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Un peu plus belle

Série : CSI : Crime Scene Investigation
Création : 26.06.2007 à 10h11
Auteur : butterfly 
Statut : Terminée

« Ma première fanfiction, bonne lecture » butterfly 

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<< Je vois parfois dans le regard d'un cheval la beauté inhumaine d'un monde d'avant le passage des Hommes...>>
Bartabas

butterfly  (26.06.2007 à 10:16)
1 
C’était Grissom qui conduisait, Sara à coté de lui, Greg à l’arrière, les oreillettes de son MP3 visées aux oreilles. Le superviseur suivait les indications que lui donnait la jeune femme. Il avait été étonné de voir que Sara connaissait le centre équestre où avait eu lieu le « crime ». Mais il savait que lui poser des questions ne servirait à rien, elle lui fournirait elle même l’explication. Il la connaissait bien, sa Sara.

Alors qu’ils étaient tous assis dans la salle de réunion et que le superviseur formait les équipes pour la nuit, Nick, Warrick et Catherine pour le cas numéro un, un accident de la circulation; lui-même, Sara et Greg pour le deuxième, une nuit calme pour Las Vegas, Sara avait sursauté en levant les yeux sur lui en lui demandant de répéter l’adresse de la scène de crime peu banale sur laquelle ils allaient enquêter. Grissom répéta une nouvelle fois :

-   Le palefrenier du pôle équestre Red diamond, à la frontière du parc national de Spring Mountain a trouvé un cheval de courses de trot égorgé dans son box et vu la valeur de l’animal, la police locale demande à ce qu’on vienne jeter un œil…
-  Je connais ce club…Murmura-t-elle.Greg et Grissom la regardèrent, mais ne posèrent pas de questions. Les autres n’avaient pas relevé la réaction de Sara, ils étaient en effet plongés dans le rapide résumé de l’accident de voiture qui venait de se produire dans une banlieue de Vegas.
-   Pourquoi enquêter sur la mort d’un cheval ? Ce n’est pas vraiment de notre compétence ! Demanda Greg.
-   Le cheval avait apparemment une grande valeur et les assurances vont entrer dans la danse…De toute façon, nous y allons, point. Nous verrons de quoi il retourne sur place et si notre présence est utile, nous resterons pour enquêter.Grissom se leva, imité par ses collègues lorsque Sara demanda :
-  Comment s’appelait le cheval ?
-  Mister O. Ou quelque chose comme ça…
Sara murmura :
-   Mystère O, pas Mister O…Grissom l’entendit et il la regarda, interrogateur. Quand elle releva les yeux, ils accrochèrent ceux de son superviseur. Elle remarqua tout de suite qu’il se posait des questions sur sa réaction, parce qu’il avait ces petites pattes d’oie qui lui griffait le coin des yeux. Pour le rassurer, elle sourit et lui fit un petit signe de la main que lui seul pouvait comprendre et qui signifiait : ne t’inquiète pas.

2
 
Ils roulaient sur la 160, leur Tahoe trouant la nuit de ses phares…Il aurait tellement voulu être seul avec elle ce soir, c’était une belle nuit, qui aurait méritée une escapade en tête à tête pour aller admirer les étoiles, confortablement blottis dans les bras l’un de l’autre. Au lieu de ça, ils partaient en virée professionnelle dans le parc de Spring Mountain avec Greg. Avoir une relation amoureuse avec une collègue, c’était l’enfer…Grissom se força à se concentrer sur la route. Il l’avait constamment à ses cotés et il ne pouvait rien laisser transparaître de ce qu’il éprouvait pour elle. Il savait que Sara éprouvait la même chose, et parfois, un regard, un frôlement, suffisaient à les électriser. Mais pour l’instant, ni l’un ni l’autre ne pouvait se permettre, ni ne voulait, que leur relation soit mise à jour. Ils aimaient leur job et adoraient travailler ensemble. De plus, si l’équipe apprenait leur histoire, Ecklie s’arrangerait bien vite pour mettre Sara sur la touche. Elle était sa bête noire, et tant que Grissom restait son superviseur, il pouvait la protéger des petits excès de pouvoir du directeur du laboratoire. Cette attente constante pendant leurs heures de travail rendait leurs moments à deux encore plus intenses.
-  On arrive…
Sara l’avait tiré de ses réflexions.
En effet, ils arrivaient près d’un ensemble de bâtiments trop illuminé vu l’heure tardive, et, sur le parking, on voyait les flashs des gyrophares. Grissom s’engagea dans la cour, se gara et coupa le contact.
Greg se redressa :
- Je voyais ca plus grand…
- C’est une pension pour chevaux de propriétaires, et ils font aussi station de monte et d’insémination. Ce n’est pas un club d’enseignement…Sara avait déjà sa portière ouverte.
Greg lui demanda :
- Mais comment tu sais ça toi ?
Comme l’avait intérieurement prédit Grissom, seul le silence de la jeune femme répondit au jeune CSI.Le superviseur alla trouver un policier pour se présenter tandis que Greg et Sara sortaient le matériel du coffre. Ils rejoignirent Grissom alors que le policier, un certain Clarck, lui faisait un topo de la situation :
-  On n’a touché à rien, on a tout de suite contacté le labo de criminalistique à Vegas parce que ce cheval là, il valait une petite fortune. Et avec les assurances et tous ca...
Sara se dirigeait déjà vers l’écurie d’un pas assuré et Grissom ne put que constater qu’elle connaissait bien les lieux, vu que l’officier Clarck ne leur avait donné aucune indication sur la localisation du « box du crime ».

