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Série : The L Word
Création : 23.10.2019 à 18h59
Auteur : jenbette
Statut : Terminée
Dernière fiction de Tibette
Cette fanfic compte déjà 37 paragraphes
Quelques jours se sont écoulés…
Après sa bonne résolution de reconquérir Tina, après avoir bien réfléchi au « comment faire », Bette s’est dit qu’elle avait besoin de calme, de repos après toute cette agitation et surtout de temps pour mettre au point une stratégie.
Elle a donc téléphoné à Franklin, le directeur du CAC.
« Allo ? Bonjour Bette, je suis heureux de vous entendre, l’autre soir, vous aviez disparu tellement vite que je n’ai pas eu le temps de vous féliciter pour l’immense succès obtenu pour votre exposition. On en parle dans tous les journaux ce qui nous attire encore beaucoup de visiteurs à l’heure actuelle. Grâce à vous, le musée est devenu plus célèbre que jamais. Vous avez bien fait d’outrepasser mes ordres, même, si, je peux vous l’avouer maintenant , j’étais très en colère contre vous !
( A ce moment-là, au son de sa voix, Bette perçut une certaine réticence à admettre ce succès et surtout à admettre que c’est elle qui avait eu raison de désobéir. )
- Mais, venons-en au fait, pourquoi appeliez-vous au juste ?
- Cette exposition et tout ce qui l’a précédée m’ont épuisée, j’aimerais prendre quelques jours de vacances…
- Tout à fait d’accord Bette, prenez contact avec James d’ici quelques jours, le temps que je m’organise, répond-il précipitamment comme s'il avait hâte de se débarrasser d'elle.
- Merci monsieur, répond Bette qui n'a rien remarqué, trop heureuse de cette réponse favorable. »
Bette poursuit ses réflexions.
« Et si j’appelais Shane ? Elle est la seule à être au courant vraiment de ce qui s’est passé avec Candace. Elle est la seule à ne pas m’avoir jugée, j’en suis certaine. Notre amitié, notre affection profonde et réciproque existe tellement bien entre nous que je suis sûre qu’elle a pris ma défense au lendemain de ce drame. Je l’imagine bien, seule, devant toutes les filles réunies au Planet pour me désavouer.
Oui, je vais l’appeler, elle est la seule à pouvoir m’aider. »
Sitôt dit, sitôt fait.
Quelques instants plus tard, Shane frappe à sa porte.
« Entre, raconte-moi, dis- moi tout ce qui se passe là dehors. Je suis si misérable, ici, toute seule à ressasser sans cesse cette nuit terrible. Elle tourne en boucle dans mon esprit. Je sais que j’ai fait une énorme co-----e, que je suis impardonnable ! Comment est l’atmosphère au Planet ? Comment réagit Kit à mon refus de la recevoir ? Et les autres, que disent-elles ? Et Tina, as-tu des nouvelles ? Et…
- Bette, Bette, je t’en prie, quelle impatience, reprends ton souffle. Laisse- moi entrer, je te promets , je vais répondre à toutes tes questions !
- Pardon, entre, désolée pour cet accueil mais je suis si heureuse de te voir après ces jours de solitude à me torturer l’esprit pour trouver une solution à « comment faire pour obtenir le pardon de Tina ? »
- Tout d’abord, bonjour Bette. Je suis contente que tu m’aies appelée. Je me faisais beaucoup de souci pour toi, tu ne voulais voir personne, même pas Kit. Je sais ton amour pour Tina alors j’imaginais le pire.
- Tu ne crois pas si bien dire. Après cette séparation brutale, j’étais tellement désemparée que j’ai hésité entre noyer mon immense douleur dans l’alcool ou dans ma piscine. Pendant plusieurs jours, j’ai hésité entre ses deux solutions pour disparaître…
- Et …. ?
- Et bien, j’ai décidé de me battre et de reconquérir Tina…
- Super, je te retrouve mon amie…
- J’ai téléphoné à Franklin pour une demande de congés car cette reconquête ne sera pas simple à mener. C’est pourquoi, je t’ai appelée. J’ai besoin de ton aide, j’ai besoin que tu me dises comment est l’ambiance au Planet si je veux m’y rendre. Et, le plus important, comment va Tina, as-tu de ses nouvelles ? Est-elle toujours chez Alice ? Sort-elle parfois pour vous rencontrer ? »
Une musique tonitruante vient interrompre la conversation. C’est le téléphone de Bette.
