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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : The L Word
Création : 16.12.2018 à 11h11
Auteur : Milaie69
Statut : Terminée
Je crois que je n'ai plus besoin de spécifier de quel couple il s'agit...
Cette fanfic compte déjà 103 paragraphes
Bette avait aidé sa fille à déballer ses affaires dans sa chambre, elle lui avait accroché tous ses cadres et tableaux au mur et lui avait même donné un coup de main pour changer les meubles de place.
Le soir, elles s’étaient fait livrer thaïlandais, leur nourriture de prédilection.
“-Maman B., ça ne te dérange pas si j’utilise un peu ma chambre avant que tu ailles te coucher?
-Ne t’en fais pas crapaud! Votre canapé s’ouvre, je dormirais dessus!
-Non mais je t’avais promis mon lit.
-Je devrais m’en remettre ma chérie!”
Angie, embrassa ses mères, excitée à l’idée de passer la nuit dans sa chambre. Bette débarrassa la table et se mit sur la petite terrasse pendant que Tina préparait le thé. Elles avaient oublié à quel point elles se complétaient, pour quelques raisons que ce soit et combien ça leur était agréable. Confortablement installées, les deux femmes regardaient le soleil se coucher.
“-Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas Tina mais…
-Mais?
-Je comprends qu’il soit en colère. Il est amoureux et je ne peux pas lui en vouloir, j’ai bien cru mourir quand tu m’as quitté…
-Tu es vraiment entrain de me parler des sentiments d’Henry là ou je rêve?
-Crois-moi, je m’en passerai bien, je ne crois pas qu’il ai eu des scrupules à faire ce qu’il a fait dans mon dos mais… Je sais ce qu’il ressent et c’est dure de se battre contre les désirs de l’être aimé. Je me suis revue il y a dix ans quand tu m’as dit que tu ressentais des choses pour les hommes… Je ne pouvais absolument rien faire contre ça! C’est là où je te dis que je le comprends. L’impuissance est un sentiment vraiment destructeur.”
Tina ne la regardait pas, elle continuait de boire son thé en regardant le paysage. Même si les paroles de Bette résonnaient dans son esprit, il était difficile pour elle de lui dire le fond de sa pensée.
“-Tu sais Betty, j’ai passé presque dix ans à me mentir, à me refuser d’être la personne que j’étais vraiment tout ça parce que, durant quelques temps, je me suis posée des questions…
-C’est à dire?
-J’ai foutu toute ma vie en l’air parce que j’ai cru ressentir une attirance chez les hommes. Mais en fait pas du tout! J’ai simplement eu la trouille! La trouille parce qu’on traversait toutes les deux une phase horrible qu’est la routine et quand je m’en suis rendue compte, tu avais déjà rencontré Jodie et tu t’apprêtais à partir pour New-York!
-Mais pourquoi tu ne m’en as pas parlé?
-Parce que je ne m’en sentais pas le droit! Je ne pouvais pas te dire une chose pareille alors que je t’avais fait souffrir pendant des mois et que tu venais de rencontrer quelqu’un… Après ça, j’ai du faire mon deuil de toi…
-...
-Et je t’ai revu au chalet! Et là, quand tu es arrivée, pleine d’assurance, épanouie… Je me suis revue dans ta galerie, la première fois, j’en suis devenue presque frêle, je ne pourrais pas t’expliquer l’effet que tu m’as fait…”
Tina continuait de parler sur ce qu’elle avait ressentie lorsqu’elles s’étaient revue deux semaines auparavant, mais Bette n’entendait plus rien. Elle se leva de sa chaise et partit d’un pas sûr vers la blonde et l’embrassa, de toutes ses forces, comme si c’était la dernière fois. Leur baiser fut plein de passion et en même temps rempli de tendresse.
“-Dors avec moi ce soir Bette…
-Et Angie?
-On mettra le réveil et tu iras dans le salon.
-D’accord!”
Tina était partie prendre sa douche dans la suite tandis que Bette l’avait prise dans l’autre salle de bain. Elles s’étaient mise en pyjama chacune de leur côté. Tina était dans le lit, avec la veilleuse comme seule source de lumière. Bette entra dans la chambre et la vit, allongée.
