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Série : The L Word
Création : 11.11.2016 à 17h39
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Cette fiction me trottait dans la tête depuis fort lontemps
Cette fanfic compte déjà 78 paragraphes
Kit qui, jusque là, est restée muette d’étonnement, se précipite vers Tina pour la prendre dans ses bras à son tour et l’embrasser.
« Si tu savais comme je me suis fait du souci pour toi et combien j’en ai voulu à Bette d’avoir agi ainsi …
Elle a à peine le temps de finir sa phrase que la porte s’ouvre sur Alice et Shane.
Elles aussi restent un moment surprises et silencieuses.
Elles ne s’attendaient pas à trouver Bette en ces lieux et encore moins une Tina, apparemment guérie, souriante, tendrement enlacée par Bette.
C’est Alice qui conclue comme d’habitude :
« Vive vous ! Vive l’amour ! »
« Docteur, serez-vous d’accord si j’emmène Tina à la maison ? demande Bette inquiète de la réponse
_ Oui, mais Tina doit d’abord signer quelques papiers et j’aimerais la revoir dans quelques jours. Mais, avant que vous ne quittiez cet établissement, puis-je à mon tour vous poser une question ?
_ Bien sûr !
_ Que comptez-vous faire du magnifique tableau réalisé en atelier thérapeutique ?
_ Je crois qu’il m’a beaucoup aidée alors je vous le laisse. Peut-être pourra-t-il aider d’autres personnes.
_ Merci. »
Et, se tournant vers Bette, les yeux remplis d’amour, elle lui chuchote à l’oreille :
« Pourrait-on s’éclipser tranquillement, couper court à toutes ces embrassades, échapper aux commentaires d’Alice et de Shane, tout simplement rentrer chez nous ? En ce moment, je n’ai qu’une envie : me retrouver seule avec toi ! depuis le temps que je te cherchais, que je t’appelais, j’ai besoin de me sentir bien dans tes bras mais … seulement nous deux ! »
Hélas pour elle, Shane arrive à son tour auprès de Bette.
« Je suis si contente pour toi, pour vous deux. Je suis heureuse de constater que l’amour, le véritable amour peut pardonner. Je savais que votre amour était toujours là, enfoui quelque part, indestructible. Je savais que cette mauvaise histoire avec Candace …
- Shane ! Boucle là ! l’interrompt brutalement Alice d’un ton sec, autoritaire. Tu vois bien que la situation est apaisée, alors, pourquoi ranimer de mauvais souvenirs ? »
Shane ne sait plus quelle attitude adopter après cette énorme bourde.
Le temps qu’elle trouve une excuse à ses propos maladroits, Tina a déjà réagi.
S’en est trop pour elle, elle repousse Bette et quitte ses bras précipitamment.
« C’est vrai, tu m’as trompée ! J’étais tellement contente d’avoir retrouvé la mémoire, tellement heureuse que, pendant un instant, j’ai occulté la cause de cette dispute et de ses conséquences qui auraient pu être tellement désastreuses pour moi ! »
D’un geste rageur, elle repousse Bette, se dirige vers la porte de la chambre et quitte la pièce en claquant la porte derrière elle.
Elle est en larmes, blessée à nouveau au plus profond d’elle-même.
« Comment Bette a-t-elle pu me tromper ainsi ? N’ai-je pas toujours été là pour elle depuis toutes ces années ? »
Soudain lui revient en mémoire un épisode de leur vie commune qu’elle avait totalement oublié.
« Oui, je me souviens maintenant. Je n’ai pas toujours été honnête et loyale avec Bette. J’ai triché avec mes sentiments vis-à-vis d’elle. Je suis allée « tchater » sur la toile avec un homme et cela m’a procuré du plaisir !
Après, pendant une certaine période, j’ai connu un moment de doute. Je ne savais plus qui j’étais, où j’allais, vers qui me tourner. Mille questions me hantaient. Je n’étais plus très présente pour elle. Allais-je la quitter pour un homme ?
Avec son sixième sens, sa sensibilité incroyable, elle a dû sentir ce trouble en moi. Elle a dû s’apercevoir de ma froideur envers elle. Je me laissais caresser, embrasser mais je n’étais pas vraiment là. Je me demandais l’effet que ces caresses, faites avec des mains d’homme, auraient sur moi.
Et cela, au moment de cette exposition si controversée ! »
Pendant ce temps, dans la chambre de l’hôpital abandonnée par Tina, c’est la désolation.
