HypnoFanfics

La Fureur de Torchwood

Série : Torchwood
Création : 05.08.2009 à 18h09
Auteur : Rhea01 
Statut : Terminée

« C'est une fanfic qui suit Etranges Connections et Souvenirs Perdus (si vous ne les avez pas lus, vous ne serez pas trop perdu quand même). Avertissement : contient des passages violents.  » Rhea01 

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TUTUTTUT… le portable de Gwen se mit à sonner.

 

- Oui, Andy, encore toi ? oui, oui, nous avons emporté le corps pour faire l’autopsie. Pas d’aliens mais nous pouvons peut être aidé.

- C’est un tueur en série, dit Andy, dans le combiné suffisamment fort pour que Jack, qui s'était approché, puisse l’entendre. On a deux corps de plus. Et je dois expliquer pourquoi aux caïds de la police, pourquoi je n’ai pas le premier cadavre dans notre morgue. Et crois-moi, il ne sont pas très réceptifs quand je parle de Torchwood. En plus, ils sont arrivés avec un psychiatre, un certain Tony Hill.

Jack s’approcha de Gwen pour mieux entendre. Sa présence électrique, éthérique faisait mousser les mèches sombres de la jeune femme, attirant les fins cheveux contre son visage, le révélant curieusement à ses amis. Ianto sourit à son amant, au visage ainsi noirci

- Tu m’as manqué, Jack, murmura le Gallois.

- Gwen, reprit Andy, il faut absolument que le psychiatre voit le corps, il nous l’a demandé et notre chef lui fait confiance. Et je n’ai pas l’impression qu’il soit du genre à renoncer. Il est capable d’en remonter à ton Capitaine.

- Jack est absent, dit-elle en repoussant le visage de Jack, s’occasionnant une légère secousse, voila ce qu’on va faire, que dirait ton Tony Hill si je lui apporte les résultats de Martha sur l’autopsie ?

- Que je suis d’accord, pour le moment, Miss, dit une voix inconnue, chaude, avec un accent universitaire. Je me présente, Tony, Tony Hill, professeur de psychologie à Bradford. J’ai l’habitude d’aider la police à résoudre ce genre d’affaire. J’étais dans le coin quand j’ai lu dans le journal, à propos d’un corps, découvert à – Gwen entendit des froissements de papiers - Sploe.

- Qui me dit que ce n’est pas vous derrière tout cela ? demanda Gwen, d'une voix méfiante.

- N.O.N. J.A.C.K, frappa Jack sur l’écran.

- Oui, Jack, on sait que tu es là, lui répondit Martha.

- N.N.J.A.C.K

- On croirait qu’il bégaye, dit Ianto, surveillant l’ordinateur qui commençait à fumer.

- E.V.E.N, continua Jack

- Non, Miss, reprit Tony Hill, sans s'arrêter à la question de Gwen, cette affaire me rappelle une histoire classée depuis près un siècle et demi…

- T.R.E.U.R

- Celle de Jack l’éventreur dit Tony Hill au même moment,

Gwen marqua une pause, ouvrant grand ses yeux. Comme tous les habitants de la Grande-Bretagne, elle connaissait l’histoire de Jack l’éventreur et des crimes qui avaient marqué les esprits à l’époque. D’ailleurs, cela excitait toujours l’imagination des enquêteurs car Jack l’éventreur n’avait jamais été découvert. Mais le fait d'entendre ce nom et de le voir écrit de la main de son capitaine lui donnait l'impression de tenir quelque chose, à propos des meurtres qui avaient été perpétrés dans sa ville.

- Mais il est mort depuis longtemps, s’écria Martha, à Londres, en ce moment, il y a une attraction « Follow Jack ». Un guide vous emmène dans le quartier de Whitechapel pour vous raconter ses meurtres.

- Oh, quel douce voix ! Mais, je suis désolé, j’aurais du préciser que je ne parlais pas du vrai Jack l’éventreur, qui soit-il. Mais d’un copieur, qui reproduit avec exactitude les meurtres de Whitechapel à Cardiff. Un simple copieur, sans originalité. Pouvons-nous nous rencontrer, Miss, Miss ?

- Cooper, oui, au poste de police, avec mon légiste et mes dossiers, insista-t-elle.

- Très bien, je peux vous apporter mes lumières, d’un point de vue expertise psychologique, bien sur….

- Je ne l’aime pas, murmura Ianto, trop arrogant…

- Je croyais que tu aimais, dit Martha en louchant vers l’ordinateur, seul moyen de communication avec Jack.

- Chez Jack, c’est autre chose. Mais je hais les psys et leurs phrases toutes faites pour te dire que tu es bon à enfermer.

- Ok, Ianto, ton opinion est faite, dit Gwen en raccrochant. Il m’a l’air sérieux. Pour le moment, Ianto, occupe-toi de Jack. Martha, tu viens avec moi. Andy a deux corps sur les bras, selon lui, c’est la même chose que celui qu’on a ici, dit-elle en montrant du menton la salle en contrebas. Et il parait que tu as fait une grosse impression sur Geraint, le légiste de la police.

Martha sourit en prenant son équipement « à tout à l’heure, vous deux » souffla-t-elle.

- Ah, pour sortir, Ianto, j’ai besoin du lecteur, tu sais celui qui arrive à déverrouiller n'importe quelle serrure. Jack l'a rangé depuis la dernière fois.

Le jeune homme ne répondit pas mais alla chercher l’appareil alien dans le bureau de Jack. L'appareil permit aux deux femmes de sortir, laissant Jack et Ianto, seuls dans le Hub.


Rhea01  (11.08.2009 à 21:38)

Une fois les deux femmes parties pour le poste de police afin de rencontrer Tony Hill, Ianto alla se planter devant l’ordinateur où s’alignaient les séries de lettres de Jack.

- faille spatio-temporelle. Jack, je lance une exploration sur ma rue, histoire de voir s’il y a quelque chose.

- C.C.T.V

- Ok, à tes ordres Jack !

Jack sourit en voyant le grand jeune homme s’affairer. Il n’avait pas pensé à leur dispute de la veille, reléguée au second plan par la situation actuelle. Il savait ce que Ianto avait fait en ne le revoyant pas revenir. Les poches sombres sous ses yeux attestaient d’une nuit agitée et plutôt alcoolisé. Cela ne le rendait pas moins sexy à ses yeux. Il nota le choix de la chemise, rouge, une de ses préférées. Il la mettait à chaque fois qu’il se sentait en insécurité, comme un talisman ou un doudou pour se protéger.

- XOX

L’avantage quand on a vécu autant de vies que lui, c’est qu’on en connaissait le prix et le goût. Il ne gardait presque jamais rancune, sauf au docteur, mais c’est une autre histoire, apaisée désormais.

Ianto brancha la vidéo et choisit de regarder l’heure où Jack était parti. 22h. Jack se regarda. Il avait l’air dur, renfermé sur lui-même. Ianto se tendit avidement vers l’image de son capitaine, manteau sous le bras. Il se tenait fier, droit, un rien arrogant dans la lumière jaune des lampadaires qui le nimbait d’or. L’image était de mauvaise qualité, mais on le reconnaissait indiscutablement.

Ils virent une jeune femme emprunter l’allée. Mince, cheveux longs, mèches blondes flottant dans le dos, habillée comme pour une soirée dans un club. Ianto reconnut une de ses voisines, avec laquelle il échangeait des bonjours et quelques menus services, récupérer son courrier, l'aider à descendre ses poubelles. Lila trébucha sur ses hauts talons rouges.

