Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Criminal Minds
Création : 29.06.2011 à 11h18
Auteur : alexborgia
Statut : Abandonnée
« Salut à tous! Ceci est mon premier épisode virtuel, alors je vousprie d'être indulgents... Cet épisode se situerait à peu près entre les épisodes 16 et 17 de la saison deux. Bonne lecture! » alexborgia
Cette fanfic compte déjà 9 paragraphes
Flint, Texas, 346 habitants.
Le lieutenant James Hoak déplaca péniblement la lourde porte qui fermait l'entrée de la grange. La puanteur le faisait suffoquer. Il avait trouvé le cadavre, enfin, les cadavres, le matin précédent, mais la chaleur était telle qu'il avait préféré refermer la grange pour éviter que l'odeur n'indispose tout le village. Tout le monde était déjà assez retourné par toute cette histoire.
Hoak soupira. A présent, l'équipe d'experts médicale n'allait pas tarder à arriver de Dallas. Hoak soupira encore une fois. Et dire qu'il avait choisi cette affectation pour être tranquille... Il avait déjà vu assez d'horreur en Irak.
Il se retourna brusquement en entendant une brindille craquer. Il posa d'un geste presque naturel la main sur le Glock accroché à sa ceinture; mais il se rassura assez vite en reconnaissant le brigadier Lenton, un vieux de la vieille (qui appartenait à la police de Flint depuis sa création 25 ans plus tôt), traîner péniblement ses cent vingt-cinq kilos sur le chemin caillouteux qui menait à la grange.
HOAK: Du nouveau pour les experts de Dallas?
LENTON: Ils viennent d'arriver, chef, ils devraient être là d'ici...
Il consulta sa montre:
LENTON: Ben, d'ici maintenant.
Maintenant plus vingt minutes plus tard, le camion de la Scientifique débarqua sur le chemin en remuant de larges volutes de poussières.
La portière avant s'ouvrit sur un homme rondouillard au visage poupin: Hector Valmer, le chef de la police scientifique de Dallas.
VALMER: J'espère que vous ne m'avez pas fait venir pour rien, lieutenant.
HOAK: J'aurais préféré ne pas avoir à le faire, croyez-moi.
Valmer le toisa un instant, puis, avec son équipe, alla s'installer dans la grange avec tout le matériel. Hoak les regarda s'agiter sans rien dire, puis il ordonna à Lenton de retourner au bureau qui leur servait de commsariat, afin de vérifier l'arrivée du médecin légiste et de lui rapporter son organiseur. Il fallait qu'il vérifie une adresse. Il se doutait bien qu'il allait devoir la contacter tôt ou tard, même si c'était la dernière personne à qui il avait envie de parler.
Le légiste arriva à temps pour confirmer les hypothèses de Valmer. Hoak ne comprenait pas grand-chose au jargon scientifique, mais il avait saisi le plus important: celui qui avait laissé ce cadavre dans cette grange l'avait foutu dans un sacré merdier.
Il décrocha son portable, commença à chercher un numéro, puis se ravisa: il valait mieux qu'il aille à Washington en personne s'il voulait être écouté.
Le légiste, Sam Clapper, lui annonça qu'il aurait fini l'autopsie le lendemain en début d'après-midi. Hoak regarda sa montre: il était vingt-deux heures passées, et il faisait une chaleur à crever. Il soupira encore une fois, se dit qu'il aurait dû demander à Lenton de lui ramener une bière, puis il se dirigea vers son vieux 4x4 poussièreux, avec l'expression de celui qui vient de marcher dedans, et du mauvais pied en plus.
En descendant vers Flint, Hoak réfléchissait à ce qu'il allait devoir faire. Aller la voir signifiait reprendre son ancienne vie, celle qu'il avait abandonnée cinq mois plus tôt lorsqu'il était sorti de Bethesda, l'hôpital militaire, et qu'il était venu s'installer au Texas, dans ce petit village isolé. Après avoir passé cinq ans sous les balles en Irak, puis neuf mois dans le coma suite à d'importantes blessures, il avait décidé de disparaître. Enfin, presque. Il avait pris un poste de lieutenant de police à Flint, et avait pris le nom de Hoak. Avant, il s'appelait Buck, James Buck Jr. Et son père... eh bien, son père était un beau salaud. Bref, en tout cas, il avait changé de nom pour échapper à son passé; mais là, avec cette affaire, il allait devoir redevenir James Buck Jr. Et merde! On lui avait pourtant bien dit qu'il ne se passait jamais rien à Flint! Aucun meurtre depuis 1874, et voilà qu'au moment où il débarquait, un petit con venait larguer un cadavre à Flint.