3
 Il passèrent par la sellerie et entrèrent enfin dans l’écurie à proprement parler. Une large allée principale flanquée de box de part et d’autre. Un petit attroupement de quatre personnes se tenait devant le troisième box a droite. Un officier de police et trois civils, dont un vétérinaire, vu la blouse. Un des hommes, celui à la mine la plus anéantie, voyons arriver Sara, se détacha du petit groupe et l’interpella, étonné :
-   Sara ? Je t’en pris Sara, trouve celui qui a fait ca !
La jeune femme hocha la tête mais ne répondit pas. Le policier avait barré l’accès du box avec le traditionnel ruban jaune. Il tendit à chacun la main en se présentant :
-   Lieutenant Jones…Vous avez fait vite dites moi…
-   Grissom, Sanders et Sidle, du LVPD. C’est calme à Vegas ce soir…répondit Grissom alors que Sara passait déjà sous le ruban.
-   Calme ? A Las Vegas ? Alors ca c’est étonnant !
Jones présenta également les trois civils :
-   Le Docteur Braun, le vétérinaire équin qui a constaté la mort de l’animal, M. Klein, le propriétaire de l’écurie, et M. Rodrigue, le palefrenier qui a trouvé le cheval..
Grissom salua chacun d’un hochement de tête, puis leur demanda de reculer pour leur laisser la place d’intervenir. C’était Klein qui avait réagit en voyant Sara. Donc, elle connaissait le propriétaire de cette écurie. Et tandis que Jones leur relisaient ses notes sur la chronologie de la découverte du cadavre, Grissom et Greg se tournèrent vers l’intérieur du box et regardèrent enfin le cheval, sur lequel était penché Sara. Une belle bête, grande, musclé, une robe bai brun brillante. Mystère O était couché sur le flanc droit, l’encolure renversé dans une marre de sang, la jugulaire tranchée. L’Homme est un loup pour l’Homme, mais il ne respecte pas plus le règne animal…
La violence ne connaît pas les limites zoologiques.
-  Donc, à 18h, les chevaux reçoivent leur dernier repas de la journée, tout était normal d’après M. Rodrigue. A 20h30, comme il n’y avait plus de cavaliers dans l’écurie principale, le palefrenier fait sa tournée pour tout fermer, vérifie que tous se passe bien et quand il passe devant Mystère O, remarque que quelque chose ne va pas, parce que d’ordinaire, le cheval n’est jamais couché sur le flanc à cette heure. Il passe la tête et voit le sang, il appelle tout de suite M. Klein, qui lui même contactera le vétérinaire et la police. Quand nous sommes arrivés sur les lieux et pris connaissance des faits et de la valeur du cheval, j’ai préféré vous appeler et vous attendre avant de commettre une erreur. Bon, je vous laisse travailler, je vais continuer à interroger les trois là-bas.
-   Vous avez très bien fait…Répondit distraitement Grissom qui n’écoutait déjà plus, en passant sous le ruban.
 A l’exemple de Sara, il s’était déjà mis au travail, son cerveau excluant toute intervention extérieure à la scène de crime. Greg se chargea de prendre des photos depuis le seuil, car bien que le box soit plus grand que la moyenne, l’espace était exiguë pour eux trois en plus du corps. Grissom enfila ses gants et palpa l’encolure du cheval. Sara était passé de l’autre côté de l’animal, au niveau de son dos. Elle se pencha pour passer la règle à Grissom pour qu’il puisse la placer à côté de la plaie béante pour donner une échelle au moment de la photo.
-   Il est encore tiède, il n’a pas été tué il y a longtemps…Qui peut faire ça à un animal aussi noble ? Souffla Sara en regardant Grissom tandis qu’elle passait une main gantée sur la joue de Mystère O.
-  On va tâcher de le découvrir.Il savait que Sara était très touchée par les violences touchant les enfants et les animaux.
 En fait, elle était touchée par toute forme de violence, faisant toujours preuve d’une empathie assez marquée avec les victimes, ce qui lui avait posé plusieurs fois des problèmes de comportement lors de certaines enquêtes particulièrement pénibles psychologiquement.
 -   Il n’a pas eu l’air de souffrir, il n’a pas une attitude de lutte contre la mort, il n’est pas tendu au niveau des jambes…
-   Peut être a t - il été drogué ? Supposa Sara.
-   Peut être…De toute façon, quand le corps sera au labo, on demandera au vétérinaire légiste de faire une analyse du sang.
-    Qu’est ce qu’il a à la patte de devant ? Intervint Greg. Il faut peut être faire venir le Docteur Klein pour lui demander ce que…Mais Sara le coupa calmement :
-    Un cheval n’a pas de pattes, mais des jambes, tout comme il n’a pas de gueule, mais une bouche. En remerciement de tous les services que la plus noble conquête de l’Homme a rendu à la bande d’ingrats que nous sommes, on lui doit bien un petit effort de langage. Et ce qu’il a à l’antérieur gauche, ce sont ce qu’on appelle des pointes de feu. Le vétérinaire chauffe un fer au rouge et l’applique sur l’arrière de la jambe pour faire ces inflammations en forme de traits horizontaux. Cela provoque une réaction qui permet parfois de contrer certaines boiteries. C’est une pratique radicale qui tend a disparaître au profit des crèmes anti-inflammatoires qui sont de plus en plus puissantes. Mystère O avait des petits problèmes de boiteries suite à une blessure sur le haut du boulet, cette articulation dans le bas de la jambe, juste là…
Tandis que Greg prenait les pointes de feu en photo, elle désigna du doigt l’endroit exact en passant par dessus l’épaule du cheval. Ce faisant elle se trouva à hauteur de Grissom. Il la regarda intensément, mais ne dit rien, et elle comprit qu’il attendait des explications plus poussées, et pas sur les pointes de feu. Elle poursuivi dans un souffle :
- Je monte à cheval ici…Grissom leva les sourcils, surpris, mais de dit rien.
Greg, lui, ne put s’empêcher de réagir :
-  Tu montes à cheval toi ? Ah ben ça, c’est une nouvelle !
-   Oui, depuis que j’ai 15 ans…
-   Vous n’en avez jamais parlé. Constata platement Grissom.
Il n’était pas vexé que Sara lui ai caché cela, mais il était surpris de l’apprendre de cette façon. Ils en rediscuteraient plus tard, seul à seul.

