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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 27.07.2015 à 18h31
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Nous retrouvons nos deux héroïnes dans la voiture qui les emporte vers la zone libre.
Cette fanfic compte déjà 107 paragraphes
Juliette poursuit l’interrogatoire avec de nouvelles questions .
« Là où j’ai craint le plus pour vous , où j’ai eu le plus peur pour vous , c’est quand j’ai entendu la radio parler , et lu dans les journaux la victoire du coup d’éclat des troupes allemandes dans le Vercors . Comment des hommes , des maquisards aussi aguerris , aussi habitués aux dangers , aussi méfiants , ont-ils pu se laisser piéger ainsi dans ces grottes ? Les guetteurs ont-ils manqué de vigilance ?
- Non , Juliette , répond Pierre . Les Allemands ont été machiavéliques cette fois là ! Ils ont affrété des planeurs qui sont arrivés sur zone sans aucun bruit , surprenant ainsi tout le monde . Ce fut un horrible massacre …
- Pas plus horrible que ceux perpétrés par la division « Das Reich » renchérit Jean : Brive , Tulle , Orad….
- Chut , taisez vous maintenant ! ordonne Tina . Cessez l’énumération de toutes ces horreurs , Angelica se réveille . Même si elle ne comprend pas tout , le son de notre voix peut la traumatiser ! Revenons au temps présent s’il vous plait .
- Tu as raison Tina , toutes mes excuses , ma curiosité était à la hauteur du souci que je me suis fait pour vous tous , répond une Juliette un peu contrite . J’étais là , à me morfondre derrière la réception ,sans courir le moindre danger ! Ma seule occupation était de suivre les va-et-vient des soldats allemands dans mon hôtel . Mes pensées étaient sans cesse avec vous .
Et , pour tourner la page , pour changer la conversation , elle ajoute :
« Si Angelica est réveillée , je vous propose de descendre maintenant et de nous installer près de la salle du restaurant , dans un petit salon que j’ai fait aménagé après la guerre . A cette heure-ci , il doit être désert . Ce sera plus confortable pour tous , des fauteuils douillets et un canapé vous y attendent . Et je pourrais même préparer un petit goûter pour votre bel ange . Qu’en pensez vous !
- Tout à fait d’accord Juliette , répond Bette . Viens ma chérie » dit-elle en tendant les bras vers Angelica .
Celle-ci ne se fait pas prier et vient se blottir dans les bras de maman B. Tina vient glisser son bras sous celui de sa compagne . Elles s’apprêtent à descendre , mais auparavant , elles ne résistent pas au plaisir d’échanger un baiser …
« Hé ! Hé ! Les filles ! » se moquent gentiment les garçons . Ce n’est pas l’heure des câlins ! »
Rougissantes de leur audace , Bette et Tina empruntent l’escalier et descendent vers le petit salon , suivies de près par Juliette .
Les deux hommes ferment la marche .
Bette commence à descendre et , machinalement , elle jette un coup d'oeil en arrière afin de vérifier que tous la suivent , elle est soudain frappée par l'attitude de Jean . Attitude qu'elle n'avait pas remarquée tout à l'heure tant sa surprise était grande de se trouver nez à nez avec les deux hommes immobiles sur le seuil de la chambre .
Il lui semble soudain que Jean se déplace d'une drôle de façon , qu'il est crispé , tendu , et qui plus est , Pierre a l'air de le soutenir !
<< Jean , excuse moi de te regarder ainsu , mais j'ai l'impression que tu peines à marcher et même que tu as besoin de l'aide de Pierre pour descendre cet escalier ?
- Ne te tracasse pas Bette , c'est de l'histoire ancienne . Nous allons descendre , je vais prendre mon temps . Vous , allez vous installer dans les fauteuils qui sont en bas . Nous vous suivons , à mon rythme et , promis , je vous raconterai ce qui m'est arrivé .>>
Les trois femmes descendent donc . Chacune se met à son aise , Angelica blottie dans les bras de Tina cette fois .
L’attente leur semble longue … il est vrai qu’il y a tout un étage à descendre !
Enfin , les deux hommes arrivent et s’installent à leur tour . Jean semble transpirer à la suite de l’effort qu’il vient de fournir ! Il s’assoit sur le canapé , Pierre à ses côtés , reprend son souffle , essuie les gouttes de sueur qui perlent sur son front et semble , enfin , se détendre .
Ne voulant pas paraître trop indiscrètes , les trois femmes attendent les explications avec une impatience visible !
