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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 17.09.2015 à 14h50
Auteur : angelica
Statut : Terminée
mêmes personnages, mêmes lieux...
Cette fanfic compte déjà 65 paragraphes
J’installe ma caméra sur l’épaule une énième fois. La position accroupie est inconfortable et je ne m’explique pas pourquoi, malgré les progrès technologiques, j’ai besoin d’avoir recours à cette machine d’une autre époque. Elle pèse une tonne, m’encombre souvent, mais je n’arrive pas à me séparer de ce vieux machin. Peut-être, est ce, parce qu’elle est ma plus fidèle compagne, et qu’elle a participé aux moments les plus cruciaux de ma carrière. C’est ainsi, elle fait partie de moi comme une seconde peau.
Même si ma désuète « camarade « ne me quitte jamais, je lui ai malgré tout imposé une partenaire plus moderne : une mini-caméra que je fixe à ma ceinture.
Qui pourrait croire qu’un truc plus petit qu'une télécommande de portail, avec un ridicule objectif de la taille d'une pièce de 1 penny, enregistre des images et un son qui n’ont rien à envier à des modèles plus imposants ? Ainsi appareillée, je suis certaine de ne pas me retrouver dans la panade si l’une ou l’autre de mes bécanes lâche.
Pour parfaire mon équipement, j’ai un troisième atout, un acolyte bien réel lui : James. J’avoue qu’il est un peu mon souffre douleur, mon larbin, mon homme à tout faire, celui contre qui je m’égosille quand tout va de travers. Il est jeune dans l'équipe, jeune tout court, fraichement sorti de l'école de journalisme. Il ne m’accompagne jamais dans le feu de l’action, Je préfère qu’il ne soit pas dans mes pattes et qu’il reste dans la fourgonnette pour contrôler les prises de vue. Je vérifie que les deux caméras fonctionnent, on est sur le point d'entrer.
Mes relations au sein de la police de Los Angeles m'ont prévenu que je pouvais décrocher un joli scoop ce soir. Depuis un reportage dans leur poste de police qui a permis de redorer un peu leur blason, je me suis faite plein de copains ce qui facilite singulièrement ma tâche. J'admire le boulot qu'il font ici dans cette ville où tout n’est que poudre aux yeux et où tout le monde se croit important.
Nous sommes au milieu de West Hollywood sur la pelouse d’un plateau de tournage.
Une metteure en scène est sur le point d'être arrêtée parce qu’elle retient prisonnières son assistante et une jeune actrice. Je sais par diverses indiscrétions qu’il y aurait plus qu’une relation de travail entre l’actrice et sa patronne, mais s’agit-il de la raison de cette séquestration je l’ignore pour le moment. Est-ce que je peux aussi me fier à ces rumeurs ? Rien n’est moins sur.
Le policier à mes côtés écoute scrupuleusement ce qu'on lui explique dans l’oreillette et hoche la tête comme si son interlocuteur pouvait voir son geste. Il fait signe à ses collègues que tout est prêt, et que l’opération va démarrer. Je lui colle aux baskets histoire de ne rien manquer. Ca y est, la partie exaltante de mon travail va commencer, nous allons nous introduire dans la maison avec précaution. L’adrénaline me parcoure de long en large.
L'action débute et il ne s’agit pas d’un tournage de film. Je pointe ma « camarade » en direction de la porte où Miller le responsable de l’opération frappe bruyamment.
M : Mademoiselle Schecter, ici la police de Los Angeles. Veuillez ouvrir la porte, nous pouvons encore tout arranger !
Aucune réponse…
Deux flics sont embusqués de chaque côté de la porte, au cas où quelque chose clocherait. Je suis légèrement en retrait, avec trois autres policiers.
Je ne peux pas m'empêcher d'espérer que quelque chose dérape. Qui a envie de regarder une arrestation facile ?
Une salve retentit, Alléluia !
Je distingue le clic du micro d'épaule de mon voisin, et puis les mots grésillant: " Coups de feu ! On y va ! "
Je règle ma caméra, juste à temps pour filmer les deux policiers arrivant derrière moi avec le bélier. Un seul coup et la porte cède laissant un passage béant.
Miller se met à hurler : Go ! Go ! Go !
Les policiers s'engouffrent à l'intérieur. Je suis idéalement positionnée ravie d’être aux premières loges. Je suis surement la seule.
La raison voudrait que je reste à l'abri, mais mon instinct a éludé ce mot de mon vocabulaire, Je ne lâche pas d’une semelle l’agent le plus proche de moi. Je m’aperçois aux formes gracieuses que laisse apparaitre l’uniforme de ma « protection » qu’il s’agit d’une jeune femme. Est-ce bien le moment de me perdre en conjecture ? L’instant est mal choisi à vrai dire. Je me recentre sur les événements qui se déroulent autour de moi. Les policiers sont en train de vérifier le rez-de-chaussée. Je fais au mieux pour ne gêner personne tout en m'assurant de récupérer les meilleures prises. Je suis le mouvement, en essayant de ne pas me trouver sur le chemin des policiers qui progressent précautionneusement. Miller, m'arracherait la tête si je faisais un truc aussi inconscient. Je ne le crains pas outre mesure mais je préfère rester en bons termes avec mes contacts plutôt que de me faire décapiter ! Et puis je trouve que ma tête va parfaitement avec mon corps, cela serait dommage de se priver de ce tout...
