13
- C’est elle. Dit Grissom. Ni Brass ni Sara n’ont mentionné la morphine ni la perfusion. C’est elle notre ange de la mort.
- Un ange noir sous une blouse blanche…En effet, on la tient. Et ses empreintes étaient bien sur la perf…
Mosly s’était effondrée sur la table, le corps agité de violents sanglots. Brass se leva, imité par Sara. Tout deux sortirent, laissant au policier de faction devant la salle le soin de conduire Mlle Mosly en détention provisoire.Sara s’adossa au mur du couloir en soupirant, alors que Grissom et Nick les rejoignaient.
- Je ne pensais pas qu’elle avouerait aussi rapidement…Commença Brass.
- Elle tentera peut être de plaider la folie. Lança Nick.
- Oui, mais il y a eu préméditation et répétition, cela ne jouera pas en sa faveur. Et les jurys ne sont pas clément avec ceux que vous appelez les anges de la mort. Dites moi Sara…
- Oui, Jim ?
- Vous avez été super sur cet interrogatoire, si jamais cela vous tente de bosser à la crim…
- Non merci Jim ! Ne débauchez pas mes CSI ! J’ai encore besoin de Sara ! Grissom souriait, mais son regard était dur.
- C’est gentil Jim, mais je suis bien au labo ! Je n’ai pas trop l’âme d’une inspectrice, je ne suis pas comme Sofia !
- Bon, si jamais vous changez d’avis ! Brass lui fit un clin d’œil. Je file taper le compte rendu de l’interrogatoire, vous passerez le contresigner s’il vous plaît ?
- Bien sûr.Brass s’éloignait déjà quand Nick félicita lui aussi Sara :
- Non, sans rire, tu as très bien mené ton interrogatoire, cela a été une belle leçon de psychologie !
- Merci.
- J’offre la tournée de café pour fêter ça !
- Partez devant préparer le jus de chaussette que vous osez appeler du café, on arrive.
- Oui patron !
- Moi, je passe aux vestiaires, j’ai besoin de me rafraîchir un peu…
Grissom emboîta le pas à Sara. Une fois dans les vestiaires, il s’assura qu’ils étaient seuls tandis que Sara se passait de l’eau sur le visage. Alors qu’elle se redressait, il passa ses bras autour de la taille de la jeune femme et l’embrassa dans la nuque, enfouissant son nez dans les cheveux de Sara.
- Tu as été très bien avec Mosly…
- Merci… Cette femme n’est que souffrance refoulée…Peut être qu’une simple thérapie aurait pu lui éviter de plonger dans l’horreur…
- On ne saura jamais… Tout ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’aujourd’hui, Mosly est une meurtrière. J’ai eu peur pour toi quand elle s’est jeté en travers de la table…
Sara se retourna dans les bras de Grissom, lui faisant maintenant face, elle gardait les yeux baissés.
- Son geste m’a surprise mais Brass s’y attendait visiblement. J’ai encore des choses à apprendre sur les interrogatoires !Tu imagines, son fiancée l’a quitté parce qu’il lui manquait un sein…C’est lamentable et lâche…
- Oui, je te l’accorde. Mais cela ne justifie pas ses actes.
- Non, bien sûr, j’essayais juste de m’imaginer ce que cette femme a pu traverser. D’être refoulé par l’homme qu’on aime parce que son corps n’est plus tout à fait le même…
Elle leva les yeux sur Grissom, visiblement inquiète. Ce dernier comprit quelle question elle n’osait formuler.
- Sara, tu sais que je ne suis pas un salaud. Je t’aime comme jamais je n’ai aimé quelqu’un. Et j’aime ton physique, c’est indéniable, parce que tu es une très belle femme. Tu as un corps de rêve, un sourire adorable et des yeux qui m’hypnotise. Mais j’aime aussi ton esprit, ta personnalité, ton intelligence, ta vivacité. Tu es un tout, Sara. Et je suis tombé amoureux d’un tout, pas d’un élément du tout en particulier.
Des larmes montèrent aux yeux de Sara tandis qu’elle s’efforçait de sourire.
- Merci Gil…C’est tout ce que je voulais entendre…
Il l’a prit dans ses bras et posa ses lèvres contre la tempe de Sara :
- Promet moi une chose…
- Oui ?
- Ne quitte pas le CSI pour aller bosser à la Crim !
Sara pouffa et murmura avant d’embrasser Grissom :
- Je n’aime pas, mais alors pas du tout, l’idée de devoir porter un uniforme de flic…
Ils restèrent ainsi enlacés, le temps n’avait plus de prise sur eux, plus rien n’existait en dehors de leur baiser…
14
Sara toqua contre le chambranle, la porte du bureau de Jim étant ouverte :
- Alors Jim, où est votre compte rendu d’interrogatoire ?