Prostrée dans un coin, Bette ne cesse de pleurer. Cette fuite aussi soudaine qu’imprévue l’a totalement anéantie.
Shane est auprès d’elle, bourrée de remords. Elle essaye, vainement, par de douces paroles, par des excuses murmurées à son oreille, de se faire pardonner cette maladresse inhabituelle de sa part.
« Bette, pardonne - moi cette stupidité. Que pourrais-je bien faire pour t’aider ?
- Hélas Shane, je crois que tu n’y peux rien, De toutes façons, je pense que Tina aurait fini par me reprocher cette tromperie, alors, maintenant ou plus tard … »
Et de nouveau, le chagrin l’envahit.
De son côté, Alice n’arrête pas de reprocher à Shane cette parole malencontreuse qui a de nouveau séparée les deux amantes alors qu’elle était certaine, en entrant dans la pièce tout à l’heure, que leur amour était plus fort que tout !
Quant à Kit, elle est triste à la fois pour sa sœur et à la fois pour Tina. Elle était si heureuse de voir leur couple reformé. De les voir dans les bras l’une de l’autre, aussi étroitement enlacées, lui avait fait énormément plaisir. Et maintenant, elle ne sait plus quoi faire, elle est totalement désemparée devant la détresse de Bette. Elle se tourne vers la psy, l’œil interrogateur.
« Kit, ressaisissez-vous. Tina ne doit pas être loin. Je comprends la réaction de Bette mais aussi celle de Tina. Alors, un conseil, filez vite à sa recherche ! Sophie va vous accompagner, elle connaît bien le bâtiment. »
La psy n’a pas terminé de donner ses conseils que déjà Shane et Alice se sont levées d’un bond et filent vers la porte, suivies de près par l’infirmière qui va les guider dans ce dédale de couloirs inconnus pour elles.
Kit fait mine de les accompagner afin de joindre ses efforts aux leurs. Elle n’en peut plus de voir le désespoir de Bette. Mais Alice, d’un regard ferme et sans équivoque, lui fait comprendre que sa place est ici, auprès de sa sœur.
Elle se rapproche de Bette, passe son bras autour de ses épaules.
« Ainsi tu l’aimes vraiment ! Mais … pourquoi as-tu agi ainsi, je ne te comprends pas ?
_ Oui, je l’aime toujours, d’un amour infini, ma vie sans elle n’a aucun sens. Si tu savais combien je regrette de l’avoir trompée. Je ne sais pas ce qui m’a pris, lui répond Bette entre deux sanglots. Et maintenant, je crois que c’est définitivement terminé entre nous deux. Cela fait d’autant plus mal que tout à l’heure, elle m’avait reconnue, elle était blottie dans mes bras. Nos deux corps s’étaient retrouvés. Nos deux cœurs battaient à l’unisson. J’étais incroyablement heureuse, tellement contente de la sentir tout contre moi … »
Et, se tournant, l’air misérable, pitoyable, vers la psy.
« Croyez-vous qu’elle me hait vraiment ? Répondez-moi franchement, vous qui la connaissez bien maintenant, vous pouvez me le dire. »
Après un long moment de réflexion, la psy finit par répondre à la question de Bette.
« Bette, examinons clairement les faits que nous connaissons et posons-nous certaines questions.
1/ Pourquoi Tina a-t-elle trainé partout avec elle et dans toutes les circonstances qu’elle a vécues, cet infâme chiffon en le humant sans cesse, en le triturant, en lui parlant, en l’appelant de votre prénom, pourquoi, pour moi c’est une preuve d’amour.
2/Pourquoi dans cet atelier de peinture s’est-elle acharnée pendant si longtemps à faire surgir cette incroyable silhouette de femme si ce n’est parce qu’elle vous cherchait, parce qu’elle vous aime ?
3/Pourquoi dès que vous êtes apparue sur le seuil de cette porte, pourquoi dès qu’elle a entendu le son de votre voix s’est-elle précipitée ainsi dans vos bras, se serrant au plus près de vous, avouant elle-même qu’elle vous avait reconnue, non seulement de ses yeux mais de tous ses sens, de tout son corps … ?
Si tout cela n’est pas de l’amour que l’on vienne me prouver le contraire ! Elle vous aime, c’est certain, mais il lui faudra sans doute du temps, combien, je n’en sais rien. Il vous faudra de la patience avant qu’elle ne retrouve toute sa confiance en vous, en votre amour, vous l’avez tout de même trompée !
Pour l’heure, l’important , c’est de la retrouver.
Pendant le long discours de la psy, Alice, Shane et l’infirmière sont de retour dans la chambre.
