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Série : The L Word
Création : 01.03.2016 à 16h11
Auteur : awywy
Statut : Terminée
Une petite histoire sans grande prétention juste pour se souvenir de tibette. Et puis je l'avais promise à juju ya quelquemois déjà :)
Cette fanfic compte déjà 36 paragraphes
Tard dans la soirée, extérieur manoir
_ Non Alice, tu ne viens pas avec nous ! Pourquoi ? Parce ce que ça s’appelle suite nuptiale pour une raison : pour les mariés !
_ Mais c’est une après party en votre honneur ? Quel intérêt si les mariées vont faire la fête ailleurs ? Moi je dis on fait l’after party là où sont les mariées quoi ! répliqua Alice. Oh chiche, on zappe tous le bateau de luxe et on fait un pyjama party dans votre suite !?
Une après party a été prévue sur un palace flottant au yacht club, histoire de laisser le manoir à la vieille génération et de vraiment faire la fête entre fille. Mais voilà, Bette a décidé d’y faire faux bond et depuis, Alice les harcèle pour leur faire changer d’avis.
_ Bon d’accord, dans ce cas vous venez lundi soir au Planet, c’est ma soirée à thème, tu t’en souviens ?
_ C’est quoi le Planet, demanda Tina.
_ Tu vas a-do-rer Tina. C’est notre club, on a l’habitude de s’y retrouver entre nous, un soir par semaine pour décompresser. Chacune de nous choisit un thème à tour de rôle, genre club de lecture, poker, striptea…..
_ Ca suffit Alice, coupa Bette. Franchement, tu te souviens qu’on a célébré un mariage aujourd’hui ? Donc non, pas de méga teuf sur le pacifique ni de thé-party au Planet parce que officiellement Tina et moi, nous sommes en lune de miel depuis…. Oh une minute là ! Ca va tu vas survivre sans nous ?
_ Que tu es barbante depuis cette minute. Et pour info, vous allez rester une semaine au Château Marmont ce n’est pas comme si vous allez à l’autre bout du monde aux Seychelles.
_ Elle n’a pas tort Bette, et si on faisait un petit saut à ce fameux Planet ? Je m’en voudrais d’interrompe vos rendez-vous hebdomadaire, et j’avoue que je suis curieuse de connaitre votre lieu de sortie.
_ Tee, tu n’interromps rien du tout. Alice a juste oublié de mentionner qu’elle sera toujours dans nos parages, donc crois-moi, cette semaine sans voir mes amies ne sera pas de trop ! Ironisa Bette.
_ Tss-tss tu me déçois Bette, je ne te croyais pas le type de personne qui abandonne ses amies, une fois le certificat de mariage signé !
_ Ce que tu peux être dramatique je te jure ! Bon d’accord, on passe vous voir au Planet, mais on ne restera qu’un instant, contente ?
_ Youpii, et oh, pensez à amener un sacré paquet de 1 dollar !
Elle avait beau savoir qu’il n’y a pas de limite à la bêtise concernant Alice, elle n’en était pas moins surprise à chaque éruption de la dite bêtise. Quelle idiote amènerait sa jeune mariée à un spectacle de striptease entre copine ? Pauvre Dana, elle ne sait pas sur qui elle est tombée. Ça ne l’étonnerait pas qu’elle s’est enfuie en catimini en inventant cette rocambolesque histoire que son chat a faussé compagnie à sa baby-sitter. Vu la durée de son absence, elle doit être probablement rentré chez elle, camouflée sous ses draps à prier que son téléphone ne sonne pas.
_ Pourquoi tu n’as pas fait venir le carrosse dans le garage, je me gèle les nichons là ? Râla Alice.
_ Tu m’emmerdes Alice, répondit Bette. Encore une fois, nous n’allons ni te déposer sur notre chemin, ni t’emmener avec nous au Château Marmont ! Alors tu peux vraiment rentrer au manoir, et te réchauffer je ne sais pas quoi de ton corps qui gèle !
_ Regardez les filles, c’est lui James ?
