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Série : CSI : Crime Scene Investigation
Création : 24.11.2008 à 01h21
Auteur : marguerite
Statut : Terminée
« Une voiture fonce dans la maison de Grissom. À première vue, ce n'est qu'une banalité de la vie, mais l'évènement se transforme bientôt en drame... » marguerite
Cette fanfic compte déjà 42 paragraphes
LAS VEGAS, DIMANCHE LE 23 NOVEMBRE, 10h17 DU MATIN
La voiture dévalait à toute allure la chaussée. Les passants criaient, mais le chauffeur ne semblait pas vouloir arrêter. La voiture embarquait par moment sur les trottoirs. Rien ne l'arrêtait. Un homme prit son portable pour joindre la police. La voiture grilla son quatrième feu rouge en ligne. Il tourna un coin et faillit percuter des piétons. Des cris s'ajoutaient aux autres qu'on pouvait entendre. Marchant avant d'aller chez lui se coucher, Greg sauta dans sa voiture, et curieux, suivi la voiture...
LAS VEGAS, DANS LA MAISON DE GRISSOM
Il embrassa une dernière fois Sara. Bien au chaud dans leur lit, les couple se blottit un peu plus l'un contre l'autre. Un peu comme à chaque fois avant de s'endormir, quelque les dérangea. Généralement, c'était un téléphone qui sonnait ou le chien qui jappait, mais là, les deux se dressèrent carrément dans le lit. Le bruit qu'ils avaient entendus était dur à qualifier. On aurait dit un gros boum, mais pas comme une bombe. C'était plus... Il sembla immédiatement à Grissom qu'un objet - peu importe cet objet - avait percuté un autre de plein fouet. Cependant, ce fut le tremblement qui parcourut la maison qui fut le plus inquiétant.
Ils enfilèrent leurs robes de chambre. Ils firent quelques pas, timides, dans le couloir. Il ne fut pas difficile de trouver la cause du bruit. Une voiture était dans le mur de la maison. Ou plutôt, le mur avait été défoncé par une voiture. Gil et Sara échangèrent un regard plutôt surpris, mais ça se comprenait. Généralement, il est rare de trouver une voiture à la place du mur de votre salon.
-Que fait-on ? demanda Sara à Grissom.
Sans rien dire, Grissom s'approcha de la voiture. Elle était à demi entrée dans le mur. Il regarda dans la voiture, mais comme les vitres étaient teintées, il ne voyait. Il cogna dans la fenêtre. Pas de réponse. Il ouvrit la portière - elle n'était même pas verrouillée. S'il n'y avait pas eu de réponse, c'était simple. Le type était mort.
Sa tête reposait désormais sur le volant. Grissom poussa un peu sa tête. Le jeune homme devait être au milieu de la vingtaine. Il avait des plaies au visage dut au volant. Bizarrement, aucune n'avait saignée. Le jeune homme était donc déjà mort avant de percuter la demeure. Grissom se tourna vers son amante.
-J'appelle Brass, tu retournes chez toi. Si on te pose des questions, tu ne sais rien.
-Je pourrais dire que j'étais la première que tu as réussis à joindre ?marmonna-t-elle.
Grissom s'avança vers elle.
-Ça serait trop suspect ! Déjà que je me force pour essayer de partager tes jours de congé...
-Comme si c'était un supplice ! s'exclama Sara en blaguant.
-C'est très dur, dit Grissom en l'enlaçant. C'est très dur de devoir me promener avec toi et de voir tous les regards que tu attires...
Sara rit de plus belle.
-Les tiens ?
-Va te changer ma chérie, avant qu'un passant appelle la police. Ils appelleront la police scientifique si je dis que le type est mort.
-Tu es de la police scientifique ! dit Sara.
-Tu les connais, Sara. Ces gars-là sont très têtus. Ils appelleront Nick, Warrick, Catherine, Greg... répliqua-t-il en faisant mine de compter sur ces doigts.
-D'accord, d'accord !
Elle se précipita à la chambre pour se changer, ce que Grissom fit aussi d'ailleurs. Ils échangèrent un dernier baiser, puis, elle ouvrit la porte et sortit. Elle tombanez à nez avec Greg. Sara sursauta.
-Que fais-tu là ? demanda Sara, surprise.
-Je pourrais te poser la même question ! s'écria le jeune expert.
-Je suis venue porter un rapport et je retournais chez moi.
-Alors qu'une voiture vient d'entrer dans le mur de sa maison ?
Sara essaya de cacher son malaise. Que dire, que dire ? Le sens de la répartie n'était pas toujours parfait chez elle. Avant que Greg s'apperçoive qu'elle était bouchée, elle dit:
-Il m'a demandé de partir et de ne pas l'aider. Je ne crois pas qu'il voudra plus de ton aide !
-Je vais quand même allée lui proposer.
Il la contourna et alla sonner. Sara resta figée devant la maison, espérant que Gil n'allait pas sortir quelque chose comme :"Sara, ma chérie, va avant que Brass n'arrive !"
La porte s'ouvrit et Grissom vit Greg et derrière Sara qui faisait des signes étranges.
-Je peux vous aider, Greg ?
-Je crois que c'est plutôt à moi de vous aider. J'ai vu la voiture enfoncé dans votre maison. Je me suis dit que vous auriez peut-être besoin d'aide.
Grissom regarda Sara qui faisait encore des signes étranges. Sur ces lèvres, il crut lire: " Dis oui !"
-Oui, merci de votre aide, Greg.
Il le fit entrer et vit le regard de Sara. Elle se mordit la lèvre et fit un signe un peu plus clair.
"Et moi ?"
Il l'invita à entrer.
-Il me semblait que vous n'aviez pas besoin de son aide ? dit Greg.
Grissom afficha un air surpris.
