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Série : Criminal Minds
Création : 14.08.2011 à 11h29
Auteur : Highland
Statut : Terminée
« La BAU enquete sur des crimes qui se sont produits il y a plusieurs annees en s'aidant du temoignage d'un rescape. Mais un drame frappera l'equipe. » Highland
Cette fanfic compte déjà 14 paragraphes
-Chapitre 8-
-Un pour tous, tous pour un-
Le soleil illuminait cette foule de personnes, toute vêtues de noir. Elles s’étaient réunies pour rendre un dernier hommage à cet agent du FBI qui avait perdu la vie sur le champ d’honneur, en accomplissant son devoir. Servir et Protéger. Deux verbes qui avaient été sa devise. Servir sa patrie et être au service de ses concitoyens. Protéger ses concitoyens contre tous les dangers qui pouvaient les guetter, et ce, jusqu’au bout. Et malheureusement, parfois jusqu’à la mort. Et aujourd’hui, ces femmes et ces hommes s’étaient rassemblés autour de ce couple en pleurs, foudroyés par le chagrin d’avoir perdu leur enfant. La femme était inconsolable, malgré la présence de son mari, tout en pleurs lui aussi, et de ses bras protecteurs autour d’elle. Le couple qui approchait la soixantaine était assis face à un cercueil en acajou recouvert du drapeau étoilé, et d’un boitier en satin noir ouvert. Ce boitier contenait une médaille. Médaille de bravoure à titre posthume. Une couronne de fleurs trônait à coté de ce cercueil. Une photo dans un cadre aux contours dorés avait été accrochée à cette couronne. La photo de l’agent disparu. L’agent spécial Emily Prentiss. Parmi la foule, au premier rang, à droite du couple qui n’était autre que la mère et le père d’Emily entouré par d’autres membres de la famille, les collègues d’Emily. Aaron Hotchner se tenant sur des béquilles axillaires à cause du plâtre à sa jambe droite, suivi par David Rossi, Derek Morgan, Spencer Reid, Penelope Garcia et Jennifer Jareau venue spécialement pour dire au revoir à l’une de ses anciennes collègues et amies. Chacun des membres (actuel et passé) des sciences du comportement pleurait plus ou moins discrètement, mais avec la même intensité. Derrière eux, d’autres agents du FBI, plus des supérieurs, dont Erin Strauss, leur chef de section. Chaque agent arborait sa plaque et l’avait enroulée d’un ruban noir. Des hommes et des femmes appartenant au monde de la politique, amis et collègues des parents d’Emily, faisaient également partie du cortège. Un sous-officier de la garde nationale, posté un peu au loin du cercueil, fit retentir son clairon et entonna la sonnerie aux morts, pendant que six de ses compagnons d’uniforme entouraient le cercueil et pliaient en triangle avec respect et délicatesse le drapeau Américain. Un autre militaire les avait rejoints pour prendre le boitier et le tenir pendant ce geste. Puis il le remit à l’officier qui fut le dernier à tenir le drapeau. Derek Morgan s’approcha pour recevoir le drapeau et la distinction des mains de cet officier. Normalement, Hotch aurait du le faire, mais il en avait été incapable à cause de sa jambe, et avait délégué cet honneur à Derek. Celui-ci s’avança vers la mère d’Emily qui n’avait pas cessé de pleurer sa fille. Derek Morgan lui remit le drapeau et la médaille entre les mains. La mère le prit et remercia d’un signe de la tête Derek, qui retourna auprès de ses partenaires. Un officier de la garde nationale donna l’ordre à la rangée de six sous-officiers qui se tenaient debout en ligne droite face à la foule de l’autre coté du cercueil de se mettre au garde à vous et de présenter leur fusil. Une salve de coups de feu retentit, brisant ce silence de tristesse, de remords et de culpabilité qui avait envahi chaque membre de la foule, touchant plus particulièrement les parents d’Emily, les agents Hotchner, Rossi, Morgan et Spencer, ainsi que l’analyste Penelope Garcia. Ils avaient perdus plus qu’une coéquipière. Ils avaient perdu une amie. Une sœur. La famille qu’était devenue la BAU avait perdu l’un des siens, et ne serait plus jamais la même…
… Tout comme James Lauderdale s’était réveillé en sueur, David se réveilla de la même façon, à la différence qu’il ne dormait pas dans un lit, mais s’était assoupi sur une chaise de la salle de travail, assommé par la fatigue. David passa une main à son visage. Il avait rêvé. Ce n’était qu’un rêve, mais il lui avait paru si réel. Pendant un instant, David se demanda si cette scène s’était bien déroulée et s’il ne s’était pas réveillé quelques jours plus tard. David remarqua qu’il était toujours dans ce bureau prêté par la criminelle de Washington D.C. Par conséquent, en toute logique, il était encore en train de travailler sur cette affaire et cet enterrement n’avait jamais eu lieu… Néanmoins, si les choses continuaient toujours à stagner, cet enterrement pouvait se réaliser. Le lieutenant Newland arriva à ce moment, un thermos et un paquet de gobelets dans les mains. Elle vit le visage assombri de David.
-Newland : Est-ce que ça va, agent Rossi ?
-David : Pas vraiment… Je viens de rêver que j’assistais à l’enterrement de l’agent Prentiss… C’était affreux… Je ne veux pas vivre ça… Mais ça fait plus d’un mois qu’on n’a plus de nouvelles…
-Newland : Je sais…
David regarda le thermos.
-David : Je crois que le café ne fait plus effet sur moi…
Newland posa le thermos et les gobelets sur la table. Elle ouvrit le thermos et remplit un gobelet qu’elle tendit à David, tout en expliquant :
-Newland : C’est du thé jasmin. Il a des vertus apaisantes…
-David : Je ne peux pas vraiment me permettre de m’apaiser…
-Newland : Je sais. Mais vous devez essayer. Je vous ai observés, vous et vos collègues. Vous avez ingurgité je ne sais combien de litres de café depuis ces dernières semaines. Vous ne dormez presque plus, vous êtes stressés, ce qui est compréhensible, vu les circonstances… Peut-être qu’un peu de repos vous ferait du bien, pour vous ressourcer, vider votre esprit, pour reprendre l’enquête et la voir sous un autre jour… On n’avance pas avec le stress et la fatigue, cumulés à la caféine qui finit par être plus un frein qu’un moteur…
David dut reconnaitre que Newland avait parfaitement raison. Le stress, la peur et l’énervement ne s’étaient pas réellement montrés d’une grande aide jusqu’à présent. Morgan, Reid, Garcia et lui étaient sur les nerfs, et cet état pouvait devenir un obstacle à leur progression, enfin, le semblant de progression qu’ils avaient eu. David opta pour le thé et but une gorgée et s’exclama :
-David : C’est délicieux…
Ce thé avait un goût extraordinairement bon. Goût peut-être prononcé par le fait que David avait trop longtemps carburé au café et que maintenant, n’importe quel aliment apparaissait à ses pupilles comme magnifique. En fait, pas vraiment. Cette boisson chaude sentait merveilleusement bon. Elle réchauffa David avec douceur et subtilité. David eut l’impression d’être enivré par la sérénité à l’état pur. Ce lieutenant Newland savait comment gérer. Il la remercia pour cette vague de paix liquide.
-David : C’est merveilleux… Merci…
-Newland : Je vous en prie.
Newland se servit une tasse.
-Newland : Des nouvelles de James Lauderdale ?
-David : Il se souvient de quelques tortures, mais n’arrive pas encore à visualiser le visage du tueur…
Le portable de David sonna. Il répondit, puis informa Newland :
-David : James Lauderdale vient d’avoir un autre souvenir.
David se leva de sa chaise et partit avec le gobelet de thé à la main. Il ne sut pourquoi, mais il avait eu envie de le garder. Peut-être que ce thé se montrerait plus bénéfique que tout ce café qui saturait son estomac.
St Henry Hospital, plus tard, dans la journée du Mercredi :
David, Newland, et Spencer (qui avait des cernes géantes sous les yeux et une barbe qui s’épaississait) se tenaient autour de James Lauderdale. Celui-ci leur raconta son rêve.
-Lauderdale : Je ne voyais toujours pas son visage, mais j’entendais bien sa voix. Il m’avait attaché à des chaînes, et j’étais suspendu dans les airs… Je ne comprenais pas trop où il voulait en venir… Il disait qu’ils ne viendraient pas à mon secours… Qu’ils venaient seulement au secours des autres, mais pas à mon secours… Je pense qu’il devait parler de mes partenaires de la caserne car il a parlé de gens secourus des flammes… Et puis, il a continué… Il a dit qu’ils signaleraient ma disparition et que finalement, ils finiraient par m’oublier, par reprendre leur vie… Il a aussi insisté sur le fait que j’étais seul… Il a dit qu’on était toujours seul, que les personnes en lesquelles on croit nous laissent toujours tomber… Et c’est tout. Je me suis réveillé à ce moment là. Est-ce que ça peut vous aider ?
-Spencer : Il semblerait que le tueur voulait vous faire passer un message, James.
-Lauderdale : Oui… Il voulait que je comprenne…
-David : On est toujours seul… Les personnes en lesquelles on croit nous laissent toujours tomber… Ils ne viendront pas à votre secours…
-Spencer : Une idée, Rossi ?
Pour sa part, Spencer était épuisé mentalement, malgré tous ses efforts de concentration.
-David : On va résumer. Vous étiez pompier, monsieur Lauderdale. Jeff Granger, policier. Helen O’Manning, militaire. Brad Carlson, une potentielle victime, agent de la DEA. Emily et Hotch, agents du FBI… Quel est le point commun ?
-Spencer : On n’en a trouvé aucun, Rossi…
-David : Aucun du coté de leur vie, de leur environnement sociodémographique. Mais il y a un point commun, au niveau du métier, plus ou moins flagrant.
-Newland : Je dirais qu’ils exercent un métier dangereux… Chacun peut mourir au cours de l’exercice de ses fonctions…
-David : En effet, mais le tueur ne semblait pas mettre le point sur cet aspect du métier… Il voulait que monsieur Lauderdale comprenne qu’il était toujours seul, que ses coéquipiers ne viendraient pas le chercher, le sauver… Qu’est-ce qui caractérise les différentes professions que nous sommes en train d’évoquer ?
Newland et Spencer interrogèrent David du regard.
-David : Dans tous ces métiers, on ne laisse pas un compagnon d’arme à terre. Dans tous ces métiers, quand un membre est en danger ou blessé, ses compagnons font tout pour le sortir du danger ou pour le ramener en vie chez lui. Hotch se sent extrêmement coupable d’avoir laissé tomber Emily.
-Newland : Alors le tueur aurait été abandonné par ses coéquipiers et se venge sur ses victimes ??
-David : Le tueur devait probablement exercer le même métier que l’une des victimes. Il avait confiance en ses partenaires, mais un jour, un évènement s’est produit. Ses partenaires l’ont laissé derrière, volontairement ou non. Peut-être même que le tueur a subi des tortures, et du coup, il ne fait que reproduire ce qu’il a subi, et s’est enfermé dans un raisonnement auquel il veut que les victimes adhèrent.
David avait enfin établi une hypothèse qui avait du sens. L’homme regarda son jeune collègue, vaincu par la fatigue. David se sentit étrangement pousser des ailes. Etait-ce du au thé ? Peut-être, voire très certainement. Quoiqu’il en soit, il y avait une nouvelle piste à creuser.
Quelque part, dans le nord est des Etats Unis, pendant ce temps :
Emily se tordait de douleur sur le sol et criait, au fur et à mesure que le tueur lui infligeait des chocs électriques à l’aide de son bâton. Emily voulait encore résister, mais tant de questions avaient envahi son esprit depuis le début de sa captivité. Elle avait résisté pendant des jours, malgré ses « séances », dont les stigmates s’étaient concrétisés par des blessures aux mains et sur d’autres parties de son corps. D’ailleurs, son épaule droite s’était déboitée (ou sa clavicule s’était luxée) et Emily n’arrivait plus à faire le moindre mouvement avec. Le tueur avait renoncé à la suspendre dans les airs. Un autre stigmate accompagnait ces blessures physiques : ce sentiment de n’être plus qu’un déchet, sentiment accentué par ces viols qu’elle avait subi. Cependant, aujourd’hui, tout était en train de changer. Elle était dans ce lieu abominable depuis… Elle ne savait combien de temps, mais il lui semblait que des mois s’étaient écoulés. Ses coéquipiers n’étaient toujours pas arrivés. Ils n’étaient toujours pas venus la secourir. D’après le tueur, Hotch avait été là, et il ne l’était plus. Avait-il décidé de partir pour retrouver l’équipe et les aider à la retrouver ? Si oui, pourquoi Hotch, David, Derek et Spencer tardaient-ils ? Qu’était-il arrivé à Hotch ? Avait-il été sérieusement blessé au point de ne plus être en mesure de participer à l’enquête ? Si oui, ses autres coéquipiers avaient-ils fini par abandonner les recherches ? Car c’était la seule explication logique qui puisse justifier cette trop longue et pénible attente. Emily souffrait plus à cause de toutes ces questions sans réponses qu’à cause des électrocutions. Emily pleura. Le tueur comprit ses doutes et l’enfonça encore plus dans ses remises en question :
-Tueur : Ils sont censés être une unité d’élite, n’est-ce pas ? Sinon, vous n’auriez jamais été décorés et je ne vous aurai jamais vus sur cette photo, dans ce journal… Admettez-le, vous doutez. Et vous avez raison. Qu’êtes-vous réellement pour eux ? Vous n’êtes qu’un agent du FBI, rien de plus. Un agent qui parfois, doit faire face à des risques. Un agent qui peut mourir en mission. Sauf que ça, tout agent l’accepte car ça fait partie du métier. Vos collègues savent qu’ils peuvent partir un jour. En conséquence, les autres doivent l’accepter continuer à vivre. C’est ce qu’ils font tous. Ils pleurent au début, puis finissent par continuer leur train train quotidien. Ils finissent par oublier que vous avez existé, et vous remplacent par un nouveau. Ils ont arrêté les recherches. Soyez en sûre. Ils ne viendront pas. Parce qu’ils n’ont rien trouvé et préfèrent la défaite. Ils ne viendront pas. A leurs yeux, vous êtes morte. Ils ne viendront pas. Ils vous ont laissé tomber.
