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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 17.09.2015 à 14h50
Auteur : angelica
Statut : Terminée
mêmes personnages, mêmes lieux...
Cette fanfic compte déjà 65 paragraphes
Tina fixe l'héritière depuis quelques minutes mais cette dernière ne cherche pas à croiser son regard. Elle semble même s'amuser, accaparant la conversation et lançant des œillades aux quelques femmes présentes à sa table. Tina bouillonne intérieurement. Elle aurait envie de se précipiter auprès d’Helena et de lui expliquer... Lui expliquer quoi ? Qu'une femme plutôt bien faite s'intéresse à elle et qu'elle tente de la repousser ? Elle n'est pas certaine d'être crédible une seule seconde.
Elle entend au loin une voix lui parler ce qui la ramène à la table.
B : où étais-tu partie ?
T : nulle part.
B : j'ai plutôt l'impression que tu aimerais être à la table d'à côté.
T : pas du tout !
Devant le ton froid et sec du Tina, Bette n'insiste pas sur le sujet.
B : sinon, c'est d'accord pour moi...
T : à propos de quoi ?
B : tu es vraiment très loin ! Paris... Le musée Rodin...
T : tu es sérieuse ?
B : je ne peux pas refuser une telle opportunité !
Tina sachant ouvertement que ce qu'elle s'apprête à faire sera très mal perçue par Helena, se lève et vient déposer un baiser sur la joue de Bette.
T : merci !
Bette tout sourire, s'empresse de la taquiner.
B : si j'avais su, j'aurais dit oui plutôt !
Supposant que les yeux et les oreilles d'une certaine personne sont à l'affût, Tina se penche près de l'oreille de Bette et lui murmure :
T : c'est parce que tu aimes te faire désirer.
La voix chaude, taquine et sensuelle de Tina laisse Bette sans voix. La belle blonde est finalement moins coincée qu’elle ne le laisse paraître.
T : je t’abandonne un instant.
Tina fait volontairement glisser sa main sur l'épaule de Bette avant de se diriger vers les toilettes.
La brune se retourne pour reluquer son invitée. Elle est dérangée dans sa contemplation par le passage brutal près de sa table d'une cliente qui a probablement une envie pressante vu la vitesse à laquelle elle se rend aux toilettes elle aussi.
Perspicace, et parce qu'elle a remarqué les regards de Tina vers cette même cliente, Bette en vient à supposer que ces deux-là se connaissent parfaitement. Elle décide d'emboîter le pas aux deux femmes pour en avoir le coeur net...
Tina s'observe dans la glace, s'attendant à voir débouler une Helena en furie. L'héritière ne tarde pas à faire irruption dans le local.
H : je croyais que c'était un repas de travail !
Tina se retourne pour lui faire face.
T : c'est exactement ça !
H : et tu tiens souvent la main des femmes avec qui tu dînes pour le travail ?
T : ce n'est pas ce que tu crois.
H : j'aimerais bien que tu m'expliques !
T : pas maintenant ça serait trop long mais fais-moi confiance mon amour.
Helena ne résiste pas à Tina quand elle lui parle de cette manière. Elle s’approche d'elle et l'enlace par la taille.
H : tu as intérêt à avoir des arguments en béton.
T : j'en ai...
H : il vaudrait mieux pour toi.
Helena sert Tina un peu plus contre elle.
T : tu es jalouse ?
H : pas du tout...
Helena prend un air faussement innocent.
T : tu ne crois pas que c'est plutôt moi qui devrai être jalouse ? C'est quand même toi qui partages ta vie avec une autre femme...
H : tu connaissais la situation dès le départ.
Tina ne répond pas, elle sait qu'elle va envenimer la conversation si elle insiste et ce n'est ni le moment ni l'endroit pour cette discussion.
Elle décide d'adopter une méthode plus douce et plus radicale et qui mettra fin à la tension qui s'est installée. Elle dépose un tendre baiser sur les lèvres de son amante. Helena se laisse prendre à la ruse de la jeune femme et lui rend un baiser bien trop ardent pour être partagé dans un lieu public. L'héritière qui craint de se faire surprendre, met cependant rapidement un terme à leur effusion avec regret.
H : j'ai hâte de te retrouver ce soir.
T : moi aussi.
