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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 27.07.2015 à 18h31
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Nous retrouvons nos deux héroïnes dans la voiture qui les emporte vers la zone libre.
Cette fanfic compte déjà 107 paragraphes
« Oui , c’est pourquoi ma chérie , j’ai voulu t’emmener aussi vite que possible loin de cette ville . Je voulais te faire oublier au plus vite cet épisode terrible pour toi ! Apparemment , je n’ai pas tout à fait réussi !
- Oh si ! Bette , c’était exactement ce qu’il fallait faire , crois moi !
- Alors , où êtes-vous allées ? interroge Juliette.
- A ce moment là , je n’avais qu’une idée en tête , emmener Tina aux U.S.A. ? c’était l’instant idéal pour changer de vie , pour tourner la page … Mais pour cela , il nous fallait monter à Paris voir l’ambassadrice …
- Elle était encore en France ?, demande Juliette de plus en plus passionnée par ce récit .
- Par chance , oui ! Je lui ai présenté Tina , je lui ai expliqué la situation et , une fois de plus , j’ai sollicité son aide . Elle a été tout de suite d’accord pour faciliter notre départ . Mais , il fallait des papiers afin que Tina puisse entrer dans le pays . Comme cela allait prendre quelques temps , nous en avons profité pour retourner à notre ancien appartement …
- Oui , et nous en avons profité surtout pour saluer Sophie , notre gentille voisine que je n’avais pas revue depuis mon arrestation par les sbires de Eric , ce malade complètement obsédé … l’interrompt Tina .
- Elle a du être bien surprise et vous avez dû la trouver bien changée ?
- Surprise , c’est sûre , mais si tu avais vu son sourire de joie quand elle nous a reconnues ! Elle pleurait et riait à la fois ! Elle nous a serré contre elle , heureuse qu’elle était de nous savoir vivantes ! Oui , elle avait changée . Elle avait beaucoup maigri , les restrictions de l’époque étaient passées par là !
- Mais , elle avait toujours ce même regard bienveillant envers nous , rajoute Bette.
- Et nous avons discuté un bon moment , de tout , de rien , des voisins , de la guerre et c’est là qu’elle nous a raconté que la petite voisine du dessous , un beau matin , avait été arrêtée , par des gendarmes français , avec ses trois enfants , le jour de la grande rafle ! Elle ne savait même pas qu’ils étaient juifs ! Elle ne les a jamais revus et leur logement a été occupé aussitôt .
- Et le vôtre ? Était-il resté inoccupé ? Sophie en avait-elle pris soin ?
- Parfaitement ! répond Tina . Mais quand nous lui en avons parlé , elle s’est rappelé soudain qu’une lettre était arrivée à mon nom et qu’elle attendait mon retour pour me la donner et que , ne sachant où me joindre , elle l’avait rangée dans un tiroir …
- D’où provenait cette lettre ? demande Juliette toujours aussi curieuse.
- Elle venait d’Alsace et portait le cachet de la kommandantur de Saverne . Dès que Tina l’a ouverte , j’ai vu à son attitude que c’était une mauvaise nouvelle ! La Grand-mère de Tina était morte et elle ne l’apprenait que maintenant ! Je te laisse imaginer ce qu’elle a pu ressentir à cet instant . Elle se sentait coupable de l’avoir abandonnée , de l’avoir laissée mourir seule !
- Mais … Tina , c’était la guerre , l’Alsace était occupée , je crois que tu n’aurais rien pu faire , déclare Juliette en la serrant contre elle pour lui apporter un peu de réconfort .
- Merci Juliette , je sais cela mais … au fond de moi …
- Encore une question les filles ! En parlant de l’Alsace occupée , est-il vrai que les Allemands ont enrôlé de force de jeunes Alsaciens ?
- Hélas oui ! répond Tina , c’est ainsi que mon oncle est parti combattre en Russie avec de nombreux autres ! Impossible pour eux de refuser car ils étaient abattus sur le champ ! On les appelait « les malgrés nous ».
- Que lui est-il arrivé ?
- Personne ne le sait , il n’est jamais reparu ! Ma tante s’est retrouvée seule avec une fillette à élever !
- N’a-t-elle pas fait des recherches à la fin de guerre ?
- Bien sûr que si ! Même la Croix Rouge a été sollicité ! En vain , hélas ! On perd sa trace quelque part en Autriche .
- Pauvre femme et pauvre fillette … »
« Chut , les filles ! Regardez ! Pendant que nous bavardions , Angélica s’est endormie sur mes genoux , Juliette , ne pourrions nous nous installer ailleurs ?
