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Série : The L Word
Création : 11.11.2016 à 17h39
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Cette fiction me trottait dans la tête depuis fort lontemps
Cette fanfic compte déjà 78 paragraphes
Elle s’approche encore plus près de Bette, pose sa main sur son épaule et la secoue doucement .
« Bette ! Bette ! Qu’est-ce qui se passe ? Tu ne me reconnais pas ? M’as-tu entendue ? »
Bette semble enfin sortir de son état d’hébétude. Elle ouvre un œil larmoyant, plein d’étonnement. La jeune femme est pleine de compassion à son égard. Elle a peine à la reconnaitre : pas de maquillage, ses beaux cheveux noirs en total désordre, tenue négligée, robe toute froissée, elle qui était un modèle d’élégance.
Bette fixe un long moment cette intruse qui ose ainsi la rudoyer. Son regard est vide ! Son visage reflète une détresse incroyable. Enfin, ses yeux se stabilisent, difficilement, sur la jeune femme. C’est d’une voix pâteuse qu’elle l’interpelle.
« Qui êtes-vous pour oser vous montrer aussi familière avec moi ? Passez votre chemin, je ne vous connais pas ! Laissez - moi tranquille...
Elle baisse de nouveau la tête pensant certainement en être quitte avec cette femme indiscrète et fait mine de reprendre son verre.
Mais celle-ci ne lâche pas prise. Les menaces de Bette n’ont aucun effet sur elle ! Bien au contraire, elle revient à la charge plus décidée que jamais.
« Mais Bette ! Ce n’est pas possible ! Secoue- toi ! Ne te donne pas ainsi en spectacle, c’est indigne de toi ! Que dirait Tina si elle te découvrait ainsi ? Regarde-moi.
_ Fichez- moi le camp ou j’appelle quelqu’un pour vous mettre dehors … »
Puis , elle s’interrompt , le nom de Tina semble avoir fait tilt dans sa tête. L’espace d’un instant , on aurait cru qu’ elle avait retrouvé sa lucidité … Hélas , ce moment est très bref ! Et les invectives recommencent de plus belle.
La jeune femme ne se laisse pas faire , ne se laisse pas du tout impressionner. Elle n’a qu’une idée en tête : aider son amie à retrouver meilleure allure , à retrouver tous ses esprits et sa dignité !
« Non ! Bette ! Non, je ne partirai pas ! Pas avant que tu ailles mieux, que tu retrouves toute ta tête et des idées plus claires ! Encore une fois, regarde- moi bien ! »
Enfin, Bette se redresse, lâche son verre qui se renverse sur la table.
Elle lève la tête, la secoue comme un cheval qui s'ébroue et là, soudain, la lucidité semble lui revenir !
Elle ouvre la bouche de surprise, ses yeux fixent la jeune femme qui ose la secouer ainsi et, enfin, elle la reconnaît !
« Kelly ! Kelly ! Que fais-tu là à me regarder ainsi, l’air aussi inquiet ?
- Je te signale que j’essaye de t’aider à revenir sur terre car il y a quelques instants encore, tu étais loin d’ici, tu parlais à ton verre de whisky ! Pour quelqu’un qui te connait, c’est assez inattendu !
Je garde un tel souvenir de toi, de ton élégance, de ton regard séduisant, du ton charmeur que tu savais utiliser pour parler à quiconque …
Que t’est-il arrivé ? Quelle catastrophe s’est-il produit pour que je te retrouve à moitié ivre, au milieu de cet aéroport, si loin de chez toi ?
Un semblant de Bette Porter semble revenir à la réalité du moment, du lieu, de son état mais hélas, ressurgissent en même temps les mauvais souvenirs qui l’ont amenée là !
Des larmes s’échappent de ses yeux et coulent lentement sur ses joues sans qu’elle esquisse le moindre geste pour les essuyer. Elle pleure, elle sanglote … Rien ne semble pouvoir arrêter ce flot de larmes …
Est-ce la présence de son amie qui lui permet enfin de se libérer de ce chagrin qui la ronge, qui l’étouffe depuis des jours ?
Entre deux sanglots, elle appuie sa tête sur l’épaule de Kelly qui essaye de la réconforter en lui caressant les cheveux.
