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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 17.09.2015 à 14h50
Auteur : angelica
Statut : Terminée
mêmes personnages, mêmes lieux...
Cette fanfic compte déjà 65 paragraphes
Pendant ce temps, dans la salle…
Miller regarde l’heure sur son téléphone portable.
M : J’espère que Bette ne va pas tarder, je dois retourner bosser dans 30 minutes. Qu’est ce qu’elle vous a dit au juste ?
T : Qu’elle arrivait dans quelques minutes. Je l’ai trouvé bizarre, elle est toujours comme ça ?
Miller s'était fait exactement la même réflexion.
Il connaissait Bette depuis un peu plus d’un an et demi, et s’il l’avait rencontré quelques heures avant, il aurait juré qu’elle était ivre.
Ca n’était pas dans les habitudes de la jeune femme de débarquer dans un état second à un rendez vous en lien ou non avec son travail, elle était plutôt du genre professionnelle jusqu’aux bouts des ongles.
Bon, bien sur, il l’avait déjà vu éméchée mais c’était dans le cadre de soirées privées et elle avait toujours su garder le contrôle de ses faits et gestes.
Là, visiblement, il y avait un truc qui clochait. Il avait vu Kit filer presque en courant jusqu’aux toilettes et venait de la voir repasser dans l’autre sens.
Il s’aperçut qu’il n’avait pas répondu à son invitée.
M : Elle est peut-être un peu fatiguée, vous savez le contre coup de ce qu’il s’est passé hier.
T : J’imagine ! J’ai visionné les images et vraiment il faut avoir un véritable sang froid pour ne pas paniquer. Je ne sais pas si je serais capable de faire ce qu’elle fait.
M : Elle était sous notre protection tout de même.
Tina lui répondit en riant.
T : Je ne voudrais pas minimiser votre travail mais elle a été blessé …
Miller lui répondit sur le même ton moqueur.
M : C’était une ridicule égratignure, pas de quoi fouetter un chat. Il en faut plus pour fragiliser la grande Bette Porter !
B : Je vois que j’alimente votre conversation, vous ne disiez pas de mal de moi j’espère…
Deux paires d’yeux convergèrent vers Bette qui se tient debout de toute sa stature devant eux.
M : Enfin te voilà ! Tu sais te faire désirer comme toujours.
Je ne peux m’empêcher de lui répondre du tac au tac.
B : Tu sais bien que tu n’as aucune chance.
Hop ! Petit message perso au passage.
M : Merci de me le rappeler à chaque fois. Allez installes toi, je n’ai plus beaucoup de temps pour déjeuner.
B : Désolée, de vous avoir fait attendre, j’ai probablement mangé quelque chose qui n’est pas passé.
J’observe la réaction de l’invitée de Miller pour voir si mon mensonge passe inaperçu, à priori c’est bon. J’essaie de ne pas trop m’attarder sur son visage, je n’ai aucune envie de retomber dans mon état de transe de tout à l’heure.
M : Inutile que je refasse les présentations entre vous, n’est ce pas ? ! ?
T : Je crois que ça ira, et comme vous êtes pressé, autant aller à l’essentiel.
Ca a le mérite d’être clair et à la limite de l’expéditif ! Je m’empresse de prendre la parole.
B : En parlant de ce qui est crucial, j’aimerais beaucoup récupérer ma vidéo.
T : Je ne peux pas vous rendre ce que vous avez filmé.
B : Je ne comprends pas pourquoi !
T : Je vous l’ai déjà expliqué hier soir, vous n’aviez pas d’autorisation pour tourner quoi que ce soit aux studios Shaolin.
B : Je ne vois pas en quoi cela vous dérange, ce n’était que la réalité des faits, je n’ai pas trafiqué les images.
T : Justement !
B : Justement quoi ? Vous voudriez que je bidonne les images ?
La discussion prend une tournure qui me laisse perplexe et je commence à tapoter frénétiquement la table des doigts.
