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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 27.07.2015 à 18h31
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Nous retrouvons nos deux héroïnes dans la voiture qui les emporte vers la zone libre.
Cette fanfic compte déjà 107 paragraphes
« Encore un instant Pierre si tu veux bien , demande Bette. Pendant que vous allez effectuer ces derniers achats , nous allons remonter dans notre chambre , nos affaires y sont encore . Nous sommes descendues tout à l’heure en catastrophe, choquées par ce que nous venions de découvrir . Nous étions à la recherche de Juliette en quête d’explications et nous sommes tombées sur vous !
- Pas de souci Bette, prenez votre temps , nous ne savons pas combien de temps va durer notre absence . Si vous voulez donnons nous rendez-vous ici dans deux heures . Et nous partirons ensemble .
- Oui , faisons ainsi . A tout à l’heure ! Surtout ne vous faites pas prendre ! »
Sitôt les garçons sortis , Bette et Tina regagnent leur chambre sous le regard inquiet de Juliette.
« Bette ma chérie , mon amour , j’ai peur si tu savais , j’ai peur pour toi , j’ai peur pour nous. S’il t’arrivait la moindre chose , la moindre blessure , je ne le supporterais pas ! Ce serait de ma faute … »
Bette prend Tina dans ses bras , l’embrasse tendrement , la serre tout contre elle et lui parle doucement d’une voix ferme . Surtout que Tina ne sente pas la peur tapie au fond d’elle aussi !
« Cesse de te torturer Tina , je suis bien consciente de tous ces moments dangereux que nous allons vivre ! Mais … tu ne t’imagines tout de même pas que je vais te laisser partir seule . Nous sommes ensemble pour le meilleur et pour le pire ! D’ailleurs , nous avons déjà connu le pire et nous en sommes sorties … Et puis , nous ne serons pas seules , nous serons avec les garçons qui ont une grande expérience de la clandestinité . Alors , si tu veux bien , récupérons nos affaires et descendons les attendre . »
Après une étreinte pleine de tendresse , un long baiser rempli d’une grande douceur , elles se séparent , prennent leurs affaires et descendent …
Elles retrouvent Juliette et leurs deux amis dans le hall.
« Au revoir Juliette , merci pout tout , nous allons faire très attention , mais … de ton côté , pas d’imprudences !
- Ne vous tracassez pas pour moi ! Le pire qu’il puisse m’arriver c’est de voir l’hôtel envahi par les Allemands ! Alors , finie la présence de voyageurs français ! Et je ne pourrais guère compter sur les informations distillées par la radio de Vichy . C’est une radio de propagande ! De propagande nazie !
Ce que je vais essayer de faire , c’est écouter « radio-Londres » , « les Français parlent aux Français », vous savez , cette radio qui a transmis sur les ondes de la BBC , l’appel du 18 juin et qui continue à diffuser des nouvelles authentiques sur l’état de la France , sur la résistance , permettant ainsi aux Français d’être au courant de ce qui se passe réellement .
- Nous connaissons cette radio , répondent Pierre et Jean . Son générique est célèbre et connu de tous . Ce sont les premières notes de la 5ème symphonie de Beethoven . Méfie toi , toute personne surprise entrain de l’écouter va au devant de graves ennuis !
- Vous savez , je ne serais pas plus en danger que vous ! Alors , partez tranquilles ! Encore une remarque cependant , les Américains sont avec nous maintenant ainsi que les Russes qui viennent de subir d’importants revers à Stalingrad . Connaissant leur courage , pensez à leur attitude face aux troupes de Napoléon , ils vont réagir et alors , les allemands auront deux fronts à gérer plus la résistance intérieure … La guerre ne durera pas éternellement !
Si vous voulez , je vous donne rendez-vous , ici même , dans ... 5 ans !
- Quel optimisme Juliette ! Mais , d’accord pour ce rendez-vous ! »
Après avoir échangé encore quelques paroles d’encouragement , les amis se séparent sur de longues embrassades , les larmes aux yeux .
L’avenir s’annonce bien incertain pour chacun !!!
L’année 1947 est là .
