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Série : CSI : Crime Scene Investigation
Création : 26.06.2007 à 10h11
Auteur : butterfly
Statut : Terminée
« Ma première fanfiction, bonne lecture » butterfly
Cette fanfic compte déjà 3 paragraphes
Alors qu’ils étaient tous assis dans la salle de réunion et que le superviseur formait les équipes pour la nuit, Nick, Warrick et Catherine pour le cas numéro un, un accident de la circulation; lui-même, Sara et Greg pour le deuxième, une nuit calme pour Las Vegas, Sara avait sursauté en levant les yeux sur lui en lui demandant de répéter l’adresse de la scène de crime peu banale sur laquelle ils allaient enquêter. Grissom répéta une nouvelle fois :
- Le palefrenier du pôle équestre Red diamond, à la frontière du parc national de Spring Mountain a trouvé un cheval de courses de trot égorgé dans son box et vu la valeur de l’animal, la police locale demande à ce qu’on vienne jeter un œil…Elle n’en avait plus reparlé et Grissom avait vite oublié cette conversation. Jusqu’à ce qu’elle revienne quelques jours plus tard, un sourire coquin aux lèvres, en lui disant qu’elle avait une surprise pour lui. Elle avait alors levé son tee shirt et écarté la ceinture de son pantalon, dévoilant un pansement qu’elle arracha d’un coup sec. Elle s’était fait tatouer un papillon Grand Monarque sur le côté droit du ventre. Pour Grissom, c’était la plus belle déclaration d’amour qu’elle ai pu lui faire. Depuis, il ne se passait pas un jour sans qu’il embrassa au moins une fois « son » petit papillon. Ils s’endormirent dans les bras l’un de l’autre, comblés et apaisés.
Heureusement, Sara avait eu la présence d’esprit de mettre le réveil avant qu’elle ne prenne sa douche. Ils s’arrachèrent du lit avec regrets et se préparèrent doucement pour aller travailler. Sara posait devant Grissom une tasse fumante de café noir quand il lui demanda :Ils arrivèrent séparément au labo. Comme à leur habitude. Grissom, en tant que superviseur, était toujours là en avance. Sara, n’y tenant plus, arriva elle aussi en avance.
Bien sûr, Ecklie l’aperçut dans le couloir :
- Sidle ! Que faites vous déjà là ? Vous ne prenez votre service que dans deux heures ! Vous savez que les heures sup à tort et à travers ne sont plus acceptées !
Sara se retourna, se forçant à respirer profondément. Rien que la vue de ce type l’exaspérait au plus haut point, mais c’était encore pire quand il lui parlait, elle se força à sourire d’un air aimable :
- Je sais, vous nous l’avez assez dit. Je me permet de vous dire que je suis là à titre bénévole et que je n’ai pas pointé en arrivant. Je le ferais à l’heure exacte ou je suis censé prendre mon service. Cela dit, j’ai du pain sur la planche, et même le temps des bénévoles est précieux ! Bonne soirée M. Ecklie.
La tirade de la jeune femme avait surpris Ecklie, qui ne su que lui répondre :
- Bonsoir Mll Sidle.
Elle était déjà penchée sur les empreintes quand Greg entra dans la pièce en chantonnant :
- Alors qu’avons nous déjà trouvé ? Il était d’excellente humeur ce soir. En fait, il était toujours d’excellente humeur maintenant qu’il était enquêteur à temps plein, et non plus un simple rat de laboratoire.
- Nous ? Moi ! Sara sourit.
- Oh, pardon ! Mille excuses à ma partenaire préférée !
- J’ai scanné les empreintes que Grissom a relevé et lancé la comparaison avec le fichier. On n’a plus qu’a attendre de ce côté là. J’allais attaquer l’analyse des échantillons de terre que tu as prélevé sur le seuil du box.
- Où est Grissom ?
- En conférence téléphonique avec Jones…Il nous a faxé le résultat de ses investigations sur l’histoire de Mystère O, Klein, Rodrigue, l’écurie etc…
- Bon, je m’y colle tout de suite…Où sont les copies ?