-Il a changé d'avis, quand il a vu à quel point, toi et moi, nous étions... serviables.
Sara s'avança dans la maison.
-Il faut bien ramasser les dégâts qu'à causer cette voiture chez vous, Grissom.
-Il faut, ajouta-t-il en acquiesçant.
Grissom arriva bien sûr en retard dans la salle de repos pour les attributions. Essoufflé, il s'arrêta avant de franchir la porte. De l'autre côté de la vitre, Sara perçut son regard et lui fit un magnifique sourire. Un peu grâce à ça, il trouva nécessaire pour aller affronter son équipe.
-Bon, désolé pour mon retard !
-Alors, c'est vrai ? demanda Nick, incrédule.
Il avait écouté l'histoire de Greg, mais ça lui avait semblé trop... spécial. Épuisé par sa journée, Gil n'avait aucune patience.
-Oui, oui et oui. Malheureusement, c'est vrai. Parfois je me demande si je n'attire pas la malchance, mais bon ! C'est la vie.
Il y eut un silence gêné. Grissom regarda chaque membre de son équipe. Personne ne posait de question. Il commença donc.
-Greg et Catherine, vous avez un peut-être suicidé, Brass vous y attends.
-Pourquoi un peut-être suicidé ? s'enquit Catherine.
-Il a été trouvé dans son lit. Il serait mort d'une "overdose" de fièvre. Ça pourrait ressembler à une erreur de jugement, mais il y avait une lettre de suicide sur la table de chevet.
Catherine et Greg se levèrent et s'éloignèrent.
-Nick et Warrick, vous avez la disparition d'un jeune homme. Il était supposé être jury dans un procès pour meurtre prémédité, mais il s'y est jamais présenté. Il est absent depuis plus de trois jours. Bonne chance !
-Et nous, Grissom ? demanda Sara, alors que Nick et Warrick s'éclipsaient.
-On va éclaircir le mystère de la voiture.
-Le mystère ?
-Le type dans la voiture était mort depuis plus de deux jours, Sara.
-Ha.
-J'ai appelé les assurances. Pleins de détails compliqués qu'il va me falloir régler avant longtemps. La voiture est dans le garage du laboratoire. Le gars est à l'autopsie. C'est là que nous allons en premier.
-Je vous suis Grissom.
Sur ses lèvres, elle forma les mots " au bout du monde ", mais elle ne les prononça pas, par peur que quelqu'un les entende. Elle devait avouer que se cacher devenait fatiguant à la longue, mais elle n'avait pas à être séparée de lui. Ils se rendirent à la salle d'autopsie. Revêtant leur belle robe, Grissom remarqua la difficulté de Sara et s'approcha doucement d'elle. Il attacha délicatement le lacet qui avait causé tant de difficulté à la brunette. Il frôla consciemment sa nuque. Cela provoqua de petits frissons de plaisir à Sara. Elle se détacha de perdre la maîtrise d'elle-même.
-On y va, il doit nous attendre.
Ils allèrent à la salle d'autopsie et rentrèrent sans même échanger un regard. Les deux savaient que s'ils échangeaient un regard, les deux seraient dans un état second. Ils s'installèrent chacun d'un côté de la table, à une bonne distance l'un de l'autre, le temps que la tension sexuelle entre les deux retombe.
Le docteur Robbins ne sembla rien remarqué. Comme parfois, il chantait. C'était toujours un peu drôle de le voir s'ébrouer ainsi. Sara jeta un regard amusé à Grissom avant de partir à rire. Ce dernier avait aussi un air enjoué. Il ria un peu, ce qui lui fit un grand bien, surtout après le stress et la fatigue de la journée.
-Cause de la mort ? demanda Grissom.
-Vous êtes pressés ? Laissez-moi commencer.
Il regarda Grissom et Sara, s'attarda un peu à cette dernière et revint sur l'entomologiste.
-Aucune plaie, aucune blessure. Un corps en parfaite santé. Il a été empoisonné. Il a du être ingurgité, car il n'y a aucune marque de piqûre. J'ai extrait le contenu de l'estomac et c'est de l'acide pur et simple qu'il a avalé. Ce qui explique aussi l'irritation que j'ai apperçu le long de la gorge et probablement partout dans le système. Je ne doute pas que vous avez un crime sous les bras, dit Robbins.
-Surtout, que d'une certaine façon, il s'est retrouvé dans le mur de votre maison, Grissom, ajouta Sara.
Visiblement surpris, Robbins jeta un regard interrogateur à Grissom. Il leva les sourcils et ouvrit légèrement la bouche, comme pour accentuer sa surprise.
-Dans... Dans le mur de votre maison ? répéta-t-il, incrédule.
-C'est une longue histoire, éluda Grissom.
-Qui mériterait d'être raconté, sans aucun doute, répliqua Robbins.
Le docteur Robbins les avait finalement laissé partir. Cependant, il avait insisté pour connaître l'histoire. Ç'avait été un combat féroce de ne pas révéler leur relation. Ils avaient par contre été obligé de mentionner le fait que Sara était là au moment de l'accident. Car Greg, grande gueule comme il était, raconterait sûrement l'histoire à tous. S'il mentionnait que Sara était là et qu'ils avaient aidés Grissom, mais que ce n'était pas la version qu'ils avaient comptés à Robbins, ça compliquerait encore plus la situation.
Ils sortirent et Sara s'empressa d'enlever la magnifique robe qu'ils étaient obligés de porter pour les autopsies. Grissom partit à rire devant son empressement. Ça l'amusait toujours de voir sa jeune amante se débattre avec ça. Après un combat acharné, Sara l'a plia et la mit sur son bras. Elle replaça ses cheveux déplacés dans la lutte et regarda Grissom. Ce dernier réprimait un sourire amusé.
-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle en jetant un coup d'oeil à son apparence.
