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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : CSI : Crime Scene Investigation
Création : 21.09.2008 à 20h36
Auteur : butterfly
Statut : Terminée
« GSR... » butterfly
Cette fanfic compte déjà 1 paragraphes
Il pleuvait sur Las Vegas... En soi, cette intempérie était presque une anormalité dans ce désert écrasé par le soleil... Qu'une telle ville est pu naître au milieu de cette étendue de cailloux et de broussailles brûlés par le soleil étonnera toujours autant Sara. Elle se tenait debout, sur le balcon de l'appartement de Grissom. La pluie frappait son visage, ses bras nus... Elle fermait les yeux et penchait la tête en arrière, laissant l'averse passer sur son corps comme une caresse. C'était rafraîchissant, et agréable...Dans l'appartement, la douce voix de Norah Jones incitait à la rêverie...
Come away with me in the nigth...
Cela faisait un moment qu'elle n'avait plus vu cette ville depuis ce balcon.
Grissom la regardait depuis le canapé du salon, heureux de l'avoir à nouveau à ses côtés... Elle lui avait terriblement manqué, chaque jour un peu plus. Sa voix, son sourire, son esprit, son corps, son regard, leurs interminables discussions, leurs petits moments tendres... Depuis le soir où elle avait quitté son poste de CSI, en fait, il ne l'avait plus vu, seulement entendu à travers un téléphone. Elle avait craqué et avait eu besoin d'une longue période de séparation d'avec ce monde de douleur, de violence... Elle avait toujours manifesté trop d'empathie avec les victimes ou les familles, Grissom lui en avait fait la remarque à plusieurs reprises, mais lui et elle savaient que Sara ne pourrait jamais changer sa façon d'être, ce qui faisait d'elle ce qu'elle était : Une excellente scientifique, une excellente CSI parce que justement, elle s'impliquait trop dans ses affaires. Elle avait pris un taxi et avait mis de la distance entre elle et Las Vegas, entre elle et ce service de police scientifique qui avait été toute sa vie depuis l'appel de Grissom qui l'avait désenbauché de San Franciso. La boucle était bouclée. Elle avait plaqué Las Vegas comme elle avait plaqué San Fransisco. Ne restait que Grissom. Il ne savait rien de sa décision de quitter la ville, vu qu'elle même ne l'avait pas vraiment comprise avant d'avoir été dans le taxi... Elle l'avait embrassé, il avait goûté le sel de ses larmes, ils s'étaient regardé, et il avait compris qu'il allait devoir la laisser s'envoler quelques temps, qu'elle puisse souffler et redevenir la jeune femme qu'il aimait : fraîche, vive, amoureuse de lui et de la vie... La flamme qui l'animait, qui la faisait avancer la tête haute était en train de s'éteindre, il s'en était rendu compte quelques semaines avant qu'elle ne parte, et cela l'avait inquiété, parce qu'il ne pouvait rien y faire. C'était le combat de Sara, pas le sien. Et il avait été terriblement frustré de n'avoir rien pu faire pour celle qui avait pris une telle importance dans sa vie...
Ce soir, elle lui était revenue. Elle l'avait appelé tous les jours, pour lui dire que ça allait, qu'il ne devait pas s'inquiéter, qu'elle reprenait doucement des forces, et surtout, qu'elle l'aimait. Il l'avait laissé étendre ses ailes de papillon comme elle-même l'avait laissé prendre le large pendant un long mois, il y a presque deux ans... Il en était revenu enfin sûr de son amour pour la jeune femme, et il savait que dans la situation présente, Sara avait besoin de s'éloigner de lui pour prendre une décision très importante pour son avenir. A ses côtés, il l'influencerait fatalement. Il avait été son professeur et son mentor et bien sûr il souhaitait ardemment la voir reprendre sa place dans la police scientifique, même si elle devait travailler dans l'équipe de jour... Mais maintenant, il était son compagnon, et il devait placer le bien être de Sara avant l'intérêt du labo ou de l'équipe. Il avait eu la surprise de la trouver en rentrant de son service. Elle l'attendait, assise sur le canapé, le chien à ses pieds. Heureusement, il avait fini tôt, la nuit ayant été particulièrement calme dans le monde du crime de Las Vegas...Elle avait la peau laiteuse, les cheveux plus longs et bouclé mais semblait en bonne forme. Il était resté un instant sur le seuil, immobile, comme frappé par la foudre, croyant à une illusion crée de toute pièce par ses sens. Mais elle était bien là, s'avançant vers lui, se dressant légèrement sur la pointe des pieds pour poser doucement ses lèvres sur les siennes en un long, très long baiser...