4
 
Ils continuèrent l’examen du cheval sous les flash de l’appareil photo.Grissom remarqua qu’il n’avait pas été castré et se tourna vers Sara:
 - C’est un étalon ?
-  Oui, il saillait des juments de race Trotteur Français. En sperme congelé, pas en monte naturelle.
-    Pas de saillies en race américaine ?
Grissom savait qu’il n’y avait pas une, mais plusieurs races de trotteurs de courses. Le Français, l’Américain, l’Orlov russe…Mais il n’en savait pas plus que ça, les courses de chevaux, ce n’était pas trop son truc.
-   Non, en française. C’est la petite passion de David, enfin, M.Klein, son petit rêve doux- dingue. Il a un étalon dont il vend les saillies à des propriétaires de juments Trotteurs Français. Il souhaite, avec quelques autres férus, développer un peu plus la race aux Etats Unis pour aller contrer les français à armes égales, sur les pistes de l’Hexagone. Car tout le monde sait que la vraie patrie du trot, c’est la France, et son mythique prix d’Amérique. Il avait pas mal de demande de saillies pour Mystère O. C’était un cheval qui avait eu de bons résultats en courses en France et qui était de très bonne souche. C’est une grande perte génétique pour l’élevage Trotteur Français aux Etats-Unis.
-   Et ça marche, au niveau des courses en France ?
Sara eu un petit sourire en coin :
-  De mon avis strictement personnel, ce sont les Français et les européens qui dominent les courses de trot en France. Si on veut les battre, il faut produire en Europe, avec des poulinières françaises et européennes. Le patrimoine génétique est là-bas. Ce ne sont pas quelques juments et un ou deux étalons importées qui produiront les nouvelles lignées de cracks. D’autres ont essayés avant Klein, il y a eu quelques réussites isolées, mais jamais rien qui ai tenu sur la durée. Et ici, aux Etats Unis, les Trotteurs Américains sont privilégiés, comme une partie des courses se courent à l’amble, allure que ne développent pas les Trotteurs Français.
- C’est quoi la différence ? Demanda Greg.
-Le trot est une allure où le cheval avance en bougeant les jambes selon des diagonales si je puis dire, antérieur droit avec postérieur gauche, et antérieur gauche avec postérieur droit. A l’amble, c’est gauche avec gauche et droit avec droit.
 Après ces éclaircissements, ils en revinrent à la plaie béante du cou de Mystère O.
-  On dirait qu’il a été égorgé avec un couteau, quelque chose avec une lame tranchante. La plaie est nette. Il savait où trancher pour tuer. Remarqua Grissom.
- La jugulaire est connu de tout les cavaliers. C’est là qu’on fait les intraveineuses…
-   Même moi je sais que si tu veux tuer un cheval à coup sûr, tu tranches le devant de la gorge...
La dernière remarque de Greg était juste. Ils se regardèrent :Qui était suspect ? Pour quoi ?Le lieutenant Jones allait devoir sérieusement enquêter sur l’histoire du cheval, de l’écurie…Ils n’échangèrent plus par la suite que quelques remarques et s’appliquèrent à relever les indices. Les empreintes sur la porte de box, un peu de terre sur le seuil… 

5
 
C’est Greg qui trouva un chiffon ensanglanté enfoui sous la paille, dans le coin de la mangeoire.
-   Regardez ! Le tueur a peut être essuyé son arme avant de quitter le box avec ce chiffon, ce qui explique pourquoi on n’a pas de gouttes de sang dans l’allée. Et il aura pensé que le chiffon serait mis au fumier quand ils videraient le box.
-   En effet Greg, répondit Grissom, c’est tout à fait plausible.
Greg se rengorgea. Tandis que Greg plaçait les indices recueillis sous scellés dans le coffre de la Tahoe, il leva les yeux, le camion appelé pour le transport du corps de Mystère O entrait dans la cour. Il ferma la voiture à clé et alla prévenir Grissom et Sara. Le chauffeur entra dans l’écurie, et les trois hommes regardèrent le cheval en se demandant comment faire passer le corps par la porte du box. Une fois encore, Sara intervint :
-    Ce sont des façades pivotantes, vous déverrouillez ici et ici, vous poussez, et voilà…tout en parlant, elle manœuvra la façade qui pivota sur ses gonds et alla se placer contre le mur latéral du box, laissant une ouverture de 4 mètres de large.
Le chauffeur du camion d’équarrissage se chargea de bouger le corps grâce à un petit tracteur d’écurie, les enquêteurs refusant, pour des raisons évidentes, que Klein ou Rodrigue interviennent. Les chevaux étaient très nerveux, tapant du sabot dans les murs, hennissant, tournant sans cesse…
-   Qu’est ce qu’ils ont ? Demanda Grissom à Sara. C’est le bruit qui les énerve ?
-   Non, ils ont l’habitude du tracteur. C’est l’odeur de la mort qui les effraye…
Le corps chargé, le camion disparu dans le petit matin. Greg fut charger de remballer le matériel dans le coffre et de téléphoner au labo pour les prévenir qu’ils avaient terminé sur place.
-    Bon, on en saura plus une fois que le vétérinaire légiste aura fait quelques analyses et que nous aurons étudiés nos indices…Lança Grissom en frôlant le bras de Sara.
-    Viens, murmura - t - elle. Je dois te montrer un truc.
Quand ils étaient seuls, ils se tutoyaient. Mais dès qu’ils étaient en présence de tiers, le vouvoiement revenaient, comme pour mettre une distance verbale entre eux et leur éviter de faire un impair.Sara retourna à l’écurie, Grissom à ses côtés. A l’intérieur, elle n’alluma pas la lumière, l’éclairage de sécurité au dessus des sorties était suffisant pour trouver son chemin. Une fois sûr qu’ils étaient seuls, il prit sa main dans la sienne et elle se pressa légèrement contre lui en marchant. Elle s’arrêta devant un box au fond de l’allée et appela doucement :
-   Shadows ?Une tête noire s’avança doucement vers la main tendue de Sara.
-    C’est lui, ton cheval ?
-    Oui.
 -   Il est beau…Grissom avança lui aussi sa main et la présenta à Shadows qui la sentit rapidement avant de retourner à Sara.
-    Il veut des gourmandises, d’habitude, j’ai toujours des croquettes dans mon pantalon d’équitation. Mais là, désolé mon grand, il n’y a que nous…
-    Comment as tu réussi a me cacher ce cheval pendant tant d’années ? Encore plus depuis qu’on est ensemble ! La voix de Grissom coulait, douce, sans reproche.
-  Selon notre emploi du temps commun, je prend sur mes heures de sommeil et je monte soit le matin, en rentrant du boulot, soit l’après-midi, avant de venir au labo. Je passe chez moi prendre une douche et me changer. Et comme, dans nos temps libre, on est toujours à ton appartement vu qu’il est plus grand, tu n’as jamais vu ni senti mes vêtements d’équitation...
En disant cela, elle caressait l’encolure de Shadows. Grissom pouvait voir malgré l’obscurité ambiante que c’était un grand cheval, massif, une robe entièrement noire, avec une grande crinière.
- Qu’est ce que c’est comme race ?
-  Un frison.
Devant l’air interrogateur de son amant, elle précisa :
-  Une race originaire de Hollande. Avec comme caractéristiques d’avoir toujours une robe noire avec une belle crinière et d’être poilus avec des pattes d’eph aux jambes. Il vient de Hollande, mais je l’ai acheté chez un gars de la côte Est qui l’avait importé directement du plat pays quand il était poulain.
-  Il a quel âge ?
-  14 ans.
-   Il est superbe…
-   Il faudra que tu le voit en lumière et en mouvement…Tu sais, tu es le premier de mon entourage à qui je montre Shadows.
« Même pas Hank. ? » se demanda Grissom, mais il ne dit rien, se contentant de serrer Sara contre lui et de l’embrasser tendrement sur la tempe. C’est elle qui rompit le silence :
-  Chef, il est peut être temps de rejoindre Greg avant qu’il ne déboule ici à notre recherche.

