HypnoFanfics

L'ivresse des sens

Série : The L Word
Création : 16.01.2020 à 21h12
Auteur : chloe75 
Statut : Terminée

ouvelle histoire de Tibette où tous les sens sont à l’honneur, régalez-vous !

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Tina ne fait pas exception, son sourire éclatant en dit long sur sa satisfaction. Pour fêter cela, nous nous rendons au café restaurant du village où se retrouvent l’ensemble des négociants. J’ai malgré tout un peu peur, ne me sentant pas vraiment dans mon élément. La suite me donne raison puisque des sifflets admiratifs saluent notre entrée.

Il faut dire que le couple que nous formons ne peut laisser indifférent. Moi, une femme métissée de grande taille à la chevelure abondante et à la démarche féline et Tina, fidèle à elle-même,  décontractée, souriante, serrant quelques mains d’habitués. Chacun se félicite de sa journée et c’est autour d’un verre de vin de Cahors et de charcuteries régionales que nous faisons le point.

  • Ça se passe toujours de cette façon à la fin du marché, demandais-je ?
  • Oui, c’est une tradition mais c’est souvent le cas quelque soit le marché, vois-tu.
  • D’après toi, les quantités étaient-elles au rendez-vous aujourd’hui ?
  • On estime être proche des 90 kg ce qui représente le mardi le plus prolifique de cette saison. C’est également à cette époque que leur arôme est aussi le plus développé et donc qu’elles coûtent le plus cher. Aujourd’hui, elles se sont échangées entre 800 et 1 000€ le kg.
  • En effet, c’est impressionnant ! Quelle quantité as-tu acheté ?
  • Une quinzaine de kilos.
  • Et comment vas-tu t’y prendre pour les rapatrier ?
  • En général, je les mets dans des glacières hermétiques que je remonte dès le lendemain mais là j’ai une obligation qui me retient, une urgence à laquelle je ne peux me soustraire, un impératif qui ne peut attendre me dit-elle le plus sérieusement du monde.

Alors là, je suis prise au dépourvu l’espace de quelques secondes. Qu’elle, si prompte à rire et plaisanter prenne ce ton solennel m’interpelle. Oubliant de mâcher, arrêtant le geste portant le verre de vin à ma bouche, je la dévisage en priant le ciel que cette contrainte se situe face à elle. Je bredouillai un « C’est … ? » ce à quoi elle répondit tout net :

  •  
  • … ???
  • On ne peut tout de même pas laisser notre histoire s’arrêter là, n’est-ce-pas ?
  • Je suis évidemment d’accord mais … personne ne t’attend ?
  • Mis à part toi, non ? Ne prends pas cet air perplexe, je t’assure, je suis sincère.
  • C’est que je n’arrive pas à t’imaginer seule !
  • Bette, je me suis fait la même réflexion à ton sujet, alors que veux-tu, il va falloir t’y faire, tu me plais, je te plais, trinquons donc ensemble !

 

Retrouvant cette spontanéité naturelle que la personnalise et que j’adore, elle lève son verre et porte un toast à nos amours naissantes.                                                                                                  


chloe75  (06.02.2020 à 10:44)
  • Tina, peux- tu m’expliquer ce que je mange, j’ignore de quoi il s’agit mais c’est fichtrement bon !
  • Ce sont des fritons de canard. Je t’explique, d’ailleurs il existe aussi les fritons d’oie, c’est aussi délicieux : en fait, lorsqu’on tue les canards gras, il se trouve que tout se mange. Le foie, bien sûr, les gésiers, les magrets, les cuisses, les manchons, le cou que l’on cuit dans leur graisse. Ne reste plus alors que la peau que l’on découpe très finement accompagnée des résidus de viande de la carcasse. Tu mélanges tout ça, tu cuits et voilà !
  • Tout ce gras, c’est très riche… en calories.
  • Bette, laisse-toi porter, tu es ici au pays des épicuriens, de la gourmandise, du bien-vivre et quoique l’on pense, cette région de France est celle où l’espérance de vie est la plus longue. Allez, on a juste une petite visite à faire avant de rentrer. 
  • Tu n’arrêtes jamais ma parole !
  • C’est pour la bonne cause, tu vas voir. J’espère que tu restes dîner avec moi ce soir.
  • Je ne peux résister à ton talent de cuisinière.
  • Qu’à ce talent ? ironise-t-elle tout en me lançant un regard suggestif.

