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Série : The L Word
Création : 16.01.2020 à 21h12
Auteur : chloe75
Statut : Terminée
ouvelle histoire de Tibette où tous les sens sont à l’honneur, régalez-vous !
Cette fanfic compte déjà 36 paragraphes
Tina ne fait pas exception, son sourire éclatant en dit long sur sa satisfaction. Pour fêter cela, nous nous rendons au café restaurant du village où se retrouvent l’ensemble des négociants. J’ai malgré tout un peu peur, ne me sentant pas vraiment dans mon élément. La suite me donne raison puisque des sifflets admiratifs saluent notre entrée.
Il faut dire que le couple que nous formons ne peut laisser indifférent. Moi, une femme métissée de grande taille à la chevelure abondante et à la démarche féline et Tina, fidèle à elle-même, décontractée, souriante, serrant quelques mains d’habitués. Chacun se félicite de sa journée et c’est autour d’un verre de vin de Cahors et de charcuteries régionales que nous faisons le point.
Alors là, je suis prise au dépourvu l’espace de quelques secondes. Qu’elle, si prompte à rire et plaisanter prenne ce ton solennel m’interpelle. Oubliant de mâcher, arrêtant le geste portant le verre de vin à ma bouche, je la dévisage en priant le ciel que cette contrainte se situe face à elle. Je bredouillai un « C’est … ? » ce à quoi elle répondit tout net :
Retrouvant cette spontanéité naturelle que la personnalise et que j’adore, elle lève son verre et porte un toast à nos amours naissantes.
Ne souhaitant pas pour l’instant suivre cette pente dangereuse, je lui demande sagement :
Nous partons donc et roulons jusqu’à une ferme où l’entrée est surmontée d’un énorme panneau indiquant en grosses lettres « Rocamadour »
Devinant mon incompréhension, Tina m’explique :
Nous voici de retour au gîte après avoir traversé Cahors où nous nous sommes attardées quelques instants à admirer son célèbre pont Valentré gardien de la ville à l’époque médiévale et sous lequel coule le Lot.
Après avoir reboosté le poêle, Tina m’indique le programme de la soirée.
Elle esquissa un sourire, un de ces sourires espiègle, plein de sous-entendus. J’y répondis de la même façon en y ajoutant une once de fantaisie, un zeste de tentation, une pincée de passion. Elle avança un peu, ses yeux plongeant dans les miens, résolument inquisiteurs. Impossible de détourner mon regard, j’étais à sa merci, complètement subjuguée.
Un ouragan de sensations me traversa et instinctivement je fermai les yeux. Quand je les ouvris à nouveau, je constatai qu’elle me fixait avec une détermination déconcertante. Je sentais son regard me mettre à nu. Mes vêtements ne cachaient plus rien, je me sentais déshabillée de la tête aux pieds, vulnérable, incapable du moindre geste. Vaincue, je conjurai Tina de mettre fin à ce doux supplice.
En préambule, elle éteint la lumière, la pièce n’étant plus maintenant éclairée que par les flammes de la cheminée et la blancheur luminescente de la lune. Elle se glisse derrière moi, m’enveloppe de ses bras. Son souffle chaud dans mon cou accompagné de tendres baisers aiguise mes sens, affame mon corps. Je veux me retourner ce qu’elle ne permet pas. Je me prête alors à son jeu érotique.
Ses mains passent sous mon pull à même la peau qu’elle parcourt lentement. Elle l’enlève, le soutien-gorge aussi et je sens la pointe de mes seins durcir sous ses caresses. Le déshabillage se poursuit jusqu’à ma totale nudité et pendant quelques secondes je sais qu’elle m’examine portant ainsi mon excitation à son comble. Sa langue remontant le long de mon épine dorsale provoque de telles décharges électriques que n’en pouvant plus, je me retourne pour prendre sa bouche avec avidité. Je la reconnais et me délecte de ses lèvres, de sa langue agile qui contribue à propager le feu dans mes veines.