6
 Quand ils rejoignirent Las Vegas et le LVPD, le soleil dardait déjà ses rayons implacables sur la ville. Ils déposèrent les scellés et filèrent se changer pour aller se reposer un peu. Comme les heures supplémentaires avaient été officieusement interdites, ils ne pourraient pas s’attaquer tout de suite à l’étude des preuves. Avant de partir, Grissom retourna à son bureau et fit appeler Sara.
-  Vu que tu connais l’écurie de manière privée, je préférerais que tu n’y aille pas pour monter tant qu’on n’a pas bouclé l’enquête.
-   Bien sûr. Je ne l’aurais pas fait de toute façon.
-  Tu as quelqu’un qui pourra s’occuper de Shadows en dehors de Klein et Rodrigue ?
-   Oui, j’ai une jeune cavalière qui me prend une demi pension sur Shadows. Elle sera contente, elle pourra monter deux fois plus. Je la contacterais après.
-   C’est bien.
Sara sourit en voyant que Grissom intégrait déjà Shadows dans leur vie :
-   On se retrouve chez toi après ?
-   Non, pour une fois on va chez toi, je suis sûr que tu as quelques photos à me montrer. Grissom regarda par dessus ses lunettes en souriant.
-   Ca marche, à tout à l’heure. Elle lui fit un clin d’œil et lui envoya un baiser avant de quitter le bureau.
Sara était sous la douche quand il pénétra dans l’appartement de la jeune femme. C’était effectivement petit, mais il reflétait la personnalité de Sara, bien rangé, propre, ordonné, des couleurs chaudes, beaucoup de livres et de revues, quelques bibelots. Il chercha du regard, mais pas de cheval à l’horizon. Il entra dans la chambre à coucher, retira sa veste et la jeta sur le lit avant de la rejoindre dans la salle de bain envahit de vapeur d’eau. Elle était enveloppée dans une épaisse serviette de bain et sourit en le voyant. Elle l’avait entendu. De l’eau perlait sur sa peau et ses cheveux étaient remontés et tenus pas une queue de cheval. Il la prit dans ses bras et l’embrassa tendrement, passant ses doigts sur sa nuque, jouant avec les petites mèches humides échappées de l’élastique Ce premier baiser en appela un autre, Sara se décolla un peu de lui pour jouer avec les boutons de sa chemise, et il se trouva rapidement torse nu. Comme leurs baisers devenaient de plus en plus ardents, il tira sur la serviette qui tomba au sol et il plaqua Sara contre lui, sa peau chaude contre la sienne, ses seins écrasés contre son torse. Il la saisit à la taille, la leva, et elle enroula ses jambes autour de lui. Il la porta jusqu’au lit ou il se laissa tomber avec elle en pouffant. Entre eux, c’était toujours d’une grande tendresse mâtinée d’une bonne dose d’érotisme. Il savait instinctivement que si Sara était ardente, elle ne s’ouvrait vraiment et ne s’épanouissait qu’avec de la douceur, et cela n’en devenait que plus beau pour eux deux. Lui même avait besoin non seulement d’une amante passionnée, ce qu’elle était, mais aussi d’une compagne et d’une partenaire qui était là pour le soutenir quand son boulot lui pesait trop. Et un seul sourire de Sara suffisait à lui enlever ce poids sur le cœur qui avait été si longtemps omniprésent.

7
 
L’amour fut doux. Et alors qu’elle se reposait, alanguit, légèrement somnolente, les yeux à moitiés fermés, il parcouru son corps de légers baisers, de sa cheville gauche, là où la petite fleur tatouée s’épanouissait, jusqu'à sa taille et son ventre. C’était devenu son endroit fétiche, sur le corps de Sara. La peau y était si douce, il aimait y poser les lèvres ou y dessiner du bout des doigts des arabesques invisibles, regarder la peau frémir, réagir, se tendre de plaisir sous la caresse. Il y a 5 mois, Sara lui avait demandé quel était son papillon préféré. Un peu surpris, il avait répliqué :
-  Le papillon Grand Monarque.
-   C’est un papillon typiquement nord- américain non ? Celui qui a une livrée noire et orange, avec des points jaunes et blancs aux extrémités des ailes ?
-    Oui, c’est celui là. Bravo Mlle Sidle !
-    J’ai eu un bon professeur…Mais il y a des papillons plus jolis non ?
-   Oui, mais celui là, je l’aime particulièrement, il est très intéressant a étudier. Il fait des migrations très longues, avec des groupes d’individus très importants.

Elle n’en avait plus reparlé et Grissom avait vite oublié cette conversation. Jusqu’à ce qu’elle revienne quelques jours plus tard, un sourire coquin aux lèvres, en lui disant qu’elle avait une surprise pour lui. Elle avait alors levé son tee shirt et écarté la ceinture de son pantalon, dévoilant un pansement qu’elle arracha d’un coup sec. Elle s’était fait tatouer un papillon Grand Monarque sur le côté droit du ventre. Pour Grissom, c’était la plus belle déclaration d’amour qu’elle ai pu lui faire. Depuis, il ne se passait pas un jour sans qu’il embrassa au moins une fois « son » petit papillon. Ils s’endormirent dans les bras l’un de l’autre, comblés et apaisés.

Heureusement, Sara avait eu la présence d’esprit de mettre le réveil avant qu’elle ne prenne sa douche. Ils s’arrachèrent du lit avec regrets et se préparèrent doucement pour aller travailler. Sara posait devant Grissom une tasse fumante de café noir quand il lui demanda :
-  Tu as des photos, pour me faire entrer dans ton histoire avec Shadows ?
- Bien sûr.
Elle se leva et attrapa un album dans sa bibliothèque, puis alla s’asseoir sur les genoux de Grissom. Ensemble, il feuilletèrent les pages de cette partie de la vie de Sara. Shadows en liberté dans un pré, Sara en selle à un concours de dressage, Sara à cru dans la cour d’une écurie…Grissom était frappé de voir que Sara souriait toujours, contrairement aux photos d’elle qu’il avait déjà vu dans d’autres contextes, en famille, au travail…

8

Ils arrivèrent séparément au labo. Comme à leur habitude. Grissom, en tant que superviseur, était toujours là en avance. Sara, n’y tenant plus, arriva elle aussi en avance.

Bien sûr, Ecklie l’aperçut dans le couloir :

-   Sidle ! Que faites vous déjà là ? Vous ne prenez votre service que dans deux heures ! Vous savez que les heures sup à tort et à travers ne sont plus acceptées !

Sara se retourna, se forçant à respirer profondément. Rien que la vue de ce type l’exaspérait au plus haut point, mais c’était encore pire quand il lui parlait, elle se força à sourire d’un air aimable :

-    Je sais, vous nous l’avez assez dit. Je me permet de vous dire que je suis là à titre bénévole et que je n’ai pas pointé en arrivant. Je le ferais à l’heure exacte ou je suis censé prendre mon service. Cela dit, j’ai du pain sur la planche, et même le temps des bénévoles est précieux ! Bonne soirée M. Ecklie.