Sans rien dire, Gil se rendit au vestiaire, après avoir rangé son tablier et celui de Sara.
Cette dernière le suivit, mais ne lâcha pas prise. Il n'avait pas répondu et elle attendait une réponse.
-Q'est-ce qu'il y a ? répéta-t-elle en baissant la voix pour ne pas attirer l'attention des autres qui travaillaient autour.
-J'aime quand tu t'énerves. Ça te rends encore plus charmante, murmura Gil à son oreille.
Elle se dégagea et se détourna de lui. Malgré sa surprise, Grissom posa ses mains sur la taille fine de Sara. Elle se tourna pour le jauger avec surprise.
-Que fais-tu ?
-Je t'embrasse.
Il la força à accepter un doux baiser. Cependant, il était rapide et furtif. Il en voulait pas que les autres l'apperçoivent. Ils se séparèrent en rigolant. Ça au moins, c'était permis, de rire en présence des autres, Après tout, ils avaient toujours si complices !
Ils entrèrent dans une salle et placèrent les photographies devant leurs yeux. Maintenant, ils pouvaient parler librement, mais aucun contact physique n'était permis.
-Vous êtes nul pour lire sur les lèvres, Grissom, dit simplement Sara.
-Pardon ? demanda l'interpellé, un sourire confus sur le visage.
-Vous êtes nul pour lire sur les lèvres.
-Vous avez bien dit : Dites oui ?
-Non, répondit Sara, s'esclaffant presque.
-Comment ça, non ?
-J'ai dit : Ne dites pas oui !
-Non ! s'exclama Grissom.
-Si, si ! répliqua Sara.
-Voilà pourquoi Greg a eu l'air si bizarre quand je vous ai laissé entrer.
-Que vous êtes perspicace, Grissom ! s'exclama Sara en riant.
-Que lui aviez-vous dit ?
-Que j'ai seulement venu porter un rapport et que vous m'aviez dit ne pas avoir besoin de mon aide. J'ai eu l'air d'un méchante qui ne voulais pas vous aider !
-Ho...laissa échapper Grissom, en comprennant sa bêtise.
-Pas grave, c'est régler Grissom.
-C'est ça...
Ils examinèrent les photographies étalées devant eux. Celles de la voiture et du jeune homme, bien évidemment. Soudain, un techicien arriva en trombe.
-J'ai trouvé l'identité de votre victime ! s'écria-t-il.
-Allez-y ! l'encouragea Sara.
-Il s'agit de Colin Handers. Il a été arrêté il y a trois ans. Malheureusement, il est ressortit il y a environ trois mois. Voici toutes les informations.
-Merci.
Le jeune technicien ressortit de la pièce en bondissant presque.
-Un ex-détenu, murmura Sara, plus pour elle-même que pour Grissom.
-Y'en a plusieurs qui peuvent lui en vouloir.
-Surtout pour agression sexuelle ! Imaginez, la famille, les amis... Bref, tous ceux qui ont connus la victime de près ou de loin.
-C'est sûr, acquiesça Grissom.
-Par où voulez-vous que je commence ?
Il n'était désormais plus un couple, mais bien deux scientifiques qui travaillaient ensemble pour résoudre une enquête.
-Épluchez tous les dossiers concernant la famille et les amis. Ceux qu'on a interrogé dans l'enquête. Qui a été interrogé, témoigné, bref ce genre de choses. Moi, je vais m'occuper de voir les détails de l'enquête. Je vous contacte si j'ai du nouveau.
Puis, il fit un magnifique sourire en coin et Sara admira ses yeux incroyables yeux bleus avant de partir. Grissom la retint un peu en lui prenant le bras.
-Chez toi ?
-Bien sûr, à moins que tu aies envie d'un chantier pour dormir ? demanda Sara.
-J'ai juste envie d'être avec toi.
-Alors ce sera chez moi.
Elle s'éloigna et Grissom la regarda partir. Dieu qu'il aimait cette femme !
(NOTE DU CRÉATEUR: MERCI DE NE PAS AJOUTER DE PARAGRAPHES, S.V.P.)
Grissom fouillait dans les dossiers depuis un moment, quand il releva la tête. Il s'apperçut que Sara était assise de l'autre côté de la table et l'observait.
-Il y a un problème ?
-Non, répondit l'experte.
Gil baissa de nouveau la tête à ses dossiers, mais après quelques minutes, il se rendit qu'il ne pouvait se concentrer si Sara continuait de l'épier ainsi.
-Quoi ? insista-t-il.
-Enfin vous vous rendez compte que je veux vous parler ! s'exclama Sara.
Grissom aurait été fâché si n'importe lequel de ses employés lui auraient posés la question. Cependant, il s'agissait de Sara et dans ces cas-là, impossible de se choquer.
-Donc ? demanda-t-il.
-Je n'ai strictement rien trouvé.
-Pardon ?
Sara soupira et répéta plus lentement:
-Je n'ai rien trouvé.
Surpris, Grissom la regarda en fronçant les sourcils.
-Rien ?
-Rien ! assura Sara.
-Expliquez-vous...
-La jeune fille violée est morte d'une leucémie il y a sept mois. Elle vivait chez sa mère, qui est morte dans un accident de voiture, banal, si on peut dire, il y a un an et demi. Le père est introuvable.
-Où vivait la petite avant sa mort ?
-Dans un centre pour jeunes. Pas d'oncle, pas de tantes. Au procès, elle était seule avec sa mère. C'est cette dernière qui a trouvé Handers en train de violer sa fille.
Sara réprima un frisson. Elle ne savait pas comment elle aurait réagi si elle avait trouvé un homme en train d'agresser sa fille. Elle essaya d'imaginer. Impossible, l'horreur devait être trop grand.
-Ça va ? fit Gil en la voyant frissoner.