“-Toujours le côté droit à ce que je vois…
-Et oui toujours!”
Elle glissa sous les draps et attrapa la blonde, qui n’émettait aucune résistance. Elle plongea son nez au creux de sa nuque, la respirant à plein poumons et embrassa son épaule. Tina se retourna et lui baisa le nez.
“-Je suis contente que tu sois la première à dormir dans ce lit avec moi…
-Tiens donc! Tu comptes nous faire défiler?” Elle se mit à rire et reprit “C’est un honneur d’inaugurer ton lit…
-T’es bête! Tu sais très bien ce que je voulais dire!
-Oh oui! Même l’idiot du village l’a comprit…”
Tina s’approcha un peu plus d’elle, se mordant les lèvres. Ses mains parcouraient les fesses de la brune, puis s’insinuèrent sous son t-shirt pour atterrir sur ses seins. Elle souleva son haut et les prirent à pleine bouche. Bette fut immédiatement excitée par ses caresses et se laissa faire mais fut ramener à la raison.
“-Angie! Elle pourrait nous entendre…”
Coupée dans son élan, la blonde ne savait pas trop comment réagir. Elle avait une envie d’elle inexplicable, comme à chaque fois qu’elle se retrouvait dans la même pièce qu’elle mais en même temps, elle savait qu'elle avait raison.
“-Ok, J’arrête! c’est juste que de t’avoir dans mon lit me...Ca me rend folle!
-Crois-moi, dans d’autres circonstances... “Elle souleva la couverture pour admirer ce qu’elle ne possèderait pas ce soir puis la recouvra. “Avec Angie, juste à côté… C’est borderline!”
Bette se tourna, laissant à Tina le soin de l’envelopper de ses bras et les deux femmes s’endormirent, l’une contre l’autre.
Comme convenu, le réveil avait sonné à l’aube pour que Bette puisse s’éclipser dans le salon avant que leur fille ne se lève. Mais une fois arrivée sur le canapé, le sommeil s’était envolé. Elle enfila un bas de survêtement et prit les clefs de la voiture de Tina. Sur la route du Planet, elle reçu un appel téléphonique.
“-Bette Porter!
-Salut belle brune!
-Kelly! Comment se passent tes vacances?
-Je te rappelle que MOI je n’ai pas prit de rab, je suis déjà au boulot!
-C’est vrai excuse-moi! Je rentre demain dans la journée mais j’irais directement à la galerie. On se voit toujours là-bas pour mettre au point l’expo “Assemblage”?
-En fait, il faut que tu rentres aujourd’hui.Kravitz hésite encore, il fait la diva et je pense que ça serait bien que tu finalises toi-même le contrat…
-Tu rigoles là? Mais je la paye pourquoi Maggie? Putain c’est pas vrai! Vous faites chier, c’était le dernier jour où je pouvais encore profiter de ma fille que je ne verrais pas avant au moins trois mois!
-Désolée Betty…”
Bette raccrocha subitement, excédée par la conversation. Elle arriva au Planet et vu Kit, au moment où elle s’asseyait pour prendre un café. L’endroit était désert puisqu’il n’ouvrait que deux heures plus tard. Kit aimait ce moment de quiétude, elle en profitait pour gérer le travail administratif sans être dérangée toutes les deux minutes.
“-Bonjour Kit!
-Hey p’tite soeur!Viens assieds-toi, je te sers un café?
-Au départ je venais pour ça mais je viens de recevoir un coup de fil, je dois rentrer aujourd’hui parce qu’il y a un problème avec Kravitz et son putain d’égo! Je vais devoir me séparer d’Angie plus tôt que prévu… Alors je viens juste pour te prendre de quoi petit-déjeuner avec elles et en profiter un peu plus.
-Betty, ce travail aura raison de toi! Je te préviens, tu ne pars pas sans venir me dire au revoir tu as compris?
-Je te promets! A toute à l’heure.”
En arrivant chez son ex, Bette tomba nez à nez avec sa fille qui venait tout juste de se réveiller pendant que Tina finissait de se préparer. Elle posa les cafés, le chocolat viennois et les croissants sur la table. Elle prit ensuite Angie dans ses bras et l’embrassa partout sur le visage.