H : ne traîne pas trop et plus de gestes ambigus avec... Comment s'appelle-t-elle d'ailleurs cette greluche ?
T : Bette Porter. Promis, je serai sage.
Helena sort de la pièce et se retrouve nez à nez avec Bette Porter. La brune a préféré jouer les petites souris curieuses en écoutant la conversation depuis l'extérieur. Les deux femmes se toisent et Helena force le passage de façon assez impolie. Bette entre dans la pièce à son tour et retrouve Tina en train de se rafraîchir.
B : tu connais cette femme ?
T : tu ne l'as pas reconnu ? C'est Helena Peabody. L'héritière de l'empire Peabody !
B : je sais qui elle est, ce n'était pas la question.
T : je ne la connais pas plus que toi si c’est ce qui t’intéresse.
Bette ne rétorque rien, avec ce qu'elle a entendu, elle sait sans l'ombre d'un doute que Tina lui ment. En réalisant que la blonde entretient une liaison avec Helena Peabody, Bette se sent ridicule de s'être amourachée de la jeune femme. Vexée par la situation, elle se rend à l'intérieur d'un cabinet de toilette et s'enferme à double tour. La porte à peine close, elle colle son front contre celle-ci en soupirant de dépit. Il faut qu'elle se reprenne ! Tina n'est finalement pas la femme idéale qu'elle s'imaginait. La femme parfaite ne se fourvoierait pas dans une histoire d'adultère. Pourquoi Bette a-t-elle accepté si vite de l'accompagner à Paris ? La voilà bien ! La brune se motive, elle est capable de faire face à la situation et d'occulter ses sentiments. Bien décidée à tester dès à présent sa force, elle sort de sa cachette, prête à faire face à ce qu'elle ressent. Elle est vite refroidie, Tina se trouve toujours dans la pièce. Bette se dirige vers le lavabo comme si de rien n'était et se lave les mains pour donner le change.
Tina s'adresse à elle.
T : tu vas bien ?
B : oui parfaitement
T : je te trouve étrange.
B : merci du compliment... On retourne à table ?
Bette essaie de rester la plus détachée possible dans sa conversation avec Tina. Elle passe devant elle pour lui ouvrir la porte.
T : tu nous as entendu n'est-ce pas ?
Bette feint l'innocence
B : qui ça ?
T : Helena et moi
Bette reste évasive.
B : quelques bribes...
T : ce n'est pas ce que tu crois. C'est sérieux entre nous, compliqué mais sérieux.
Bette n'en revient pas que Tina lui avoue tout de go sa liaison avec Helena Peabody.
B : ça ne me regarde..
T : j'ai juste besoin d'en parler, mais je comprends que tu ne veuilles rien savoir c'est juste que puisque l'on va passer un peu de temps ensemble à Paris, autant que tu en saches un maximum sur moi..
B : tu me raconteras à table.
Elle tend la main pour lui indiquer le chemin...
Il est presque 0:00, Bette et Tina sont toujours attablées dans le restaurant.
Tina n'a pas été avare en confidence la concernant et son histoire a ému Bette à de nombreuses reprises.
Pourquoi la jeune femme a-t-elle ressenti le besoin de se confier ainsi à une parfaite inconnue ? Bette l’ignore. Les révélations de son invitée démontrent une fragilité qui est sous-jacente et qui pourrait apparaître aux yeux de tous à tout moment.
Bette comprend désormais les excès de comportement de Tina, sa façon de se jeter sur elle le matin même. Tout cela démontre une souffrance amoureuse évidente. Malgré ses dires, Tina est-elle réellement heureuse dans sa relation avec Helena ? Bette en doute sérieusement. La belle blonde attend plus pour sa vie amoureuse. Elle affirme vouloir fonder une famille pourtant elle est contradictoire avec ses envies en cachant notamment son orientation sexuelle.
T : j'ai été bavarde n'est-ce pas ?
Bette interrompt ses réflexions
B : c'était passionnant
Tina ricane.
T : tu es vraiment tout le contraire de ta réputation !
B : comment ça ?
T : on dit que tu es indifférente et surtout une incorrigible cavaleuse alors qu'en réalité tu es une parfaite oreille pour les âmes en peine.
B : je reste une éternelle séductrice malgré tout.. Mais avec toi, c’est différent...