Les paroles du tueur s’ancraient dans le cerveau d’Emily. Elle les écoutait, et un combat s’engagea en elle. Une partie d’elle l’exhortait à admettre la vérité : ses collègues ne viendraient pas la sauver. Ils l’avaient abandonnée, alors pourquoi n’abandonnerait-elle pas ? Pourquoi résister et subir continuellement toutes ces souffrances dans ce vain espoir d’être libérée ? Les jours se suivaient et rien ne se produisait, à part ces sévices. Pourquoi lutter ? Une autre partie d’elle l’encourageait à tenir bon et à croire en ses coéquipiers. Les Etats Unis étaient un pays immense. Elle pouvait être n’importe où, d’où la difficulté à la localiser. Tout n’était qu’une question de temps, et bientôt, ce cauchemar cesserait. Oui, mais combien de temps avant qu’Emily ne soit plus qu’un cadavre en état de décomposition ? Elle n’en pouvait plus. Elle avait prié pour que tout ce calvaire cesse enfin, mais rien n’avait cessé. Au contraire, tout avait continué. Tout s’était empiré. Elle ne sentait presque plus son propre corps.
Le tueur arrêta les chocs électriques. Emily transpirait et avait le corps endolori. Le tueur regarda Emily. Cette dernière se demanda ce qu’il allait faire ensuite, et le découvrit assez vite. Le tueur s’agenouilla auprès d’elle. Ses doigts de la main droite commencèrent à se balader sur sa poitrine, et se dirigèrent vers le bas. Emily allait se faire humilier une énième fois… A moins qu’elle ne fasse le nécessaire pour l’éviter.
St Henry Hospital :
David et Spencer avaient appelé Derek, qui était resté veiller sur Aaron, pour le mettre au courant des nouvelles données. Les trois hommes se trouvaient dans la chambre de James Lauderdale, avec Newland. Derek avait appris à David et Spencer qu’Aaron s’était endormi. Derek fut tout excité aux dernières nouvelles.
-Derek : Donc, il nous faut chercher un ancien pompier, militaire, policier ou agent fédéral qui a quitté son boulot après une grave blessure lors d’une mission…
-Spencer : Ça va nous faire beaucoup de candidats dans l’état de Virginie… Et dans les états voisins…
-Derek : Il faut quand même tenter.
Derek composa le numéro de Garcia et alluma le haut-parleur.
-Garcia : Je suis là !!! Dis-moi ce que je dois faire !!!
-Derek : Garcia, je voudrais que tu cherches tous les anciens militaires, pompiers, membres des forces de l’ordre qui ont été gravement blessés au cours d’une mission, et retiens en priorité ceux qui ont subi des sévices, physiques, psychologiques. Commence par Washington D.C et étends les recherches à la Virginie et au Maryland…
-Garcia : Je vous rappelle quand j’ai la liste !
Garcia raccrocha pour se consacrer à sa mission. David prit la parole :
-David : Il faut aussi regarder si les victimes ne se sont pas rendues dans un lieu commun… Elles ont peut-être été repérées dans ce lieu…
-Spencer : J’ai regardé les dossiers, et elles n’ont jamais séjourné dans le même hôtel… En tout cas, elles n’ont jamais utilisé leur carte de crédit au même endroit… Néanmoins, elles sont toutes passées par Washington…
-Derek : Il faut un lieu où le tueur a pu facilement apprendre que les victimes étaient en vacances, et leur métier… Pour ma part, quand je pars en vacances, je ne discute pas vraiment de ce genre de choses avec un inconnu… Sauf si je suis dans des circonstances qui m’encouragent à le faire…
-Newland : Comme par exemple un site touristique à visiter, avec un groupe d’autres touristes…
-Spencer : Toutes les victimes étaient en solo…
-Lauderdale : D’après mes partenaires, j’étais plutôt du genre aventurier… Je voulais parcourir le nord est en moto, et contempler la nature… Ils m’ont dit que j’avais préféré les motels dans les petites villes qu’hôtels dans les grandes…
-Spencer : Sauf que Granger n’a séjourné qu’à Washington et Philadelphie, dans des hôtels en centre ville... O’Manning, quant à elle, faisait les deux…
-Derek : Alors, qu’est-ce qui pourrait être le point commun, si ce n’est pas un hôtel ou motel ???
-Spencer : Un magasin de souvenirs ?? Un restaurant ??
-Lauderdale : Une seconde… Mes collègues m’ont raconté que j’allais souvent dans les restaurants…
-Spencer : Granger et O’Manning aussi…
-David : Faisons le point. Il faut un lieu à l’atmosphère conviviale, qui donne au touriste assez de confiance pour raconter qu’il est en vacances et révéler sa profession... Un restaurant discret… Peut-être dans la campagne…
-Spencer : Il me faut une carte !
Le lieutenant Newland sortit son portable, qui était un IPhone, et trouva une carte du nord est des Etats Unis pour Spencer. Elle lui prêta son téléphone et Spencer expliqua sa démarche.
-Spencer : La dernière étape de Granger avant sa disparition était Washington. Celle d’O’Manning, Richmond. Et la votre, James, un motel près de la frontière entre la Virginie et la Virginie de l’ouest. Pour notre victime présumée, Brad Carlson, Charlottesville… Donc notre homme est de la Virginie…
-David : James, pouvez-vous vous assoir dans ce fauteuil et fermer les yeux ?
James s’exécuta. David poursuivit :
-David : Essayez de vous rappeler un endroit particulier dans lequel vous êtes allé… Un endroit où vous avez discuté avec une personne en lui racontant votre voyage… Un endroit à l’ambiance sympathique, où vous vous êtes senti en sécurité, sérénité…
James Lauderdale se concentra pour réfléchir.
-David : Une auberge, un restaurant, une boutique souvenir… Vous avez surement du parler avec celui qui vous a kidnappé… Il vous est apparu avenant, gentil, très souriant… Un homme plutôt manuel… Un endroit plus dans la campagne…
James se focalisa sur les paroles de David. Puis soudain, une image lui apparut…
… James s’était installé au comptoir d’un petit restaurant. Il portait un blouson de motard et un jean. Son casque se trouvait à sa droite. James attendait et pendant l’attente, regardait le paysage qui l’entourait. Un paysage vert de forets et de collines, et la petite route qu’il avait empruntée pour arriver à ce restaurant. James regardait également l’intérieur du restaurant. Il y avait peu de monde et chaque client avait déjà été servi. Il y avait également des cadres sur le mur qui contenaient des distinctions pour la bonne cuisine de ce restaurant. James patientait. Finalement, un homme, aux cheveux châtains, sortit de la cuisine en tablier avec une assiette au contenu coloré et qui avait l’air délicieux. D’ailleurs, ce plat dégageait une saveur enivrante. L’homme posa l’assiette devant James et lui dit :
-Homme : Et voilà pour vous, monsieur.
-Lauderdale : Merci !
James prit une bouchée.
-Lauderdale : Hum… C’est succulent !!!
-Homme : Merci, monsieur… Vous n’êtes pas du coin, n’est-ce pas ?
-Lauderdale : En effet… Bien vu.
-Homme : Je suppose que vous devez être un touriste…
-Lauderdale : Oui… Je profite de mes vacances pour visiter le coin…
-Homme : Vous verrez, c’est un coin merveilleux… Est-ce la première fois que vous venez ici ?
-Lauderdale : Même la première fois que je viens dans ce pays !
-Homme : Vraiment ? D’où venez-vous ?
-Lauderdale : Du Canada !
-Homme : Magnifique !! Alors, vous avez décidé d’explorer notre beau pays en moto…
-Lauderdale : En effet… J’ai pris un long break pour en profiter et déstresser au maximum…
-Homme : Déstresser ?? Ma parole, seriez-vous exploité par votre patron ?
L’homme sourit. James aussi.
-Lauderdale : Non… Mais disons que mon boulot est assez stressant… Je suis pompier, voyez-vous, alors le danger, je le côtoie presque tous les jours, et le danger, c’est stressant…
-Homme : Je comprends. Du coup, vous avez décidé de faire une pause pour évacuer et vous ressourcer…
-Lauderdale : Exactement ! … Votre plat est vraiment merveilleux !!
-Homme : Merci ! C’est grâce à lui que j’ai obtenu ce prix…
L’homme montra à James l’un des cadres qui trônait sur le mur…
… James ouvrit les yeux et déclara :
-Lauderdale : Je me souviens de lui ! J’ai revu son visage ! J’étais dans un petit restaurant, quelque part dans la campagne, et lui, c’était le cuisinier. Il est venu m’apporter mon plat, et on a discuté. Je crois qu’après, il m’a recommandé des sites à visiter…
Derek rappela Garcia en urgence et mit le haut-parleur.
-Garcia : J’ai pas encore la liste !! Je t’assure que je fais aussi vite que je peux !!
-Derek : Je sais, Garcia. On a d’autres paramètres pour toi !
-Garcia : J’écoute !
-Derek : Isole les restaurants situés dans la campagne, en bord de route, en Virginie du Nord. Croise ensuite la liste des employés… Non, croise la liste des cuisiniers depuis 1998 avec la liste des anciens militaires, pompiers, forces de l’ordre que tu es en train de faire…
-David : Garde en priorité les cuisiniers à mi-temps…
Spencer et Derek regardèrent David, perplexes. David se justifia :
-David : Granger, O’Manning, Carlson et monsieur Lauderdale ont disparu un jour de la semaine, pendant la journée pour certains d’entre eux, dans des endroits différents. Le travail de cuisinier prend beaucoup de temps. Avec un mi-temps, le tueur a plus de temps pour suivre ses cibles, les kidnapper, et les torturer…
Dans la salle de travail au poste de police, Penelope Garcia s’activait. Ses doigts se mouvaient avec une rapidité impressionnante sur le clavier d’ordinateur, tandis que ses yeux restaient rivés sur l’écran, à l’affut de toute découverte capitale. Plusieurs cadrans de recherches se dressèrent sur l’écran. Des noms défilaient sur ces cadrans. Les secondes paraissaient être des heures. Garcia murmura même :
-Penelope : Allez, allez, mon bébé… !
La jeune informaticienne était plus qu’impatiente et nerveuse. Elle tapait du pied, et commença à ne plus faire attention à le faire avec discrétion. Apres plusieurs secondes d’interminable attente, les noms s’arrêtèrent de défiler sur les écrans. Un nom clignota sur l’un des cadrans. Le nom d’un restaurant. Simultanément, sur un autre cadran, apparut le nom d’un homme. Puis de nouveaux cadrans se formèrent. Une carte d’identité et un extrait de dossier de l’armée. Garcia s’exclama, presqu’en criant :
-Penelope : Je l’ai !! Je l’ai !! Peter Harwell !! Cuisinier à mi-temps au Backwood’s House, sur une petite route de campagne !! Avant d’être cuisinier, il était sous-officier dans l’armée. Mais il en a démissionné en 1996, après une mission en Amérique du Sud. Il était parti en mission dans le cadre de la lutte anti drogue. La mission s’est mal passée… Je n’ai pas tous les détails, mais il s’avère que son équipe est revenue sans lui. Elle a dit qu’il avait été tué lors d’une explosion. Ensuite, deux mois plus tard, Harwell a été retrouvé dans une ville à des kilomètres, et a été rapatrié aux Etats Unis. D’après le rapport, il avait été torturé par les membres d’un cartel de drogue, mais il a réussi à s’échapper et s’est caché dans une ville. Après cette mission, il a eu quelques problèmes de discipline et a préféré quitter l’armée. Il s’est reconverti en cuisinier…
Pendant son exposé, Penelope avait continué à chercher des informations sur Peter Harwell. De nouveaux cadrans envahirent l’écran.
-Penelope : Sa mère tenait un restaurant avec son père à elle… C’est comme ça qu’il est devenu familier avec la cuisine… Et son père, il était ébéniste…
-Spencer : Où est-ce qu’il habite, maintenant ?
-Penelope : Dans un chalet légué par son grand père paternel… Perdu en pleine nature…
-David : Un lieu propice aux tortures…
-Penelope : Je vous envoie l’adresse !!
-Derek : Merci, Garcia !! T’es la meilleure !!
-Penelope : Tu me diras ça après avoir retrouvé Prentiss !!
-Derek : J’y cours !
Garcia raccrocha. Son cœur battait à un rythme démentiel. Sa respiration suivait le même tempo. Garcia ne put bouger et s’éloigner de son ordinateur. L’équipe venait de faire un immense pas, mais ce pas allait-il aboutir à une fin heureuse ? Penelope se surprit à prier et à entamer un « Notre Père ».
Tout comme Garcia, Derek, David et Spencer pouvaient sentir le cœur cogner leur cage thoracique au point d’en casser les os et d’en sortir. Ils allaient enfin avoir cette pourriture. Derek dit :
-Derek : Il faut que je prévienne Hotch ! On se rejoint en bas !
-Newland : J’appelle le SWAT !
David remercia James :
-David : Merci infiniment, James.
Sur ce, chacun se sépara. Derek piqua un sprint pour annoncer la nouvelle à Hotch.
Hotch sursauta lorsque Derek ouvrit la porte de sa chambre avec trop d’entrain. Hotch constata que Derek était légèrement essoufflé, mais surtout excité. Derek s’approcha de Hotch et l’informa :
-Derek : Hotch, on l’a trouvé! On connait son identité!
Le rythme cardiaque d’Aaron s’accéléra. Il n’en croyait pas ses oreilles.
-Derek : On va coincer ce fumier, Hotch. On va l’avoir. J’y cours…
Avant que Derek ne se retourne pour s’en aller, Hotch lui agrippa le bras, pour lui dire, d’une voix grave et sans indulgence :
-Aaron : Quand vous tomberez sur lui, ne lui faites aucun cadeau.
Derek regarda Hotch. Il put lire dans le regard de ce dernier toute l’horreur que le tueur lui avait fait subir, à lui et Emily. Hotch n’était pas du genre à chercher la vengeance. Mais cette fois-ci, c’était différent. Derek répondit à son patron :
-Derek : Il ne s’en sortira pas aussi facilement, Hotch. Vous avez ma parole.
Hotch relâcha le bras de Derek.
Derek Morgan, Spencer Reid et David Rossi se pressèrent pour prendre leur gilet pare-balle, charger leurs armes et monter dans le 4*4 noir du FBI. Derek prit le volant. Chacun priait pour qu’Emily soit encore vivante. La route jusqu’au repère du tueur était longue, et la route sur laquelle se trouvait Emily se raccourcissait dangereusement…
Desolee pour la longue attente... Voila une suite!