“-Tu sens tellement bon mon crapaud… Tu vas me manquer!
-Il nous reste un peu de temps M’man!
-Justement… Pas tant que ça en réalité, je dois partir aujourd’hui, j’ai un problème à la galerie et cette fois-ci personne ne peut le résoudre à ma place! Alors on va prendre le petit dèj toutes les trois, on ira au Planet et puis après je me rendrais au LAX d’accord?
-Je déteste la galerie…”
Tina avait entendu la conversation et avait le coeur déchiré pour sa fille… A chaque départ, c’était la même chose. Angelica gérait mal la séparation avec Bette et les premières vingt-quatre heures, elle était vraiment triste. Elle savait qu’elle allait devoir la consoler et cette fois-ci, plus que d’habitude, puisqu’elle avait eu ses deux mères durant toutes les vacances. Elle s’approcha d’elle et s’agenouilla.
“-Tu sais bébé, je pense que même pour maman B. ça ne doit pas être facile.
-Oh non c’est sûr, je suis toute aussi triste de devoir me séparer de toi!
-C’est James qui t’as appelé?
-Non c’est Kelly mon coeur!”
Tina fut interpellée par le prénom que Bette venait de donner. Lorsque Angie revenait de New-York, elle parlait souvent d’une “Kelly” avec qui elles avaient fait certaines sorties: patinoire, cinéma, musées… Elle savait aussi qu’elle était très belle car sa fille le lui rappelait souvent. Tina avait essayé de la questionner plusieurs fois sur la nature de la relation entre cette Kelly et Bette, mais Angelica ne savait absolument rien. Toutes les trois à table, elles se faisaient la rétrospective de ces quinze derniers jours.
“-Pour les prochaines vacances, Maman T. tu pourras venir à New-York avec moi?
-Oh tu sais mon coeur, j’aurais probablement du travail et puis je ne veux pas vous déranger pendant votre semaine “Porter”!
-Ne sois pas ridicule Tina, tu ne nous dérangeras jamais! Seulement tu devras aussi dormir sur le canapé...
-Ou dans mon lit! Moi je dormirais dans le lit avec maman, sauf si Kelly revient dormir à la maison.”
Bette s’étouffa avec son café.
“-Quoi? Mais qu’est-ce que tu racontes?
-Pour Halloween, elle a dormit à la maison, je l’ai vu.
-Mais tu dormais déjà quand elle est arrivée et tu dormais encore quand elle est partie...Petite commère!”
Elle leva les yeux vers Tina qui semblait aussi gênée qu’elle puis lui sourit. Angie partit se préparer pendant que ses mères débarrassaient la table.
“-Kelly donc…
-Non mais j’te jure la petite fouine!
-Je ne savais pas que tu voyais quelqu’un!
-Mais je ne vois personne!
-D’après ta fille la “magnifique Kelly aux cheveux blonds ” vous accompagne dans vos sorties.
-Oui de temps en temps, mais James aussi!
-Je ne crois pas que James dorme avec maman B.!
-Brrr…
-Alors?
-On s’amuse un peu mais rien de plus!
-Oh mais je ne te fais pas la morale, tu es célibataire et tu as raison d’en profiter! Et puis je sais le faible que tu as pour les blondes…
-C’est bon M’man, on peut y aller!”
Sauvée par le gong. Bette n’aurait pas su se dépêtrer de la conversation avec Tina sans l’intervention d’Angie. Elle rassembla ses affaires et toutes les trois prirent le chemin du Planet.
"-Tataaaaa!
-HEYY mon petit ange! Viens avec moi dans le bureau, j’ai deux ou trois petites choses qui pourraient te faire plaisir”
Assises à une table, Bette et Tina attendaient qu’on vienne prendre leur commande.
“-Salut beauté! Si ta soeur m’avait prévenu de ta visite, je me serai mieux apprêtée…”
Une femme magnifique se tenait là, devant elles deux mais n’avait d’yeux que pour Bette et ne remarqua même pas la présence de Tina. Elle ne devait pas avoir plus de trente-cinq ans et était un mélange parfait entre Gisele Bündchen et Adriana Lima. Son accent nordique la rendait encore plus sexy. Clairement, c’était ce qu’on appelait une bombe!