Elle était revenue vers lui apaisé, forte d'une sérénité et d'une paix qui lui laissait à penser qu'elle avait pris sa décision... Elle ne lui en avait encore rien dit, et il savait qu'avec Sara, les silences étaient aussi importants, si ce n'est plus, que les paroles. Il l'attendrait, pour l'instant, il savourait sa seule présence.
Sara restait sous l'averse, les bras tendus, si belle, si désirable, et il se leva pour la rejoindre. Elle avait entendu le tissu du canapé se froisser, et le bruit léger des pieds nus de Grissom sur le parquet, aussi ne fut-elle pas surprise de sentir ses bras passer autour de sa taille l'enlacer tandis qu'il l'embrassait dans le cou, respirant son odeur de femme à pleines narines.
- Tu m'as tellement manqué...
Comme pour donner plus de poids à ces paroles, il la serra encore plus fort.
- Toi aussi, tu m'as terriblement manqué.
Elle s'était retourné dans ses bras et avait niché son visage dans le cou de Grissom. Ils restèrent ainsi un moment, sous la pluie. Grissom l'entraînant dans une douce danse aux accents jazzy...
Come away with me in the nigth...
Comme dans un rêve, doucement, ils se déshabillèrent mutuellement, redécouvrant leurs corps par de douces caresses. Malgré leur séparation et la frustration de leurs sens, leur passion restait empreinte d'une grande tendresse... Ce n'était pas le sexe brut, le moteur premier de leur couple, c'était leur profonde affection, leur respect mutuel, leur grande admiration réciproque, enfin, un peu tout ça à la fois. Il laissa ses lèvres courir sur la peau de sa compagne, retrouvant son odeur, sa saveur. Ses doigts la parcouraient, faisant naître des frisons qui la parcouraient entière. Elle aussi faisait vibrer Grissom part ses baisers, ses ongles qu'elle laissaient courir dans le dos de son amant selon comme il se déplaçait. Ils s'étreignaient, roulaient l'un sur l'autre tandis que les préliminaires laissèrent la place à la passion. Elle s'arc boutait pour mieux le recevoir, il plongeait le visage dans ses cheveux tandis que l'extase les prenait à son jeu de félicité. Alors qu'elle se laissait emporter par le sommeil, elle se blottit contre le torse de Grissom, heureuse d'avoir retrouver sa place auprès de lui. La nuit passa doucement...
Il était réveillé depuis un moment déjà, la regardant dormir, la buvant des yeux de tout son saoul. Il était appuyé sur un coude, le dos de Sara contre son ventre... Elle était si belle, si délicate. Son corps ne portait aucune trace du temps. Elle était svelte, sportive. Parfois, il se demandait comment elle avait eu la patience de l'attendre. Elle était si belle qu'elle aurait pu s'en problème être en couple avec un homme de son âge. Au lieu de cela, elle l'avait voulu, lui. Il en était comblé et profondément heureux.
Le soleil était déjà haut, déplaçant les ombres dans la chambre au fil de sa course. Petit à petit, il sentait Sara se réveiller doucement contre lui. Un rayon tomba sur visage, donnant à sa peau une couleur doré. Il posa ses lèvres contre sa tempe. Elle inspira profondément, s'étira comme un chat et doucement ouvrit les yeux.
- Bonjour ma chérie...
- Bonjour toi...
Elle passa ses doigts le long de la joue de Grissom...
Il lui embrasse l'épaule, glissa sur la clavicule pour doucement atteindre son sein. Fermant les yeux, elle se laissa aller en arrière...
Elle lui resservit du café. Ils avaient déjeuné vers les 14 heures, Sara n'ayant pas oublié le rythme du travail de nuit. Mais ce soir, il serait avec elle. Elle l'avait en effet entendu téléphoner à Catherine pour la prévenir de son absence. Elle avait été touché de ce geste.
