Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : The L Word
Création : 11.11.2016 à 17h39
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Cette fiction me trottait dans la tête depuis fort lontemps
Cette fanfic compte déjà 78 paragraphes
Ensemble, elles se dirigent vers le bureau du docteur.
« Toc, toc !
- Entrez, répond une voix féminine.
- Docteur, je vous prie de m’excuser, Kit vient d’arriver, bien décidée à voir notre malade. Pourriez-vous nous accompagner ?
- Bien sûr, mais j’aimerais poser quelques questions à Kit.
- Kit, qui êtes-vous pour elle ? Pour Tina ? Vous connait-elle suffisamment bien ? Savez-vous qui est cette Bette qu'elle appelle si souvent ?
- Docteur, je vais vous répondre en toute franchise. Bette est ma petite sœur. Elle est en couple avec Tina depuis huit ans maintenant alors, vous pensez, nous nous connaissons parfaitement.
- Où est votre sœur à l’heure actuelle ? Je m’étonne de son silence ! Elle aurait dû être la première à appeler !
- Je vous avoue que je l’ignore totalement. Elles se sont violemment disputées, c’est tout ce que je sais, et puis, chacune est partie de son côté sans laisser de traces. Mais, si nous avons vu votre appel, Bette l’aura certainement vu aussi. Laissez lui le temps, elle aussi était bouleversée après leur dispute ! »
Kit n’ose pas dire que sa sœur a trompé Tina. Elle a honte pour elle.
« Et bien, venez Kit, allons voir Tina.
- Si vous le permettez docteur, j’aimerais, à mon tour, vous poser quelques questions à son sujet avant de la rencontrer.
- Que voulez-vous savoir exactement ? Je peux déjà vous dire que, physiquement, elle va mieux. Elle mange mieux, elle a repris du poids. En ce qui concerne ses angoisses, nous lui avons proposé un atelier thérapeutique…
- Un atelier thérapeutique ? l’interrompt Kit ? De quoi s’agit-il ?
- Tina a choisi l’atelier peinture. Apparemment, cela lui réussit bien. Quand elle peint, elle est tellement absorbée par son travail, qu’elle semble oublier tout son environnement. Elle est dans un autre monde, mais, dès qu’elle cesse cette occupation, Bette revient de nouveau accaparer son esprit.
- Donc, c’est juste un moyen pour la tranquilliser mais il ne lui a pas permis de retrouver la mémoire.
- Kit, Kit, nous ne sommes pas des magiciens ! L’amnésie ne se guérit pas en un jour ! Il faut beaucoup de patience mais j’ai bon espoir. L’autre jour, dans un de ses tableaux, est apparu une silhouette de femme…
- Cela signifie-t-il qu’elle est sur le bon chemin ?
- Peut-être. »
« Et maintenant, si nous allions voir Tina ? A cette heure-ci, elle doit être dans l’atelier peinture. Vous pourrez ainsi admirer son talent.
- Encore une question, s’il vous plait, va-t-elle me reconnaître ? Et vous, vous reconnait-elle ? demande Kit inquiète de cette prochaine confrontation.
- Oui, elle nous reconnait. Elle n’oublie pas les choses actuelles. Elle sait que je suis son docteur.
- Alors ? Elle sait qu’elle est dans un hôpital ?
- Oui, elle sait même qu’elle est là pour obtenir de l’aide afin de retrouver la mémoire. Je pense que la dispute avec votre sœur a dû être d’une rare violence pour que son cerveau occulte ce moment. Comment était leur couple ?
- Elles s’aimaient passionnément, à un point tel qu’elles ont voulu avoir un enfant. Hélas, Tina a perdu le bébé !
- Kit, vous auriez pu me dire cela plus tôt ! Perdre un enfant est une véritable tragédie en soi et perdre l’amour de sa vie en même temps … Je comprends mieux maintenant cette amnésie ! Alors, je vais répondre à votre question : étant donné que vous faites partie de ce passé dramatique, il n’est pas certain qu’elle vous reconnaisse ! Mais… on peut toujours essayer. Vous étiez tout de même quelqu’un de bienveillant à son égard, alors … »
« Allons Kit, l’atelier peinture ne dure pas toute la journée ! En ce moment, elle travaille sur un tableau incroyable. Je ne sais pas d’où elle tient cette technique… mais … venez le voir.
Sur un fond orangé, elle a réussi à incruster une silhouette féminine. C’est superbe ! Et puis, ce tableau vous donnera l’occasion de parler avec elle… »
Elle n’a pas le temps de terminer sa phrase que la secrétaire arrive toute essoufflée, toute excitée :
« Docteur, docteur, une Bette Porter vient d’appeler …
- Vous ne pouviez pas me la passer aussitôt !