Juliette est toujours présente derrière le bureau de réception de son hôtel . Elle n’a pas changé ou à peine , quelques rides , quelques cheveux blancs .
Elle est toujours fidèle à son poste , toujours aimable , accueillante envers ses clients .
Elle a simplement changé le nom de son établissement afin d’effacer le souvenir de toutes ces années terribles …
Désormais , il s’appelle « l’hôtel de la Paix ».
Pendant ces cinq années écoulées , elle n’a reçu aucune nouvelle de ses amis .
Il faut dire que , sitôt la ligne de démarcation disparue , les Allemands ont réquisitionné son hôtel comme elle le craignait à l’époque ! Toutes les chambres étaient occupées par des officiers de la Wehrmacht .
Donc…plus question de recevoir des voyageurs français d’autant plus que le drapeau à croix gammée avait été installé au-dessus de la porte d’entrée ! De quoi dissuader les voyageurs imprudents.
Dans ces conditions , impossible d’avoir des échos de ce qui se passait à Lyon.
Elle avait bien fait plusieurs tentatives pour écouter radio- Londres mais c’était tellement dangereux avec les Allemands présents qu’elle y avait renoncé .
L’hôtel avait été occupé jusqu’à quelques jours avant la libération de la ville qui avait eu lieu le 27 août 1942 .
Libération effectuée par les troupes françaises de l’intérieur , les F.F.I. , qui ont pris immédiatement les choses en main.
Arrestation et jugement des personnes ayant collaboré avec l’ennemi , libération des prisonniers politiques …
Rétablissement progressif d’une vie normale dans la ville.
Hélas , il manquait encore tellement de choses que les tickets de rationnement furent maintenus pour une assez longue période .
Puis , la vie reprit son cours normal petit à petit.
Juliette avait fait effectuer de nombreux travaux dans son hôtel afin d’effacer toutes traces des occupants allemands . Il a retrouvé son charme d’avant-guerre .
De nouveaux voyageurs s’y arrêtent , en provenance de Paris , en provenance de Lyon …
Et maintenant que le mois de novembre approche , elle ne peut s’empêcher de penser à ses amis partis cinq ans plus tôt avec la ferme intention de se battre .
Elle se pose mille questions à leur sujet . Comment ont-ils traversé cette période terrible , dangereuse ? Ont-ils été arrêtés ? Sont-ils encore vivants ? Et Bette et Tina , ont-elles réussi à s’en sortir ? Ont-elles subi le sort de Marie ?
L’inquiétude commence à l’envahir chaque jour un peu plus …
D’autant plus que la libération de Lyon n’avait pas été sans danger …
D’autant plus que la libération de Lyon ne s’était pas passée sans de nombreux morts !
Lyon avait été libérée le 3 septembre 1944 par les troupes de de Lattre de Tassigny qui avait aussitôt proclamé le rétablissement de la République .
Le général De Gaulle était venu le 14 septembre saluer le courage des résistants , le rôle fondamental de la Résistance.
Cependant , la victoire ne fut pas si glorieuse que cela . Elle a connu de sombres périodes …L’épuration a duré quelques temps , épuration menée par des combattants de l’ombre , d’où des exécutions sommaires , sans jugement . Puis , peu à peu , on a assisté au rétablissement des principales cours de Justice.
Mais avant d’en arriver là , Lyon avait traversé une période extrêmement dure . Les Allemands , sentant la défaite approchée , dès avril , avaient exécuté de plus en plus de prisonniers , s’étaient livré , avec l’aide de la milice , à des rafles , des assassinats , des tortures …
Le 6 juin , jour du débarquement en Normandie , l’espoir avait reparu pour quelques jours .
Hélas , pour une courte durée , en juillet eut lieu le massacre du Vercors par les SS aidés de la milice . 600 résistants et 200 civils furent exécutés …
Le 2 septembre , les F.F.I. entraient en ville et les Allemands prenaient la fuite …
Klaus Barbie ainsi que Paul Touvier , le chef de la milice s’enfuirent également.