Le jeune homme était presque en sueur malgré la nuit glaciale. Il a du faire au moins deux tours complet du manoir pour retrouver la voiture, et ensuite trouver les gens et le matériel adéquat pour la déplacer. Il savait qu’il aurait dû le faire lui-même.
_ C’est quoi ce bordel James ? Où est ma surprise ?
_ C’est quoi la surprise, demanda Alice.
_ Désolé mesdames, j’ai fait aussi vite que j’ai pu ; il y a eu un malentendu, l’équipe Jewel a mis le paquet sur la sortie nord du manoir, je n’ai pas compris mon memo était clair pourtant : sortie Sud ! Pas de panique, j’ai tout repris en main, la surprise arrive. Là !
Et il pointa vers une espèce de remorque qui pénétra sur la propriété. Pour le glamour, c’est raté pensa Bette. Enfin, l’essentiel c’est quand même d’avoir son cadeau à bon port. Elle a eu un sérieux doute quand elle ne l’avait pas vu à leur sortie du manoir. Elle prit la main de Tina et l’emmena à la rencontre de sa surprise. La remorque trainait derrière elle une voiture enveloppée dans un gros carton avec un gros ruban rouge autour. Ainsi, on ne pouvait ni connaitre le style ou le genre.
_ Mon petit cadeau de mariage Tee, murmura-t-elle.
_ Oh mon dieu, tu m’offre une voiture ?
_ Le carton est énorme ; j’espère que ce n’est pas un camion, bonjour le romantisme quoi, commenta Alice.
_ Vas-y, tire sur le ruban, reprit Bette ignorant Alice.
_ Oui vas-y tire sur le ruban, répéta cette fois ci Alice, encore plus impatiente et excitée que les deux autres femmes.
Tina s’exécuta. Elle tira donc le ruban puis déplia la housse pour dévoiler une magnifique voiture flambant rouge ! Certes elle connaissait la légendaire voiture mais pas au point de la nommer expressément. Ce qui n’est pas le cas d’Alice.
_ Une Ferrari LAFERRARI ? cria-t-elle. Tu ne pouvais pas faire comme tout le monde et offrir une rivière de diamants ??
Malgré son ton de scandalisée, Alice était déjà en train de tourner émerveillée tout autour de la voiture. Elle n’était pas une fana de ces voitures blingbling, mais avait quand un certain standard concernant un véhicule ; n’avait-elle pas une mini ? Par contre, elle avait une attirance pour l’art, et aucun doute, cette voiture est une œuvre d’art esthétique en soi. Profitant que Bette et Tina se murmuraient des mots doux voire plus, elle s’installa sur le siège conducteur. Et franchement c’est classe ! Elle va demander une augmentation à son chef.
_ Alors elle te plait ? demanda Bette
_ Je n’arrive pas à le croire. Ça c’est vraiment une surprise ! Et en plus tu as mis « KENNARD » sur la plaque. Merci Bee.
Joignant acte aux paroles, elle commença à l’embrasser. Puis une pensée lui traversa l’esprit.
_ Attends, tu ne vas pas me demander de l’écraser contre un arbre pour une histoire d’assurance quand même ?
_ Très drôle Tee !
Elle lui montra les clefs en les balançant devant ses yeux. Mais juste avant que Tina les attrape elle retira sa main.
_ Tu as bien ton permis n’est-ce pas ?
_ Je te promets qu’elle n’aura aucune égratignure, au-cu-ne !
Elle tendit de nouveau sa main, non pas pour les clefs mais plutôt pour la placer derrière le cou de Bette pour l’attirer à elle afin de poursuivre leur cession de bouche à bouche. Bette se laissa faire jusqu’à ce que la voix agaçante d’Alice les interrompe de nouveau.
_ Beeeeeeeeeeeeeeette?
Elle se retourna à contrecœur mais à sa surprise ne vit personne autour d’elle. Se penchant, elle la trouva confortablement assise dans la voiture, un bras sur la portière et l’autre main sur le volant.
_ Qu’est-ce que tu fous Alice ? Veux-tu bien virer ton cul de la Ferrari ? Genre tout de suite et pas à la Saint glinglin ?
_ Bette ?
_ Quoi ?
_ Epouse moi ?