- Bien sûr Bette , j’ai une chambre de libre , la 105 , je crois …
- Juliette , tu es un ange , tu ne pouvais pas mieux choisir , c’est là que nous avons dormi en arrivant dans cette ville après notre périple et notre passage de la ligne » , lui répond Bette en adressant un clin d’œil malicieux à sa compagne .
Aux souvenirs que cela évoque , Tina en rougirait presque , en entendant ce numéro , elle aussi a revécu cette nuit d’amour passionné …
- Hum … ce fut une nuit magique ma chérie et je serais contente de m’y retrouver ! »
Sitôt dit , sitôt fait .
Bette allonge la fillette sur « leur » lit , les trois femmes s’installent confortablement pour poursuivre leur récit .
« Alors , avez-vous obtenu vos papiers ?
- Oui , l’ambassadrice a été très efficace et après une nuit passée chez Sophie , nous avons pris l’avion , destination New York puis Los Angelés où j’ai retrouvé ma sœur ainée et toutes mes amies . Elles ont été ravies de faire la connaissance de Tina. Je leur avais tellement parlé d’elle avant la guerre , quand j’étais venue rendre les tableaux prêtés pour l’exposition universelle de Paris en 1937 … Tu te rends compte ma chérie , voilà 10 ans que nous nous connaissons , 10 ans que nous nous aimons . Que de galères traversées ensemble et que moments merveilleux partagés …
- Bette , s’il te plait , raconte moi comment vous avez fait pour avoir une fille aussi belle qui ressemble à la fois à toi et par certains côtés à Tina ,
- C’est simple , Tina est sa maman biologique , un de mes amis artiste a bien voulu nous aidées , c’était un afro-américain …
- Alors , vous comptez rester vivre là-bas maintenant ?
- Sans aucun doute , Juliette , là-bas , j’ai trouvé une famille . Kit , la sœur de Bette , m’a tout de suite adoptée quand à ses amies , elles m’ont réservé un accueil plus que chaleureux , en particulier Shane , l’amie de cœur de Bette , sa confidente , son soutien de tous les instants . Alice et Dana , malgré leur grand amour , prennent également le temps de s’occuper de moi . J’ai trouvé mes marques et je suis parfaitement à l’aise dans cette nouvelle vie !
- Et puis , rajoute Bette , j’ai repris mon travail , je dirige une galerie et je me suis remise à la peinture .Tina , quant à elle , a aussi trouvé du travail . Son séjour chez un cinéaste à Paris lui a permis de se lancer dans le cinéma .
- Mais … vous reviendrez de temps en temps en France tout de même ?
- Rassure toi Juliette , une grande partie de nos souvenirs est ici , nous reviendrons régulièrement voir nos amis ! Ne sommes-nous pas là aujourd’hui pour honorer la promesse faite il y a cinq ans ?
« Mais … Bette, j’ai encore une question pour toi , une question qui te concerne particulièrement .
- Je t’écoute Juliette , que veux-tu savoir maintenant ? Je crois que nous t’avons tout raconté .
- Non , non , Bette , tu ne m’as pas dit ce qui t’a fait le plus peur pendant ton séjour à Lyon chez les Résistants .
- Comme Tina , j’ai eu de la chance , j’ai échappé à bien des dangers ; à bien des traquenards . L’expérience de la vie clandestine à Paris , sous les ordres de Pierre , y est certainement pour beaucoup . Durant toute cette période , ma devise a toujours été « prudence ! prudence et encore prudence ! » Et , malgré cela , il m’est arrivé de frôler la catastrophe plus d’une fois ! Mais , en y réfléchissant bien , là où j’ai eu la plus grande frayeur de ma vie , ce n’est pas à Lyon mais à Londres que je l’ai vécue …
- A Londres ? A Londres ? Je ne comprends pas ! Que faisais-tu là-bas ? demande Juliette plus qu’étonnée .
- C’est simple , comme je parlais parfaitement anglais , j’y étais souvent envoyée pour rencontrer des gens des services secrets afin de leur transmettre les renseignements importants glanés en France … Il ne fallait surtout pas qu’ils soient interceptés par les radios allemandes toujours à l’écoute !
- Mais , à Londres , tu ne risquais rien !
- Détrompe toi ma belle , un soir que j’étais au restaurant , un V2 a explosé à quelques mètres de là causant pas mal de dégâts !
- Un V2 ?
- C’était une sorte de fusée remplie d’explosifs que les ingénieurs allemands avaient réussi à mettre au point. Ils espéraient ainsi porter la guerre en Angleterre !
- Et bien ! Mes amies , avec toutes vos aventures , vous pourriez écrire un livre! » conclue Juliette.
« Oui Juliette , tu as raison et nous espérons bien y figurer ! » répondent en écho deux voix masculines .