La tirade de la jeune femme avait surpris Ecklie, qui ne su que lui répondre :

-   Bonsoir Mll Sidle.

Elle était déjà penchée sur les empreintes quand Greg entra dans la pièce en chantonnant :

-    Alors qu’avons nous déjà trouvé ? Il était d’excellente humeur ce soir. En fait, il était toujours d’excellente humeur maintenant qu’il était enquêteur à temps plein, et non plus un simple rat de laboratoire.

-   Nous ? Moi ! Sara sourit.

-   Oh, pardon ! Mille excuses à ma partenaire préférée !

-   J’ai scanné les empreintes que Grissom a relevé et lancé la comparaison avec le fichier. On n’a plus qu’a attendre de ce côté là. J’allais attaquer l’analyse des échantillons de terre que tu as prélevé sur le seuil du box.

-  Où est Grissom ?

-   En conférence téléphonique avec Jones…Il nous a faxé le résultat de ses investigations sur l’histoire de Mystère O, Klein, Rodrigue, l’écurie etc…

-     Bon, je m’y colle tout de suite…Où sont les copies ?

-     Je crois que la secrétaire les a posé dans la salle de réunion à ton intention sur ordre de Grissom.

Greg compulsa la liasse méthodiquement, en prenant des notes de tout ce qui lui semblait intéressant. Il fut rejoint peu de temps après par Grissom.

-  Où en êtes- vous Greg ?

-  Il y a plusieurs suspects potentiels.

-   Klein ?

-   J’en doute…Le cheval était effectivement assuré, mais à l’heure actuelle, vu son contrat, ce qu’il va toucher est inférieur à la valeur réelle de Mystère O. D’autant plus que les saillies marchaient fort. Le cheval avait un carnet de bal plein jusqu’à l’année prochaine !

-   Oui, ce serait tuer la poule aux œufs d’or…Jones en arrivait à la même conclusion. Et du côté des anciens propriétaires ?

-   Eleveurs français de la région de la Normandie.

-   Jones va devoir vérifier si on trouve des traces de voyages aux Etats Unis les concernant ces derniers temps…

-  Visiblement, ils avaient envoyé le cheval par avion cargo il y a deux ans, mais ne l’avaient pas accompagné. C’était un palefrenier du pôle équestre Red diamond qui avait fait le voyage exprès.

Grissom et Greg comparèrent ainsi chaque point des conclusions du jeune homme avec celle de Jones. Ils faisaient une pause café quand Sara entra, une feuille de résultat à la main:

-  Le nom d’un certain Josh Hallman vous dit quelque chose ?

Greg pris son carnet de notes et le compulsa rapidement:

-   Euh attends, le nom ne m’est pas inconnu…Ah ca y est, je l’ai ! C’est le propriétaire d’une jument qui a été saillie par Mystère O. Une ancienne trotteuse de course reconvertit en poulinière.

-    Quand ? Demanda Grissom.

-     Il y a un peu plus d’un an.

-     Vous avez eu ce nom par le fichier des empreintes ?

-     Oui, en effet, il a eu une petite condamnation pour excès de vitesse il y a trois ans…C’était une des empreintes relevées sur la porte du box. Les autres sont celles de Klein et de Rodrigue. La présences de ces deux dernières empreintes peut s’expliquer par le fait que Klein et Rodrigue s’occupaient exclusivement de Mystère O. C’était un cheval assez nerveux qui ne supportait pas grand monde…C’est pour ça que je ne comprend pas pourquoi j’ai l’empreinte de ce type sur le loquet de la porte du box…

-    Sara, une jument a un temps de gestation de combien ? Demanda Greg.

-    11 mois.

Greg leva les yeux vers Grissom.

-     Donc, le poulain doit être né maintenant. Qu’est ce qu’un proprio de jument qui a déjà pouliné vient faire devant le box de l’étalon un an après la saillie?

-     C’est justement ce que je me demande. Greg, contactez Jones afin qu’il demande à Klein si ce Hallman avait une raison particulière de se trouver là…Sara et moi allons rendre visite a notre vétérinaire légiste.

9 
Le Docteur Robbins avait cédé une de ses salles d’examen à son confrère et son encombrant cadavre. Sara fut gré au vétérinaire d’avoir recouvert le corps de Mystère O d’un drap, ou plutôt, les morceaux de corps. Car après un examen général qui avait été effectué dans la cour de la morgue, le vétérinaire légiste avait dû découper le corps pour pouvoir faire passer les morceaux dans la salle d’autopsie. Le Docteur Mansfer avait procédé à l’examen du cheval, et il leur confirma qu’il était bien mort à cause de l’importante perte de sang dû à la jugulaire tranchée. Il penchait pour l’utilisation d’un couteau avec une lame de 15 centimètres environ :

-  Un bon couteau à viande quoi !

-  Et sinon, au niveau du sang ? Demanda Grissom.

-  Les analyses me sont revenues il y a 10 minutes. J’étais justement en train de les étudier quand vous êtes entrés. Mystère O avait une forte concentration de calmant dans les veines.

Il leur tendit la feuille d’analyses.

-   Administré comment ? S’interrogea Sara.

-    Par intramusculaire. Très probablement. J’ai trouvé une trace de piqûre dans l’encolure, du côté gauche…

Grissom reprit :

-     Mais Sara, vous avez dit tout à l’heure que le cheval ne se laissait pas trop  approcher. Qui d’autres que Klein ou Rodrigue aurait alors pu lui faire cette injection qui demande d’être vraiment très proche de l’animal ? A portée de sabot !

Sara ne répondit pas, elle n’en avait aucune idée.

-   Vous pouvez aussi utiliser un fusil…Hasarda le vétérinaire.

-   Un fusil ? Demanda Grissom.

Mais Sara avait compris :

-  Un fusil comme en utilise les parcs animaliers ? Pour endormir les animaux à distance ?

-   Oui, exactement ceux là ! Confirma le vétérinaire.

Il se tourna vers les tables, en expirant profondément :

-   C’était une bête superbe. Attelé à un sulky, ca devait être quelque chose ! J’ai un peu étudié ses papiers d’origines. Il du sang des meilleurs Trotteurs Français dans les veines. Dire qu’il a traversé l’Atlantique pour mourir ici. Tous ce travail de sélection fichu en l’air, ca me rend malade…

-   Pourquoi j’ai le sentiment d’être complètement perdu quand vous ou Sara parlez de chevaux ?