« Pleure Bette ! Laisse toi aller ! Raconte -moi … »
Entre deux sanglots, Bette essaye de se ressaisir et se met à raconter …
« Si tu savais Kelly, si tu savais ce que je viens de faire, tu comprendrais … »
Devant l’énormité de ce qu’elle s’apprête à dire, les sanglots reprennent de plus belle.
Kelly serre Bette un peu plus fort contre elle. La détresse de son amie l’émeut au plus haut point. Tant de faiblesse chez elle l’étonne. Elle n’a qu’une envie : partager sa peine, la soulager.
« Parle- moi Bette ! Explique- moi ! »
C’est d’une voix encore un peu hésitante que Bette commence son récit.
« Tu te souviens de Tina ? Tina que j’ai rencontrée, il y a huit ans maintenant. C’était lors du vernissage d’une nouvelle exposition de tableaux dans ma galerie. Elle était venue en compagnie de son petit ami.
Sa beauté, sa simplicité, cette façon qu’elle a eu de me regarder, bref, je suis tombée sous son charme. J’étais amoureuse, la chaleur soudaine qui s’était emparée de tout mon être à l'instant où je l'ai vue, en était la preuve parfaite ! A partir de cette rencontre, plus aucune femme ne m’a intéressée.
C’est avec elle que je voulais vivre … Nous nous sommes revues … mais … tu connais la suite.
Nous formions un couple incroyable, amoureux, passionné, sans cesse à l’écoute de l’autre, prête à tout lui donner pour assurer son bonheur. Pour parachever ce bonheur, nous n’avions plus qu’une envie, une envie lancinante : avoir un enfant afin de former une vraie famille.
Au fur et à mesure que son récit avance, les brumes de l’alcool englouti précédemment finissent par disparaître totalement.
Bette se redresse, de nouveau très lucide. Mais sa détresse est bien présente également, en témoignent ses yeux encore larmoyants. C’est d’une voix un peu moins hésitante qu’elle poursuit son histoire.
« Après bien des recherches afin de trouver un donneur qui nous plaise à toutes les deux, nous sommes tombées sur un garçon très sympathique qui a accepté sans hésiter de nous aider.
Nous avons décidé de faire l’insémination chez nous, seulement nous deux, avec tout l’amour que nous éprouvions l’une pour l’autre. Et cela a réussi ! Tina était enceinte. Imagine notre joie, nous étions comblées. Enfin, nous allions être une vraie famille !
J’ai encore présente à l’esprit l’image de cette soirée fabuleuse où Tina m’a annoncé que nous allions avoir un bébé. Nous étions tellement émues toutes les deux. Je l’ai prise dans mes bras sans un mot. Je l’ai serrée très fort contre moi puis nous nous sommes embrassées. C’était un baiser incroyable, d’une infinie douceur, d’une infinie tendresse. Je n’avais que ces mots à la bouche : « je t’aime, je t’aime …. »
Hélas … Ce bonheur fut de courte durée ! Tina a perdu le bébé ! Nous avons eu beaucoup de mal à surmonter cette terrible épreuve ! J’essayais de dissimuler ma peine, de garder tout en moi afin d’aider Tina du mieux que je pouvais.
Pour tenter d’oublier, Tina s’est mise à la disposition d’une association et moi, je me suis jetée à corps perdu dans le travail …
Sans nous en rendre compte, petit à petit, nous nous sommes éloignées l’une de l’autre.
- Mais Bette, c’était une réaction normale. Devant un tel drame, chacune a réagi à sa manière. » répond Kelly, très à l’écoute.
Et Kelly continue:
« Ecoute Bette, je comprends parfaitement ton désarroi après un drame pareil mais, là où je ne te suis plus, c’est : que fais-tu ici ? Dans cet aéroport, entrain de te donner en spectacle ? A l’heure actuelle, ne devrais-tu pas être encore aux côtés de Tina au lieu de fuir vers je ne sais où ? J‘avoue ne pas trop comprendre cette attitude ! Rester ensemble pour affronter les problèmes, n’est-ce pas ce qu’il y a de mieux à faire ?
_ Tu ne comprends pas ? Attends la suite. Et là, tu ne me regarderas plus avec autant de compassion !
J’ai eu l’impression qu’elle m’abandonnait ! Elle n’avait plus ce regard amoureux envers moi, plus de gestes tendres … Mon travail ne l’intéressait plus … Pourtant, j’aurais eu besoin de son soutien total car, l’exposition que je voulais mettre sur pied, a déclenché tant de haine autour de moi que j’espérais un petit geste d’encouragement de sa part…
Je me sentais terriblement seule malgré le soutien sans condition de Shane et d’Alice. Cela ne me suffisait pas !
