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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 27.07.2015 à 18h31
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Nous retrouvons nos deux héroïnes dans la voiture qui les emporte vers la zone libre.
Cette fanfic compte déjà 107 paragraphes
- Raconte moi un peu ta vie pendant que je me morfondais , que je m’inquiétais pour toi ! Je n’avais qu’une crainte : Eric allait te prendre toi aussi !
- C’est simple ma chérie . L’ambassadrice m’a mis en relation avec Pierre … mais tu connais la suite …
- As-tu revu Sophie ?
- Oui , je suis retournée la voir une autre fois , un jour où j’avais un tel découragement dû au manque de nouvelles de toi que je suis allée à son appartement . Sur le coup , elle ne m’avait pas reconnue avec ma nouvelle coupe de cheveux , ma tenue passe-partout ... mais après …nous sommes tombées dans les bras l'une de l'autre ! Je n’ai fait que lui parler de toi . Elle m’a écoutée d’une oreille très attentive et m’a regardée avec tant de tendresse dans les yeux que j’en étais toute ragaillardie !
- N’avait-elle pas été inquiétée par la gestapo ?
- Oui , comme tous les gens de l’immeuble , mais comme personne n’avait fait attention à nous , les hommes en noir sont répartis sans rien savoir de plus !
- Quand tout ceci sera terminé , car j’espère bien que cette guerre finira bien un jour , que cette vilaine période cessera bientôt , nous retournerons chez nous et nous irons la voir.
- Tu as raison , elle sera très contente de notre visite ! »
Pendant ce temps , les kilomètres défilent . Elles approchent de Bourges , la ville de tous les dangers !
« Tina ma chérie , il faut que je t’explique quelque chose . Comme nous allons bientôt traverser la ville et approcher de cette barrière fatidique , nous devons prendre quelques précautions !
- Dis moi Bette.
- Tout d’abord , ce serait bien si tu enlevais ta main de ma cuisse ! Inutile de nous faire remarquer par des gestes déplacés au regard des autres !
- Ensuite ?
- Je vais t’expliquer le plan mis au point avec l’aide de Pierre . Voilà , tu es ma petite sœur et nous nous rendons en zone libre pour voir notre mère gravement malade. C’est un droit accordé à tous les citoyens . De même pour une naissance ou une inhumation . Les laisser- passer ont été établis dans ce sens et nos faux papiers d’identité également . Heureusement que j’avais une photo de toi sinon cette opération aurait été impossible ! Tu t’appelles Céline et moi , ta sœur aînée , je suis Sandrine . Tu comprends la nécessité d’avoir une tenue irréprochable à mes côtés ! Surveille aussi ton regard ma chérie , ce n’est pas toujours le regard d’une sœur cadette que tu as envers moi !
- Ne crains rien Sandrine , j’ai tout compris , répond Tina en souriant . Ce plan me semble parfait . Je te promets de jouer mon rôle à merveille. »
Et déjà apparaissent les premières maisons de Bourges.
« A toi de jouer maintenant Tina ! Parmi tous ces panneaux écrits en allemand trouve nous l’itinéraire exact pour traverser la ville sans erreur ! Jean nous a bien recommandé d’être très prudentes ! Donc nous devons nous diriger sans hésitation apparente vers la ligne de démarcation . »
Un dernier regard tendre échangé et chacune entre dans la peau de son nouveau personnage , bien décidées à jouer cette comédie aussi longtemps qu’il le faudra ! Mettre toutes les chances de leur côté est leur motivation suprême , réussir ce passage dangereux est tellement important pour elles !
Elles roulent sans à -coups , normalement , sereines en apparence dans cette cité totalement intacte , aucun impact de bombe , aucune maison en ruine .
Tout est calme , peu d’habitants sur les trottoirs sauf , comme à Paris ou à Orléans des queues interminables de ménagères ou de personnes âgées en quête de quelque nourriture à acheter devant des boutiques pas toujours très approvisionnées !
Mais , au contraire , beaucoup de soldats allemands dont beaucoup sont armés !
L’œil d’artiste de Bette ne peut s’empêcher de regarder à droite à gauche dans l’espoir de repérer une merveille dans ce monde hostile.
Et soudain :
« Tina ! Regarde ce bâtiment , là , à droite ! Admire ce chef d’œuvre de l’architecture gothique !
- Tina ? Qui est Tina ? Je croyais que je m’appelais Céline ! déclare Tina l’œil taquin . C’est le Palais Jacques Cœur , bâti par l’argentier du roi Charles VII , au XV ème siècle. Hélas pour lui , il n’y habita jamais !
- Quel dommage que cette magnifique façade soit dégradée par la présence de ces sinistres drapeaux nazis !