-Chapitre 9-
-Destination finale-
Quelque part au nord est des Etats Unis :
Peter Harwell avait arrêté son vagabondage tactile sur la poitrine d’Emily et s’était absenté. Il était revenu un peu plus tard, pour une autre activité. Emily le vit venir vers la table, et prendre un pistolet. Un Walther. Emily se demanda si le tueur allait la tuer avec. Elle le désira ardemment, car au moins, elle n’aurait plus à souffrir davantage. Malheureusement, le pistolet ne fut qu’un instrument de torture de plus. Le meurtrier visa le genou gauche d’Emily et tira. Il ne rata pas sa cible. Emily sentit l’os de son genou se pulvériser en mille morceaux. Une douleur intense la fit hurler comme elle n’avait jamais hurlé auparavant. Son cri fut comme un cri perçant déchirant le silence de la nuit, suivi de plusieurs échos, tous aussi puissants. Du sang jaillit de ce genou. Emily eut l’impression qu’elle n’avait plus de genou. La douleur était atroce. Insupportable. Le sang coulait comme les chutes du Niagara. Emily tenta d’arrêter ce jet avec sa main gauche encore valide. Elle palpa son genou qui lui apparut comme de la mousse. Cette sensation donna la nausée à Emily. Elle pleura de plus belle. Des larmes de douleur entremêlées de larmes de désespoir. Le tueur poussa la main gauche d’Emily avec son pied et pressa son genou avec ce même pied. Emily se cabra et ne put qu’émettre un son de souffrance parmi ses larmes :
-Emily : AIE !!!... Arrêtez !!
-Harwell : Vous avez mal ??
-Emily : Oui…
-Harwell : Vous avez mal ?
-Emily : OUI !!!!!!!!!!
-Harwell : Parfait !!!
-Emily : Arrêtez, s’il vous plait !!
-Harwell : Pas avant que vous compreniez, Emily…
-Emily : Non…
Peter Harwell tira dans la cuisse droite d’Emily, et rata le genou de quelques millimètres. Nouveau cri de douleur et nouvelles larmes.
- Harwell : Maintenant, passons à nos trente minutes…
Cette phrase déclencha ce processus latent qui sommeillait en Emily. Ce processus qu’elle avait essayé coûte que coûte de freiner en se raccrochant à cet espoir que ses coéquipiers viendraient, après avoir remué ciel et terre. A cet espoir que ce cauchemar finirait et qu’elle se concentrerait sur une priorité trop longtemps laissée de coté, à savoir, fonder sa propre famille. Tout ce en quoi Emily avait cru s’effondra comme un château de cartes. Emily n’en pouvait plus. C’en était trop. Elle avait déjà assez souffert. Et quelle avait été la contrepartie de ces souffrances ? Encore et encore plus de souffrances. Encore et encore plus d’humiliations. Et aucune lumière à l’horizon. Cet homme avait raison. Emily avait tant attendu et n’avait rien vu venir, à part toutes ces tortures. Où avaient été Hotch, David, Derek et Spencer pendant qu’elle endurait tous ces malheurs ? Quelque part au chaud, alors qu’elle, elle était prisonnière dans ce trou à rats. Avaient-ils empêché ses souffrances ? Non. Ils n’étaient pas venus. Elle était restée seule pendant tout ce temps à les attendre, mais ils n’étaient jamais venus. Et à cause de cette attente, son état physique était devenu catastrophique. Emily n’était plus qu’une enveloppe corporelle souillée, déformée, trouée. Son corps et son âme étaient devenus le terrain de jeu de cet homme. Tout ça, parce qu’elle avait cru en son équipe. Belle erreur, en fin de compte. Il était grand temps de mettre un terme à ce massacre. A son massacre.
Le tueur s’était agenouillé et venait de porter sa main droite à la ceinture d’Emily. Il était hors de question qu’elle souffre davantage pour attendre des personnes qui ne viendraient pas. Emily repoussa énergiquement la main du tueur avec sa main gauche, en lui criant :
-Emily : NON !!!! STOP !!!!!!!!!!
Harwell regarda Emily. Il bouillonnait intérieurement. Il avait peut-être enfin atteint son but.
- Harwell : Il faut que je continue…
-Emily : J’AI COMPRIS !!!!
Harwell commençait à être rempli de joie. Cet agent du FBI avait-elle enfin compris la leçon ?
- Harwell: Vous avez compris quoi ?
Emily pleurait. Elle avait craqué.
-Emily : J’ai compris...
- Harwell: Compris quoi ?
-Emily : VOTRE LEÇON, MERDE !!!!!!!
Peter se leva et se rua sur la table pour prendre le bécher et le pinceau. Il recueillit un peu de sang qui coulait des membres inférieurs d’Emily et la traina devant l’un des murs. Il lui fourra le pinceau dans la main gauche et lui ordonna :
- Harwell : Je veux vous l’entendre dire ! Je veux vous l’entendre dire !
Le tueur était surexcité. Il dominait enfin entièrement cet agent qui avait tant résisté, et courageusement résisté, concéda-t-il intérieurement. Le tueur entendit enfin la capitulation de l’agent Prentiss.
-Emily : Ils… Ne viendront... Pas…
- Harwell: Répétez-le, s’il vous plait.
Emily était dans le désespoir et la capitulation la plus totale.
-Emily : Ils ne viendront pas… Je suis seule…
- Harwell : Ecrivez-le. Ecrivez qu’on est toujours tout seul, Emily.
A ce stade, Emily voulait en finir. Elle aurait dit et fait n’importe quoi pour satisfaire le tueur et le pousser à la laisser mourir, signant ainsi la fin de cet enfer. Elle regarda le pinceau et le bécher.
A vrai dire, en ce moment, Peter Harwell manifestait plus de la compassion qu’un sentiment de victoire d’avoir obtenu la reddition de l’agent fédéral. Cet agent avait enfin compris ce que lui-même avait réalisé il y a des années. Qu’on était toujours tout seul. Que nos soi-disant compagnons d’armes ne venaient jamais nous sauver. Le tueur observa Emily tremper le pinceau dans le bécher et inscrire sur le mur, lentement et avec des lettres irrégulières car elle n’écrivait pas naturellement de la main gauche, les mots suivants : « Always alone » (toujours seul).
Emily s’arrêta. C’était fini. Le tueur avait gagné. Elle avait cédé, mais elle cela n’avait plus d’importance, à présent. Elle voulait s’en aller. Et le tueur allait respecter sa part du contrat. Ce dernier lui dit :
- Harwell : Vous êtes mon numéro huit. C’est fini.
Il retira le pinceau de la main d’Emily et la prit délicatement dans ses bras. D’un pas presque solennel, il sortit de la salle. Emily put enfin voir ce petit couloir sur lequel donnait la salle. Emily put enfin voir quelque chose d’autre que les quatre murs, la table d’instruments et les chaines de sa prison. Le tueur monta un petit escalier et s’éleva vers un plus grand espace. Emily put enfin respirer un air plus frais. Elle put enfin découvrir qu’elle se trouvait dans une sorte d’étable. Le tueur poursuivit sa procession et Emily put enfin respirer de l’air naturel, et voir le ciel bleu. Le tueur s’enfonça dans la forêt qui constituait son voisinage. Emily profita de ses derniers moments pour admirer ce ciel bleu sans nuages. Tout était fini. Harwell s’arrêta plusieurs mètres plus loin. Emily se souvint de la dernière étape du modus operandi du tueur. Il allait l’enterrer vive. Qu’importe, l’important, c’est qu’elle allait sombrer dans le sommeil éternel et ne plus souffrir. Le tueur posa Emily sur le sol. Il descendit dans la fosse dans laquelle il avait déposé un cercueil en bois, qu’il avait fabriqué lui-même, héritage de tous ces moments partagés avec son père qui lui avait appris à travailler avec ses mains et qui lui avait transmis son savoir-faire. Peter reprit Emily et la plaça dans le cercueil. Emily avait l’air paisible. Peut-être attendait-elle la mort. Harwell lui mit dans la main une petite lampe torche. Emily se laissa faire. Et enfin, Harwell rabattit le couvercle. Emily ne chercha même pas à l’en empêcher. Elle avait accepté. Peter sortit de la fosse. Il prit la pelle qui lui avait permis de creuser cette fosse et commença à remettre la terre qu’il avait déblayée dans cette fosse.
Domicile de Peter Harwell, plus tard :
Un cortège de 4*4 noirs, de fourgonnettes du SWAT, de voitures de police (voitures de patrouille et voitures banalisées) et d’une ambulance s’arrêtèrent devant un chalet. Les agents du FBI en gilet pare-balle sortirent des 4*4 noirs. Le lieutenant Newland et l’inspecteur Silvers sortirent de l’une des voitures banalisées, gilet pare-balles estampillés « POLICE » sur la poitrine. Les hommes du SWAT se déployèrent, en tenue de combat, casque et armes automatiques, accompagnées d’autres armes (pistolets, Taser et bombes lacrymogènes). Derek donna les instructions :
-Derek : Rossi, avec Newland. Reid, avec Silvers. Lieutenant Shelman, avec moi.
Le lieutenant Shelman n’était autre que le chef de l’unité du SWAT présente. Derek continua les instructions.
-Derek : Je veux une équipe de chaque coté de ce chalet. Un équipe ici, au cas où Harwell ne serait pas chez lui et reviendrait pendant l’intervention.
Newland affecta quatre des policiers en uniforme à cette tâche.
-Newland : Gubler, vous ferez le guet.
-Gubler : Bien, lieutenant.
Le lieutenant Shelman s’adressa à ses hommes :
-Shelman : Equipe 1, à l’ouest. Equipe 2, à l’est. Equipe 3, dans le chalet.
-Derek : Nous suivrons l’équipe 1. David, vous irez avec la 3. Reid, avec la 2. Allez, au boulot !!!
Sur ce, chacune des équipes se dispersa.
David et Newland investirent avec fracas la demeure de Peter Harwell. Les hommes du SWAT et les hommes de la police de Washington se séparèrent pour inspecter chaque salle de ce chalet. David et Newland montèrent à l’étage, avec d’autres membres de l’équipe 3. Chaque chambre, salle de bain et salle de travail ou jeu fut vérifiée. Puis, très rapidement, des « R.A.S », acronyme de « Rien A Signaler » retentirent des quatre coins de la maison. David et Newland rangeaient leur pistolet dans leur holster quand ils furent interpellés par l’un des inspecteurs de Newland.
-Inspecteur : Lieutenant Newland !!! Agent Rossi !!! Par ici !!! De l’autre coté de l’étage !!!
David et Newland parcoururent les couloirs de l’étage qui ressemblait à un labyrinthe. Ils arrivèrent au coté opposé. Une échelle rétractable qui menait à un grenier se dressait devant eux. Rossi et Newland montèrent et rejoignirent l’inspecteur qui les avait appelés quelques secondes plus tôt. Rossi et Newland découvrirent alors la salle des trophées de Peter Harwell. Un autel qui se concrétisait par une petite table de chevet avait été dressé pour Jeff Granger, Helen O’Manning, et James Lauderdale. Un autel pour chaque victime. Un autel pour chacune de ces trois victimes, plus d’autres victimes, au nombre de cinq, dont Brad Carlson et Emily Prentiss. Le dernier autel avait été dressé pour Emily Prentiss. Sur chaque hôtel, la photo de la victime, dans un cadre argenté. Pour Emily, David reconnut la photo de groupe prise lors de cette soirée où l’équipe de la BAU avait été décorée. Le tueur avait coupé la photo, pour ne retenir qu’Emily. Il l’avait ensuite sûrement scannée et agrandie, puis imprimée sur du papier prévu pour l’impression de photos. Devant la photo, un objet personnel ayant appartenu à chaque victime. Pour Emily, il s’agissait de sa plaque dorée d’agent et de ses cartes d’identification du Bureau. Devant la photo, également des préservatifs. Plusieurs pour chaque victime, qu’elle ait été une femme ou un homme. Plusieurs, mais en nombre différent, selon la victime. David vit avec horreur qu’il y avait cinq préservatifs sur la table réservée à Emily. Il voulut vomir. Enfin, devant la photo, un carnet. La vue des préservatifs avait cloué David d’effroi. Seule Newland eut assez de force pour feuilleter l’un des carnets. Elle prit celui d’Emily et l’ouvrit. Elle détourna les yeux de ce carnet pendant une seconde. David comprit que ce carnet regorgeait d’autres horreurs, ce que Newland confirma :
-Newland : C’est un carnet de bord des tortures que Harwell a infligées aux victimes.
David devint livide. Il avertit les autres équipes via son micro ce qu’il avait découvert avec l’équipe 3 :
-David : Ici l’agent Rossi, équipe 3. L’agent Prentiss n’est pas dans le chalet. Par contre, nous avons découvert que Harwell a fait cinq victimes de plus, dont Prentiss et Carlson. Il a installé une salle de trophées dans son grenier.
Derek et l’équipe 1 avaient découvert les salles de torture de Peter Harwell. Derek était en ce moment, sans le savoir, dans la salle dans laquelle Emily avait séjourné. Il regardait avec le lieutenant Shelman les écritures rouges qui parsemaient les murs quand il entendit les paroles de David. Derek fit écho en parlant des salles de tortures, via le micro :
-Derek : Ici l’agent Morgan, équipe 1. Nous venons de découvrir les salles dans lesquelles Harwell a torturé ses victimes… Il semblerait qu’il ait écrit des mots avec leur propre sang sur les murs… Il y a deux salles, mais Emily n’est dans aucune d’entre elles… Et aucune trace de Harwell non plus…
Il entendit David faire le même constat, en ce qui concernait la maison.
De son coté, Spencer, Silvers et l’équipe 2 inspectaient l’arrière de la demeure. La forêt s’étendait devant eux. Spencer fit un topo de sa situation, par micro :
-Spencer : Ici Reid, avec l’équipe 2. Sommes à l’arrière du domaine. Il n’y a rien… Il n’y a rien…
Spencer était désespéré. Ses partenaires et lui étaient peut-être arrivés trop tard. Apparemment, ses collègues ressentaient la même chose, car Derek se mit à dire :
-Derek : On est arrivé trop tard…
David avait finalement repris courage pour feuilleter le journal de bord des tortures d’Emily, avec Newland. Il lui dit :
-David : Qu’a-t-il écrit à la fin ?
Newland arriva dans les dernières pages et lut en diagonale pour trouver une information.
-Newland : Euh… Attendez… Il lui a tiré dans les jambes…
David grimaça.
-Newland : Oh mon Dieu !
-David : Quoi ???
-Newland : Il a voulu la violer, mais elle a refusé… Il a écrit qu’elle avait reconnu la vérité…
-David : Et après ça ??
En ce moment, David se fichait bien de connaitre les détails de cette phase de reconnaissance d’une quelconque vérité qui n’avait de sens que pour le tueur. La priorité était de savoir où était Emily, et si elle était encore en vie.
-Newland : Il l’a enterrée vivante !!! Il y a peu !!! Une heure, peut-être…
-David : Enterrée où ?????
-Newland : Il n’a rien dit !!!