Nous nous arrêtons dans l’entrée obscure, la tension est palpable. Les hommes se dirigent vers l’escalier, je leur emboite le pas.
L’objectif de ma caméra me permet d’avancer aussi aisément qu'avec mes propres yeux. Je gravis avec prudence les marches de marbre gris et blanc qui nous mènent à l’étage. J’écoute attentivement les murmures autour de moi...
La radio de mon bouclier humain crépite :
- « En haut ! Extrémité sud-est »
Le dos collé contre le mur sur le palier du 1er étage, je me rends compte que nous sommes vulnérables. Je prie pour que l’on bouge vite parce que je ne me sens subitement pas à l’abri. Ça serait « con » de se faire tirer comme des lapins !
On se remet en route presque aussitôt. On est toujours à découvert, je transpire à grosses gouttes et ce n’est pas uniquement liée à la canicule qui s’abat sur L.A depuis quelques jours. Je suis tendue, mélange de peur et d’excitation à l’idée que Schecter ne déboule dans le couloir..
Je vénère le danger que peut apporter mon boulot, j'avais peur de m’encrouter dans une carrière de caméraman, j’avais une bien mauvaise perception de ce métier ! Je vis sur la corde raide en permanence, j’adore !
Nous progressons à l’étage, un rapide coup d'œil dans les 2 pièces les plus proches, elles sont vides.
Miller s’apprête à ouvrir une autre porte. Espérons que je puisse prendre la surexcitée une arme à la main. Je pourrais vendre ces images pour un bon paquet de fric. L’idée me ravit et je suis certaine que je pourrais être l’égérie d’une marque de dentifrice tant je souris à pleines dents alors que la situation est sous tension.
Subrepticement Miller pousse la porte, un léger entrebâillement pour ne pas attirer l’attention de la forcenée.
Je me concentre, me serre un peu plus contre mon bouclier, fais un zoom avant par l’embrasure puis lentement j’agrandis l’image pour finalement tomber sur l'endroit où une femme aux cheveux couleur jais se trouve. Elle est en pleine séance de ball-trap par la fenêtre.
Les minutes s’égrènent avec une lenteur implacable, la peur transpire de tout les protagonistes qui sont tapis dans le couloir. Le silence se fait, il ne se passe plus rien. J’en viens à parler intérieurement à Schecter.
« Allez, viens ! On ne va pas y passer la nuit ! »
Je ne suis pas croyante , je n'ai jamais prié et je ne le fais pas non plus à cet instant, mais par la grâce de je ne sais quel saint , la porte s'ouvre brusquement. La harpie est là sur le palier et crie à qui veut l’entendre :
" Allez vous faire foutre ! "
Génial, elle commence à perdre son sang froid ! Je zoome sur elle, sur l’arme : un magnum 44. Je devrais être honteuse de me réjouir de la stupidité de cette femme, mais j’ai besoin d’un reportage du tonnerre et maintenant, je suis sûre de l'avoir !
- Schecter ! Lâchez votre arme ! Beugle un policier derrière moi.
- Laissez-les partir ! Enchaine t-il.
J’arrive à filmer l’intérieur de la pièce, les otages. Je zoome sur les visages pour capter leur regard terrorisé.
Une lumière venue de nul part se reflète sur le pistolet. Est-ce qu’elle a rechargé pendant sa séance de tir ? D’où je suis, je vois des douilles vides sur le sol. Combien reste-t-il de balles dans l’arme ? Est-ce que les policiers en ont une idée ? Si mes mains ne tremblaient pas autant et si j’avais un meilleur angle, je pourrais tenter de zoomer et de compter les chambres vides.
Des hommes en uniformes s’agitent autour de moi , ils essaient de me pousser de mon poste stratégique, mais ils rêvent ! Pas question que je bouge ! Je ne vais pas perdre ce point de vue idéal maintenant ! Qu’ils n’envisagent pas non plus de me mettre à l’abri, c’est tout simplement hors de question. J'ai vu plus de fusillades que la plupart de ces types réunis.
Ils crient à Schecter de se rendre. Quand j’entends les injonctions, j’ai l’impression qu’ils sont un régiment prêts à en découdre. Je ne regarde pas dans leur direction pour confirmer mon sentiment, je ne veux pas détourner mon attention, refusant de manquer le moment crucial qui mettra un terme à la soirée. Pour être franche, j’attends l’instant avec fébrilité.
Est-ce que cette pensée me rend dégueulasse ou abjecte ? Je fais mon job ! Plus vite cela sera fini plus vite je passerais à autre chose ! Bien évidemment moins il y aura de dégâts mieux cela sera ! Je ne suis pas une salope sans cœur tout de même.