- Merci...
- Je t'en prie.
- Tes bons petits plats m'avaient manqués, eux aussi. Je ne me donnais pas la peine de cuisiner, je n'en avais pas très envie il faut dire...
- Je suis vraiment désolée d'avoir tout plaqué comme ça. J'ai été terriblement égoïste en agissant de la sorte...
- Sara, je ne te dit pas ça pour te culpabiliser...
- Je sais, mais je tenais quand même à m'expliquer sur ce geste... J'avais peur que tu me rejettes suite à cela. J'étais morte de peur la première fois que je t'ai appelé...
- Jamais je n'aurais pu te rejeter, je t'aime, tout simplement. Tu avais besoin de prendre le large...
- Tu as toujours pensé que je reviendrais ?
- Oui, j'en étais intimement persuadé. Et puis, ton cheval était encore ici...
- Oui, en effet...
- Quand j'ai pris contact avec l'écurie, ils m'ont dit que l'une des cavalière de ta connaissance s'occupait de lui.
- Je suis revenu pour toi, tu le sais.
- Bien sûr. Mais le fait que tu n'es pas fait déplacer ton cheval m'a donné encore plus confiance en ton retour prochain. Sans lui, j'aurais pu penser que tu ne reviendrais que dans quelques mois...
- Jamais je n'aurais pu rester loin de toi aussi longtemps ! Alors, dis moi, sais-tu où je suis allé ?
- Pardon ?
- Un enquêteur aussi chevronné que toi aura pris note des indicatifs téléphonique lors de mes appels, je me trompe ?
- Touché ! Tu m'en veux ?
- Bien sûr que non, j'aurais fait la même chose... Et je t'en aurais presque voulu si tu ne l'avais pas fait !
Grissom sourit, elle le connaissait bien ! Il se leva et attrapa un petit calepin dans la poche de sa veste :
- Bien, la région de Lake Tahoe, ensuite la Californie, plus précisément San Francisco.
- Exact.
- Ensuite, le Canada.
- Quelle ville ?
- Québec !
- Excellent !
Grissom leva les yeux de son calepin pour regarder Sara, elle lui souriait tendrement. Il repris sa lecture, rassuré :
- Du Québec, tu es allé en France...
- Oui.
- Je peux te demander pourquoi ?
- Bien sûr. Quand j'étais étudiante à Berckley, j'ai un temps partagé ma chambre avec une française, Jeanne Lombart. Elle était venu aux Etats-Unis dans le cadre d'un échange entre Berckley et La Sorbonne. Depuis, on a gardé contact. Elle est professeur d'anglais à Paris. Quand je l'ai eu au téléphone peu de temps après mon départ de Las Vegas, elle a compris que j'avais besoin de changer d'air et m'a invité chez elle quelques temps.
- A Paris ?
- Oui, et pas seulement. Comme elle avait ses congés d'été, nous avons visité Paris, Versailles et nous avons fait plusieurs escapades dans l'Est et l'Ouest du pays...
- Tu aimes la France ?
- J'adore ce pays... Son histoire, sa langue, ses paysages, ses architectures...
- C'est vrai que tu parles le français !
- Justement à cause de Jeanne, c'est elle qui, le soir, me donnait des leçons ! Bien sûr, je ne lis pas Molière ou Hugo dans le texte, mais j'arrive à me débrouiller en conversation...
- Que dirais-tu de partir avec moi, deux ou trois mois, et de me faire visiter un peu la France ? Je n'y suis jamais allé...
- Tu voudrais laisser ton travail en plan pendant une si longue période et partir avec moi ?
- Bien sûr ! Notre voyage de noces me parait une excellente excuse pour partir à l'aventure !
Sara sourit. Il n'avait pas oublié qu'il l'avait demandé en mariage et qu'elle avait dit oui. Mais elle était partit avant qu'ils n'aient pu seulement fixer une date.
- On a perdu tellement de temps avant que nos sentiments ne se dévoilent... Je n'envisage plus ma vie sans toi Sara...