_ Désolée Alice, intervient Tina, nous sommes 100% monogame !
_ Ah oui ? Toutes les deux ? interrogea Alice.
_ Bah oui toute les deux, Einstein ! Allez ouste, il est temps que tu ailles à la fiesta du bateau. Shane doit te chercher partout là-bas.
_ Non je ne crois pas !
Les deux femmes se relevèrent et regardèrent la direction qu’Alice leur avait montrée de la tête. Effectivement, Shane était encore au manoir. Elle courait vers elles, tenant par la main sa copine. Et plus loin, on pouvait même voir la silhouette d’Helena.
_ Attendez les filles ne partez pas ! cria-t-elle.
_ Que se passe-t-il Shane ? S’inquiéta Bette.
Elle attendit qu’Alice se plaça en rang à côté des mariées, puis leur annonça la bonne nouvelle.
_ Non, rien de grave au contraire. Bonne nouvelle !
_ Alors, continua-t-elle, j’ai été très touché par votre jolie cérémonie. Et je me suis dit, si Bette la fait, je peux le faire aussi.
_ Donc, j’ai proposé à Carmen…..
_ Et j’ai dit OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! Termina Carmen.
Elle leur montra la grosse bague au doigt. Bette et Alice restèrent sans voix. Elles n’osaient même pas se regarder. C’est finalement Tina qui cassa la tension en montrant son enthousiasme quant à la prochaine cérémonie à venir. Mais c’est la révélation d’Helena, qui a fini par rejoindre le groupe qui acheva Bette et Alice.
_ Et j’ai offert de prendre toute la cérémonie à ma charge. Avec juste quelques membre de la famille, et ce sera …..Au Canada dans quelques semaines, le temps de faire toutes les réservations ! Préparez vos valises, le jet n’attend plus que nous !
_ Comme c’est gentille et généreuse de ta part, déclara Tina.
_ Quand il s’agit de faire la fête, Helena est la meilleure, expliqua Alice.
_ Coupable, affirma Helena.
Les deux amies se donnèrent une tape dans la main, confirmant leur complicité. Sortant de sa réserve, Alice finit par tomber dans l’enthousiasme de groupe et se mit à féliciter chaleureusement les futures mariées.
_ Bon, déclara Helena, je propose qu’on aille continuer cette célébration sur ce fameux bateau. Papi a accepté de nous y emmener dans sa limousine, Tim et jenny sont déjà à l’intérieur d’ailleurs !
_ Attends Helena, il y a encore Dana, elle ne va pas tarder ! dit Alice.
Bette était sur le point de contredire son amie, quant à sa grande surprise, Dana apparut de nulle part et demanda naïvement pourquoi tout le monde se retrouvait à se féliciter et s’embrasser en plein air. Alice s’empressa de tout lui détailler et l’entraina même vers la limousine. Suivit de près par les nouvelles fiancées et Helena en mode planificatrice et qui leur exposa les projets qu’elle a en tête pour leur mariage.
S’approchant de sa femme, elle posa sa main sur sa taille. Les voilà laissée seule par leur groupe d’amie. Non seulement personne a remarqué la présence de la superbe voiture juste derrière elles, mais en plus, elles venaient de se faire voler la vedette par un nouveau couple. Bref, tout le monde les a royalement snobés sur leur chemin vers le nouvel lieu de fête. Leur fête peut-on préciser ? Mémo pour elle-même, la prochaine fois qu’elle formulera un vœu d’isolement, d’inclure une manière qui ne nuirait pas à son amour propre.