-Mouais...
Revenant à l'enquête, Grissom réfléchit un moment. La fille et la mère étaient mortes. Le père était introuvable...
-Est-ce que la mère ou la fille connaissait Colin Handers ?
-À ce que j'ai compris du dossier, non. Il aurait pénétré une maison au hasard et aurait violé la petite. Rien ne mentionne qu'il les connaissait.
Devant le silence de Grisson et son regard, elle se douta de la prochaine question.
-Aucun des deux n'avaient d'avocat. Handers a plaidé coupable et il a mérité environ deux ans de prison. Une peine dérisoire, si vous voulez mon avis.
Grissom hocha la tête. Il essayait de ne pas se laisser submerger par l'horreur. Un violeur trouvé mort dans une voiture, qui avait ensuite foncé dans sa maison...
-Croyez-vous qu'il y a un rapport entre le fait que la voiture a percuté ma maison et le fait que je suis un policier scientifique ?
Sara fut surprise par la question.
-Franchement Grissom, je ne crois pas. La voiture aurait pu percuté la maison d'à côté, comme la vôtre. Je crois que... quelqu'un la partit et il a sauté en bas de la voiture pendant qu'elle roulait.
-Alors, si les commerces aux alentours ont des caméras de surveillance...
-Peut-être qu'ils ont captés notre... he... tueur ?!? compléta Sara.
Elle avait hésité sur le mot à employer. Après tout, celui qui voudrait se débarasser du corps était sans doute celui qui s'en était encombré.
-Le tueur voulait se débarasser du corps en le mettant dans la voiture ? demanda Sara.
Il y avait un détail qui ne collait pas avec le reste.
-Sûrement, répondit Gil.
-Alors... Alors pourquoi le faire foncer dans une maison ou attirer l'attention avec une voiture qui "dérive" ? Si, et je dis bien si, je commettais un meurtre, je m'arrangerais pour cacher mon crime. Le type aurait disparu, mais je ne voudrais pas qu'on retrouve le cadavre.
-Vous, dit Grissom en pointant Sara du doigt, vous cacheriez le cadavre. Cependant, il est clair que celui qui a laissé cette voiture roulé voulait attirer l'attention. Il voulait qu'on sache qu'il avait commis des meurtres. Il voulait... il voulait qu'on lui donne le mérite de ce qu'il avait accomplis.
Même à Grissom, cette idée provoqua un petit frisson d'horreur. Comme si accomplir un meurtre était un accomplissement !
-Je crois qu'il est temps d'examiner la voiture, dit Sara.
-Tout à fait d'accord ! s'empressa de dire Grissom.
Dans le garage, Sara et Grissom commencèrent l'inspection de la voiture. Comme le garage était une pièce plus fermée que les autres et que les deux portes faisaient énormément de bruit, ils pouvaient aisément discuter sans problème. Sara examina les sièges à l'arrière de la voiture, pendant que Grissom se concentrait sur le moteur et tous les trucs qui servaient à faire fonctionner la voiture.
-Alors mon coeur, tu as des projets pour lundi prochain ? demanda le plus innocement Sara.
Après tout, c'était sa fête à elle et elle souhaitait peut-être faire quelque chose de spécial avec lui...
-Non, pourquoi ?
Sara se releva précipitament pour le regarder avec surprise. Cependant, elle oublia que sa tête était dans l'habitacle et elle se cogna la tête avec bruit. Le coup résonna. Une petite bosse se forma sur le sommet de son crâne et elle laissa échapper un gémissement de douleur.
-Aie ! s'exclama Sara.
Gil s'empressa de venir voir si elle était correct. Voyant la formation de la bosse, il frotta doucement l'endroit irrité et finit par l'embrasser. Les baisers de Grissom descendirent de sa tête, à son front, à sa tempe, à sa joue, pour finir sur sa bouche. Ils s'embrassèrent pendant quelques secondes, avant qu'ils entendent la première porte s'ouvrir. Brass arriva. Ils s'étaient séparés à temps, ou du moins, ils l'espéraient.
-Vous voilà ! s'exclama-t-il.
Ils se regardèrent, légèrement confus.
-Sara, votre frère est au téléphone et il veut vous parler. Il panique un peu. Il a parlé de Grissom, mais il n'a pas été très clair. Comme vous aviez oublié votre portable sur la table de la salle de repos, je me suis permis de répondre. Si vous vous voulez bien me suivre...
S'essuyant discrètement la bouche, elle se s'avança en rougissant.
-Je reviens...dit-elle à l'intention de Grissom.
Elle sortit en compagnie de Brass, laissant Grissom derrière eux. Il se pencha de nouveau vers la voiture, en tentant de se départir que Brass avait vu (peut-être) quelque chose.
Il fit alors une importante découverte et sortit du garage en cherchant Sara.
Cette dernière se trouvait dans la salle de repos. S'emparant de son téléphone, elle entendit la voix de son frère paniqué.
-TU ÉTAIS SUPPOSÉ VENIR DÎNER AVEC MOI CE SOIR ! OÙ ÉTAIS-TU ?
Sara dut écarter le téléphone de son oreille le temps que son frère parla, tellement il criait fort dans son téléphone. Elle s'attira le regard intrigué de Warrick et Greg. Voyant qu'ils la regardaient, elle sortit de la salle à grandes enjambées.
-Il y a eu un problème, disons. Mais, William, pas de trouble ! Calmes-toi...
-J'ai appelé chez toi, sur ton portable et même chez Grissom. Aucun de vous deux ne m'a rappelé ! J'étais si inquiet... Habituellement, quand tu annules un dîner, tu appelles !
-Je sais, Will, écoute !
-Non, là, c'est toi qui m'écoutes ! Que s'est-il passé pour que tu me fasses une histoire comme ça ?