- Je crois que la secrétaire les a posé dans la salle de réunion à ton intention sur ordre de Grissom.
Greg compulsa la liasse méthodiquement, en prenant des notes de tout ce qui lui semblait intéressant. Il fut rejoint peu de temps après par Grissom.
- Où en êtes- vous Greg ?
- Il y a plusieurs suspects potentiels.
- Klein ?
- J’en doute…Le cheval était effectivement assuré, mais à l’heure actuelle, vu son contrat, ce qu’il va toucher est inférieur à la valeur réelle de Mystère O. D’autant plus que les saillies marchaient fort. Le cheval avait un carnet de bal plein jusqu’à l’année prochaine !
- Oui, ce serait tuer la poule aux œufs d’or…Jones en arrivait à la même conclusion. Et du côté des anciens propriétaires ?
- Eleveurs français de la région de la Normandie.
- Jones va devoir vérifier si on trouve des traces de voyages aux Etats Unis les concernant ces derniers temps…
- Visiblement, ils avaient envoyé le cheval par avion cargo il y a deux ans, mais ne l’avaient pas accompagné. C’était un palefrenier du pôle équestre Red diamond qui avait fait le voyage exprès.
Grissom et Greg comparèrent ainsi chaque point des conclusions du jeune homme avec celle de Jones. Ils faisaient une pause café quand Sara entra, une feuille de résultat à la main:
- Le nom d’un certain Josh Hallman vous dit quelque chose ?
Greg pris son carnet de notes et le compulsa rapidement:
- Euh attends, le nom ne m’est pas inconnu…Ah ca y est, je l’ai ! C’est le propriétaire d’une jument qui a été saillie par Mystère O. Une ancienne trotteuse de course reconvertit en poulinière.
- Quand ? Demanda Grissom.
- Il y a un peu plus d’un an.
- Vous avez eu ce nom par le fichier des empreintes ?
- Oui, en effet, il a eu une petite condamnation pour excès de vitesse il y a trois ans…C’était une des empreintes relevées sur la porte du box. Les autres sont celles de Klein et de Rodrigue. La présences de ces deux dernières empreintes peut s’expliquer par le fait que Klein et Rodrigue s’occupaient exclusivement de Mystère O. C’était un cheval assez nerveux qui ne supportait pas grand monde…C’est pour ça que je ne comprend pas pourquoi j’ai l’empreinte de ce type sur le loquet de la porte du box…
- Sara, une jument a un temps de gestation de combien ? Demanda Greg.
- 11 mois.
Greg leva les yeux vers Grissom.
- Donc, le poulain doit être né maintenant. Qu’est ce qu’un proprio de jument qui a déjà pouliné vient faire devant le box de l’étalon un an après la saillie?
- C’est justement ce que je me demande. Greg, contactez Jones afin qu’il demande à Klein si ce Hallman avait une raison particulière de se trouver là…Sara et moi allons rendre visite a notre vétérinaire légiste.
- Un bon couteau à viande quoi !
- Et sinon, au niveau du sang ? Demanda Grissom.
- Les analyses me sont revenues il y a 10 minutes. J’étais justement en train de les étudier quand vous êtes entrés. Mystère O avait une forte concentration de calmant dans les veines.
Il leur tendit la feuille d’analyses.
- Administré comment ? S’interrogea Sara.
- Par intramusculaire. Très probablement. J’ai trouvé une trace de piqûre dans l’encolure, du côté gauche…
Grissom reprit :
- Mais Sara, vous avez dit tout à l’heure que le cheval ne se laissait pas trop approcher. Qui d’autres que Klein ou Rodrigue aurait alors pu lui faire cette injection qui demande d’être vraiment très proche de l’animal ? A portée de sabot !
Sara ne répondit pas, elle n’en avait aucune idée.
- Vous pouvez aussi utiliser un fusil…Hasarda le vétérinaire.
- Un fusil ? Demanda Grissom.
Mais Sara avait compris :
- Un fusil comme en utilise les parcs animaliers ? Pour endormir les animaux à distance ?
- Oui, exactement ceux là ! Confirma le vétérinaire.