A voir leur air désolé, leur mine déconfite, on comprend vite que leurs recherches ont été vaines ! Une fois de plus, Tina a réussi à disparaître !
Bette, qui avait repris espoir après l’argumentation du docteur, s’effondre à nouveau.
« Cette fois, c’est bien fini ! murmure-t-elle entre ses dents, je n’ai que ce que je mérite. Mais … comme ça fait mal. »
Résignée, à bout de forces, elle finit par se lever. Elle essuie ses larmes. Elle se redresse et se tourne vers Kit avec un visage si triste que les autres ont mal pour elle.
« Ne perds pas courage, nous allons encore la chercher.
- Si vous voulez, mais là, je n’en peux plus. Voilà des jours que je ne dors plus. Et puis, je viens de passer je ne sais combien d’heures en avion afin d’être ici le plus rapidement possible après avoir vu cet appel à la télévision. Et puis, toutes ses émotions en si peu de temps … »
Et se tournant vers sa sœur :
« Je suppose que tu es venue en voiture, alors, s’il te plait, emmène moi chez moi, dans ce lieu qui était, il n’y a pas si longtemps encore, notre maison à Tina et à moi. Il faut que je me repose, que je retrouve des idées claires, que je réfléchisse à tout cela.
- Veux-tu que nous venions te tenir compagnie ? demandent les filles.
- Non, vous êtes gentilles mais j’ai besoin d’être seule. »
Et se tournant vers le docteur !
« Je vous remercie pour tout, pour les bons soins que vous avez prodigués à Tina, pour votre gentillesse, pour vos bons conseils. Je m’en vais, je ne voudrais pas abuser de votre temps.
- Tenez-moi au courant si vous avez de ses nouvelles et surtout, il faudrait qu’elle vienne signer ces fameux papiers de sortie.
- Nous allons la retrouver docteur, promis, jurent en chœur Alice et Shane, elle ne doit pas être loin ! Si tu n’as pas besoin de nous Bette, nous y allons de ce pas. Au revoir docteur. »
Elles quittent la pièce sans plus tarder, rester un moment de plus devant leur amie aussi désemparée et résolue à la fois, résignée même, leur fait mal.
Bette prend les quelques affaires appartenant à Tina et attrape au passage ce fameux « chiffon » resté là, bien en évidence, comme si Tina avait voulu lui signifier que tout était définitivement terminé, que la page « Bette » était tournée.
« On y va Kit ? »
Pendant un long moment, le trajet du retour s’effectue dans le plus grand silence.
Kit est concentrée sur la conduite de sa voiture, la circulation est dense à cette heure-ci.
Quant à Bette, enfoncée dans son siège, elle est perdue dans ses pensées, loin de cet endroit.
« Finalement, je crois que je vais prendre le premier avion pour l’Europe. Je vais retrouver Kelly à Paris et, qui sait, si l’occasion se présente, je pourrais peut-être y ouvrir une galerie. Je n’ai plus rien à faire ici, j’ai tout perdu ! »
Ne supportant plus ce long silence, Kit se tourne vers elle.
« Que se passe-t-il Bette ? Parle-moi, je n’aime pas te voir ainsi.
- J’étais entrain de penser que j’allais quitter le pays pour m’installer en Europe. Je crois que Tina a fait son choix et ne fera pas marche arrière.
- Tu n’y penses pas sérieusement ! Et si tu te trompais ? Et si Tina revenait ?
- Je n’y crois pas une seule seconde, tu as bien vu sa réaction, alors, à quoi bon me faire encore des illusions ! »
Et chacune retombe dans son mutisme.
Enfin, la voiture arrive devant la maison de Bette.
Kit arrête le moteur et s’apprête à descendre pour accompagner sa sœur jusque là et l’aider à décharger ses affaires.
« Non Kit, merci, je vais me débrouiller. Retourne vite au Planet t’occuper de tes clients et préparer ton nouveau concert. Je te téléphonerai. »
Elle empoigne sa valise et ses sacs. Elle arrive devant la porte, l’ouvre.
Et, quelle n’est pas sa surprise : une bonne odeur de café l’accueille.
« Y a quelqu’un ? Shane, c’est toi qui as eu cette bonne idée ? Montre-toi. »
Pas de réponse. Elle pose ses bagages à même le sol et se dirige vers la cuisine.
En traversant le salon, son œil est attiré par une forme bizarre reposant sur le canapé. Dans la pénombre, elle a du mal à reconnaître la personne.
Elle s’approche, s’approche encore…