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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 27.07.2015 à 18h31
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Nous retrouvons nos deux héroïnes dans la voiture qui les emporte vers la zone libre.
Cette fanfic compte déjà 107 paragraphes
Nullement surprise par cette demande inattendue , la jeune femme part à la recherche des deux journaux demandés sous le regard médusé de Tina . Le charme de Bette est toujours aussi magique !
Elle revient quelques minutes plus tard avec les exemplaires en main.
« Voilà madame , bonne lecture et bonne nuit !
- Merci . A demain . A quelle heure le petit déjeuner ? Et le numéro de notre chambre ?
- A partir de 7 heures . Vous avez la chambre 105 .»
Bette prend les deux journaux , fait signe à Tina et elle commence à monter l’escalier avec Tina sur ses talons , une Tina toujours muette ! Cette demande lui parait si incongrue !
Mais une fois la porte de la chambre franchie , elle ne peut retenir sa curiosité plus longtemps .
« Bette , peux-tu m’expliquer ce désir soudain de lire le journal ? J’avoue que cette demande m’a fortement étonnée ! Et puis , quel est-ce sourire langoureux envers elle ? La grande séductrice Bette Porter serait-elle de retour avec ce semblant de liberté retrouvé ? demande -t- elle une pointe de jalousie soudaine dans la voix.
- Rassure toi ma chérie , mon intention , pour l’instant , n’est pas de m’informer ni surtout de séduire qui que ce soit ! Mon amour tu es ; mon amour tu restes pour toujours ! »
Pour convaincre Tina de ses sentiments , de son amour pour elle , elle lâche les journaux et la prend dans ses bras , la serre étroitement contre elle.
« Regarde moi ma chérie , regarde moi bien ! »
Tina plonge son regard dans ses yeux sombres … ce qu’elle y lit est parfaitement clair et ne lui laisse plus aucun doute quant à l’état d’esprit de sa compagne ! Bien au contraire , ce regard éveille en elle un désir soudain de baisers , de caresses , de plaisir …
Elle entraîne Bette vers le lit …
« Ma chérie , aime moi , aime moi comme au premier jour . Nous recommençons une nouvelle vie alors … Te souviens-tu de cette première fois ?
- Oh oui ! Comme si c’était hier ! Je me souviens du bonheur ressenti quand tu as accepté mon baiser et cette façon que tu as eu de me le rendre … Mais , je me souviens aussi de mes doutes à cet instant précis , de mes craintes : allais-je savoir maîtriser ce désir violent que ce baiser venait de faire naître au creux de mes reins , ce désir qui rendait mes nuits douloureuses depuis des jours et la crainte de t’effrayer par une maladresse , par une trop grande rapidité à te vouloir …
- Si tu savais dans quel état j’étais moi-même , tu n’aurais pas eu toutes ces craintes ! J’étais impatiente , mon corps était impatient , en attente de connaître enfin ce que je pressentais depuis des jours … et quand tes mains si douces se sont enfin posé sur moi , quand elles ont commencé à me caresser , j’ai su tout de suite que ce moment allait être fabuleux … »
Bette entraine Tina sur le lit … la déshabille sans quitter ses yeux un instant … elle aime y lire le plaisir qu’elle ressent … ses mains commencent leur découverte de ce corps tant aimé , commencent leurs douces caresses , soulignent les courbes divines , titillent un instant les seins puis descendent sur le ventre , remontent encore sur les seins où elles s’attardent cette fois … et bientôt sa langue accompagnent les caresses de ses mains …
Tina gémit de plaisir , tout son corps ondule au rythme des caresses , ses yeux se ferment afin de mieux ressentir ce plaisir qui l’envahit par vagues , de plus en plus fort , de plus en plus merveilleux …
Les mains et la langue se font soudain plus indiscrètes …
Mais …
Ne soyons pas indiscrets.
Le petit matin trouve Bette déjà éveillée , douchée , habillée , prête à descendre . Elle est assise au pied du lit . Elle a commencé la lecture des journaux obtenus la veille.
De temps en temps , elle jette un regard attendri sur Tina encore endormie . Son corps à peine dissimulé sous le drap se laisse deviner …
Sans doute réveillée par la douce chaleur de ce regard , Tina ouvre les yeux , s’étire langoureusement comme un chat heureux et c’est d’une voix encore ensommeillée qu’elle s’adresse à Bette.
« Que fais-tu déjà debout ? Notre nuit ne t’a pas épuisée ? Moi , je suis lasse , merveilleusement lasse … mon corps est fatigué mais pour rien au monde je n’aurais manqué ces délicieux instants … je sens encore sur moi la caresse brûlante de tes mains ! Hum … ,continue-t-elle avec un regard langoureux vers Bette , mais … Ne me dis pas que tu lisais le journal !!!
- Si ma chérie . J’avais hâte de vérifier si le succès de notre embuscade était mentionné , si on parlait d’une piste éventuelle quant à ses auteurs … Si des représailles avaient eu lieu , si des otages avaient été pris et fusillés comme cela se déroule habituellement .
- Et …?
- Aucune trace nulle part .