Ne souhaitant pas pour l’instant suivre cette pente dangereuse, je lui demande sagement :

  • Dis-moi plutôt où tu m’emmènes.
  • Puisque c’est comme ça, tu ne le sauras que le moment venu, réplique-t-elle mimant un air boudeur.

Nous partons donc et roulons jusqu’à une ferme où l’entrée est surmontée d’un énorme panneau indiquant en grosses lettres « Rocamadour »

  • Voilà, nous sommes arrivées à destination, s’exclame Tina.
  • ???

Devinant mon incompréhension, Tina m’explique :

  • C’est une chèvrerie et c’est l’heure de la traite. Ces petites bêtes vont fournir le lait nécessaire à la fabrication des cabécous, fromages spécifiques de la région et vendus sous l’appellation « Rocamadour ». Ne t’inquiète-pas, nous n’allons pas les déranger et je ne voudrais pas que tu sois incommodée par l’odeur, c’est assez fort, il faut bien dire. Nous allons juste en acheter à la boutique.
  • Je ne crois pas en avoir déjà goûté.
  • Tu verras, c’est délicieux, accompagné d’une salade et de pain cuit au feu de bois.
  • J’en salive d’avance…        

                                                                                                


chloe75  (07.02.2020 à 14:11)

Nous voici de retour au gîte après avoir traversé Cahors où nous nous sommes attardées quelques instants à admirer son célèbre pont Valentré gardien de la ville à l’époque médiévale et sous lequel coule le Lot.

Après avoir reboosté le poêle, Tina m’indique le programme de la soirée.

  • Bette, il faut nous occuper des truffes.
  • C’est-à-dire ?
  • Quand rentres-tu à Paris ?
  • J’avais prévu de revenir vendredi, pourquoi ?
  • C’est parfait, les truffes peuvent se conserver au sec pendant 5 jours sans problème. Cela me permettrait de m’octroyer 2 jours de « vacances » avec toi puis nous remonterions ensemble, qu’en dis-tu ?
  • Quelqu’un tout à l’heure a insisté pour que je me laisse porter, eh bien, je n’attends que ça lui murmurai-je à l’oreille.
  • Tu es prête à aller jusqu’où Bette ?
  • Tina, avec toi, où tu voudras…

Elle esquissa un sourire, un de ces sourires espiègle, plein de sous-entendus. J’y répondis de la même façon en y ajoutant une once de fantaisie, un zeste de tentation, une pincée de passion. Elle avança un peu, ses yeux plongeant dans les miens, résolument inquisiteurs. Impossible de détourner mon regard, j’étais à sa merci, complètement subjuguée.

Un ouragan de sensations me traversa et instinctivement je fermai les yeux. Quand je les ouvris à nouveau, je constatai qu’elle me fixait avec une détermination déconcertante. Je sentais son regard me mettre à nu. Mes vêtements ne cachaient plus rien, je me sentais déshabillée de la tête aux pieds, vulnérable, incapable du moindre geste. Vaincue, je conjurai Tina de mettre fin à ce doux supplice.


chloe75  (08.02.2020 à 18:35)

En préambule, elle éteint la lumière, la pièce n’étant plus maintenant éclairée que par les flammes de la cheminée et la blancheur luminescente de la lune. Elle se glisse derrière moi, m’enveloppe de ses bras. Son souffle chaud dans mon cou accompagné de tendres baisers aiguise mes sens, affame mon corps. Je veux me retourner ce qu’elle ne permet pas. Je me prête alors à son jeu érotique.