-Justement, si je pouvais m'expliquer...
-Chut ! Je parle ! J'étais si inquiet. Je me suis pointé chez lui et ce que je trouve chez ton prince charmant, c'est une voiture dans le mur.
Sara se retourna et vit que Nick l'avait suivit discrètement.
-Will, la ferme ! T'es pire que l'était Papa ! murmura Sara.
-Estime-toi chanceuse que je ne te batte pas comme lui !
-WILL ! Ferme-la ! s'écria-t-elle, en prenant conscience de son ton et de ce que son frère avait dit.
Il y eut un silence qui lui confirma qu'elle avait enfin obtenu le mutisme de son frère pour parler.
-Je n'étais pas chez lui et personne n'a rien. Maintenant, tu vas me laisser retourner à mon travail, avant que mon patron se fâche. On reporte le dîner et ce sera régler.
-C'est ça, marmonna son frère à l'autre bout du fil. N'oublie surtout pas d'inviter ton "prince charmant"! Je tiens à le rencontrer en vrai et pas seulement à travers tes récits.
-D'accord, mon prince charmant sera là...
La voix de Will reprit:
-Tu sais, Maman veut te voir...
Elle coupa immédiatement la ligne. Elle ne voulait pas parler à sa mère. Elle ne voulait pas la voir et encore moins, simplement en entendre parler. Car, chaques années, à son anniversaire de décès de son père. Depuis tout ce temps, elle n'avait pas parlé à sa mère. Pas qu'elle lui en voulait d'avoir tué son père violent, mais...
C'était compliqué !
Sara soupira et tâcha d'effacer les larmes qui avait coulé sur ses joues. Elle se décida d'aller rejoindre Gil. Elle se retourna et vit que plusieurs personnes qui se promenaient dans le couloir la regardaient surpris.
Dont Grissom.
Elle tourna les talons vers l'extérieur. Non pas qu'elle voulait partir, seulement elle voulait prendre une bonne respiration d'air pur. Elle voulait quitter l'air étouffé du LVPD.
Avant qu'elle ne put atteindre la sortie, un bras se pointa devant elle. Celui d'un Nick tout stupéfait.
-Ton prince charmant ?
-Fiche-moi la paix ! s'exclama-t-elle, plus hystérique qu'elle ne l'aurait souhaité.
Elle sortit au dehors et alla s'appuyer sur sa voiture. Vite, Gil vint la rejoindre. Il lui prit la main discrètement. Il ne la força pas à se confier.
Elle le fit d'elle-même.
Sara s'était tue depuis un moment, et ses larmes s'étaient arrêtées. Grissom lui tenait toujours la main, l'assurant d'une présence rassurante. Le jour commençait à se lever. Sara admira le lever du soleil en silence. Elle aimait beaucoup voir ce spectacle, ce que lui permettait souvent son horaire. Après quelques instants, Gil prit la parole.
-Veux-tu rentrer à la maison ?
-Non, je veux rester avec toi...
-Tu veux vraiment continué à travailler, ce matin ?
-Oui, répondit-elle, obstinée.
Ils entrèrent dans le bâtiment, elle plus calme et lui plus tendu.
-Vous savez, Sara (il recommença à la vouvoyer devant leurs collègues...), il faut pardonné un jour.
Surprise par ce que venait de dire son amant, elle le regardait en écarquillant les yeux.
-Comment, Grissom, comment pouvez-vous dire ça ?
L'affolement la regagna.
-Je veux dire... Vous voulez que je pardonne à ma mère d'avoir tué mon père?
-Vous lui en voulez ? s'enquit Grissom.
-Je ne lui en veux pas, mais... C'est juste que chaque fois que je pense à elle, je...
Grissom lui lança un regard appuyé.
-Arrêtez ! s'exclama-t-elle. Vous ne comprenez rien...
-Parfois, Sara, il faut savoir mettre son passé derrière soi...
-Facile à dire pour vous ! s'écria presque Sara.
Elle sembla réfléchir pendant quelques instants, puis s'avança pour aller chercher son sandwich dans la salle de repos, animée d'uen faim soudaine. Elle entra. Sara avait crue que Gil avait abandonné, comprenant qu'elle ne pouvait simplement pas retourner voir sa mère. Elle s'installa à la table qui trônait encore au centre de la pièce. Une voix derrière elle la fit sursauter.
-Sara, ce n'est pas raisonnable d'entretenir une haine pareille. C'est votre mère... tout de même !
-Grissom ! Je ne veux pas en parler. C'est mon choix et ... C'est plus compliqué que vous le croyez !
-Expliquez-moi Sara. Je crois être en mesure de comprendre.
Sara essaya de démêler ces pensées. D'un côté, elle savait que Grissom ne voulait que son bien, mais elle avait une peur panique de se trouver devant sa mère. Les cauchemars avaient commencés à la quitter depuis qu'elle était avec Grissom, mais revoir sa mère les ferait sans doute ressurgir.
-Ce n'est pas que c'est compliqué... Je n'ai tout simplement pas envie d'en parler !
Il leva les deux mains pour lui faire comprendre qu'il abandonnait. Il était à parier qu'il se réessayerait plus tard.
-Et l'enquête ? demanda-t-elle en finissant son repas.
-J'ai fait une découverte sur la voiture. Et... je suis convaincu que ce n'est pas un accident si la voiture a percuté ma maison, précisément. C'était voulu, calculé.
Intriguée, Sara l'incita, d'un geste de la main à continuer à parler.
-Il y avait un système télécommandé. Un système qui était dirigé à distance par une télécommande. Comme fonctionne les avions ou les voitures télécommadés. Cependant, c'est un système plus poussé et plus puissant.
J'ai demandé à un technicien de nous retracer le signal. On devrait avoir le résultat bientôt.
