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Série : The L Word
Création : 23.10.2019 à 18h59
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Dernière fiction de Tibette
Cette fanfic compte déjà 37 paragraphes
Bette, qui ne s'est rendu compte de rien, remonte tranquillement l'escalier. Son visage porte encore les traces des moments d'extase, de passion qu'elle vient de vivre, qu'elle vient de partager.
Elle se retrouve au milieu de la foule toujours aussi présente. Elle va de l'un à l'autre, écoute leurs commentaires mais, en réalité, elle n'entend rien, elle est encore ailleurs … dans les bras de son amante. Elle acquiesce et leur sourit machinalement.
Soudain, Shane, qui la cherchait depuis un moment, l'aperçoit. Leurs yeux se croisent. Bette, gênée, détourne vite le regard et se dirige précipitamment vers son bureau. Elle ouvre la porte et s’apprête à entrer, à l’abri de ce regard plein de reproches.
Mais, en quelques enjambées, Shane la rattrape. Elle a tout compris en voyant l'expression du visage de son amie. Elle la connaît tellement bien et puis Bette a un visage si expressif !
Elle s'approche, la prend aux épaules, la regarde au fond des yeux :
« Tu l'as fait n'est-ce pas ? Tu as répondu à cet appel ! Ne nie pas, je le vois sur ton visage …
-Tu m'embêtes Shane ! Cela ne te regarde pas, c'est de ma vie qu'il s'agit ! répond-elle d’une voix courroucée en essayant de se dégager.
- Oui, mais il s'agit aussi de votre avenir à Tina et à toi !!! Y as-tu seulement pensé en te rendant à ce rendez-vous ? Je vous aime toutes les deux et je ne voudrais pas que votre couple se brise là ! Ressaisis toi ! déclare Shane en la secouant légèrement. Inutile d'attirer l'attention du public. »
A cet instant, Bette redescend sur terre.
Ces paroles dures et attentionnées à la fois ont fait mouche. Le retour à la réalité est brutal pour elle. Elle baisse la tête, toute morgue l'a quittée. Elle réalise qu'elle a cédé, une fois de plus, à cette pulsion, à ce désir incontrôlable qui l'envahit par instant.
« Je sais Shane, je suis nulle, impardonnable d'autant plus que mon amour pour Tina est toujours là, intact, toujours aussi important pour moi. Mais, il y a si longtemps que nous ne nous sommes pas aimées, que nous n'avons plus grand chose à nous dire, à partager. Notre vie de couple est devenue monotone, routinière, plus de désir de l’autre, chacune occupée par son travail. Et puis, la mort du bébé …
Si tu savais comme je me sens misérable par rapport à Tina. Tu sais, avant de la connaître, j'étais un peu comme toi, j'aimais être entourée de jolies femmes, je les draguais … J'avais besoin de sentir que j'étais aimée, admirée. J'aimais ce contact charnel qui me rassurait. Mais ma rencontre avec Tina a tout changé. J’ai su au premier baiser échangé qu’elle serait la femme de ma vie.
J'ai essayé de chercher, de comprendre d'où me venait cette fragilité que je cachais sous des airs hautains. Cela tient-il au fait que ma mère nous a abandonnées Kit et moi, que Melvin ne s'est guère occupé de nous, osant même me reprocher mes fréquentations féminines.
Je ne cherche pas d'excuses Shane, rien ne justifie ma conduite actuelle, je constate juste que je ne peux pas vivre dans l'indifférence. J’avais l’impression que Tina se détournait de moi, qu’elle allait m’abandonner …
Candace est arrivée au moment où j'étais en plein doute. Je ne sentais plus Tina si totalement avec moi. Peut-être ai-je mal ressenti les choses ? Candace a-t-elle senti ma vulnérabilité ?
- Mais, Bette ? Tu aurais pu m'en parler sinon, à quoi sert notre amitié ?
- Oui, j'aurais pu … Hélas, je ne l'ai pas fait ! C'était si agréable de sentir que j'étais de nouveau désirée. Je n'ai pas su ou pas pu résister à la tentation ! Plusieurs fois, j'ai essayé, hélas, en vain, de mettre un terme à cette relation. Mais … quand elle me regardait d'une façon bien à elle, je succombais !
Merci Shane de m'avoir écoutée, de ne pas me juger. Cela m'a soulagé de partager mon secret. Je compte sur toi, tu m'aideras à combattre mes démons. Ton soutien ne sera pas superflu pour m’aider à lutter contre cette addiction.
- Je suis avec toi Bette, je vais t'aider. Il est à souhaiter que Tina ne sache jamais cela ! déclare Shane en l'embrassant.