-  Docteur Grissom, parlez moi d’insectes, et je dirais que vous me parlez martien ! Chacun à ses centres d’intérêts ! Moi, c’est les courses de chevaux ! Et ma foi, pour Mlle Sidle, je ne sais pas ! Le vétérinaire souriait en disant cela, Sara, pouffait.

Grissom adorait l’entendre rire. Elle avait un petit rire léger. Elle souriait souvent mais furtivement, elle ne riait pour ainsi dire jamais.

Ils prirent congé et remontèrent par l’ascenseur au niveau des labos, pour rejoindre Greg. Il savait qu’il y avait des cameras dans les ascenseurs du bâtiment, mais pas de micro.

-   Sara ?

-   Mhh ?

Elle leva les yeux des conclusions de l’autopsie qu’elle était en train de parcourir.

-   Je t’aime.

Sara resta un instant coite. Grissom ne lui disait que très rarement cela, et jamais sur leur lieu de travail. Elle sentit son cœur fondre et dû résister de toutes ses forces à l’envie de se jeter à son cou et de l’embrasser. En échange, elle lui offrit un de ces sourire dont elle avait le secret, le regard si doux, la tête légèrement penchée à droite, la commissure gauche un peu plus haute que la droite, la petite moue des lèvres.

-   Moi aussi, je t’aime Gil.

Il eu une flambée de désir qu’il réfréna avec la plus grande peine.


10
 

Greg avait eu des nouvelles de Jones. Bien que le lieutenant avait déjà terminé son service, il acceptait les heures supplémentaires sans discuter, pressé d’en finir avec cette enquête, et avait abattu un lourd travail de recherche. Tous trois s’assirent dans la salle de réunion afin de mettre en commun leurs éléments nouveaux.

-  Alors, Klein se rappelle très bien de M. Hallman. En effet, ce dernier a ouvertement menacé Klein.

Greg était très fier de son petit effet.

-  Pourquoi ?

-  La jument n’a pas mené la grossesse à terme, elle a avorté au cinquième mois avec des conséquences assez grave, puisqu’elle ne pourra plus avoir de poulain. Un nouveau bébé dans le ventre, et sa santé serait en jeu avec un risque de mort non seulement du fœtus mais aussi de la mère très important.

- Et il a accusé Klein ? Demanda Grissom.

- Oui, d’après Hallman, Klein aurait inséminé sa jument avec une semence de mauvaise qualité. Sous entendu, Mystère O est un mauvais reproducteur.

- La qualité du sperme prélevé n’a rien à voir avec la grossesse en soi, c’est plutôt au niveau de la fertilité que ca joue. Il arrive que des juments ne soient pas pleine après une saillie. C’est encore plus vraie avec l’insémination artificielle. C’est comme la conception assistée pour les humains. On ne tombe pas enceinte à chaque fois. Répondit Sara.

- Et ce serait une raison suffisante pour s’en prendre à Mystère O ?

- Et vous, vous avez appris des choses intéressantes avec le vétérinaire légiste ?

Ils passèrent un quart d’heure à remettre à jour leurs informations aux lumières des nouvelles données qu’ils avaient collectées. Mais il ressortait de ce brainstorming qu’ Hallman restait le principal suspect. De plus, Jones avait découvert que la femme de Josh Hallman travaillait au zoo de Vegas. Peut être pouvait-elle être en mesure d’utiliser, ou du moins d’avoir accès aux fusils à fléchettes tranquillisantes. Une piste à suivre pour Jones.

Entre temps, ils avaient également reçu les résultats de l’analyse du chiffon ensanglanté. C’était bien du sang animal, très probablement celui de Mystère O. Il faudrait attendre pour avoir la confirmation. Mais, plus troublant, il y avait aussi des traces de sang humain. Quand Grisssom eu pris connaissance de ces résultats, il en fit part aux autres.

-  Alors, le tueur aurait égorgé le cheval, et ce serait blessé ? Mêlant son propre sang à celui de Mystère O ? s’enthousiasma Sara.

-  C’est possible, en effet. Reconnu Grissom.

-  Si on peu avoir un peu d’ADN, ce serait formidable ! Poursuivi Greg.

-  L’analyse prendra du temps, ne l’oublions pas. Si on arrive a confondre Hallman sans l’ADN, ce sera un gain de temps non négligeable. Je pense qu’avec tous les éléments que nous avons, Jones pourra le convoquer et lui poser quelques questions. Il verra bien si Hallman est blessé aux avants bras ou à la main. On avisera.

Ils passèrent le reste de leur service à remplir des rapports d’affaires antérieurs. Pas d’autres enquêtes ne requéraient leur présence sur le terrain, ce qui était vraiment exceptionnel et presque reposant. Catherine et Warrick eurent juste un cas de suicide à valider. L’affaire de la veille s’était soldé rapidement, un cas d’alcool au volant. Pas de problème mécanique. Seulement un pauvre type qui avait trop bu et renversé un jeune garçon en scooter sans préméditation autre que la bêtise humaine.

Sara était heureuse de la tournure que prenait l’enquête. Ils tenaient un suspect plus que plausible. Grissom la sentait détendue dans la voiture. Il était allé la prendre à son appartement où elle s’était un peu rafraîchit avant d’aller ensemble manger un morceau. Même lorsqu’ils dînaient à l’extérieur, ils prenaient garde à ne pas se trahir. Ils se tutoyaient, mais ne se touchaient pas. La tentation était pourtant grande. Mais il savait qu’ils allaient se rattraper tout à l’heure, chez lui. Il envisageait très sérieusement de l’aider à prendre sa douche cette fois ci. Il adorait lui shampouiner les cheveux, lui passer de l’huile parfumée... Il avait en effet une douche assez grande, qui permettait quelques fantaisies…


11
 

Sara espérait sincèrement qu’ils pourraient boucler l’enquête sur Mystère O aujourd’hui. Grissom avait appelé Jones qui lui avait confirmé la convocation d’Hallman au poste. L’interrogatoire avait dû avoir lieu a 15h. A 15h15, Sara trépignait déjà d’avoir des nouvelles. Grissom souriait de l’enthousiasme de la jeune femme. Elle faisait toujours preuve d’une hargne quasi égale à la sienne quand il s’agissait de mettre un meurtrier ou un criminel sous les verrous. Ils savaient qu’ils allaient devoir attendre jusqu’à leur prise de service avant d’avoir des nouvelles. Pour patienter, Grissom emmena Sara chiner dans une nouvelle boutique végétarienne – bio qui avait ouvert récemment…Il avait trouvé l’adresse sur internet.

Mais bien sûr, tout deux arrivèrent en avance au LVPD, séparément, comme toujours. Ils se retrouvèrent dans les vestiaires, seuls.