- Non, elle était tellement pressée qu’elle a raccroché très vite. Elle m’a simplement dit qu’elle était à New York et qu’elle prenait le premier avion pour ici. Elle sera là dans peu de temps.
- Qu’en pensez-vous Kit ? Voulez-vous attendre votre sœur et vous rendre ensemble auprès de Tina ?
- Non, je vous suis, j’aimerais voir Tina seule. Encore une question cependant : dois-je lui dire que je la connais ?
- Faites comme vous le sentez. »
Les trois femmes quittent le bureau et se dirigent vers l’atelier de peinture.
Elles franchissent la porte silencieusement afin de ne pas effrayer Tina.
Celle-ci est entrain de donner le dernier coup de pinceau à son tableau. Elle est tellement absorbée qu’elle ne les a pas entendues arriver.
Le docteur toussote pour signaler leur présence.
Tina se retourne. Son regard se porte immédiatement vers Kit, vers cette personne inconnue.
Il est interrogateur, inquiet, insistant l’espace de quelques instants puis, elle cligne des yeux, secoue la tête d’un air de dire : j’ai cru … Enfin, elle se tourne vers la psy.
Ce regard et ce mouvement n’ont pas échappé aux trois femmes.
« Bonjour docteur, venez, entrez, je viens juste de terminer. Dites moi ce que vous en pensez. Distinguez-vous bien cette silhouette féminine ? Que pensez-vous de ce nom que je veux lui donner : « elle me brûle les yeux » ? »:
Puis, elle ose enfin poser cette question qui la démange depuis leur entrée dans la pièce :
« Mais … Quelle est cette personne qui vous accompagne en plus de Sophie ? »
« Tina, ne vous inquiétez pas ! Je vous présente Kit Porter, c’est mon amie. Elle est propriétaire d’un cabaret : le Planet. Elle est également chanteuse. Elle est à la recherche de nouveaux décors pour son prochain spectacle.
Je lui ai beaucoup parlé de vous, de votre travail, de votre talent. Elle a donc eu envie de venir voir …
Kit, incapable de se taire plus longtemps, coupe court à cette présentation ‘’bidon’’ et déclare, sans plus de précautions, en montrant le tableau :
« Quelle œuvre superbe Tina !
- Comment ? Qu’avez-vous dit ? Comment m’avez-vous appelé ? Tina ! Tina ? interroge Tina en se tournant aussitôt vers elle, le regard plus que jamais interrogateur, surpris. Vous me connaissez ? Qui êtes-vous ? Expliquez- moi ! Tina comment ? »
Après un coup d’œil vers la psy, suivi d’un geste d’encouragement discret de sa part, Kit se lance. C’est d’une voix mal assurée qu’elle prend la parole.
« Oui, Tina. Tina Kennard, c’est votre nom. Je vous connais depuis quelques années …
- Racontez-moi, s’il vous plait, répond l’artiste impatiente, si vous saviez comme j’ai hâte de sortir de cet état, de savoir qui je suis, de retrouver tous mes souvenirs, de savoir ce qu’il m’est arrivé …
- Doucement Tina, allons dans votre chambre, nous y serons plus à l’aise pour poursuivre ! »
Impatiente d’apprendre, de découvrir enfin qui elle est, ce qui lui est arrivé, d’où elle vient, Tina nettoie rapidement ses pinceaux, range son matériel en un clin d’œil et se saisit de son chiffon informe. Elle est heureuse, malgré tout, on perçoit chez elle une certaine fébrilité dans ses gestes.
« Voilà, je suis prête ! » déclare-t-elle. Un sourire lumineux éclaire son visage si triste jusque là.
Tandis que l’infirmière accompagne Tina vers sa chambre, Kit retient la psy discrètement en lui prenant la main.
« Docteur, croyez-vous que j’ai bien agi en précipitant ainsi les choses ?
_ Oui, pour moi, cela ne fait aucun doute ! Elle est prête à tout entendre.
Avez-vous remarqué comment elle vous a regardée ? Votre visage lui a paru familier. Elle a cherché en vain dans ses souvenirs ! Dans sa tête, je pense qu’elle est toute proche de la vérité. Il lui manque juste les mots clés pour que tout revienne.
Et puis, ce tableau : n’est-ce pas inconsciemment qu’elle a peint cette femme ? N’est-elle pas celle qu’elle recherche depuis tant de jours ? Pas d’ hésitation, venez, rattrapons les ! »
Quand elles arrivent dans la pièce, Tina est déjà confortablement installée sur le lit, le dos calé par des oreillers et la tête appuyée contre le bois de lit. Elle est magnifique dans cette position. Son corps a retrouvé toutes ses jolies formes. Elle semble en possession de tous ses moyens. Si ce n’était cette amnésie qui gâche tout ! Ses yeux ont retrouvé tout leur éclat. Son regard vif pétille d’impatience.