Le Jack de la vidéo la regarda venir à sa rencontre, la gratifiant du sourire appréciateur dont il avait le secret. Ianto réprima un sursaut de jalousie. Jack la dépassa, se retournant légèrement sur son passage, tandis que Lila, consciente de son regard se redressait et crambait des fesses sous sa mini. Jack sortit du champ de vision de la caméra.

Aussitôt anxieux, le Gallois bascula sur une autre caméra qui enregistrait les images au croisement avec Hope Street, juste au pied du pub Pinsherman. Il retrouva Jack, qui venait de s’arrêter, pour secouer son manteau au vent violent qui s’engouffrait entre les rues.

Soudain, juste derrière Jack, apparut une lumière bleutée dans un flash intense qui fit grésiller l’image, comme le ferait une onde électo-magnétique. Une main maigre, presque décharnée en sortit et happa le capitaine par l’épaule et le déséquilibra. Jack tenta de lutter mais il semblait être attiré par la lumière bleue. Il grogna de colère, de rage mais il disparut dans l’orbe accompagné d’un flash violent, lâchant son manteau sur le sol. L’image de la caméra se brouilla, tandis que la lumière des lampadaires faiblissait. Le capitaine avait disparu !

Ianto et Jack se penchèrent en avant, plissant les yeux pour mieux discerner ce qu’il se passait à l’écran. L’étrange lumière palpita et changea de couleur, passant du bleu clair au marron sombre. Un grand corps vêtu d’un vieux manteau sale, noir, dépenaillé, sortit du cercle sombre. Un homme indubitablement, des cheveux longs, sales, méchés de gris encadrait son visage long mangé par une barbe hirsute. Ses yeux profondément enfoncés dans ses orbites brillaient l’air mauvais. Il tenait dans sa main une sorte de pierre noire qui palpitait doucement entre ses doigts aux ongles longs et sales, au même rythme que le cercle de lumière derrière lui. Il referma le poing sur la pierre, et la lumière s’éteignit derrière lui.

Il renifla l’air autour de lui, comme un chien à la chasse à courre. Il regardait autour de lui, inquiet de s’être fait voir. De ses dents gâtées, il tira un sourire torve et se lécha les lèvres d’un air content. Il dressa l’oreille et se cacha vivement derrière un container à poubelle, poussant du plat du pied le manteau qui trainait avec un rire narquois. Lila apparut dans le champ de la caméra.

Ianto grimaça et repassa en arrière la première caméra. La jeune femme était arrivée à leur porche lorsqu’elle avait entendu derrière elle des bruits étranges. Elle avait rebroussé chemin, l'air inquiète pour l’homme qu’elle avait croisé.

Ils la virent prononcer des mots dont le son n’était pas reproduit par la caméra. Ianto repassa sur la seconde caméra, se mordant l’ongle de la main dans une attitude que Jack trouvait attendrissante. Il était inquiet pour la jeune femme. L’homme attendait derrière les poubelles, il plongea sa main dans son pardessus rongé par le temps. La jeune femme passa devant lui, soudain effrayée. Quelque chose, un sixième sens la faisait hésiter.

L’homme se précipita sur elle comme un loup et plongea une longue lame dans sa gorge. Jack hurla de colère quand il vit la jeune femme tomber, les yeux exorbités, le sang gicler le long du mur.

L’électricité crépita, les lampes disjonctèrent et explosèrent, plongeant le hub dans la pénombre. Les groupes de secours se mirent en route, ils les entendaient, mais seul l’éclairage de nuit se mit en route, tandis que les ordinateurs refusaient de se relancer.

- ah, bravo, Jack, dit simplement Ianto, maintenant on a vraiment une ambiance intimiste.

- Et surtout, nous ne pouvons plus communiquer, répondit Jack, pour lui-même.

Ianto se dirigea vers la salle d’autopsie. Il avait reconnu la jeune femme. Celle qui reposait sur la froide table d’autopsie était bien sa voisine Lila Davies. Après ce qu’il venait de voir, il était sûr que le véritable Jack l’éventreur était sorti de nulle part, avait emporté le Capitaine Jack et tué sa voisine. Mais comment ?


Rhea01  (11.08.2009 à 21:50)

Gwen et Martha pénétrèrent dans le poste de police. Il y avait un attroupement dans la salle principale. Une trentaine de policiers faisait cercle autour d’un homme de petite taille, habillé avec recherche. Une calvitie qui gagnait ses tempes lui donnait une touche de distinction, très universitaire britannique. Il se tenait, les yeux dans le vague, voûté au milieu de la foule qui le regardait, serrant fermement un crayon noir avec lequel il avait tracé des mots sur un tableau blanc. Il se tenait là, silencieux, tandis que les officiers de police attendaient qu’il parle.

Sur le tableau, il avait marqué des noms, des mots reliés par des flèches : Jack, copieur, trois crimes, mutilations, entailles, égorgement, éventrations, organes manquants, reins, utérus, besoin de reconnaissance, haine des femmes, rituels maniaques…

« Lorsque le premier meurtre a été commis, commença l’homme, dont Gwen reconnut la voix et le phrasé, - curieusement, elle se le représentait ainsi – cela a été fait dans l’urgence – il écrivit le mot sur le tableau – une envie urgente, un besoin irrépressible de tuer. Et il n’a pas pu se contenter d’en rester là. Comme son illustre prédécesseur, il a fallu qu’il la mutile et qu’il l’expose. Mais la rue est un lieu de passage. Il n’a pas pu terminer son œuvre comme il l’entendait.

- à quoi voyez-vous cela ? demanda Gwen faisant se retourner les policiers vers elle. Elle en salua quelques uns d’un signe de tête. Tony Hill ne bougea pas. Ses sourcils se levèrent, son front se plissa et il fixa de son regard bleu céruléen, la jeune femme brune qui venait de l'interrompre dans sa diatribe. Il lui jeta un bref sourire en coin.

- Miss Cooper, je présume. Mais aux deux autres meurtres, tellement rapprochés. Cet homme est pris d’une folie destructrice, il y a une fureur dans ses meurtres, une fureur dans le sang. De plus, plus le temps passe, et plus ils vont se rapprocher. Je veux parler de ces meurtres. C’est votre légiste ? un peu jeune, mais la sagesse n’attend pas le nombre des années, me disait un vieux professeur…Martha lui sourit et lui présenta sa carte officielle.

- UNIT, New York, vous êtes loin de votre lieu de travail, non ? Mais ces meurtres sont une expression – Tony repartait sur son tableau, soulignant chaque mot d’un trait rageur – un mode d’expression barbare certes, mais il veut nous dire quelque chose. Miss Cooper, oh Mrs Cooper, plutôt, venez avec moi. Dr Berg nous attend.

Il attrapa un sac plastique bleu qui trainait au pied du tableau et les entraina vers la morgue. Il avait vraisemblablement pris ses marques dans le poste de police. Il les entrainait d’un pas sur, n’hésitant à aucune intersection, leur tenant galamment la porte pour les laisser passer. Il murmurait pour lui-même alors qu’il marchait, sa pensée semblait être actionné par la marche.

Geraint Berg les attendait devant deux tables d’autopsie, pudiquement recouverte d’un drap blanc. Martha lui sourit amicalement et le légiste rougit derrière ses lunettes à gros verre. Sa blouse immaculée le serrait un peu aux entournures et le col d’un chandail de laine sortait pas l’entrebâillement de sa blouse. Il avait tout du vieux gamin monté en graine. Il montra les corps de la main.

- Bien, Humm, Mesdames, si l’examen du corps ce matin a été dur, ces deux meurtres sont tout aussi horribles.

