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Vive les Enfants !!!

Série : CSI : Crime Scene Investigation
Création : 27.07.2008 à 14h00
Auteur : mylife84 
Statut : Terminée

« Je hais la personne qui ma suprimmer l'épisode qui était en cours !!! » mylife84 

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Tout le monde connait l'expression "La vérité sort de la bouche des enfants".

      Voilà, 15 ans que Gil Grissom et Sara Sidle ne se sont plus revu,Gil Grissom se demande souvent se qu'est devenu "sa" Sara, souvent il pense qu'elle a du refaire sa vie en 15 ans et si je vous disais que non.En effet, un élément a tout chambolait dans l'univers de Sara Sidle, sa fille qui est le portrait craché de sa mère avec les yeux de son pére et 3 percings un à l'arcade,sous sa bouche et sur sa langue,s'était aussi une enfant surdoué,qui avit vite posait la question que redoute toute mére célibataire "Qui est mon pére?".Sara ne lui avait pas caché l'identité de son pére, ni le fait que se soit elle qui est quittée Vegas.

       Mais,voilà, quelques jours ses révélations le pire que Sara puisse imaginait arriva,Allegra,sa fille avait reçu une lettre disant quelle était acceptée à L'université de Vegas pour y faire ses études de CSI.Seulement, à 15 ans et 3 ans d'avance sa mére était obligée de venir.

        Deux mois plus tard,elles étaient installées à Las Vegas,ville du jeux et du vice où tout est permis.Sara ayant chassé ses vieux démons fut heureuse à la simple vue de Vegas, de plus, elle allait diriger le LVPD.Allegra n'était presque jamais chez elle, à vrai dire elle visitée Vegas.A la rentrée,Allegra se fit des amis eux aussi surdoués,Mario qui venait de Waghinton D.C,Sandy de Californie et Jeff du Texas.

        Les jours,les semaines,les mois passérent seulement la vie n'est pas un long fleuve tranquille encore moins à Vegas.Or,un jour Mario ne vint pas en cours,rien de surprenant,seulement voilà s'était un Jeudi,jour de sport et de sciences,jour préféré de Mario.

 


mylife84  (16.11.2008 à 16:29)

Inquiètes, Allegra et Sandy frappaient à la porte de la chambre de Mario, espérant réellement que ce dernier leur ouvrirait la porte. Manquer une journée de cours ne lui ressemblait vraiment pas. Soudain, une autre jeune fille arriva, tout aussi énervée que les deux premières. Il s'agissait de Jenny, la petite-amie du capitaine de l'équipe de Football, Frank. Frank et Mario étaient deux bons amis, surtout parce qu'ils étaient les deux meilleurs joueurs de l'équipe, mais également parce qu'ils partageaient la même chambre. Et comme Frank avait aussi manqué toute la journée de cours...

Heureusement, Jenny avait la clé de la chambre de son petit-ami. Elle déverrouilla la porte et l'ouvrit lentenement. Aussitôt, l'horreur s'empara d'elle et elle poussa un cri en découvrant les cadavres de Frank et Mario. Mario avait une corde qui lui entourait le cou et était étendu sur le lit collé au mur, à  droite. Frank était couché sur le sol et une marre de sang entourait son corps. Elle semblait provenir de la large plaie qu'il avait à la tête.

Allegra se saisit de son portable et appela la police, pendant que Sandy se tournait en direction des toilettes, dégoûtée, l'estomac retourné. Jenny était, quant à elle, prise dans une horrible crise de larmes. Et pour cause, elle venait de découvrir le corps de son petit-ami.

"C'est impossible, pensa Allegra, Mario ne peut pas être mort. Ce ne doit pas être lui. C'est quelqu'un qui lui ressemble, mais ce n'est pas lui !"

Cependant, elle savait pertinement que c'était sa chambre. Les chances que ce ne soit pas lui était extrêmement mince. Son coeur se serra lorsqu'elle comprit qu'elle ne verrait plus jamais un de ses meilleur ami. Elle fut prise d'un étourdissement et eut l'impression de sentir le sol se dérober sous ses pieds.

Elle inspira, tentant de garder son calme. Elle échangea un regard avec Jenny, et se rendit compte à ce moment que les larmes fusaient sur son visage.

Allegra venait de perdre un bon ami, un confident, une personne hors de l'ordinaire...

(P.S. C'est moi, Marguerite qui a été désigné pour continuer la fic ! Me voilà donc de retour !!!)


marguerite  (19.02.2009 à 23:14)

Catherine, accompagnée de Nick, poussa la porte pour entrer dans la résidence universitaire. Immédiatement, un policier les prit en charge et leur montra le chemin à prendre. Catherine et Nick montèrent les escaliers, observant les visages ravagés des étudiants autour d'eux. Ils semblaient tous détruits. Évidemment, quand ce genre de tragédie arrivait, tous ceux qui connaissaient les victimes étaient troublés.

Ils aboutirent finalement au troisième étage et virent le gros ruban jaune qui protégeait la scène de crime. Catherine vit les policiers qui commençaient à interroger les étudiants. Certains pleuraient énormément, alors que d'autres essayaient de réconforter ceux qui justement étaient en larmes. Au milieu de tout ce monde, il y avait une jeune fille, beaucoup plus petite et jeune que les autres. Elle ne pleurait pas, mais ses yeux bouffis laissaient présager qu'elle avait beaucoup pleurer plus tôt. Elle fixait la porte et tremblait légèrement. Personne ne lui accordait d'attention, à croire qu'elle était invisible. Catherine se demanda ce qu'une fille aussi jeune, à peine sortie de l'adolescence, faisait dans cette résidence universitaire. Se sentant probablement fixer, l'adolescente releva la tête vers elle et lui lança un regard dur.

"Photographie tous les étudiants" lança Catherine à Nick. "Un meurtrier revient souvent voir le résultat de son oeuvre..."

Nick acquiesça et sortit son appareil-photo. Catherine, elle, entra dans la chambre et vit Brass dans un coin qui prenait des notes dans son petit calepin.

"Il s'agit de Mario Rey et Frank Johnson, les deux colocataires de la chambre. Ils ont été trouvés par la petite-amie de Frank et les deux meilleures amies de Mario. Les deux ne s'étaient pas présentés au cours aujourd'hui. Ça a inquiété quelques personnes. Celles que je vous ai nommé les ont trouvés dans cette position. Elles n'ont pas touchées à la scène de crime. La petite-amie de Frank avait la clé et c'est ainsi qu'elles ont ouvert la porte. Les deux gars faisaient partie de l'équipe de Football de l'université et Frank en était même le capitaine. À ce qu'on m'a dit, Mario était également un très bon joueur. Très populaires, les deux gars avaient très peu d'ennemis et étaient très aimés. Je vais aller interroger les amies de Mario, je reviens ensuite."

Catherine acquiesça et Brass s'éloigna. Elle se tourna vers David. "Heure de la mort ?" demanda-t-elle.

"La rigidité cadavérique est bien installée. Ils n'ont pas été bougés. Ils sont morts ici et d'après la température du foi, aux alentours de onze heures hier soir."

Il retourna le cadavre de Mario. "Celui-ci est sans doute mort étranglé, car il a une corde autour du cou. Il y a également des marques de strangulation. Hémoragie pétéchiales." ajouta-t-il en ouvrant les yeux et en regardant à l'aide de sa lampe de poche.

"Quant à ce gars, il a reçu plusieurs violents coups à la tête." dit-il en pointant le corps de Frank.  