Château Marmont, West Hollywood
Elle n’avait jamais compris pourquoi tant de gens sont fascinés d’entendre le vroom vroom du moteur ou encore d’atteindre les 100km en 4 sec. Jusqu’à maintenant. Les rares voitures sur son chemin l’ont klaxonné comme signe de déférence. C’était si enivrant. Excitant, vraiment. L’heure tardive aidant, elle a remonté une grande partie de Sunset Boulevard à fond à fond sur l’accélérateur. Après tout, ce fut utile d’avoir flirté avec un cascadeur, elle a au moins appris des astuces de pilotage. Mais apparemment ses sensations de conduite n’ont pas été partagées par sa passagère. Tina sourit de la teinte un peu pale que lui offrait Bette. Elle n’avait pas dit grand mot durant tout le trajet. Trop préoccupée à ne pas lâcher la poignée de la portière. A peine avait-elle éteinte le moteur que la porte se souleva et déjà Bette s’était extirpée. Tina estima à 50-50 les chances qu’elle aille vomir sur les buissons ou alors qu’elle vienne lui ouvrir sa portière. Ni une ni l’autre, elle resta droite comme un i entre la voiture et l’entrée du Château. C’est donc le valet qui vint l’inviter à sortir de son bolide. Elle lui donna les clés avant de rejoindre sa femme.
_ Bette ça va ? Je te trouve un peu pale ! Ne me dis pas que un peu de vitesse t’as rendu malade ?
Elle lui marmonna deux petits monosyllabes pas très rassurant.
_ Tu es sure ? Tu m’as l’air un peu préoccupé aussi.
_ Tu sais ce qui m’intrigue ? Finit par articuler Bette. Que Dana ait vraiment engagé, une « baby-sitter » pour son chat ? Ça existe vraiment un métier pareil ?
_ Ah c’est que ça ? Tu m’as fait peur un instant ! Pour ta gouverne, ne dit jamais son chat devant elle. C’est monsieur Pissou où elle ne comprendrait pas de qui tu parles. Vraiment rigole pas !
_ Je ne déteste pas les chats, ne te méprends pas, mais ce n’est pas un peu extrême comme comportement ?
_ Elle a carrément largué une copine juste parce qu’elle était allergique au félin. Donc fait bien gaffe si tu veux qu’elle continue à te révéler mes secrets ! plaisanta t-elle.
_ Parce que vous avez encore des secrets Madame Porter ?
_ Oh que oui Madame Porter !
_ Mon dieu, on dirait que tu parles à ma mère ! Peut-on revenir à Tina et Bette ?
_ Avec plaisir !
Elle s’embrassèrent, et une fois de plus on vint les interrompre.
_ Madame Porter et Madame Porter !
_ James, déjà là ? S’étonna Bette. Mais comment as-tu fait pour battre la Ferrari ?
_ Sans problème, je suis là depuis un moment déjà. Donc voilà les cartes du penthouse, et vos bagages sont déjà à l’intérieur. Vous avez besoin de quelque chose d’autre ?
_ Ah oui vraiment ? dit Bette, parlant toujours du fait que son assistant soit arrivée bien avant elles.
_ Merci James, je pense qu’on va se débrouiller à partir de là, déclara Tina.
Le départ de son assistant obligea Bette à sortir un peu de ses pensées. Au visage un peu inquiet de Tina, elle lui offrit un large sourire forcé, puis prenant sa main, elle l’emmena vite fait vers leur suite. Elle ne cacherait pas plus longtemps la panique qu’elle vient de subir. Elle n’était toujours pas remise du trajet que Tina venait de leur faire. Comment dire, qu’elle n’a jamais, mais alors jamais eu aussi peur de sa vie sur un siège passager ! Sa main doit avoir une trace de la poignée tellement elle l’avait serré de toute ses forces. Mais ce n’est pas demain la veille qu’elle avouerait à quiconque qu’elle n’a pas supporté les 200km/heure sur Sunset Boulevard. Elle se souviendra surtout d’avoir prié de tout son corps que la police intervienne, en vain. Le comble, espérer recevoir une contravention pour conduite dangereuse. Voire même que le permis de Tina lui soit retiré, pour le bien être de tout piéton de Los Angeles se justifia-t-elle. Nouveau mémo pour elle-même, éviter tout repas copieux quand il sera planifié que Tina soit derrière le volant ! Par chance, tout à l’heure son estomac n’avait rien à rendre. D’ailleurs, elle s’étonna que Tina à ce moment lui affirme vouloir appeler un room service dès leur arrivée dans la chambre. Elle aurait vraiment un pouvoir télépathique ?
_ Ah oui ? questionna-t-elle.
_ Oui, ce n’est pas bon pour la santé de boire autant de coupe de champagne sans rien manger de consistant, expliqua Tina.