Il leur fit un résumé de l’autopsie des deux corps, points communs et différences, l’angle de pénétration de la lame, la même lame, l’absence de sperme, des cheveux noirs retrouvés dans la gorge et les organes manquants. Martha et Gwen se sentaient mal à l’aise devant ce carnage. Gwen avait les larmes aux yeux, imaginant la souffrance des familles qui auraient à supporter cela, en venant reconnaitre les corps. Mais Tony tournait autour des deux corps comme un chien de chasse, avide de comprendre où avait voulu en venir le tueur.

- incroyable, incroyable, il a refait à l’identique les meurtres de Jack l’éventreur en 1888…les blessures, les entailles sont identiques jusqu’aux détails les plus sordides. Regardez ces découpes nettes, quasiment chirurgicales. Il a emporté des parties avec lui. Dans quel but ? Un souvenir, une reconstitution, un casse-croute ? non, non, il y a une symbolique derrière tout cela. Quelque chose cherche à émerger. Il reproduit les actes de Jack l’éventreur car il se prend pour lui, il ne l’imite pas, il ne lui rend pas hommage. Dans son esprit, Jack et lui ne font qu’une seule et même personne et il reproduit les actes du tueur en série le plus célèbre du monde.

Martha le regardait comme hypnotisée par le profileur. Il lui rappelait son propre docteur, en pleine crise de questionnement, cherchant à trouver une réponse à l’interrogation que lui posait le criminel.

- Mais Jack est un homme du 19ème siècle avec ses pulsions et ses émotions conditionnées par l’époque victorienne. Ici nous sommes au 21ème siècle où tout est possible, en présence d’un homme qui a vraisemblablement absorbé les actes de Jack et les reproduit dans le contexte actuel.

- Il tue plus rapidement, dit Gwen, car il fait partie de notre époque.

- Oui, sans doute et imaginez une psyché coupée en deux, - Tony s’emportait, faisait de grands gestes, inquiétant les deux femmes et le légiste – d’un coté un homme d’aujourd’hui, maitrisant notre monde et ses codes et de l’autre un homme victorien restant ancré dans un monde où il peut prendre la vie de n’importe qui, sans difficulté, sans aucun remord.

- Mais comment peut-on l’arrêter ? demanda Gwen, Jack l’éventreur n’a jamais été capturé, non ?

- Non, jamais, répondit le profiler, en s’arrêtant devant elle et la regardant fixement, certains chercheurs pensent qu’il est parti aux Amériques, où il a continué son massacre jusqu’au moment où il s’est fait pendre. Sans qu’il soit jamais interrogé ou jugé. Dommage, il aurait été intéressant de se pencher sur ce cas, de connaître quelles étaient ses motivations, ses pulsions. D’autant qu’à l’époque la profession d’aliéniste commençait à peine. Imaginez les progrès qu’on aurait fait à ce moment là. D’autres pensent qu’il a fini ses jours en Angleterre comme peintre, sous le nom de Walter Sickert, remplaçant sa pulsion de meurtre pas une pulsion de représentation. Il peignait des tableaux de nus féminins dont la position évoque à s’y méprendre celle de crimes violents. Étranges tableaux, qui engendrent le malaise par ailleurs.

- Et vous quelle est votre théorie ? demanda Martha, en posant son rapport d'autopsie à côté de ceux de Geraint.

- J’ai écrit un article sur lui, il y a quelques années. Je pense que c’était un homme peu lettré, victime de maltraitance dans son enfance par sa mère. Il a pu concevoir un dégout pour les femmes, tout en étant attiré par elles, dans un étrange ballet d'Eros et de Thanatos, de pulsions amour/haine qui le pousse au meurtre pour réaliser un ultime fantasme….- il marqua une pause – Mais pour l’arrêter, nous pouvons nous appuyer sur la police locale et leurs équipements. Vous surveillez la ville à l’aide de caméras, n’est-ce pas ?

- Bien sur, dit Geraint, avec un ton vexé, comme la plupart des villes en Grande-Bretagne, ce n’est pas parce que vous êtes au Pays de Galles qu’il faut croire qu’on est un petit village paumé.

- Je n’ai pas voulu sous-entendre cela, répondit Tony, un peu gêne, baissant les yeux sur les deux corps, vous avez un serial-killer ici. Oh non, vous n’êtes pas un petit village paumé. Il devrait être possible de retrouver un individu bizarre, aux alentours des scènes de crime. Mesdames, vous pourriez faire un portrait robot afin de retrouver plus facilement

- Peut-être que Miss Jones et moi, nous pourrions travailler sur mes dossiers d’autopsie ?

Tony se redressa brutalement et le regarda d’un air sévère .

- dites-lui tout simplement que vous lui offrez un verre. Et mettez-vous au travail ! de toute manière, elle est fiancée, reprit-il d'un ton adouci en montrant la bague de fiançailles de Martha.

Geraint baissa le nez, rouge de confusion alors que Martha éclatait de rire avant de se taire brusquement. Un instant surpris, Tony la regarda et afficha un bref sourire qui le rendit presque séduisant. Andy pénétra alors brutalement dans la salle d’autopsie, poussant les doubles portes du plat de la main.

- On a encore découvert un corps à Splott, dans une maison cette fois. Une brigade est partie pour rechercher un homme couvert de sang. Mais à Splott, personne ne fait attention à personne dans ce quartier.

- C’est un quartier défavorisé ? demanda Tony Hill, manipulant le stylo noir qui était sorti comme par magie de sa poche, cherchant un endroit pour écrire, en vain.

- Plutôt oui, répondit Andy, en grimaçant, c’est un quartier pourri, enfin après les marais, mais presque personne n’habite plus là-bas. Vous ne seriez pas en train de jouer les experts à Cardiff ?

Gwen pouffa, Andy a toujours été fasciné par les experts, rêvant de les voir tourner un jour dans sa ville. Il lui en avait parfois parlé durant leurs ronde, il y a deux ans. Cela lui paraissait une éternité.

- Bon, on recherche des témoins, sur toutes les scènes de crime, mais on a des soucis avec des enregistrements dans le secteur de Hope Street. Geraint, on t'attend pour t'occuper du corps.

- Martha, fit Gwen en s'adressant au jeune médecin-major, tu veux l’accompagner, ma puce ?

- Tiens, tu demandes poliment maintenant ? s’étonna Andy, Martha, tu as de la chance qu’elle ne soit pas plus autoritaire avec toi. Quel est ton secret ?

- Je peux être pire qu’elle ! lança Martha en quittant la pièce à la suite de Geraint, heureux d’avoir la belle jeune femme à ses cotés.

Gwen resta avec Tony Hill. Il lui semblait étrange, ce psychologue. Il était bavard comme une pie, sautait d’un sujet à un autre facilement, revenant en arrière pour expliquer son propos. Il semblait également fasciné par le comportement du tueur, son mode de fonctionnement.

- Pouvons-nous y aller aussi, demanda-t-il. Le portrait robot peut être fait par un policier ici. Et j’ai besoin de voir la scène de crime, m’imprégner de la scène pour voir comment il pense, comment il est.

- Bien sûr, je vous emmène vous pourrez m’expliquer qui vous êtes exactement pendant le trajet !


Rhea01  (12.08.2009 à 18:24)

(précision, passage écrit avant Children of Earth et la pièce radiophonique The dead line, toute ressemblance est fortuite)

Le Hub était toujours dans la pénombre, l'éclairage de nuit fonctionnait par intermittence. Les ordinateurs crépitaient et grésillaient encore du coup de sang de Jack. Celui-ci rabattit ses cheveux hérissés par l’électricité résiduelle. Ianto se tenait accoudé à la rambarde, contemplant le corps de Lila. Jack s’approcha de lui jusqu’à le frôler. Malgré sa distance temporelle, il sentait le corps du jeune homme près du sien, sa chaleur qui passait dans son monde comme une pulsation sourde, comme du sang battant aux tempes, comme après un effort violent. Il tenta de résister. Le désir de le toucher était si violent, si puissant, comme un vide béant, un besoin intense de le sentir tout contre lui.

