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Série : The L Word
Création : 11.11.2016 à 17h39
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Cette fiction me trottait dans la tête depuis fort lontemps
Cette fanfic compte déjà 78 paragraphes
Tina se lève d’un bond, bousculant au passage l’infirmière et Kit, une Kit médusée par ce retour inattendu de sa jeune soeur.
Puis, elle se précipite dans les bras de Bette.
Celle-ci pose doucement sa main derrière sa tête et, d’un geste plein de tendresse, elle la pousse doucement vers son épaule.
Tina ferme les yeux, soupire et se serre contre elle …
Pas besoin de mots …
Elles restent ainsi, un long moment, étroitement enlacées, en silence, appréciant au plus haut point ce corps à corps intense.
Puis, Tina relève la tête :
« Si tu savais Bette …
_ Chut, ma chérie, chut, tu me raconteras plus tard. »
Elle étreint Tina encore plus fort. Elle aussi savoure intensément cette présence dans ses bras. Elle aussi ferme les yeux pour mieux ressentir ce bonheur de la sentir là, si près. Des larmes perlent au bord de ses paupières. Elle aimerait que cet instant ne s’interrompe jamais.
Devant un tel bonheur, la psy fait un signe discret à Kit et à l’infirmière. Elles se lèvent et s’apprêtent à quitter la chambre pour laisser le couple tout à ses retrouvailles.
Tina a perçu ce mouvement.
« Non, restez, s’il vous plait. Je vais vous raconter ce dont je me souviens maintenant. Et vous docteur, vous pourrez me dire ce que vous en pensez. Mais, je vous en prie, asseyons - nous. »
Chacune s’installe.
Bette et Tina, l’une à côté de l’autre, se tiennent par la main.
« Voilà. Ce fameux soir, je suis donc sortie de la maison en claquant la porte sous l’effet de la colère. J’étais anéantie. Je ne m’étais rendue compte de rien. Tu m’avais bernée honteusement Bette. Et moi qui croyais que c’était ton exposition qui te fatiguait alors que c’étaient les remords, la gêne de me mentir qui te rendaient si différente. Je n’avais plus qu’une envie, fuir cet endroit maudit, courir chez Alice et lui raconter ce qui venait de se passer. J’étais certaine de trouver auprès d’elle une oreille attentive et beaucoup de soutien.
Je courais donc.
La colère me donnait des ailes, en même temps, je n’arrêtais pas de maugréer contre toi Bette. Je parlais tout haut, prenant le ciel à témoin de mon malheur avec de grands gestes un peu désordonnés.
J’allais comme un zombie sans me soucier du lieu où j’étais.
Arrivée à un carrefour, j’ai voulu traverser …
Première version
Hélas, je n’ai rien regardé, ni à gauche ni à droite.
Une voiture m’a percutée et projetée brutalement sur la chaussée.
Le conducteur a marqué un temps d’arrêt, indécis quant à savoir ce qu’il devait faire puis il s’est remis en marche, m'abandonnant purement et simplement !
A peine avait-il roulé quelques mètres qu’il a reculé, pris de remords sans doute. Il aurait très bien pu s’enfuir, la rue étant déserte à cette heure tardive. Il est sorti de sa voiture, m’a chargée sur la banquette arrière, sans ménagement, pressé sans doute de quitter cet endroit.. J’ai perdu connaissance à ce moment là.
A-t-il eu peur des conséquences de cet accident, je ne le saurai jamais. D’ailleurs, je serai bien incapable de le décrire et encore moins de dire la marque de sa voiture.
Toujours est-il que, quand je me suis réveillée, après je ne sais combien de temps, j’étais allongée sur une paillasse dans une masure délabrée …
Je me suis levée, péniblement. J’avais mal partout mais je pouvais marcher. J'étais un peu" groggy".
Quand je suis sortie de là, j’ai constaté que la cabane était en pleine forêt. J’étais perdue.
Découragée, je suis retournée dans la cabane pour réfléchir.
C’est à ce moment là que je me suis rendue compte que je ne me souvenais de rien !
Ni comment j’étais arrivée là ni comment je m’appelais ni où j’habitais ni quelle profession j’exerçais ! Rien ! Je ne savais même plus si j’avais des amis. Tout avait disparu de ma mémoire !
Seul ce morceau de tissu me restait de mon passé. Je le saisis et c’est à cet instant qu’un mot a résonné dans ma tête : Bette !
Qui était cette Bette, je n’en n’avais pas la moindre idée.
C’est alors que Kit intervient.
« D’où sortais-tu ce foulard ?