David eut envie de hurler un mot grossier, mais réussit à se contenir. Il prévint ses collègues :
-David : Morgan, Reid !!! Harwell vient d’enterrer Emily vivante quelque part !! Il n’a pas dit où…
Un léger sursaut d’espoir envahit Spencer. Emily était peut-être encore vivante. Mais où ? Peter Harwell avait pu la déposer n’importe où. N’importe où dans cette immense forêt sans frontière. Voire n’importe où ailleurs en Virginie ou dans un état voisin. Comment pouvoir localiser sa tombe ? Et il fallait faire vite, car elle allait bientôt manquer d’oxygène. Le léger sursaut d’espoir qui avait envahi Spencer fut très rapidement suivi d’un deuxième sentiment de désespoir, plus accentué que le premier. Spencer était là, avec Derek et David. Mais ils allaient peut-être arriver trop tard. Comment vivraient-ils avec cette idée qu’ils étaient là, mais qu’ils avaient perdu du temps à fouiller tous les recoins de cette forêt et que pendant ce temps, Emily avait rendu l’âme ? Les yeux de Spencer s’égarèrent sur ce terrain immense, plein de désespoir… Et s’arrêtèrent sur un espace rectangulaire marron situé en plein milieu d’un espace d’herbes vertes. Spencer percuta soudain. Il cria aux hommes de l’équipe 3 :
-Spencer : Hé !!! Est-ce que vous voyez des espaces rectangulaires vierges d’herbes en plein milieu d’herbes et d’arbres ???
Spencer dut attendre quelques secondes avant que l’inspecteur Silvers lui réponde, de quelque part vers sa droite :
-Silvers : J’en vois un !!!!
Spencer ne perdit pas de temps pour alerter toutes les équipes :
-Spencer : A toutes les équipes !! Ici Reid !! Harwell a enterré toutes ses victimes après O’Manning ici !!! Il a du faire la même chose avec Emily !!! Cherchez un espace rectangulaire non recouvert par de l’herbe, situé au milieu d’herbes, de fleurs et d’arbres !!! Cherchez un tel espace dont la terre vient d’être retournée !!!
David et Newland se précipitèrent hors du chalet pour se mettre à la recherche de la tombe.
Derek sortit en trombe de la salle de torture pour faire de même. Alors qu’il s’aventurait dans la forêt avec les hommes de son équipe, il aperçut, au loin, un homme aux cheveux châtains qui écoutait de la musique provenant de son IPod. Derek le reconnut aussitôt. C’était Peter Harwell, qui était allé couper du bois. Ce dernier tenait dans ses bras des morceaux de bois, et une hache. Le tueur s’immobilisa en voyant cet Afro-Américain vêtu d’un gilet pare-balle du FBI et au regard de braise. Derek lui hurla, l’arme au poing et le visant :
-Derek : FBI !!! ARRETE-TOI, SALE FUMIER !!!
Peter Harwell lâcha subitement tous ses bouts de bois, mais conserva sa hache, et s’enfuit. Derek se mit à sa poursuite, tout en avertissant ses coéquipiers par micro :
-Derek : Ici Morgan, Harwell vient de s’enfuir !! Je m’en occupe !! Concentrez-vous sur Prentiss !!
Spencer continua sa recherche. Il avait confiance en Derek. Celui-ci rattraperait Harwell et ce dernier passerait un sale quart d’heure avec Morgan. Spencer s’enfonça dans la forêt pour retrouver Emily. Il balaya chaque pousse d’herbe, fleur et arbre de son regard de lynx. Plusieurs secondes passèrent, et puis soudain, ses yeux atterrirent sur un espace rectangulaire non recouvert par de l’herbe. Un espace rectangulaire au dessus duquel reposait une pelle qui venait d’être utilisée très récemment, comme en témoignait la terre qui la recouvrait. Spencer hurla :
-Spencer : J’AI TROUVE LA TOMBE !!!!! J’AI TROUVE LA TOMBE !!!!!
Des hommes l’entendirent et vinrent vers lui. Spencer se précipita vers la tombe. Il prit la pelle et commença à creuser comme un fou. Il n’était pas le monsieur muscles de l’équipe, et s’étonna de creuser avec une telle rapidité sans sentir aucune courbature s’emparer de ses muscles qui déployaient un effort inhabituel pour lui. Spencer était enragé. C’est peut-être cela qui lui donnait des ailes. Des renforts arrivèrent. Des hommes du SWAT retirèrent leur casque et enlevèrent la terre avec. Tous s’activaient avec une volonté de fer, Spencer en premier. Le trou s’agrandissait. Spencer ne faiblissait pas. Au contraire, il intensifiait ses mouvements. Et puis, après de trop nombreuses pelletées, la pelle de Spencer cogna quelque chose de dur. Spencer sauta dans la fosse. Il déblaya de ses mains la mince couche de terre qui le séparait de ce cercueil et vit enfin le bois. Il entendit un des hommes du SWAT dire aux autres de s’écarter pour que Spencer soulève le couvercle, ce qu’il fit. Et enfin, il la vit. Enfin, après tant de jours, il la vit. Emily était allongée, les yeux fermés. Elle était dans un sale état. Il y avait du sang partout. Spencer fut paniqué. Etait-elle morte ? Il tata sa gorge pour y sentir un pouls… Et il en sentit un. Faible, mais bien là. Un incommensurable bonheur et soulagement s’emparèrent de Spencer. Celui-ci demanda de l’aide aux hommes du SWAT :
-Spencer : Aidez-moi à la sortir de là.
Les hommes du SWAT et Spencer soulevèrent Emily et la firent sortir de ce cercueil. Ils la posèrent sur le sol. David arriva à ce moment là et fut horrifié en voyant l’état d’Emily. Spencer le rassura un peu :
-Spencer : Elle est vivante !!
L’enclume qui séjournait dans l’estomac de David se désintégra et l’homme se mit à genoux, auprès d’Emily. Spencer, quant à lui, tapota le visage d’Emily.
-Spencer : Emily… Emily… S’il te plait, réveille-toi… !! Allez !! On n’est pas venu jusqu’ici pour te ramener dans une boite !!!
Spencer avait les larmes aux yeux. Soudain, ce que Spencer et David attendaient depuis tant de temps se produisit. Emily releva ses paupières. Elle eut un peu de mal au début, à cause des rayons du soleil qui éclairaient le paysage. Mais elle ouvrit ses yeux. Emily vit alors un visage. Le visage d’un jeune homme aux cheveux courts. Le visage d’un jeune homme aux traits fins. Le visage d’un homme qui portait un gilet pare-balle du FBI, au-dessus d’une chemise et d’une cravate. Le visage d’un homme mince. Le visage de Spencer Reid. Spencer Reid. Et à coté de lui, David Rossi. Emily crut qu’elle était déjà arrivée au paradis et que ces images n’étaient que le souvenir de personnes qu’elle avait connues pendant sa vie su Terre. Elle balbutia :
-Emily : Je suis… Au… Paradis ??
-Spencer : Non. Tu es encore avec nous.
-Emily : Spence… Spencer… C’est bien toi ??
-Spencer, avec des larmes et un immense sourire : Oui. Je suis là. Nous sommes là.
Emily tourna la tête vers David.
-Emily : Dave ??
-David : Je suis là.
Spencer posa tendrement sa main sur la joue d’Emily. Il était en larmes. Emily commença à pleurer, elle aussi. Elle toucha la main de Spencer qui caressait son visage, puis son bras. Spencer comprit qu’elle voulait le serrer dans ses bras. Il aida la jeune femme à se redresser et la prit dans ses bras. Chaque geste qu’Emily faisait ravivait ses douleurs, mais elle les oublia pour se blottir contre Spencer et pleurer toutes les larmes de son corps. Spencer lui chuchota :
-Spencer : C’est fini, Emily… C’est fini…
Emily pleurait de plus belle. Des larmes de joie que ce cauchemar soit réellement terminé. Mais aussi des larmes de honte d’avoir douté de ses partenaires, et de les avoir accusés de l’avoir abandonnée. Car ce n’était pas le cas. Ils étaient venus. Ils l’avaient sortie de ce tombeau. Ils étaient là, et elle, elle n’avait pas eu confiance en eux. Emily continuait de pleurer, malgré tout son corps qui hurlait de douleur. Entre plusieurs larmes, Emily articula faiblement :
-Emily : Je ne suis pas seule… Je ne suis pas seule…
-Spencer : Non, tu n’es pas seule… Nous sommes avec toi…
-Emily : Il avait tort… On n’est jamais seul…
Spencer ne comprit pas vraiment le sens de cette phrase et ne fit que répéter :
-Spencer : Nous sommes avec toi, Emily…
Pendant ce temps, Rossi pleurait lui aussi et avec sa main gauche, il caressait les cheveux d’Emily.
Deux ambulanciers arrivèrent à ce moment. David s’écarta et fit signe à Spencer de faire de même pour laisser les ambulanciers s’occuper d’Emily. Spencer reposa Emily sur le sol. Celle-ci grimaça de douleur et fut terrifiée en voyant Spencer s’écarter d’elle. Spencer lui prit la main gauche et la rassura :
-Spencer : On ne te quitte plus. Les ambulanciers vont te soigner, d’accord ? On reste juste à coté.
Emily hocha la tête. L’un des ambulanciers lui posa un masque à oxygène. Son coéquipier lui enroula une minerve autour du cou. Emily hurla quand l’autre ambulancier effleura sa blessure au genou.
-Ambulancier 1 : Excusez-moi. (A son collègue) La rotule a été touchée. Je pense que la balle s’est logée dans l’articulation et que les ligaments et tendons sont touchés…
-Ambulancier 2 : Elle perd trop de sang à ce niveau. Il faut lui faire un garrot. Je me charge de la cuisse droite…
-Ambulancier 1 : Je lui donne de la morphine.
L’ambulancier administra de la morphine à Emily. Puis les deux secouristes posèrent des garrots aux blessures par balle et immobilisèrent le genou brisé dans une attelle. Ils se concentrèrent ensuite sur l’épaule droite d’Emily et placèrent délicatement son bras dans un repose-bras. Puis ils la placèrent sous perfusion. Alors qu’ils allaient l’installer sur le brancard avec l’aide de Spencer et David, les deux ambulanciers durent faire face à une nouvelle complication.
Derek entendit via son oreillette Spencer indiquant qu’il avait localisé la tombe. Derek fut pris de panique et pria pour qu’Emily soit encore vivante, pendant qu’il courait dans la forêt, l’arme au poing, à la poursuite de Harwell. Il ne devait pas laisser Peter Harwell s’échapper. Il en était hors de question. Cette ordure devait payer pour tout le mal qu’il avait fait, et tant pis pour les principes et la procédure. Toute rationalité s’était dissipée de l’esprit de Derek. La vengeance l’avait remplacée et Derek tiendrait la promesse qu’il avait faite à Hotch. Il ne ferait aucun cadeau à Harwell. Ce dernier disparut soudain du champ de vision de Derek. Celui-ci s’arrêta et entama une avancée lente, mais prudente. Il vérifia chaque arbre. Derek avançait. Après quelques mètres, au niveau d’un énorme tronc d’arbre, Derek fut violemment poussé à terre. L’agent perdit son arme quand il tomba à terre. Il voulut la ramasser car elle était encore près de lui. Peter Harwell ne lui en donna pas l’occasion. Il frappa de toutes ses forces le visage de Derek avec son pied droit. Derek tomba vers l’arrière et fut ainsi plus éloigné de son arme. Derek se retrouva sur le dos, tandis que Peter Harwell se saisissait de l’arme et la lançait au loin. Derek vit alors le tueur se ruer vers lui, tenant sa hache, prêt à l’enfoncer dans son corps. Derek roula rapidement sur la gauche, évitant de justesse la lame de l’arme qui vint heurter le sol. Harwell réagit rapidement et repartit à l’assaut. Derek réussit à se relever et à se remettre sur ses pieds. Il entendit le tueur lui dire :
-Harwell : Vous êtes arrivés trop tard…
Derek recula pour contourner la hache qui s’abattait sur lui. Malheureusement, il ne recula pas assez loin et la lame de la hache lui raya le gilet pare-balle. Derek sentit cette lame faire une éraflure sur sa poitrine. Il en trébucha. Harwell continua :
-Harwell : Elle a cédé…
Le tueur repartit à l’attaque et cette fois-ci, Derek fut plus rapide. La hache de Harwell s’encastra dans le tronc d’un arbre. Harwell tenta de retirer la hache pour un nouvel assaut. Derek en profita pour se jeter sur Harwell et l’éloigner de la hache, ce qu’il fit, en poussant un cri de rage. Derek fit tomber Harwell sur le coté, puis les deux hommes dévalèrent une pente. Ils atterrirent plusieurs mètres en bas, avec quelques égratignures sur le visage et des feuilles collées au corps, conséquences de la chute. Les deux hommes se relevèrent et Derek fut le plus rapide pour asséner un coup de poing au visage de Peter Harwell qui partit vers l’arrière, mais sans trébucher. Derek ne lui laissa pas de répit et le frappa de nouveau au visage. Ce coup de poing atteignit le nez de Harwell qui saigna. Ce dernier tomba finalement. Derek utilisa son pied droit pour blesser Harwell à la poitrine et lui couper le souffle. Derek voulait que cet homme souffre le plus atrocement possible. Plus rien n’existait autour de l’agent, qu’à part cette pourriture et lui, et son désir de vengeance, au nom d’Emily. Cette volonté meurtrière pouvait se lire sur son visage. Le tueur tomba sur le dos. Derek se mit sur lui. Il lui enserra le col avec sa main gauche et utilisa son poing droit pour cogner. Ce qu’il fit. Après le premier coup de poing, Harwell lui avoua, avec un sourire maléfique :
-Harwell : Elle a cédé…
Coup de poing de Derek.
-Harwell : Elle ne croit plus en vous. Elle me l’a dit.
Coup de poing de Derek, qui lui répondit :
-Derek : On l’a retrouvée, espèce de salopard !
-Harwell : Mais dans quel état ?
Coup de poing de Derek.
-Harwell : Et vous savez quoi ? Nous avons fait l’amour.
Cette dernière phrase intensifia de façon exponentielle la colère et l’envie de vengeance de Derek qui frappa plus fort, sans se soucier du sang qui commençait à couler de son propre poing. Harwell continua sur sa lancée :
-Harwell : Nous l’avons fait plusieurs fois. J’ai adoré arracher sa culotte…
-Derek : SALE FILS DE PUTE !!!
-Harwell : C’était intense.
-Derek : SALE BATARD !!!
Derek arrêta les coups de poing pour passer à une autre tactique. Il prit Harwell par le col, avec ses deux mains, et le souleva pour cogner sa tête contre le sol.
-Derek : C’est voir ta tête exploser contre le sol qui va être intense, connard !!!