« Cela s’est passé en 1944 , commence Jean , il faisait nuit , nous participions à un parachutage. Un avion allié venait de larguer des armes pour les gars des maquis , nous étions entrain de les récupérer quand nous avons été surpris par une patrouille allemande . Celle-ci s’est mise à nous tirer dessus , pendant un moment qui nous a paru très long , rafales après rafales … La nuit nous protégeait mais j’ai quand même pris une balle dans la hanche ! Pierre et un camarade m’ont empoigné chacun par un bras et m’ont conduit chez un docteur ami qui m’a soigné dans l’urgence , du mieux qu’il a pu . Hélas , ce mieux ne fut pas suffisant , je garderai des séquelles jusqu’à la fin de mes jours !
Cette nuit là , nous avons perdu les armes mais Pierre m’a sauvé la vie !
- Y a-t-il eu d’autres blessés ?s’inquiètent les femmes .
- Quelques blessures légères , nous avons en de la chance ! conclut Pierre .
- J’avais donc bien raison de me faire du souci , souligne Juliette . Maintenant que vous êtes bien assis, , tous , confortablement , je vais vous laisser quelques instants . Je vais préparer un petit goûter pour Angelica et vous , les grands , désirez-vous boire quelque chose ?
- Oui Juliette , nous avons tous hâte de savourer ton café d’après guerre , répondent-ils tous en souriant , nous avons encore dans la bouche le goût de cet infâme ersatz que l’on nous servait partout !
- Bien contentes parfois d’en avoir ! As-tu besoin d’aide ? Cela me ferait plaisir de t’aider .
- Et bien d’accord ! Viens avec moi Bette , tu verras ma belle cuisine . Là aussi j'ai fait faire de nombreux travaux de rénovation . Et tu savoureras la première , la bonne odeur de mon café . »
Angelica , qui n’a pas bougé jusque là , semble soudain avoir des fourmis dans les jambes .
« Maman T ? Ze peux aller avec Zuliette ?
- Bien sûr ma chérie , mais tu es sage ! »
Elle disparait en courant derrière Bette et Juliette .
C’est Tina cette fois qui fait la curieuse !
« Jean , ce handicap doit te gêner énormément pour ton travail ! Au fait , quand nous avons fait étape chez toi , en 42 , nous ne t’avons même pas demandé quelle profession tu exerçais !
Nous étions tellement obnubilées par le passage de cette maudite ligne qu’il ne nous est pas venu un seul instant à l’esprit , l’idée de nous intéresser de plus près à toi !
- Pas de souci Tina , ce n’était pas vraiment le moment de parler de cela ! Seul m’importait le désir de bien vous recevoir , de vous mettre à l’aise , de vous faire oublier pendant quelques instants les dangers inhérents à votre démarche !
Pierre m’avait annoncé votre arrivée et m’avait parlé un peu des périls auxquels vous veniez d’échapper , de votre relation si particulière … Et , j’ai pu me rendre compte à quel point vous vous aimiez .
J’avoue , vous avoir un peu enviées , au petit matin , quand je suis allé frapper à votre chambre pour vous réveiller . Vous étiez rayonnantes de bonheur en ouvrant la porte ! Aussitôt , j’ai pensé : quelle nuit elles ont dû passée ! Et puis , nous avons déjeuné et vous êtes parties …
Mais , pendant les moments terribles que nous avons traversés avec Pierre , bien souvent , je repensais à cet air heureux que vous aviez ce matin là et cela me redonnait du courage car c’est moi qui vous avais permis de vous retrouver si bien ! de renouer tous les liens perdus au cours de tes mois de détention Tina .»
Pendant cette conversation , Bette et Juliette ont fait leur retour . Sur le plateau de Juliette , quatre tasses fumantes , laissent échapper une bonne odeur de café qui envahit et parfume aussitôt toute la pièce !
« Hum ! Juliette ! Je crois que nous allons savourer cette boisson délicieuse , que nous allons la déguster avec un grand plaisir ! Merci à toi ! »
Quant à Bette , elle tient sur son plateau le goûter d’Angelica , un verre de lait et quelques petits gâteaux fabriqués maison .
« De quoi parliez-vous quand nous sommes entrées ? demande-t-elle , vous aviez l’air tellement sérieux !
- Jean et moi , reparlions de notre étape chez lui et de sa profession d’alors .
- J’étais professeur de sport à l’époque …
- Mais … cette blessure est une catastrophe pour toi ! s’exclament les filles
- Non , pas du tout ! C’est sûr , à la fin de la guerre , j’ai eu du mal à renoncer à cette profession , elle m’apportait tant de satisfactions ! Le travail avec les gamins était un vrai plaisir .Mais il suffisait que je pense à tous nos camarades décédés au cours de ce conflit pour m’estimer heureux d’être encore en vie ! Et puis , l’éducation nationale m’a trouvé un nouveau poste .