Ses mains passent sous mon pull à même la peau qu’elle parcourt lentement. Elle l’enlève, le soutien-gorge aussi et je sens la pointe de mes seins durcir sous ses caresses. Le déshabillage se poursuit jusqu’à ma totale nudité et pendant quelques secondes je sais qu’elle m’examine portant ainsi mon excitation à son comble. Sa langue remontant le long de mon épine dorsale provoque de telles décharges électriques que n’en pouvant plus, je me retourne pour prendre sa bouche avec avidité. Je la reconnais et me délecte de ses lèvres, de sa langue agile qui contribue à propager le feu dans mes veines.

A mon tour de la déshabiller et de découvrir sa peau satinée, son grain qui accroche la lumière lunaire. Ça y est, je tiens ma proie, n’envisageant pas qu’elle puisse m’échapper. Ce qu’elle fait mais pour tout simplement nous allonger sur le canapé. Nous nous admirons mutuellement, elle du dégradé clair-obscur de ma peau ambrée, moi de la perfection de ses lignes, de la courbure de ses épaules. Nos nudités comme autant de contrastes, le feu s’accordant avec la glace, le noir et le blanc mélangés. Et juste là,  sur le côté, elle.

Nos caresses, nos baisers reprennent, de plus en plus pressants, de plus en plus précis. La tornade s’installe au creux de nos hanches, nos mouvements sont d’abord lents et réguliers, il faut plusieurs minutes avant que la cadence s’accélère jusqu’à être prise de vitesse, jusqu’à l’apothéose.

Cette crispation de tous nos muscles empêche toute expression si ce n’est celle de nos lèvres que l’on devine dire « je t’aime ». Puis un gémissement profond, presque une plainte empreinte de mélancolie jaillit de tout notre être. Nous restons alors à nous contempler, à nous sourire, en communion parfaite. Aucune ne veut prendre l’initiative de bouger, afin de conserver la sensation de ce dernier instant.


chloe75  (09.02.2020 à 10:25)

Pourtant, il le faut bien, cet exercice sensuel m’ayant ouvert l’appétit. Lovée contre Tina, je lui suggère :

  • Ma chérie, que dirais-tu de nous restaurer, j’ai besoin de reprendre des forces et la salade dont tu m’as parlée me fait diablement envie.
  • A une condition.
  • Laquelle ?
  • Que tu passes la nuit avec moi.
  • Oh là là, il faut que je réfléchisse. Voyons, existe-t-il une alternative ? Si je pars, je perds tout et si je reste, je te gagne et en plus je dîne à l’œil. Quel dilemme ? Laissant passer quelques secondes en feignant d’hésiter, je ne pus que m’exclamer : c’est oui, oui, oui !

Un dernier baiser scelle notre accord et Tina m’exhorte à me lever par ces mots :

  • Au boulot, debout ma chère et tendre !

Après un rhabillage rapide, place à la préparation gastronomique du jour : les cabécous panés. 

  • Bette, voici des filets de magret de canard fumé, peux-tu retirer le gras pendant que je m’occupe des cabécous ?
  • D’accord et je regarde ta technique en même temps.
  • C’est très simple, cela s’appelle la double panure. Regarde, je tourne et retourne le fromage dans l’œuf battu, je l’égoutte puis l’enveloppe de panure. Je recommence l’opération, son avantage est d’abriter le fromage pour ne pas qu’il s’écoule et forme une bouillie informe lorsqu’il dore dans le beurre chaud.
  • C’est plus simple qu’on ne pourrait le penser.
  • Oui, pas besoin d’être un chef étoilé. Et voilà le travail !

Il ne reste plus qu’à dresser les assiettes avec les filets de magret et les cabécous chauds surmontant la salade agrémentée de vinaigre balsamique et d’huile de noix.