Tina n'ose pas lui demander ce qui se cache sous ses propos. Elle sait sans aucun doute ce que Bette va lui répondre. Veut-elle entendre les mots enjôleurs de cette dernière ? Dans d'autres circonstances peut-être aurait-elle accepté de les écouter. Aujourd'hui, elle doit d'abord mettre de l'ordre dans sa vie privée. La longue discussion partagée avec Bette lui a fait prendre conscience qu'elle ne pouvait pas entretenir une relation sur le long terme avec Helena. Elle n'y trouverait pas le bonheur et la sérénité qu'elle recherche.
Tina s'aperçoit qu'elles sont désormais seules dans le restaurant.
T : tu me ramènes ?
B : juste le temps de régler l'addition et je te raccompagne.
Bette se lève pour aller payer, échange quelques mots avec la chef, du moins c'est ce que Tina suppose, puis revient vers cette dernière qui ne l'a pas lâché des yeux.
B : le carrosse de Madame est avancé !
Elles quittent le restaurant sous le regard amusé de Lara Perkins…
La fraîcheur du soir saisi les deux femmes lorsqu'elles mettent le nez dehors. Bette donne rapidement un blouson à Tina et les voilà en route pour l'appartement de la blonde. Cette fois, Tina n'a pas besoin de démonstration sur la façon de s'accrocher, à priori elle a très bien retenu la leçon et s'agrippe à la conductrice avec force. Le trajet se termine et Bette est tentée de faire un détour pour sentir encore, le temps de quelques minutes, le corps collé de Tina contre le sien. Elle finit par se résoudre à la déposer au pied de son immeuble. Elle coupe le moteur et descend de la moto tandis que Tina ôte son équipement. La blonde lui rend son bien avec un lumineux sourire.
T : j'ai passé une excellente soirée.
B : moi aussi.
T : le choix du restaurant était parfait.
B : ravie que cela t’ait plus.
Bette a du mal à résister à l'envie d'embrasser Tina.
Cette femme la fait fondre et elle n'a jamais ressenti pareille sensation.
Elle aperçoit de la lumière à l'étage de Tina et s'en étonne. Éric est en déplacement et elle se souvient avoir vu Tina appuyer sur un interrupteur avant de quitter son domicile.
B : tu n'avais pas éteint avant de partir de chez toi ?
T : si...
Tina regarde en direction des fenêtres de son appartement et réalise qu’Helena se trouve déjà chez elle. Elle sent ses joues s'empourprer quand ses yeux croisent ceux de Bette. La brune comprenant la signification de cette gêne soudaine lui lance un :
B : tu ferais mieux d'y aller.
Malgré la présence d'Helena qui les observe sûrement, Bette s'approche la jeune femme, couve ses lèvres d'un regard plein de désir, s'avance encore un peu plus pour finalement venir coller sa joue contre celle de la jeune femme.
Elle profite du rapprochement plus que sensuel pour lui glisser à l'oreille :
B : dommage que ton coeur soit déjà pris...
Elle s'écarte du visage de Tina pour observer sa réaction. La blonde reste muette, saisie par la sensualité de cet échange et se demandant déjà comment Helena va réagir si elle les a vus. Elle se dirige vers l'entrée de l'immeuble fait un petit geste de la main en direction de Bette puis disparaît dans l'entrée.
Un peu plus tard dans la soirée chez Bette Porter...
De retour chez moi, je n'arrive pas à oublier cette soirée. Je suis revenue avec le sentiment d'avoir toujours connu Tina. Je m’explique difficilement la sensation de manque qui m'habite, je n'ai jamais connu un truc pareil. Je suis franchement perturbée et je sais qu'il est inutile d'essayer d'aller me coucher, je ne trouverais jamais le sommeil.
J'enfile une tenue plus confortable et m'installe au salon devant la télé. J'écoute distraitement les informations, mes pensées sont restées auprès de Tina.
Que fait-elle en ce moment ?
Est-ce que comme moi, elle revit point par point les différents moments de la journée que nous avons partagée ?
Si seulement cela pouvait être vrai !
Une douleur me déchire les entrailles en l'imaginant dans les bras d'une autre femme. Je me lève pour aller chercher une bière dans le réfrigérateur. Je sais que c'est une solution de facilité pour oublier mais c'est la seule qui me vienne à l'esprit : je vais m'enivrer jusqu'à plus soif. Cela calmera cette souffrance cruelle qui ne cesse de s'accentuer.