“-Bonjour Vera! Tu connais Tina, l’autre mère d’Angie?
-Oui je l’ai déjà rencontrée. Bonjour Tina!
-Bonjour.”
Tina regardait faire la suédoise avec Bette et une pointe d'agacement commençait à se faire ressentir. Elle bouffait littéralement son ex des yeux et elle ne s’en cachait pas.
“-Qu’est-ce que je vous sers?
-Je vais te prendre un expresso. Tee?
-Pareil, merci.
-Je vous apporte ça!”
Vera tourna les talons et déambula à travers le Planet, allumant clairement Bette.
“-Et ben! Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle n’est pas discrète celle-là!
-Elle sait ce qu’elle veut oui…”
Dit-elle en souriant, jetant un coup d’oeil vers Vera qui la regardait avec insistance. Tina fustigea du regard la suédoise puis se retourna vers Bette, tentant de camoufler sa jalousie.
“-Nan mais elle te baise des yeux! J’hallucine, elle ne peut pas se tenir?
Bette trouva Tina extrêmement touchante. Elle se pencha vers elle en lui souriant et lui remit une mèche rebelle derrière l’oreille.
“-Merci pour ces quinze jours, c’était vraiment...vraiment bien!”
Cette phrase, pleine de sous-entendus, fit rougir Tina qui baissa la tête en souriant. Leur flirt ne fut que de courte durée puisque Vera arriva avec leur commande.
“-Et voilà deux expresso!
-Tiens, et garde la monnaie!
-Merci!”
La suédoise se pencha vers l’oreille de Bette et susurra quelques mots.
“-Je t’ai noté mon numéro sur la serviette parce que tu as dû le perdre la première fois vu que tu m’as pas appelé…
-Merci, c’est gentil!
-Tu devrais m’appeler, on pourrait vraiment s’amuser toutes les deux!
-Je n’en doute pas!”
Bette ne savait plus où se mettre, elle était très mal à l’aise d’avoir été allumée devant Tina comme ça. Mais de voir son ex fulminer devant les avances de Vera lui plaisait assez.
“-Bon, je vais voir où est Angie parce qu’il est l’heure de partir pour l’aéroport.”
Le mois de janvier avait filé à une allure phénoménale. Bette passait le plus clair de son temps à la galerie car les conditions météorologiques de New-York étaient tellement mauvaises que les tableaux pouvaient arriver à n’importe quel moment du jour et de la nuit. Il ne s’était pas arrêté de neiger depuis presque quinze jours et malgré l'accalmie, le réseau routier avait du mal à revenir à la normale.
De son côté, Tina n’avait pas arrêté non plus. son équipe était sur un projet de film depuis des mois et elle avait enchaîné réunion sur réunion avec comme seule exigence: terminer à 18h30 au plus tard pour pouvoir passer un peu de temps avec sa fille. Heureusement, Angie n’était pas une enfant difficile et comprenait assez bien les obligations de ses mamans. En même temps, c’était à ce rythme là qu’elle avait vécu toute sa vie.
Depuis leur emménagement, elle pouvait rentrer seule du collège et attendre sa mère, sans baby-sitter à quelques conditions: il fallait qu’elle s’enferme à clef, qu’elle l’appelle en arrivant et que ses devoirs ainsi que sa douche soient fait quand sa mère arrivait.
En ce qui concernait les deux femmes, elles ne s’appelaient pas forcément mais s’envoyaient des textos pour prendre des nouvelles. En revanche, elles n’avaient plus parlé de ce qu’il s’était passé entre elles.
Un soir de février, Tina arriva chez elle, un peu plus tôt que prévu. Elle portait une telle montagne de documents qu’elle en avait du mal à voir devant elle. Elle posa toute la paperasse sur son bureau, dans sa chambre, pour s’y plonger plus tard dans la soirée. Elle et sa fille avaient prit l’habitude de discuter de leurs journées pendant que Tina préparait le repas. Au menu du soir, un dos de cabillaud mariné, des haricots verts et du quinoa. Angie se servait une citronnade maison et Tina un verre de vin.