T : Ce n’est pas ce que je vous ai dit. Je voulais juste vous dire que ce n’était justement pas ce que vous croyez. Ne soyez donc pas sur la défensive à ce point !
B : Mettez vous à ma place deux secondes, vous sauteriez de joie si l’on vous confisqué le fruit de votre travail ? Je n’en suis pas certaine !
Miller intervient dans notre conversation dont le volume sonore ne cesse d’augmenter.
M : Bette, si tu veux bien m’écouter un instant, il faut que tu saches que tu es la seule à avoir filmé ce qu’il s’est passé aux studios hier soir.
B : Et alors ?
M : Peut-être que tu devrais réfléchir avant de vouloir diffuser le reportage. Si tu écoutais mademoiselle Keynard peut-être que vous pourriez trouver un terrain d’entente…
B : Il n’y a pas à tergiverser sur la diffusion ou non de cette vidéo puisqu’à l’entendre, je n’ai aucune chance de récupérer mon travail.
Je défie du regard celle qui m’a retourné le cœur et la tête il y a peu.
B : Vous feriez mieux de vous en aller, j’en ai suffisamment entendu pour aujourd’hui.
Elle se lève en me lançant un :
T : Je n’en n’ai pas encore fini avec vous Mademoiselle Porter, croyez moi !
Je lui assène un sourire faussement niais en guise d’au revoir.
Miller me dévisage stupéfait.
M : c’était quoi ça ?
Je fais l’idiote avec lui puisqu’il a visiblement choisi son camp.
B : De quoi tu parles ?
M : Cette façon de te comporter ! Je te croyais plus galante avec la gent féminine.
B : Oui ben je ne suis pas en train de la séduire non plus ! C’est de boulot dont il est question.
M : De toute façon tu n’aurais aucune chance.
B : Surement plus que toi !
Il me rit au nez.
M : Tu rigoles ou quoi ? Il faut que tu sortes un peu plus, ma vieille. Elle est en couple avec un acteur.
B : Tu m'en diras tant. Je ne me trompe pas sur ce genre de choses mon ami.
M : Je crois que tu fais fausse route sur ce coup là bref passons, je ne comprends pas pourquoi tu n’as pas voulu écouter ce qu’elle voulait te proposer.
B : Je veux récupérer mon travail un point c’est tout ! A moi de voir après ce que je veux en faire. Ce n’est pas à une pseudo directrice de production de décider à ma place comment faire mon job !
M : Pourtant tu n’as pas eu l’air d’insister plus que cela, je t’ai connu plus coriace quand tu voulais quelquechose.
J’arbore un sourire narquois que mon acolyte remarque immédiatement.
M : Toi tu me caches un truc !
Je reste coite ce qui a le don d’agacer Miller.
M : Vas y ! Craches le morceau !
B : Tu me connais moins bien que tu ne le prétends…
M : Tu m’expliques où tu continues à jouer aux devinettes ?
B : je crois que je vais te laisser chercher encore un petit peu… Ca m’amuse en fait !
M : T’es vraiment impossible, bon je vais devoir filer. Tu me fais signe quand tu as fini de faire mumuse ?
B : Oui chef !
J’ajoute un salut militaire à ma réponse histoire de le faire rouspéter un petit peu.
Je le vois s’arrêter au comptoir et commander un sandwich à ma sœur, c’est vrai qu’avec tout ce bazar, nous n’avons finalement pas mangé.
Personnellement, je vais prendre le temps d’avaler un morceau avant de rentrer vérifier ce qui a fait une étincelle dans ma tête pendant « l’altercation » avec Tina Keynard…
* Tina rentre chez elle, en colère…
Pourquoi a-t-il fallu qu’elle crève à 3 kilomètres de chez elle ? Le début de journée avait été catastrophique ! Elle n’avait pas réussi à convaincre Bette Porter de renoncer à la diffusion de ce qu’elle avait filmé. Cette satanée caméraman allait lui faire une vie d’enfer pour récupérer son matériel et tout ce qu’il contenait. La grande brune ne lui avait même pas laissé l’occasion de lui expliquer pourquoi elle devait renoncer à se servir des images, et que tout cela n’était qu’un malentendu… Du moins pas une histoire qui méritait de figurer en haut de tout les tabloïds.