Il passa sa main au-dessus de la nuque du jeune homme, heureux de voir les fins cheveux se soulever sous sa main. Irrépressible envie de l’embrasser.

- arrête Jack, murmura le Gallois, je sais ce que tu veux. Mais embrasser un fantôme, non merci. J’ai passé l’age de fantasmer sur Ghost et je ne suis pas sûr qu’une voyante nous aiderait.

Jack bondit. Une voyante, oui, elle pourrait certainement l’aider à réapparaitre, ou du moins à communiquer.

- non, entendit-il près de lui, comme un souffle, une trace infime de souvenirs, non, tu ne peux pas lui faire confiance. Elle sait qui tu es. Elle sait comment te manipuler. Jack, non.

Une voix douce, amicale, connue, qui lui inspirait confiance. Il se raidit, voila que lui aussi, il entendait des fantômes.

- Qui est-tu ? cria-il, je ne suis pas seul, ici ?

Mais seul le silence lui répondit, et la respiration de Ianto près de lui. Cette présence ne l’avait pas effrayé, au contraire. Elle lui paraissait naturelle, connue, digne de confiance. Une émanation de son propre esprit ? Jack se trouvait dans une telle situation, piégé dans une bulle d’électricité, que tout lui semblait possible en réalité, même de se parler à lui-même.

Ianto se retourna et se retrouva nez à nez avec Jack, qui le détailla avec délectation, plongeant dans ses yeux si bleus, comme un ciel d’été, froncés par une expression d’intense réflexion.

- Jack, résumons. Depuis 10H20 hier soir, tu es invisible, presque 14 h et on ne sais pas combien de temps cela peut durer. Tu as été entrainé dans cette lumière et un homme qui agit comme Jack l’éventreur en est sorti. Apparemment, un sérial Killer. Tu as détruit l’essentiel de nos équipements avec une sorte d’onde électro-magnétique. Personne ne peut te toucher, te voir, et pour communiquer avec toi, il nous faut un ordinateur. – il se passa la main dans les cheveux, puis se frotta le visage, nerveux. – ça ne va pas être simple, espérons que Gwen et Martha auront plus de chance avec leur psy. Attendons de leur nouvelles, finit-il amèrement. Mais, nous pourrions mettre ce temps à profit pour parler, enfin moi, même si je ne suis pas un grand parleur…

Jack posa ses mains sur ses épaules lui occasionnant une légère secousse. « je t’écoute » Ianto prit cela pour son accord. Il allait écouter, écouter tout ce qu’il avait sur le cœur, tout ce qu’il n’avait jamais réussi à lui dire et qui le rongeait depuis si longtemps. Mais avant, il lui fallait un café.


Rhea01  (13.08.2009 à 18:43)

Assis devant le bureau de Jack, Ianto but une gorgée de son café tout en lissant machinalement son costume. Il prit une grande inspiration.

« je ne sais pas comment te dire tout ce qui me travaille depuis plusieurs mois. Nous avons perdu des compagnons, des amis et nous devons continuer, malgré tout, continuer à avancer, à défendre le monde. Mais ce monde, qu’a-t-il à faire de nous ? Tout ce que nous endurons, toutes ces pertes, ces souffrances. Pourquoi ? parce que nous sommes les seuls à pouvoir nous tenir debout pour défendre ce monde ? Parfois, je me demande si cela en vaut le coup. Et… et je te vois et je reprends courage, je m’arme de courage et je crève d’envie d’être plus proche de toi, de te dire tout ce que je ressens, ce que je vis au plus profond de moi. »

Jack baissa la tête, il savait qu’ils devaient avoir cette conversation un jour, mais aujourd’hui ? Il n’était pas en mesure de le réconforter comme il le voudrait. Il lui effleura l’épaule, légèrement, restant à la limite de ses vêtements. Ianto sentit la caresse électrisante et comprit que son capitaine l’écoutait pleinement.

« je t’aime, dit-il simplement, c’est ainsi, depuis longtemps maintenant, peut-être depuis la première fois où je t’ai rencontré. Peut-être que… c’est pour cela que je suis devenu un parfait homme à tout faire, aussi facilement. Pour cela et aussi pour Lisa, du moins, c’est ce que je me disais. Quel enfer, cette période-là ! le cœur partagé entre cette passion naissante et ma vie passée avec Lisa. Et cette confusion dans laquelle je me retrouvais dès que je te voyais, dès que je te vois. Une période qui s’est achevé effroyablement. La mort de Lisa, par ta volonté, m’a dévasté. Tellement de douleurs."

Il reprit une gorgée de café, tandis que Jack baissait la tête, réfléchissant à ce moment si difficile, cette décision, à laquelle il avait fait face pour sauver l’humanité. Ianto reprit, d'une voix raffermie.

"Mon monde avait disparu, je me sentais plus bas que terre. Et je voyais dans tes yeux le dégout que t’inspirait ma trahison. La colère (il cracha ce mot), la colère m’habitait. J’aurais voulu pouvoir te tuer, en être capable. Mais tu étais déjà devenu le pivot de mon univers, un nouveau monde. Il en fallut du temps pour que je te pardonne, et que, toi, tu me refasse confiance. Je me suis juré à nouveau de me rendre indispensable, de regagner ta confiance, d’oublier Lisa, ou du moins de ne plus en souffrir.

Il m’a fallu du temps pour reconnaître et accepter mes sentiments pour toi, un homme. Longtemps, j’ai cru que tu te jouais de moi, m’aguichant pour mieux me voir rougir, frissonner à ton contact. Petit jeu sadique ! Mais quelle joie lorsque tu m’as proposé de venir, de sortir avec toi. Une vraie demande, où tu te montrais aussi excité qu’un gosse à Noël, en plus attirant, profitant de la vie…

Après tout ce temps à attendre ton retour, j’ai eu la sensation que mon cœur éclatait, trop d’émotions. Et puis la griserie de se cacher pour… - Jack esquissa un sourire satisfait de lui, il hocha la tête. – J’ai compris petit à petit que je t’aimais et qu’il ne servait à rien de me le cacher. Mais je ne voulais pas te le dire, par peur de perdre une part de mystère à tes yeux."

Il baissa la tête et se tut comme pour reprendre ses esprits. Jack se pencha sur lui et lui embrassa la nuque d’un baiser léger et picotant. Il commençait à maitriser ce truc d’électricité. Il pourrait presque aimer ça et en faire un jeu très pimenté. Mais il lui manquait le contact de la chair, rassurant, terriblement réconfortant.

« j’ai toujours peur que tu partes, que tu te détourne de moi, comme tu l’as fait pour Estelle. Gwen m’a tout raconté, peur qu’un jour, tu te lasse de nos jeux, de nos…étreintes, trop vieux pour te contenter. »

Jack sentait son cœur battre la chamade. Il aurait tant voulu le prendre dans ses bras, lui faire comprendre qu’il tenait à lui plus qu’il ne se l’imaginait. Lui aussi, cette différence entre eux, lui vivant éternellement, échappant à l’étreinte de la mort, et son amant éphémère, fragile, le tuait, le rendait vulnérable. Mais plus que tout, il voulait lui assurer qu’il ne pouvait pas l’abandonner. Ce qu’il éprouvait était si fort, que cela valait la peine de supporter de le voir s’étioler, vieillir et disparaître pour tout les années, les moments heureux qu’ils auraient à partager. Si leur travail leur en laissait l'occasion. Il le toucha encore, plus fort qu’il ne l’avait voulu, le faisant trembler. Ianto grimaça, mais supporta le choc, par amour.