Il se tourna vers les tables, en expirant profondément :
- C’était une bête superbe. Attelé à un sulky, ca devait être quelque chose ! J’ai un peu étudié ses papiers d’origines. Il du sang des meilleurs Trotteurs Français dans les veines. Dire qu’il a traversé l’Atlantique pour mourir ici. Tous ce travail de sélection fichu en l’air, ca me rend malade…
- Pourquoi j’ai le sentiment d’être complètement perdu quand vous ou Sara parlez de chevaux ?
- Docteur Grissom, parlez moi d’insectes, et je dirais que vous me parlez martien ! Chacun à ses centres d’intérêts ! Moi, c’est les courses de chevaux ! Et ma foi, pour Mlle Sidle, je ne sais pas ! Le vétérinaire souriait en disant cela, Sara, pouffait.
Grissom adorait l’entendre rire. Elle avait un petit rire léger. Elle souriait souvent mais furtivement, elle ne riait pour ainsi dire jamais.
Ils prirent congé et remontèrent par l’ascenseur au niveau des labos, pour rejoindre Greg. Il savait qu’il y avait des cameras dans les ascenseurs du bâtiment, mais pas de micro.
- Sara ?
- Mhh ?
Elle leva les yeux des conclusions de l’autopsie qu’elle était en train de parcourir.
- Je t’aime.
Sara resta un instant coite. Grissom ne lui disait que très rarement cela, et jamais sur leur lieu de travail. Elle sentit son cœur fondre et dû résister de toutes ses forces à l’envie de se jeter à son cou et de l’embrasser. En échange, elle lui offrit un de ces sourire dont elle avait le secret, le regard si doux, la tête légèrement penchée à droite, la commissure gauche un peu plus haute que la droite, la petite moue des lèvres.
- Moi aussi, je t’aime Gil.
Il eu une flambée de désir qu’il réfréna avec la plus grande peine.
Greg avait eu des nouvelles de Jones. Bien que le lieutenant avait déjà terminé son service, il acceptait les heures supplémentaires sans discuter, pressé d’en finir avec cette enquête, et avait abattu un lourd travail de recherche. Tous trois s’assirent dans la salle de réunion afin de mettre en commun leurs éléments nouveaux.
- Alors, Klein se rappelle très bien de M. Hallman. En effet, ce dernier a ouvertement menacé Klein.
Greg était très fier de son petit effet.
- Pourquoi ?
- La jument n’a pas mené la grossesse à terme, elle a avorté au cinquième mois avec des conséquences assez grave, puisqu’elle ne pourra plus avoir de poulain. Un nouveau bébé dans le ventre, et sa santé serait en jeu avec un risque de mort non seulement du fœtus mais aussi de la mère très important.
- Et il a accusé Klein ? Demanda Grissom.
- Oui, d’après Hallman, Klein aurait inséminé sa jument avec une semence de mauvaise qualité. Sous entendu, Mystère O est un mauvais reproducteur.
- La qualité du sperme prélevé n’a rien à voir avec la grossesse en soi, c’est plutôt au niveau de la fertilité que ca joue. Il arrive que des juments ne soient pas pleine après une saillie. C’est encore plus vraie avec l’insémination artificielle. C’est comme la conception assistée pour les humains. On ne tombe pas enceinte à chaque fois. Répondit Sara.
- Et ce serait une raison suffisante pour s’en prendre à Mystère O ?
- Et vous, vous avez appris des choses intéressantes avec le vétérinaire légiste ?
Ils passèrent un quart d’heure à remettre à jour leurs informations aux lumières des nouvelles données qu’ils avaient collectées. Mais il ressortait de ce brainstorming qu’ Hallman restait le principal suspect. De plus, Jones avait découvert que la femme de Josh Hallman travaillait au zoo de Vegas. Peut être pouvait-elle être en mesure d’utiliser, ou du moins d’avoir accès aux fusils à fléchettes tranquillisantes. Une piste à suivre pour Jones.
Entre temps, ils avaient également reçu les résultats de l’analyse du chiffon ensanglanté. C’était bien du sang animal, très probablement celui de Mystère O. Il faudrait attendre pour avoir la confirmation. Mais, plus troublant, il y avait aussi des traces de sang humain. Quand Grisssom eu pris connaissance de ces résultats, il en fit part aux autres.