- Je pense le lui dire un jour. »
« Dis- moi Shane, j’ai l’impression qu’il se fait tard et que nous sommes les seules présentes dans ce musée ! Tout à l’air bien calme, peux-tu m’accompagner pour vérifier ? »
Ensemble, elles arpentent les galeries une dernière fois. Toutes les salles sont vides.
« Shane, as-tu vu Tina ? je l’ai perdue de vue depuis un bon moment ?
-Oui, tout au début quand vous êtes arrivées puis, vous vous êtes séparées, toi, pour aller à la rencontre de Peggy Peabody. Vous avez discutez un long moment toutes les deux.
-Je te rappelle mon amie que c’est grâce à elle que j’ai eu cette exposition, il était donc normal que j’aille la remercier. Et puis, comme à chaque fois que je la rencontre, nous nous sommes lancées dans une discussion passionnée à propos d’une artiste que nous connaissions toutes deux.
-Je suis d’accord mais, voyant que votre rencontre s’éternisait, Tina est allée vers des amies.
- Je me souviens maintenant. Puis toute la bande est venue me saluer, Alice, Dana, Kit et toi. Ensuite, Kit nous a invitées à passer au Planet quand tout serait terminé. Invitation que j’ai acceptée mais, tu comprendras que, sans Tina à mes côtés, je ne puis accepter.
-Elle s’est peut-être sentie fatiguée par tout ce monde, par tout ce brouhaha. Elle a préféré rentrer chez vous et t’attendre au calme.
-Tu as certainement raison Shane. Va rejoindre nos amies au bar, moi, je vais fermer et rentrer. Une nouvelle fois : merci de m’avoir écoutée, d’avoir essayé de me comprendre. Grâce à toi, je viens de faire un grand pas vers le renoncement à cette relation malsaine ! Excuse- moi auprès de Kit.
A demain. »
Après avoir vérifié une dernière fois toutes les salles, Bette passe récupérer ses affaires dans son bureau puis elle ferme le musée.
Elle se dirige vers sa voiture, monte et démarre, un peu inquiète cependant que Tina ne l'ait pas attendue pour rentrer.
<< C'est tout à fait surprenant de sa part >> pense-t-elle.
Quel n'est pas son étonnement en arrivant devant la maison ! Elle est plongée dans le noir. Tout est éteint. Pas un bruit.
Etonnée, surprise, un peu paniquée même, elle descend rapidement et se dirige à grands pas vers la porte d'entrée. Elle n'est même pas fermée, il n'y a qu'à tourner la poignée pour entrer !
« Tiens, aurais -je oublié de fermer à clef ce matin en partant ? »
Sans plus se poser de question, elle pénètre dans le couloir.
« Tina ! Tina ! »
Pas de réponse ! Elle avance dans le couloir après avoir allumé.
Personne, ni dans la cuisine ni dans le salon … Dans le bureau peut-être ? Non plus !
Enfin, elle arrive dans leur chambre, plongée dans le noir également !
Elle allume …
Tina est là, immobile, prostrée, assise sur le bord du lit, avec sur le visage une expression qu'elle ne lui connaît pas et qui la bouleverse.
« Tina, ma chérie, que se passe-t-il ? Qu'est-il arrivé ? »
Tina se lève alors et d'une voix à peine audible, elle répond :
« Tu oses demander ! Je vous ai vues ! »
La vue de Bette et de son air étonné rallume sa colère, elle hausse le ton et accuse :
« Je vous ai vues Candace et toi au bas de l'escalier ! Au début, j'ai douté, je croyais avoir mal vu, vous étiez un peu dans la pénombre, j'ai cru avoir mal interprété cette rencontre. Je pensais qu'elle était totalement fortuite mais …
( Tina a de plus en plus de peine à finir sa phrase, elle est en pleine souffrance, elle revoit cette scène sans cesse dans son esprit, elle a toujours aussi mal !)
mais … reprend-elle, tu as eu ce dernier geste, cette caresse pleine de tendresse le long de sa joue, de sa poitrine de son bras … et vos mains, vos mains qui avaient bien de la peine à se séparer … Alors, j'ai compris ! »
Elle se rapproche de Bette :
« Depuis combien de temps tu me trompes Bette ? Je comprends mieux maintenant ta réaction quand je t'ai dit que je l'avais embauchée pour quelques travaux à l'association. Tu craignais qu'elle parle trop !
-Non, non, Tina, ce n'est pas ce que tu crois, déclare Bette en se rapprochant à son tour, c'est toi que j'aime, je t'aime , je t’aime.»
Elle essaye de prendre Tina dans ses bras en criant toujours son amour pour elle … Une gifle magistrale s'abat sur sa joue.