L’infirmière est là aussi, assise sur une chaise, tout près du lit, prête à intervenir au cas où Tina ne supporterait pas ce qu’elle va entendre.
A peine entrées, Kit et la psy n’ont même pas le temps de s’assoir que Tina les interpelle.
« S’il vous plait, Kit Je suis prête à tout entendre ! »
Malgré cette apparence sereine, en son for intérieur, elle se pose mille questions sur ce qu’elle a bien pu faire, quels traumatismes l’ont conduite à cette absence de souvenirs bien localisés dans le temps. Elle se souvient de plein de détails de sa vie d’avant et d’après cette période. En particulier, tout ce qui concerne sa présence dans cet hôpital.
« Pourquoi ai-je été retrouvée errant sur cette route, seule, complètement perdue, la robe déchirée et un pied sans chaussure ? J’étais paniquée, incapable de dire mon nom à cette automobiliste qui m’a aidée. Grâce aux soins attentifs de l’infirmière et des docteurs, j’ai retrouvé ma forme physique mais toujours pas la cause de ces instants bien particuliers. Et, je ne sais toujours pas qui est cette « Bette » que je réclamais tant à mon arrivée ici. J’imagine que Kit va m’aider à progresser, je le sens. Cette femme porte la bonté sur ce visage et … comme elle me connaît… je n’ai plus qu’à l’écouter, qu’à l’interroger ! »
« Kit, s’il sous plait ! Je vous écoute. Si vous saviez comme je suis impatiente … Racontez-moi tout ce que vous savez. »
Devant un tel désir, Kit ne peut plus reculer. Elle se rapproche au plus près d’elle, lui prend la main et, après un dernier coup d’œil vers la psy, elle commence à raconter.
« Tu es bien Tina Kennard. Tu travaillais pour une association qui venait en aide à des enfants démunis.
Tu vivais depuis huit ans en couple avec ma petite sœur : Bette Porter. »
Devant le regard plus qu’intrusif de Tina, Kit rajoute :
« Oui, tu as bien entendu, cette Bette que tu appelles si souvent est bien la même.
- Où est-elle ? Si nous formions un couple, c’est que nous nous aimions. Alors ? Pourquoi n’est-elle pas ici, à mes côtés, pour m’aider ? Je ne comprends toujours pas. Lui serait-il arrivé malheur ? Est-ce pour cela que j’ai perdu la mémoire ? Je n’ai pas supporté sa disparition ?
- Non Tina, non, simplement vous vous êtes violemment disputées …
- A quel propos ?_
- Je... je ne sais pas exactement, bafouille Kit soudain mal à l'aise, toujours est-il que tu as quitté la maison en claquant la porte… Bette est partie à ta recherche…
« Si tu lui disais la vérité Kit. » l’interrompt soudain une voix à peine audible.
Chacune se retourne alors vers celle qui a ainsi osé couper la parole à Kit.
C’est Bette.
Bette qui est arrivée là depuis un moment. Elle se tient sur le pas de la porte, émue aux larmes de retrouver son bel amour. Toute à son admiration pour Tina, toute à son immense bonheur de l’avoir enfin devant elle, elle a voulu prolonger cet instant miraculeux et a laissé sa sœur parler.
Mais devant le mensonge de Kit, elle se devait d’intervenir, de dire sa faute, sa responsabilité, de reconnaître sa conduite indigne.
« Oui Tina, je suis Bette. Je t’aime, je t’ai toujours aimée. Hélas, un jour, je t’ai trompée avec Candace. Tu l’as découvert. C’est pourquoi tu es partie en claquant la porte. Je ne sais pas si tu pourras me pardonner. Je le souhaite de tout mon cœur, de toute mon âme. » déclare-t-elle en regardant Tina.
A la vue de la nouvelle venue, Tina se met à pleurer, à sangloter.
_ Bette, oh Bette ! Si tu savais …
_ Tu m’as reconnue alors ?
_ Oui, rien que t’entendre ta voix et puis … quand je t’ai vue, mon corps s’est tendu vers toi. J’ai tout retrouvé d’un coup : tes yeux et leur regard, tes lèvres, ton corps, ta beauté et cette voix qui prenait un ton si particulier quand tu t’adressais à moi. Tout en moi n’était que frémissement, désir de me blottir dans tes bras, désir de sentir leur chaleur et ton amour m’envelopper ! Oui, je t’ai reconnue ma chérie.
_ Tes souvenirs sont revenus alors ?
_ Hélas pour moi, répond une Tina totalement désemparée. Si tu savais …
Des souvenirs terribles semblent lui revenir en même temps que l’apparition de Bette.