  • Qu’en-penses-tu, Bette, c’est appétissant ?
  • Oui, mais je dois t’avouer qu’en tant qu’américaine, j’ai un peu peur des fromages forts.
  • N’aie nulle crainte ici, ceux-ci n’ont été affinés que quelques jours et si le fait qu’ils soient chauds développe ses arômes, son goût subtil de noisette et sa texture moelleuse devraient te plaire. Allez, n’hésite pas !
  • Je dois avouer que c’est excellent, ces ingrédients se marient à merveille et avec ce pain, c’est un vrai plaisir !
  • Je suis contente que tu apprécies mais tu n’as pas encore fait le tour de toutes les spécialités.
  • Que me réserves-tu donc comme autre surprise ?
  • Tu le sauras demain, pour l’heure, j’ai en tête d’autres spécialités mais dans un domaine bien différent.
  • Tiens donc ! Et je peux savoir de quoi il s’agit ?
  • Approche donc, Bette.

                                                      


chloe75  (16.02.2020 à 18:38)

Je m’exécute bien volontiers ne demandant qu’à poursuivre ma quête du corps de Tina.

  • J’ai envie de toi, me dit-elle simplement avec son insouciance coutumière.

A ces mots, mon pouls s’emballe, il faut que je me calme pour ne pas lui montrer que j’appréhende ce qui va suivre. Je me dois de la rendre heureuse, elle qui en quelques jours a bouleversé ma vie au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer. Ne plus être seule enfin, avoir de nouveau la chance de partager, le pouvoir d’aimer, tout cela semble d’une telle évidence quand elle est là !

Tendrement, mes mains caressent son visage à la peau diaphane, mes doigts en suivent le contour régulier  puis vient le tour de ses yeux qu’elle ne peut se retenir de fermer. Je poursuis ma découverte à l’affût de la moindre tâche de rousseur, souligne la pureté de l’oreille parfaitement ourlée puis m’attarde sur ses lèvres que je sens  fébriles.

Je m’en empare, les mordille gentiment. Nos bouches s’ouvrent alors tout naturellement et commence alors un long ballet de baisers. La  rencontre de nos langues stimule tous nos sens et en quelques secondes, nous nous retrouvons nues, impatientes de nous enlacer, avides de nous embraser, de retrouver cette chaleur animale. Nos corps enflammés réclament toujours plus de caresses, de baisers.

Quel plaisir de chercher, de trouver puis de titiller les points sensibles qui déclenchent des vagues de frissons et de gémissements. Et lorsque mon attention devient plus intime, l’ondulation des hanches de ma belle s’accélère, son corps se cabre tandis que ses mains malmènent le drap jusqu’à l’explosion finale.

Je me love alors contre elle, la tête dans son cou à la recherche d’un abri bienveillant. Puis, petit à petit, la tension baisse, les battements de son cœur diminuent d’intensité pendant qu’elle passe et repasse ses mains dans mes cheveux étalés. Nul besoin de paroles, la symbiose entre nous ne fait aucun doute, la sérénité est là. Qu’il est agréable d’aimer serait résumer le sentiment qui m’habite profondément.


chloe75  (17.02.2020 à 16:52)

Le matin nous surprend les membres emmêlés comme s’il était impossible maintenant de nous séparer. Cette position improbable n’a cependant pas altéré notre sommeil, rassurées sans doute de nous savoir protéger mutuellement.

Quelques baisers dans le cou suffisent à éveiller ma douce qui s’étonne une seconde de ma présence. Fort heureusement, un sourire radieux ne tarde pas à irradier son visage. Son premier geste est d’attraper ma nuque pour un premier baiser matinal que j’interromps quelques secondes plus tard pour lancer :

  • Tina, je meurs de faim !
  • Et moi, je meurs de toi ! réplique-t-elle d’un ton énamouré.
  • Je te crois sur parole mais pour éviter d’en arriver à cette extrémité, ne vaudrait-il pas mieux nous sustenter ? Je suis persuadée que ta cuisine recèle d’autres trésors que tu MEURS d’envie de me faire découvrir, n’est-ce-pas mon amour ?
  • Si j’ai bien compris, je n’ai pas le choix.
  • C’est tout à fait ça, allez ouste, debout !
  • Une petite douche d’abord, c’est possible ?
  • Tu sais me prendre par les sentiments, Tina, allons-y.
  • Qui a dit ensemble ?