- Que faut-il en conclure ?
- Je ne sais pas trop … Je crois que je vais essayer de contacter Pierre . Lui saura nous dire ce qu’il en est exactement ! »
Et d’une voix coquine , elle ajoute :
« Tina ma chérie , c’est un tel bonheur de te découvrir dans cette tenue d’Eve ! Elle te sied à merveille et me réjouit le cœur . Tu es si belle après une nuit d’ amour malgré tes cernes sous les yeux !
- Ne te moque pas ! A qui la faute ? demande Tina d’une voix mutine.
- Lève toi ma chérie , l’heure n’est plus au badinage ! Allons déjeuner et nous reprendrons la route …
- Pour quelle destination ?
- Chut ! C’est une surprise ! »
« Bette ! S’il te plaît ! Laisse moi encore un instant … Pourquoi ne viendrais-tu pas m’embrasser , nous sommes le matin !
- Tina , ce n’est pas l’envie qui me manque , cesse de me regarder ainsi … Je dois absolument téléphoner à Pierre , je ne sais pas pourquoi mais je suis inquiète et puis … je suis affamée … de nourriture terrestre , je précise ma belle , si tu crois que je n’ai pas remarqué ton regard triomphant ! Allez, prépare toi et descendons .
- Comme tu voudras. » répond une Tina un peu déçue .
Quelques instants après , elle est douchée , habillée , prête à suivre Bette. Elles descendent et se rendent à la salle du restaurant .
La jeune femme d’hier au soir , les accueille toujours aussi aimablement.
« Nous aimerions déjeuner s‘il vous plaît .
- Bien sûr . Avez-vous vos tickets d’alimentation ? »
Tina regarde Bette avec inquiétude , - y aura-t-elle pensé dans sa hâte à préparer ce plan d’évasion ? -
Sans hésitation , Bette sort les fameux tickets et elles s’installent à la table désignée par la jeune femme.
« Que désirez-vous prendre ?
- Café et pain , s‘il vous plait .
- Je vous apporte cela tout de suite mais … ne vous attendez pas à du vrai café ni à du vrai pain ! Nous sommes peut-être en zone libre mais les restrictions sont les mêmes qu’en zone occupée !
- Ne vous tracassez pas , nous avons l’habitude.
- Si vous voulez du sucre , je ne peux que vous apporter de la saccharine !
- Ce sera parfait , merci . »
Vu le peu de monde dans la salle , le service est très rapide . La jeune femme réapparait bientôt munie de son plateau garni. Elle le pose sur la table.
« Bon appétit mesdames ! » et s’en retourne à la réception.
Sans surprise , elles retrouvent le même ersatz de café , le même pain au maïs et le même saindoux en guise de beurre.
Malgré cela , elles sont de bonne humeur et déjeunent tranquillement.
Rien qu’aux regards qu’elles échangent , il est facile de se rendre compte qu’elles sont heureuses .
Heureuses de la nuit qui vient de s’écouler , heureuses car , dans quelques jours , elles seront dans ce petit paradis promis par Bette. Elles pourront enfin y couler des jours heureux loin de tout ce qu’elles viennent de vivre , loin de ces bruits de bottes , loin de ces horreurs !
C’est Tina la première qui interrompt ce moment d’harmonie.
« Bette ? N’as-tu pas dit que tu voulais téléphoner avant que nous repartions ?
- Tu as raison ma chérie mais cet instant était tellement bon que je voulais le savourer jusqu’au bout ! Reste là , je vais voir la jeune femme et me renseigner sur le « comment faire » ! »
Peu après , elle vient chercher Tina.
« Tu peux venir avec moi , le téléphone est dans une cabine dans le hall de l’hôtel . »
Pour un peu , Tina en oublierait son rôle de sœur cadette ! Pour quelqu’un d’observateur , il aurait été facile de voir qu’elle était prête à suivre Bette en la prenant tendrement par la taille …
Au dernier moment , se rendant compte de la bévue qu’elle allait commettre , elle prend un air dégagé pour suivre sa compagne puis marche tranquillement à ses côtés !
Effectivement , la cabine est bien dans le hall . Elle assez grande pour qu’elles puissent y entrer toutes les deux.
« Tu as noté le numéro de Pierre quelque part ? demande Tina
- Non , je l’ai enregistré depuis longtemps . Souviens toi : prudence , toujours prudence ! »
Bette saisit le téléphone et insère son doigt dans les trous du cadran pour le faire tourner , un trou après l’autre …
Et elle attend .
A la poste , la réceptionniste l’interroge :
« A qui voulez-vous parler ? »
Suite à la réponse de Bette , elle établit la connexion .
A l’autre bout du fil , Pierre décroche , méfiant , il attend un peu avant de parler.
Enfin , le mot de passe convenu depuis toujours entre Bette et lui , résonne agréablement à ses oreilles.
« Bette ! Je suis si content de t’entendre ! Comment va Tina ? et toi ? Vous remettez-vous de toutes ces péripéties ?
- Oui , Pierre , nous sommes en zone libre , ton plan a parfaitement fonctionné ! Merci !