- Entièrement d’accord avec toi mais … je t’en prie , ne nous attardons pas ! »
Elles poursuivent donc leur route. Tina les guide correctement vers Plaimpied -Givaudins , à 12 kilomètres de Bourges . C’est là que se situe cette fameuse frontière si dangereuse à franchir !
Plus elles s’en rapprochent, plus elles sont tendues …
« et si les faux papiers fabriqués par l’équipe de Pierre contenaient quelques anomalies ? Si leur format avait changé ( cela arrive souvent justement pour piéger les fraudeurs ) et si la nouvelle de l’embuscade parisienne était parvenue jusque là ? Et si à la suite de cela , leurs portraits avaient été diffusés partout ? Et si … et si … »
Les craintes habituelles en somme !
Malgré ce terrible doute , elles s’insèrent dans la file de véhicules disparates , voitures particulières , camions , motos , charrettes tirées par des chevaux , vélos , tous roulant comme elles vers la zone libre.
Elles essayent de paraître sereines .
C’est une longue attente qui s’annonce vu le nombre de véhicules qui les précèdent .
« Surtout Bette , ne t’énerve pas, garde ton calme ! Notre tour finira par arriver . Par contre si les gardes se rendent compte de ton état fébrile , tu risques de les attirer vers nous …!
- Rassure toi , je connais trop l’enjeu pour perdre mon sang froid ! »
Péniblement , lentement , la file avance .
Pour essayer d’accélérer le mouvement , des soldats remontent la file , arme au poing à la recherche d’éventuels suspects …
Enfin , c’est leur tour !
D’un ton peu aimable , un soldat leur demande leurs papiers , les raisons de leur désir de franchir ce barrage … Elles expliquent calmement et d’un ton parfaitement convaincant , les raisons de leur présence ici .
Heureusement , un gendarme français assure la traduction .
Les papiers sont examinés avec la plus grande minutie sous l’œil soupçonneux d’un homme de la gestapo .
Puis , on leur demande de descendre de leur voiture . Celle-ci est fouillée de fond en comble, leur pauvre valise en carton est ouverte sans précautions , leurs vêtements sont retournés sans aucun soin , on ne sait jamais ce qu’ils peuvent dissimuler …
Une femme soldat s’approche d’elles et leur fait signe de la suivre vers une petite guérite … elles obtempèrent … la femme les tâte des pieds à la tête … Le regard de Tina se tourne vers Bette qui commence à se crisper … elle craint le pire …
Mais au prix d’un effort inouï , Bette réussit à se contrôler !
Enfin , tout est en ordre ! Elles ont le feu vert et peuvent poursuivre leur voyage .
Rien sur leur visage ne laisse transparaître leur immense joie , leur immense soulagement !
« Merci Pierre » pense Bette à cet instant .
Elles montent dans la voiture et démarrent sans plus tarder , inutile de rester , de perdre de précieuses minutes …
Elles roulent ainsi en silence pendant plusieurs kilomètres. Elles ont de la peine à réaliser qu’elles sont enfin en zone libre …
Puis , soudain , c’est l’explosion de joie .
Un cri de soulagement sort de leurs lèvres . Tina ne tient plus en place ! Il faut absolument qu’elle bouge afin de se libérer totalement de toutes ces angoisses vécues pendant des jours et des jours …
« Bette , arrête toi , s’il te plaît , j’ai besoin de quitter la voiture pour sauter de joie ! C’est un tel bonheur que je ressens , tu ne peux pas t’imaginer … je voudrais que tout le monde le sache ! Mon esprit , mon corps ont besoin d’oublier tous ces mauvais moments passés !
- Oh si , ma chérie , j’imagine fort bien et je partage exactement les mêmes sentiments que toi : soulagement , émerveillement , un bonheur immense … Enfin , nous allons reprendre notre vie à deux…
- Tu te rends compte , nous sommes libres , libres de nous aimer , plus d’Eric à notre poursuite , Eric et son obsession …
- Oui Tina , nous sommes libérées d’Eric mais néanmoins nous ne sommes pas encore totalement libres de nous aimer au grand jour ! N’oublie pas que l’amour entre deux femmes reste toujours un délit ! Donc , restons prudentes … Il n’y a pas de Sophie aussi tolérante et compréhensive partout !
- Bette … pourquoi gâcher mon plaisir aussi vite ? Laisse moi encore un peu rêver … »
Bette stoppe la voiture dans un petit chemin forestier.
Elles se regardent longuement , tendrement et finissent par tomber dans les bras l’une de l’autre pour une étreinte sans fin …
Le baiser qu’elles échangent à cet instant est rempli d’amour , de passion , de promesses d’une vie meilleure …
Elles restent un long moment ainsi n’osant pas rompre l’étreinte de peur de s’apercevoir que tout cela n’est qu’un rêve !