Surprises , les trois jeunes femmes sursautent et , d’un même élan se tournent vers la porte pour voir qui sont ces intrus , ces malappris qui font ainsi irruption dans la conversation .
« Qui êtes-vous ? Et d’abord , qui vous a permis d’entrer ainsi en catimini dans cette pièce ?
- Tout doux les filles ! Vous ne nous reconnaissez pas ? Et pour répondre à votre question , c’est la jeune personne de la réception qui nous a indiqué cet endroit !
- Pierre ! Jean ! crient -elles en chœur.
Une fois l’étonnement passé , ils se précipitent les uns vers les autres , heureux de se retrouver enfin à l’endroit où ils s’étaient quittés cinq ans plus tôt . Ils s’étreignent longuement , en silence , chacun savourant cet instant particulier , chacun pensant à tous les dangers affrontés , chacun pensant à tous les disparus , chacun pensant à l’enfer traversé avant d’être de nouveau là , réunis dans la joie . Ce moment de communion passé , les questions pleuvent de tous côtés !
« Depuis combien de temps êtes-vous là à nous écouter ?
- Cela fait un bon moment maintenant ! Mais , vous devez être un peu sourdes ou tellement absorbées par votre conversation que vous n’avez rien remarqué , rien vu , que vous n’avez même pas entendu le léger grincement de la porte quand nous l’avons ouverte . Nous n’avons pas voulu vous effrayer si bien que nous sommes restés sur le seuil à vous écouter , attendant simplement la fin de cet échange . Nous étions aussi passionnés que Juliette par votre récit Bette et Tina. Nous nous étions quittés tellement rapidement à la libération de Lyon que nous nous demandions où vous aviez pu disparaître aussi vite !
- D’ailleurs Pierre , nous sommes parties tellement vite , que je me demande parfois si j’ai pris le temps de te remercier de m’avoir sauvée du déshonneur sur cette place publique ? Pardonne moi si je ne l’ai pas fait mais je n’avais qu’une hâte : retrouver Bette et qu’elle m’emmène loin de ce tumulte !
- Pas de problème Tina , n’y pense plus , c’est de l’histoire ancienne tout cela ! Ce qui est certain , c’est que vous n’avez pas perdu de temps pendant ces trois ans écoulés ! Bravo les filles ! Félicitations pour la naissance de votre fille !!!
- Vous auriez pu nous prévenir tout de même ! proteste gentiment Jean en s’approchant de la fillette endormie . Elle est superbe .
- Mille pardons à vous deux pour cet oubli , nous sommes pardonnables , nous n’avions aucune adresse où vous contacter ! réplique Bette.
- Je suis toujours admiratif Bette devant ton esprit de décision ! Tu n’as pas changée , Tina non plus du reste ! Vous formez un couple solide que rien ne peut détruire !
- Et si vous veniez vous assoir , intervient Juliette , ce serait plus confortable pour poursuivre cette discussion . Je suis complètement perturbée et manque à tous mes devoirs d’hôtesse ! Mais , mettez-vous à ma place , au moment où je me désespérais d’être sans nouvelle , imaginant déjà le pire , vous voilà qui débarquez tous sans prévenir !
« Ne t’inquiète pas Juliette , nous allons entrer et nous asseoir , déclarent ensemble les deux hommes , il y a bien encore un peu de place sur ce lit !
Bette , j’ai aussi une question à te poser ! Pendant cette période à Paris où tu effectuais , pour notre réseau , des missions délicates , nécessitant parfois le passage de la ligne , il me semble qu’à la dernière , tu t’étais accordée un peu de répit en zone libre pour dégotter un endroit paradisiaque à offrir à Tina après sa libération ! J’ai suivi attentivement votre conversation avec Juliette , à aucun moment je ne t’ai entendu parler de cela ! Y êtes-vous allées comme prévu ?
- Hélas non Pierre ! Nous étions tellement traumatisées à la fin de la guerre , à la libération de Lyon que nous n’avions qu’une envie : partir loin de cet endroit , loin de ces ruines , loin de tous ces morts ! Comme tu as pu l’entendre tout à l’heure , nous sommes parties directement à Paris et tu connais la suite .
- C’est vrai Bette ! J’avais complètement oublié ce détail ! ajoute Tina . Il serait peut-être temps maintenant que tu m’en parles , dit - elle le regard taquin , la voix mutine .
- Je reconnais humblement que j’avais moi-même oublié cela ! Ma chérie , il n’est jamais trop tard … Avant de repartir , je te promets de t’y emmener …
- Peux-tu au moins me dire où c’était , réplique Tina d’un air faussement fâché .