« Allo Bette ?
- Oui, James, que se passe-t-il ? demande-t-elle étonnée par le son de sa voix, Franklin refuse de m’accorder cette semaine de congés ?
- C’est pire que ça Bette ! il n’a pas digéré le fait que vous n’avez agi qu’à votre guise, que vous l’avez ridiculisé aux yeux de tout le personnel, que …
- Continue, je m’attends au pire…
- Vous êtes purement et simplement licenciée …
- Comment ? Pourquoi ? Quel faux cul ! Quel hypocrite après tous les compliments entendus l’autre jour ! Même pas le courage de me l’annoncer lui-même !
- Je suis désolée Bette … mais, pour compenser, il vous octroie une prime royale
- Tu n’y es pour rien… »
Elle coupe le contact, blessée par cette attitude.
« Tu te rends comptes Shane, si je n’ai plus de travail, à quoi bon essayer de retrouver Tina et de me faire pardonner.
- Patience Bette, tu voulais des congés, tu les as et puis, vu le succès que tu viens de remporter avec cette exposition et la renommée acquise et toutes tes compétences, tu rebondiras très rapidement, tu retrouveras vite du travail. »
Ce moment de colère et de désappointement passé, Bette redresse la tête.
« Tu as raison mon amie et tu vas m’aider. »
L’échange se poursuit.
« Shane, mon amie, parle moi de Tina, tu n’as toujours pas répondu à son sujet. Tu sais pourtant à quel point je suis avide de nouvelles la concernant. Elle est et restera toujours mon grand amour, le seul, celui avec lequel nous avions fait des projets d’avenir. Parle - moi sans détours, franchement.
- Et bien, elle est toujours chez Alice et, selon ses dires, elle irait un tout petit peu mieux. Elle a fait quelques progrès, elle ne passe plus ses nuits dans le lit d’Alice, à pleurer de désespoir. Par contre, elle ne parle jamais de toi ni de votre dispute. Elle semble indifférente. Mais, si Alice prononce ton prénom par inadvertance, elle fond à nouveau en larmes ou, au contraire, elle cède de nouveau à la colère, te maudissant de l’avoir trompée ainsi.
Elle ne sort jamais. Elle n’a toujours pas remis les pieds au Planet, craint-elle de te croiser ? Elle pourrait y rencontrer les filles, échanger avec elles, entendre leurs encouragements, ne plus vivre en recluse comme toi d’ailleurs !
Pour ce qui est de la bande, je crois que leur état d’esprit à évoluer. Leur désaveu envers ta conduite n’est plus aussi sévère. Est-ce parce que Kit et moi avons essayé de discuter avec elles, de leur expliquer que dans un couple, aussi solide soit-il, on ne sait vraiment jamais ce qu’il s’y passe et que c’est peut-être injuste de te rejeter ainsi. Elles ont réfléchi à nos propos et semblent d’accord avec nous. Je pense que si tu venais au Planet, elles ne te rejetteraient plus aussi catégoriquement qu’au matin de votre terrible séparation où, inconsciemment peut-être, elles t’en voulaient particulièrement d’avoir ainsi terni l’image magnifique que représentait votre couple à leurs yeux. Elles enviaient votre bonheur , aspiraient à vivre la même passion qui vous unissait, alors, imagine le choc que ta conduite a provoqué en elles !
- Merci Shane, je vais réfléchir à tout ce que tu viens de me dire. »
Chez Alice
Tina est toujours là.
Elle semble aller un peu mieux. Elle ne passe plus ses nuits dans le lit d'Alice.
Elle veut se prendre en charge. Elle s’est installée dans la chambre d’amis. Son visage ne porte plus cet air désespéré qu'il affichait il n'y a pas si longtemps encore.