Derek lui fit subir une série de choc tête contre sol, puis opta pour l’alterner avec d’autres coups de poings, tout en l’insultant :
-Derek : SALE ORDURE !!! ENFOIRE !!! FILS DE CHIEN !!! SALE FILS DE PUTE !!!
Le tueur continuait à arborer ce sourire sadique.
-Harwell : J’en ai profité au maximum…
-Derek : LA FERME !! LA FERME !!
-Harwell : J’en ai eu des orgasmes…
-Derek : TA GUEULE, SALE PORC !!!
Et après cet ordre, Derek se déchaina de plus belle sur Peter Harwell qui ne put répliquer quoique ce soit. Derek repensa au mois qui venait de s’écouler. A la dent d’Emily. A l’auriculaire d’Aaron. Au résumé de David concernant le témoignage d’Aaron. A cette phrase que David avait prononcée à la fin, annonçant que Harwell avait violé Emily. A cette salle de torture que Derek avait vue. A ces phrases salaces que le tueur venait de dire. Derek continua à frapper. Rien ne pourrait l’arrêter. Il continuerait à frapper encore et encore, jusqu’à que cette tête démoniaque se réduise en bouillie. Derek frappa encore et encore, en regardant Harwell droit dans les yeux. Ce dernier avait toujours les yeux ouverts. Derek continua ainsi pendant plusieurs minutes, jusqu’à ce que l’inspecteur Silvers arrive et vienne l’éloigner de Harwell avec beaucoup de difficulté car Derek ne voulait pas lâcher Harwell, en lui disant :
-Silvers : Agent Morgan !! Arêtez !!
Derek se débattait pour rester sur Harwell et poursuivre son massacre.
-Derek : Laissez-moi !! Il doit souffrir !!
-Silvers : Et il a souffert !!
-Derek : Il doit souffrir encore plus !!
Derek ressemblait à une furie.
-Silvers : Il est mort !! Vous l’avez eu !! Il est mort !!
Derek sembla se calmer un peu et relâcha finalement le col de Harwell. Silvers tata le pouls de l’assassin pour vérifier qu’il était bien mort. Il l’était. Silvers regarda Derek et lui dit :
-Silvers : Il est mort. C’est terminé. Vous l’avez eu.
-Derek : Il n’a pas assez souffert…
-Silvers : Je sais. Mais ce n’est pas ce qui est le plus important…
-Derek : Il aurait du subir tout ce qu’il a infligé à ses victimes…
-Silvers : Oui… Mais ça n’aurait rien changé. Il a payé. Maintenant, vous devez vous concentrer sur votre collègue, Emily.
Derek regarda Silvers. Celui-ci avait raison. Derek s’était concentré sur Harwell et en avait laissé de coté Emily. Il s’en voulut pour cette perte de temps, ce tête à tête avec cet assassin alors qu’il aurait du être auprès d’Emily. Derek réagit soudain :
-Derek : Où est-elle ??
-Silvers : Dans l’ambulance. Allez la rejoindre.
Derek ne se fit pas prier une seconde fois. Il se releva et courut pour retourner vers le chalet.
Derek arriva par hasard au niveau de la tombe d’Emily en sueur et le souffle court d’une longue course dans la forêt. Il aperçut le dos de Reid et la tête de David, et deux ambulanciers à genoux, ainsi qu’un cercle d’hommes du SWAT et de la police de Washington. Derek se précipita vers tout ce monde et demanda avec fureur :
-Derek : Mais qu’est-ce que vous attendez pour l’emmener à...
La vue qui venait de s’offrir à lui le plongea dans un nouveau cauchemar. Sous ses yeux, un des ambulanciers faisait un massage cardiaque à Emily. Il ne ménageait pas ses efforts. Son collègue avait intubé la jeune femme et lui insufflait de l’oxygène avec un ballon relié au tube qu’il avait placé dans sa gorge. A coté de l’ambulancier maitrisant le ballon, un défibrillateur portatif. Les ambulanciers avaient collé les pales sur la poitrine découverte de la jeune femme. Poitrine rayée de toute part, avec du sang séché et du sang coulant de plaies récentes. L’ambulancier exerçant les compressions dit à son collègue :
-Ambulancier 1 : 120 joules !
L’ambulancier 2 entra le nombre sur l’appareil.
-Ambulancier 2 : On s’écarte !
Il appuya sur un bouton. La décharge souleva Emily du sol. Mais la ligne restait toujours plate. Les ambulanciers s’affairèrent à nouveau sur Emily.
Spencer et David étaient pétrifiés. Derek entra dans le même état. David soupira :
-David : Elle est…
-Derek : Non, Emily, reste avec nous !!!
David le regarda, impuissant.
-Ambulancier 1 : 140 joules !
Après quelques secondes :
-Ambulancier 2 : On s’écarte !
Nouvelle impulsion. Quelques secondes d’attente. Ligne plate. Les deux ambulanciers se regardèrent, consternés. Ils regardèrent Spencer, David et puis Derek, qui réagit violemment :
-Derek : NON !!! CONITNUEZ !!!
-Ambulancier 1 : Je suis navré…
-Derek : NON !!!!!!!!!!!!!! JE VOUS ORDONNE DE CONTINUER !!!!!!!
Cet ordre résonnait plus comme une supplication qu’un réel ordre. Les ambulanciers se regardèrent comprenant la détresse de cet agent fédéral qui venait de perdre un collègue qui lui était cher. Devant tous les regards d’impuissance, Derek réalisa le cœur déchiré que cette absence de réaction signifiait qu’il n’y avait plus rien à faire. Il était trop tard. C’était fini. Les larmes prirent possession des yeux de Derek. Ses coéquipiers et lui étaient arrivés, ils l’avaient trouvée… Trop tard. Derek regarda Dave et Spencer. Leur lividité ne laissait aucun doute. Ce cauchemar était tout à fait réel. Les jambes de Derek cédèrent sous le poids de la douleur. Derek Morgan tomba les genoux sur le sol et laissa échapper les larmes que ses yeux avaient tenté vainement de retenir… Et puis soudain, une série de bips séparés par un intervalle régulier retentit. Les ambulanciers se retournèrent et regardèrent, presque ahuris, l’écran de l’appareil. Des figures sinusoïdales se dessinaient. L’ambulancier qui avait travaillé à faire les compressions utilisa son stéthoscope pour écouter le cœur d’Emily. Il s’exclama :
-Ambulancier 1 : C’est incroyable !! Allez, on l’emmène !!
Derek, Spencer et David ne purent mettre des mots à cette sensation de joie qui venait de les envahir. Maintenant, c’était terminé. Emily était vivante. Elle irait à l’hôpital et y serait soignée. Tout était fini. Derek et Spencer aidèrent les brancardiers à allonger Emily sur le brancard. A partir de ce moment, Derek, Spencer et David ne lâchèrent plus Emily d’une semelle.
St Henry Hospital, dans la soirée :
David Rossi longeait un couloir du service des urgences avec un gobelet de thé à la main. Il fut interpellé par le lieutenant Newland qui marchait derrière lui. Il se retourna.
-Newland : Comment va l’agent Prentiss ?
-David : Elle a beaucoup souffert… Les médecins disent que c’est un miracle qu’elle ait survécu à toutes ces tortures…
-Newland : Elle est tirée d’affaire.
-David : Oui…
-Newland : Je passais juste vous faire un petit débriefing de ce qu’on avait trouvé chez Harwell… Enfin, si vous le voulez…
-David : Je vous écoute.
-Newland : Le docteur Reid avait bien vu. Harwell a enterré toutes ses victimes chez lui, sauf pour Granger et O’Manning… Grâce au grenier, nous connaissons leur identité. Par ordre chronologique, Jeff Granger ; Helen O’Manning ; Brad Carlson ; Meredith Woyznik, pilote d’hélicoptère dans l’US Navy ; Roger Bankston, agent de patrouille à la frontière Americano-Mexicaine et Charles Cramble, officier du SWAT. James Lauderdale et l’agent Prentiss étaient les deux derniers. Nous allons pouvoir appeler les familles. Elles sauront ce qui est arrivé aux leurs.
-David : Ce ne sera pas une bonne nouvelle à annoncer. Mais elles ne vivront plus dans le doute.
-Newland : Harwell avait volé le véhicule de certains d’entre eux. On a retrouvé la moto de James Lauderdale… D’ailleurs, ce dernier vient de se rappeler. Il s’est enfui alors que Harwell voulait le violer… Harwell a eu une minute d’inattention, et Lauderdale en a profité.
-David : Oui… Il s’était déjà fait violer deux fois…
-Newland : Maintenant, il va pouvoir rattraper les années qu’il a perdues… Je vais continuer à travailler chez Harwell.
-David : Merci beaucoup, lieutenant Newland.
-Newland : Vous n’avez pas à me remercier. Je n’ai rien fait.
-David : Oh si. Vos paroles et votre thé m’ont permis de tenir et de ne pas craquer. Vous savez comment garder les gens au bout du rouleau motivés… Merci.
-Newland : Merci à vous d’avoir travaillé sur cette affaire. Sans vous, ce Harwell aurait pu continuer en toute impunité.
David tendit sa main droite. Newland la serra.
-David : Encore merci, lieutenant…
-Newland : Je repars au chalet… Profitez de votre thé.
Newland sourit. David sourit, puis demanda à Newland, avant qu’elle ne prenne le chemin inverse :
-David : Je n’ai pas votre carte…
Newland regarda David. Elle sortit son portefeuille et donna à l’agent du FBI sa carte professionnelle, en lui disant :
-Newland : N’hésitez pas à appeler.
Puis Newland partit. David regarda la carte. Il ne savait pas quelles seraient les conséquences de cette affaire sur l’équipe du FBI, mais il sut qu’il n’hésiterait pas à appeler le lieutenant Newland, et ce, très bientôt. David sourit à cette pensée, puis rangea la carte dans la poche intérieure de sa veste, avant de reprendre son chemin.
David poussa silencieusement la porte de la chambre 126, dans laquelle reposait Emily. Il y retrouva tous ses collègues, dont Hotch qui s’était déplacé en fauteuil roulant. Seul Derek manquait à l’appel. Emily était allongée dans le lit, et dormait paisiblement. Si elle n’avait pas eu tous ces bandages et si elle n’avait pas été reliée à toutes ces machines, on aurait pu croire qu’elle s’était endormie pour se remettre d’un léger problème médical sans séquelles. Emily était encore dans un état critique. Emily respirait, aidée par une canule nasale. Une minerve entourait son cou. Son épaule et son bras droit avaient été solidement immobilisés dans un repose-bras bleu et un bandeau faisant partie du repose-bras qui empêchait tout mouvement. Des bandages couvraient sa poitrine, ses avant-bras, ses mains et ses membres inférieurs (on ne pouvait pas voir ces derniers mais le médecin avait fait l’état de ses blessures). Une attelle emprisonnait son genou gauche. Le corps médical avait posé un brassard autour du bras gauche d’Emily pour vérifier continuellement sa tension. Il avait aussi posé des petites pales pour surveiller son rythme cardiaque, d’où les bips sonores qui rompaient le silence. En ce moment, Emily dormait. Le plus dur était passé… Ou restait à venir. En effet, comment Emily se remettrait de cette terrible épreuve ? David préféra mettre de coté cette question pour se concentrer à veiller au chevet d’Emily. Il tapota l’épaule d’Aaron qui restait les yeux fixés sur Emily. Lui aussi se posait plein de questions. Quant à Penelope et Spencer, ils s’étaient affalés sur des fauteuils, tout autour du lit d’Emily. Ils dormaient enfin, après tant de nuits blanches. David s’assit dans un fauteuil et sirota son thé, tout en regardant Emily. Derek entra à ce moment là. Il se dirigea vers Aaron et le regarda. Aaron comprit par son regard foudroyant que Derek n’avait fait aucun cadeau à Harwell. Il inclina légèrement la tête, puis Derek alla s’assoir dans un fauteuil.
A présent, l’équipe de la BAU était à nouveau réunie, pas dans les conditions qu’elle aurait espérée, c’est-à-dire sans blessés. Mais elle était réunie. Après tant d’attente, tant de stress, tant de doutes, tant de souffrances. Elle était à nouveau entière. Et maintenant, cette famille qu’était la BAU allait se serrer les coudes pour épauler ceux qui avaient traversé l’enfer, pour les aider à reprendre goût à la vie, reprendre confiance en la vie et le genre humain. Aaron Hotchner jura intérieurement de ne plus jamais laisser Emily seule. Il ferait tout ce qui serait en son pouvoir pour l’aider à s’en sortir. Aaron se fit cette promesse, sans imaginer une seule seconde ce qu’il serait obligé de faire pour aider Emily, et ce, quelques mois plus tard...
-Chapitre 10-
-Mesures désespérées-
Chalet de Peter Harwell, quelques mois plus tard :
… David et Aaron eurent le réflexe de se mettre à couvert derrière un fauteuil pour David, et le canapé pour Aaron. Et ils eurent raison, car Emily venait d’ouvrir le feu sur eux. Derrière leur cachette, Aaron et David purent entendre Emily parler à un interlocuteur qu’ils ne voyaient pas.
-Emily : Comment est-ce qu’ils nous ont trouvés ??? Tu m’avais dit qu’ils ne pourraient jamais nous retrouver si on se cachait ici !!!!!
Aaron profita de ce petit instant pour sortir sa tête de sa cachette pour découvrir avec qui Emily discutait. Il vit sa collègue, la tête tournée vers la gauche, en train de répondre à quelque chose d’invisible, au mur. Aaron réalisa ainsi avec horreur qu’Emily parlait toute seule, enfin, elle parlait avec une personne qu’elle croyait réelle, mais qui n’était que le pur fruit de son imagination. Aaron revint à sa cachette et regarda son collègue, qui n’était pas très loin de lui. David comprit, grâce à l’expression faciale désespérée et impuissante d’Aaron, que l’état psychologique d’Emily était extrêmement alarmante. Les deux hommes se regardèrent, pendant qu’Emily continuait de parler avec son « ami ». Les deux agents de la BAU étaient effondrés. Il semblait qu’ils avaient perdu leur collègue et amie. Emily Prentiss était si différente de celle qu’ils avaient connue auparavant. Elle n’était plus cette jeune femme pétillante de joie, de bonne humeur, d’humour et de courage qu’ils avaient côtoyée auparavant…
… L’affaire Peter Harwell avait tout changé. Aaron tenta de raisonner Emily, de l’arrière du canapé :
-Aaron : S’il te plait… Nous voulons simplement discuter avec toi…
L’ami imaginaire d’Emily, qui n’était autre que le spectre de Peter Harwell, l’avertit :
-Harwell : Ne vois-tu pas que c’est une ruse ?? Ils ne veulent pas discuter !! Ils veulent te piéger !! Tu dois fuir, au plus vite !!!