Regard surpris de Bette.
La surprise passée et la douleur oubliée, Bette se rapproche à nouveau,
Elle n'a qu'une envie : prendre Tina dans ses bras, la serrer très fort contre elle, essayer de lui expliquer, de lui dire encore et encore son amour.
« Je suis désolée, Tina, ce n'est pas ce que tu crois … pardonne moi …
-Va te faire voir, hurle Tina complètement déchaînée.
-Laisse - moi t'expliquer, je t'en prie … supplie Bette. C'est toi que j'aime et personne d'autre. »
Nouvelle tentative, nouvelle approche, toujours sans succès.
Bien au contraire, toujours dans sa colère, Tina se débat.
C'est une lutte à mains nues qui commence entrecoupée de « I love you » et de « fuck you »...
Bette étant la plus forte réussit à attraper sa compagne. Elle la pousse sur le lit.
Tina tombe à plat ventre et Bette sur elle.
Coincée entre ses jambes, Tina est prisonnière, à la merci de Bette. Celle-ci en profite pour la caresser, l'embrasser mais, au paroxysme de sa rage, dans un ultime effort, Tina parvient à prendre le dessus.
Les rôles sont inversés. Elle continue à distribuer des coups, à mordre, à crier et pleurer en même temps.
Ce corps à corps intense a réveillé son désir. Elle s'empare de la main de Bette et la glisse entre ses cuisses... Terrassée par un orgasme incroyable, elle s'écroule sur son amante. Elles restent ainsi un long moment immobiles, serrées l'une sur l'autre.
.
Puis, sans un mot, Tina se lève, se change, quitte la maison sans un regard en arrière laissant une Bette effondrée sur le lit.
Au Planet
Les téléphones ayant bien « chauffé » toute la nuit, en particulier celui d'Alice, le lendemain, toutes les filles se retrouvent au Planet pour commenter le drame survenu la veille.
« Alice, raconte nous ce qui s'est passé hier soir, ton coup de fil mystérieux nous intrigue !
- Quand je suis rentrée de chez Dana, Tina était là, assise sur mon canapé, le visage défait, l’air complètement absente, avec dans le regard une infinie tristesse. Imaginez ma surprise. Je me suis approchée pour l'interroger. Elle s'est levée. Elle est tombée dans mes bras. Elle a éclaté en sanglots. Elle était incapable de parler, de me raconter. Puis, comme une somnambule, elle a pris un feutre, s'est dirigée vers notre tableau et, d'une main tremblante, elle a commencé à tracer une ligne partant de Bette et allant vers … Sa main était tellement crispée sur le crayon qu’ elle n'a pas eu la force de continuer, elle a juste réussi à écrire deux lettres : C et A …
- Candace ! » s’exclament les filles en chœur.
Les commentaires fusent alors de toutes parts :
(Pourquoi ? Bette devrait avoir honte ! Après tant d’années ! Pauvre Tina ! On n'a jamais rien remarqué ! J'ignorais tout ! Elle a bien caché son jeu ! Elle nous a menti ! Quel drame ! Tina ne méritait pas ça !....et bla bla bla et blablabla ...)
Shane intervient :
« Je vous signale que vous parlez de notre amie Bette et de sa compagne, vous ignorez totalement ce qui se passe dans leur couple, alors, attendez un peu avant de lui jeter la pierre, Je suis d'accord, Bette a trompé Tina mais, pour moi, c'est juste une histoire de Q !
- Comme tu y vas, raconte ça à Tina, tu verras sa réaction !
- Les filles, s’il vous plait, les interrompt Kit, je suis du même avis que Shane, attendez pour juger ! Je suis inquiète. Bette n’a pas répondu aux différents coups de fil envoyés ce matin, elle n’est pas venue m’ouvrir la porte alors que j’y ai frappé longuement ! Je n’ai pas entendu le moindre bruit ! Je la connais, elle doit être complètement anéantie par le départ de Tina ! Encore une fois, Shane a raison, Bette est votre amie, essayons de comprendre, de les aider. »
Chez Bette
Bette n’a pas quitté le lit de la dispute depuis le départ de Tina.
Elle est prostrée, apparemment loin d’ici. Elle revit sans cesse cette scène terrible. Elle serre contre elle la robe bleue déchirée. C’est tout ce qui lui reste de Tina, cette robe encore imprégnée de son parfum qu’elle respire à pleins poumons.
Alors lui reviennent des images de leur vie d’avant, de leur bonheur sans nuages pendant ces longues années.