A mon tour de la déshabiller et de découvrir sa peau satinée, son grain qui accroche la lumière lunaire. Ça y est, je tiens ma proie, n’envisageant pas qu’elle puisse m’échapper. Ce qu’elle fait mais pour tout simplement nous allonger sur le canapé. Nous nous admirons mutuellement, elle du dégradé clair-obscur de ma peau ambrée, moi de la perfection de ses lignes, de la courbure de ses épaules. Nos nudités comme autant de contrastes, le feu s’accordant avec la glace, le noir et le blanc mélangés. Et juste là, sur le côté, elle.
Nos caresses, nos baisers reprennent, de plus en plus pressants, de plus en plus précis. La tornade s’installe au creux de nos hanches, nos mouvements sont d’abord lents et réguliers, il faut plusieurs minutes avant que la cadence s’accélère jusqu’à être prise de vitesse, jusqu’à l’apothéose.
Cette crispation de tous nos muscles empêche toute expression si ce n’est celle de nos lèvres que l’on devine dire « je t’aime ». Puis un gémissement profond, presque une plainte empreinte de mélancolie jaillit de tout notre être. Nous restons alors à nous contempler, à nous sourire, en communion parfaite. Aucune ne veut prendre l’initiative de bouger, afin de conserver la sensation de ce dernier instant.
Pourtant, il le faut bien, cet exercice sensuel m’ayant ouvert l’appétit. Lovée contre Tina, je lui suggère :
Un dernier baiser scelle notre accord et Tina m’exhorte à me lever par ces mots :
Après un rhabillage rapide, place à la préparation gastronomique du jour : les cabécous panés.
Il ne reste plus qu’à dresser les assiettes avec les filets de magret et les cabécous chauds surmontant la salade agrémentée de vinaigre balsamique et d’huile de noix.
Je m’exécute bien volontiers ne demandant qu’à poursuivre ma quête du corps de Tina.
A ces mots, mon pouls s’emballe, il faut que je me calme pour ne pas lui montrer que j’appréhende ce qui va suivre. Je me dois de la rendre heureuse, elle qui en quelques jours a bouleversé ma vie au-delà de tout ce que j’aurais pu imaginer. Ne plus être seule enfin, avoir de nouveau la chance de partager, le pouvoir d’aimer, tout cela semble d’une telle évidence quand elle est là !
Tendrement, mes mains caressent son visage à la peau diaphane, mes doigts en suivent le contour régulier puis vient le tour de ses yeux qu’elle ne peut se retenir de fermer. Je poursuis ma découverte à l’affût de la moindre tâche de rousseur, souligne la pureté de l’oreille parfaitement ourlée puis m’attarde sur ses lèvres que je sens fébriles.
Je m’en empare, les mordille gentiment. Nos bouches s’ouvrent alors tout naturellement et commence alors un long ballet de baisers. La rencontre de nos langues stimule tous nos sens et en quelques secondes, nous nous retrouvons nues, impatientes de nous enlacer, avides de nous embraser, de retrouver cette chaleur animale. Nos corps enflammés réclament toujours plus de caresses, de baisers.
Quel plaisir de chercher, de trouver puis de titiller les points sensibles qui déclenchent des vagues de frissons et de gémissements. Et lorsque mon attention devient plus intime, l’ondulation des hanches de ma belle s’accélère, son corps se cabre tandis que ses mains malmènent le drap jusqu’à l’explosion finale.
Je me love alors contre elle, la tête dans son cou à la recherche d’un abri bienveillant. Puis, petit à petit, la tension baisse, les battements de son cœur diminuent d’intensité pendant qu’elle passe et repasse ses mains dans mes cheveux étalés. Nul besoin de paroles, la symbiose entre nous ne fait aucun doute, la sérénité est là. Qu’il est agréable d’aimer serait résumer le sentiment qui m’habite profondément.