"Merci David." Catherine commença à examiner la chambre. Elle ne trouva pas grand chose. Le meurtrier avait du faire le ménage et ramasser l'arme qui avait servi à tuer Frank. Elle trouva cependant des cheveux près du corps de Frank et d'autres sur le bureau, près de Mario. Nick revint et prit les photographies des corps. Il photographia ensuite divers éléments.

Catherine examina les cheveux trouvés sur le bureau. "Étrange, pensa-t-elle, ceux près du corps de Frank sont noirs et ceux sur le bureau sont bruns." Ils ne devaient pas appartenir à la même personne. Peut-être que les deux gars n'ont pas été tués par les mêmes personnes et pour les même raisons ?

Catherine se tourna vers Brass qui revenait. "Personne n'a rien entendu. Il faut croire que les murs de ce bâtiment sont bien isolés." dit-il. Catherine eut un sourire. "Et personne ne leur a semblé suspect. Personne qui n'a pas affaire dans la résidence ne peut entrer. Et les caméras ont été mises hors fonction dans ce corridor une heure avant les meurtres." Il ajouta devant le regard de Catherine: "Ils filment jusqu'à dix heures et ensuite, les caméras s'éteignent."

"Bon, dans ce cas, on remballe et on rentre au labo !" s'exclama Catherine.

Quand elle sortit de la chambre, tous les étudiants étaient partis. Il restait seulement la jeune fille que Catherine avait aperçu plus tôt. Elle se mordait la lèvre et fixait toujours la porte. Catherine lança un regard interrogateur à Brass. Il se pencha et dit à son oreille :" Allegra Sidle, elle a 15 ans et elle est surdouée. Elle étudie pour devenir CSI ici. Mario est son meilleur ami et elle est de celle qui l'a découvert. Sandy, l'autre amie de Mario, m'a révélé qu'elle était secrètement amoureuse de lui. Elle n'a pas voulu répondre à mes questions. Il paraît qu'elle n'a pas parlé depuis la découverte des corps..."

Jetant un dernier regard à Allegra, Catherine sortit du bâtiment. Le visage d'Allegra resta imprimé dans sa mémoire. Il lui rappelait quelque chose, mais elle ne pourrait dire quoi...


marguerite  (21.02.2009 à 13:38)

Sara était au restaurant en compagnie de ses collègues. Son supérieur allait bientôt annoncer qui aurait la promotion. Celui ou celle qui allait être choisi allait diriger le laboratoire de la police scientifique de Las Vegas. Évidemment, pour y avoir travaillé, Sara était en bonne position pour avoir cette promotion. Elle la voulait, mais en même temps, elle avait peur. Après tout, si elle avait cette promotion, elle allait être le supérieur de tous ses anciens amis et même de son ancien amant, le père de sa fille, Allegra. Elle n'avait pas eu de contacts avec eux depuis... au moins quinze ans !

La dernière fois qu'elle avait donnée de ces nouvelles, elle ignorait qu'elle était enceinte et elle avait seulement dit à Gil qu'elle partait à San Francisco, pour renouer avec sa mère.

"J'ai l'honneur d'annoncer que notre très estimée Sara Sidle deviendra la prochaine directrice du laboratoire de la police scientifique."

Autour d'elle, tous applaudirent et Sara se leva en souriant. Puis, elle se rassit. En avant, son supérieur allait faire un petit discour.

"Ça ne fait que quelques mois que Sara travaille pour moi. Immédiatement, j'ai remarqué son grand talent et sa vive curiosité. Elle a travaillé avec Gil Grissom, un des plus grand entomologiste aux États-Unis. Elle a étudié à Harvard, où elle a brillamment réussi. Sara est autant une femme accomplie qu'épanouie. Elle aura désormais l'occasion de diriger son ancien patron. (Rire de la plupart des gens présents.) On te souhaite tous bonne chance, Sara !" lança son supérieur, Ben Warrent, tout sourire. Il leva son verre, comme tous les gens présents le firent. Ils lui portèrent un toast.

Les collègues de Sara virent la féliciter, puis ils se dispersèrent. Certains rentrèrent chez eux, d'autres restèrent pour discuter un peu. Ben s'approcha de la jeune femme. "Félicitations !" s'exclama-t-il.

"J'aurais du m'en douter..."

Malgré le peu de temps qu'elle avait travaillé avec Ben, ils étaient tout de même devenus de bon amis. Un soir où il avait invité Sara à dîner, elle lui avait raconté son passé. Elle avait parlé de son enfance difficile, de son enlèvement. Elle n'avait pas mentionné sa relation avec Griss. Ben et tout le monde au FBI savait qu'elle avait une fille, mais personne n'avait pas posé de questions sur l'identité du père.

Maintenant, Sara allait partir et revoir le père de sa fille. Elle allait même être son patron. Comique comme situation ?

Sara passait un bon moment, quand son portable sonna. Elle vit que c'était sa fille qui appelait et se dépêcha de répondre en s'éloignant de son ancien supérieur. "Tu commences dans deux jours !" lui lança Ben avant qu'elle fut trop loin.

"Allegra ?" demanda Sara en répondant.

Elle entendit seulement des pleurs. "Allegra, ma chérie ?!?" s'inquiéta Sara.

Toujours aucune réponse. "Où es-tu?"

"Maison" dit l'adolescente.

La communication était mauvaise et la ligne coupa. Sara regarda son portable pendant quelques instants, légèrement paniquée. Elle fit signe à Ben qu'elle partait de loin et il lui répondit.

Sara n'attendit pas plus longtemps et embarqua dans sa Mercedes. Elle démarra et s'empressa de prendre la direction de la maison. En arrivant, elle vit que les lumières étaient allumées. Elle entra dans la maison, cherchant sa fille. Elle la trouva repliée sur elle-même dans sa chambre. "Allegra..." murmura Sara, soulagée.

Elle s'installa aux côtés de sa fille et passa un bras par-dessus son épaule pour la rapprocher d'elle.

"Allegra, qu'est-ce qui s'est passé ?" s'enquit Sara, toujours très inquiète du mutisme de sa fille.

Contrairement à ce que pensait la mère, la fille signa. "Mario... Il est mort."

Sara fronça les sourcils. "Explique-moi..."

Immédiatement, sa fille, toujours en utilisant le langage des signes, commença à lui raconter que Mario ne s'était pas présenté aux cours.

Pendant ce temps, les larmes coulaient à flots, autant sur les joues de la mère que sur celles de la fille...


marguerite  (21.02.2009 à 17:03)

"J'ai analysé les cheveux que vous m'avez donné" dit Wendy à Catherine. "Deux donneurs. Sur les cheveux noirs, masculin. Sur les cheveux bruns, féminin. Aucun allèle commun et ils n'appartiennent pas aux victimes."

Elle donna la feuille à Catherine. "Cependant, je les ai comparés à nos bases de données. Ça n'a rien donné."

"Merci Wendy"

Catherine s'éloigna, les feuilles dans les mains. Nick et elle allaient devoir faire des prélèvements ADN à tout le monde. Elle l'appela pour lui dire de la rejoindre à la résidence universitaire.

Ce fut long, mais ils collectèrent l'ADN de tous les résidants de l'étage où vivait Mario et Frank.

Catherine ne put revoir la jeune fille si troublée qu'elle avait vu plutôt. Elle demanda à Brass de lui demander d'aller au poste pour être interroger.

Cependant, la jeune fille ne vint pas seule; sa mère l'accompagnait...


marguerite  (21.02.2009 à 17:23)

Catherine commençait à manger. Grissom était assis plus loin et mangeait en silence, lisant un vieux livre sur l'entomologie. Warrick et Nick discutaient sport en regardant un match de foot à la télé. Greg regardait avec attention un avis affiché sur le tableau d'affichage. Après un moment, il se leva, quittant son repas pour l'examiner de plus près. À cet instant, Brass entra.