- Alors, le tueur aurait égorgé le cheval, et ce serait blessé ? Mêlant son propre sang à celui de Mystère O ? s’enthousiasma Sara.
- C’est possible, en effet. Reconnu Grissom.
- Si on peu avoir un peu d’ADN, ce serait formidable ! Poursuivi Greg.
- L’analyse prendra du temps, ne l’oublions pas. Si on arrive a confondre Hallman sans l’ADN, ce sera un gain de temps non négligeable. Je pense qu’avec tous les éléments que nous avons, Jones pourra le convoquer et lui poser quelques questions. Il verra bien si Hallman est blessé aux avants bras ou à la main. On avisera.
Ils passèrent le reste de leur service à remplir des rapports d’affaires antérieurs. Pas d’autres enquêtes ne requéraient leur présence sur le terrain, ce qui était vraiment exceptionnel et presque reposant. Catherine et Warrick eurent juste un cas de suicide à valider. L’affaire de la veille s’était soldé rapidement, un cas d’alcool au volant. Pas de problème mécanique. Seulement un pauvre type qui avait trop bu et renversé un jeune garçon en scooter sans préméditation autre que la bêtise humaine.
Sara était heureuse de la tournure que prenait l’enquête. Ils tenaient un suspect plus que plausible. Grissom la sentait détendue dans la voiture. Il était allé la prendre à son appartement où elle s’était un peu rafraîchit avant d’aller ensemble manger un morceau. Même lorsqu’ils dînaient à l’extérieur, ils prenaient garde à ne pas se trahir. Ils se tutoyaient, mais ne se touchaient pas. La tentation était pourtant grande. Mais il savait qu’ils allaient se rattraper tout à l’heure, chez lui. Il envisageait très sérieusement de l’aider à prendre sa douche cette fois ci. Il adorait lui shampouiner les cheveux, lui passer de l’huile parfumée... Il avait en effet une douche assez grande, qui permettait quelques fantaisies…
Sara espérait sincèrement qu’ils pourraient boucler l’enquête sur Mystère O aujourd’hui. Grissom avait appelé Jones qui lui avait confirmé la convocation d’Hallman au poste. L’interrogatoire avait dû avoir lieu a 15h. A 15h15, Sara trépignait déjà d’avoir des nouvelles. Grissom souriait de l’enthousiasme de la jeune femme. Elle faisait toujours preuve d’une hargne quasi égale à la sienne quand il s’agissait de mettre un meurtrier ou un criminel sous les verrous. Ils savaient qu’ils allaient devoir attendre jusqu’à leur prise de service avant d’avoir des nouvelles. Pour patienter, Grissom emmena Sara chiner dans une nouvelle boutique végétarienne – bio qui avait ouvert récemment…Il avait trouvé l’adresse sur internet.
Mais bien sûr, tout deux arrivèrent en avance au LVPD, séparément, comme toujours. Ils se retrouvèrent dans les vestiaires, seuls.
Sara posa ses affaires dans son casier tandis que Grissom s’approchait. Il passa ses doigts le long de sa nuque. Elle se retourna et lui tendit ses lèvres. Leur dernier baiser avant la fin du service…Il se détacha d’elle en soupirant :
- Tu veux un café ?
- Plutôt un thé…
Quand ils passèrent devant l’accueil, la secrétaire appela Grissom en lui tendant une enveloppe kraft :
- Ca a été déposé tout à l’heure, j’allais le mettre sur votre bureau mais comme vous êtes déjà là…
Sara se rapprocha tandis que Grissom décachetait l’enveloppe qui contenait en fait une copie de l’enregistrement de l’interrogatoire d’Hallman.
- Ils sont moderne, dans le commissariat de Jones…Constata Sara, légèrement sardonique.
Greg n’était pas encore arrivé, mais tant pis, lui et Sara allait visionner la cassette sans leur collègue. Oubliant café et thé, ils se dirigèrent vers la salle vidéo.