Tina et son regard, Tina et son amour, Tina et sa patience, Tina et …,Tina …
Sous le flot des souvenirs, elle éclate en sanglots.
« Pourquoi ai-je agi ainsi ? Pourquoi ai-je été incapable d’ignorer l’appel de Candace ! Pourquoi n’ai-je pas été capable de me contrôler ? Pourquoi ai-je laissé mon désir me guider ? Pourquoi … ? Pourquoi … ? Quelle imbécile je fais ! Tina m’a tout donné . Elle a tout supporté venant de moi. Elle m’a soutenue sans relâche pendant toutes ces années et encore tout au long de la préparation de cette exposition et encore hier soir quand elle est venue me chercher sous la douche… et moi, moi, qu’ai-je fait pour elle ? Je viens de lui briser le cœur ! Pour quelques moments de plaisir, de sexe, de caresses…
Alors que je ne désirais partager ces instants qu’avec Elle. J’aurais voulu Tina, sans les problèmes, sans la perte du bébé, au plus près de moi comme il y a quelques mois.
Etais-je jalouse de son travail, de son indépendance vis-à-vis de moi ? Elle m’a aimée comme personne avant elle.
Et moi, pauvre folle, j’ai tout détruit ! Comment pourrait-elle oublier cette scène terrible ? Comment pourrait-elle me pardonner ? »
Au plus profond de sa détresse, sans aucune perspective d’avenir si ce n’est une terrible solitude, une pensée nouvelle surgit :
« Pourquoi continuer à vivre, c’est au-dessus de mes forces ! »
Elle se lève alors, quitte ce lit vide à jamais. Elle se dirige, d’un pas d’automate, vers la piscine.
Elle plonge, bien décidée à disparaître, à trouver enfin la paix…
Mais, en cette heure très matinale, l’eau est plus que fraîche.
Instinctivement son corps réagit à cette fraîcheur matinale et, d’un coup de talon sur le fond du bassin, elle remonte à la surface.
Elle reprend son souffle en même temps que ses esprits. Elle s’ébroue, en deux brasses, elle regagne le bord. Mille pensées tourbillonnent dans sa tête.
« Notre histoire ne peut se terminer ainsi. Je l’aime de toute mon âme, de tout mon être. Elle aussi m’a aimée profondément, sincèrement, totalement. Tout cela ne peut pas disparaître d’un coup. Elle ne peut pas rayer toutes ces années de bonheur partagé. Je vais me battre pour la reconquérir mais … pour cela, il faudrait d’abord qu’elle puisse me pardonner cette trahison.
Comment faire ? Attendre ? Combien de jours ? Combien de mois ? Elle doit être tellement en colère… je ne puis compter sur personne. Toutes les filles doivent m’en vouloir aussi et être auprès d’elle. Je ne peux même pas aller au Planet sans tomber sur l’une d’elles. Peut-être que Shane … ?
Oui, comment faire ? Comment ? »
Soudain lui revient en mémoire le dernier geste de Tina au comble de la colère.
« N’est-ce pas Tina qui a pris ma main, Tina qui voulait me sentir en elle encore une fois ? Et cet orgasme inouï qu’elle a ressenti ! Que signifie ce dernier geste ? Etait-ce inconscient ? Cela signifie-t-il qu’elle m’aime toujours ? Je ne sais quoi en penser. »
Pendant ce temps chez Alice.
Après une nuit très agitée, passée à pleurer, Tina qui a fini par s’endormir au petit matin, vient de se réveiller toute étonnée de se retrouver dans la chambre d’Alice et même dans son lit.
Puis, soudain, tout lui revient en mémoire : l’exposition, Bette et Candace, la dispute terrible, sa fuite chez Alice, son accueil chaleureux après l’avoir trouvé prostrée sur son canapé. Quelle amie incroyable !
Les larmes recommencent à couler, la tristesse est de nouveau là, lui serrant le cœur. Ce geste de tendre complicité entre Bette et cette Candace est toujours là et n’est pas près de disparaître. Il lui a brisé le cœur.
Mais la colère est là aussi. Elle ne sait plus où elle en est. Ses sentiments oscillent sans cesse entre désespoir et ressentiment.
« Pourquoi Bette ? Pourquoi ?Ne t’ai-je pas assez aimée ? Assez soutenue ? Qu’est-il advenu de nous, de notre couple, de notre amour ? Je savais que tu aimais être entourée de jolies femmes, cela ne me dérangeait pas car j’étais certaine de ton amour. A la moindre inquiétude de ma part, tu savais me rassurer d’un de ces baisers dont tu avais le secret …
Je t’en veux énormément de m’avoir trahie ! Je te déteste et je ne suis pas prête à te pardonner ! »