_ Je me sens bien, vraiment ! la rassura-t-elle. Juste besoin d’un peu d’air frais j’imagine.
_ Peut-être, mais je vais quand même commander un plat. Tu m’aideras à le finir ?
_ Bien sûr, chérie, avec plaisir. Et si tu en commandais deux ? Je sens mon appétit revenir !
Son sourire s’élargit un peu plus lorsque Tina souleva leurs mains enlacées pour y déposer un baiser. Son moment de faiblesse complètement oublié.
Elle était sur le point d’introduire la carte magnétique quand la main de Tina l’arrêta.
_ Attends, et si James se trouvait déjà à l’intérieur avec je ne sais pas, un super copieux souper ?
_ Ne Sois pas ridicule Tina, il est parti. Nous l’avons vu partir non ?
_ C’est bien de ton James qu’on parle là ? Tu sais celui qui apparait comme par magie, à chaque fois que tu en as besoin, genre un génie des temps moderne !
_ Il n’est pas mon James ! C’est juste James qui fait très bien son boulot. Pas de lampe magique.
_ Si tu le dis, rigola Tina.
Bien qu’elle fût catégorique, au moment de tourner la poignée, le doute s’empara de Bette. Elle semblait moins sereine et rapidement éclaira le penthouse pour y jeter un coup d’œil. Pas de James ! Juste un rire joyeux de Tina à la vue de sa moue.
Fière de son coup, elle s’apprêtait à rentrer triomphante quand d’un coup, la main de Bette la stoppa. Soudainement, elle se retrouva soulevée dans ses bras, automatiquement elle l’enlaça par le cou pour maintenir un équilibre.
_ Qu’est-ce que tu fais Bette ? Dépose-moi, tu vas te faire mal au dos !
_ Ah non pas question, la tradition est la tradition.
Pour autant, elle n’allait pas faire un tour des lieux avec Tina dans les bras. Malgré sa musculature, elle n’aurait pas pu tenir le coup. Par chance, Tina avait enlevé sa robe de mariée pour une tenue rouge beaucoup plus légère. Quelques kilos en moins non négligeable. Et surtout, une chambre se trouvait juste à droite de l’entrée. Elle ne perdit pas de temps et ce fut presque comme si elle avait jeté un sac de riz qu’elle lâcha Tina sur le lit, puis elle lui tomba dessus. Tant pis pour l’élégance, et même si elles ont un peu rebondi sur le lit lors du lâché, vaut mieux un matelas que le sol de la chambre n’est-ce pas ? Les deux femmes rigolèrent de leur situation si grotesque. Une fois le fou rire passé, elles se retrouvèrent à se regarder dans les yeux de l’autre. Enfin seule.
Dans un désormais silence, Bette effleura du bout des doigts le long de son visage. Elle lui offrit un sourire de satisfaction comme pour la rassurer. Inutile, car ses yeux lui montrait déjà à tel point elle la trouvait belle. Elle suivit le regard de Bette qui descendait lentement, c’est alors qu’elle s’aperçue que sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration poussive. Elle était déjà essoufflée alors que Bette l’avait à peine touché. Comment son corps peut-il réagir si vite et si fort ? Elle n’eut certainement pas le temps de cogiter, de délicieuses lèvres se posèrent sur les siennes. Elle y répondit instinctivement et accueillit avec joie la langue qui s’y aventura. C’était à la fois tendre et passionné, comme si Bette essayait de la mettre à l’aise, alternant un rythme langoureux avec de vigoureuses caresses. Elle ferma ses yeux, permettant à ses autres sens de savourer ce merveilleux moment : le gout de ses lèvres, le son de leurs gémissements, cette exquise sensation de sa main qui descendait puis remontait le long de son corps, et toujours ce doux parfum pour l’enivrer.