Sara posa ses affaires dans son casier tandis que Grissom s’approchait. Il passa ses doigts le long de sa nuque. Elle se retourna et lui tendit ses lèvres. Leur dernier baiser avant la fin du service…Il se détacha d’elle en soupirant :

- Tu veux un café ?

-  Plutôt un thé…

Quand ils passèrent devant l’accueil, la secrétaire appela Grissom en lui tendant une enveloppe kraft :

-   Ca a été déposé tout à l’heure, j’allais le mettre sur votre bureau mais comme vous êtes déjà là…

Sara se rapprocha tandis que Grissom décachetait l’enveloppe qui contenait en fait une copie de l’enregistrement de l’interrogatoire d’Hallman.

-   Ils sont moderne, dans le commissariat de Jones…Constata Sara, légèrement sardonique.

Greg n’était pas encore arrivé, mais tant pis, lui et Sara allait visionner la cassette sans leur collègue. Oubliant café et thé, ils se dirigèrent vers la salle vidéo.

Hallman était petit et bedonnant. Presque la cinquantaine, il en paraissait soixante, cheveux gris, double menton, paupières tombantes, joues flasques, de la sueur coulait sur ses tempes...

Grissom mit l’enregistrement sur pause et se tourna vers Sara, les sourcils levés :

-   Sara, dis moi que je n’ai pas l’air aussi vieux !

Elle sourit en secouant la tête. Leur différence d’âge avait longtemps été une barrière entre eux, pour Grissom en tous cas, Sara, elle, s’en était toujours moqué.

-   Non, je te rassure ! Tu es très loin de cet individu.

-   Mouais…

Sara posa sa main sur la cuisse de Grissom :

-    Arrête de te torturer avec ça ! Et mets toi dans le crâne une fois pour toute que pour moi, tu es l’homme le plus diablement sexy que je n’est jamais rencontré ! Tu as un corps que beaucoup de jeune homme peuvent t’envier, un regard à tomber et des cheveux poivre et sel des plus excitants !

-     Ah bon ? Je suis sexy ? Grissom souriait, taquin. Plus que Nick ou Greg ?

Sara tapota légèrement la cuisse de Grissom :

-     Oui, largement plus, mais tu m’appartient, alors abstient toi d’user de ton pouvoir de séduction sur d’autres femmes s’il te plaît !

Il planta ses yeux dans ceux de Sara, posa sa main sur celle de la jeune femme, la serra et dit dans un souffle :

-      Pas de risque alors que je peux serrer dans mes bras une des plus charmantes femmes de ma connaissance, intelligente, terriblement…

Il ne pu pas finir sa phrase, du bruit de l’autre côté de la porte annonçait une arrivée imminente. Ils se lâchèrent les mains et se composèrent un air détaché et très professionnel juste à temps. En effet, Greg déboula dans le labo vidéo comme une tornade, souriant comme un gamin :

-  Hé ! Vous alliez commencer la fête sans moi ? C’est Charlène qui m’a dit où vous étiez !

-   Charlène ? Demanda Grissom

-   La secrétaire !

-   Une nouvelle conquête ? Demanda Sara en souriant.

Greg se contenta de hausser les épaules en soupirant exagérément alors qu’il approchait un siège de la console de commande.


12
 

Hallman se révéla être un homme faible. Jones n’avait même pas eu besoin de jouer le méchant flic. A la mention de la découverte de son empreinte sur le loquet, il fondit en larme comme un enfant. Sanglotant et hoquetant, il raconta tout à un Jones passablement ennuyé d’être dans la même pièce qu’un tel geignard. Oui, il était bien allé à l’écurie, oui, il avait été dans le box de Mystère O, et oui, il l’avai


butterfly  (26.06.2007 à 11:06)
12 

Hallman se révéla être un homme faible. Jones n’avait même pas eu besoin de jouer le méchant flic. A la mention de la découverte de son empreinte sur le loquet, il fondit en larme comme un enfant. Sanglotant et hoquetant, il raconta tout à un Jones passablement ennuyé d’être dans la même pièce qu’un tel geignard. Oui, il était bien allé à l’écurie, oui, il avait été dans le box de Mystère O, et oui, il l’avait tué. Egorgé avec un couteau qu’il avait pris dans sa cuisine.

-  Pourquoi ? Demanda Jones.

-  A cause d’Etoile d’argent…

-  Etoile d’argent ?

- Ma jument, mon bébé…

-  Ah, la jument qui a avorté…

-  C’est à cause de ce fichu étalon ! Je n’aurais jamais dû la faire saillir par ce cheval même pas américain !

Il hoquetait, cherchant de l’air entre deux sanglots.

- Vous avez une curieuse logique, M. Hallman, repris Jones, votre jument ne mène pas une grossesse à terme, et c’est la faute à Mystère O ?

-  Oui…Non…Je sais pas… Elle ne pourra plus avoir de poulains, je devais la venger.

-  C’est votre espoir de pouvoir élever puis vendre un crack qui a disparu avec cette fausse couche. Adieu votre nom sur les hippodromes ! Mais sans vous vexer, avec une seule poulinère, vous n’alliez de toute façon pas loin !

- C’est mon bébé, il l’a rendu malade…

Nouvelle crise de sanglots.

-  Comment avez vous drogué Mystère O ?

-  Ma femme a volé un fusil anesthésiant.

- Elle travaille au Zoo, c’est ça ?

-   Oui, elle est soigneuse.

-   Il est où, ce fusil, à l’heure actuelle ?

-   Chez moi…

-  Elle savait pourquoi il vous fallait ce fusil ?

-    Oui…

Hallman sanglota encore plus, Jones se leva et quitta la pièce.

Fin de l’enregistrement.

 

C’est Greg qui rompit le silence.

-  Il a l’air complètement dans un autre monde, ce type…

-  Jones a laissé une note avec la cassette. Il va lui faire voir un psy très rapidement. L’informa Grissom. Il voudrait avoir un point de vue médical sur son état mental.

-  On part perquisitionner à son domicile ? Demanda Sara.

Grissom se levait pour se rendre dans son bureau.

-   Je pense que Jones doit avoir demandé un mandat. Je lui téléphone de suite.

-   Dis Sara, lança Greg, méfie toi de ne pas finir comme ça avec ton cheval !

-  Ha ha ha… très drôle Greg. Elle lui envoya un coup de poing dans l’épaule.

-  Ouch ! Tu ne connais que la violence toi !

-  Pour mater les machos dans ton genre, oui.

Grissom secoua la tête en souriant :

-   Bon les enfants, c’est fini oui ? Au boulot !

 

Les Hallman habitaient un petit pavillon en ville. Sortant de leur véhicule, les CSI se regardèrent, tous cherchaient inconsciemment une écurie. Mme Hallman était encore là, les menottes aux poignets. Avant d’entrer, Jones leur appris qu’ils possédaient deux chevaux, Etoile d’argent et un poney, qui étaient en pension dans un club de Spring Valley.