En apparence, elle paraît avoir digéré cette séparation mais, si par inadvertance, son amie prononce le nom de Bette, ou bien elle fond en larmes ou bien elle serre les poings et des éclairs de colère traversent ses yeux, preuves que rien n’est oublié.
Elle apprécie la présence d'Alice qui sait respecter son silence.
Même si de temps à autre, elle essaye bien de la sortir de cette vie de recluse :
« Tina, tu devrais sortir, venir au Planet de temps à autre, les filles te réclament. Elles me demandent sans cesse de tes nouvelles. Elles s’inquiètent.
- Non, pas encore, je ne suis pas prête à affronter leurs regards…
- Dis plutôt que tu veux éviter certaine personne.
- Oui, je serais incapable de l’affronter, l’image de Candace dans ses bras, hante encore certaines de mes nuits. Mais, je te promets, je viendrais vous retrouver… dans quelque temps »
Sa tentative s'arrête là.
« Pourquoi insister, je risque juste de la braquer, de la voir se refermer sur son chagrin. Laissons le temps apaiser sa souffrance. »
C'est ainsi qu'un statu-quo s'installe entre elles ainsi qu'une certaine routine.
Chaque matin, Alice part à son journal, s'arrête au Planet pour prendre son café du matin et glaner quelques potins inédits qui feront le bonheur de ses lectrices.
Un matin semblable à tous les autres depuis quelque temps.
Alice s’apprête à partir au journal.
Elle a déjà enfilé sa veste. Elle prend ses clefs de voiture, son sac et se dirige vers la porte .
« Tina, Tina, je m’en vais ! A ce soir ! Essaye de sortir un peu.
-…
- Tina ! Tina ? »
Inquiète de cette absence de réponse, elle file en direction de la chambre.
« Qu’est-ce qui se passe ? Tout allait bien ces derniers jours, elle semblait remonter la pente ! »
Elle frappe, ouvre et entre dans la pièce.
Tina est bien là , assise sur son lit, perdue dans ses pensées.
Elle est là, mais pas vraiment !
« Hou hou ! Tina ! Je parie que tu es encore avec Bette ! »
Surprise par cette irruption soudaine dans la pièce, Tina sursaute et, c’est avec un air un peu coupable qu’elle répond :
« Oui, tu as raison. Ce que nous avons vécu Bette et moi pendant toutes ces années, je ne pourrais jamais l’oublier. Nous vivions un amour extraordinaire, fait de tendresse, de complicité, de passion.
Nous pensions que cela allait durer toute notre vie.
Et puis, finalement, les événements ont fait que, peu à peu la passion s’est estompée, est devenue routine, prises que nous étions chacune par nos occupations différentes.
- Excuse -moi de t’interrompre Tina, je venais juste te prévenir que je partais travailler. A ce soir ! je te répète : essaye de sortir un peu, cela te changera les idées ! »
Et elle s’en va.
« Essaye de sortir un peu , essaye de sortir un peu ! Elle en a de bonnes Alice ! Pour aller où ? Je me le demande ? Pas au Planet, c’est certain ,mais je pourrais peut-être reprendre le travail, Oscar doit se demander où je suis passée !
Alice avait promis de l’appeler, l’a-t-elle fait ? Cela me changerait les idées et m’occuper de tous ces petits me ferait le plus grand bien. Ils ont à gérer des situations bien difficiles parfois, de les aider m’aiderait peut-être moi-même. »
Elle en est là de ses réflexions quand la porte s’ouvre brutalement.
C’est une Alice plus excitée que jamais qui vient de faire cette entrée fracassante !
« Tina ! Tina ! Connais-tu la dernière ? Viens ici que je te raconte, crie une Alice surexcitée comme à chaque fois qu’elle tient un scoop
- Alice, qu’est-ce qui arrive ? Il y a bien longtemps que je ne t’avais pas vue dans pareil état ! Vas-y, je t’écoute.
-Tina, tu ne devineras jamais … Mais, assieds- toi d’abord
- Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? demande Tina de plus en plus intriguée.
« Et bien voilà : comme tous les jours, avant d’aller au journal, je passais au Planet pour prendre mon café quand Shane est arrivée …
- Je ne vois rien de sensationnel à cela …
- Attends la suite, tu vas voir. »
Et elle crache le morceau, sans ménagement, légèrement vexée devant le peu d’attention que Tina semble lui accorder soudain.