"Désolé de vous dérange Catherine, mais Allegra Sidle vient d'arriver."

L'experte se leva. "Pas grave Brass. De toute façon, j'avais pas très faim." Elle se frotta les mains l'une contre l'autre. Elle allait sortir de la pièce pour prendre un kit de prélèvement d'ADN et d'empreintes, quand Brass plaça son bras devant elle pour la bloquer. "Qu'y a-t-il ?" demanda Catherine, soudain inquiète. "Il y a un problème ?"

"Il faut que je vous avertisse," commença-t-il. À présent, tous les experts avaient levés la tête et écoutaient avec attention la discussion. "Elle est venue avec sa mère."

Catherine haussa les épaules. "Et alors ?"

"Vous connaissez la mère."

"Qu'est-ce que ça change ?" insista Catherine. Elle était profondément ennuyée par le comportement de Brass.

"Le nom de famille de Allegra est Sidle." Il marqua une pause, se demandant comment apprendre la nouvelle en douceur aux experts. Après tout, Sara avait été leur collègue pendant de nombreuses années avant de partir sans crier gare, peu après son enlèvement.

"Et la mère d'Allegra est..."

Il n'eut pas le temps de finir, car Greg compléta. "Sara."

Brass opina lentement. Greg pointa d'un doigt l'avis qui lisait avec attention. "Cette affiche annonce que Sara Sidle a été nommée à la direction du laboratoire scientifique de Las Vegas."

Warrick se leva. "Sara... Sara Sidle, la fille qui a travaillé avec nous, qui a été enlevé, qui sortait avec Grissom... Sara Sidle ?"

Brass acquiesça encore. "Je l'ai vu. En quinze ans, elle n'a pas changé d'une miette et sa fille..."

Cette fois, à la mention de la fille de Sara, tous se tournèrent vers Grissom. Ce dernier fixait ses pieds, la bouche à demi-ouverte. Il arborait l'expression de franche surprise. Soudain, se sentant observer, il releva la tête vers Catherine, Brass, Warrick, Nick et Greg. Troublé, il murmura simplement: "Sara..."

Il inspira profondément, se leva et ramassa à geste brusque ses affaires. Il sortit de la pièce sans que personne ne puisse le retenir et avant que quelqu'un ne puisse parler.

"Vous croyez qu'il est choqué ?" demanda Greg. Les autres, en guise réponde, haussèrent les épaules.

Catherine se tourna vers Nick. "Allons interroger la revenante, alors !"

Merci à tous ceux qui laissent des commentaires ! C'est très apprécié !!


marguerite  (22.02.2009 à 19:18)

Grissom marcha jusqu'à son bureau et ferma la porte d'un geste sec. Elle claqua dans un grand bruit. Il s'installa à son bureau, laissant tous ses dossiers de côté et enfouit légèrement sa tête entre ses mains. Soudain, quelqu'un cogna à la porte.

"Entrez" dit Grissom en relevant la tête.

C'était l'actuel directeur du labo.

"Gil, je suis content de vous voir ! La jeune personne qui me remplacera vient d'arriver. J'ai cru comprendre qu'elle ne venait pas pour ça, mais je crois que ce serait une bonne chose que vous la rencontririez avant qu'elle commence, dans deux jours."

De mauvaise foi, Grissom se leva et suivit le directeur dans les couloirs du bâtiment.

"Elle est avec Brass" précisa-t-il. "Elle s'appelle..."

"Sara Sidle" compléta Grissom.

"En effet !" s'exclama l'homme. "Une femme intelligente et ma foi, très compétente !"

"Je n'en ai aucun doute." fit platement Grissom.

Ils arrivèrent devant le bureau de Brass, où Catherine faisait un prélèvement ADN sur une adolescente. La mère, qui se tenait à côté d'elle, semblait totalement indifférente. Grissom s'arrêta à quelques mètres d'elle. Il sentit son coeur se serre douloureusement en la voyant se tourner lentement vers lui. Elle entrouvrit la bouche, comme si elle voulait parler, mais visiblement, elle non plus n'était pas prête à le voir.

"Gil..." murmura-t-elle faiblement.

"Sara..." fit Grissom.

Catherine les regarda à tour de rôle. Sur sa chaise, Allegra se trémoussa, mal à l'aise. Elle sut aussitôt qu'elle était l'homme dont sa mère parlait souvent. Sa photo était affichée dans plusieurs pièces de la maison. Elle savait que cet homme était son père, c'était évident rien qu'en voyant ses yeux. Leurs yeux bleus...

Le directeur, quant à lui, fronça les sourcils et demanda à haute voix:

"Vous vous connaissez déjà ?" Puis, il sembla prit d'une illumination, il se tapa la tête. "C'est vrai, elle a déjà travaillé dans l'équipe de nuit. Et... Ho mon dieu !" s'exclama-t-il, se rendant compte de son erreur.

Combien de fois avait-il entendu Greg ou un autre technicien parler de la merveilleuse Sara, partie quelques temps après son enlèvement ? Qui ne l'avait pas mis en garde contre Grissom et son caractère sinistre ? Combien de fois lui avait-on précisé qu'il n'en avait pas toujours été ainsi, qu'il avait déjà été souriant, heureux et de bonne humeur grâce à une jeune femme brune ? Et qu'il ne souriait plus depuis qu'elle avait plaqué Las Vegas sans avertissements après quelques évènements tragiques ? Comme il était bête !

De leur côté, Sara remarqua l'air torturé de Grissom. Elle-même se sentait étrange. Revoir l'homme qu'elle aimait toujours, qu'elle n'avait jamais oubliée... Elle savait qu'elle le reverrait bientôt, mais malgré tout, elle n'était pas prête.

Devait-elle courir se réfugier dans ses bras ? L'embrasser ? Lui parler comme si elle ne le connaissait pas ? Après tout, elle avait à peine parler à Catherine. Elle n'avait vu personne d'autre de son ancienne équipe.

Grissom sentait une bataille intérieure faire rage. Sans qu'il puisse choisir ce qu'il allait faire, il fit un pas en avant. Il voulait lui parler, savoir ce qui s'était passé... Retrouver Sara.

Son portable sonna avant qu'il puisse dire quelque chose. Greg lui annonça qu'ils avaient une avancée dans leur enquête.

"Je dois y aller" marmonna-t-il entre ses dents.

Il en voulait intérieurement à Greg d'avoir gâché leurs retrouvailles. En même temps, c'était une bonne chose. Il pourrait réfléchir à ce qu'il allait lui dire avant de la revoir. Il pourrait planifier la façon dont il allait la reconquérir.

Parce qu'il était impossible qu'il n'essaie pas - et qu'il ne réussisse pas.


marguerite  (23.02.2009 à 23:52)

Catherine et Brass entrèrent dans la petite salle d'interrogatoire et allèrent s'asseoir Sara et sa fille. Puis, Brass prit la parole.

« Alors Allegra... comment ça va ? » demanda-t-il à l'intention de l'adolescente.

La jeune femme ne dit et jeta un regard à sa mère. Elle signa rapidement quelque chose. Tellement rapidement que Sara ne put saisir ce que sa fille lui voulait lui dire.