“-Babe, je dois me rendre à New-York lundi, j’ai rendez-vous avec mon producteur qui est sur un autre film là-bas et qui malheureusement, ne peut pas venir jusqu’ici.
-Et je vais où moi?
-Tu iras chez ta tante, je l’ai appelé, elle est toute excitée à l’idée de t’avoir rien que pour elle pendant deux jours. Ne t’en fais pas, elle te posera et te récupèrera au collège. Je suis désolée de te d…
-TROP BIEN!
-Ah ben je suis soulagée, moi qui croyais que tu allais faire une crise… J’avais déjà prévu tout un argumentaire pour te calmer!
-Je suis plus un bébé maman!
-C’est vrai, tu es PRESQUE une jeune fille!”
La mère et la fille firent un jeu de société après le repas puis Angie partit se coucher. Sous la douche, Tina essayait d’organiser ses deux jours à New-York. Assise en tailleur sur son lit, elle prit son MacBook pour réserver son hôtel avant de se mettre sur ses dossiers. Elle regarda son téléphone durant quelques secondes et l’attrapa.
“Je dois me rendre à NYC Lundi, on boit un verre ensemble si tu es dispo?”
De l’autre côté du pays, Bette rentrait à peine de la galerie. Elle finalisait les préparatifs de la rétrospective des peintures d’Hélène de Beauvoir, connue pour ses peintures féministes mais aussi pour sa célèbre soeur. Avachie sur son canapé, elle lu le texto et s’empressa de répondre.
“Bien sûr!! Tu restes combien de temps?”
“Je pars le lendemain, je serai au Novotel de Time Square”
“Mon offre tient toujours tu sais…”
“C’est à dire?”
“Tu peux dormir chez moi... dans le lit de ta fille évidemment…”
“Pas une bonne idée!”
“J’aurai essayé… Embrasse mon crapaud! Bonne nuit.”
“C’est promis! Bonne nuit”
Il était 17 heures lorsque Tina sortit du restaurant Chez Daniel où elle avait eu rendez-vous avec son producteur. Ils avaient pu voir ensemble les dernières modalités quant à leur future collaboration, dans un cadre chic et élégant. Elle qui adorait la cuisine française, elle avait dégusté un Homard avec une salade de mangue au Champagne, suivi d’un foie gras flambé à la vodka et pour finir un nougat avec son biscuit au melon. Elle s’était régalée.
Dans la chambre de son hôtel, après une douche bien chaude, elle revêtit une belle robe bordeau, mi-longue avec un col bateau qui laissait apparaître ses épaules et son décolleté. Elle avait choisit une paire d’escarpins de la même couleur et une petite pochette noire. Ses cheveux avaient été légèrement ondulé pour l’occasion et retombaient parfaitement sur ses omoplates. Elle reçu un message à ce moment-là.
“Je suis au bar de l’hôtel, je t’attends…”
Juste le temps pour elle de mettre son rouge à lèvres et de prendre l’ascenseur pour rejoindre son rendez-vous.
Lorsqu’elle arriva au bar, elle ne vit qu’elle. Bette se leva en la voyant et lui fit signe de la rejoindre. Plus elle s’avançait, plus elle se demandait comment elle allait faire pour lutter si toutefois elle lui faisait des avances.
Bette portait une longue robe noire ultra moulante. Le bustier remontait sa poitrine d’une manière très élégante et le fendu sur le côté de la robe qui remontait jusqu’à la moitié de sa cuisse, fit valser le coeur de la blonde.
“-Tina tu es… À couper le souffle!” Elle lui baisa la joue et recula son siège, pour qu’elle puisse s’asseoir.
“Toi aussi Betty, tu es vraiment très belle!”
Elles avaient bu deux Manhattan et mangé quelques Antipasti ,face à une gigantesque baie vitrée d’au moins deux mètres donnant directement sur Time Square. Durant plusieurs de minutes, elles avaient parlé de tout et de rien, de leur fille, de leur travail…
L’ambiance tamisée, la musique lounge et les deux cocktails apportaient une certaine tension sensuelle entre les deux femmes. Le regard de Bette changeait, devenant de plus en plus concupiscent à mesure qu’elle posait les yeux sur le corps de la blonde. Tina se sentait désirée comme jamais: son ex était entrain de prendre l’ascendant sur elle et elle adorait ça.