- C’était un petit village perdu du Lubéron . Il y régnait un tel calme à l’époque que j’avais flashé dessus . Puis , les événements se sont enchainés et nous avons été prises dans un tel engrenage … ! »
« Bette , s’il te plait , j’en meurs d’envie ! insiste Tina . Tu m’as déjà fait languir il y a quelques années , me disant de patienter , que cela allait être une belle surprise pour fêter nos retrouvailles et , finalement , rien de tout cela ne s’est produit !
- Oui , aller , Bette ! Raconte , renchérit Juliette .
- Je crois que tu vas être obligée d’obtempérer ma belle , ajoutent les deux hommes , cette fois , impossible de te défiler !
- Bon , ça va , vous avez gagné , répond Bette faussement fâchée.
J’ai découvert ce petit village lors de ma mission à Forcalquier . Tu te souviens Pierre , je devais contacter un membre de ton réseau installé là-bas . D’ailleurs , à cette occasion , en plus de mon petit village paradisiaque , j’ai appris l’existence du Camp des Milles installé dans la région depuis 1939 . A l’origine , c’était un camp d’internement français pour étrangers et antifascistes . Puis , sous le gouvernement de Vichy , il fut transformé en camp de déportation . Tous les Juifs raflés en zone libre étaient transférés à cet endroit puis directement envoyé à Auschwitz : hommes , femmes et même les enfants en bas âge ! J’avais été tellement choquée par cette découverte que j’avais décidé de m’accorder un peu de répit !
C’est ainsi que je suis partie à la recherche d’un coin tranquille pour souffler un peu . Ma petite escapade m’a conduite dans un village paisible dominant la vallée de la Durance : Lurs , pour ne rien vous cacher , perché sur une colline avec à ses pieds une très grande oliveraie . Autrefois , les évêques de Sisteron venaient y faire retraite pendant l‘été . Un chemin s’appelle d’ailleurs « Promenade des Evêques ». C’est une allée verdoyante bordée de plusieurs oratoires . Au détour d’une ruelle , un théâtre romain , signe de l’occupation des lieux dès l’antiquité , de vieilles maisons , peu d’habitants , en somme l’endroit idéal pour y conduire Tina . Là , elle aurait pu se reconstruire , effacer de sa mémoire les instants terribles vécus dans les sous-sol de la gestapo parisienne !
Mais , la vie en a décidé autrement !
- J’aime déjà ce village Bette et j’ai hâte de m’y rendre . Il doit y régner une telle paix … déclare Tina en embrassant sa compagne.
- Et bien Bette , je crois que cette fois , tu devras tenir ta promesse ! »ajoute Juliette.
« Oui , nous irons , promis , avant de repartir pour les U.S.A. Tina , je regrette de n'avoir pas tenue ma promesse !
- N’aie aucun regret ma chérie , la vie que tu m’as offerte , la vie que nous avons connue , m’a fait oublié tous ces moments terribles ! J’étais et je suis toujours très heureuse de vivre avec toi ! »
Pour toute réponse , Bette l’embrasse à son tour , tendrement en la serrant contre elle.
« Merci mon amour , lui chuchote-t-elle à l’oreille , je t’aime . »
Puis , elle se tourne vers les deux hommes , l’air faussement inquisiteur .
« Et bien messieurs , vous êtes arrivés pile ! déclare -t-elle en taquinant les deux hommes . Nous venons de subir un interrogatoire des plus poussé de la part de Juliette . Je pense que votre tour est venu d’être sur la sellette !
- Tu as parfaitement raison Bette , je veux tout savoir de ce qui vous est arrivé pendant toutes ces années , acquiesce Juliette , toujours aussi avide de détails .
- Comme Bette et Tina , nous avons fait de notre mieux pour servir notre pays et le libérer au plus vite du joug de ces occupants allemands qui devenaient de plus en plus dangereux , de plus en plus fous au fur et à mesure que la Résistance leur tenait tête ! Massacres , prises d’otages , otages fusillés la plupart du temps sans jugement , sans raison , arrestations arbitraires …
- Oui , la folie d’Hitler , de ses sbires de la gestapo et de la milice n’avait plus de limites . Si bien que certains officiers voulurent faire cesser cette guerre sans fin ! Pensez donc que la dernière année , il n’y avait plus assez d’hommes en Allemagne pour prendre les armes , si bien que c’étaient des gamins qu’on envoyait à la boucherie ! De plus , les Russes devenaient de jours en jours plus dangereux . Si bien , disais-je , que certains officiers ont comploté et essayé d’abattre Hitler le 20 juillet 1944 . Ils sentaient la fin du conflit proche et voulaient pouvoir traiter honorablement avec les forces alliées . Hélas , pour eux et pour nous , ce fut un échec ! La répression chez les officiers comploteurs fut féroce ! ajouta Jean.