"Je sais que tu vivras longtemps après moi, qu’il nous faudra certainement vivre avec cette épée de Damoclès sur notre relation. Mais vivre sans toi, m’est devenu impossible. Les derniers moments d’Emma m’ont été insupportables et je sais que j’ai dû te sembler idiot, à te chercher querelle pour un oui ou pour un non. Mais elle m’a fait comprendre une chose, c’est qu’il fallait que je te parle, que je te dise tout ce que j’avais dans le cœur. Je crois que c'est pour cela qu'elle me hante. Pour que je te parle, enfin. Que je te dise que je t’aime et que je veux vivre avec toi."

Jack remercia Emma de tout son cœur. De là où elle se trouvait, elle avait accompli un acte important dans la vie de Ianto. Il lui serra les doigts, si fort que le Gallois dut retirer sa main. Une marque brune comme une brulûre la marquait là où Jack l’avait touché.

Ianto finit son café d’une main tremblante. Il se sentait épuisé d’avoir tant parlé, mais apaisé. Il avait la sensation que tout ce qu’il retenait depuis si longtemps s’était finalement déversé comme on rompt un barrage sur un fleuve sauvage. Il se sentait mieux, prêt à sortir son amant de la situation dans laquelle il se trouvait. Prêt à en découdre avec Jack l’éventreur, à en découdre avec tout ce qui pouvait l’empêcher de vivre son amour sereinement. Malheur au prochain alien qui s’approcherait du Hub aujourd’hui.

Le téléphone sonna. Gwen.


Rhea01  (15.08.2009 à 00:12)

Retour arrière dans le temps, du côté de Gwen et Tony Hill, après leur départ du poste de police.

 

- D’où venez-vous exactement ? demanda Gwen à Tony Hill, qui venait de s’installer avec un certain malaise dans le 4X4 de l’institut. Elle emprunta les voies réservées aux bus pour se déplacer plus vite en direction de Sploe. Il n’avait pas l’air d’aimer les gros véhicules et touchait avec circonspection le cuir mat du siège comme s’il avait peur que celui ne le dévore. Il posa son sac de plastique bleu sur ses genoux.

- Je viens de Bradfield, dans le Nord de l’Angleterre. Je travaille à l’Université de Bradfield, professeur à la Chaire de psychologie clinicienne. Alex Fielding fait appel à moi pour les cas, disons, nécessitant un profilage, sur les crimes de sang, par exemple ou les enlèvements. Je l’aide à mener l’enquête en tant qu’expert. – il fouilla dans son sac plastique – regardez, j’ai une accréditation moi aussi.

Il lui tendit maladroitement une carte écornée tandis que Gwen ralentissait à un feu rouge. Elle vérifia rapidement, photo (l'air égaré et les yeux écarquillés), Police de Bradfield, Yorkshire, Tony Walter Hill, expert-profiler, numéro de téléphone de la brigade (elle le nota mentalement), nom de sa responsable, Alex Fielding. Elle se promit de l’appeler pour vérifier.

Tony avait l’air spécial, un peu lunatique, mais il semblait connaître son métier. Il lui paraissait un peu trop fasciné par la nature des criminels, mais digne de confiance malgré tout.

- OK, dit-elle en lui rendant sa carte, Avez-vous déjà travaillé sur des affaires de ce genre ?

- Oui, bien sûr, Bradfield non plus n’est pas un village paumé. Je reviens même d’Austin aux Etats-Unis, où j’ai dû gérer une histoire assez complexe. Imaginez, nous avions relâché un criminel de notre prison de Bradfield, faute de preuve et d’aveu. J’avais sous-estimé la force de caractère de cette personne. Mais, alors que je devais témoigner comme expert à charge dans le cadre du meurtre de sa femme, il s’est avéré qu’il n’était pas coupable de la mort de sa femme. Vous connaissez Austin, au Texas ? il y fait très chaud.

- Peut-être, répondit Gwen qui avait du mal à suivre le discours embrouillé du psychologue. "C’était peut-être un expert mais peu clair dans ses explications", pensa-t-elle, elle reprit, comment êtes-vous arrivé ici ?

- Je suis venu voir ma sœur, elle a épousé un Gallois, alors elle vit ici. Drôle de ville non ?

Gwen lui jeta un regard d’avertissement, très chauvin.

- non, non, je n’ai rien contre cette ville, elle est très belle. Mais je trouve qu’il y a une étrange atmosphère. Vous-même, vous êtes une drôle de femme.

- Ah bon, vous trouvez ? je n’en ai pas l’impression pourtant, éluda la jeune femme avec un rire gêné.

- Vous vous trompez. Je sais que vous avez été officier de police. Vous connaissez très bien le fonctionnement de cette vénérable institution. Je vois que vous occupez maintenant une place spéciale, dans une équipe où vous développez des talents inédits. Vous avez une grande force de caractère, un grand cœur et vous avez l’âme d’un chef. Malgré tout cela, je sens aussi que vous avez subi de grandes pertes et que vous espérez paraître détachée face à cela, mais que vous en souffrez encore. Je crois aussi que dans votre vie personnelle, vous faites face à d’autres problèmes qui vous rongent. Vous vous intéressez aux autres et vous semblez porter le monde sur vos épaules. Dans quelle équipe travaillez-vous ? Torchwood, c’est écrit sur la voiture, mais… pourquoi vous me regardez comme ça, je me suis encore écrit sur la figure ? il se frotta le visage.

- Vous êtes incroyable, dit Gwen qui venait de freiner brutalement et le regardait intensément. Je ne vous connais pas et vous me sortez ça comme si, comme si vous étiez un proche.

- Simple truc de psychologue ! se rengorgea-t-il. J’ai beau avoir l’air absent, perdu dans mon monde, je sais où regarder pour avoir un avis sur une personne et apprécier sa personnalité.

- Eh bien, enchantée Dr Hill. Je ne sais pas encore si je peux vous faire totalement confiance. Mais on verra bien, c'est pour rendre service à Andy que nous sommes associés sur cette enquête. D'ailleurs, nous sommes arrivés.


Rhea01  (15.08.2009 à 13:09)

Avertissement : comprend des passages violents (même pour moi^^ et malheureusement, c'est ce qui est décrit est la plus stricte vérité )

______________________________________________________________________

Sploe, comme le prononcent les agents immobiliers, était une banlieue urbaine assez défraîchie. Située près des usines désaffectées depuis la fin des années 90, elle avait un coté ville ouvrière, très populaire. Les habitants paraissaient farouches, sauvages, peu enclin à bavarder avec la police.

Mais ce n’était pas une banlieue violente, juste profondément déprimée, souffrant du poids du chômage, énorme dans ce quartier défavorisé. Les gens s’entraidaient volontiers, se soutenaient, mais cela devenait difficile pour les jeunes de s’en sortir. Bien souvent ils quittaient ce quartier dès qu’ils trouvaient du travail, préférant habiter ailleurs.

Dr Hill sortit de la voiture et le nez en l’air, semblait prendre la température de la rue, balançant inconsciemment son sac en plastique. Gwen se dirigea immédiatement vers Andy, qui piétinait à l’extérieur d’une maison de deux étages, blanc comme un linge.