- Tu sais, parfois notre histoire me fait penser à celle d'Elisabeth et de Darçy...
- Ah, Orgueil et préjugés ?
- Oui... Pour le côté sentiments cachés qui mettent du temps à mûrir et à se dévoiler...
Pendant un moment, ils ne dirent plus rien.
Grissom inspira profondément...
- Tu as pris ta décision ?
- Oui...
- Et ?
- As-tu entendu parler du projet de création d'une section Criminologie à l'université de Las Vegas ?
- Oui, Ecklie m'en a touché un mot pour des séminaires et autres partenariats avec le labo.
- Ils recherchent des enseignants scientifiques ayant de l'expérience sur le terrain.
- Tu as postulé ?
- J'ai été accepté. Je commence dans deux mois.
Grissom se leva et pris Sara dans ses bras.
- Tu reste à Vegas alors ?
- Oui, c'est ta ville. Je reste là où toi tu es...
Ils s'embrassèrent tendrement...
- Tu seras donc enseignante ?
- Oui. Mon cours portera sur l'exploitation lors d' une enquête des informations récoltées grâce à l'analyse des matériaux sur la scène de crime .
- Ta spécialité !
- En effet, que j'avais un peu délaissé en devenant une CSI.
- Oui, mais tu étais une excellente enquêtrice de terrain, du coup, je préférais t'avoir à mes côté que coincée dans le labo !
- Et tu sais quoi ?
- Non quoi ?
- Je travaillerais en lien avec le labo ! Les élèves effectueront des stages chez vous, et du coup, je devrais les tutorer et leur servir de maître de stage si je puis dire. Encore plus du fait que j'ai travaillé 8 ans dans l'équipe.
- On pourra travailler ensemble ?
- Oui, et dans notre bon droit, sans avoir Ecklie sur le dos !
- Magnifique !
- Oui, je crois que j'ai vraiment trouvé ma voie. L'expérience que j'ai acquise comme CSI, je voudrais pouvoir la transmette à la future génération d'enquêteurs...
- Un beau projet... J'en suis heureux !
- Tu sais, j'adore travailler avec toi, et cela me paraissait le meilleur moyen...Sans reprendre totalement le crime à bras le corps...
- Moi aussi... Laisse la violence aux enquêteurs et devient la meilleure prof que Las Vegas n'est jamais eu !
L'après-midi et la nuit passèrent doucement, tendrement... Enfin, l'avenir s'annonçait heureux pour eux. Ils allaient pouvoir être un couple normal, vivant leur histoire d'amour au grand jour.
Grissom et Sara avaient trouvé leur rythme de vie. Elle avait emménagé chez lui, l'appartement était assez grand. Chaque jour qui passait faisait grandir leur amour. Mais une ombre planait toujours au dessus de Sara. Chaque nuit, elle se réveillait en sueur, le coeur battant, en proie à des cauchemars dont elle n'arrivaient jamais à se souvenir. Grissom la serrait contre lui, et elle arrivait à se rendormir, rassuré mais toujours préoccupé par quelque chose qu'elle n'arrivait pas à saisir. L'année universitaire avait commencé. Sara s'était de suite sentit à sa place dans son nouveau poste. Elle adorait partager son savoir et ses expériences. Elle avait la fibre enseignante dans le corps, et ses élèves appréciaient ses cours, toujours en phase avec la réalité du terrain. Elle s'appliquait à toujours agrémenter ses cours d'exemples réels puisés dans les nombreuses affaires traités à Vegas.
L'équipe du labo avait appris avec plaisir la nomination de Sara à ce poste, qui allait leur permettre à nouveau de travailler ensemble, même si ce ne sera plus jamais pareil.