« Allegra, ma puce, je ne veux pas que tu signes. »

Pourtant, Allegra s'adressa encore à sa mère dans le langage des signes, mais plus lentement. Sara comprit ce que sa fille venait de lui dire. Elle jeta un œil à la fenêtre sans tain. Évidemment, elle ne pouvait voir ce qui se déroulait derrière le miroir, mais elle espérait que Gil ne s'y trouvait pas. Sara comprit qu'elle devrait faire la traduction pour Catherine et Brass.

« Elle va bien » répondit-elle à la place de sa fille.

Catherine jeta un bref regard sur Sara avant de reporter son attention sur Allegra. « J'aimerais mieux qu'Allegra réponde à nos questions. » dit-elle d'un ton suffisant.

« Allegra a eu un violent choc en découvrant son meilleur ami mort. Elle préfère utiliser le langage des signes pour communiquer. Je peux traduire. S'il te faut un traducteur officiel, va chercher Gil. » lança Sara sur le même ton que Catherine.

Les deux femmes se toisèrent pendant un instant. « Je peux te parler ? » s'enquit Catherine.

« Bien sûr » fit Sara, se levant.

Catherine fit de même et les deux sortirent de la pièce. Une fois à l'extérieur, Catherine lui demanda : « On va se chercher un café, tu veux ? »

Sara ne dit rien, mais suivit tout de même la rouquine dans les couloirs. Quand elles arrivèrent dans la salle de repos, Catherine adressa un regard sévère aux personnes présentes. Ces dernières se sentirent aussitôt de trop et sortirent sans demander leur reste. Catherine désigna une chaise à Sara et la brunette fit ce qu'elle lui demandait. Pour la forme, Cath sortit deux tasses pour faire des cafés. Dès qu'ils furent prêts, elle s'installa devant Sara et lui donna sa tasse de café fumante.

« Je t'écoute. » murmura Sara en ne quittant pas son café des yeux.

Catherine ne dit rien, fixant Sara, alors que celle-ci gardait obstinément la tête baissée.

« Oui ? » s'enquit-elle en relevant la tête vers Catherine. « Je croyais que tu voulais me parler ? »

« C'est exact. Je cherche à comprendre pourquoi tu agis comme ça avec moi. » la provoqua Cath.

« J'ignore de quoi tu parles Catherine. »

Sara releva enfin la tête et capta le regard presque meurtrier de son interlocutrice.

« Si tu travaillais encore avec nous, tu aurais demander un traducteur pour comprendre ce qu'elle disait. Mais on dirait que maintenant que tu es au centre de l'enquête, tu demandes... non, pardonne-moi, tu exiges un traitement de faveur. Et ce n'est pas parce que tu vas être la prochaine directrice de ce labo que tu le mérites ! » s'exclama Cath.

« Je ne reçois pas de traitement de faveur ! Et puis, tu considères bien ma fille comme suspecte sans preuve ! » rétorqua Sara, désormais en colère.

« Sans preuves ? » s'insurgea Cath. « Sans preuves ? Les cheveux trouvés sur le bureau, c'est pas une preuve ça ? »

Les deux femmes se levèrent debout l'une face à l'autre.

« Et qu'est-ce que ça prouve ? » répliqua Sara.

« Ce que ça prouve ? » répéta Cath. « Peut-être que ta fille a été sur les lieux du crime, Sara !? »

Sara protesta aussitôt. « Ça prouve seulement qu'elle a déjà été dans la chambre de Mario. Ils étaient meilleurs amis et en plus, ils étaient dans les mêmes cours. Elle faisait ses devoirs dans sa chambre. Les cheveux ont pu tombés là pendant qu'ils étudiaient ! Je ne crois pas que ses deux gars là étaient des bourreaux du ménage ! Et à ce que je saches, Allegra n'a pas dit qu'elle n'avait jamais mis les pieds dans la chambre ! » ajouta-t-elle.

Catherine eut un rire ironique. « Bien sûr, elle ne dit rien. Comment pourrait-elle nous l'avoir dit? »

Sara bouillonnait intérieurement. « Allegra est une fille sensible, elle n'a pas eu la vie facile. » dit-elle.

« C'est sûr que de ne pas connaître son père n'arrange pas les choses. » fit remarquer hargneusement Catherine.

« Qui te dit qu'elle ne connaît pas son père ? » s'exclama Sara, irritée.

« Elle le connaît ? Quelle surprise ! »

Sara allait se lever et sortir de la pièce, mais quand elle entendit la réplique cinglante de Catherine, elle se tourna vers elle.

« Qu'est-ce que tu insinues, Catherine ? »

 « Je ne sais pas... » fit Cath en haussant les épaules. « Peut-être que rien ne t'obligeait à rester fidèle à Gil, après ton départ ? »

« Qu'est-ce que Gil vient faire dans notre discussion ? » s'écria férocement Sara.

Catherine s'approcha d'elle et se posta de l'autre côté de la porte.

« Peut-être parce que tu as brisé le cœur de Gil sans le savoir ? Partir comme ça, sans avertir, sans nouvelles. Ça l'a détruit, beaucoup plus que tu penses. Il t'aimait et il t'aime encore, ça se voit dans ses yeux. Seulement j'ai l'impression que tu ne l'aimais pas autant que lui t'aimait. »

Sara reçut la remarque comme une gifle. Elle se rappela, couchée dans la voiture de Natalie, blessée. La tueuse aux maquettes lui avait dit que Gil ne l'aimait pas autant que Ernie Dell l'avait aimé, elle. Sara ferma les yeux, sentant les larmes montées. Catherine savait-elle de quoi elle parlait ?

« Tu crois que ce fut facile pour moi de partir ? Tu crois que je suis partie à la première difficulté? Tu crois vraiment que je n'ai pas essayé de rester ici ? Tu ne crois pas que je suis moi-même brisée le cœur en partant ? » Une larme fit son chemin sur sa joue, prouvant la sincérité de ses paroles. Elle continua. « Catherine, je ne pouvais pas rester, c'était trop dur. C'est pour ça que je suis partie. Ce n'est pas Gil que j'ai quitté. C'est Vegas. »

Catherine regarda Sara sans comprendre. Soudain, la rouquine sentit qu'il y avait plus que l'enlèvement. Autres choses avaient blessés Sara. Mais quoi ?

« Tu sais, Nick a survécu à son enlèvement sans tout plaquer. Greg, quand il a été battu et laissé pour mort, s'est relevé et il a continué à avancer. Pourquoi toi, il a fallu que tu plaques tout à Vegas et que tu partes ? Je comprends que ce que tu as vécu est tragique, mais pourquoi les autres ont continués à avancer et pas toi ? Expliques-moi ça ! » Catherine avait parlé avec douceur pour la première depuis le début de la discussion. Désormais, elle voulait comprendre.

« Sais-tu ce que j'ai traversé Cath ? Est-ce que tu sais comment a été mon enfance, mon adolescence ? As-tu jamais pris la peine de savoir pourquoi je ne parlais jamais de ma famille ? Pourquoi j'ai tout plaquer à Frisco pour venir ici ? »

« Non » reconnut Catherine. Elle baissa la tête, désolée. Que s'était-il passé dans la vie de Sara de si grave ? « Mais j'aimerais comprendre... »

Sara désigna la chaise à côté d'elle. « Ça risque d'être long. » Les deux femmes s'assirent sur les chaises qu'elles avaient occupées plus tôt

« Tout a commencé quand j'étais jeune... Je vivais avec mes parents, Laura et John Sidle et mon frère Ben. Tout allait bien, jusqu'au jour où mon père perdit son travail. On manquait d'argent et mon père a commencé à boire pour oublier ses problèmes. Il passait ses journées à boire, boire, boire et encore boire, étendu sur le canapé du salon. Un jour, boire ne devint pas suffisant pour oublier ses problèmes. Dès que ma mère, mon frère ou moi, on faisait quelque chose qui n'était pas correct, il nous battait. » Sara prit une pause et vit l'expression outrée de Catherine.