Jenny avait juste un peu perdue la tête comme l’aurait fait n’importe qui en découvrant sa petite amie dans les bras de sa pseudo assistante...
Encore une allumée cette nana ! Tina aurait dû se méfier d’elle quand Jenny avait insisté pour l’engager.
La blonde ne comprenait pas comment elle n’avait pas percuté en voyant Adèle se transformer en Jenny bis : même coiffure, mêmes tenues, même façon de parler, mêmes mimiques et pour parfaire le tout, elle projetait d’avoir la même amante !
L’arrivée de Jenny sur le plateau de tournage avait mit prématurément fin au plan d’Adèle, qui, profitant de l’obscurité, s’apprêtait à piéger Nikki, mais elle n’imaginait surement pas que Jenny péterait les plombs.
Après l’assaut de la police, Jenny avait fondu en larmes comme une enfant.
Tina avait bataillé toute la nuit pour éviter des poursuites judiciaires contre Jenny et cette « conne » de Bette Porter allait tout ficher en l’air.
Elle regarda son reflet dans le miroir de l’entrée : tailleur-pantalon gris avec un chemisier en soie blanche.
Blanc c’était avant d’essayer de changer sa roue crevée !
Pour faire dans le cocasse jusqu’au bout, c’était au moment de permuter le pneu avec la roue de secours qu’elle s’était aperçue que celle ci était hors d’usage.
Elle avait maudit la terre entière en rentrant à pied jusque chez elle.
Il fallait qu’elle prenne une douche et se change au plus vite pour retourner au bureau. William Halsey son grand patron avait ordonné une réunion de crise après avoir été informé de l’incident de la veille.
Tina met 30 minutes pour se redonner une apparence qui ne soit pas rebutante.
Vu qu’elle a laissé sa voiture à l’abandon, elle décide de prendre la Mercedes de son « cher et tendre ».
Elle griffonne un petit mot pour l’avertir de l’emprunt bien qu’elle doute qu’il en ait besoin au vu du signe distinctif accroché à la poignée de porte qui signifie dans leur langage secret : ne pas déranger…
Elle récupére son sac sur la tablette de l'entrée et se met à fouiller à la recherche du double des clés de la voiture d’Eric qu’elle a toujours avec elle parce que monsieur est un grand étourdi, tout en se dirigeant vers la sortie.
Elle appelle l'ascenseur, monte à l’intérieur, sans s’arrêter de fouiller. " Tina, souviens toi… Les clés ! Où sont ces satanées clés ? Elle peste en réalisant où se trouve probablement le fameux sésame permettant de prendre le volant de la Mercedes.
Eric ! Quel plaie ce type !
Elle remonte chez elle à toute vitesse.
Elle hésite à entrer en trombe dans la chambre. Elle sait que son ami est en galante compagnie mais tant pis si son amant est timide, elle est suffisamment en retard comme ça.
Elle ouvre la porte en grand.
T : Eric ?
Elle chuchote en s’approchant et s’assied sur le rebord du lit tout prés de son homme officiel. Elle lui dépose un baiser dans le cou. Même s’ils ne sont pas réellement ensemble, elle a beaucoup de tendresse pour lui et puis elle le trouve beau, nu, le bras enroulé autour d'un jeune éphèbe nouvelle conquête d’un soir. Il ouvre finalement un œil.
E : Tee, mon amour.
Comment fait-il pour être aussi craquant au saut du lit ?
Il lui sourit devinant probablement ses pensées. Tina malgré son état d'irritation et son retard, sent sa colère s'évaporer.
