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Série : The L Word
Création : 11.11.2016 à 17h39
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Cette fiction me trottait dans la tête depuis fort lontemps
Cette fanfic compte déjà 78 paragraphes
Avant de commencer ce récit, sachez que je l’ai écrit il y a quelque temps déjà mais, je n’arrive pas à mettre un titre qui me plaise (d’où celui choisi pour l’instant : " Histoire sans titre ").
Alors, il m’est venu une idée : si , à la fin de votre lecture, vous avez une ou plusieurs idées à me proposer, j’en serai ravie.
Dans un hôpital, à Los Angeles
« Bette, Bette ! Où es-tu? Réponds- moi ! Je suis perdue sans toi ! » gémit une jeune femme qui semble dormir. Elle est belle allongée sur son lit. Ses cheveux blonds lui cachent à moitié le visage mais on devine une peau douce, agréable à caresser.
Son sommeil est loin d’être calme et paisible. Il est agité en permanence ! Son pauvre corps amaigri est secoué par des soubresauts plus ou moins violents ! De temps à autre, un cri d’effroi s’échappe de ses lèvres.
« Non, Non ! »
Elle est en plein cauchemars.
Elle se tourne et se retourne sans cesse sur ce lit d’hôpital, tenant bien serré dans sa main une espèce de foulard qu’elle triture par moment. Il n’a plus tellement de forme ni de couleur d’être ainsi malmené. Par instant, elle le porte à son nez, le respire longuement … et recommence à geindre :
« Bette ! Bette, ma chérie, où es-tu… ? »
Un soupir de désespoir, à peine perceptible, sort alors de sa bouche.
Elle se retourne encore une fois sur son lit et, cette fois, elle paraît s’assoupir. Tout son corps crispé se détend lentement. Elle n’a plus cet air perdu, malheureux. En un mot, elle semble apaisée. Pour combien de temps ? Personne ne peut le dire!
Tout cela sous le regard surpris, intéressé et interrogatif d’une dame d’un certain âge.
« Depuis combien de temps, cette jeune femme est-elle ici ? demande-t-elle, étonnée d’un tel comportement.
- Cela fait plusieurs jours maintenant ! répond l’infirmière chargée de veiller sur elle.
- Vous n’avez pas essayé de la soulager ? de l’aider ? de comprendre sa détresse ?
- Bien sûr que nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir ! Dès qu’elle a une nouvelle crise, nous lui donnons un traitement sensé calmer ses angoisses. Hélas, docteur, comme vous le voyez, nous n’avons obtenu aucune amélioration… Si seulement nous pouvions communiquer avec elle…
Notre seul espoir de la sortir de cet état repose sur vous dorénavant. »
Et la conversation se poursuit entre la doctoresse et l’infirmière.
« Bien, ce que vous venez de lui donner semble agir efficacement ! Alors, comme elle paraît réellement dormir, voulez-vous m’accompagner dans mon bureau, vous me raconterez tout ce que vous savez à son sujet !
- Oui, mais auparavant, je dois brancher la caméra qui veille sur son sommeil, car, par moment, elle est tellement agitée, tellement terrifiée, que l’on craint à chaque instant qu’elle ne se blesse par un geste inconscient. Elle a donc besoin d’être sous surveillance en permanence !
- D’accord, faites le, je vous attends. »
Une fois la caméra branchée et la surveillance assurée, les deux femmes se retrouvent dans le bureau de la doctoresse.
« Asseyez vous, je vous prie et racontez moi de la façon la plus précise possible comment cette jeune femme est arrivée dans notre établissement.
L’infirmière s’installe et commence à raconter ce qu’elle sait :
« Sachez d’abord qu’elle n’est pas arrivée ici par ses propres moyens.
C’est une automobiliste qui l’a croisée sur sa route. Elle marchait en claudicant, l’air hagard, les yeux dans le vide.
Elle avait perdu une chaussure, ce qui nous a permis de constater qu’elle portait un tatouage sur le pied, une fleur de lotus.
Son visage et ses genoux saignaient, mais les blessures semblaient superficielles. Elle était prête à s’effondrer. La conductrice a alors arrêté son véhicule ! Elle s’est approchée d’elle, lentement, en parlant doucement, calmement afin de pas l’effrayer. Quand la blessée l’a aperçue, elle s’est précipitée vers elle. Elle secouait ce foulard que vous avez vu entre ses mains tout à l’heure. Elle s’est affalée dans ses bras en criant : « Bette ! Bette ! Où es-tu ? », cette litanie qu’elle ne cesse de répéter depuis cet instant !
La conductrice a eu la prudence de l’installer dans sa voiture pendant qu’elle effectuait quelques recherches immédiates et rapides aux alentours. Tout de suite, vu l’état de la jeune femme, elle avait pensé à un accident mais, elle n’a aperçu aucun véhicule. »
Le docteur suit attentivement ce récit et prend des notes. Elle est à l’affût du moindre détail qui pourrait expliquer cette situation.
« Oui, continuez, je vous écoute.
- Cette dame, ne trouvant rien, a appelé la police pensant qu’avec les moyens dont celle-ci dispose, les recherches seraient plus fructueuses.
- Et alors ?
- Rien ! Pas la moindre voiture accidentée ! Pas la moindre trace de freinage ! A croire que la malade était tombée du ciel ! Une ambulance a été appelée. Le médecin a effectué les premiers soins sur place. Finalement, rien de grave !
Les policiers ont commencé à l’interroger …
Tout ce qu’elle répondait n’avait aucun sens et surtout ressemblait plutôt à des grognements ! Elle ne savait que dire et répéter jusqu’à épuisement ce même message ! Et cela clairement et distinctement ! Impossible pour les policiers d’obtenir le moindre renseignement : comment elle s’appelait , d’où elle venait , ce qui s’était passé … Rien, toujours rien .