J'enfile les verres à vitesse grand V. Il faut que Tina sorte de mon esprit au plus vite. Dans d'autres circonstances, je me serais battue pour réussir à la conquérir mais avec une rencontre si nouvelle, j'ai peur de l'effrayer. Je ne pourrais pas supporter qu'elle me repousse non plus, elle m'a déjà gentiment fait comprendre qu'elle n'était pas disponible. Si je devenais trop insistante et qu'elle me rejetait, j'ignore si ma fierté ne me ferait pas agir comme une impulsive hystérique.
Rien à faire, elle reste ancrée dans mon esprit, je sors une bouteille de whisky, il me faut un truc plus fort ! Je dois effacer mes souvenirs récents, ils sont trop douloureux à gérer.
Je bois, et puis c'est le trou noir...
Je me réveille, allongée et trempée sur un transat dans mon jardin. Une paire d’yeux me fixe incrédule. Je reconnais les prunelles de Shane. Je la dévisage hagarde. Pourquoi est-elle en train de ruisseler en marcel et boxer sur les caillebotis de mon salon de jardin ?
B : j'ai fait l'idiote ?
Ce n'est pas une affirmation mais bien une question.
S : je crois bien... Carmen t’a vu tomber dans ta piscine par la fenêtre.
B : je devrais peut-être faire installer une barrière de sécurité, j'ai dû glisser.
S : ou arrêter de te mettre minable... Tu empestes l'alcool.
Malgré le brouillard qui enveloppe mon esprit, j'arrive à lui rétorquer un virulent :
B : c'est pas tes oignons !
Shane n’essaye pas d'en savoir plus, je l’entends juste de me répondre :
S : on verra quand tu iras mieux.
Elle s'approche de moi et par un miracle arrive à me traîner jusque dans mon lit..
Je suis réveillée par un rayon de soleil qui a décidé de me brûler les yeux. Je me retourne dans le lit bien décidée à vaincre cet ennemi imaginaire. Mon bras entre en collision avec quelque chose ou plutôt quelqu'un.. J'ouvre un oeil en sursautant : Shane est couchée à mes côtés. J'essaie de rassembler mes souvenirs. Que fiche celle que je considère comme ma confidente et ma meilleure amie dans mon lit ? Mon coeur s'arrête quand je m'aperçois que je suis entièrement nue. Qu'est-ce que j'ai encore fabriqué ? ! ? Mon agitation a réveillé ma compagne de lit. Oh mon Dieu ! Rien que ce mot me donne envie de vomir tripes et boyaux... Je n'ai pas pu faire ça !
S : salut Porter ! Bien remise ?
Comment Shane fait elle pour être aussi détendue ? Je suis terrifiée à l'idée d'avoir brisé par ma conduite inconsidérée, notre belle histoire d'amitié. Mon horreur doit se lire sur mon visage et mon amie s'empresse de calmer mon coeur qui s'emballe tout seul.
S : et bien, tu t'es vraiment mise minable sur ce coup la et à en croire ta tête tu penses qu'on a couché ensemble. Rassure-toi, t’es pas mon genre !
Dans un regain d'énergie, je lui balance mon oreiller au visage.
S : Hey ! C'est comme ça que tu me remercies ? Ingrate !
B : pourquoi je suis dans cette tenue ?
S : tu as fait un plongeon dans ta piscine hier soir, je t'en ai sorti et puis comme tu étais tellement ivre je t'ai mise au lit. Vu que tu étais trempée, il a bien fallu que j'enlève tes vêtements.
La honte me gagne et je sens mes joues qui me brûlent.
B : il faut vraiment que j'arrête mes conneries.
S : c'est clair, il serait temps que tu te ranges...
Je manque de m'étouffer.
B : c’est miss Casanova qui ose me faire la morale !
S : je me suis calmée.
B : vraiment ? Pour combien de temps ?
S : je crois que c'est définitif...
Je scrute mon amie qui reste sérieuse. J'attends le moment où elle éclatera de rire devant ma mine déconfite. Rien... Je m’empresse de la féliciter.
B : je suis ravie pour toi ! Carmen à l'air d'être une chic fille.