- Gwen ? j’allais justement t’appeler pour que tu amènes le Dr Hill. C’est effroyable là-dedans. Moi, je ne rentre plus. Je refuse…

Andy avait l’air vraiment choqué, il tremblait visiblement et son teint laissait comprendre qu’il venait de vider le contenu de son estomac. Gwen passa devant lui, en lui tapotant l'épaule, accompagné par le docteur qui le regarda, intrigué. Gwen jeta un dernier coup d’œil, plein de pitié sur lui, et fronça des sourcils en apercevant à nouveau une étrange tâche rouge derrière un bosquet. Hill la poussa à entrer. L’odeur du sang, accompagné d’une odeur de rôti brulé imprégnait l’appartement. Elle entendit la voix de Martha venir d’une pièce au fond de la maison, étrangement étranglée.

- Martha, appela Gwen, essayant de ne pas respirer l’odeur forte, infecte qui lui faisait hérisser horriblement les cheveux sur la tête.

- Ici, Gwen, je suis là. Fais attention en entrant.

Gwen pénétra dans la pièce. La lumière qui filtrait des persiennes éclairait la scène de façon crue. Martha prenait des photos alors que Geraint se trouvait à genoux près du corps. Un corps atrocement mutilé reposait sur le lit défait. Du sang éclaboussait les murs tout autour du lit, comme si le meurtrier avait pris plaisir à marquer son territoire par le sang de sa victime. Une inscription « Jack was there » écrite avec ce qui ressemblait à de la matière fécale. Les intestins, retirés du ventre, se déroulait sur les étagères et les tringles des rideaux. Martha jeta deux masques à Gwen et Hill, à l’entrée.

Gwen devint pâle. La scène était atroce, plus terrible que tout ce qu’elle avait pu voir auparavant. Ils se couvrirent le visage, l’odeur s’accentuant à mesure que la chaleur montait dans la pièce. Tony regardait la pièce avec avidité, les yeux s’écarquillant à mesure qu’il décortiquait chaque détail de la scène.

- Oh, oh, il faut que je vérifie quelque chose, s’écria Hill, Mrs Cooper accompagnez-moi, je vous prie.

Il lui prit le bras, le tapotant gentiment. Gwen ne broncha pas et le suivit. Elle se sentait dans un état second, comme si son esprit s’était coupé du monde qui l’entourait. Elle voyait tout, enregistrait tout mais ne se sentait pas capable de parler ou de ressentir quoi que ce soit. Elle mourait d’envie de partir, de quitter cet endroit qui puait la mort, de retrouver Rhys et de se jeter dans ses bras pour oublier.

- La cuisine ? la cuisine, oui, cette pièce.

L’odeur de brulé venait de cette pièce, carrelée de blanc. Du sang était visible par endroit, comme de petites gouttes tombées là en plein déplacement. Le tueur s’est-il blessé, se demanda Gwen, d'une manière absente, réagissant en mode automatique, suivant un Hill excité.

Il alla immédiatement en direction de la bouilloire posée sur la gazinière. Il coupa le gaz et souleva le couvercle avec un crayon, sorti de sa poche intérieure. De la fumée nauséabonde sortit en volutes infernales du récipient. Il se pencha au-dessus, sans montrer de dégout et regarda à l’intérieur.

- Bon sang, jura-t-il sourdement entre ses dents, il suit à l’exact les actes de Jack l’éventreur.

Gwen se pencha à son tour, évitant la fumée et jeta un œil. Elle ne vit qu’un morceau de viande cuit, carbonisé. Elle le regarda sans comprendre.

- C’est un cœur, enfin, je pense que c’est un cœur. Il faudra que nos légistes nous le confirment. Mais vous pouvez déjà leur demander s’il manque un cœur dans leur corps. Miss Jones, cria-t-il. Le cœur est-il absent ? oh pardon, reprit-il d’un ton plus doux, j’oubliais qu’il y a le corps d’une femme morte dans la pièce d’à coté. Je dois vous sembler sans coeur…

- oui, sans émotion, fit Gwen d'une voix faible, qui lui parut geignarde. Elle sentait une sueur glaciale couler le long de son dos. Ses doigts étaient de glace et ses oreilles se mirent à bourdonner.

- Juste un truc de psychologue, dit-il en souriant légèrement, ça m’empêche de m’éparpiller. Vous avez sans doute remarqué que j’avais cette tendance. – elle hocha la tête, tandis qu’elle sentait les nausées monter – tâchons de revenir à notre affaire. Jack l’Eventreur a commis cinq meurtres sur une période de moins de six mois avant de s'arrêter, du moins à Londres. Quatre meurtres commis dans la rue : Marie Ann Nichols, le 31 aout 1888, Annie Chapman, le 14 septembre 1888, Elisabeth Stride et Catherine Eddowes, le 30 septembre 1888. Ici aussi, nous avons 4 corps retrouvés dans la rue et cette pauvre femme, tuée dans sa maison, comme Mary Jane Kelly, le 9 Novembre 1888. Il reproduit exactement les mêmes meurtres, les mêmes mutilations : seins, utérus, rein, ici cœur. Seulement, il refait cela dans un temps beaucoup plus court, échappant de plus à la police. Une telle cadence dans le meurtre, cela montre sa détermination à accomplir son œuvre de mort. Heureusement pour l’instant, la presse ne sait rien.

- Si, l’annonce du premier meurtre était dans le journal de ce matin. Pourrait-on sortir, s’il vous plait, dit Gwen en secouant la tête, se retenant à grand'peine. Je sens que je vais être malade.

- Oh pardonnez-moi, venez Madame, rejoignons votre ami le policier.

Gwen passa vite devant lui, l’odeur atroce lui donnait des hauts-le-cœurs, malgré le masque. Elle entendait Martha et Geraint parler dans la chambre, continuant à effectuer leurs prélèvements. Elle se rua sur la porte, bouscula Andy et arracha son masque juste à temps. Une remontée acide brula son œsophage. Elle tenta de se maitriser, mais sentant que cela allait rendre les choses encore plus difficiles, elle lâcha prise.

Andy se dandina, gêné, pendant que Gwen se soulageait dans les buissons à dix mètres de la maison. Puis gentiment, il alla lui offrir un mouchoir propre et une bouteille d’eau. Elle le remercia d’un sourire navré.

- Désolée, dit-elle, t’avais raison, c’est l’enfer là dedans.

- Ouais, de quoi te guérir à tout jamais de travailler dans la police scientifique.

- C’est ce que tu avais demandé comme nouvelle affectation ?

- Non, mais j’y pensais. Ton Torchwood me semblait bien tant que je ne connaissais pas. C'est vraiment trop bizarre pour moi. Ok, il y a des aliens. OK, il faut faire quelque chose pour les arrêter. Mais si ça ne pouvait pas tomber sur moi, ça m’arrangerait si tu vois ce que je veux dire.

- Je comprends, dit faiblement Gwen, les mains encore tremblantes.

- Yvonne a envoyé ça pour toi, il parait que tu as demandé un portrait robot, à partir des vidéos surveillances. D’ailleurs, elle dit que c’est impossible d’avoir accès aux vidéos du premier meurtre. Regarde-moi ça, il fait peur, n’est-ce pas ?

Il lui tendait une simple feuille de papier sur laquelle était imprimé le visage d’un homme maigre, barbu, aux cheveux longs et entremêlés. Son visage était anguleux, les yeux profondément enfoncés dans ses orbites, sombre. Sa bouche fine ressemblait à une blessure, accompagnée d'une mâchoire dure, légèrement en avant. Il se dégageait de ce visage une impression de menace, quelque chose de malsain.

- Tu as raison, dit Gwen en observant intensément le portrait. Elle prit son téléphone et appela le Hub. Il fallait qu'elle mette au courant Jack et Ianto.