- Tant mieux pour vous et , maintenant ? Qu’allez-vous faire ?
- Tu te souviens ; lors de ma dernière mission , je t’avais dit avoir découvert l’endroit idéal pour nous reposer , pour nous retrouver et bien le moment est venu de nous y rendre.
- Excellente nouvelle Bette ! Aimez-vous , vous l’avez bien mérité ! Mais … si tu le permets , je vais interrompre là notre entretien , je suis heureux pour vous , tu sais que je peux être appelé à tous moments …
- Oui Pierre , excuse moi , j’avais oublié un instant que tu étais toujours en guerre ! Je ne voulais pas t’importuner avec mes petites histoires ! Simplement , ce matin , en me réveillant , j’avais comme un mauvais pressentiment qui n’a fait que grandir après la lecture des journaux ! Pourquoi ne parle-t-on pas de l’embuscade ? Y a-t-il eu enquête de la gestapo ? Avez-vous été inquiétés toi et tes amis ?
- Bette , l’affaire a été étouffée . Il n’y a pas vraiment eu d’enquête car des collègues d’Eric , jaloux de sa montée rapide dans la hiérarchie gestapiste , ont révélé à qui de droit son obsession quasi maladive à rechercher sans relâche une gouine et vouloir l’ épouser à tout prix . Ils ont déclaré qu’elle était devenue sa principale occupation aux détriments des autres objectifs qu’était la chasse aux juifs et aux résistants !
Cependant , ils ont fini par réaliser qu'une telle embuscade ne pouvait avoir lieu qu’avec une aide intérieure au service . Des questions ont donc été posées à tout le personnel , des réponses ont été données , des indices ont été recoupés et finalement l’étau s’est resserré autour de Marie !
Un beau matin , à son arrivée au bureau , elle a été arrêtée , entrainée dans les sous-sols de la gestapo et torturée sans relâche pendant quelques jours. Elle n’a jamais parlé , jamais trahi notre cause . Elle a été fusillée dans la cour sinistre de ce bâtiment ! Voilà , tu sais tout Bette ! Imagine notre immense peine à l’annonce de sa mort , notre bouleversement ! »
Au fur et à mesure du récit de Pierre , Tina peut voir Bette se crisper , pâlir … Elle peut voir aussi des larmes apparaitre dans ses yeux et se mettre à couler sans qu’elle fasse quoique ce soit pour les arrêter . Soudain , elle s’effondre contre la paroi de la cabine et lâche même le téléphone tant sa douleur paraît grande ! Anéantie à son tour devant cette douleur silencieuse , Tina se précipite pour soutenir Bette . Elle raccroche l’appareil mettant ainsi fin à la conversation .
Profitant de l’isolement de la cabine dans ce recoin du hall de l’hôtel , Tina prend Bette dans ses bras . Elle la serre tendrement contre elle et essaye d’apaiser son chagrin par de douces paroles .
Il faut absolument qu’elle se calme sinon on va finir par les remarquer mais , surtout , Tina veut connaitre la cause réelle de ce malaise soudain.
« Parle moi Bette ! Que s’est-il passé à Paris qui te mette dans un tel état ? Raconte moi !
- Une chose terrible est arrivée … Marie … réussit-elle à balbutier , tu te souviens de Marie ?
- Bien sûr ! Pourquoi cette question ? Tu me fais peur tout à coup !
- Eh bien ! … Eh bien ! … ânonne-t- elle le regard perdu , encore plein de larmes .
- Oui , je t’écoute … Non ! … Non ! … Ne me dis pas … Non ! ce n’est pas possible ! Pas elle ! Si belle ! Si jeune ! Si dévouée ! » s’écrie Tina qui a enfin compris le pourquoi d’une telle détresse chez sa compagne .
A son tour , le chagrin la submerge .
Elle revoit Marie accompagnant Eric à chacune de ses visites , toujours discrète , toujours attentive .
Elle la revoit surtout lui annonçant la bonne nouvelle de sa libération prochaine puis , dans la voiture , assise à côté d’elle , veillant sur elle afin qu’elle saute au bon moment , juste avant que la voiture n’explose .
C’est à elle , à son courage qu’elle doit la vie , qu’elle doit le bonheur d’être de nouveau avec Bette , son bel amour .
Bette semble soulagée que Tina ait enfin compris la situation.
Elles s’étreignent encore un instant puis se ressaisissent.
« Ma chérie , dit-elle , il faut que nous sortions de cette cabine , nous allons regagner notre chambre et discuter calmement . Tu veux ?
- Certainement . Oui , je suis d’accord ! Au moins nous pourrons évoquer le souvenir de Marie et pleurer sans que cela n’attire l’attention sur nous. »
Après s’être essuyé les yeux , avoir essayé de faire disparaitre toute trace de chagrin de leur visage, elles sortent juste au moment où un autre client arrive.
Il les suit des yeux quelques minutes , d’un regard légèrement soupçonneux .
Elles repassent par la salle du restaurant.
« Nous allons chercher nos affaires . Pouvez-vous nous préparer la note , s’il vous plait ?
- Oui , prenez votre temps , ce sera prêt .
- Merci. »