Pendant que mon cerveau se perd en pérégrinations sur ma notoriété, alors que nous sommes coincés dans le couloir, j’entends Schecter qui aboie dans ma direction rompant le morne silence.
S : C'est une caméra ?
Elle avance en gesticulant son arme toujours à la main. Personne ne bouge.
Il règne une tension à couper au couteau.
Je réalise que c'est à moi qu'elle parle.
- Ouais…
Je fais s’éterniser l'unique syllabe, je crois que ce n'est pas le moment de me prendre pour Courtley Cade cet ancien navy seal qui expliquait dans son émission « face au danger » comment se sortir de situations périlleuses. Je vais m’en tenir à un simple rôle d’observatrice sur ce coup là.
S : Viens là ! Gueule-t-elle.
M : Non, elle ne peut pas faire ça. Lui répond calmement Miller avant d’enchainer.
Merci l'ami d'intervenir en ma faveur, je suis totalement paralysée, incapable d'articuler le moindre mot.
M : Pose ton arme et ensuite elle viendra parler avec toi.
Mais il est cinglé ???? Je ne vais nulle part ! Je marmonne tout bas en me demandant si Miller n’a pas perdu la raison.
S : Vous comprenez rien ! C’est un malentendu !
Ben bien sur ! Elle canarde tout ce qui passe et c’est un malentendu ! A qui veut-elle faire gober tout cela ?
A demie hystérique, ses mains se mettent à trembler, son arme tombe au sol….
Le coup part… Le flic juste derrière moi s'effondre en hurlant, me plaquant sur le plancher dans son élan.
Je me dégage de son étreinte improvisée et pointe la caméra sur lui : c'est un bleu ! Je l’ai croisé au poste l’autre jour, pourvu qu’il survive à cette balle perdue, ça serait vraiment une courte carrière pour ce gamin !
je me rends compte qu'il porte un gilet pare-balles. Je crois que le pire a été évité. Ça doit quand même lui faire bien mal vu le peu de distance qui le séparait de l’arme, mais bon, il ne va pas en mourir.
Dans la pagaille qui suit la détonation, j’ai tout juste le temps de filmer les flics sautant sur Schecter. Je prends le tout en gros plan. Pourvu que rien ne m’ai échappé !
Je sors de la maison quelques minutes plus tard, je suis déjà en train de revisionner les images de mes deux amies fidèles.
James se précipite sur moi, il a l’air terrifié. On dirait qu’il est en présence d’un fantôme
J : Est ce que ça va ?
Il ne me laisse pas le temps de lui répondre et m’entoure de ses bras, m’étouffant à moitié.
Je le repousse brutalement, j’ai l’impression d’être asphyxié, surement le pic d’adrénaline qui est en train de retomber.
Je lui hurle dessus comme à mon habitude, me tiens le bras, observe ma main ensanglantée, puis c’est le noir total...
Je reprends connaissance allongée à l’intérieur d’une ambulance, j’ai un horrible mal de crâne, en plus d’une douleur dans le bras. Qu’est ce qu’il s’est passé ? Je me suis évanouie ?!? La vue du sang… La honte !!! Une soit disant grande professionnelle comme moi ! Je me redresse, descends du brancard. Nouveau vertige.
3 paires d’yeux me fixent incrédules : Miller, James et un type en blouse blanche surement un médecin.
J : Où est ce que tu vas ?
B : J’ai du boulot.
M : Tu vas d’abord aller faire un tour à l’hôpital ma cocotte !
Je lance un regard noir à Miller
B : Je te trouve un peu familier mon ami !
Miller sourit au médecin.
M : C’est bon, elle est en pleine forme ! Ce n’est pas une petite égratignure qui va avoir raison de la grande Bette Porter !
D : Oui effectivement, elle a l’air de se porter comme un charme mais on va quand même aller faire quelques petites vérifications et recoudre cette vilaine blessure.
Une blessure ? J’ai dû m’estropier en tombant dans les vapes. Je suis un peu maladroite à mes heures perdues. Machinalement je tourne la tête et constate que mon chemisier de soie est déchiré et maculé de sang.
B : Fais chier ! Comment j’ai fait mon compte ? Encore une fringue bonne à jeter !
J’observe James qui est blanc comme un linge. Je le taquine un peu histoire de le secouer.
B : Remets toi chip molle, ce n’est pas comme si j’avais pris une balle quand même !
Il me répond laconiquement :
J : Elle t’a juste effleuré.
J’écarquille les yeux, touche instinctivement mon bras, pousse un juron de douleur. Comment est-ce arrivé ? Miller a lu dans mes pensées et s’empresse de répondre à mes interrogations.
M : Tu remercieras Parks et ses réflexes, il t’a sauvé la vie.
Le médecin met un terme à nos bavardages en lançant un « en route ! » qui ne laisse pas de place à une quelconque protestation.