Bette poursuit sa confession.
« Le soutien de mes amies ne compensait pas le stress que je ressentais à ce moment là ! Tina me connaissait bien pourtant. Elle savait ma fragilité sous mes grands airs de femme responsable. Elle savait toujours trouver les mots justes pour me soutenir, pour m’encourager à poursuivre…
Mais … là, c’était l’indifférence totale … Du moins, c’est ce que j’ai cru …
- Alors là, je crois que je commence à comprendre car je te connais Bette Porter !
Tu as toujours besoin de preuves, de petits signes discrets, besoin de savoir que l’on t’aime ! Hé oui ! Je garde un souvenir cuisant de notre relation … Souviens toi, tu me trouvais trop aimable, trop séductrice vis-à-vis des autres femmes … Ce n’était que ma façon d’être à l’extérieur, toujours aller vers les autres … Je ne t’en aimais pas moins pourtant ! Je t’aimais sincèrement, profondément. J’étais heureuse avec toi.
Hélas pour moi, je n’ai pas su déceler cette faiblesse en toi. Quand tu m’as quittée, j’étais vraiment mal et j’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre ! Serait-ce ton tour de découvrir cela ?
_ Pardonne moi Kelly de ne pas t’avoir crue à ce moment là. Tu as raison, je suis ainsi. Je détruis tout ce qui me touche de près. Peut-être que ce besoin permanent d’amour vient du fait que ma mère est partie un beau jour, me laissant seul avec mon père …
Mais, je ne me cherche pas d’excuses à cette attitude infantile ! Je suis égoïste, c’est tout … »
- Si tu continuais à me raconter ton histoire … Tina ne t’aimait plus … Mais cela ne m’explique toujours pas ta présence ici, à des milliers de kilomètres de Los Angeles, dans un tel état … Je pense que tu ne me dis pas tout ! Je me trompe ?
- Tu as raison. Pour mon exposition, j’avais besoin d’une présentation particulière que je ne trouvais pas sur place. J’ai fait appel à une jeune femme réputée pour son travail du bois … Elle était compétente. Je l’ai choisie …
Elle était tout le contraire de Tina, noire de cheveux alors que j’ai toujours aimé la blondeur de Tina, la peau mate alors que j’aimais la peau claire et douce de Tina …
Est-ce par ces différences que je me suis laissée attirer … ? J’ai essayé de résister … Pas très longtemps, je l’avoue ! Toujours est-il que nous avons fini par coucher ensemble. Je dis bien « coucher », c’était purement physique ! Mon corps était en manque de caresses et moi, en manque de corps féminin …
Nous nous sommes vues et revues plusieurs fois avec toujours la même intensité dans le plaisir …
_ Là, j’imagine le pire… » déclare Kelly qui commence à comprendre.
Bette :
« Tu ne crois pas si bien dire …
Le jour de l’inauguration, Tina nous a surprises … Elle n’a rien dit jusqu’à notre retour à la maison.
Là, c’est d’une voix blanche qu’elle m’a dit : « je vous ai vues !» Elle était d’une froideur incroyable.
Puis, sa colère a explosé. Elle m’a giflée. Elle n’a cessé de me crier dessus. Elle allait partir, me quitter… Elle ne voulait plus me revoir, jamais … Jamais, elle ne pourrait me pardonner …
Je ne sais pas ce qui m’a pris, je l’ai saisie violemment, je l’ai poussée sur le lit en lui criant sans cesse de me pardonner, que je l’aimais, je l’aimais, je l’aimais …
Elle ne m’entendait pas … Elle était tout à sa colère, à son désespoir.
Elle s’est débattue, sa robe s’est déchirée. Elle m’a mordue. Elle criait et pleurait en même temps. La colère décuplait ses forces. Elle a réussi à me retourner sur le lit. Elle a continué à me frapper à coups de poings sur tout le corps en hurlant encore et encore !
Et moi, je ne cessais de répéter : je t’aime, je t’aime, elle ne m’entendait pas …
Soudain, elle a empoigné ma main … l’a glissée entre ses cuisses … ce fut terriblement brutal, sauvage…
C’est la dernière fois que nous avons fait l’amour.