« Le jour de mes neuf ans, je suis arrivée de l'école bien après l'heure permise. Je ne voulais pas rentrer chez moi, parce que je sentais qu'il me ferait la peau. Finalement, quand je suis rentrée, mon père m'attendait avec la batte de base-ball. Il voulait me donner la raclée de ma vie. Ma mère a réussi à lui dire de ne pas le faire, parce que c'était ma fête. J'étais supposée être heureuse ce jour-là. Cependant, elle était tellement nerveuse qu'elle a laissé brûlé le gâteau de fête. Alors, mon père a sorti de nouveau la batte. Ma mère a pris le couteau à côté d'elle sans réfléchir et elle l'a poignardé. Encore et encore. Sans arrêt. »

Elle ferma les yeux, l'image du corps de son père lui revenant sans cesse en tête. Elle ne pleurait plus et elle avait fait la paix avec son passé. Seulement, ce moment restait un mauvais souvenir.

« Je me souviens que la marre de sang grossissait à vue d'œil, jusqu'à ce qu'elle touche mes pieds. J'ai aussi été sali par le sang de mon père. Ma mère a dû frapper quinze à vingt. C'est vraiment quand elle a été certaine qu'il était mort qu'elle a arrêté de le poignarder. À ce moment-là, elle a relevé la tête vers mon frère et moi. Elle s'est mise à pleurer. »

Sara inspira profondément et baissa la tête. Elle ne voulait pas voir l'air catastrophé de Catherine.

« Évidemment, la police est arrivée peu après. Ils ont arrêtés ma mère et nous ont envoyés, Ben et moi dans des familles d'accueil. J'ai vite été séparé de Ben. J'ai fait familles d'accueil en familles d'accueil. J'étais solitaire, préférant mes livres aux autres enfants. Je me suis vite retrouvée dans un centre pour adolescents. J'y ai vécu de l'intimidation, du rejet. Je me faisais voler mes livres. Quand j'ai eu dix-huit ans, j'ai enfin pu sortir de cet enfer. J'ai travaillé, j'ai étudié et je me suis démené pour être accepté à Harvard. Quand je suis arrivée là-bas, j'ai vite été confronté à la réalité. »

Elle s'arrêta et prit une gorgée de café. « Même si j'avais réussi à me rendre là, il y avait toujours ceux qui venaient de familles riches qui me regardaient de haut. Cependant, je les ai ignoré et j'ai travaillé fort. J'ai réussi à les surpasser avec mes notes. Puis, un jour, une de mes amies, qui étudiaient pour devenir CSI, m'a traîné à une conférence sur l'entomologie. Elle disait que c'était un tremplin pour entrer dans ce milieu, à cause que celui qui le donnait était un des meilleur CSI des États-Unis. Je me souviens bien que j'ai énormément protester. Je voulais devenir physicienne et certainement pas CSI. »

Elle eut un rire ironique et but encore un peu de café avant de poursuivre. Catherine souriait également, à présent. « Si j'avais su... » fit Sara.  « Évidemment, c'était Gil qui donnait la conférence. Je me souviens encore... Je me suis installé au côté de mon amie et il est arrivé. Il s'est présenté et il a commencé à parler. Il parlait d'insectes. Aussi drôle que ça puisse paraître, c'était passionnant. Au bout d'une demi-heure, tous ceux qui m'entouraient c'était endormi, mais moi j'écoutais attentivement. C'était simplement captivant. Après une heure, j'ai réalisé que ce n'était pas seulement le sujet qui m'intéressait, mais également la personne qui en parlait. »

« Coup de foudre... » murmura Catherine.

« Tu ne crois pas si bien dire... » acquiesça Sara. « Je le regardais parler et j'étais simplement fascinée. Il parlait avec tant d'aisance, avec certitude. Il était passionné et c'était visible. » Elle inspira. « Après un moment, je crois que je suis devenue la seule à écouter dans la salle et j'ai l'impression qu'il le savait. Il me regardait et c'était comme si le cours n'était que pour moi. Il me regardait dans les yeux et à cet instant, j'ai pris conscience de la magnifique couleur de ses yeux. » Catherine eut un rire.

« Quoi ? » s'enquit Sara.

« On dirait que tu vas te mettre à baver... » commenta Cath.

Sara reprit contenance. « Bon, j'évite de te le décrire, je crois que tu le connaissais déjà bien à ce moment-là... Tu dois te souvenir de quoi il avait l'air. »

« En effet, je le connaissais. Et je me souviens surtout qu'il était déprimé quand il est revenu. Il passait son temps dans son bureau, à parler au téléphone, à envoyer des courriels. Je me suis demandé ce qui s'était passé pendant ce séminaire, mais il ne voulait rien dire. » expliqua Catherine.

« En tout cas, à la fin de la conférence, je me suis levé et je suis allé le voir. Je lui ai posé une tonne de questions. Après un moment, il a compris que j'en avais encore et il m'a proposé d'aller boire un café. C'est là qu'il m'a dit que je serais sans doute une bonne CSI... C'est aussi là que j'ai changé d'idée pour ma carrière. Il a passé quelques jours en ma compagnie là-bas, puis il est reparti pour Las Vegas. » Sara fit un grand sourire et ne dit rien pendant un moment, plongé dans ses souvenirs. « J'ignorais que je venais de vivre le moment le plus important de ma vie. Ça a changé ma vie, ma rencontre avec Gil. »

Elle poursuivit donc le récit de sa vie. « On s'appelait régulièrement, on s'envoyait des messages. J'ai commencé à travailler à San Francisco, comme CSI. Quand il m'a appelé ici, pour l'enquête interne, je n'ai pas hésité, parce que j'attendais ça depuis longtemps. J'ai tout abandonné là-bas, parce que je n'avais rien qui me retenait. Je n'avais pas réellement d'amis, pas de petits-amis. Tout ce que je voulais, c'était être à ses côtés. Je m'imaginais... Dans mon rêve, j'arrivais à l'aéroport et je débarquais de l'avion. Il m'attendait, je me jetais dans ses bras et on s'embrassait. Ils se marièrent, eurent beaucoup et vécurent heureux... » murmura-t-elle, ironiquement.

« Évidemment, ce fut tout le contraire. J'ai débarqué de l'avion et un policier m'attendait. Il m'a emmené sur la scène de crime de Gil. Et là tout a déboulé. J'étais si contente qu'il me demande de rester. J'ai vite déchanté. Premièrement, il m'ignorait. Ensuite, on se vouvoyait. Je l'appelais Grissom. Crois-le ou non, mais à Frisco, on faisait pleins de sortie. Il m'emmenait au restaurant, on discutait de toutes sortes de choses. Il était doux et attentionné. Ici, il était marié à son travail et cette réalité me faisait souffrir. » Sara soupira bruyamment.