Elle savait très bien qu’en lui proposant de se voir durant son voyage d’affaire elles risquaient de coucher ensemble mais c’est aussi pour cela qu’elle l’avait fait. Surtout après ce qu’il s’était passé au chalet, sauf que là, les rôles étaient complètement inversés,Tina ne contrôlait plus rien. Elle retrouvait la Bette qui l’avait rendu folle il y a vingt ans: sûre d’elle, aguicheuse mais surtout entrepreneuse. elle se sentait déshabillée des yeux, elle arrivait à décrypter juste avec son regard toutes les choses érotiques qu’elle voulait lui faire.
“-Ca te dis de boire un dernier verre chez moi?
-Tu ne veux pas plutôt qu’on monte dans ma chambre?
-Trop impersonnel!
-Ah oui?
-T’as pas envie de goûter mon Chivas Regal?”
la bouche de Bette parlait d’alcool mais son regard lui, parlait de sexe. Tina fût électrisée par la question et ne pu s’empêcher d’acquiescer tout en regardant la bouche de la brune.
“-Ouai j’ai… J’en ai très envie!”
Les deux femmes se levèrent et mirent leur manteau. Bette prit la main de Tina dans la sienne, et lui emboita le pas. Broadway à cette heure-ci était grandiose: il faisait nuit et pourtant, avec toutes ces télés géantes et ces enseignes lumineuses, la rue paraissait presqu’en plein jour. Des flocons commençaient à faire leur apparition, ce qui émerveilla Tina. Comme d’habitude, Bette n’avait aucune difficultée à obtenir ce qu’elle voulait: il lui suffit de siffler une seule fois pour qu’un taxi se gare devant elles. A l’intérieur, un homme d’une soixantaine d’années, typé indien leur fit un grand sourire.
“-Bonsoir Mesdames, où dois-je vous déposer?
-880 5th avenue s’il vous plaît.”
Arrivée devant un immeuble magnifique, typiquement New-Yorkais, qui offrait une vue directe sur le plus célèbre des parcs du monde, Tina n’en croyait pas ses yeux. Elle entra dans l’immeuble et allait de surprises en surprises: le hall avait des allures d’hôtel cinq étoiles avec ce marbre blanc immaculé au sol, la végétation aussi grande que les murs et le concierge, habillé en majordome semblait les attendre.
“-Bonsoir Malcolm!
-Bonsoir Mesdames! Je vois que Madame Porter est en bonne compagnie.”
Malcolm avait vécu presque toute sa vie entre ces murs, il faisait ce métier depuis trente ans et son père le faisait avant lui. Quand ils ont débarqué de Jamaïque, Malcolm avait à peine quelques mois. Ses parents, Glenmore et Zahra avaient rapidement trouvé du travail dans cet immeuble. Au départ, ils faisaient tous les deux le ménage des parties communes et quelques années plus tard, Glenmore était devenu le gardien. Il avait transmit à son fils toutes les qualités pour devenir le meilleur dans ce métier: disponibilité, gentillesse et discrétion.
“-Voici Tina, l’autre maman d’Angie.
-Oh comment ne m’en suis-je pas rendu compte plus tôt… Elle a votre adorable sourire!”
-Je sais qui vous êtes Malcolm. Angie me parle beaucoup de vous. Elle m’a dit que vous aviez été le premier ami qu’elle s’était faite ici. Merci beaucoup!”
Bette sourit à son gardien et reprit Tina par la main.
“-Bonne soirée Malcolm!
-Madame Porter, Madame Tina...”
Il se pencha légèrement pour les saluer et se remit à son poste. Bette avait appelé l’ascenseur, en jetant des coup d’oeil coquin à Tina. La blonde perdit son sourire lorsqu’elle s’aperçut que l’ascenseur possédait son propre garçon d’étage.
“-Bonsoir Jimmy!
-Madame Porter…” et regarda ensuite Tina “Madame.”
Quinze étages plus haut, le gong d’arrivé retentit. Bette ouvrit la porte et invita Tina à entrer chez elle.