S : merci. Revenons-en à nos moutons. Qu'est-ce qu'il t'arrive pour que tu agisses ainsi ?
Me voyant silencieuse elle relance la conversation.
S : C’est Tina ?
J' hoche la tête.
S : qu'est-ce que tu attends pour la séduire ?
B : elle a déjà quelqu'un dans sa vie.
S : et alors ? Ce n'est pas une chose qui t’arrête en général !
B : c'est vrai mais c'est différent.
S : la vache ! T’es totalement accroc !
Je baisse les yeux pour cacher ma tristesse.
S : allez, vas te doucher et tu vas prendre les choses en main comme tu sais le faire. Dès que tu es prête, tu débarques chez elle avec le petit déjeuner.
Je regarde Shane avec dédain.
B : ça ne servira à rien je te dis !
S : essaye au moins !
Je sais qu'elle ne me lâchera pas et me résigne à suivre ses conseils.
Chez Tina Keynard...
La blonde se réveille enroulée dans sa couette et seule...
La nuit a été courte et n'a pas pris la tournure qu'elle aurait dû.
La fin de soirée qui devait marquer les retrouvailles de la jeune femme et son amante, à vite tournée à la dispute. À peine avait-elle franchi le seuil de la porte qu’Helena lui faisait une scène. Ne pouvant placer un mot face à la crise de jalousie d'Helena, elle avait écouté patiemment les reproches de l'héritière. Quand cette dernière en avait eu fini, Tina mut par un courage inattendu lui avait avoué son faux pas du matin avec Bette Porter. Erreur fatale ! L'héritière avait mal réagi et s'était de nouveau enflammée ne cherchant pas à savoir pourquoi Tina avait agi de la sorte. Si simplement elle avait pris le temps d'y réfléchir, calmement, elle aurait peut-être entendu la souffrance de Tina. N'importe quelle femme aurait réalisé qu'une relation par intermittence et de ce type ne pouvait rendre heureuse indéfiniment. Tina avait besoin de plus d'attention mais Helena ne pouvait offrir rien de plus qu'une liaison épisodique. Cela ne convenait plus à la blonde et elle l’avait bien fait savoir à son amante. Leurs échanges étaient montés crescendo en tessiture et s'étaient finalement soldés par le départ d'Helena. Sur le coup, la colère aidant, Tina n'avait éprouvé aucune peine.
Maintenant qu’elle était apaisée, elle regrettait amèrement d'avoir avoué ses fautes.
Helena, elle le savait, ne supportait pas de devoir partager l'amour de quelqu'un. Elle réclamait l'exclusivité des sentiments tandis qu'elle ne se gênait pas pour aimer plusieurs personnes en même temps.
Tina prit une grande décision : si Helena ne se manifestait pas pendant la journée, elle en conclurait qu'elle pouvait passer à autre chose !
Après tout, elle n'allait pas attendre indéfiniment que son amante daigne lui accorder un peu plus de place dans sa vie.
Le carillon de la porte se fit entendre, c'est une Tina plus que remontée qui se dirige vers l'entrée pour aller ouvrir. Elle se réjouit tout de même en supposant qu'Helena revient pour s'excuser.
Son visage s'éclaire de surprise quand elle constate que c'est l'objet de sa discorde avec son amante qui se trouve sur le seuil de sa porte.
Bette avait bien retenu la leçon de Shane : « tu débarques sourire aux lèvres avec le petit déjeuner ! » Bette avait eu beau objecter que Tina n'était sûrement pas seule, son amie n'avait rien voulu savoir. Elle était maintenant face à Tina, en nuisette, sur le pas de sa porte.
Il fallait qu'elle fasse abstraction de ce détail et de son trouble en engageant très vite la conversation. Elle réussit à bafouiller après de longues secondes de silence un : « salut » pas très convaincant.
Tina devait sûrement attendre quelqu'un d'autre car elle avait fini par se cachait à demi derrière sa porte.
L'étonnement de la jeune femme lui permit de sortir de son mutisme.
T : qu'est-ce que tu fais là de si bonne heure ?
Génial ! Tina lui ouvrait une piste idéale de réponse. Du moins c'était l'une de celles qu'elle s'était imaginée pour calmer son angoisse à l'idée de débouler à l'improviste chez la sensuelle blonde.