« Tu connais la suite... Quand enfin on a été ensemble, il y a eu son congé sabbatique d'un mois. À ce moment-là, j'ai vraiment cru que vous aviez tous compris, mais non. Et puis, il y a eu mon enlèvement. Je me souviens que sous cette voiture, cette nuit-là, j'ai compris que j'avais vécu avec des fantômes depuis le meurtre de mon père. Quand je suis revenue au labo, j'ai essayé de me faire croire que j'irais mieux, que tout s'arrangerait. Évidemment, tout allait de pire en pire. Quand j'ai revu Hannah, je n'étais plus capable de continuer à Vegas. Je devais vraiment m'éloigner. Mais une chose est sûre, je suis restée tant que j'ai pu. »

Elle but une autre gorgée de café. « Je pleurais dans le taxi qui m'emmenait à l'aéroport. J'imaginais Griss prendre ma lettre et la lire. Je savais à quel point il serait triste que je ne lui en aie pas parlé avant. Je sentais cependant que si je lui avais fait part de tout ça, il m'aurait empêché de partir. Or, j'avais besoin de tous régler par moi-même. De faire la paix avec mon passé. Je suis allée voir ma mère. »

Catherine acquiesça. « Gil nous l'avait dit. »

« C'est le dernier contact que j'ai eu avec lui. Il y a quinze ans... » dit Sara, songeuse. « Ensuite, je suis partie à Boston, j'ai été rejoindre mon frère. Il venait de se marier, sa femme étant enceinte. Je ne suis pas restée. C'est à ce moment que je me suis rendue compte que j'étais également enceinte. J'ai paniquée. »

Sara fixa sa tasse de café, ne souhaitant pas voir le regard que Catherine pouvait lui lancer. « Je suis partie à Phœnix. Pourquoi Phœnix ? Moi-même je l'ignore encore. Je n'avais jamais visité cette ville. C'était sans doute une façon d'avoir un nouveau départ, loin de mes souvenirs. J'ai été engagé par le FBI. J'ai accouché et j'ai commencé à élever Allegra, comme une mère célibataire. Tout allait bien, jusqu'à ce que je comprenne qu'elle était surdouée. À quatorze ans, elle était déjà rendue à postuler pour une université. Cependant, ce ne sont pas toutes les universités qui prennent des jeunes dans leurs cours. Il y en a peu. La meilleure étant Vegas. »

Elle se désigna de ses mains. « Me voilà ! » Elle fit un grand sourire et regarda Catherine. « À seulement quinze ans, je n'avais pas le choix de venir avec elle. Et puis, j'ai appris que j'avais été choisie pour diriger le labo. Et voilà que le meilleur ami de ma fille est assassiné. À croire que ça me rattrape à chaque fois que j'essaie de m'en sortir et d'oublier. »

Il y eut un silence qui accompagna la fin du récit de Sara. Cette dernière se demandait si elle avait bien fait de tout révéler à Catherine. Et Catherine... Et bien, elle s'en voulait pour toutes les remarques méchantes qu'elle avait pu lui faire. Sara n'était pas parfaite, et personne ne l'était d'ailleurs, mais sachant son passé, Catherine s'en voulait. Et elle pensa, pendant une seconde, ce qui se serait passé si Sara n'avait pas été une lectrice acharnée. Si elle avait préféré sortir avec des amis. Traîner dans les rues. Catherine était certaine que si Sara avait été ainsi, jamais elle ne serait devenu une CSI.

« Il faudrait faire... une perquisition chez toi. Seulement si tu es d'accord. À moins que tu ne veuilles attendre la commission rogatoire ? » demanda Catherine, en brisant le silence.

« Non, vous pourrez venir sans problème. De toute façon, vous ne trouverez rien, car Allegra n'a pas tuée Mario et Frank. »

Catherine n'émit aucun commentaire sur ce que Sara venait de lui dire. Cependant, elle murmura :

« Juste une question comme ça... Le père d'Allegra... »

Elle fut coupée par une exclamation provenant de derrière eux. « SARA ! »

L'ancienne experte se tourna, surprise. Quelle ne fut pas sa surprise quand Greg se jeta dans ses bras. « On se calme ! » s'exclama Sara.

Elle se leva et Greg, tout content de la voir, ne la lâcha pourtant pas. Derrière Greg, Nick et Warrick firent leur entrée, tout sourire.

« Mais qui voilà ? Est-ce vraiment Sara, ou je rêve ? » demanda Warrick.

Il s'approcha d'elle et poussa Greg. Il prit Sara dans ses bras et l'embrassa sur la joue. Nick fit de même après. Par dessus l'épaule de Nick, Sara vit Grissom entrer. Elle repoussa gentiment Nick et fixa pendant un moment Griss. Tout était silencieux et leur ami regardaient les deux adultes, se demandant ce qui allait se passer. Après un instant de silence, elle se déroba au regard de Nick.

Sara jeta un coup d'œil à sa montre et s'exclama :

« Ho mon dieu! Je suis désolée, mais je dois vraiment y aller ! Allegra doit m'attendre... Enchantée de vous avoir revu, tous, mais là, ma fille va me tuer si je vais pas la chercher ! »

Elle sortit de la pièce, sans leur laisser le temps de placer une phrase. Ils la regardèrent tous s'éloigner à grandes enjambées.

« Elle a vraiment changée... » murmura Gil.

Il n'eut pas besoin de voir le visage des autres pour savoir qu'ils pensaient exactement comme lui.


marguerite  (06.03.2009 à 16:26)

Il était partout.

Elle le voyait partout. Parfois, c'était en entrant dans un bâtiment, où  elle entendait son prénom et sursautait, croyant qu'il s'agissait de lui. D'autres fois, ce n'était qu'une ombre au détour d'une rue. Des fois, elle sentait son parfum, son odeur. Ce n'était souvent rien. Une parole symbolique, une odeur familière, une silhouette caractéristique ou simplement un geste innocent en sa direction qui le ramenait à ses pensées.

C'était un vrai paradoxe. Il était partout et nulle part en même temps.

Car chaque fois que la furtive impression de sa présence disparaissait, son cœur se serrait à la pensée de la distance qui les séparait. Immanquablement, elle prenait quelques secondes de paix et de silence pour cacher et faire disparaître les larmes qui apparaissaient au coin de ses yeux, preuve de son amour éternel pour lui. Car s'il y avait bien une chose dont elle ne doutait pas dans le chaos total de San Francisco, c'était bien son amour pour lui. Combien de fois avait-elle saisi son portable et composer son numéro ?  Évidemment, elle avait toujours raccroché avant la première sonnerie.

Elle devait se montrer forte et prouver que...

Prouver quoi ? Qu'elle n'avait pas besoin de lui ? Qu'elle pouvait vivre sans lui ? C'était idiot ! Elle savait très bien qu'elle avait besoin de lui comme une plante a besoin d'eau et de soleil. Elle avait besoin de lui parler, de le voir, de le toucher de nouveau. Cependant, elle n'arrivait  pas à entrer en contact avec lui. Elle attendait qu'il fasse le premier pas, pour qu'elle retourne auprès de lui. Elle le voulait tellement fort que les premiers jours après son départ, elle ne put dormir. Elle restait droite comme une barre dans son lit, seule dans sa chambre d'hôtel. Et elle fixait son portable, attendant qu'il sonne. Mais après trois semaines à l'attendre, elle avait compris.

Elle avait compris qu'il ne viendrait pas. 

Pas parce qu'il ne l'aimait plus, pas parce qu'il l'avait déjà oublié ou qu'il n'avait pas besoin d'elle. Au contraire. Au contraire, il l'aimait énormément, il ne pouvait l'oublier et il avait besoin d'elle, comme d'un drogué avec son héroïne. Elle le savait très bien. Il ne viendrait pas parce qu'il attendrait qu'elle retourne vers lui. Il n'irait pas la chercher parce qu'il savait qu'elle avait besoin de solitude et d'isolement. Il ne ferait rien avant qu'elle soit prête à revenir vers lui. Il savait qu'elle reviendrait vers lui un jour... quand elle serait prête à le faire.

Le serait-elle un jour ?

----------------------------------------------------------

Sara se massait lentement l'arrête du nez. Elle était épuisée.