Tina tomba directement sur une grande pièce à vivre. Le parquet couleur chêne et vitrifié se mariait parfaitement au pan de brique rouge. Le salon et la salle à manger ressemblait à une pièce de ces magazines déco. Chaque élément de décoration était disposé de manière à imaginer des scènes de vie: des livres d’art posés sur l’immense table basse en bois, un plaid vulgairement jeté sur un fauteuil en cuir prune et un arrosoir placé à côté d’un amas de plantes vertes.
La cuisine en revanche était une oeuvre d’art à elle toute seule: légèrement surélevée par rapport au reste de la pièce, elle offrait une vue imprenable sur Central Park. Le seul appareil électroménager visible était un piano de cuisson noir, tout le reste était dissimulés derrière des meubles de style atelier.
L’ensemble était décoré avec beaucoup de goût, tout en restant sobre. Des tableaux, plus beaux les uns que les autres, ornaient les murs, un escalier en colimaçon aux marches en bois et lune rampe en fer gris anthracite, amenait à l’espace d’Angie. Elle y possédait sa chambre, sa salle de bain et son propre dressing.
Bette se dirigea vers une console où se trouvaient quelques bouteilles de grands spiritueux. Elle servit deux verres de Chivas et s’installa sur un des fauteuils.
“-Ton appartement est magnifique, je te reconnais bien dans cet univers.
-Merci, c’est vrai qu’on s’y sent bien…
-Un vrai piège à filles!”
Bette lui sourit, ne niant en rien ce qu’elle venait d’entendre. Elle alluma une cheminée à l'éthanol,puis mit un peu de musique.
“-Je crois ne pas te l’avoir assez dit ce soir, mais tu es magnifique Tina…
-Merci…”
Tina s’installa sur le canapé, en face de la brune, un peu nerveuse. Elle savait très bien ce qui allait se passer, tout ceci n’était qu’une question de temps… Elle en mourrait d’envie mais avait l’impression étrange qu’elle ne savait plus comment faire. Bette ressentait toute la pression qu’elle se mettait et se mit à rire en regardant son verre.
“-Pourquoi tu ris?
-Je te trouve vraiment très sexy quand tu es nerveuse!
-Je ne suis pas nerveuse!”
Elle bu les deux dernières gorgées cul sec comme si c’était du jus d’orange. Elle fit mine de regarder autour d’elle quelques secondes pour se donner du courage.
“-Mais toi… Tu dors où?” Se donnant un air faussement innocent.
L’expression de Bette changea. Cette simple question avait réveillé le feu qui l’animait depuis le début de la soirée.
“-Viens, je vais te montrer…”
Elle l’a prit par la main et l’emmena dans son antre. Derrière la porte une pièce, toute en brique, avec de grandes fenêtres et un parquet mais cette fois-ci plus foncé.
Un grand tapis recouvrait presque l’intégralité du sol et une palette en bois vieillit faisait office de tête de lit, avec des lumières et un mur végétal. Face au lit, une verrière séparait le coin nuit du coin salle de bain.
“-C’est vraiment très beau Betty…”
Tina parcourait la pièce, sous le regard impur de la maîtresse des lieux. Elle fit le tour de la salle de bain et y découvrit, derrière une verrière, une grande baignoire sur pied. un meuble suspendu au mur, servait de support à deux vasques en fer gris et dans un coin, une douche à l’italienne. Elle revint dans la chambre, sous le charme.
Bette ne la lâchait pas des yeux, elle enleva ses talons, puis s’avança à quelques centimètres son invité.
“-Pourquoi tu voulais qu’on se voit ce soir Tina?”
-Pour boire un verre…
-C’est tout?
-Non…”
Au fur et à mesure qu’elles conversaient, la brune avançait, faisant reculer Tina jusqu’à ce qu’elle soit prise en piège, collée contre le mur.
“-Pourquoi alors?
Les yeux noirs, perçants de son hôte l’excita en un rien de temps. Elle la regardait, pleine de désir mais n’osait pas lui dire le fond de sa pensée. En guise de réponse, Tina voulut l’embrasser mais Bette refusa ses avances...
(choses promises choses dûe Virginie ahaha)