En passant devant le commissariat, il croisa Lenton qui lui remit son organiseur.
- Ecoute, Lenton, fit Buck d'une voix basse et sourde. Je vais partir à Washington pour trouver des gens capables de nous filer un coup de main sur cette affaire. Dis à Clapper de faxer les résultats de l'autopsie à cette adresse, quand il aura terminé. Je devrais revenir d'ici deux jours, je t'appellerais pour te prévenir, ok?
Sans laisser à son adjoint le temps de lui poser des questions, Buck démarra sur les chapeaux de roues. Lenton regarda l'organiseur et lut l'adresse que lui avait indiqué son supérieur. Le FBI? Quantico? Lenton ne savait pas grand-chose de son lieutenant; mais s'il y avait une chose dont il était sûr, c'est qu'il détestait le FBI. Il croyait se souvenir que ça avait un rapport avec son père, ou avec une femme. Ou les deux.
Aaron Hotchner: "Insensé celui qui, meurtrier du père, laissera vivre les enfants". Aristote.
Dans les bureaux de la BAU, Pénélope Garcia se dirgeait vers le bureau d'Emily Prentiss:
- Dis-moi, Prentiss, c'est qui le beau gosse brun qui est dans le bureau de JJ?
- J'en sais rien, mais ça fait bien dix bonnes minutes qu'ils sont enfermés là-dedans...
Dans le bureau de JJ, cette dernière fusillait du regard le jeune officier qui se trouvait en face d'elle.
- Mais à quoi tu pensais en venant ici? Tu trouves un cadavre et hop! tu t'imagines que mes collègues et moi on va se précipiter pour résoudre cette affaire à ta place? Le Département des Sciences du Comportement n'a pas été créé pour remplacer les officiers de police incompétents!
- Ce n'est pas un cadavre comme les autres, JJ. C'est un... enfin, il faut que tu lise le rapport d'autopsie.
- Oui, mais il se trouve que tu ne m'as même pas apporté ça.
- Attends, le légiste devrait te le faxer d'ici quelques instants...
Sur ce, et avec la remarquable ponctualité qui est d'habitude l'apanage du monde du cinéma, le fax se mit en marche et, quelques minutes plus tard, JJ avait le rapport de Clapper entre les mains.
- Ah, oui, je vois, ce n'est tout de même pas banal, dit-elle sur un ton tout de suite plus professionnel. Et pourquoi tu ne m'as pas appelée? Ce serait allé plus vite, ça t'aurait éviter le déplacement.
- Tu m'aurais répondu? demanda Buck, d'une voix plus agressive qu'il ne l'aurait voulu.
JJ préféra ne pas répondre et sortit de son bureau. En bas, Garcia et Emily avaient été rejointes par Morgan et Reid. Ce dernier s'apprêtait à mordre dans un énorme beignet couvert de sucre glace quand JJ lança à la volée:
- Tout le monde en salle de réunion!
Avant de faire demi-tour en s'apercevant qu'elle n'avait pas photocopié le rapport du légiste pour l'équipe.
Dans la salle de réunion, tous les agents étaient déjà installés quand JJ entra dans la pièce, Buck sur les talons. Elle distribua rapidement les dossiers avant de faire les présentations:
- Lieutenant James Buck, voici Pénélope Garcia, notre analyste, le docteur Spencer Reid, et les agents Derek Morgan, Emily Prentiss, Jason Gideon et...
- Aaron Hotchner, l'interrompit Buck.
Hotch, qui était jusque là plongé dans le rapport du légiste, leva la tête avec étonnement:
- On... on se connaît ? demanda-t-il au jeune officier.