Enfin calme, Sara eut un sourire d'excuse.
-Désolée, Gil. Je me suis un peu emportée... C'est juste que je commence à avoir un équilibre dans ma vie, grâce à toi et là, Will vient toujours tout chamboulé. William n'y est pour rien dans le meurtre de ... Papa, dit-elle avec courage. Il a subi les contre-coups, comme moi.
Elle baissa la tête.
-Nous avons été séparé tellement longtemps. Nous avons... réussi à nous retrouver il y a quelques années et il a si peur de me perdre à nouveau. À propos du "prince charmant", il a tellement peur que tu me brises le coeur...
Il y eut un silence et Grissom se pencha pour embrasser furtivement Sara. Après tout, ils étaient encore au travail. Derrière eux, un cri retentit. Heureusement, ils s'étaient séparés à temps.
-Je l'ai ! Je l'ai ! J'ai trouvé le signal ! 184 rue des Pins ! Je l'ai !
Étonnée, Sara balbutia:
-184 Rue des Pins... ça me rapelle quelque chose...
Elle échangea un regard avec Grissom ce dernier semblait aussi en pleine réfléxion. Sans un mot, il s'empara du dossier qu'il avait déposé sur la table un peu plus tôt.
-C'est l'adresse de Colin Henders...
Haussant les sourcils de surprise, Sara se leva et ramassa ces choses.
-Où vas-tu ? demanda Grissom, oubliant au passage de la tutoyer.
-Vous ne voulez pas aller chez Henders ? répliqua Sara en insistant sur le Vous.
-Bien sûr, bien sûr...
Il se leva également. Les deux allèrent chercher leurs manteaux et se rejoignirent à la voiture de Grissom. Seuls ensemble, Grissom, tout en conduisant, pris la main de Sara. Prudemment, il s'engagea sur la route. Ils commencèrent à rouler en silence, jusqu'à ce que Sara le brise.
-Je veux m'excuser pour tout à l'heure, dit-elle, sans même le regarder.
Sans quitter la route des yeux, Grissom eut un sourire.
-Je comprends ton comportement... N'empêche, tu devrais quand même essayer d'aller la voir.
Sara n'osa pas répondre.
-Si tu veux, je peux venir avec toi ...
Sara le regarda et Gil détourna les yeux de la route.
-Je sais... l'équilibre.
-Ouais... C'est seulement que avant de commencer à sortir avec toi, je faisais énormément de cauchemar. Je... sa voix devint rauque, comme teintée par l'émotion, Je... vois sans cesse la scène de son .. meurtre. C'est horrible. Le pire, c'est que... j'ai la même sensation de flou et de peur qui m'envahit à chaque fois. C'est... terrifiant !
Les larmes lui étaient montées aux yeux et Grissom ressera son emprise sur la main à Sara.
-Mais, toi, tu effaces tout. La douleur, les cauchemars, tout.
-Chut... Je serai toujours là pour les effacer. Ne t'en fais pas...
Il regarda l'heure : 8 H00 du matin.
-Après ça, on retourne à la maison.
Reportant son attention à la route, il tourna un coin de rue et se gara devant le numéro 184 de la rue.
-On est arrivé !
Sara et Grissom débarquèrent de la voiture, regardant autour d'eux. Ça semblait un quartier assez pauvre du coin. Il n'y avait pas un chat dehors. La maison qu'ils allaient voir, le 184, semblait abandonnée. Le gazon atteignait une longueur incroyable et les volets avaient besoin d'un bon coup de pinceau. Une des fenêtre, ayant sûrement été la cible de vandales, était cassée et un grand panneau de bois la recouvrait. On pouvait voir des graffitis un peu partout sur les murs et les fenêtres. Bien qu'il fasse clair, la maison donnait froid dans le dos.
Sara s'en approcha et remarqua l'absence de voiture dans l'allée. Cependant, sur le gazon, il y avait une marque fraîche de roues, comme celle d'un moto. Grissom passa devant elle et alla se planter devant la porte. Attendant que sa compagne la rejoigne, il cogna la porte, mais n'obtint aucune réponse. Ils ne pouvaient pas entrer. Il tourna la poignée et, stupéfait, constata qu'elle n'était pas verrouillée. Intrigué, il jeta un regard entendu à Sara et poussa la porte. Une odeur horrible leur monta au nez. Quelque part dans la maison, il y avait un cadavre, c'était sûr. Ils n'eurent pas à se déplacer longtemps avant de le trouver. C'était un homme, probablement la cinquantaine avancé. Il était assis sur le sofa, la télé ouverte et le son descendu au maximum. Des asticots commençaient à s'accumuler sur le corps. C'était dégoûtant.
Grissom jeta un regard au cadavre. Il releva la tête et dit :
-Je sais de qui il s'agit !
Sara haussa les sourcils, étonné.
-Qui, alors ?
-C'est John Manderson ! Je l'ai arrêté il y a environ dix, pour une affaire de viol. Il est ressortit de prison il y a environ 1 ans.
-Viol, encore une fois ! constata Sara.
-En effet...
-Remarque, ajouta Sara, c'est pas eux qui vont le plus nous manquer.
Grissom la regarda, eut un sourire, puis le perdit et finalement, soupira.
-Malgré tout, ça reste des meurtres...
Ils appelèrent Brass et commencèrent le relevé d'empreintes et d'indice. Sara fit le tour de la maison, sans rien trouver. Apparemment, rien n'avait été déplacé. Grissom se concentra sur le cadavre, en particulier à cause des insectes qui s'y trouvaient.
-La mort remonte à environ deux jours, cria-t-il à Sara.
Ne recevant pas de réponses, il entendit un bruit de verre brisé et un cri. C'était Sara. Comme Brass, la Criminelle et le coroner n'étaient pas encore arrivés, ils étaient envore seuls dans la maison.