- Et toi Pierre , que fais-tu maintenant ?
- J’ai repris mon métier d’avant guerre : maître d’œuvre . Tu te souviens Bette , c’est grâce à lui que nous avons pu faire connaissance …
- Oui , grâce à lui et … peut-être un peu grâce à Barbara ! C’est elle qui nous a présenté , ajoute Bette , la voix pleine de sous-entendus .
- Barbara ? Qui est cette Barbara ? interroge Juliette , c’est la première fois que vous en parlez !
- Non , tu te trompes Juliette , il s’agit de l’ambassadrice des USA qui nous a aidées Tina et moi . Pierre avait eu une liaison avec elle …
- Et bien ! Avec toutes ces ruines , ces immeubles éventrés , le travail ne doit pas te manquer ! intervient Tina pour le tirer d’embarras .
- Oui , j’ai dû interrompre un important chantier en cours pour honorer cette promesse faite il y a cinq ans et je ne vais pas m’attarder longtemps avec vous , beaucoup de travail m’attend encore !
- Et moi , je dois rentrer également à Orléans et comme je ne peux pas trop voyager seul , Pierre gentiment m’accompagne ! Nous partirons donc tous les deux ensemble , mesdames , heureux de vous avoir revues et d’avoir fait connaissance avec votre fille . Elle est sage comme une image cette petite !
- D’accord , les garçons , réplique Juliette mais je serais très contente si nous pouvions effectuer ces retrouvailles plus souvent ! Cinq ans , c’est long même si la vie n’est plus aussi dangereuse maintenant !
- Et si nous fixions une date maintenant ? Rendez-vous dans deux ans , chez nous , à Los Angeles ? Qu’en pensez-vous ?
- Excellente idée Bette ! Là , nous connaitrons un dépaysement total !
- Pas de souci pour moi , je trouverais bien quelqu’un pour me remplacer ou même , je pourrais fermer l’hôtel pour un certain temps ! Je n’ai jamais pris de vacances après tout !
La proposition de Bette est acceptée avec enthousiasme .
« Maintenant que ce problème est réglé , je ne peux pas vous laisser partir ainsi les garçons . Comment êtes-vous vous venus jusqu’ici ? En voiture ou en train ?
- En voiture , c’était plus facile pour Jean . Il me suffisait de m’arrêter juste devant chez lui , il montait dans la voiture et … en route pour cet hôtel !
- Mais … vous avez vu l’heure qu’il est ? Il se fait tard ! Vous voulez vraiment partir maintenant ? La nuit va être là d’ici peu !
- Oui , Juliette , je t’assure , c’est urgent pour mon travail ! Et puis , cela ne me dérange pas de rouler de nuit .
- D’accord Pierre , mais je ne veux pas que vous partiez le ventre vide ! Alors , si vous patientez encore un instant , je vous prépare vite fait une omelette et vous pourrez partir après. Qu’en pensez-vous ?
- Si tu insistes , c’est ok pour nous . Cela nous permettra d’être encore un peu avec nos amies .
- Je file vous préparer ça . »
« Ce fut un grand plaisir de vous revoir toutes les deux , déclarent les deux hommes . Que de moments partagés , émouvants , dangereux , étonnants , intenses !
- Je crois que nous ne sommes pas prêtes , non plus , d’oublier cette période de notre vie . Et comme le disait Juliette tout à l’heure , il y a vraiment de quoi écrire tout un roman ! Mais … je ne souhaite à personne de revivre ça ! déclare Bette . Et , avant que vous ne partiez , cette fois , nous allons échanger nos coordonnées . Nous pourrons ainsi continuer à nous écrire et échanger des nouvelles . »
A peine le temps de noter ces adresses que Juliette arrive déjà avec son omelette accompagnée de quelques feuilles de salade , de deux assiettes , deux verres , des couverts et une petite carafe de vin rouge .
« Je vous pose tout cela sur cette petite table . Mangez tant que c’est encore chaud !
- Bon appétit à vous ! De vous voir manger ainsi me donne envie , j’ai une faim de loup tout à coup , déclare Bette.
- Moi également !
- Patientez vous deux , je vous ai réservé une surprise .
- Quoi ? Quoi ? s’écrient Bette et Tina en chœur .
- Auparavant , je dois préparer un petit quelque chose pour Angelica . L’auriez-vous oubliée , mères indignes ? répond Juliette d’humeur taquine .