L'équipe de nuit avait été très heureuse de voir Sara passer leur porte en compagnie de Grissom il y a un mois et demi. Greg lui avait littéralement sauté dans les bras, Warrick et Nick l'avait étreint comme les grands frères qu'ils avaient toujours été et Catherine l'avait embrassé. Ils lui avaient tous manqué, à leur manière, et tous avaient été heureux d'apprendre qu'elle revenait pour de bon à Vegas. Les prochains temps, ils allaient souvent la voir, puisque la première partie des stages pratiques commençait dans un mois. Elle avait un groupe de 10 élèves qui allaient travailler au LVPD. Les autres partaient sur d'autres villes selon les partenariats mis en place. Les stagiaires avaient pu choisir leur équipe d'affectation, et celle de Grissom avait naturellement reçu le plus de suffrage, la renommée de Grissom étant grande dans le monde scientifique et médico légal. Mais comme tous ne pouvaient pas être pris en charge par l'équipe de nuit, il avait fallu mettre en place une sélection. Pour passer plus de temps avec Grissom pendant cette période ou elle ne travaillait pas à l'université, mais au labo, Sara avait opté pour l'horaire de nuit. La sensation était étrange, de revenir dans ces murs, dans cette équipe.
Les 4 élèves de l'équipe de nuit furent autorisés à accompagner Nick, Warrick, Greg, Catherine et bien sûr Grissom sur les scènes de crime. Sara assistait aux briefing, aux débriefing et aux compte rendu d'enquête. Elle avait vite retrouvé ses vieux réflexes et intervenait pendant les réunions, de manière si naturelle que personne n'était choqué. Au contraire, ils appréciaient d'avoir son opinion, son regard sur les enquêtes. Brass passait curieusement beaucoup de temps avec elle. Sara avait toujours été un peu sa préférée au sein de l'équipe, et elle lui avait terriblement manqué, avec son petit caractère rebelle ! Il allait souvent avec elle au stand de tir. Sara avait toujours été une bonne tireuse, et elle prenait plaisir à nouveau se concentrer en tir de précision.
Ce soir là, il n'y avait eu que deux cas, un suicide par arme à feu, et un homme presque nu trouvé mort dans un quartier connu pour être une plaque tournante pour la drogue, cocaïne en particulier. Sara se pencha sur ce dernier cas avec ses élèves. C'était le dossier de Nick et Greg, mais ils étaient encore sur le terrain avec Brass. Les étudiants étaient revenus avec un inspecteur au labo avec certaines des preuves collectés.
- Dans un cas comme celui là, nous n'avons presque rien sur la victime. Pas de papiers d'identité, pas de voiture... Ses empreintes ne sont pas fichées. Il y a une caméra de surveillance de parking de mauvaise qualité qui a filmé la scène de loin. L'analyse d'adn prendra du temps... Or, la victime porte toujours sur elle des traces des endroits où elle s'était trouvé avant son meurtre: fibres, poussière, terre... A nous de les trouver et de les faire parler...
- Nous avons ramené les chaussures, et nous avons fait des prélèvements sur sa peau...
- Nous avons collectés de petites fibres et de la poussière...
- Dans une crénelure de la semelle, il y avait comme un aggloméré noirâtre qui ressemble à du goudron.
Sara coupa le jeune homme qui venait de prendre la parole :
- Quelle chaussure ? Soyez tous toujours précis lorsque vous décrivez un élément.
Le jeune homme consulta ses notes :
- La droite...
- Bien, vous avez déposer les échantillons aux différents labo d'analyse ?
Tous hochèrent la tête en signe d'assentiment.
- Bien, dans ce cas vous pouvez aller assister les analystes. Voyez si vous pouvez en particulier vous mettre en rapport avec Hodges pour l'analyse des matériaux. Sinon, vous pouvez également seconder Archie au traitement des bandes vidéos ou encore à l'adn... A vous de jouer !
Les jeunes gens se levèrent et saluèrent au passage Grissom qui entrait justement dans la salle de réunion avec deux gobelets de café:
- Tiens. Latte Machiato sucré.
- Merci !
- Ca a l'air d'aller avec tes étudiants !
- Oui, en cours, certains étaient plutôt grande gueule, mais maintenant qu'ils sont sur le terrain face à de vrais enquêteurs et à de vrais cas, et non plus à des livres, ils se calment !
- C'est souvent comme ça avec les jeunes, ils sont un peu chiens fous .
- J'étais aussi comme ça ?
- A ta manière. Tu n'étais pas une grande gueule à proprement parler, mais quand tu étais sûre de ton fait, tu ne lâchais pas le morceau ! Tu avais toujours soif d'apprendre, encore maintenant d'ailleurs. J'appréciais tout ça chez toi, et je te souhaite d'avoir toi même des étudiants de ta trempe.