Hallman était petit et bedonnant. Presque la cinquantaine, il en paraissait soixante, cheveux gris, double menton, paupières tombantes, joues flasques, de la sueur coulait sur ses tempes...
Grissom mit l’enregistrement sur pause et se tourna vers Sara, les sourcils levés :
- Sara, dis moi que je n’ai pas l’air aussi vieux !
Elle sourit en secouant la tête. Leur différence d’âge avait longtemps été une barrière entre eux, pour Grissom en tous cas, Sara, elle, s’en était toujours moqué.
- Non, je te rassure ! Tu es très loin de cet individu.
- Mouais…
Sara posa sa main sur la cuisse de Grissom :
- Arrête de te torturer avec ça ! Et mets toi dans le crâne une fois pour toute que pour moi, tu es l’homme le plus diablement sexy que je n’est jamais rencontré ! Tu as un corps que beaucoup de jeune homme peuvent t’envier, un regard à tomber et des cheveux poivre et sel des plus excitants !
- Ah bon ? Je suis sexy ? Grissom souriait, taquin. Plus que Nick ou Greg ?
Sara tapota légèrement la cuisse de Grissom :
- Oui, largement plus, mais tu m’appartient, alors abstient toi d’user de ton pouvoir de séduction sur d’autres femmes s’il te plaît !
Il planta ses yeux dans ceux de Sara, posa sa main sur celle de la jeune femme, la serra et dit dans un souffle :
- Pas de risque alors que je peux serrer dans mes bras une des plus charmantes femmes de ma connaissance, intelligente, terriblement…
Il ne pu pas finir sa phrase, du bruit de l’autre côté de la porte annonçait une arrivée imminente. Ils se lâchèrent les mains et se composèrent un air détaché et très professionnel juste à temps. En effet, Greg déboula dans le labo vidéo comme une tornade, souriant comme un gamin :
- Hé ! Vous alliez commencer la fête sans moi ? C’est Charlène qui m’a dit où vous étiez !
- Charlène ? Demanda Grissom
- La secrétaire !
- Une nouvelle conquête ? Demanda Sara en souriant.
Greg se contenta de hausser les épaules en soupirant exagérément alors qu’il approchait un siège de la console de commande.
Hallman se révéla être un homme faible. Jones n’avait même pas eu besoin de jouer le méchant flic. A la mention de la découverte de son empreinte sur le loquet, il fondit en larme comme un enfant. Sanglotant et hoquetant, il raconta tout à un Jones passablement ennuyé d’être dans la même pièce qu’un tel geignard. Oui, il était bien allé à l’écurie, oui, il avait été dans le box de Mystère O, et oui, il l’avai
Hallman se révéla être un homme faible. Jones n’avait même pas eu besoin de jouer le méchant flic. A la mention de la découverte de son empreinte sur le loquet, il fondit en larme comme un enfant. Sanglotant et hoquetant, il raconta tout à un Jones passablement ennuyé d’être dans la même pièce qu’un tel geignard. Oui, il était bien allé à l’écurie, oui, il avait été dans le box de Mystère O, et oui, il l’avait tué. Egorgé avec un couteau qu’il avait pris dans sa cuisine.
- Pourquoi ? Demanda Jones.
- A cause d’Etoile d’argent…
- Etoile d’argent ?
- Ma jument, mon bébé…
- Ah, la jument qui a avorté…
- C’est à cause de ce fichu étalon ! Je n’aurais jamais dû la faire saillir par ce cheval même pas américain !
Il hoquetait, cherchant de l’air entre deux sanglots.
- Vous avez une curieuse logique, M. Hallman, repris Jones, votre jument ne mène pas une grossesse à terme, et c’est la faute à Mystère O ?
- Oui…Non…Je sais pas… Elle ne pourra plus avoir de poulains, je devais la venger.
- C’est votre espoir de pouvoir élever puis vendre un crack qui a disparu avec cette fausse couche. Adieu votre nom sur les hippodromes ! Mais sans vous vexer, avec une seule poulinère, vous n’alliez de toute façon pas loin !
- C’est mon bébé, il l’a rendu malade…
Nouvelle crise de sanglots.