-Emily : Où ???
-Harwell : Dans la forêt, pardi !!
-Aaron : S’il te plait…
Emily tira d’autres coups de feu et prit la fuite par l’arrière. Aaron et David ne purent suivre tout de suite à cause des projectiles lancés par le pistolet d’Emily. Quand ils furent sûrs d’être en sécurité, les deux hommes sortirent de leur cachette, atterrés.
-David : C’est pire que ce que je croyais…
Aaron semblait furieux contre lui-même.
-Aaron : Comment j’ai pu laisser les choses en arriver là ?!??!
-David : Hotch, ça ne sert à rien…
-Aaron : J’ai déjà échoué une fois. Je n’échouerai pas une seconde fois.
Aaron partit en courant vers le je jardin et la forêt. David le retint.
-David : Emily représente un danger pour elle-même et pour les autres, Hotch. Ce n’est plus l’Emily qu’on connait. Il va nous falloir beaucoup de tact pour la ramener auprès de nous.
-Aaron : Je sais ! Il faut que je fasse quelque chose, David. On n’a pas le temps d’élaborer un plan, et tu le sais bien.
-David : D’accord. Mais il va falloir être extrêmement prudent. Dieu seul sait quelles sont l’ampleur et la nature de ses hallucinations…
David et Aaron se retournèrent vers la porte d’entrée. Derek et Spencer venaient d’arriver.
-Derek : Où est Emily ??
-Aaron : Elle s’est enfuie dans la forêt…
-David : Il va falloir être prudent…
Spencer remarqua les dégâts matériels causés par les balles.
-Spencer : Que s’est-il passé ???
-Aaron : Emily nous a tirés dessus…
Spencer et Derek écarquillèrent les yeux, dans l’incompréhension la plus totale.
-Aaron : Elle souffre d’hallucinations et pour elle, apparemment, nous serions des personnes dangereuses qui lui veulent du mal pour la réduire au silence et l’empêcher de découvrir un secret… De plus, elle s’est attribuée un autre prénom que le sien…
-David : Donc faites attention.
-Derek : D’accord.
-Aaron : Assez parlé. On y va !
Les quatre hommes sortirent dans le jardin et entamèrent leur progression dans la forêt, chacun dans une direction différente.
Emily errait dans la forêt. Son ami lui avait dit de se cacher dedans, mais à vrai dire, cette idée restait très vague, au goût d’Emily. Celle-ci décida de se cacher derrière des buissons, dans une partie de la forêt en pente. Elle s’assit sur le sol, et attendit, ne sachant pas quoi faire d’autre. Peter Harwell apparut et lui demanda :
-Harwell : Qu’est-ce que tu fais ici ??
Emily sursauta et lui répondit, en chuchotant :
-Emily : Tu veux me faire faire une crise cardiaque ??? Je me cache dans la forêt, comme tu me l’as suggéré.
-Harwell : Tu ne peux pas rester éternellement ici. Ils sont à ta poursuite, dois-je te le rappeler ??
-Emily : Oh, je sais ! Pas besoin de le répéter…
-Harwell : Tu comptes rester là indéfiniment ?? Il faut que tu te débarrasses d’eux. N’oublie pas que tu as une vérité à découvrir.
Emily commençait légèrement à être agacée par cet ami qui n’aidait pas vraiment à trouver une solution pour échapper à ces deux hommes. Emily lui rétorqua :
-Emily : Je sais très bien ce que j’ai à faire ! Mais là… Chut ! J’entends du bruit.
Emily se mit à genoux et écarta quelques fougères pour identifier l’individu qui approchait. Elle vit alors un jeune homme, assez grand, mince et aux cheveux courts. Ce n’était aucun des deux hommes qu’elle avait quittés il y a plusieurs minutes. Elle pesta en chuchotant :
-Emily : Mince ! Ils ont appelé du renfort !
Emily réfléchit, puis sortit son pistolet.
Spencer Reid déambulait dans cette partie de la forêt qui donnait sur une pente, en balayant l’horizon avec ses yeux, à la recherche d’Emily. Cette action lui rappela ce mauvais souvenir où il avait fait la même chose dans l’espoir de retrouver la tombe dans laquelle Peter Harwell avait enterré Emily. Le jeune agent fut tellement concentré qu’il n’entendit pas ces pas qui venaient vers lui. Le jeune agent ne put sentir que cet objet dur cogner l’arrière de son crâne. Spencer tomba aussitôt sur le sol, et fut pris d’un horrible mal de tête. Sa vision se troubla instantanément, et son cerveau fut incapable de commander son corps, à cause de l’intensité du coup. Spencer sentit une main le rouler fermement sur le sol pour le mettre sur le dos. A partir de ce moment, sa vision s’améliora et Spencer vit Emily au-dessus de lui, la main droite tenant un pistolet qu’elle était en train de braquer sur son cœur. Le visage d’Emily était menaçant. Un regard plus que noir. Un regard de tueur, souligné par ces cernes géantes sous ses yeux. Spencer remarqua également les traits tirés du visage de son amie. Un visage usé par la dépression, la drogue, et la paranoïa. Il se rendit aussi compte qu’Emily avait un peu maigri. Quoiqu’il en soit, Emily paraissait complètement au bord du précipice. Il entendit Emily lui chuchoter cet avertissement :
-Emily : Si tu bouges, t’es mort.
Spencer fut à la fois effondré et paniqué. Effondré parce qu’Emily n’avait pas l’air de le reconnaitre et qu’elle nageait très probablement dans un délire. Paniqué parce qu’étant devenue esclave de la drogue et de ses illusions, elle représentait à présent un danger pour elle-même et autrui, et en ce moment, elle pouvait faire usage de son arme et tuer Spencer. Le jeune homme tenta de garder son calme, pendant qu’Emily le désarmait et fouillait les poches de son pantalon pour y prendre son porte-cartes d’identification du FBI. Emily l’ouvrit et regarda les cartes. Peter Harwell apparut à Emily et lui dit, en regardant les cartes, lui aussi :
-Harwell : Il est l’un des leurs…
-Emily : Pourtant, il n’en a pas vraiment l’allure…
Tout comme Aaron et David peu de temps avant, Spencer réalisa avec terreur qu’Emily parlait avec un ami invisible.
-Harwell : Ce qui le rend encore plus dangereux… C’est peut-être lui, le cerveau.
-Emily : Il est jeune…
-Harwell : Et alors ? Ca ne signifie rien.
-Emily : Oui, c’est vrai…
C’est alors que Spencer vit David surgir droit devant lui. Aaron arriva lui aussi, mais sur le coté droit. David lança :
-David : Emily !!!
En un temps record, Emily se redressa, en relevant Spencer, qu’elle plaça devant elle. Elle pointa son pistolet sur la base de la nuque de Spencer. Et en un temps record, David et Aaron dégainèrent leur arme, et visèrent l’ensemble Emily+Spencer. La scène était irréelle. Spencer venait d’être pris en otage par sa propre collègue. David et Aaron étaient désemparés face à cette situation. Spencer était sans aucun doute en danger de mort, et Emily représentait ce danger, sans en avoir conscience, car elle vivait dans un autre monde. Que faire ? se demandèrent David et Aaron. Tirer sur Emily ? La situation était vraiment critique, et pour la première fois de leur carrière, David et Aaron étaient impuissants et ne savaient absolument pas quelle décision prendre. Un autre acteur arriva. Derek. Sur la gauche d’Emily et Spencer. Derek sortit lui aussi son arme, dans un simple réflexe car lui aussi se trouva dans l’incapacité de prendre une initiative quant à la résolution de ce problème complexe, comme en témoignèrent ses coups d’œil perdus à David et Aaron qui ne purent lui apporter de réponse. David tenta une approche :
-David : Nous ne te voulons aucun mal, Emily…
Emily beugla :
-Emily : ARRETEZ DE M’APPELER COMME CA !!!!
Derek jeta un autre coup d’œil d’incompréhension à David et Aaron.
-David : D’accord… Comment veux-tu que nous t’appelions ?
-Emily : Appelez-moi numéro huit.
Les collègues d’Emily furent remplis de chagrin. Emily s’était enfermée dans le monde qu’elle avait connu avec Peter Harwell, tout du moins, pour son identité.
-David : D’accord… Numéro huit… Si nous discutions ?
Emily regarda vers sa gauche, pour chercher conseil auprès de Peter Harwell.
-Harwell : C’est ce qu’ils disent tous, tu le sais bien…
-Emily : Je tente quand même. (A David) De quoi voulez-vous qu’on discute ?
David fit un pas en avant. Sommation directe d’Emily :
-Emily : Vous faites un geste de plus, et je le tue !!!
Spencer eut la désagréable sensation d’avoir le canon du pistolet s’ancrer plus profondément dans la base de sa nuque. David, quant à lui, s’arrêta.
-David : D’accord.
Emily renifla. Habitude acquise lors de ses prises de cocaïne par voie nasale. Elle commençait à trembler légèrement et à transpirer, à cause d’un manque de dose. Emily essuya rapidement son front avec la main qui tenait le pistolet, puis le remit sur Spencer.
-Emily : Je sais qui vous êtes… Il m’a tout dit ! Vous voulez m’enfermer dans un de vos laboratoires secrets et faire des expériences sur moi !!
-David : Non, nous ne te voulons aucun mal…
-Emily : Alors pourquoi est-ce que j’ai trouvé vos micros dans mes bras ?!??!?
Emily releva sa manche gauche. Derek, David et Aaron virent ce bras ensanglanté. Nouvelle image qui leur brisa le cœur.
-Emily : Je les ai enlevés !! Et je les enlèverai !!
Peter Harwell intervint :
-Harwell : Pourquoi continues-tu à discuter avec eux ?!??!? Tout ce qu’ils cherchent, c’est t’amadouer pour te prendre avec eux !!! Ne l’as-tu pas compris ??? Tue cet homme !!!
Emily se tourna vers sa gauche et répondit, à voix basse :
-Emily : Si je le tue, je n’aurai plus de monnaie d’échange…
Spencer ne sut pourquoi, mais il participa à la conversation entre Emily et son ami invisible.
-Spencer : Elle a raison, je suis sa seule protection…
Harwell regarda Spencer d’un air dédaigneux et dit à Emily :
-Harwell : Qui l’a autorisé à parler ?
-Emily : Il a raison… Il est ma seule protection…
-Harwell : Combien de fois t’ai-je répétée qu’on ne pouvait compter sur personne ?? On est toujours seul !! N’as-tu pas appris ta leçon ???
Spencer parla à voix haute :
-Spencer : Numéro huit… Essayons de sortir de cette situation sains et saufs, tu veux bien ?...
Aaron fit son entrée sonore :
-Aaron : Reid… ??
-Spencer : Tout ira bien, Hotch…
Harwell avertit Emily :
-Harwell : Ne l’écoute pas !! On est toujours tout seul !!...
-Spencer : Numéro huit, s’il te plait…
-David : Numéro huit. Nous ne te voulons aucun mal. Je t’en donne ma parole…
-Harwell : Mensonge !
-Aaron : Nous voulons t’aider… Quoique ton camarade t’ait dit sur nous, c’est faux.
-Harwell, indigné : De quel droit ose-t-il ???
-Aaron : Nous sommes venus ici, pour toi… Pour t’aider…
-Harwell : Balivernes !
-Emily, à Hotch : Personne ne peut m’aider !! Parce qu’on est toujours tout seul !!!
David, Aaron et Derek se lancèrent des regards, et devinèrent que l’ami d’Emily devait être Peter Harwell. David tenta d’en avoir la confirmation.
-David : Quoique Peter Harwell t’ait dit, c’est faux. On n’est pas toujours tout seul…
Emily fut déboussolée en entendant cet inconnu prononcer le nom de Peter.
-Emily : Comment connaissez-vous son nom ???
-David : Parce que c’est lui qui te veut du mal…
-Harwell : Cet homme ment !! Tue-le !! Qu’on en finisse !! On est toujours seul !!!...
Harwell énerva grandement Emily en lui lançant des phrases qui ne l’aidaient pas du tout à se sortir de cette situation. Elle lui cria :
-Emily : SILENCE !! J’ESSAIE DE ME CONCENTRER !!!
Spencer, David, Aaron et Derek sursautèrent. Harwell resta bouche bée. Emily était nerveuse. Elle demanda à Peter avec sévérité :
-Emily : Comment se fait-il qu’il connaisse ton nom ?!??!!
-Harwell : Je ne sais pas !
-Emily, à David : Comment connaissez-vous son nom ??
-David : Nous le connaissons parce que nous l’avons arrêté, ici même.
David préféra ne pas dire que Peter était censé être mort. Emily était déjà assez perturbée comme ça.
-Emily : Arrêté ???
-Harwell : Ils t’embrouillent !
-David : Cet homme, Peter Harwell, n’est pas celui que tu crois.
-Emily : Je ne croirai pas vos mensonges !!
-Derek : Numéro huit, Peter t’as toujours dit que tu ne pouvais faire confiance en personne, que tu étais toujours seule, mais ce n’est pas vrai… Parce que tu as des personnes qui tiennent à toi…
-Emily : Non !! Ceux qui disent qu’ils tiennent à nous finissent tous par nous abandonner !!
Derek regarda David et Aaron. La tâche allait être dure, car Emily s’était profondément enfermée dans ce raisonnement que le tueur lui avait ancré dans la tête pendant plus d’un mois de captivité.
-Emily : On est toujours seul !! Et vous ne me ferez pas de mal !!
-Harwell : Bien dit !
-Aaron : C’est cet homme, Peter, qui t’as fait du mal… Ne te rappelles-tu pas ce chalet ? Ne te rappelles-tu pas ce que tu y as subi dans cette salle ? Ne te rappelles-tu pas de ce qu’il t’a fait subir ? Ne te rappelles-tu pas du fouet ? Ne te rappelles-tu pas du cutter ? Ne te rappelles-tu pas des viols ?
Au mot « viols », Emily eut une réaction. Elle regarda Aaron, et fut bouleversée. Harwell se défendit :
-Harwell : Il essaie de te monter contre moi !!
Aaron sut qu’il venait de toucher un point.
-Aaron : Cet homme que tu considères comme ami t’a fait beaucoup de mal. Il a abusé de toi. Et ensuite, il t’a laissée mourir, dans cette forêt … Ne te rappelles-tu pas de toutes ces semaines que tu as passées à l’hôpital ?
De toute évidence, l’évocation des tortures d’Emily eut un impact sur elle car elle devint moins virulente et se contentait de regarder Aaron avec une certaine attention. Emily ne comprit pas pourquoi, mais les paroles de cet homme la touchaient. Elle eut ce pressentiment qu’il était différent. Elle eut ce pressentiment d’être même reliée à lui, sans savoir quel était ce lien. Aaron continua :
-Aaron : Ne te rappelles-tu pas la dent qu’il t’a arrachée ?