- C'est gentil, merci. Tu reste au labo ce soir ?
- Oui, l'équipe n'a pas besoin de moi sur le terrain et j'ai un tas absolument monstrueux de paperasse à faire...
- Je t'aiderais volontiers, mais ce n'est pas mon domaine !
- Te savoir près de moi, à quelques pas, c'est déjà un réel plaisir. Où sont tes élèves ?
- Je les ai envoyé chez Hodges, vengeance à retardement pour tous les sarcasmes et autres remarques stupides qu'il m'avait faite...
- Tu as la rancune tenace ! J'espère ne jamais avoir à la subir.
Grissom lui pris la main et embrassa ses doigts :
- Je t'aime Gil...
- Moi aussi...
- Retourne à tes papiers, moi, je vais voir si mes étudiants ont trouvé quelque chose !
Les analyses avaient pris du temps, Hodges ayant encore des analyses de la veille en cours...
- Pas de traces de drogue sur le corps ou les chaussures...
- Dans les narines ? Traces de piqûre ? Demanda Sara, assise en face du bureau de Grissom, ses étudiants autour d'elle, sous le regard de Grissom lui-même...
- Négatif. Le Docteur Robbins nous a déjà fait parvenir des résultats toxicologiques, il a trouvé une forte proportion de cyanure... Mort aux rats ?
- C'est probable, c'est un poison souvent utilisé car relativement facile à trouver dans la mort aux rats comme le soulignez si justement... L'autopsie est terminée ?
- Non Madame, ils en sont encore à l'examen externe.
- Bien vous aller vous concentrer sur l'analyse de cette substance goudronneuse. Hodges vous a donné sa composition, à vous de trouver d'où elle provient ! Et vous aurez alors un indice sérieux !
Sur le terrain, les policiers avaient fait une enquête de voisinage, mais comme souvent, personne n'avait rien vu ni entendu...
- Il faut essayer de trouver d'où il venait. Pour cela, je laisse aux mains expertes de Greg et Nick. Aidez les, mais sans les gêner ! Si vous avez des questions, je serais à la salle de réunion...
- Oui Madame.
Quelques instants plus tard, après avoir posé un carton sur le bureau, Grissom pris la parole :
- Ils t'obéissent !
- Je me plais à croire qu'ils m'aiment bien...
Grissom inspira profondément :
- Tu es sûre de toi ?
- Oui, je veux voir la maquette...
- Pourquoi ?
- C'est difficile à expliquer, mais j'ai besoin de la voir pour comprendre. Avant, les maquettes n'avaient rien de personnel, c'étaient des preuves dans des meurtes de victimes que nous ne connaissions pas. Mais celle là...
- Quand j'ai soulevé la voiture miniature et que j'ai compris que c'était toi qui était coincé dessous, j'ai cru devenir fou...
Doucement, délicatement, il sortit la maquette de la boîte.
Sara l'observa un moment , silencieuse.
- Quand j'ai reçu le bulletin météo annonçant une vague orageuse, j'ai versé de l'eau sur la maquette pour voir comment l'eau affecterait... tout ça...
- Et ?
- Tu connais la réponse mieux que moi...J'ai compris que tu risquais de mourir noyée.
- Oui...
- On n'a jamais vraiment parlé de ce qui s'est passé...
- Que dire... La pluie, le froid, la nuit, la peur... Le coyote, la solitude, le désespoir, la panique... Une fois que j'avais réussi à m'extirper de la carcasse, je ne savais pas trop quoi faire. Rester là et attendre ? Avec le risque qu'elle revienne et ne choisisse une façon plus expéditive de me tuer.
- Tu ne pensais pas qu'on retrouverais la voiture ?
- Je ne pensais à rien qu'à m'éloigner de cette endroit où j'avais failli mourir. Je ne doutais pas de vous et de votre acharnement à me trouver, mais je pensais que si je restait là, je risquais plus. J'espérais trouver une route, une maison, n'importe quoi...