T : Où t'as mis mes clés ?
E : Dans mon pantalon. Tu as un soucis avec ta voiture ?
T : Trop long à t’expliquer, je suis pressée.
Tina jette un coup d'œil alentour et aperçoit un bout de son pantalon trainant au sol, enseveli sous d’autres vêtements, elle récupère son double et se dirige déjà vers la sortie.
Il l’interpelle.
E : Chérie !
T : Quoi ?
E : Je dois diner avec Cimino ce soir, ma délicieuse et ravissante fiancée peut-elle se joindre à nous ?
Tina n’hésite pas une seconde, un cinéaste de cette envergure qui veut rencontrer Eric cela pourrait avoir de sérieuses répercussions sur sa carrière.
T : A quelle heure ?
E : Dix neuf heures.
T : Tu me retrouves aux studios ?
E : Pas de problème !
T : Je file.
Elle lui envoie un baiser de la main et entend Eric lui répondre un « je t’aime » qui lui décroche un sourire éclatant.
Sur la route
j'ai pris le temps de déjeuner tout en savourant ma quasi victoire. J'ai en ma possession un élément qui va changer toute la donne. Comment n'y ai-je pas pensé avant ? Cela m'aurait évité tout ce tumulte avec Tina keynard. Un frisson me parcoure, vestiges de mon coup de coeur. Notre rencontre se serait faite de manière différente. Je soupire. Elle a vraiment du me prendre pour une hystérique alors qu'en réalité, je suis juste passionnée par mon travail. Une voiture me klaxonne et par réflexe je fais un écart avec ma moto. Il faut vraiment que je me concentre un minimum si je veux arriver en un seul morceau ! Je ne sais pas ce que j'ai, cela fait au moins trois fois que je me fais rappeler à l'ordre par les autres automobilistes. Je manque sûrement de sommeil... Bien joué Bette ! Essaye donc de te convaincre de cela... Tu sais bien ce qui te perturbe ! La même chose qu'à ton arrivée au Planet. Tu penses à elle et tu es incapable de retrouver tes esprits. Qu'a-t-elle donc de si particulier ? C'est bien la première fois, qu'une inconnue avec laquelle je partage trois malheureuses phrases me déstabilise. Je tourne à gauche puis presque aussitôt à droite, gare ma moto dans l'allée de la maison. Je la rentrerai plus tard au garage, je crois que pour aujourd'hui, ce sera plus prudent de prendre la voiture si je sors à nouveau. J'ôte mon casque, laissant ma chevelure brune couler sur mes épaules. Je pénètre à l'intérieur de ma maison puis me dirige immédiatement vers la salle de bains. Je farfouille dans la panière à linge à la recherche de la tenue que je portais la veille. Bingo ! Je tâte la ceinture de mon pantalon puis enfin je la trouve : ma mini caméra ! Elle est fermement accrochée au tissu, je tire un coup sec et récupère ce que je considère comme un trésor. Je suis ravie de cette découverte. C'est lorsque Tina à utiliser le singulier pour parler de mon matériel que le déclic s'est produit dans ma tête. Il ne me reste plus qu'à visionner la bande pour voir si tout est en état de marche. Après cette vérification, je n'aurais qu'à aller proposer mon scoop au plus offrant...
Aux studios Shaolin sur West Hollywood…
W : Tina, je n'arrive pas à comprendre comment tout ceci a pu se produire !
Tina se contient. Elle a envie de ruer dans les brancards et de lui rétorquer que sa chère protégée est une gamine qu'il faut sans cesse surveiller.
Elle n'est pas baby-sitter tout de même !
T : écoutez William, je suis la première surprise par ce qu'il s'est passé avec Jenny.
W : vous vous rendez compte que l'agent de Nikki Stevens menace de rompre le contrat qui lie son actrice aux studios !