Emily porta sa main gauche à sa joue droite. Elle se souvint qu’elle avait perdu une dent, derrière sa canine. Depuis, un dentiste lui avait installée une prothèse pour combler le vide. Emily était complètement en proie au doute, face aux paroles de cet homme en costume cravate. Elle hésita :
-Emily : Je… Vous avez sûrement du apprendre ça quelque part !
Harwell insista :
-Harwell : Bien sûr ! Ils ont plein de ressources ! Alors maintenant, tue tout le monde !
David prit la suite d’Aaron. Il regarda Emily droit dans les yeux et dit, d’une voix grave :
-David : Tu es tombée enceinte quand tu n’étais encore qu’une adolescente, à Rome.
Le silence suivit. Emily écarquilla les yeux. Comment diable cet homme connaissait-il cette information alors qu’elle ne l’avait jamais dite à qui que ce soit, même pas à ses propres parents ? De leur coté, Aaron, Derek et Spencer furent estomaqués par cette révélation. Quant à David, il aurait nettement préféré garder ce secret intime qu’Emily lui avait confié, mais il avait eu dans l’espoir que l’évocation de cet évènement fasse ressurgir des souvenirs qu’Emily avait enfouis et scellés pour oublier ce monde dans lequel elle avait subi tant de souffrances.
-Emily : Comment… ????
-David : Ton ami Matthew Benton t’a accompagnée chez un médecin, pour que tu puisses avorter, car tu ne pouvais garder cet enfant.
Des larmes montèrent aux yeux d’Emily. Matthew Benton… Cet homme avait été un ami très proche et important pour elle.
-Emily : Et Matthew est mort…
-David : Oui. Tu as enquêté sur sa mort. Tu as découvert qu’il avait été tué par un prêtre qui s’adonnait à des rituels exorcistes… Tu t’es acharnée à retrouver ce prêtre…
-Emily : Comment savez-vous tout ça ???
-David : Parce que nous sommes tes amis. Si tu n’avais pas eu confiance en nous, crois-tu que tu nous aurais confié ce secret, Emily ?
Emily ne réagit plus violemment comme elle l’avait fait auparavant quand David l’avait appelée Emily. Cette dernière resta droite comme un piquet, bouleversée. Cet homme avait raison. Elle n’aurait jamais révélé son secret à une personne en qui elle n’aurait pas eu une confiance absolue. Emily observa David, et soudain, des images se présentèrent à elle, sans prévenir…
… Elle se revit avec cet homme barbu, dans un petit terrain vague, abandonné. Cet homme lui racontait que ce terrain avait été le support d’une maison dans laquelle un meurtre affreux avait été commis il y a des années. Il disait que cet évènement avait inspiré le film « L’exorciste ». Elle, elle ne comprenait pas trop où il voulait en venir. L’homme lui demanda quelle était l’histoire, et ajouta que si elle ne voulait pas en parler, il comprendrait. Elle fit quelques pas pour se préparer à lui partager ce secret intime, et lui raconta ce qu’elle avait vécu à Rome. Ses multiples déménagements à cause du travail de sa mère. Son envie ardente d’être acceptée, au point de faire n’importe quoi. L’homme comprit qu’elle était tombée enceinte, et elle, elle lui raconta ce qui s’était passé ensuite. Comment son ami Matthew l’avait aidée, accompagnée alors que d’autres l’avaient menacée qu’elle ne serait plus la bienvenue dans leur vie, comment Matthew lui avait fait se sentir digne d’être aimée, malgré ce qu’elle allait faire…
… Emily murmura :
-Emily : Rossi ??
David fut heureux d’entendre Emily prononcer son nom. C’était un grand pas. Emily regarda ensuite Derek, et d’autres images défilèrent dans son esprit…
… Elle venait de se brûler en versant du café dans sa tasse. Distraite, elle en avait versé sur sa main. Cet Afro-Américain arriva à ce moment là et la salua. Il lui demanda si elle avait passé un bon weekend. Elle lui avoua qu’elle avait du mal à parler de sa vie privée avec lui et les autres membres de l’équipe car elle ne les connaissait pas encore très bien. Cet Afro-Américain la rassura et lui dit que ce n’était pas grave. Se sentant gênée et rustre, elle lui avait finalement raconté ce rendez-vous galant qui avait été un échec total, sûrement par sa faute. L’Afro-Américain lui demanda ce qui s’était passé. Elle lui raconta qu’elle avait dit un truc qui avait certainement fait penser à l’homme avec qui elle était qu’elle venait d’une autre planète. Ce truc était le titre d’un livre. L’Afro-Américain lui dit que son rendez-vous avait un problème avec l’auteur de ce livre. Stupéfaite, elle découvrait qu’elle partageait un point commun avec cet Afro-Américain, à savoir cet auteur et ses livres, et se sentit tout à coup moins bizarre…
... Des années plus tard, elle était allongée sur le sol, blessée par un bout de bois qu’un homme de son passé lui avait enfoncé dans le ventre pendant leur bagarre. Derek était au-dessus d’elle. Il lui tenait les mains. Il la suppliait de ne pas le laisser tomber, de s’accrocher. Il lui confessait à quel point il était fier d’elle, notamment parce qu’elle avait fait tant pour sauver un enfant innocent des griffes d’un homme qui le destinait à une vie de violence et de sang. Elle s’était battue contre cet Ian Doyle pour sauver son équipe et cet enfant…
… Emily regarda ensuite Aaron, et fut secouée par d’autres images…
… Elle discutait avec l’homme au costume cravate dans son appartement. Il lui exposait sa théorie selon laquelle une certaine Strauss l’avait propulsée dans l’équipe dans l’espoir d’obtenir quelque chose d’elle en retour, quelque chose qui compromettrait l’équipe. Mais elle avait préféré démissionner, par loyauté envers l’équipe. Elle répondit à l’homme qu’elle lui avait bien dit qu’elle détestait la politique. L’homme la supplia de l’accompagner à Milwaukee pour rejoindre leur équipe et résoudre une série de meurtres. Il lui proposa même le deal suivant : qu’il ne la gênerait plus si son sac de voyage n’était pas prêt, mais que si, à l’inverse, son sac l’était, elle viendrait avec lui. Et son sac était en effet prêt, signe qu’elle faisait partie intégrante de cette équipe et qu’elle avait ce boulot dans le sang…
… Ainsi donc, cet homme avait été son patron, et ces deux autres hommes, ses collègues. Emily se décala vers la droite, pour regarder le jeune homme qu’elle avait pris en otage. Un visage plutôt innocent. Et comme pour les autres, des images firent surface dans son esprit, images concernant ce jeune homme…
… Elle se trouvait dans un jet, assise en face de ce jeune homme. Il lisait un livre. Elle baissa son livre pour lui parler. Elle lui dit que ce que ce Cyrus lui avait fait n’était pas de la faute du jeune homme. Que ce qui lui était arrivée n’était que la conséquence de sa décision, et que si c’était à refaire, elle le referait. Le jeune homme la regarda puis replongea dans son livre, mais en conservant ce regard qui trahissait son sentiment de culpabilité…
… Emily se souvint. Ce Cyrus avait menacé de tuer ce jeune homme pour identifier l’agent du FBI qui s’était introduit dans son groupe. Une secte. Et elle, elle s’était découverte pour sauver son coéquipier. D’autres images envahirent son esprit. Des images de tous ces hommes et elle, plus une femme plutôt ronde aux habits colorés, réunis dans une salle, autour d’une table ronde, avec des dossiers et des photos sur un écran plasma, en train de discuter et de faire des hypothèses concernant les motivations d’un meurtrier qui s’en était pris à plusieurs personnes. Puis soudain, d’autres images prirent la suite. Une salle lugubre avec des graffitis rouges sur les quatre murs. Une musique abominablement assourdissante. Une lumière aveuglante. Des chaînes. Elle, suspendue en l’air, retenue par ces chaînes. Un homme qui la battait. Un homme qui lui arrachait son pantalon et qui lui volait sa dignité sans le moindre scrupule. Un homme qui lui faisait écrire avec un pinceau imbibé de sang, de son sang, des mots sur les murs. Un homme qui lui répétait sans cesse qu’on était toujours tout seul. Que ses coéquipiers ne viendraient jamais la secourir. Qu’ils l’avaient abandonnée. Mais il avait eu tort, car elle avait revu le visage de ce jeune homme penché sur elle et qui lui caressait la joue avec des mots rassurants. Et ce jeune homme était accompagné de l’homme à la barbe et de l’Afro-Américain.
Emily se souvint de tout. Elle se souvint de cet homme qui l’avait malmenée… Et cet homme n’était ni plus ni moins que Peter. Emily fixa le spectre de Peter avec un regard de profond traumatisme et dégoût, et lui dit :
-Emily : Tu… Tu…
-Harwell : Ce sont eux les méchants !!! Pas moi !!!
-Emily : Tu m’as menti !!!
Harwell s’emporta.
-Harwell : Je n’ai fait que te dire la vérité !!! Tu n’as que moi !!! Ils ne sont rien pour toi !!! Tu es à moi !!!!
-Emily : Non !!!! Je NE suis pas à toi !!!
Derek, David et Aaron restèrent hésitants face à ce spectacle. Une chose était sûre. Emily se réveillait enfin.
-Harwell : Tu sais quoi ?? Tu es faible !!!
-Emily : Je ne suis pas faible !!!
Harwell se déchaîna :
-Harwell : Si, tu l’es !! Tu es une faible femme !! En fait, tu n’es rien !! Tu n’es bonne qu’à assouvir mes besoins !!! Mes trente minutes !!! Te rappelles-tu ? Si ce n’est pas le cas, je vais t’en donner un aperçu…
Harwell s’approcha dangereusement d’Emily. La réaction de celle-ci ne se fit pas attendre. Emily tira plusieurs coups de feu en direction de Peter. Derek, David, Aaron et aussi Spencer, qui avait profité de la confusion d’Emily pour se retourner, virent leur partenaire tirer une salve de coups de feu dans le vide. Des balles s’engouffrèrent dans l’écorce de certains arbres, tandis que d’autres moururent dans des buissons ou sur le sol terreux. Emily s’arrêta enfin. Elle était en larmes. Elle vit Peter, le corps criblé de balles, son sang jaillissant de ses multiples blessures à la poitrine et aux jambes, se tenir devant elle, le regard haineux et démoniaque. Puis, petit à petit, son corps devint pâle, puis translucide, et disparut. Emily vit Peter se volatiliser comme de la fumée. C’était fini. Cet imposteur ne viendrait plus la troubler. Emily pleura. Elle se retourna vers ces quatre hommes, ses vrais amis : Aaron Hotchner, David Rossi, Derek Morgan et Spencer Reid. Elle les regarda. Elle avait horriblement honte. Honte qu’ils l’aient vue dans cet état misérable. Qu’allaient-ils penser d’elle, maintenant ? Sûrement qu’elle n’était qu’une bonne à rien, une folle, une demeurée. Aaron la consola, ému :
-Aaron : C’est fini, Emily… Nous allons rentrer à la maison…
Sauf que rentrer à la maison, comme il le disait avec tant de tendresse, signifiait affronter de nouveaux ennemis. Ses séances d’automutilation. Ses prises de drogue, après s’être ruinée (voire volé) pour acheter un sachet. Ses bouteilles d’alcool vidées pour atteindre une sérénité qui n’était qu’en réalité un pas de plus vers l’abîme. Et surtout, affronter le fait qu’elle avait vécu l’horreur pendant plus d’un mois. Ses tortures, ses viols. Vivre avec ce cauchemar qui hantait ses nuits, mais aussi ses journées. Emily ne se sentit plus avoir la force de vaincre tous ces démons. Elle avait tant souffert. Elle ne voulut plus lutter et vivre en se sentant être la personnalisation de la déchéance. Elle regarda ces hommes. Spencer lui dit :
-Spencer : Tout ira bien, à présent, Emily…
Il lui tendait la main droite. Non, tout n’irait pas bien, se dit Emily. Elle n’était plus rien. C’était trop dur. Emily fit quelques pas en arrière et s’excusa :
-Emily : Je suis désolée…
Spencer ne comprit pas ce qu’Emily voulut dire. Par contre, il fut horrifié quand il la vit lever son pistolet au niveau de sa tempe droite. Spencer n’arriva pas à bouger. Et tout se passa à la vitesse de la lumière. Spencer entendit juste un coup de feu. Mais pas du pistolet d’Emily car il ne vit pas de sang jaillir de son crâne. Il vit du sang sortir du bras droit d’Emily. Il la vit tomber et dévaler la pente. Lors de sa chute, elle avait laissé tomber son arme. Elle disparut assez rapidement de son champ de vision. Spencer se retourna pour voir qui avait tiré le coup de feu. Ce n’était ni Derek ni David, car ces deux hommes avaient la tête tournée vers Hotch. Ce dernier tenait fermement son pistolet encore fumant. Aaron Hotchner était bouleversé de ce qu’il avait du faire pour empêcher Emily de se suicider. Il restait pétrifié, incapable de faire le moindre mouvement. David et Derek étaient abasourdis par le geste d’Aaron, mais réalisèrent rapidement que cela avait été la seule solution. David se ressaisit.
-David : Allons la chercher !
Ses paroles eurent pour effet de réveiller Aaron qui se précipita en trombe en bas de la pente, devançant ses collègues.
Aaron, Spencer, David et Derek retrouvèrent Emily en bas de la pente. Elle était recouverte de feuilles, de brindilles, de poussière, et de terre. La chute avait mis ses cheveux en bataille. La jeune femme se tenait le bras droit qui saignait, et gémissait de douleur. Aaron se porta à son secours. Il lui enroula sa cravate autour du bras. Emily n’arrêta pas de grimacer de douleur. Elle murmura, entre deux serrements de dents pour éviter de hurler à en faire trembler les arbres :
-Emily : Mon… Genou… Gauche… J’ai mal…
Aaron regarda le genou en question. Emily avait gardé sa jambe droite, pour l’immobiliser. Aaron toucha l’articulation du genou pour voir si un os était cassé.
-Emily : Aie !!!!!!
-Aaron : Pardon…
Derek se manifesta :
-Derek : J’appelle une ambulance ! Mais il n’ya pas de réseau ici… Je repars au chalet.
Derek s’éloigna. Aaron réconforta Emily :
-Aaron : Je suis désolé de t’avoir tirée dessus, Emily…
-Emily : Pourquoi ?? Pourquoi ne pas m’avoir laissée partir ??
-Aaron : Je ne pouvais pas, Emily… Je ne pouvais pas te voir mourir…
Emily semblait au bord du gouffre.