B : je voulais m'excuser auprès de toi et d'Helena pour mon comportement un poil séducteur d'hier soir. Je me suis dit que quelques viennoiseries calmeraient les tensions.
T : tu n'as rien à te faire pardonner de toute façon Helena n'est pas la.
B : j'arrive trop tard ? Elle est déjà partie ? Mince !
T : oui, disons cela comme ça, mais je suis quand même disponible pour les dévorer avec toi...
Elle lui adressa un radieux sourire qui chavira totalement Bette.
T : tu entres, ou tu restes sur le pas de la porte ?
La brune ne se fit pas prier longtemps et pénétra dans l'appartement. Son hôtesse la précédait et Bette en profita pour admirer la silhouette parfaite de la blonde. Tina sentit son regard et même si la sensation était plus qu'agréable, elle décida qu'elle devait aller enfiler quelque chose de moins tentateur. Elle abandonna la jeune femme au salon.
T : je reviens, je vais passer un peignoir.
L'attente fut très courte et Tina retrouvera « son invitée » toujours plantée au milieu de la pièce à son retour.
T : installe-toi ! C'est une excellente idée ce petit déjeuner, on va pouvoir en profiter pour parler de Paris. Qu'est-ce que tu veux prendre ? Thé, café, chocolat ?
B : un chocolat s'il te plaît.
T : je prépare tout cela et on pourra discuter des détails de « notre mission ».
Elle laisse une fois encore Bette dans le salon et se presse d'aller à la cuisine. Cette derniére s' amusa de l'énergie débordante de la jeune femme de si bon matin.
Tina essaie de retrouver son calme.
Passée la surprise de voir Bette Porter à sa porte, elle a bien dû admettre que son corps lui envoyait des signaux anormaux en présence de la cameraman en jupons.
Serait-elle finalement en train de craquer pour la belle brune ?
Elle se raisonne en se disant qu'elle est sûrement à fleur de peau après sa dispute avec Helena. Elle engage une lutte intérieure pour réussir à se convaincre qu'elle n'éprouve rien de plus qu'une attirance liée à ses déboires amoureux. Pourtant certains signes sont contradictoires avec ce que lui dicte sa raison : mains moites, joues qui rosissent, hyperactivité et cette envie irrésistible d'embrasser la brune installée dans son canapé.
Elle est vraiment troublée par toutes ces émotions, jamais auparavant elle ne s'était attachée à quelqu'un aussi rapidement. Qu'est-ce qu'elle doit faire ? Elle aimerait bien avoir une solution hélas son cerveau est délibérément en grève. Elle va devoir suivre son instinct !
Tandis qu'elle verse du lait chaud dans les deux tasses, elle sursaute en entendant Bette qui l’a rejoint.
B : tu as laissé les viennoiseries au salon.
La blonde qui n'est absolument pas concentrée se brûle aussitôt, lâchant la tasse qu'elle remplissait. Bette se précipite vers elle lorsqu’elle lance un juron, lui attrape la main et la place sous le robinet d'eau froide.
Les deux femmes sont vraiment collées l'une à l'autre et Tina bien que capable de se débrouiller seule ne fait rien pour rompre ce moment chargé en émotion. Elle se sent bien enveloppée par les bras de la séduisante brune.
B : Tina..
T : Hum ?
B : regarde-moi...
La blonde s'exécute et fait face à son invitée mais ne défait pas pour autant sa main emprisonnée dans celle de Bette.
B : je sais que tu es très attachée à Helena et que tu ne veux pas lui faire du mal mais...
Elle cherche ses mots, ne voulant pas se prendre « le Râteau » de sa vie, voire du siècle.
B : depuis que tu es entrée dans ma vie il y a deux jours, j'éprouve des sentiments que je n'ai jamais ressentis...
Bette observe la réaction de Tina, espérant que cette dernière va agir pour la sortir de son embarras. Ne voyant rien venir, elle enchaîne.
B : ça va être très compliqué pour moi à Paris... Je ne sais pas si je saurais résister à l'envie d’être plus qu'une collègue, une amie...
Bette s'interrompt, est-elle vraiment claire dans ce qu'elle raconte ?
Tina n'ouvre pas la bouche mais ôte sa main de celle de la jeune femme. Est-ce mauvais signe ?