« Bette vient d’être virée de la galerie ! crie-t-elle presque triomphalement
- QUOI ? Répète
- Bette n’a plus de travail ! Franklin vient de la virer ! répète-t-elle d'une voix moins agressive
- Oh ! Ma pauvre chérie, ce travail était son bébé ! Que va-t-elle devenir ? dit-elle d’un ton si tellement désolé …
- Comment ça ma pauvre chérie ? Je croyais que tout était fini entre vous, que tu avais tiré un trait sur votre couple.
- Tu sais, ce n’est pas si facile d’oublier toutes ces années passées ensemble. Je déteste Bette pour m’avoir trompée avec cette Candace ! Ma colère est là dès que je pense à elles deux faisant l’amour ! J’ai toujours aussi mal et j’aurai du mal à lui pardonner, mais, si je suis honnête, je me demande si, quelque part, je n’ai pas ma part de responsabilité. Surtout, ne va pas croire que je lui cherche des excuses, j’essaye seulement de comprendre comment on a pu en arriver là ! »
Sentant de nouveau Tina au bord des larmes, Alice l’interrompt et c’est d’une voix le plus neutre possible -elle peine à suivre Tina qui, jusque- là, donnait l’impression que tout était fini avec Bette- qu’elle lui demande de s’expliquer.
« Au début que j’étais avec elle, j’ai découvert une faiblesse en elle, une fragilité incroyable, peut-être est-ce cela qui m’a plu chez elle. Cette vulnérabilité me donnait encore plus envie de l’aimer.
Quand elle est en plein doute, qu’elle désespère de réussir un projet, elle panique. Alors, à ce moment si particulier, si je la prends dans mes bras et que je lui dise : « je t’aime », à son tour, elle me serre très fort contre elle. Elle commence à m’embrasser. Elle m’embrasse comme si c’était la dernière fois, comme si sa vie en dépendait…. Je craque – comment résister à pareil baiser ? – Elle m’aime avec une telle douceur, une telle tendresse mêlées d’une telle passion que je m’abandonne totalement à cet amour …
Tu comprendras que c’étaient des moments d’une telle intensité que je ne puis les oublier.
- Pourquoi me dis-tu tout cela Tina ?
- Tu vas comprendre. Ces instants sont importants pour elle, lui redonnent confiance. Elle redresse la tête et je retrouve de nouveau une Bette prête à se battre...
Alice l’interrompt à nouveau :
« Tout à l’heure, tu me parlais d’honnêteté, que vient faire l’honnêteté dans cette histoire ?
- Non seulement je n’ai pas été honnête avec Bette mais je l’ai profondément blessée quand j’ai refusé de voir Marcus car il était noir. Souviens- toi, c’était au moment où nous cherchions un donneur.
- Je n’en ai jamais rien su.
- Pour l’honnêteté, je t’explique. Quand Bette a décidé de monter cette « fichue » exposition, elle n’a eu que des ennuis : Franklin, cette Berckley si odieuse et si Peggy Peabody n’était pas intervenue, elle n’aurait rien pu faire.
Elle s’est dépensée sans compter afin de démontrer que cette exposition valait la peine d’être montée. Tu la connais, elle a tout fait pour que tout soit parfait, que ce soit une véritable réussite. Elle est allée au-delà de ses forces ! Elle était épuisée. Elle en finissait par douter de son choix.
Et moi, qu’est-ce que j’ai fait ? je suis partie avec toi et toute la bande faire la fête à Palm Springs, la laissant se débattre seule.
Comme je te le racontais tout à l’heure, quand Bette est en plein doute, elle est totalement vulnérable.
Candace a dû sentir sa fragilité à ce moment -là et Bette a cédé à cette attirance pour se rassurer, se sentir encore aimer, désirer…
-Tu sais ce que je crois Tina après cette longue tirade ? Je crois tout simplement que tu l’aimes toujours !
-Oui, je l’aime encore. La vie sans elle me serait insupportable, impensable ! » répond une Tina tout à fait sûre d’elle maintenant.