Dieu ce qu’elle a envie d’elle. Elle ne saurait pas dire comment elle a pu tenir toute une journée alors que dès le premier regard, elle ne désirait qu’une chose, lui faire l’amour. Lui montrer à tel point elle pouvait la satisfaire. Lui procurer tous ces petits plaisirs sensuels qu’elle maitrise si bien. Mais elle avait aussi compris qu’elle avait quelque frayeur, et donc qu’elle se devait d’être patiente et délicate le moment venu. Usant de toute sa volonté, elle ne s’autorisa pas à se laisser emporter par sa passion. Se contrôler n’a jamais aussi été pénible. Elle était si désirable, répondant au moindre de ses caresses. Elle passa un long moment juste à l’embrasser, le temps qu’elle s’habitue à leur proximité. Une fois ses inhibitions tombées, elle décida qu’il est temps de passer aux choses sérieuses. Se relevant, elle l’enjamba au niveau de ses hanches. À la perte de contact, Tina rouvrit ses yeux. Bien. Il lui restait une chose à achever. Lui prenant sa main, elle lui glissa son alliance avant d’y déposer un baiser dessus. Tina n’eut pas le loisir d’y admirer, Bette avait repris l’initiative. Tout en maintenant un contact visuel, elle se mit alors à enlever lentement sa veste qu’elle jeta négligemment derrière elle. Suit son veston. Et enfin sa chemise.
Tina dégoulina difficilement, son regard noircissait au fur et à mesure de l’effeuillage. Sans même sans rendre compte, et malgré le poids de Bette sur elle, elle souleva sa hanche par à-coups. Comment peut-on être si parfaite ? Mis bout à bout on a ainsi un visage plus que correct, ces musculeux bras, un torse de folie avec des abdos pareil et oh mon dieu, elle a tombé le soutien-gorge.
Si elle avait pu se détacher de cette vision de rêve que Bette venait de lui dévoiler, elle aurait certainement pu lire sur les lèvres de cette dernière un ‘je t’aime’ qu’elle lui déclara sans le son de sa voix. Pour autant son état de torpeur ne perdura guère. Comme muée par son désir, elle se releva soudainement et attaqua à pleine bouche la poitrine généreusement offerte. Si Bette était tout aussi surprise, elle ne le montra pas. Au contraire, d’une main ferme elle lui maintenait sa tête à ce niveau, l’encourageant à continuer ses succions ; et puis de l’autre main elle entama de lui dézipper sa robe dans son dos.
Si ça ne tenait qu’à elle, Bette l’aurait probablement déchiré de ses mains nues cette robe. Elle était dans un stade où elle avait besoin de sentir sa peau nue sur la sienne. Et leur position assise était un sacré obstacle. Elle devait suspendre leur attouchement. Posant ses mains de part et autre de son visage, elle l’obligea à la regarder. Tina fit plus que la regarder ; ses yeux plongèrent dans les siennes. Et le reflet qu’elles trouvèrent ne laissait aucun doute. Elles étaient toutes les deux prêtes. Sans hésitation, comme attirée l’une par l’autre, leurs bouches fusionnèrent de nouveau. Subtilement, les mains posées sur ses hanches, Bette les bascula langoureusement sur le lit, permettant à Tina de se retrouver sur elle. Elle n’eut même pas le temps d’admirer sa nouvelle vue que sa robe passa au-dessus de sa tête et très vite sur le plancher. Déjà Bette avait déboutonné son pantalon, et instinctivement Tina se recula et tirant d’un trait par le bas l’enleva pour le jeter tout aussi nonchalamment par terre. La voilà debout en lingerie fine au bout du lit, avec une merveilleuse vue de Bette allongée nue comme un ver.
Elle remarqua son état pantelant, sa poitrine qui se soulevait à chaque respiration. Elle allait lui donner une raison de rester dans cet état. Plaçant ses mains dans son dos, elle dégrafa son soutien-gorge qu’elle laissa glisser le long de son corps. Elle se débarrassa aussi vite de sa culotte. Les voilà à s’admirer dans leur plus simple appareil.
_ Viens la !