Le capitaine leva les yeux en souriant :
- Ah ! Sara !Il la regarda s’asseoir de l’autre côté de son bureau.
- Vous vouliez mon autographe non ?
- En effet…Il lui tendit une liasse de feuilles qu’elle parcouru rapidement avant d’apposer sa paraphe à certains endroits.
- Vous savez Sara, je me répète, mais vous avez vraiment été très bien…Perspicace et réactive. J’ai beaucoup apprécié.
- C’est gentil, merci Jim.
- Sara ?
- Oui ?
- Je voulais vous demander depuis un moment…
- Quoi Jim ?
- C’est un peu gênant parce que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais je vous aime bien…Alors…
- Allez-y franchement Jim, ne tournez pas autour du pot.
- Ca va mieux, votre problème de boisson ?
Sara ne répondit pas tout de suite. Jim avait été le seul à voir qu’elle buvait de plus en plus, et à lui en parler ouvertement pour essayer de la stopper avant qu’elle ne plonge vraiment dans l’alcoolisme. Grissom n’avait rien vu, pas plus que ses autres collègues. Il faut dire que Sara avait été une buveuse prudente. Elle ne se laissait aller qu’après les heures de boulot… Gil n’avait pris connaissance du problème qu’au moment de son éthylotest positif, et encore, parce que le policier qui l’avait arrêté avait directement joint le superviseur de l’équipe de nuit du LVPD quand il avait compris qu’il avait a faire à une CSI de son équipe.
- Oui, merci de vous en inquiéter Jim…J’ai compris que regarder un fond de bouteille au travers du goulot n’aidait en rien.
- C’est bien, je suis content pour vous. Vous savez, je vous apprécie et cela m’embêtait de voir que vous n’alliez pas bien.
- Merci, c’est très gentil à vous.
- Vous travaillez toujours trop Sara !
- Vous n’êtes pas le premier à me dire ça !Elle se leva en souriant :
- A bientôt Jim…
Le capitaine l’a regarda partir. Si grande et mince. Elle pouvait sembler fragile au premier abord, mais il était bien placé pour savoir qu’il n’en était rien. Lui même avait eu des doutes, au début, quand à sa capacité a tenir le coup à Las Vegas. Elle était forte, très forte. Il ne savait pas dans quelles épreuves difficiles elle avait tiré cette force de caractère, mais il se doutait bien que sa vie n’avait pas toujours dû être rose. Un tel caractère, entier et obstiné, ne s’obtenait pas avec une cuillère en argent dans la bouche. Il ne savait pas pourquoi, mais il aimait particulièrement Sara. Pas en tant qu’homme, mais plutôt en tant que père. Il avait envie de la protéger, de veiller sur elle. Il avait eu peur pour elle quand il avait compris qu’elle se laissait aller à boire plus que de raison… Il se désolait de la savoir encore seule… Il lui fallait un homme, quelqu’un pour la rendre heureuse…Mais qui ? Qui pourrait comprendre et accepter Sara Sidle, sa personnalité, son travail, sa vie ?
15
Grissom et Sara étaient dans l’avion, direction Missoula, à la frontière entre le Montana et l’Idaho. Pour une semaine de détente et de repos. Ils en avaient bien besoin. Ils avaient aussi besoin de se retrouver seuls.Sara avait du mal à y croire. Une semaine seule avec Grissom dans un chalet en bordure de forêt. Pas de meurtre, pas d’accident, pas de labo, pas de collègues…Rien, rien que Grissom et elle. Ils passeront sept jours ensemble, et sept nuit, sans coup de téléphone intempestif pour venir les déranger…Il lui tenait tendrement la main, jouant avec ses doigts, caressant son bras.Ils discutaient de tout et de rien, oublieux du reste, des hôtesses de l’air et des autres passagers, laissant Las Vegas derrière eux, l’espace d’une semaine. Aux yeux du monde, ils n’allaient plus être de simples collègues de boulot, mais un vrai couple. Ils pourront s’afficher en public sans craindre d’être vu. Se tenir par la main dans la rue, s’embrasser assis sur un banc dans un parc, rire ensemble attablés à une terrasse de restaurant…Faire tout ce que font tous les couples normaux.Bien sûr, ils allaient devoir parler de leur relation, de l’évolution qu’ils voulaient donner à leur couple, du futur, tout simplement…Mais, pour une fois, ils n’allaient être qu’un banal couple en vacances dans une petite ville du Montana.Et c’est tout ce qui importait à Sara pour le moment.
FIN