- En quelque sorte, répondit ce dernier. Vous avez tué mon père.
Un silence glacial accueillit ses déclarations. Morgan et Garcia se regardèrent en coin, JJ fixait son supérieur avec un regard apeuré; et Reid, qui avait entreprit de lécher ses mains pleines de sucre, suspendit son geste, un doigt dans la bouche.
Buck regardait Hotch comme s'il voulait lui arracher les yeux. Il avait oublié, en venant ici, que Aaron Hotchner dirigeait la BAU. Les muscles tendus à mort, il semblait prêt à lui sauter dessus. JJ posa une main sur son épaule pour le retenir. Reid extirpa son index de sa bouche, l'essuya sur son pantalon et se tassa un peu plus dans son siège.
Ce fut Gideon qui brisa le silence:
- Alors, lieutenant, vous avez une affaire qui nécessite l'aide du Département?
Buck détacha lentement son regard de Hotch, et se tourna vers Gideon:
- C'est exact. Il y a cinq jours, quelqu'un a fait paraître dans le quotidien local une annonce indiquant la présence d'un cadavre dans la grange du vieux Joe. On ne l'a pas vraiment pris au sérieux, un cadavre à Flint c'est comme de la neige en été. Le lendemain matin, je suis quand même allé vérifier, et j'ai trouvé ça.
JJ afficha sur l'écran l'image du cadavre, ce qui provoqua des moues de dégoût chez les agents.
- C'est un... commença Garcia.
- C'est une... continua Prentiss.
- C'est un puzzle humain, conclut Reid.
- Le rapport du légiste fait état de la présence de parties de corps humains, provenant d'une vingtaine d'individus différents, lut Reid.
- Vingt-quatre, pour être précis, ajouta Gideon. Vous avez une idée de la raison qui aurait poussé le tueur à laisser son... oeuvre dans votre ville? demanda-t-il ensuite à Buck.
- J'en ai aucune idée, avoua ce dernier; mais ce dont je suis sûr, c'est que je suis dans la...
- Si le but de ce tueur est juste de montrer son oeuvre, l'interrompit JJ, il y a fort à parier qu'il ne tuera plus personne, non?
- C'est probable, commença Hotch, mais...
- Parfait, le coupa JJ. Merci d'être passé, James, mais tu devrais pouvoir te débrouiller tout seul, personne n'est en danger.
La salle fut à nouveau plongée dans le silence. Personne n'avais jamais vu JJ réagir de cette façon. D'habitude, c'était plutôt elle qui insistait pour que l'équipe s'occupe de tel ou tel dossier.
-Attends, JJ, fit Hotch d'un ton diplomate, il se pourrait que ce tueur ait pris goûts au meurtre et veuille créer un autre puzzle comme celui-ci.
- De plus, embraya Reid à sa vitesse habituelle, le fait qu'il ait eu la patience d'attendre pour tuer ses victimes, prélever sur elle le morceau qu'il voulait, les conserver et les assembler ainsi montre qu'il est extrêmement organisé; c'est probablement un sadique sexuel, un sociopathe, comme...
- Comme Franck, dit Gideon.
- Frank? s'étonna Morgan. C'est pas possible, c'est pas son terrain de chasse, et puis, maintenant qu'il a Jane, il a promis de ne plus tuer.
- Bien sûr, dit Reid, je voulais simplement mettre en avant le fait que ce genre de criminel n'a aucune pitié, il sait que tuer est mal mais il s'en fiche.
- Super, dit Garcia, alors on recherche qui? Franck bis?
- Je ne crois pas que ce type ait tué juste pour le plaisir, fit remarquer Prentiss. Vu le soin qu'il a mis à assembler toutes les pièces de son puzzle morbide, ça ressemble à quelque chose de plus personnel.
- Une sorte de vengeance, tu veux dire, dit Hotch. Oui, ça se tient. Peut-être que les personnes qu'il a tué représente quelqu'un à qui il en veut, peut-être un parent qui l'a maltraité dans son enfance.
- Vous allez m'aider? demanda Buck, qui commençait à perdre un peu le fil.