Le matin nous surprend les membres emmêlés comme s’il était impossible maintenant de nous séparer. Cette position improbable n’a cependant pas altéré notre sommeil, rassurées sans doute de nous savoir protéger mutuellement.
Quelques baisers dans le cou suffisent à éveiller ma douce qui s’étonne une seconde de ma présence. Fort heureusement, un sourire radieux ne tarde pas à irradier son visage. Son premier geste est d’attraper ma nuque pour un premier baiser matinal que j’interromps quelques secondes plus tard pour lancer :
Je ne pus manquer d’ironiser, l’occasion étant trop belle :
Nous voici donc reparties à la conquête de nos corps.
Après un petit déjeuner roboratif et un passage éclair à la chambre d’hôtes pour régler mon départ, Tina me propose une balade dans la campagne environnante.
Je ne pus m’empêcher de rire.
Après quelques kilomètres nous faisons halte dans le petit village d’Autoire surnommé « le petit Versailles ». Manoirs et châteaux, cascade et fontaines, cirque et falaises sont réunis dans un périmètre restreint et c’est un bonheur pour les yeux d’emmagasiner une telle diversité de richesses.
Puis notre périple nous amène à Loubressac où un panorama exceptionnel s’offre à nous. Trois vallées se dévoilent et nous pouvons apercevoir comme autant de sentinelles, les châteaux de Castelnau, de Montal et les tours de Saint-Laurent. La promenade dans le village confirme ce que je pressentais : je suis devenue accro à l’architecture de ces petits villages. Toutes ces maisons à colombages, ces couleurs chaudes, ces ruelles pavées ou pierrées m’inspirent.
Assises sur un banc près du promontoire, je m’en ouvre à Tina.
Elle se tourne vers moi, attentive à la suite qu’elle provoque en lançant :
Oups, perdue dans ma contemplation, je n’avais pas envisagée cette question mais plutôt « de quoi ? ». Je ne dois pas commettre d’impair et réfléchis à formuler au mieux une réponse qui, je le sais, doit être adéquate.
Elle conclut en m’embrassant fougueusement puis joyeusement déclare :
Nous pénétrons dans une salle immense dotée de longues tables en chêne autour desquelles sont disposés de simples bancs. Au centre trône une cheminée ouverte où des rôtissoires chargées l’une d’un agneau, l’autre d’un porcelet tournent tranquillement sous l’œil avisé du maître des lieux. Une trentaine de convives en tenue de gendarme est déjà installée, prête à festoyer.
Nous avançons de quelques pas lorsque mon expression se fige à la vue de la créature sortie tout droit d’un roman de Rabelais. Une femme de taille impressionnante, dotée d’un corps englouti dans une montagne de graisse nous fait face. Sa stature phénoménale, ses fesses callipyges la font ressembler à l’ogre qui hantait mes souvenirs d’enfant.
Tina fit les présentations et ma stupéfaction changea de registre. A mon grand étonnement, sa voix douce et mélodieuse balaya dans l’instant l’effroi qu’elle m’avait inspiré et son sourire avenant ne fit que renforcer cette sensation. Quand elle annonça qu’elle était la cuisinière, en mon for intérieur, je ne me sentis pas vraiment rassurée.
Son mari abandonna sa surveillance pour nous saluer et nous placer. D’allure insignifiante, passe-partout sans néanmoins être chétif, il formait avec sa femme un couple pour le moins hétéroclite. Tina en profita pour me dire, railleuse :
Notre hôte nous fit comprendre qu’il n’y avait qu’un seul repas possible et que si on le désirait, il pouvait nous servir le premier plat.
Arrive servie sur un plateau « la salade de gésiers de canard ». Composée de salade, noix, tranches de magrets de canard fumé, gésiers chauds, pignons de pin, elle est surmontée de tranches de foie gras truffé. Alors que nous ne sommes que deux, il y en a au moins pour le double ! Je lève les yeux vers Tina et déclare :