En désespoir de cause, elle a été transportée jusqu’ici. Malgré les soins , notre attention de tous les instants , nous n’avons rien obtenu sur son identité ni d’où elle venait ! La seule chose que nous savons , avec certitude , c’est qu’elle connait une certaine « Bette ». Est-ce sa sœur ? Sa cousine ? Seul l’avenir nous le dira ! »
De plus en plus intriguée, la psy. veut en savoir plus sur cette malade mystérieuse. Sa curiosité est à l’affut du moindre détail important qui pourrait la guider dans leurs futurs rencontres .
Alors, l’interrogatoire se poursuit :
« Vous n’avez trouvé aucun papier, aucun bracelet, aucun bijou qui auraient pu apporter quelques renseignements sur elle ?
- Non, à part ce foulard, c’est tout ce que nous avons. Malheureusement, dès que l’on veut le lui prendre pour l’examiner de plus près , elle pousse de tels cris déchirants et entre dans un tel désespoir que nous y avons renoncé !
- Et ses vêtements ? Etaient-ils d’une grande marque connue ? Cela aurait pu être l’indice d’une certaine origine sociale.
- Non, pas du tout ! Elle portait une robe bleue, toute simple, légèrement déchirée par endroit. Y avait-il eu lutte ? Nous avons d’ailleurs trouvé facilement la même dans le commerce afin de renouveler sa garde-robe .
- Avez-vous lancé un avis de recherche, publié sa photo dans les journaux, régionaux et nationaux ? Partout, comme on le fait habituellement pour un enlèvement, pour une disparition ? Partout, afin d’être certain qu’elle serait vue du plus grand nombre ! Et ce tatouage ? L’avez-vous montré ?
- Oui, tout cela a été fait. Sa photo est même parue à la télévision. Hélas, sans résultat jusqu’à maintenant ! »
La doctoresse insiste. Cela lui parait tellement invraisemblable.
« Aucun sac de voyage, aucun sac à main tombés à proximité, dans le fossé , dans les fourrés ?
-Non, et ce n’est pas faute d’avoir cherché, d’abord l’automobiliste qui l’a croisée ensuite la police ! C’est à n’y rien comprendre ! »
« N’exagérons pas tout de même ! Il doit bien y avoir une explication ! Depuis combien de temps est-elle ici ?
- Une dizaine de jours, je pense ! Allez-vous pouvoir faire quelque chose docteur ? Cela fait tellement mal de voir cette jolie femme dans un état aussi lamentable ! Elle doit bien avoir une famille quelque part qui s’inquiète de son sort ! En plus de cela, elle mange à peine et maigrit de plus en plus !
- Pour l’instant, vous la laissez dormir, elle a un grand besoin de récupérer des forces et demain , vous commencerez par diminuer sa dose de médicaments. Je viendrai dans l’après midi afin d’essayer de m’entretenir avec elle. Je vous avoue que je me sens un peu démunie devant un tel cas d’amnésie ! Que se cache-t-il derrière ? Quel drame vécu veut-elle inconsciemment occulter ? Est-ce passager ? Je compte beaucoup sur les résultats de la publication de sa photo pour nous aider sinon cela va prendre beaucoup de temps pour la sortir de cet enfer qu’elle semble revivre au quotidien !
- Je vous aiderai autant que je le peux , répond l’infirmière , j’ai hâte de connaître l’histoire qui l’a mise dans une telle situation !
- Et bien, à demain alors et, s’il vous plait , mettez lui donc la robe qu’elle portait quand cela est arrivé ! Nous ferons un nouvel appel à la télévision. »
Pendant ce temps, après des jours d’errance à travers tout le pays, à des milliers de kilomètres de Los Angeles , sur la côte est , affalée à la table d’un bar, dans l’aéroport de New York , Bette boit whisky sur whisky.
Elle semble déjà pas mal éméchée !
On a peine à la reconnaitre, elle est négligée, elle a perdu son aura charismatique ainsi que tout son charme légendaire. Elle marmonne toute seule en contemplant son verre à moitié vide, sous l’œil réprobateur des gens !
« Pauvre imbécile ! Qu’as-tu fait ? Détruire ainsi une relation de huit ans ! Huit ans de bonheur partagé, d’amour, de désir, de passion … Qu’est-ce qui m’a pris d’agir ainsi ? Quelle égoïste je fais ! Me pardonnera-t-elle un jour ? J’ai bien peur que non … »
Le reste se perd dans un grognement inintelligible !
Elle en est là de ses réflexions d’ivrogne quand, soudain, venue de nulle part, retentit une voix féminine au fort accent new yorkais .
« Porter ! Hé ! Porter ? C’est bien toi ? Que fais-tu là, à moitié ivre morte ? Je ne me souviens pas t’avoir jamais vue dans une telle situation quand nous nous fréquentions ! Même pas quand tu avais raté l’achat d’un tableau ! Tu t’es toujours montrée bonne perdante !
Que t’est-il arrivé qui puisse t’abattre à ce point ? Quelle femme, à moins que tu n’aies changé d’orientation sexuelle, quelle femme a réussi cet exploit de te mettre à genoux, de réduire à un tel état de décrépitude la grande, la sublime Bette Porter ? »
Tout en poursuivant son interrogatoire, une jeune femme s’approche de la table de Bette, encore toute surprise de la découvrir si complètement transformée ! C’est tellement inhabituel chez elle, Bette porter si hautaine , si séduisante , si sûre d’elle et de son charme, elle est là, avachie devant son verre, totalement inconsciente de l’effet qu’elle peut produire sur les gens qui la connaissent !
Elle est perdue dans son monde et ne réagit même pas à l’interpellation de cette jeune femme !