Debout derrière la vitre, elle regardait sa fille être interrogée par Brass. Allegra s'était sentie plus en confiance avec le policier et elle avait recommencé à parler. Sa mère n'avait pas le droit d'être avec sa fille, mais elle pouvait tout de même assisté à l'interrogatoire derrière la vitre sans teint. À ses côtés, il y avait Catherine et Grissom.

« Où étais-tu au moment du meurtre ? » demanda Brass.

« Je... Je suis allée à l'arcade avec mes amis. Mario était avec nous. Il est parti vers dix heures trente. Je suis restée avec mes amis environ dix minutes, puis je suis partie également. Je suis rentrée directement chez moi. »

Sara eut un sourire et se tourna vers Catherine qui se tenait près d'elle. Grissom était plus loin derrière.

« Elle adore aller à l'arcade. Dès qu'elle a du temps libre, elle y va. Elle s'est fait beaucoup d'amis là-bas. » dit Sara lentement.

Elle ne put s'empêcher de tourner légèrement la tête vers l'arrière pour jeter un regard à Grissom. Ce dernier n'affichait aucune émotion, mais Sara sentait qu'il était très réceptif à ce qui se passait autour de lui. Sara n'avait pas discuté avec son ancien compagnon depuis qu'ils s'étaient revus. Elle se demandait encore comment lui avouer qu'il était son père. Sans qu'elle est à faire d'efforts, Catherine lui en donna l'occasion.

« Sara... Je me demandais quelque chose... Allegra parle le langage des signes et toi aussi... Pourquoi ? » demanda la rouquine.

Sara regarda les yeux fixés sur sa fille alors qu'elle répondait à Cath. « Allegra a perdu l'ouie plus jeune... Elle était atteinte d'otosclérose. »

Elle se doutait que ses paroles auraient un certain impact sur Gil, mais elle fit comme si de rien n'était. Elle entendit l'exclamation de Catherine et son faible « Mais c'est héréditaire, ça ! » Puis, la porte du petit local où ils se trouvaient se referma en claquant. Sara ferma les yeux et serra les paupières pour empêcher les larmes de passer plus loin. Elle resta silencieuse et avala profondément.


marguerite  (24.03.2009 à 00:11)

Grissom ferma la porte, plongeant son bureau dans le noir. Il voulait oublier, être oublié et laisser la solitude le guérir. Il se sentit minable quand il réalisa qu'il voulait oublier SA fille. C'est un peu en se disant ça que la réalité le frappa encore plus de plein fouet. Aie !

Il se coucha dans son fauteuil et ferma les yeux. Sa porte étant fermée, il pensait bien que personne ne le verrait et ne le dérangerait. À sa plus grande surprise, la porte s'ouvrit sur Catherine. Elle referma lentement la porte. Grissom sentait qu'elle était en colère, ou du moins déçue, de son attitude.

« Que fais-tu ici, Gil ? » demanda l'amie en elle.

Grissom passa ses bras sous sa tête, mais ne répondit pas. Elle réitéra sa question. « Que fais-tu ici ? »

Voyant qu'il semblait l'ignorer, elle s'approcha et s'agenouilla à ses côtés. Pour qu'il lui accorde plus d'attention, elle lui prit la main, un geste intime qu'ils n'avaient jamais partagés auparavant. « Écoute très bien ce que je vais te dire Gil. Je ne m'attends pas à changer ta vision des choses, seulement à te faire réfléchir. »

Elle prit une grande inspiration.

« Je sais ce que tu dois ressentir. Sara est partie sans crier gare, il y a quinze ans, presque seize et elle n'a jamais donné signe de vie. Ce devait être dur pour toi, qui pour la première fois, avait quelqu'un dans sa vie. Mais les années ont passées et on a tous vu que tu faisais ton deuil d'elle. Non pas que tu l'oubliais, au contraire.  Seulement, tu as compris que tu ne la reverrais sans doute jamais et qu'elle devait avoir refait sa vie. Ça du être douloureux. Mais voilà, la vérité est là. Tu ne croyais jamais la revoir. Soudain, elle est là, à Vegas et elle n'est pas seule, sa fille est derrière elle. Tu n'étais pas prêt à ça, mais c'est tout de même arrivé. Et maintenant qu'elle est là, tu apprends que vous avez une fille, chose que tu ignorais complètement et qui a du te blesser. Je mettrais ma main au feu que a première fois où tu as entendu parler d'elle ou que tu l'as vu, tu as enviés l'autre homme qui pouvait en être le père. Seulement voilà, c'est toi son père et personne d'autre. Et je suis prête à parier également qu'il n'y a aucun homme dans la vie de Sara. »

Grissom l'avait écouté en silence, sans rien dire. Il réfléchissait. Cath avait raison. Après trois ou quatre ans, il avait compris qu'il ne la reverrait sans doute jamais. Et dès que son nom avait été prononcé dans la salle de repos, hier, il avait eu peur.

Il ne voulait pas vivre et travailler près d'elle sans la toucher ou l'aimer - car malgré les 15 années qui s'étaient écoulées depuis son départ, il n'avait jamais cesser de l'aimer, de penser à elle et aucune autre femme n'avait pris sa place dans son lit (excepté sa chienne).

Mais maintenant qu'elle était de retour, qu'allait-il faire ? Le premier choc passé concernant sa fille, il voulait désormais faire partie de sa vie. Après tout, elle était une partie de lui. Il ne voulait pas être le père ingrat ou celui qui était rancunier - il espérait seulement que Sara n'avait pas dit à Allegra qu'il était un salaud parce qu'il n'avait pas tenté de les retrouver. Mais en même temps, Sara  n'aurait jamais fait ça. Elle n'était pas ce genre de femme...

L'aimait-elle encore ? À ce que Catherine avait dit, elle croyait que Sara n'avait pas refait sa vie avec un autre homme. Était-ce vrai ? Ou y avait-il déjà quelqu'un à sa place - celle de père d'Allegra ? Si oui, Grissom aurait la tâche beaucoup plus difficile qu'il ne l'avait prévue.

« Je dois parler à Allegra. » fit brusquement Grissom en se redressant.

Cela surprit Cath qui s'était plutôt attendue à ce qu'il veuille parler à Sara. Mais si Grissom voulait parler à sa fille, c'était bon signe, non ? Avait-il bien réfléchi à ce qu'elle lui avait dit ?

« Sara et elle viennent de quitter le labo, pas de chance Gil. » dit-elle en se relevant.

Elle allait partir, mais son ami s'empara de sa main pour la retenir. « Non Cath. Ça ne doit pas attendre. » s'exclama-t-il. « Je dois parler à Allegra. » répéta-t-il, convaincu.

Catherine soupira. Il était rare qu'elle voyait son ami aussi découragé et dépassé par les évènements que maintenant. Non ! C'était bien arrivé une seule fois, où il avait affiché ce même air désespéré. Quand Sara avait été enlevé. Elle regarda encore une fois les rides formées au coin de ses yeux, résultat de son stress évident et de sa fatigue. Il avait l'air d'avoir vieilli de dix ans. Cath comprit qu'elle n'avait pas le choix, elle devait l'aider.

----------------------------------------------------------

Gil arriva devant le bâtiment, incertain. Il ne pouvait pas faire marche arrière. S'il le faisait, il perdrait ses chances avec Sara et Allegra et donc la place de mari et de père. Il s'approcha donc de la porte et montra sa carte au vigile qui gardait l'entrée de l'arcade. Il prit ensuite une grande inspiration et entra.