Tina quitte les bras de Bette , curieuse tout à coup de connaître l’endroit où elles vont dormir ce soir …
« Maintenant que nous sommes en zone libre , peux-tu me dire où nous allons ? Quelle destination as-tu prévue pour la suite de notre voyage ?
- Bien sûr , nous nous arrêterons bientôt à Clermont-Ferrand, c’est là que nous passerons la nuit.
- Chez un ami , je suppose ?
- Pas du tout ! Nous trouverons bien un hôtel !
- Parfait , j’ai hâte d’y être ! » conclut Tina , sourire malicieux au coin des lèvres et clin d’œil coquin .
Elles remontent en voiture.
Elles quittent ce petit chemin tranquille pour reprendre la route en direction de Clermont-Ferrand plus très éloigné maintenant.
Elles qui s’imaginaient que la zone libre était un paradis , déchantent vite !
Tout au long de la route , elles rencontrent le même type de véhicules que de l’autre côté , la pénurie d’essence est présente ici aussi !
Et dans les bourgades qu’elles traversent , les gens ont l’air aussi tristes et préoccupés que dans le nord . Des files d’attente s’étirent également devant les magasins .
Dans les campagnes traversées , elles aperçoivent beaucoup de femmes accomplissant les travaux agricoles jusqu’ici réservés aux hommes ! Mais ceux-ci étant au front …
Une énorme différence malgré tout , pas de soldat allemand dans les rues !
« Dis moi Bette , pourquoi avoir choisi Clermont-Ferrand pour notre prochaine halte ?
- Et pourquoi pas ma chérie ? Non , j’ai simplement pensé que cette ville était proche de Lyon et de là …
- Et de là ?
- Il n’y aura plus qu’à nous laisser descendre jusqu’à ce petit coin de paradis que j’avais découvert lors d’une dernière mission …
- Où Bette ? J’ai tellement hâte de recommencer notre nouvelle vie , toutes les deux , rien que nous deux .
- Un peu de patience Tina , je te réserve une belle surprise tu verras … »
Pendant cet échange , elles ont continué à rouler paisiblement , sans craindre la moindre voiture suspecte ! Et maintenant , elles sont en vue de cette cité.
Elles aperçoivent déjà la silhouette noire de la cathédrale .
Enfin , elles vont pouvoir s’installer tranquillement pour une nuit dans cette ville libre et goûter au plaisir de la liberté retrouvée !
« Tina , je crois que nous devons nous faire le plus discrètes possible ! N’oublie pas que le couple que nous formons est totalement interdit par la loi ! Alors , je suggère de trouver un petit hôtel mais pas en centre ville . Qu’en penses-tu ?
- Je crois qu’au contraire , nous serions moins remarquées dans un endroit très fréquenté . Quand j’étais jeune , je suis venue ici avec ma grand-mère et nous avions logé dans un hôtel près de la place de Jaude , non loin de la statue de Vercingétorix , ce Gaulois célèbre pour avoir lutté , lui aussi , contre un envahisseur !
- Donc , ce n’est la première fois que ton pays est agressé !
- Non , mais c’est de l’histoire ancienne ! Revenons plutôt à notre situation actuelle ma chérie . Si tu savais comme j’ai hâte … »
« D’ accord Tina ! Mais j’ai tellement appris à me méfier de tout et de tous ces derniers temps , que je préfère que nous gardions nos fausses identités et que nous nous inscrivions sur les fiches de l’hôtel sous nos faux noms ! Je crois que c’est une sage précaution ! Pierre et même Jean , nous ont tellement recommandé la prudence que s’en est presque devenu une seconde nature chez moi !
- Comme tu voudras Bette , tu as une bien plus grande expérience que moi de la clandestinité ! Mais … assez discuté ! Trouvons un hôtel et installons nous ! »
Après avoir tourné un moment dans la ville , elle déniche enfin un hôtel qui leur plait à toutes les deux .
Elles se garent sur le parking , Bette se charge de leur petite valise et elles se présentent à la réception.
Une charmante jeune femme les accueille sourire aux lèvres.
« Bonjour mesdames ! Désirez-vous deux chambres ou une seule ?
- Une seule suffira , merci.
- Combien de temps comptez-vous rester ?
- Juste cette nuit.
- Bien , s’il vous plait , avant de monter dans votre chambre , voudriez-vous remplir ces deux fiches ? »
C’est Tina qui s’en charge.
« Auriez-vous le journal de ce jour s’il vous plait et même celui d’hier ? » demande Bette juste avant de monter avec ce sourire irrésistible dont elle sait si bien jouer .