- Comment avez vous drogué Mystère O ?
- Ma femme a volé un fusil anesthésiant.
- Elle travaille au Zoo, c’est ça ?
- Oui, elle est soigneuse.
- Il est où, ce fusil, à l’heure actuelle ?
- Chez moi…
- Elle savait pourquoi il vous fallait ce fusil ?
- Oui…
Hallman sanglota encore plus, Jones se leva et quitta la pièce.
Fin de l’enregistrement.
C’est Greg qui rompit le silence.
- Il a l’air complètement dans un autre monde, ce type…
- Jones a laissé une note avec la cassette. Il va lui faire voir un psy très rapidement. L’informa Grissom. Il voudrait avoir un point de vue médical sur son état mental.
- On part perquisitionner à son domicile ? Demanda Sara.
Grissom se levait pour se rendre dans son bureau.
- Je pense que Jones doit avoir demandé un mandat. Je lui téléphone de suite.
- Dis Sara, lança Greg, méfie toi de ne pas finir comme ça avec ton cheval !
- Ha ha ha… très drôle Greg. Elle lui envoya un coup de poing dans l’épaule.
- Ouch ! Tu ne connais que la violence toi !
- Pour mater les machos dans ton genre, oui.
Grissom secoua la tête en souriant :
- Bon les enfants, c’est fini oui ? Au boulot !
Les Hallman habitaient un petit pavillon en ville. Sortant de leur véhicule, les CSI se regardèrent, tous cherchaient inconsciemment une écurie. Mme Hallman était encore là, les menottes aux poignets. Avant d’entrer, Jones leur appris qu’ils possédaient deux chevaux, Etoile d’argent et un poney, qui étaient en pension dans un club de Spring Valley.
La perquisition fut facile. Greg trouva le fusil anesthésiant sous un carton dans le garage, le prit en photo et le plaça sous scellé. Pendant ce temps, à l’intérieur, Grissom et Sara examinaient les couteaux de cuisine :
- On les emballe tous ? Demanda Sara.
- Oui, on fera les tests comparatifs au labo. Lui répondit Grissom alors qu’il rangeait l’appareil photo dans sa mallette.
- Bien qu’avec les aveux d’Hallman, le tour est joué ! Conclut Jones derrière eux.
- Oui, mais des preuves, on n’en a jamais assez devant un jury !
- Où est Hallman a l’heure actuelle ? Sara avait terminé d’emballer les couteaux à viande.
- En détention. Et on y emmène sa femme. Visiblement, elle savait que son mari voulait tuer Mystère O, puisqu’elle aussi a avoué avoir elle- même ramené le fusil anesthésiant. Drôle d’histoire quand même…Tous ça pour un cheval !
Jones leur tourna le dos et sortit de la cuisine.
Sara et Grissom se regardèrent, secouèrent la tête. Non, ce n’était pas à cause du cheval, c’était à cause de la folie des Hommes, c’était à chaque fois la même histoire…
Grissom se tenait devant la porte du box de Shadows. Il observait Sara en train de seller son cheval. Ses gestes, à la fois rapides, précis et doux. Elle murmurait souvent des onomatopées, comme à un bébé. Elle serra la sangle, vérifia la muserolle et la sous- gorge. Grissom se mis sur le côté alors qu’elle saisissait les rênes. Il les suivit jusqu’au manège. L’écurie était déserte à cette heure de la soirée.
Une fois hors du box, Shadows lui paraissait encore plus grand et plus imposant. Il devait bien faire plus d’1 mètre 65 au garrot. Devant la porte du manège, Sara se retourna :
- Gil ? Est-ce que tu pourrais allumer la lumière dans le manège ? L’interrupteur est juste à gauche de l’entrée.
- Bien sûr.
La lumière jaillit, crue, presque blafarde.