Le bâtiment n'était constitué que d'une pièce. Il s'agissait en réalité d'un vieil entrepôt désaffecté, transformé en arcade. Les lumières de toutes les couleurs illuminaient la pièce. Certaines avaient un effet stroboscopique. La musique jouaient très fort - essentiellement du rap, du R'n B et du hip hop. Il y avait une grande foule, principalement des adolescents en quête d'aventure, qui circulait un peu partout, certains s'arrêtant parfois à un jeu payant.

Grissom rechercha les attraction de "Dance dance revolution". Il avait compris que c'était surtout là que se tenait Allegra, selon les instructions de Catherine. Il la repéra finalement, après plus d'une demi-heure de recherche, à un jeu de Dance dance revolution. En sueur, ses pieds frappaient les flèches au bon moment. Les sauts, qui s'enchaînaient, ne semblaient pas essouffler la jeune fille. Grissom vit qu'elle était au niveau expert. Elle devait venir souvent ici.

Quand la chanson se termina, il pensa qu'elle descendrait de la plate-forme pour laisser la place aux autres. Au contraire, elle mit une nouvelle pièce dans la machine, sélectionna une chanson qu'elle exécuta tout aussi parfaitement. En observant ses gestes secs et rapides, Grissom comprit que c'était sa façon d'exprimer sa rage et sa colère, sans doute en lien avec la mort de son meilleur ami. D'ailleurs, l'expert avait l'impression qu'elle bouillonnait de l'intérieur, seulement en regardant son visage rouge.

Une fois qu'elle eut fini la chanson, elle jeta un regard par-dessus son épaule, se sentant probablement observé. Elle vit la file qui s'était formé, puis ses yeux se posèrent sur Grissom. D'un simple geste de la tête, Gil lui fit signe de le suivre. Elle descendit alors de la plate-forme de danse pour s'approcher de lui. Sans un mot, père et fille sortirent du bâtiment et se dirigèrent vers un banc.

Toujours en silence, les deux s'y assirent.

« Alors c'est vous mon père ? » demanda Allegra, sans même le regarder.

« Il paraît. » fut tout ce que trouva à dire Grissom. Il connaissait Sara. Jamais elle ne mentirait sur un détail aussi important que la paternité de Grissom.

Allegra et Grissom regardait droit devant eux, n'osant pas s'observer mutuellement, bien qu'ils en aient tous les deux l'envie.

« Pourquoi ? » murmura finalement Allegra.

Incertain du sens des paroles de sa fille, Grissom tourna la tête vers sa fille. « Pardon ? »

Pour une première fois, Allegra se tourna également vers son père et elle répéta, comme s'il s'agissait d'une évidence : « Pourquoi ? »

Grissom fronça les sourcils. Il ne comprenait pas ce que voulait dire sa fille. Ça commençait mal.

« Pourquoi ? Pourquoi vous l'avez laissé partir ? Pourquoi vous n'avez pas essayé de la retrouver, de la conta... » Elle se tut elle-même et recommença à fixer un point devant elle. « Et puis, laissez tomber. »

Grissom entrouvrit la bouche, ne sachant pas que faire. « Ne dis pas ça Allegra. » Sa fille réagit violemment à l'entente de son prénom. Elle s'éloigna de lui et tourna la tête vers la droite, la direction opposée à Griss.

« Allegra... » murmura Gil. Il était vraiment mal à l'aise. Il ignorait comment s'y prendre avec elle. Peut-être que lui parler en premier avait été une mauvaise idée ?

« Vous ne savez pas ce que j'ai eu à endurer, jeune. Toutes les choses, que je n'ose même pas répéter, qu'on m'a dit au sujet de ma mère et du fait qu'elle était célibataire. Vous n'avez pas idée de ce que c'est ... de se réveiller au milieu de la nuit et d'entendre sa mère pleurer, crier et se débattre dans son sommeil parce qu'elle fait des cauchemars de dieu sait quoi... Vous ne savez pas que j'ai vécu... Et tout ça... Tout ça parce que vous n'avez pas essayé de la retenir ou même d'aller la rejoindre... Alors... je me demande pourquoi... vous ne l'avez pas fait. »

Grissom ferma les yeux en entendant la révélation de sa fille. S'il avait su... S'il avait su, il aurait tout plaqué à Vegas pour aller rejoindre Sara et sa fille et les choses auraient été différentes. Il aurait aidé sa fiancée à régler ses problèmes vis-à-vis de son passé. Ils auraient été heureux tous les trois ensemble et les choses auraient été très différentes. Peut-être qu'ils seraient quatre ou cinq ?

Il ne devait pas penser à ça ! Ce qui était fait, était fait et il ne servait à rien de regarder en arrière.

« Parce que j'ignorais qu'elle avait besoin de moi. » avoua Gil, de façon minable.

Allegra fit volte-face et toisa Grissom avec rage. « Et alors ? Vous n'aviez pas besoin d'elle, vous ?! »

Cela alla toucher Grissom en plein cœur. Il baissa la tête, ne souhaitant pas que sa fille le voit dans un pareil état de tristesse. « Ho que oui, j'avais besoin d'elle... et encore aujourd'hui. Seulement, je ne peux rien changer au passé, mais je peux essayer d'améliorer le futur. » Il releva la tête vers Allegra. « Je veux changer le futur. »

Allegra le fixa de biais pendant un instant avant d'enfouir ses mains dans les poches de son manteau. « Comment ? »

« Je ne sais pas... J'aimerais faire partie de ta vie... et de celle de Sara. »

Sans pitié pour son père, Allegra détourna encore les yeux de l'homme à ses côtés.  « Avouez que vous tenez plus à ma mère qu'à  moi. »

« Non, c'est faux Allegra, je... »

Elle se tourna vers lui et sembla le transpercer seulement avec son regard. « J'ai vu tant d'hommes agir avec moi comme vous le faites. Ils se montraient tous gentils-gentils avec moi pour que ma mère sorte avec eux, mais ça n'a jamais fonctionné. Et vous savez pourquoi ? Parce que pendant tout ce temps, elle ne pensait qu'à vous. Votre photo était sur la table du salon. J'avais l'impression qu'elle vous considérait comme une sorte de dieu. C'était... terrifiant. » ajouta Allegra.

« Tout ça pour dire que jamais un homme n'a réussi à la faire réagir. Des fois la nuit, elle criait votre nom dans son sommeil. Ça a duré jusqu'à mes neuf ans. Ensuite, elle a arrêté. Mais depuis qu'on est de retour à Vegas, je la vois souvent passé devant une maison dans Summerlin. Elle ralentit toujours. Je suis presque certaine que c'est la vôtre. » elle s'arrêta pour donner un coup de pied sur une roche à ses pieds. « Vous voyez, elle n'est jamais sortie avec un autre homme depuis son départ. Elle est toujours resté "fidèle", si on veut. Et vous, qu'avez-vous fait pour mériter ça ? Vous l'avez mise enceinte ? » s'exclama-t-elle d'un ton acide.

Grissom baissa de nouveau la tête. « Je l'ai aimé. Et puis, moi non plus, je n'ai pas eu personne d'autre dans ma vie qu'elle. » Il inspira. « Et je l'aime encore. » ajouta-t-il après une légère hésitation.

Soudain, son portable sonna, coupant court à leur discussion. Grissom avait un message de Catherine.

Où est-tu ? Urgence, un autre cadavre. Sandy, amie d'A.

Grissom supposa qu'A. désignait Allegra. Or, la jeune fille était toujours assise à ses côtés et l'observait d'un air inquiet.

« Viens, je t'amène au labo. »


marguerite  (06.04.2009 à 02:59)

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