« Comment auraient-ils pu sortir indemnes de tels moments ? se demande Juliette en évoquant cette triste période traversée par la ville et ses habitants . Et maintenant que le calme y est revenu depuis quelques années , pourquoi ne donnent-ils aucun signe de vie ? »
Perdue dans ses sombres pensées , Juliette n’a pas remarqué l’entrée d’une petite fille …
Elle est là , depuis un moment , plantée devant le bureau , le cou tendu vers Juliette dans l’espoir de se faire remarquer .
Elle est magnifique , cheveux bouclés , teint halé , l’œil malicieux et un sourire , un sourire à faire fondre un iceberg … En un mot , elle est adorable , elle est à croquer !
« Bonzour Zuliette ! » dit-elle pour attirer l’attention de la jeune femme .
Celle-ci redescend enfin sur terre , tirée de ses noires pensées par cette petite voix enfantine …
Stupéfaite de se trouver nez à nez avec cette enfant inconnue , Juliette ouvre de grands yeux surpris . Elle sort de derrière son comptoir et s’approche de la fillette .
Celle-ci , sans aucune crainte , lui tend les bras . Juliette ne résiste pas à ce sourire et prend l’enfant contre elle .
« Qui es-tu ? Comment t’appelles-tu ? D’où sors-tu ma chérie ? demande-t-elle d’une voix toute émue , le cœur chaviré !
- Ze m’appelle Anzelica , z’ai deux ans et z’ai deux mamans » répond-elle en passant ses bras autour du cou de Juliette pour un gros câlin .
- Mais … mais … comment me connais-tu ? » interroge encore une Juliette de plus en plus abasourdie.
Profitant de cet échange et de l’effet de surprise ainsi créé , deux femmes ont fait une entrée discrète dans le hall , souriantes , main dans la main , heureuses du bon tour qu’elles viennent de jouer à leur amie .
Bette et Tina , sont là , toujours ensemble , rayonnantes de bonheur , ravies de revoir Juliette après toutes ces années .
Ce sourire et ce regard qu’elles échangent en disent long sur leur amour . Il est toujours là , aussi vivant qu’au premier jour malgré les terribles épreuves traversées . A les voir ainsi , on dirait même qu’elles l’ont décuplé !
« Hé bien Juliette ! Remettez-vous ! Nous ne sommes pas des fantômes ! s’écrient les deux femmes devant l’air suffoqué de Juliette , vous tenez notre fille dans vos bras .
- Comment ? Qu’est-ce que vous dites ? Votre fille ? Votre fille ? Je n’y comprends rien ! Expliquez moi ! »
Bette s’avance , prend la fillette dans ses bras et serre Juliette contre elle .
« Remettez vous ou plutôt , remets toi Juliette . Assieds toi . Nous allons tout t’expliquer , tout te raconter .
- Comprenez ma surprise , j’étais entrain de penser à vous , de m’inquiéter de vous , de votre silence et pour toute réponse à mes questions , apparait juste une petite fille sortie de je ne sais où ! répond une Juliette enfin redescendue sur terre, réalisant enfin à qui elle avait affaire , mais … vous me faites perdre la tête à surgir ainsi sans prévenir ! Venez , allons dans mon bureau , je vous prépare un petit déjeuner comme autrefois mais je vous garantis qu’il sera meilleur ! Vous vous souvenez ….?
- Oh oui ! Nous nous souvenons ! déclare Tina à son tour en embrassant Juliette, que d’années passées depuis ce moment là ! »
Et , comme il y a cinq ans , elles se retrouvent dans le bureau de Juliette …
Mais , cette fois , l’ambiance est toute autre ! Sourires , joie , bonheur s’invitent également autour de la table .
« Installez vous , mettez vous à l’aise , je vais vous préparer un de ces plateaux !!! Mais , vu l’heure tardive , ce sera plutôt un déjeuner que je vais vous servir ! Encore une fois , faites comme chez vous , je reviens dans un petit moment . »
Bette et Tina obéissent , se mettent à l’aise , font le tour de la pièce à la recherche d’éventuels changements .
« En apparence rien n’a changé , déclare Bette toujours aussi observatrice , à moins que … cette photo … elle ne pouvait pas être là il y a cinq ans !
- Pourquoi ? Que représente-t-elle ? demande Tina occupée à débarrasser la petite de son manteau.