Un frisson la traversa au son de la voix enroué de Bette. Elle s’exécuta et au contact de leur peau nue, elles émirent toute deux un gémissement synchronisés. Il n’en fallut pas plus pour que Bette perde son contrôle. Et puis comment se maitriser quand votre partenaire sait si bien vous toucher ? Elle avait la sensation que Tina avait deux bras supplémentaire tellement elle la caressait sur tout son corps à la fois. Elle n’avait aucune opposition que son amante prenne l’initiative de leur ébat. Même si elle était une novice. Peu à peu, elle se laissa emporter par son plaisir, oubliant les précautions d’usage. Son corps était en feu, il était au bord de l’agonie. Sans même le réaliser, elle lui demanda la délivrance.
_ Pénètre moi, dit-elle à bout de souffle.
Ça a beau être un doux chuchotement, une banale requête dans le feu de la passion, malheureusement pour elle, la perception de ces mots fut fatale à leurs ébats. Comme une révélation, Tina stoppa net ses caresses et son corps se tendit d’un coup sous la panique : elle n’avait pas l’attribut physique pour la permettre de satisfaire sa partenaire ! Brutalement le charme était rompue, elle venait de se détacher de son corps et inconsciemment se replia le plus loin possible.
Bette gémit de la perte de contact de leur corps. Pour autant elle mit un certain temps pour descendre de son état d’extase. Quand la réalité la rattrapa, Tina était déjà à l’autre extrémité du lit, recroquevillée sur elle-même et en pleurs. Elle se força de se souvenir d’un mauvais geste qu’elle aurait fait, sans succès. Tirant une couverture du lit, elle y couvrit Tina puis l’enlaça de toutes ses forces, la suppliant de se calmer. Elle n’avait pas d’explication à ce qui venait de se passer, mais sa priorité était surtout de la protéger. Tina lui répéta en boucle entre deux sanglots qu’elle était désolée, ce en quoi elle lui répondit avec sincérité que ce n’était pas de sa faute. Avec patience, elle parvint à l’étendre sur le lit, et délicatement la berça dans ses bras. A la tentative de Tina de reprendre leur jeu, elle s’efforça de l’entrainer dans des conversations ingénues. Nul doute que la longue journée était éreintante, elle imagine sans peine les diverses émotions qu’elle a traversé. Et elle sait combien la décompression peut être abrupte.
Au son de sa respiration, elle savait qu’elle avait finalement cédé à sa fatigue.
Désengageant ses bras, elle contempla le plafond et plongea dans ses pensées. Certainement ce n’était pas l’issue qu’elle attendait de cette journée. Pour la première fois, un scepticisme s’empara d’elle quant à ce plan. S’est-elle surestimée de pouvoir mener deux batailles de front ? Le jeu en vaut-il la chandelle ? Certes, elle pouvait toujours revenir en arrière, suffit juste de ravaler sa fierté, et demander pardon aux personnes qu’elle aurait blessées ! Melvin n’est pas un problème, elle a toujours été sa préférée, et une fois de plus il se montrera indulgent à son égard. Par contre l’autre personne, elle n’ose même pas imaginer sa pénitence. Non, elle n’a pas agi de manière impulsive. Au plus profonds d’elle-même, elle savait qu’elles étaient dans une impasse totale. Elle se devait de faire cette décision radicale. Qui eut cru que ce serait Melvin qui lui offrit ce fameux ticket de sortie. Dans son énième tentative de la remettre dans le ‘droit chemin’, il a modifié son testament, de sorte que seul son premier petit enfant, hériterait de son empire. Joyce a confirmé le changement, et quand Maxime l’avait confronté, Melvin ne l’a pas nié, arguant juste qu’il voulait une descendance. Comme toujours, et au grand daim de sa mère, elle s’est pliée à ses désirs. Elle a beau justifier sa complaisance par sa volonté de mettre un terme à ce combat fratricide avec Kit, personne n’a été dupe. La vérité est qu’elle vouait à son père une dévotion absolue. Il n’y a qu’un seul point où elle n’a jamais cédé : son mode de vie. Et c’est là qu’entra en scène Tina Kennard.
Un léger mouvement lui fit tourner la tête vers Tina. Et malgré elle, à cette vision de la jolie blonde paisiblement endormie, un large sourire se dessina sur son visage. Si elle s’était re-posé la question de savoir si le jeu en valait la chandelle, sans aucun doute elle aurait eu sa réponse.
Fin. À suivre.