Je ne pus manquer d’ironiser, l’occasion étant trop belle :

  • Allez, laisse-toi porter baby…
  • Ok, j’ai compris, tu l’auras voulu !

Nous voici donc reparties à la conquête de nos corps.     


chloe75  (19.02.2020 à 12:05)

Après un petit déjeuner roboratif et un passage  éclair à la chambre d’hôtes pour régler mon départ, Tina me propose une balade dans la campagne environnante.

  • Par quoi allons commencer, lui demandai-je ?
  • Nous allons sillonner les routes et nous nous arrêterons dans de petits villages typiques moins emblématiques que par exemple Saint-Cirq-Lapopie mais qui ont tout autant de charmes.
  • Et pour le repas ?
  • Eh bien ça alors, je ne pensais pas te convertir si rapidement à la gastronomie de cette région ! Tu ne vas pas être déçue, nous allons manger dans une ferme auberge nichée au bout du bout du fin fond d’un chemin quasi inaccessible dans un endroit désertique où le seul voisinage est celui de moutons à lunettes noires.

Je ne pus m’empêcher de rire.

  • Quoi, des moutons à lunettes ?
  • Oui, c’est une race reconnaissable à leurs yeux cerclés de noir et qui s’est acclimatée à cette région. Allez, en route.

Après quelques kilomètres nous faisons halte dans le petit village d’Autoire surnommé « le petit Versailles ». Manoirs et châteaux, cascade et fontaines, cirque et falaises sont réunis dans un périmètre restreint et c’est un bonheur pour les yeux d’emmagasiner une telle diversité de richesses.

Puis notre périple nous amène à Loubressac où un panorama exceptionnel s’offre à nous. Trois vallées se dévoilent et nous pouvons apercevoir comme autant de sentinelles, les châteaux de Castelnau, de Montal et les tours de Saint-Laurent. La promenade dans le village confirme ce que je pressentais : je suis devenue accro à l’architecture de ces petits villages. Toutes ces maisons à colombages, ces couleurs chaudes, ces ruelles pavées ou pierrées m’inspirent.

Assises sur un banc près du promontoire, je m’en ouvre à Tina.

  • Je crois que je suis tombée amoureuse.

Elle se tourne vers moi, attentive à la suite qu’elle provoque en lançant :

  • De qui ?

Oups, perdue dans ma contemplation, je n’avais pas envisagée cette question mais plutôt « de quoi ? ». Je ne dois pas commettre d’impair et réfléchis à formuler au mieux une réponse qui, je le sais, doit être adéquate.

  • Vois-tu, j’essaie de me projeter dans l’avenir. Il est acquis que je ne peux concevoir désormais ma vie qu’avec toi, auprès de toi. Il est vrai aussi que je suis conquise par tout ce que tu me fais découvrir. Pourtant, je n’ai habité que dans de grandes villes où à chaque coin de rue la découverte est au rendez-vous. En revanche ici, si les surprises sont bien réelles, prendre son temps pour les dénicher est un atout incontestable. Rien n’est obtenu dans l’instant, la quête se mérite. Alors voilà, oui, je suis amoureuse de toi et oui, je suis amoureuse de ce pays. J’y reviendrai sans aucun doute et avec toi, j’espère. Es-tu satisfaite de cette réponse, ma chérie ?
  • Je n’aurais jamais soupçonné que tu puisses adopter cette région mais tu as raison, elle est digne de toi, belle, généreuse, captivante, envoûtante… Bette, mon amour de toi ne fait que commencer et je ne demande qu’une chose, qu’il s’épanouisse de jour en jour.

Elle conclut en m’embrassant fougueusement puis joyeusement déclare :

  • Cette promenade m’a ouvert l’appétit, es-tu prête à affronter l’Everest ?
  • ???
  • Je t’emmène ripailler, cherche ce que ça signifie pendant le trajet, me dit-elle ravie de mon incompréhension.

chloe75  (20.02.2020 à 11:13)
  • Tina, où m’as-tu donc amené ? demandais-je devant cette ferme perdue au milieu de nulle part.
  • Dans un endroit inoubliable à tous points de vue.
  • C’est à dire ?
  • Viens et tu vas comprendre rapidement.