Grissom se leva et sortit son arme sans réfléchir.
-Gil !
C'était encore Sara.
-Sara ? Où est-tu ?
-Dans la ... Ha ! Aie !
Il y eut un second coup de fusil.
-La chambre ! s'écria Sara.
Grissom avait fait le tour de la maison avec Sara une fois et se souvenait exactement où était la chambre. Il s'y précipita. Il vit Sara. Elle était étendue sur le plancher.
-Sara ? Ça va ?
Elle s'installa sur le sol, assise. Elle porta ses mains sur sa jambe.
-Ça fait mal...
Elle essaya de se relever, mais ça lui arracha un cri de souffrance.
Il regarda autour de lui et entendit finalement des portes de voiture. Brass et la Criminelle arrivaient enfin.
-Grissom ? Sara ?
-Dans la chambre ! répondit Grissom. Sara est blessée !
Il attendit un moment et vit le regard de Sara.
-Que s'est-il passé ?
-J'étais penché sur le lit, car il y avait un peu de sang. J'ai senti une présence dans mon dos. J'ai cru que c'était toi, mais il y a eut un bruit de verre brisé et je me suis retourné. Il y avait un homme dans un grand manteau noir et il... brandissait une arme. Il a tiré sur moi, mais j'ai bougé à temps et la balle est entrée dans le mur. Il a pris un morceau de verre sur le sol et me l'a planté dans la jambe. Avant qu'il est le temps de partir, je l'ai griffé au visage. J'ai son ADN... J'ai cru que ce serait important de l'avoir...
Grissom réprima un rire amusé.
-Même quand on te tire dessus, il faut que tu prélèves des indices.
Gil se retourna et vit un miroir sur le sol, comme jeté lors d'une grande frayeur. Il dégagea la main de Sara. Un morceau de verre, dans aucun doute du miroir, était planté dans sa jambe. Et elle saignait.
-Sara ? Grissom ? répéta la voix de Brass.
-On est dans la chambre ! dit Sara.
Brass arriva finalement. Il s'agenouilla près de Grissom et Sata.
-Montrez-moi la blessure...
Il y jeta un coup d'oeil. Il déglutit, puis jugea la pièce d'un regard.
-Vous devriez aller à l'hôpital avec elle... dit Brass à Grissom.
-C'est ce que je comptais faire.
-Et prenez une journée de repos tous les deux.
-Pas question ! s'exclama Sara.
Grissom hocha de la tête pour montrer qu'il était d'accord avec elle.
-Écoutez. Vous avez un deuxième cadavre et l'affaire se complique. Reposez-vous aujourd'hui. De toute façon, Sara vous allez passer plusieurs heures sûrement à attendre à l'hôpital et puis, Grissom, vous devriez dormir un peu. Vous avez l'air mort. En plus, avec la voiture dans votre maison, vous avez encore plusieurs détails à régler. Laissez Catherine a terminé son enquête. Elle peut venir finir votre travail et vous la reverrez ce soir.
À contre-coeur, Grissom et Sara acceptèrent. Brass et Gil l'aidèrent à se relever. Quand Brass mit son bras autour de la taille à Sara, il lui dit qu'il pouvait laisser faire et qu'il avait la situation en main. La pointe de jalousie que Grissom avait ressenti n'avait pas échappé à Sara et elle eut un sourire amusé devant ça. Sans plus attendre, ils prirent la direction du lieu que Sara redoutait plus que tout...
La voiture de Grissom s'arrêta finalement devant l'immeuble à logement de Sara. La jeune femme, à la place de débarquer et d'inviter son amoureux à monter, se tourna vers lui et l'embrassa à plein bouche. Plutôt surpris, Grissom finit par répondre passionnément au baiser. Quand l'air vint à manquer, ils se lâchèrent, mais la main de Sara continua de frotter la nuque de Grissom. La main de Grissom, quant à elle, glissa sur la hanche de sa jeune amante.
-Tu montes.
Ce n'était pas une question, mais une sorte d'ordre. Plus amoureux que jamais, Gil prit la main de Sara et ferma la portière derrière. Ils prirent l'ascenceur. Grissom continuait de supporter Sara en glissant son bras sous sa taille, car même si on avait retiré le verre de la plaie et qu'on avait des points de suture, sa jambe restait fragile. Et donc Sara aussi.
Parlons-en de Sara. Durant toute la durée de leur visite, elle s'était montrée particulièrement désagréable, allant même jusqu'à se plaindre de chaque petits détails. Au lieu de la remettre à sa place, Grissom fut là et lui tint la main, comprenant son comportement. Ça remontait évidemment au fait qu'elle avait passé plusieurs heures sur une chaise d'hôpital, dans une salle d'attente miteuse, seule et surveillée par un policier, après le meurtre de son père. C'est le genre de souvenir qu'on oublie pas facilement. Également, et ça Gil l'ignorait, après chaque visite à cet endroit, peu importe la durée, Sara faisait invariablement un cauchemar la nuit suivante. Elle le savait pertinemment et espérait que cette fois, la présence de Grissom saurait la réconforter.
Dans l'ascenceur, le silence les réconforta un peu. Toujours main dans la main, Grissom et Sara échangeait parfois un regard, puis chacun retombait dans les souvenirs. Grissom se souvenant chaque remarques de sa compagne là-bas, Sara se rappelant à quel point et comment Grissom avait été là tout le long. Pendant un moment, il lui avait tenu la main et ensuite, pendant les points de suture, c'était installé derrière le docteur pour ne pas le déranger. De cette façon, il regarda Sara tout au long et elle aussi. Elle se rendit à peine compte de ce qui se passait. L'océan des yeux de Grissom était si rassurant...