-Emily : C’est trop dur, Hotch…
-Aaron : Je sais. Mais tu t’en sortiras… Car nous sommes avec toi. Nous ne te laisserons pas.
-David : Hotch a raison. Tu dois t’accrocher.
-Emily: Je sais pas si je pourrai…
-Aaron : Ne doute pas de toi. Tu es une femme formidable. Tu es une femme qui a du caractère. Tu es une femme forte.
-Emily : Je n’en suis plus si sûre…
-Spencer : On t’accompagnera, Emily. Tu ne seras pas seule. Et tu verras, tu y arriveras. Aies confiance en toi.
-Aaron : S’il te plaît. N’abandonne pas.
Emily regarda Aaron. Celui-ci tenait de tout cœur à ce qu’elle s’accroche à la vie. Emily lui demanda :
-Emily : Vous resterez avec moi ?
-Aaron : Je t’en donne ma parole.
-Emily : Peter ne reviendra pas ?
-Aaron : Il ne reviendra pas. Il ne reviendra plus jamais car tu es plus forte que lui et s’il s’approche, tu le feras déguerpir, comme tu viens de le faire, il y a quelques secondes.
Emily recommença trembler, à cause du manque de drogue. Aaron la serra dans ses bras pour la réchauffer et estomper ces tremblements.
Emily se sentit apaisée et en sécurité. Elle se sentit ne plus être seule, comme lui avait martelée Peter Harwell. Car il avait eu tort. Elle n’était pas seule. Elle avait des personnes qui tenaient à elle et qui malgré toutes ses chutes (dépression, prises de drogue, verres d’alcool, hallucinations et automutilations), ne l’avaient pas laissée tomber et l’encourageaient à se relever. Emily fut rassurée par cette présence. Cette flamme qui s’était éteinte en elle se ralluma, nourrie par l’espoir, la confiance et la joie de vivre, plus la présence de ces hommes qui la regardaient avec tendresse et émotion. Le combat pour se sortir de ce gouffre serait dur, mais Emily n’aurait pas à se battre toute seule…
Un dernier chapitre viendra conclure cette fic
Et voilà le dernier chapitre !
-Epilogue-
Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis les évènements du châlet. Emily se reposait dans un centre de rétablissement. Aujourd’hui était un jour particulier. La jeune femme fêtait son anniversaire avec ses collègues de la BAU, dans le jardin arrière de la maison de convalescence. Tous avaient répondu présent. Aaron Hotchner, David Rossi, Spencer Reid, Derek Morgan et Penelope Garcia n’auraient raté une occasion de rendre visite à leur amie pour rien au monde. Une autre personne était venue faire une surprise à Emily, à l’appel des membres de la BAU. Il s’agissait de Jennifer Jareau, qui avait appris qu’Emily avait vécu de pénibles moments, et s’était déplacée afin de prendre de ses nouvelles. Tous les membres de la BAU et Jennifer entonnaient « Happy Birthday » avec vigueur, même si certains chantaient faux (et oui, on ne peut pas être bon en tout), devant Emily et ce délicieux gâteau au chocolat qui trônait majestueusement devant la jeune femme, dont l’état physique avait bien changé depuis les évènements du châlet. Les amis d’Emily Prentiss avaient été ravis de la voir sourire et pétiller de joie à nouveau. Les cernes qui avaient régné sous ses yeux s’étaient évaporées. Son visage s’était transformé en visage d’une ravissante jeune femme et rayonnait. Emily avait mis un léger rouge à lèvres, des boucles d’oreilles et s’était faite une queue de cheval pour ce jour important. Un maquillage sans chichi, mais qui était le synonyme d’une renaissance dans le monde. C’en était fini de l’Emily aux cheveux en bataille ; aux cernes épouvantables ; aux traits tirés ; aux lèvres gercées ; et au visage suant de nervosité, d’hallucinations et de prises continuelles de substances nocives. Son visage semblait n’avoir jamais connu les épreuves qu’elle avait subies. Les seuls vestiges se concrétisaient par ce pull bleu marine à manches longues et col roulé qu’Emily portait, pour dissimuler toutes ces cicatrices provoquées au cutter, ainsi que cette attelle au genou gauche et les béquilles axillaires qu’Emily utilisait pour se déplacer. Sa chute dans la forêt avait rouvert sa blessure au genou. Mais l’important en ce jour était qu’Emily avait vaincu ses démons. Le chemin n’avait pas été facile, mais elle y était arrivée. Ses amis finirent de chanter « Happy Birthday ». Emily souffla avec entrain sur les bougies et les éteignit toutes, sous les applaudissements de Hotch, Dave, Derek, Spencer, Penelope et JJ. Emily remercia ses amis :
-Emily : Merci pour cette surprise !
-Penelope : Sois pas ridicule, ma chérie. Tu n’as pas à nous remercier ! C’est la moindre des choses ! Allez, passons à l’attaque !
Penelope distribua des assiettes et des cuillères en plastique aux convives, et Emily coupa le gâteau. La jeune femme donna une part gourmande à chacun. Derek versa du jus d’orange dans des gobelets et les fit passer. Spencer fut légèrement perplexe à la vue de sa grande part :
-Spencer : Je ne suis pas sur de pouvoir tout manger…
-JJ : Croies-moi, Spence, tu en a besoin…
Spencer avala une bouchée du gâteau. Emily demanda :
-Emily : Dites-moi, quelles sont les nouvelles du Bureau ?
Aaron répondit en premier. Celui-ci avait troqué son costume cravate pour une chemise violette et un jean. Autre fait étonnant, il avait laissé ses cheveux au vent. Derek, quant à lui, avait repris le style vestimentaire de Hotch.
-Aaron : Pour ma part, j’ai décidé de prendre un congé sabbatique…
-Emily : Un congé sabbatique ??
-Aaron : Oui… Je pense que je suis revenu trop vite au Bureau. J’ai besoin de passer un peu de temps avec Jack…
-Derek : Et en attendant le retour de Hotch, je le remplace…
-Aaron : Comment est le fauteuil ?
-Derek : Plutôt confortable…
-David : Attention ou il va vouloir se coller à ce fauteuil pour toujours…
Toute l’assistance rit de bon cœur.
-Aaron : Et toi, David, où en es-tu avec le lieutenant Newland ?
-David : Eileen et moi avons décidé d’habiter ensemble.
Ce projet fut suivit d’un silence. Tous les regards des personnes présentes se tournèrent vers David, qui se sentit comme une bête de foire qu’on dévisage avec curiosité.
-David : Pourquoi vous me regardez comme ça ?? Qu’est-ce que j’ai dit ??
-Aaron : Oh, rien… Juste que tu allais partager ta vie avec le lieutenant Newland…
-Derek : Future ex-madame Rossi ?
Tout le monde sourit à ce commentaire.
-David : Ha ha… Très drôle… Pour l’instant, nous sommes bien ensemble, sans engagement… Alors laissons les choses se faire d’elles-mêmes.
-Emily : Vous et le lieutenant Newland… Intéressant… Et toi, JJ ? Comment c’est, le Pentagone ?
-JJ : Pour le moment, ça va. C’est tranquille.
-David : Pas trop martyrisée par les militaires ?
-JJ : Dieu merci, non… Enfin, peut-être à part ce capitaine qui a la grosse tête…
-Penelope : Si jamais il te cause des ennuis, tu n’as qu’à m’appeler et je découvrirai ses plus noirs secrets.
-JJ : Merci, Penelope. Je retiens l’idée.
-Spencer : Et toi, Emily ? Comment ça va ? Ton genou va mieux ?
-Emily : Oui, ça va mieux. J’en ai encore pour quelques semaines…
Emily venait de s’apercevoir qu’Aaron fixait son genou avec une gêne prononcée. Elle lui dit :
-Emily : Vous n’y êtes pour rien, Hotch.
-Aaron : Je t’ai quand même tirée dessus.
-Emily : Je ne vous avais pas vraiment laissé le choix…
JJ changea de sujet pour réchauffer l’atmosphère.
-JJ : Et si tu nous racontais tes journées, Emily ?
-Emily : Oh, et bien… Je passe mes journées à déballer mes sentiments avec un psy et un groupe de soutien. On fait aussi des jeux de groupe, pour apprendre à faire confiance aux autres… Et récemment, on a commencé à réaliser un projet individuel, pour retrouver confiance en soi… Je me suis mise à la photographie… Allez savoir pourquoi… Mais c’est reposant et j’aime bien… Je fais aussi de la peinture, mais ça ressemble plus à de l’art abstrait… Mais au moins, ça me permet d’oublier mes anciennes habitudes…
-Derek : C’est super ! Il faudra que tu nous montres tes œuvres !
-Emily : J’en ferai un catalogue pour vous…
Deux portables sonnèrent. Ceux de JJ et Derek. Ceux-ci s’éloignèrent pour répondre. Penelope en profita pour dire à Emily :
-Penelope : Tu sais, tu nous manques, ma belle…
-Emily : Vous aussi…
-Penelope : Est-ce que tu reviendras ?
-Emily : Je ne pense pas que le FBI soit prêt à reprendre une folle… J’ai bien déconné…
Elle regarda furtivement et discrètement Spencer. Elle faisait allusion au passage où elle avait pris le jeune homme en otage.
-Spencer : C’est du passé… Je t’assure, tu n’es pas folle.
Emily regarda Spencer avec un regard qui signifiait : « Merci de me remonter le moral, mais il faut être raisonnable, je suis bien folle ». Spencer ajouta :
-Spencer : Tu es juste… Différente…
Emily sourit. JJ et Derek revinrent.
-Derek : Désolé, mais il va falloir retourner à la BAU…
-Spencer : Ne peut-on pas envoyer une autre équipe ?
-Derek : Hélas, toutes les équipes sont prises… Désolé de ne pouvoir rester plus longtemps avec toi, Emily.
-Emily : C’est pas grave. L’important, c’est que vous soyez venus.
-JJ : Je vais moi aussi devoir partir… Apparemment, quelqu’un au Pentagone a décidé de tenir une réunion aujourd’hui…
-Derek : On reviendra, Emily.
L’un après l’autre, Derek, Penelope, Spencer, David et JJ firent la bise à Emily et serrèrent la main d’Aaron, puis s’éloignèrent. Emily et Aaron restèrent seuls, devant ce bon gâteau.
-Aaron : J’aurai bien envie de finir ce gâteau, mais mon estomac risque de ne pas apprécier…
Aaron remarqua soudain qu’Emily paraissait triste.
-Aaron : Emily, tout va bien ?
Emily préféra se lever et faire quelques pas avec ses béquilles. Elle s’arrêta face au jardin qui s’étendait. Hotch fut légèrement inquiet. Il se leva et se plaça à gauche d’Emily. Cette dernière se confia, sans le regarder :
-Emily : Je me sens coupable que vous soyez venus…
Aaron fut déconcerté.
-Aaron : Pourquoi ??
-Emily : Je ne l’ai encore jamais dit… J’ai douté de vous…
-Aaron : C’est du passé…
-Emily : J’ai douté de vous, Hotch… De vous, Rossi, Morgan et Reid… J’ai cédé, et j’ai adhéré à la logique de… Vous savez qui…
Emily osa regarder Aaron, mais se détourna rapidement, par honte.
-Aaron : Cela n’a aucune importance, Emily…
-Emily : J’ai été faible…
-Aaron : Ne dis pas ça… Cela aurait pu arriver à n’importe qui… Tu n’es pas faible, loin de là. Tu es même une femme qui a eu le courage de résister pendant plus d’un mois. Tu forces mon admiration.
Emily regarda Aaron. Celui-ci la vit sourire. Mais ce sourire fut trop court car Emily retrouva son regard triste.
-Emily : Ce n’est pas tout… J’ai fait un rêve, hier… Il… Harwell était dedans.
-Aaron : Ce n’était qu’un mauvais rêve… Tu sais qu’il ne peut plus t’approcher…
-Emily : Je sais… Il m’a fallu des mois pour l’oublier, sans parler de ma cure de désintoxication… Je n’avais pas pensé à lui pendant des mois, et là, il m’est réapparu hier, comme ça… Alors, je me suis demandée…
Emily osa regarder Aaron. Celui-ci pouvait lire dans son regard ses craintes.
-Emily : Je me suis demandée… Peut-être que finalement, il sera toujours là, que je le veuille ou non, quoique je fasse pour m’en débarrasser… Et ça m’effraie, Hotch… Parce que s’il arrive à revenir aussi facilement, peut-être que d’autres choses pourraient revenir aussi facilement…
Aaron comprit qu’Emily faisait référence à ses différentes addictions, automutilations et hallucinations. Emily poursuivit :
-Emily : Alors je me suis posée une question… Entre se battre pour se sortir de cette spirale infernale mais avec le risque et la peur permanents de retomber aussi facilement et de réduire tous ses efforts à néant, et entre vivre dans cette spirale infernale sans n’avoir à se soucier de rechuter et se remémorer des évènements traumatisants, qu’est-ce qui est mieux ?
Emily regarda Hotch puis se retourna face au jardin. Hotch comprit qu’Emily avait peur. Elle avait tant combattu pour s’en sortir, et maintenant qu’elle était en bonne voie, ce cauchemar avait refait surface dans un rêve. Elle avait peur d’avoir fourni tant d’efforts pour rien. En conséquence, dans un sens, vivre coincée dans le monde qu’elle avait connu pendant des mois ne semblait pas totalement dénué de sens. Avec cette option, elle ne connaitrait pas la déception et la peur de rechuter après une lutte acharnée. Sauf qu’Aaron ne voulait pas revoir Emily plongée dans cet état, car ce qu’il en avait vu avait été effrayant. Aaron ne savait que dire. Il choisit de passer son bras droit autour de l’épaule d’Emily, pour lui montrer qu’il était là et que si elle avait besoin de lui, si elle doutait, il serait là pour la soutenir. Il lui caressa le bras pour la réconforter. Emily sentit un peu de confiance revenir au contact de cette main ferme mais protectrice. Elle sut qu’elle aurait une épaule vers qui se tourner en cas de blues. Elle posa sa tête sur l’épaule gauche d’Aaron. Celui-ci la rassura :
-Aaron : Je suis là, quoiqu’il arrive.
Aaron accompagnerait Emily jusqu’au bout. Aaron serait là et l’aiderait. Il se battrait pour elle et avec elle contre les démons qui la guetteraient. Il ne se contenterait plus d’entendre les cris d’Emily. Ce combat était non seulement celui d’Emily, mais c’était aussi d’une certaine manière le sien. Ils auraient le dernier mot dans cette histoire.
« Le doute est le pire de tous les maux, car il les suppose tous »
François de La Rochefoucauld
FIN
Merci a vous d'avoir lu cette histoire ! A une prochaine fic, j'espere !