Hotch interrogea son équipe du regard, finit par Gideon qui hocha la tête en signe d'approbation, puis déclara:
- Bien sûr. C'est un sacré taré qui a fait ça.
- Le jet sera près dans dix minutes, soupira JJ.
- Je suis venu en voiture, dit Buck, je vous rejoindrais.
- Je viens avec vous, dit Hotch. Les autres, commencez à creuser les pistes qu'on a évoqué. Garcia, téléphone au légiste, je veux que ces corps soient identifiés au plus vite. On se rejoint à Flint.
Dans le 4X4 noir de Buck, Hotch regardait le jeune lieutenant avec suspiscion. Ce dernier avait le moyen, le mobile et l'occasion de venger son père, et pourtant il semblait accepter sa présence et même son aide. Cela troublait Hotch, car, étant habitué à tracer des profils, il se trouvait face à un cas plus complexe. Il espérait simplement ne pas se tromper en pensant que Buck priviligierait l'enquête à son désir légitime de vengeance.
De son côté, Buck pensait presque à la même chose. Il se trouvait à moins d'un mètre de l'homme qui l'avait privé de figure paternelle durant son adolescence. Il avait toujours imaginé ce moment, où il pourrait enfin se venger. Mais à présent, cela lui semblait presque inutile, voir même cruel. Pas le fait de tuer un homme, car en tant que soldat il avait tué plus de personnes que le plus prolique de tous les tueurs en série; c'était plutôt le fait que, outre que son père avait très certainement mérité son sort, l'agent Hotchner était un homme, un père de famille, un ami, et qu'il n'avait aucune raison de tuer un homme qui avait déjà sacrifier sa vie pour les autres.
Dans le jet de la BAU, un silence inhabituel régnait. Tous semblaient être plongés dans la lecture du dossier; mais ils jetaient régulièrement des coups d'oeil à JJ. Alors que Prentiss, après un accord tacite avec Morgan et Reid, allait se lancer et poser la question qui fâche, Garcia sauva les meubles en apparaissant sur le portable de Morgan.
- Salut mes agneaux, j'ai étudié l'intégralité du rapport d'autopsie, et voilà ce que j'ai trouvé.
- On écoute, Garcia, dit Prentiss.
- Alors, fit Garcia sur son ton habituel, sur les vingt-quatre personnes qui ont fourni une partie de leur corps pour l'oeuvre de notre malade, sept sont des femmes, et treize sont des hommes.
- Et les quatre restant? demanda Reid, qui avait déjà fait le calcul mental.
- Les fragments étaient trop petits pour determiner un ADN complet, répondit Garcia.
- Il y a autre chose? questionna Morgan, qui sentait que la technicienne loufoque avait encore un lapin à sortir de son chapeau.
- Et bien, toutes nos victimes sont blanches, sauf une. L'index droit appartient à un Afro-Américain.
- Un Afro-Américain? s'étonna Prentiss. C'est bizarre qu'il s'écarte ainsi de son schéma victimologique.
- Il n'aurait pas pu trouver le doigt au hasard et se dire que s'était justement le morceau qui lui manquait? proposa Garcia, sans trop y croire elle-même.
- Non, fit Gideon qui parlait pour la première fois. Tous ces crimes sont personnels, toutes ces personnes sont liées par un facteur qui mène directement à notre suspect. Et croyez moi, ce n'est pas un hasard que toutes les victimes sont blanches.
- Crimes raciaux? fit Prentiss. Je ne pense pas que couleur de peau soit le facteur commun entre nos victimes et notre tueur. C'est trop général, et il a tué un nombre précis de personnes et en a assembler certains morceaux en une forme humaine.
- Et n'oublie pas le doigt, fit Reid. Garcia, on est vraiment sûrs qu'il appartient à un Afro-Américain?
- Je peux toujours demander au labo de refaire les tests.
- Oui, fait donc ça, répondit Gideon, avant que Garcia ne coupe la communication.
Tous regardaient le vieux profiler, qui était perdu dans ses pensées.
- On a un problème? demanda Prentiss.
Le silence de Gideon était plus qu'équivoque.
Fiction mise en pause par le Modérateur des Episodes Virtuels.