T : j'imagine qu'il n'est pas ravi de ce scandale qui pèse au-dessus de nos têtes.
W : moi non plus ! Faites en sorte que cet incident reste cloisonné dans les studios Shaolin.
Qu'imagine William ? C'est bien ce que Tina s'obstine à faire depuis la veille ! Elle y parvient presque à un détail près...
T : j'ai déjà réglé la situation avec la police, l'affaire devrait être étouffée.
W : c'est formidable !
T : mais nous avons malgré tout le cas Bette Porter à régler.
W : qui est cette personne ?
T : une reporteur à sensation.
W : il ne manquait plus que cela ! Qu'est-ce qu'elle vient faire dans notre affaire ?
T : elle était présente lors de l'intervention de la police et a tout filmé.
Halsey frappe violemment du poing sur la table. Son visage s’empourpre de colère.
W : pourquoi se trouvait elle la ?
T : elle suivait les forces de police d'après ce que j'en ai compris
W : il faut récupérer les images !
T : c’est fait, on lui a confisqué sa caméra.
W : parfait, alors où est le problème ?
T : je ne suis pas certaine que nous soyons dans la légalité en saisissant son matériel.
W : elle avait une autorisation pour se trouver là ?
T : il semble que non.
W : les torts sont donc partagés. Trouvez un arrangement à l'amiable.
Qu'est-ce que William croit ? Qu’elle se tourne les pouces ?
T : j'essaie d'arriver à un accord mais c'est compliqué.
W : débrouillez-vous, vous avez 48 heures ! Si tout ceci s’ébruite, vous êtes virée !
Le bedonnant chauve William, se dirige vers la porte du bureau de Tina.
W : tenez-moi au courant ! Lui lance-t-il avant de claquer la porte derrière lui.
*Chez Bette…
Je me prends la tête entre les mains retenant ma colère.
Comment est-ce possible ?
Lorsque j'ai voulu visionner mon enregistrement, je me suis aperçue qu'il était endommagé.
Je suis l'heureuse détentrice d'une bande-son... Sauf que je ne fais pas de la radio jusqu'à preuve du contraire !
Il faut reconnaître que la qualité est franchement médiocre, et ne reflète en rien la tension qui a régné au moment des faits.
Je suis écœurée par ma découverte. Vais-je devoir me traîner au pied de Tina keynard ou décider simplement d'abandonner cette histoire ? Je suis bien trop sur les nerfs pour prendre une décision maintenant. Il faut que je me défoule. Je décide d'aller piquer une tête dans ma piscine,j'aurais peut-être les idées plus claires après cela.
Je me change et enfile un maillot de bain, j'aurais bien tenté l'option nue intégrale mais j'ai eu maille à partir avec mes voisins de gauche qui font dans le voyeurisme. Il faudra que je songe à faire installer des palissades plus hautes pour protéger mon intimité.
Lorsque j'ouvre la baie vitrée, je m'aperçois que j'ai de la compagnie. Mon amie Shane, voisine de droite est en galante compagnie et elles, contrairement à moi n'ont pas d'états d'âme quant à la nudité.
Je pose mon portable et ma serviette sur un transat et plonge dans la piscine. Les deux amantes surprises cessent leur occupation lorsque refaisant surface je les salue joyeusement.
B : salut Shane !
Shane habituellement très sûre d'elle, me regarde visiblement gênée.
S : salut Bette. Bafouille-t-elle.
J'ai le sentiment qu'elle se sent comme une enfant qu'on aurait pris la main dans le sac. J'essaie de détendre l'atmosphère occultant que les deux femmes sont totalement nues.
B : quoi de neuf ?
S : pas grand-chose et toi ?
B : l'enfer mais ça serait bien trop long à expliquer et je crois que tu as mieux à faire.
J'accompagne ma phrase d'un regard vers la sublime créature de type latino qui se trouve dans la piscine.