- Viens voir par toi-même ! Elle représente le général de Gaulle en visite ici même ! Si tu te souviens , la dernière fois où nous étions ici , le général était à Londres !
- Tu as parfaitement raison Bette , il est venu à Clermont-Ferrand quelques jours après la libération de la ville, lui répond Juliette de retour dans la pièce . Je vous apporte de quoi dresser le couvert , pendant ce temps , je retourne en cuisine et je reviens. Mais … ne préféreriez-vous pas aller dans la salle du restaurant ? Ce serait plus pratique !
- Non , Juliette , c’est parfait ainsi , nous te voulons pour nous seules ! Nous n’allons pas raconter notre histoire devant n’importe qui ! Nous sommes venues juste pour toi ! »
Ainsi fut fait .
Le repas va bon train .
La curiosité de Juliette est sans fin !
« Je ne sais pas par où commencer , je me suis posé tellement de questions à votre sujet que maintenant , elles se bousculent dans ma tête ! Avez-vous été blessées ? Arrêtées ? Emprisonnées ? D’après ce que j’entendais à propos de Lyon , de la hargne des Allemands , de l’acharnement de la gestapo , de l’extrême zèle de la milice à pourchasser les Résistants , je n’ai pas cessé de penser à vous mes amies , aux dangers permanents qui vous entouraient !
- Rien de tout cela Juliette , nous avons eu de la chance , beaucoup de chance car beaucoup de nos camarades Résistants ont disparu …
- Vous avez dû avoir très peur parfois ? Vous avez dû être bien souvent dans des situations terriblement périlleuses ! Comment avez-vous réussi à protéger votre amour , votre relation ?
- Seuls , Pierre et Jean étaient au courant et puis , ce qui intéressait surtout la gestapo , c’était de capturer le plus de Résistants possibles … Mais , oui , nous avons eu peur souvent , très souvent …
- Oui Juliette , mais la plus grande peur que j’ai connue , raconte Tina , en coupant la parole à Bette , la plus grande frayeur que j’ai ressentie, ce n’est pas à proprement parler pendant la guerre mais , juste à la fin de l’occupation de Lyon , pendant cette courte période de l’épuration …
« Je ne comprends pas Tina , le départ des occupants aurait dû déclencher une grande période de joie incroyable ! Explique toi !
- Comme tu le sais , je parlais très bien allemand , j’ai réussi à me faire embaucher comme secrétaire auprès d’un haut gradé . Ainsi , pendant deux ans , j’ai pu glané des renseignements pour la Résistance …
- Exactement comme Marie alors ?
- Oui , mais j’ai eu plus de chance qu’elle !
- Une fois de plus , je n’y comprends rien Tina , raconte , pourquoi la plus grande terreur que tu as vécue se situe-t-elle à la libération ?
- Et bien , il faut savoir qu’à ce moment là a commencé une grande chasse « aux collabos », à ceux qui avait aidé les Allemands de quelques façons que ce soit . Les résistants de la dernière heure , les collabos eux-mêmes pour détourner l’attention de leur propre cas , c’étaient d’ailleurs les plus féroces ! Des hommes ont été abattus sans jugement quand aux femmes , malheur à elles !!!
Elles étaient arrêtées , trainées sur la place publique , tondues , dépoitraillées , humiliées avec un plaisir évident , avec un désir de revanche incroyable ! Ensuite , pour parachever la honte , , elles étaient trimballées à travers les rues exactement comme pendant la Terreur quand des charretées de nobles étaient en route vers l’échafaud sous les huées des badauds !
- Tina ? Tina , ne me dis pas que tu as vécu pareil cauchemar ?
- J’ai failli Juliette , seulement failli ! Pierre est arrivé juste à temps pour me défendre alors qu’on m’avait déjà installée sur l’estrade improvisée , que le bourreau avait déjà les ciseaux en main … il m’arrive encore , certaines nuits , de revivre cet instant terrible , de me réveiller en sursaut ! Heureusement , Bette est là , toujours attentive , toujours rassurante …
- Pas un seul moment je n’ai pensé à cela pour toi Tina ! Je pensais plus à une blessure ou une arrestation , répond une Juliette bouleversée.