’esprit que toi ma chérie . Toi aussi tu m’as manquée et je ressens toujours la même attirance envers toi ! Mais , regarde là-bas , on dirait que des gens s’approchent . La présence de notre voiture stationnée là depuis un moment , doit les intriguer ! Alors , remontons et démarrons sans plus tarder. »
Elles s’installent à nouveau dans la voiture , Bette au volant , Tina à ses côtés la main posée sur la cuisse de sa compagne . C’est une nouvelle habitude prise depuis le départ de Paris , une façon de maintenir le contact discrètement …
Et la voiture repart en direction d’Orléans .
La circulation est très calme , peu de véhicules à moteur , les restrictions et la pénurie d’essence en sont la cause.
Elles croisent des camions allemands chargés de soldats roulant vers la capitale.
Parfois , un side-car les double , fonçant à toute allure vers où ? Le conducteur , grosses lunettes sur les yeux et casque sur la tête , porte son fusil sur le dos et son passager , mitrailleuse au poing , est aux aguets , prêt à faire feu au moindre danger .
Une autre fois c’est un camion chargé de victuailles qui roule vers la capitale afin de réapprovisionner les boutiques pour le plus grand bonheur de ses habitants. Son propriétaire comme beaucoup d’autres d’ailleurs , a trouvé une solution de rechange au manque d’essence . Tous sont équipés d’un gazogène.
Enfin , pendant un moment , elles ont roulé derrière un vieil autocar qui s’est arrêté dans un village afin de permettre à ses passagers de descendre et d’en prendre d’autres à la place.
Ainsi , elles ont pu poursuivre leur route sans avoir à le doubler.
Là où elles ont eu le plus peur , c’est quand une traction avant noire , réveillant de mauvais souvenirs chez l‘une comme chez l‘autre , arriva juste derrière elles ...
Pendant quelques secondes , elles ont craint le pire : l’alerte avait été donnée à Paris ... leur portrait circulait partout ... leur arrestation serait récompensée par une belle somme d’argent ... elles avaient été rattrapées et s’en était fini de leur avenir … !
Mais non , la voiture , plus rapide que la leur , les a doublées rapidement. Allait-elle arrêter quelque suspect ?