Sara se mit souplement en selle et partit au pas sur la piste. Grissom avisa un plot d’obstacle au centre du manège et s’y assit, suivant le couple du regard. Il observait Shadows, son élégance, la façon qu’avait Sara de faire corps avec lui. Et il l’observait, elle. Concentrée, comme si le reste du monde n’existait pas, cette attitude studieuse qu’il connaissait si bien pour la voir tout les jours au travail, mais là, elle souriait. Oui, elle souriait, comme lorsqu’ils étaient seuls et qu’elle lui souriait, à lui. Il la trouva belle comme jamais, le contraste entre Shadows, si grand, si puissant et sa silhouette à elle, si fine, si élancée. Sara était si mince, quand il la tenait dans ses bras alors qu’elle dormait, il avait parfois peur de la briser, comme on briserait une fragile poupée de porcelaine. Aux autres, elle donnait le change d’une personne forte, qui encaissait presque tout sans se plaindre. Comme lui.
Sur ce cheval, elle se montrait à lui sans sa carapace, une jeune femme fragile, ballotté par la vie, mais qui avait su garder le cap et faisait montre en fait d’une force morale hors du commun.
Ils s’étaient enfin trouvé, tous les deux, leurs secrets, leurs blessures, leurs solitudes. A deux, ils étaient plus fort pour affronter tous cela. Grissom s’en voudrait toujours du temps qu’ils avaient perdu, non, que lui avait perdu, en repoussant Sara si souvent avant de se rendre compte que sans elle, sa vie ne serait pas aussi belle. Elle disait toujours que ce n’était pas grave, que l’important c’est qu’ils soient ensemble maintenant. Mais ils auraient pu être heureux depuis plus longtemps encore. Ce constat l’encourageait à pleinement profiter de ces moments avec elle.
Perdu dans ses pensées, il les regarda évoluer autour de lui, au trot et au galop, dans une gracieuse chorégraphie. Elle repassa au pas, et enchaîna sur quelques mouvements de dressage. Grissom était étonné de la souplesse de Shadows, 700 kilos de muscles qui se pliaient à la plus infime demande de Sara. Elle rendit les rênes et flatta l’encolure. Après quelques tours au pas, elle fit tourner Shadows vers Grissom qui se leva.
- Je vais le rentrer, il a bien travaillé.
- Tu es magnifique en selle.
- Merci.
- Non, c’est vrai, tu as l’air apaisé quand tu es avec Shadows.
- On laisse les problèmes à l’entrée de l’écurie, sinon…Rien de bon ne se développe avec le cheval si le cœur et l’esprit n’y sont pas pleinement investit. C’est ma thérapie perso !
Elle se pencha et balança la jambe droite par dessus la croupe. Elle posa pied à terre et passa les rênes par dessus la tête du cheval.
- Intégrer Shadows dans notre vie commune ne sera pas facile…Commença Sara.
- Pourquoi ? Il fait partie de ta vie, il fait partie de la mienne, point. Il n’y a là rien de très compliqué.
Sara passa un bras autour de son cou en l’embrassant :
- Merci. Souffla -t- elle.
Il la serra contre lui, tout en déposant de légers baisers sur ses lèvres.
- Tu veux monter ?
Grissom se recula un peu, considéra Sara, puis Shadows, qui le regardait d’un air tranquille :
- Euh….Non ! Trop grand pour moi ! Je préfère en rester aux insectes si tu n’y vois pas d’objections.
- Tu montes dans des montagnes russes autrement plus terrifiantes que Shadows !
Elle souriait.
- Oui, mais les montagnes russes, c’est de la mécanique obéissant aux lois immuables de la physique! Shadows, lui, réfléchit par lui même et il est intelligent ! Trop instable à mon goût.
- Comme tu veux…Une autre fois alors.
Elle lui fit un clin d’œil, puis, tout en tenant Shadows d’une main, elle se blottit dans les bras de Grissom.
Tous deux se sourirent tendrement, ils n’avaient pas besoin de mots pour traduire ce qu’ils ressentaient l’un pour l’autre. Leurs yeux parlaient mieux que des discours. Ce soir, leurs vies étaient juste un peu plus belle.
*****« Un pas de deux dans la crypte de bois clair où dorment du sommeil des justes les chevaux que l’on a tant aimés, tant montés, à qui l’on a tant pris et que l’on ne remercie jamais assez. » Jérôme Garcin
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Fin