_ Je ne sais pas. J’ai dû le prendre machinalement en quittant la maison car je n’en n’ai aucun souvenir. Il a été bien malmené. Il est tombé sur la chaussée. Je ne l’ai retrouvé qu’en sortant la première fois de cette masure. Il gisait par terre, dans la gadoue. J’aurais pu le laisser là mais je ne sais quelle intuition m’a poussée à le ramasser. Depuis, il me suit partout. C’est un peu grâce à lui si je n’ai pas tout perdu de mes souvenirs ! »
Après ses explications, Tina poursuit son récit.
Sous le choc de cette découverte, totalement paniquée, je m’effondrai en larmes sur cette paillasse.
Je pleurai, pleurai et je dus m’endormir.
Quand je me suis réveillée, le soleil illuminait ce lieu macabre. Je laissais sa douce chaleur me caresser, me réchauffer un instant. Soudain, je me sentais mieux mais surtout, je crois que j’avais faim.
C’est cela qui m’a fait quitter cette baraque, qui m’a poussée dehors. »
Tout au long de ce récit, on pouvait voir Bette s’effondrer sur sa chaise. Elle était responsable de ce drame et ne pouvait plus le supporter.
C’est en pleurs qu’elle s’agenouille devant Tina :
« Ma chérie, pourras-tu me pardonner un jour ?
- Relève toi Bette, je t’en prie. »
Puis, se tournant vers la psy :
« Croyez-vous docteur que c’est de me trouver ainsi perdue en pleine forêt qui m’a fait perdre la mémoire ?
- Non Tina, je pense qu’au cours du choc avec la voiture votre tête a certainement heurté lourdement la chaussée. Mais, continuez s’il vous plait. »
Tina se serre contre Bette pour terminer son récit.
« Je vous disais donc que c’était certainement la faim qui m’avait donné le courage de sortir. Je marchais à travers la forêt à la recherche d’un chemin, d’une route. C’est alors que je me suis rendue compte qu’il me manquait une chaussure et que j’avais une robe déchirée sur le dos.
De nouveau, je me posai un tas de questions ; qui m’avait mise dans cet état ? La panique était de retour. Evidemment, je ne trouvai aucune réponse.
Je repris ma marche, cahin-caha, et je finis par aboutir sur cette route où m’a découverte cette automobiliste si aimable.
Quand je repense à cela, je me dis que j’ai dû lui faire vraiment peur !
2 ème version
Arrivée à un carrefour, tojours aussi indifférente aux choses alentour, je m'élançai sans me soucier de la circulation.
Un crissement de freins retentissant me sortit de cet état second.
Je regardai autour de moi, totalement hébétée. J’étais au beau milieu d’un carrefour, une voiture stoppée net à cinquante centimètres de mes jambes.
Une femme au volant me faisait de grands signes de mécontentement et me traitait de tous les noms possibles et imaginables … Elle était très en colère.
Elle sortit de son véhicule, toujours aussi furieuse tandis que je restai figée sur place.
Elle s’approcha de moi, l’air méchant, prête à renouveler ses injures, prête à me secouer mais un sourire bizarre apparut soudain sur ses lèvres.
C’est d’une voix mielleuse qu’elle m’adressa la parole.
« Mais … vous êtes Tina Kennard, la petite amie de Bette Porter ! Que faites-vous ainsi plantée en plein carrefour avec cet air égaré ? Il s’en est fallu de peu pour que je vous écrase. Heureusement que j’ai de bons freins et de bons réflexes ! »
Tina continue le récit de ses souvenirs sous le regard médusé de ses auditrices.
« Qui était-ce ? raconte Tina ! »
Et la jeune femme poursuit son histoire.
« Je l’avais reconnue aussi. J’avais eu l’occasion de la croiser quand Bette donnait des conférences au musée sur tel ou tel artiste. Mme Peabody était toujours présente, sa fille l’accompagnait parfois.
Bette et Mme Peabody pouvaient discuter, échanger, parler pendant de longs moments. Elles étaient toutes deux des passionnées d’art sous toutes ses formes. Par contre, sa fille Helena semblait s’ennuyer à mourir et n’appréciait pas du tout cette estime que sa mère éprouvait envers toi, Bette. De les voir ainsi sur un même pied d’égalité, lui faisait découvrir son ignorance dans ce domaine.
- C’était Helena dans la voiture ? l’interrompit Bette d’un ton inquiet.