- Avec les autres, on a creuser le sable sous la voiture, et je paniquais de plus en plus en ne te trouvant pas. Mais te connaissant, j'ai de suite pensé que tu avais pu t'en sortir et on a réorienté les recherches.
- Oui...
- A un moment, je regardais le désert en me demandant où tu pouvais bien être, et Catherine à dit quelque chose de très juste.
- Ah ? Quoi ?
- Que tu es une survivante... Avec tout ce que tu avais déjà traversé dans ta vie, tu avais déjà prouvé que tu étais une survivante. Disant cela, il remis le couvercle sur la boîte en carton, espérant par ce geste symbolique enterrer les tourments intérieurs de Sara.
Le silence s'installa... Coupé de longues minutes plus tard par Nick :
- Pardon Grissom. Sara, tu peux venir s'il te plait ? On aimerait ton avis sur la substance trouvé sur la chaussure...
- J'arrive.
Sara croisa le regard de Grissom et lui sourit:
- Ne t'inquiètes pas, je crois que j'ai bel et bien laissé mes démons derrière moi...
Elle franchit la porte, vive et souriante.
- Je l'espère, murmura Grissom, je l'espère pour toi ma chérie, et pour nous...
Il l'observa encore un moment, assis à son bureau il pouvait voir dans la salle de réunion. Il observait son profil, la façon qu'elle avait de passer sa main dans ses cheveux pour ramener une boucle rebelle derrière son oreille, de froncer les sourcils quand elle se concentrait... Ses étudiants buvaient littéralement ses paroles. Grissom avait toujours espérer que Sara se tournerait un jour vers une carrière d'enseignante, elle arrivait en effet à expliquer de manière simple mais efficace les théories complexes de la physique. Et si en plus elle mettait ces compétences au service de la formation médico-légales des nouveaux enquêteurs qui allaient bientôt leur succéder sur le terrain, que demander de plus !
Ils réussirent à retrouver le domicile du jeune homme, dans une banlieue résidentielle, grâce à la composition de la terre prise dans le goudron. Des jardiniers de la ville avaient épendu du terreau spécial, nécessitant moins d'eau pour les plantations. De fil en aiguille, les enquêteurs avaient remonté la piste jusqu'à la maison. Il était marié mais trompait sa femme. Cette dernière ayant découvert le pot aux roses, avait empoissonné son mari et jeté son corps dans les bas fond, où le cadavre avait rapidement été dépouillé de tout ses biens, à l'exception de ses sous vêtements et de ses chaussures...La femme ne chercha même pas à nier, se bornant juste à constater que son mari, même mort, lui gâchait encore l'existence...Une réalité terrible et pourtant, presque banale pour les enquêteurs.
Sara avait eu raison de dire que ses démons l'avaient quitté. Elle ne faisait plus de cauchemars, enfin... Le deuxième semestre était terminé, les partiels corrigés. Elle était satisfaite de ses étudiants, tous avaient obtenu de bons résultats dans sa matière. Maintenant qu'elle était universitaire à plein temps, libéré des contraintes du métier d'enquêtrice qui ne lui en laissait guère le temps, Sara avait retrouvé le goût de la recherche et de l'expérimentation. Deux de ses papiers avaient été publiés dans des revues scientifiques et médico-légales. Bien sûr, elle avait encore du chemin à parcourir avant d'arriver à égaler Grissom, mais elle était en bonne voie, et Grissom l'encourageait, voyant à quel point elle était épanouie. Leur couple fonctionnait à merveille et faisait même des envieux au sein du LVPD...
Elle était allongé sur le dos, Grissom à ses côtés, ce dernier laissant doucement sa main flâner sur le corps de sa compagne. Il dessinait les contours du papillon monarque qu'elle avait tatoué sur le ventre, frôla son pubis, glissa sur son nombril...
Il avait remarqué que depuis quelques temps, les courbes de Sara semblaient plus opulentes, ses seins plus lourds, sa taille un peu moins marquée...
Il tordit un peu la bouche, leva un sourcil interrogateur en regardant Sara tandis qu'il massait son ventre de gestes circulaires... Il avait compris.
Sara ne dit rien, se contenta de rire gaiement en l'embrassant...
- Tu es sûre ?
- Oui, tu vas être papa !
FIN