Rhea01  (15.08.2009 à 18:45)

(De retour au Hub, XD)

- Oui, Gwen, je t’écoute, répondit Ianto, - Jack dressa l’oreille et s’approcha du combiné qui se mit à grésiller et à biper furieusement. Attends, Gwen. Jack, éloigne-toi de mon portable, tu vas le griller comme les ordinateurs…

- Jack a grillé les ordinateurs ? demanda Gwen, anxieuse.

- Oui, je t’expliquerais, Jack je t’en prie arrête, -il rit en se trémoussant, Jack venait de lui donner une chiquenaude électrique sur l’oreille – vas-y Gwen, je t’écoute…

- Ça va mieux entre vous, dis-moi. C’est le fait qu’il soit invisible qui te met dans cet état ?

- Non, je ne peux pas le toucher, ce ne serait pas drôle de commencer quelque chose qu’on ne pourrait pas finir. Bon, je t’écoute.

- On a cinq crimes maintenant, tous les plus horribles les uns que les autre. Mais nous ne savons pas ce qu’il va faire maintenant.

- Ton psy n’a pas avancé, hein ? Foutus psychologues !

- Eh bien, je ne sais pas trop, il est assez bizarre, en fait. D’ailleurs, il est encore dans la maison, avec Martha et le légiste de la police. J’ai du, hem, en sortir pour t’appeler. Où en es-tu avec notre Jack ?

- Eh bien, répondit Ianto, j’ai regardé les vidéos correspondant au 1er meurtre en bas de chez moi. Il s’agit de ma voisine Lila Davies. Mais, je ne comprend pas ce que j’ai vu et Jack a probablement effacé la vidéo maintenant. Je crois qu’il s’est énervé quand Lila s’est fait tué et tout a sauté dans le Hub.

- Qu’as-tu vu sur la vidéo ? As-tu vu autre chose que le meurtre, demanda Gwen.

- J’ai vu Jack se faire emporter par une lumière bleutée et un homme sortir de nulle part. cependant, je ne sais ni comment, ni pourquoi.

- Et cet homme, Jack semblait dire qu’il s’agissait de Jack l’Eventreur, pourquoi disait-il cela ?

- Pas la moindre idée, ce n’est pas évident de communiquer avec lui en ce moment, tu sais.

Jack esquissa un sourire. Ianto ne disait pas tout à fait la vérité. Il avait communiqué pleinement pour une fois. Il tapota sur le bras du jeune homme, un message codé en morse XOX. Il ne savait pas si le Gallois connaissait le morse mais avec toutes les connaissances que le jeune homme avait engrangée, ça valait le coup d’essayer. Ianto se figea et agita la main « OH »

- qu’est-ce qu’il y a ? demanda Gwen, soudain alertée.

- Je crois qu’on vient de trouver le moyen de parler, Jack et moi.

- Mieux que l’ordinateur ?

- Oui,bien mieux, le morse. Je suis un télégraphe vivant. Je t’appelle dès que j’en sais plus.

- Ok, fais attention, on va finir par te prendre pour un médium. Elle rit et raccrocha sans lui laisser le temps de répondre

Jack sourit, heureux de voir que son idée fonctionnait. Il avait tant de choses à lui dire, lui aussi, en réponse à son monologue de tout à l’heure. Mais cela devrait attendre, il ne souhaitait qu'une chose, lui parler en chair et en os.

Pour le moment, il devait lui apprendre tout ce qu’il savait de Jack l’Eventreur. Jack commença à pianoter sur le bras gauche de Ianto, tachant s’être aussi léger que possible, s’arrêtant lorsque la douleur les faisant tout les deux grimacer. Ianto écrivait fébrilement sur son journal, lettres après lettres, avant de pouvoir lire ce que le Capitaine lui racontait.


Rhea01  (16.08.2009 à 15:05)

« C’était en 1888, sous le règne de Victoria, les instituts Torchwood avaient été créés depuis presque 10 ans. Et j’avais rejoint l’institut de Cardiff depuis presque 8 ans. C’était encore étrange pour moi, même si je faisais déjà figure d’ancien. Mes compagnes du tout début avaient disparues, l’une morte et l’autre en retraite de chagrin. J’avais de nouveaux comparses, jeunes, beaux, bien élevés. Ah, les jeunes gens de cette époque, si pleins d’audace à l’intérieur de leur carcan de bienséance. Aaron Bishop et Vénéra Green, pas son vrai nom, mais elle était si mignonne. Tous deux étaient assez mignon en fait, un peu dans ton genre. – Ianto lui fit signe d’accélérer, de ne pas se perdre dans ses souvenirs.- Ok, j’étais le plus ancien, mais pas le plus gradé. J’avais un capitaine au dessus de moi, une capitaine, assermentée par la Reine elle-même et je dois avouer qu’on ne s’entendait pas.

L’histoire de Jack l’éventreur était arrivé jusqu’à nous par l’intermédiaire des journaux, le premier tueur en série utilisant les médias. Bien sur, on était au courant des meurtres bien après coup, mais on en avait connaissance. Le Capitaine Deirdre Russel était une sacrée planquée de l’équipe de Londres, mais elle avait de bons appuis. C’est ce qui lui avait valu ce poste à responsabilité. Mais un jour, on lui a demandé une faveur en retour. Envoyer un membre de son équipe pour renforcer l’équipe de Londres dans la capture de Jack l’éventreur, ordre de la Reine.

Comme nous n’étions pas dans les meilleurs termes à cause d’une histoire futile, elle me choisit, moi, pour aller à Londres. Espérant sans doute que j’y reste, mais j’avais mes raisons de rester à Cardiff.

Dès mon arrivée à Londres, j’ai eu droit aux blagues sur mon nom, car l’éventreur s’était nommé ou les journaux l’avaient fait, je ne me rappelle plus. Mais l’ambiance était pas mal, je m’y suis vite fait. Pendant deux semaines, j’ai suivi les traces de Jack à travers le quartier de Whitechapel. Il avait déjà frappé deux fois et nous étions toujours à sa recherche, lorsqu’une nuit, je suis tombé sur la victime de son troisième meurtre. Elle est morte dans mes bras. Son meurtrier, sans doute dérangé par notre arrivée, n’avait pas eu le temps de lui faire subir les mutilations qui faisaient sa signature. Il a alors frappé une seconde fois, dans la même nuit.

J’ai fait une analyse de ces crimes, où ils avaient eu lieu, et qui serait le plus susceptible de les avoir commis. Rien de très difficile quand on connaît déjà l’histoire. Au 51ème siècle, il y a un parc d’attraction Jack the Ripper sur la planête Vorena. Mais encore, une fois, nous sommes arrivés trop tard pour sauver la pauvre Mary Kelly.

Malheureusement pour elle, mais heureusement pour le monde, dirait un de mes amis, car les crimes de Jack sont devenu un mythe, un fait écrit dans l’histoire, qu’on ne peut changer, qui existe éternellement, comme…"

Jack s’interrompit et se redressa. ,Non, il n’avait aucune envie de lui dire comme ça. Ianto releva la tête de son journal, où il alignait fiévreusement les mots de Jack, lettres après lettre, de plus en plus tremblantes. Il se massa le bras gauche et regarda autour de lui, même s’il ne pouvait pas voir son Capitaine. Jack baissa les yeux sur lui, sourit . Ianto avait l'air épuisé mais déterminé. Il recommença à tapoter sur le genou de son amant.

"Mary Kelly est morte horriblement, sans que nous n’ayons pu faire quoique ce soit. Mais maintenant, nous pouvions l’arrêter, le faire disparaître. Angus McEnroy, l’un des membres de Torchwood à Londres, voulait tester un appareil découvert au large de l’Ecosse, magnifique pays d’ailleurs. C’était un générateur de stase, une sorte de pierre noire. Cela permet d’emprisonner quelqu’un dans une poche de temps parallèle et de le conserver là des années entières.