- Oui. Je lui racontai ce qui venait de se passer entre nous et ce que je voulais faire. Je pouvais lire sur son visage une drôle d’expression…
- Montez, me dit-elle, je vous y conduis. »
Je lui trouvais bien un air bizarre mais je montais tout de même dans la voiture. Je m’installai à côté d’elle. J’étais loin d’imaginer ce qui allait se passer.
Sitôt les portières fermées, les ceintures à peine attachées, elle démarra en trombe mais … pas du tout en direction de la maison d’Alice.
Elle filait droit devant elle sans me regarder.
Je commençai à flipper. Où m’emmenait-elle ? Dans quel but ?
Je n’eus pas longtemps à attendre.
Elle éclata d’un rire sardonique et déclara d’un ton froid qui me glaça le cœur :
« Ah ! Ah ! Je tiens ma revanche sur la grande Bette Porter. Elle n’est pas prête de te revoir ! Je te conduis loin d’ici. Voilà des nuits que je cherche comment la punir de m’avoir volé l’affection de ma mère. Elle ne jure plus que par elle… Elle ne me voit même plus … Bien sûr, j’ai tout l’argent que je veux mais, de temps en temps, j’aimerais qu’elle s’adresse à moi avec le même regard d’admiration qu’elle a pour TA Bette. Alors, l'occasion était trop belle de réaliser ce rêve ! Je n'allais pas la manquer !
Elle dit cela, ou plutôt elle cracha cela avec tellement de haine pour toi ma chérie que je pris peur.
Et de nouveau, son rire méchant remplit l'habitacle.
Sans même s’apercevoir de l’effroi que ses paroles venaient de faire naître en moi, elle continua sa diatribe haineuse.
« Je t’enlève à elle. Elle ne te reverra jamais ! »
De nouveau, elle éclata de son rire démoniaque, heureuse de tenir enfin sa vengeance pour toutes les humiliations subies.
De plus en plus paniquée, je n’avais plus qu’une idée : quitter cette voiture au plus vite !
Je guettais la route, une main sur la poignée de la portière, prête à sauter au moindre ralentissement.
L’occasion finit par se présenter, j’ouvris la portière et je sautai. Malheureusement, le foulard était coincé dans la portière. En tombant, je le tirai si fort qu’il se déchira. Je tombai brutalement sur la chaussée. Ma tête heurta le sol. Je restai immobile quelques instants.
Effrayée par ce qu’elle était entrain de faire, elle ne s’arrêta pas et prit la fuite.
Je me relevai péniblement. Heureusement, je n’avais rien de casser, juste quelques égratignures et il me manquait une chaussure. Elle avait dû rester dans la voiture. Et le foulard était dans un piteux état. Tant pis. Il m’était trop précieux pour que je m’en débarrasse.
Je décidai de marcher, d’aller … mais … aller où ? Soudain, je me rendis compte que je ne me souvenais de rien, que je ne savais plus rien de moi.
Un seul mot me revenait sans cesse en mémoire : « Bette, Bette … » répétais-je sans cesse en triturant ce morceau de tissu.
Vous connaissez la suite. C’est grâce à cette automobiliste que je suis ici aujourd’hui.
Au fur et à mesure de ce récit, on pouvait lire sur le visage si expressif de Bette tout ce qu’elle ressentait : surprise, désarroi, culpabilité, la haine enfin pour cette Helena qui, non seulement l’avait privé de son travail mais allait lui enlever l’amour de sa vie.
Quand Tina eut terminé, elle la tenait si serrée contre elle qu’elle avait du mal à se défaire de cette étreinte.
« Si tu savais Tina comme je m’en veux ! Par ma faute, tu as failli mourir ! Pourras-tu un jour me pardonner ce moment d’égarement ? Je sais que ce sera difficile pour toi. Je ne sais pas ce que ce que j’ai cru voir en toi, je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête. J’ai cru que tu ne m’aimais plus ! Surtout, ne crois pas que je cherche des excuses. Je n’en ai aucune ! Je comprendrai parfaitement qu’il te faille du temps … mais ne me quitte pas, je t’en prie.
- Bette, ma chérie, c’est fini ! Je suis là, dans tes bras, totalement hors de danger. Alors, si tu pouvais desserrer un peu ton étreinte, je pourrai me retourner et t’embrasser. Nos baisers me manquent …
Et se tournant vers le docteur, elle ajoute :
« Je ne vous remercierai jamais assez d’avoir pris soin de moi comme vous l’avez fait …
- C’est surtout cette automobiliste qu’il faut remercier. Sans sa présence d’esprit que serait-il advenu de vous ? » répond le docteur avec un large sourire.