Shane rougit et c'est touchant de la voir ainsi. Si je ne connaissais pas son caractère de Casanova en jupons, je penserais presque qu'elle est amoureuse.
S : Bette, laisse moi te présenter Carmen.
Je tends ma main humide vers la brune, tout en trouvant cette situation fort cocasse.
Carmen me rend mon bonjour et j'entends pour la première fois depuis mon arrivée la voix chaude de la jolie conquête de mon amie.
C : bonjour, désolée d'avoir investi votre piscine.
B : il n'y a pas de souci, nous avons un accord avec Shane, elle peut disposer de celle-ci comme elle veut.
C : c'est très sympathique de votre part.
B : on pourrait abandonner le « vous « tu ne crois pas ?
C : c'est bon pour moi !
J'ai déjà croisé les nombreuses amantes de Shane et je dois avouer que Carmen sort largement du lot. Si elle n'était pas avec mon amie, je pourrais facilement tomber sous le charme. Ma voisine qui me connaît par cœur, tousse pour rompre le silence qui s'est installé.
S : on va te laisser tranquille.
B : vous ne me dérangez pas au contraire, ça me fait du bien d'avoir de la compagnie.
S : Carmen doit aller travailler dans moins d'une heure, il vaut mieux qu'elle se sèche.
J'ai envie d'éclater de rire mais je me retiens pour ne pas offenser l'amie de Shane. Elles se dirigent vers les escaliers de la piscine et je les suis du regard
B : tu dînes avec moi ce soir ? Shane répond sans se retourner.
S : ça marche !
Elles sortent de l'eau et j'avoue que je ne détourne pas mes yeux, le spectacle est plutôt sympathique. Shane s'empare de ma serviette pour se sécher.
B : te gêne pas surtout !
S : ton téléphone sonne !
B : il y a un nom qui s'affiche ?
S : non rien.
B : ils rappelleront !
Shane et Carmen empruntent le portillon pour rejoindre la maison d'à côté tandis que je m'allonge dans l'eau...
Du côté de chez Tina...
La blonde repose son téléphone portable agacée. Cela fait plus de cinq fois qu'elle appelle le numéro que l'inspecteur Miller lui a fourni. Elle préfère ne pas laisser de message et avoir son interlocutrice en direct. D'ailleurs, qu'est-ce qu’elle pourrait bien raconter sur la boîte vocale de sa correspondante ? Leurs deux rencontres ne se sont pas passées sous les meilleurs auspices et elle va devoir sacrément ramer pour réussir à la convaincre vu le caractère explosif de Bette Porter, du moins de ce qu’elle en a vu. Tina doute d'arriver à ses fins. Que pourrait-elle proposer à la jeune femme qui soit suffisamment intéressant pour qu'elle renonce à la diffusion des images ? Tina a déjà accepté de collaborer avec la police dans une enquête sur un trafic d'œuvres d'art pour que l'affaire de Jenny soit étouffée, mais la elle ne sait pas comment elle va se sortir de ce bourbier. William a été très clair, elle n'a que 48 heures pour éteindre les braises qui menacent de provoquer un terrible incendie au studio Shaolin. Elle ne va quand même pas faire don de son corps ! Quoique... Si on en croit la rumeur, Porter aurait un penchant pour la gent féminine. Tina pourrait peut-être user de ses charmes pour régler cette affaire. À bien y repenser, Bette Porter n'aurait-elle pas eu un petit faible pour elle quand elles se sont vues au Planet ? Cela expliquerait son attitude curieuse et son départ précipité pour les toilettes. Tina se met à rire, elle est vraiment désespérée pour imaginer un pareil scénario, ne parlons même pas de l'idée saugrenue de séduire la jeune femme. Elle pose sa tête sur ses bras posés sur son bureau dans un geste de désespoir. Comment va-t-elle s'en sortir ? Elle l’ignore totalement. Si elle a une bonne étoile, il serait temps qu'elle se manifeste car le temps presse.