12 Avril 2007
Nick arriva dans un appartement lugubre, où toute une période noire avait du être vécue. On l’avait appelé pour un homme retrouvé mort. Une arme gisait à côté du corps, elle était tombée de la main de l’homme. Le malheureux s’appelait Kendall Barkett.
Le lieutenant Sofia Curtis le rejoignit :
-Un suicide, je dirais.
-Oui, ça y ressemble.
Il ouvrit sa mallette et pratiqua un test sur les mains de leur homme.
-Des résidus de poudre. Le point d’entré est concordant à la thèse du suicide.
-C’est le combien cette semaine ?
-Le 8 ème dont je m’occupe.
David, l’assistant du légiste, fit signe aux brancardiers qu’ils pouvaient emmener le corps.
-L’avantage est que ces morts ne nous demandent pas beaucoup de travail, constata t-il
-C’est sur.
Le CSI venait d’apercevoir une enveloppe sur la table de la cuisine. Il la saisit. Elle était adressée à la personne qui la trouverait.
Ils ne trainèrent pas plus longtemps sur les lieux.
Au LVPD, Nick alla dans la salle de repos, pour lire ce que contenait cette lettre. Sofia et Warrick passèrent par là :
-Tu viens, lui dit le beau métis, on a du travail.
-Euh…j’arrive plus tard. Je vous rejoindrais.
-Ok ! lui lança telle avec un jolie sourire.
Le jeune homme décacheta l’enveloppe et commença sa lecture
A celui qui trouvera cette lettre,
Vous vous demandez peut être pourquoi j’ai provoqué ma mort. Le suicide peut être considéré comme un acte lâche, mais pour moi, c’était mon dernier acte et le plus réfléchit qui soit.Pour le comprendre, il faut remonter le 12 Avril 1997.Je venais de recevoir une promotion, j’en étais très fier. Quand je suis rentré chez moi, j’avais hâte de tout raconter à ma femme Connie. La maison était silencieuse, merveilleusement bien rangé, même bien trop. Les meubles étaient là mais tous ce qui rendait cette demeure chaleureuse avait disparu. Quand je suis rentré dans la cuisine, la table était mise, le repas servit. Je me suis dis que ma femme avait emmené nos enfants au McDonald, mais quand j’ai vu le mot sur la table, j’ai été détruit. Il disait : « j’espère que vous leurs aviez dis au revoir ». Ce n’était pas l’écriture de ma femme.
Je me suis précipité dans toutes les pièces, les seules choses que j’ai retrouvé sont : la girafe en plastique de mon bébé de 2ans, Kristopher ; le livre préféré de ma fille de 7 ans, Kajsa ; le nounours de ma petite Kennisha âgée à l’époque de 5 ans et enfin, l’alliance de ma femme et la carte de saint valentin de l’année passée.A ce moment là, j’ai compris qu’ils avaient disparu. Si vous croyez pouvoir imaginer ce que j’ai ressenti, multiplié ce sentiment par quatre.
Je n’ai pas eu le temps de les quitter, du jour au lendemain, tout ce que j’avais battis c’est effondré, j’ai perdus tout ce qui comptait pour moi.Le pire était de ne rien savoir, s’ils souffraient, s’ils avaient souffert ou si ça avait été indolore. Je ne peux plus dormir, leurs visages me hantent, comme des âmes grises en peines, sans abris. J’ai le sentiment d’être coupable, j’aurais du être là pour les protéger ! Je ne sais toujours pas ce qui c‘est passé et c’est la pire des tortures. Je n’ai pas de tombe sur lesquelles me recueillir, juste des fantômes. Les monstres qui s’en sont pris à ma famille me voulaient certainement du mal et ils ont réussit à me briser le cœur.Imaginez-vous lever tous les matins, pendant dix ans espérant avoir des nouvelles de votre famille, mais il faut se rendre à l’évidence. Jamais ils n’ont quitté cette maison sur leurs deux jambes.
Je n’ai pas pu voir mes bébés grandir…je n’ai rien fais pour eux. S’ils étaient encore vivants, ils ne se souviendraient probablement pas de moi, mais au moins, ils vivraient.Si je n’avais pu en sauver rien qu’un seul. Mais devoir faire un choix m’aurait tué.Quand la nouvelle c’est répandu, tous me regardaient avec pitié, essayant de me réconforter. Sans deuil, on ne peut pas passer à autre chose.Chaque jour de ma vie, après ça, a été un cauchemar éveillé, des images revenaient en boucle dans ma tête.
Quand je passais devant un parc pour enfants, je revoyais Kajsa et Kennisha sur les balançoires pendant que Connie, Kristopher et moi les regardions assis dans l’herbe.Je me souviens de leurs rires, mais ils commencent à s’effacer. C’était ma vie, mon bonheur, comment peut-on me l’avoir détruit si facilement ? En un claquement de doigts.L’enquête n’a rien donné, ils ont très vite classé le dossier sans suite, tout comme ma vie.Si je pouvais les tenir dans mes bras, une dernière fois, et leur dire que je les aime. Si on pouvait me les rendre !Dix ans, cela fait dix ans. Dix ans de souffrance, de questions sans réponses. Je sais que je les ai perdus pour toujours.Ma vie n’est plus rien, je suis mort depuis ce jour gravé dans ma mémoire. Aujourd’hui, j’abandonne, je n’ai plus la force d’espérer. Je les aimais et je vais les rejoindre dans la mort.
Kendall Barkett
Nick referma l’enveloppe, des larmes lui perlant dans les yeux, cet homme avait vécu l’enfer. Il renifla et regarda l’heure à la pendule, il était bientôt 2 heures du matin. Il se leva et alla aux vestiaires, en chemin, il croisa Catherine :
-Ca va Nick ?
-Euh…oui, ça va. Je viens de lire quelque chose qui m’a un peu retourné mais ça va aller !
-D’accord…je vais manger un morceau, tu veux venir ?
-Non merci.
-Alors à toute à l’heure.
Le jeune homme continua son chemin passant devant le bureau de Grissom où il vit Sara et son supérieur discutant et se souriant. Plus loin, Greg et Warrick embêtaient Sofia.
Il entra dans le vestiaire, il ouvrit son casier d’un geste lent, se remémorant les termes de la lettre. Jamais il n’aurait pu résister dix ans à une telle torture. Kendall Barkett n’était pas un lâche mais une âme grise en peine.
Il changea de chemise et claqua la porte de son casier.