Angus voulait emprisonner Jack pour pouvoir l’étudier. C’était un supporteur de cette nouvelle science qu’on appelait psychologie. De toute manière, Jack l’éventreur était un être humain, on ne pouvait le tuer sans devoir le justifier, même après les crimes qu’il a commis.

Alors que Jack allait commettre un sixième crime, quatre jours plus tard, nous lui sommes tombés dessus et l’avons mis en stase. L’avantage de la stase, c’est qu’on pouvait l’étudier à loisir, jusqu'à ce que l’artefact tombe en panne. Jack est resté visible pendant quelques semaines, comme un fantôme attaché à un caillou. Puis il est devenu de moins en moins visible jusqu’à disparaître. Mais ce n’était pas grave. Angus a profité du générateur de stase pour interroger Jack l’éventreur, tentant de le soigner. Il a appris qu’il n’était qu’un homme de Whitechapel, issu d’un mariage malheureux, où il fut le souffre-douleur de sa mère et de ses sœurs. Selon Angus, cela expliquait le comportement du criminel vis-à-vis des femmes. Mais ce qu’il semblait avoir oublié, c’est que Jack était malin, terriblement malin et qu’il avait comprit le fonctionnement de la stase. Angus le sortait de temps à autre, par charité chrétienne. A la mort d’Angus, cirrhose, Jack a disparu. Et personne ne s’en est soucié.

- toi, tu étais rentré à Cardiff ?

- bien sur, répondit Jack, là où est ma vraie place, une fois que Jack capturé. Je n’étais pas responsable de tout cela.

- Mais comment et pourquoi Jack réapparait ici, en ce moment, en plein Cardiff, et perpétue encore ces meurtres ?

- Je ne sais pas.

Ianto se leva, impatient de se dégourdir les jambes.

- je ne sais pas, intéressant ! donc Jack l’éventreur a été capturé fin 1888, après le meurtre de Mary Kelly, mis dans une sorte de stase, qui décale la personne emprisonnée dans le temps. C’est un peu ce qui t’arrive, non ?

Jack acquiesça. Effectivement, il y avait des points communs avec une stase temporelle. Il y avait déjà pensé mais en l’absence d’autres éléments, il ne pouvait rien faire.

- Et puis, une question, que se passe-t-il si la personne qui se trouve en stase possède l’artefact sur elle ?

- Ce n’est pas recommandé, répondit Jack du bout des doigts, on peut se retrouver coincé dans une bulle d’espace-temps, sans pouvoir en sortir. Oh fit-il pour lui-même, je comprends.

Ianto regarda autour de lui. Jack avait cessé de lui « parler ». il se sentait un peu barbouillé, les chocs électriques alliés au café qui lui avait servi de nourriture depuis son réveil, avait des effets secondaires particuliers. Ses muscles tressautaient encore. Jack le regarda intensément. Ianto avait l’art de poser les bonnes questions au bon moment. Il reprit sa conversation.

« je crois que Jack a volé la pierre et crut qu’il pouvait s’échapper grâce à cela. Mais quelque chose s’est mal passé. D’après ce que je sais de ces générateurs de stase, il y a un mécanisme qui permet à cet appareil de se rendre automatiquement à la source de technologie qui lui est la plus proche. Il a du s’amuser dans sa bulle pour aller de Londres à Cardiff pour rejoindre la faille. 120 ans de voyage et de rage sans pouvoir rien faire. En arrivant près de moi, la sécurité a du être enclenchée à cause de mon bracelet et l’a libéré. Il m’a enfermé à sa place et est reparti recréer son œuvre meurtrière en bon psychopathe qu’il est.

- hum, c’est plausible, Jack, mais comment te faire revenir et se débarrasser de lui ?

- en utilisant ce qui a fonctionné en 1888, faire croire qu’on l’a capturé, l’attirer dans un piège et l’enfermer à nouveau. On ne peut pas savoir jusqu’où il va aller cette fois.

- Ok, on lui tend un piège, dit Ianto, ça me va. On commence par quoi ?

- par rappeler Gwen.


Rhea01  (16.08.2009 à 15:39)

Gwen attendait à coté du 4X4, que Hill et les médecins sortent de la maison. Elle tenait encore son portable à la main. Ianto venait de lui résumer ce que le Capitaine avait révélé. Le vrai Jack l’Eventreur, à Cardiff ? Il avait déjà fait cinq victimes et le capitaine affirmait qu’il pouvait s’attendre à ce qu’il commette d’autres crimes s’il ne l’arrêtait pas à temps. Surtout qu’il agissait très vite, beaucoup plus vite qu’en 1888. Il avait répété les meurtres commis en six mois en une seule journée. Et s’il venait de passer 120 ans dans une bulle spatio-temporelle à ressasser ses crimes, ils pouvaient s’attendre à tout.

Hill sortit enfin, donnant le bras à Martha, tandis que Geraint, jaloux de l’attention de la jeune femme portait au profiler, poussait un chariot métallique couvert d’un sac en plastique noir.

- ce que fait ce meurtrier est horrible, Miss Jones, mais il ne peut faire que ce que lui dicte sa nature. Et celle-ci est incompréhensible pour bon nombre d’entre nous, moi y compris. Mais c’est parce que je ne comprends pas que je cherche à avoir les réponses aux questions qu’il soulève. C’est intéressant de voir qu’il ne s’en prend qu’aux femmes, seules, pas forcément célibataires. Je ne crois pas qu’il ait eu le temps de choisir ses proies. Il doit agir rapidement, dès que sa pulsion l’y pousse. Ah, Mrs Cooper, vous vous sentez mieux ?

- oui, hem, tout à fait, répondit Gwen, alors que Martha la regardait avec inquiétude. Je me sentais un peu oppressée là-bas.

- Ce n’est rien, fit Hill, cela arrive, même au meilleur d’entre nous, n’est-ce pas, Docteur ?

- Comment savez-vous cela, demanda un Geraint abasourdi.

- J’ai toujours mes deux oreilles ouvertes, dit Tony en se touchant l’oreille et le commissariat ne parle que de cela. Un légiste qui ne supporte pas la vue du sang. Totalement mensonger. D’ailleurs, vous vous êtes bien comporté sur cette scène de crime.

- Je dois avouer que cela a été dur, tout de même, dit le légiste mortifié, mais c’est la première fois que je travaille sur un tel tueur.

- C’est compréhensible, Geraint, dit Gwen d’un sourire compatissant, Dr Hill, d’après vous, comment faire pour capturer un homme qui tue selon ses pulsions, et qui veut jouer un jeu avec les forces de police ?

- Si, comme le Jack original, il aime jouer avec la police et les médias, je pense qu’il doit être à l’affut des journaux parlant de ses exploits. Le premier meurtre est paru dans quel journal ?

- South Wales Echo, répondit Gwen, un journal disponible à tous les coins de rue.

- On pourrait peut-être rencontrer les journalistes et voir comment ils ont eu cette information. D’ailleurs, je croit qu’on aura pas longtemps à attendre pour en rencontrer, dit Hill en montrant une camionnette qui remontait la rue à toute allure.

- Je sais, dit Gwen, mon boss les a fait prévenir, on va avoir besoin d’eux. Vous semblez avoir eu la même idée.

- Je crois que je ne vous ai pas dit mais j’ai horreur des journalistes, dit Tony Hill avec une grimace comique.

- Ce n’est pas grave, j’ai bien un ami qui déteste les psys, lança Gwen en se dirigeant vers la camionnette qui arrivait à fond de train. Montez dans la voiture. Je m’en occupe.


Rhea01  (17.08.2009 à 00:27)

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