Nous pénétrons dans une salle immense dotée de longues tables en chêne autour desquelles sont disposés de simples bancs. Au centre trône une cheminée ouverte où des rôtissoires chargées l’une d’un agneau, l’autre d’un porcelet tournent tranquillement sous l’œil avisé du maître des lieux. Une trentaine de convives en tenue de gendarme est déjà installée, prête à festoyer.

Nous avançons de quelques pas lorsque mon expression se fige à la vue de la créature sortie tout droit d’un roman de Rabelais. Une femme de taille impressionnante, dotée d’un corps englouti dans une montagne de graisse nous fait face. Sa stature phénoménale, ses fesses callipyges la font ressembler à l’ogre qui hantait mes souvenirs d’enfant.

Tina fit les présentations et ma stupéfaction changea de registre. A mon grand étonnement, sa voix douce et mélodieuse balaya dans l’instant l’effroi qu’elle m’avait inspiré et son sourire avenant ne fit que renforcer cette sensation. Quand elle annonça qu’elle était la cuisinière, en mon for intérieur, je ne me sentis pas vraiment rassurée.

Son mari abandonna sa surveillance pour nous saluer et nous placer. D’allure insignifiante, passe-partout sans néanmoins être chétif, il formait avec sa femme un couple pour le moins hétéroclite. Tina en profita pour me dire, railleuse :

  • Ferme la bouche, tu ressembles à un poisson privé d’oxygène !
  • Admets quand même que ce n’est pas tous les jours qu’il est donné de voir ça !
  • Je t’avais prévenue, attends la suite.

Notre hôte nous fit comprendre qu’il n’y avait qu’un seul repas possible et que si on le désirait, il pouvait nous servir le premier plat.


chloe75  (21.02.2020 à 18:45)

Arrive servie sur un plateau « la salade de gésiers de canard ». Composée de salade, noix, tranches de magrets de canard fumé, gésiers chauds, pignons de pin, elle est surmontée de tranches de foie gras truffé. Alors que nous ne sommes que deux, il y en a au moins pour le double ! Je lève les yeux vers Tina et déclare :

  • Nous sommes censées avaler tout ça ?
  • La bienséance voudrait que tu en laisses le moins possible, tu ne veux pas les offenser n’est-ce-pas ?
  • J’aimerais être à L.A en ce moment, je pourrais demander qu’on me fasse un doggy-bag. Comment veux-tu que j’ingurgite tout ça ?
  • Eh bien, avec du temps. Et puis, tu es en bonne compagnie et bien gardée, alors profite !
  • Dis-moi Tina, justement, pourquoi y-a-t-il un tel rassemblement de gendarmes ?
  • Ce sont en fait des maîtres-chiens. C’est à Gramat que sont formées toutes les équipes cynophiles de la gendarmerie nationale et leurs chiens sont des experts dans l’art de découvrir qui, de la drogue, des explosifs, des armes ou même des billets de banque. Ils font leurs preuves également dans les techniques de défense ou d’assaut.
  • Je comprends mieux pourquoi ils sont si nombreux ici.
  • Bette, juste sur ta gauche, il y en a un qui n’a d’yeux que pour toi !
  • Je ne peux pas lui reprocher d’avoir bon goût et puis il porte bien l’uniforme, soulignais-je d’un ton taquin.
  • Me serais-tu déjà infidèle ? s’insurge ma douce.
  • Tu as de la chance qu’il n’y ait exclusivement que des hommes, draguer une « maîtresse-chien » ne m’aurais pas déplu. Ça aurait en outre enrichi mon C.V.
  • Je m’en doutais, finalement, tu n’es qu’une coureuse de jupons ! s’exclame Tina.
  • Eh oui… je suis comme je suis, je suis faite comme ça et n’y puis rien changé !

chloe75  (22.02.2020 à 14:44)

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