La perquisition fut facile. Greg trouva le fusil anesthésiant sous un carton dans le garage, le prit en photo et le plaça sous scellé. Pendant ce temps, à l’intérieur, Grissom et Sara examinaient les couteaux de cuisine :

-  On les emballe tous ? Demanda Sara.

-  Oui, on fera les tests comparatifs au labo. Lui répondit Grissom alors qu’il rangeait l’appareil photo dans sa mallette.

-   Bien qu’avec les aveux d’Hallman, le tour est joué ! Conclut Jones derrière eux.

-   Oui, mais des preuves, on n’en a jamais assez devant un jury !

-   Où est Hallman a l’heure actuelle ? Sara avait terminé d’emballer les couteaux à viande.

-   En détention. Et on y emmène sa femme. Visiblement, elle savait que son mari voulait tuer Mystère O, puisqu’elle aussi a avoué avoir elle- même ramené le fusil anesthésiant. Drôle d’histoire quand même…Tous ça pour un cheval !

Jones leur tourna le dos et sortit de la cuisine.

Sara et Grissom se regardèrent, secouèrent la tête. Non, ce n’était pas à cause du cheval, c’était à cause de la folie des Hommes, c’était à chaque fois la même histoire…


13 

Grissom se tenait devant la porte du box de Shadows. Il observait Sara en train de seller son cheval. Ses gestes, à la fois rapides, précis et doux. Elle murmurait souvent des onomatopées, comme à un bébé. Elle serra la sangle, vérifia la muserolle et la sous- gorge. Grissom se mis sur le côté alors qu’elle saisissait les rênes. Il les suivit jusqu’au manège. L’écurie était déserte à cette heure de la soirée.

Une fois hors du box, Shadows lui paraissait encore plus grand et plus imposant. Il devait bien faire plus d’1 mètre 65 au garrot. Devant la porte du manège, Sara se retourna :

-  Gil ? Est-ce que tu pourrais allumer la lumière dans le manège ? L’interrupteur est juste à gauche de l’entrée.

-   Bien sûr.

La lumière jaillit, crue, presque blafarde.

Sara se mit souplement en selle et partit au pas sur la piste. Grissom avisa un plot d’obstacle au centre du manège et s’y assit, suivant le couple du regard. Il observait Shadows, son élégance, la façon qu’avait Sara de faire corps avec lui. Et il l’observait, elle. Concentrée, comme si le reste du monde n’existait pas, cette attitude studieuse qu’il connaissait si bien pour la voir tout les jours au travail, mais là, elle souriait. Oui, elle souriait, comme lorsqu’ils étaient seuls et qu’elle lui souriait, à lui. Il la trouva belle comme jamais, le contraste entre Shadows, si grand, si puissant et sa silhouette à elle, si fine, si élancée. Sara était si mince, quand il la tenait dans ses bras alors qu’elle dormait, il avait parfois peur de la briser, comme on briserait une fragile poupée de porcelaine. Aux autres, elle donnait le change d’une personne forte, qui encaissait presque tout sans se plaindre. Comme lui.

Sur ce cheval, elle se montrait à lui sans sa carapace, une jeune femme fragile, ballotté par la vie, mais qui avait su garder le cap et faisait montre en fait d’une force morale hors du commun.

Ils s’étaient enfin trouvé, tous les deux, leurs secrets, leurs blessures, leurs solitudes. A deux, ils étaient plus fort pour affronter tous cela. Grissom s’en voudrait toujours du temps qu’ils avaient perdu, non, que lui avait perdu, en repoussant Sara si souvent avant de se rendre compte que sans elle, sa vie ne serait pas aussi belle. Elle disait toujours que ce n’était pas grave, que l’important c’est qu’ils soient ensemble maintenant. Mais ils auraient pu être heureux depuis plus longtemps encore. Ce constat l’encourageait à pleinement profiter de ces moments avec elle.

Perdu dans ses pensées, il les regarda évoluer autour de lui, au trot et au galop, dans une gracieuse chorégraphie. Elle repassa au pas, et enchaîna sur quelques mouvements de dressage. Grissom était étonné de la souplesse de Shadows, 700 kilos de muscles qui se pliaient à la plus infime demande de Sara. Elle rendit les rênes et flatta l’encolure. Après quelques tours au pas, elle fit tourner Shadows vers Grissom qui se leva.

-  Je vais le rentrer, il a bien travaillé.

-  Tu es magnifique en selle.

-   Merci.

-   Non, c’est vrai, tu as l’air apaisé quand tu es avec Shadows.

-  On laisse les problèmes à l’entrée de l’écurie, sinon…Rien de bon ne se développe avec le cheval si le cœur et l’esprit n’y sont pas pleinement investit. C’est ma thérapie perso !

Elle se pencha et balança la jambe droite par dessus la croupe. Elle posa pied à terre et passa les rênes par dessus la tête du cheval.

-   Intégrer Shadows dans notre vie commune ne sera pas facile…Commença Sara.

-   Pourquoi ? Il fait partie de ta vie, il fait partie de la mienne, point. Il n’y a là rien de très compliqué.

Sara passa un bras autour de son cou en l’embrassant :

-  Merci. Souffla -t- elle.

Il la serra contre lui, tout en déposant de légers baisers sur ses lèvres.

-  Tu veux monter ?

Grissom se recula un peu, considéra Sara, puis Shadows, qui le regardait d’un air tranquille :

-  Euh….Non ! Trop grand pour moi ! Je préfère en rester aux insectes si tu n’y vois pas d’objections.

-  Tu montes dans des montagnes russes autrement plus terrifiantes que Shadows !

Elle souriait.

-   Oui, mais les montagnes russes, c’est de la mécanique obéissant aux lois immuables de la physique! Shadows, lui, réfléchit par lui même et il est intelligent ! Trop instable à mon goût.

-  Comme tu veux…Une autre fois alors.

Elle lui fit un clin d’œil, puis, tout en tenant Shadows d’une main, elle se blottit dans les bras de Grissom.

Tous deux se sourirent tendrement, ils n’avaient pas besoin de mots pour traduire ce qu’ils ressentaient l’un pour l’autre. Leurs yeux parlaient mieux que des discours. Ce soir, leurs vies étaient juste un peu plus belle.

 *****

« Un pas de deux dans la crypte de bois clair où dorment du sommeil des justes les chevaux que l’on a tant aimés, tant montés, à qui l’on a tant pris et que l’on ne remercie jamais assez. » Jérôme Garcin

*****

Fin

butterfly  (26.06.2007 à 11:30)

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