En entrant dans l'appartement, le premier geste de Grissom fut de fermer la porte. Le second, serrer Sara contre lui, très fort. Il savait qu'elle avait été troublé par les évènements de la journée et il voulait lui faire comprendre qu'il était là pour elle - et éagalement qu'il le serait toujours.
Sans un mot, il la mena dans la chambre et l'aida à enfiler son pyjama et lui, sans même se déshabiller ou se changer, prit Sara et l'enlaça. Ils se couchèrent ainsi et rapidement, l'un comme l'autre s'endormirent. Ils étaient heureux.
Sara regarda autour d'elle. Elle n'avait plus près de 33 ans, mais guère plus de 8. En vérité, elle venait de fêter ces huit ans. Dans le mirroir, elle voyait son reflet effrayé et s'étonna de voir à quel point les bleus sur sa figure étaient visibles. Elle se rappela alors que son père venait seulement de la battre. Pourtant, c'était sa fête et elle ne le méritait pas. Ses amis avaient seulement décidés de lui faire une surprise en lui organisant une fête. Le problème, c'était sans doute qu'elle était arrivée avec plus de 3 heures de retard à la maison.
Dès son arrivée, dès que la porte avait été ouverte, elle avait compris que la date n'avait pas d'importance. Que ce soit sa fête ou non, elle allait souffrir. D'ailleurs, si tôt la porte ouverte, son père lui empoigna la chevelure d'une main, la tirant jusqu'à la cuisine. Sa mère et son frère, encore attablés, la regardèrent avec consternation. Lauren Sidle avait bien essayé de convaincre son mari de passer l'éponge, mais rien à faire. William, assit à sa place se dressa et se crispa. Il n'aimait pas entendre les cris de douleur de sa soeur. Sara sentit les larmes lui montées aux yeux, mais elle s'empêcha de pleurer. Au contraire, cela irritait encore plus son père. Elle se contenta de baisser la tête.
Soudain, quelque chose attira son attention. Sa mère, Lauren, qui habituellement laissait son mari agir à sa guise, se leva et ouvrit d'un geste rageur le tiroir contenant les couteaux. Son mari, John ne parut rien remarqué.
-William, amène Sara dans sa chambre...
John voulut protester, mais Lauren, qui jusque là c'était mis dos à son mari, se retourna, montrant du même coup une arme effilée dans sa main.
Sans attendre, William avait empoigné le bras de Sara et l'avait forcé à monter les escaliers sans la laisser jeter un regard derrière elle. Sara entendit alors toutes sortes de cris. Enfermée dans sa chambre avec William, elle ne pouvait s'empêcher de constater à quel point il sembla nerveux. À ce moment, ils entendirent les marches de l'escalier craquées, ce qui indiquait que John Sidle les grimpait. Des cris leur parvinrent, d'abord plutôt étouffés, puis très audibles. La porte de la chambre s'ouvrit en claquant et John se jeta sur Sara. Il poussa William d'un coup de poing rageur et n'eut que le temps d'envoyer un coup. Un seul et un dernier. C'est alors que la petite Sara entendit la fameuse arme effilée de sa mère s'abattre sur le géant qu'était son père.
Il ne cria pas. Il s'effondra sur le sol, sans ne plus rien dire. William était recroquevillé dans un coin de la chambre, se tenant les côtes, mais voyant la marre de sang s'agrandir. Sara, quant à elle, ouvrit de grands yeux terrifiés, ne reconnaissant plus sa mère. Elle se releva et se vit alors dans le mirroir. Les bleus que son père venait de lui faire était plus que visible. Elle s'approcha de son père, mais recula voyant le sang touché presque ses souliers.
Lauren continuait de persécuter son défunt-mari de coups de couteau dans le dos. Sara comprit que maintenant, tant son frère que sa mère l'avait abandonné...
-GGGGIIILLLL !
Sara se réveilla en sursaut, au milieu de son lit. Elle fit émerger Grissom, tant par son cri, que parce qu'elle avait bougé. Il s'assit à côté d'elle et avisa les larmes coulant sur ses joues. Sans comprendre la raison de cet état, il la prit dans ses bras.
-Je t'en supplie, Gil, ne m'abandonnes pas. Je t'en supplie. Dis-moi que tu m'aimes... et que tu en me laisseras jamais tomber...
Grissom repoussa un peu Sara afin de voir son visage. Il lui prit le visage à deux mains et le rapprocha du sien. Les yeux dans les yeux, il la regarda pendant un long moment, avant de dire:
-Je t'aime Sara. Jamais je ne te laisserai.
Il l'embrassa et Sara répondit au baiser comme si sa vie en dépendait. Sara se sépara finalement de lui. Grissom se pencha et embrassa le cou et la nuque de Sara.
-Jure-le, dit-elle.
Il se releva et prit un peu la même pose que tout à l'heure.
-Je te le jure. Maintenant, explique-moi ce qui s'est passé.
-J'avais huit ans. Je revenais d'une fête surprise organisée par des amis. Je... Mon père m'empoignait les cheveux parce qu'il voulait... me ... battre. Ensuite, ma mère se levait de table et allait chercher un couteau... Elle demandait à mon frère de monter dans ma chambre avec moi. Ensuite, je les ai entendus... Ils montaient les escaliers en se chicanant. Papa... est entré (sa gorge se serra et les larmes coulèrent encore). Il a frappé Will qui essayait de me protéger. Il a eu le temps de me gifler et de me frapper deux ou trois fois. (elle posa ses mains aux endroits où elle avait des bleus sur sa figure). Ma mère se jetait sur lui et elle le poignardait dans le dos... (ensuite, Grissom eut beaucoup de difficulté à comprendre ce qu'elle disait, tant ces pleurs étaient puissants) Ensuite... Will était dans son coin, tenant sa côte. Moi je suis au pied (elle se mit à raconter au présen) de... du cadavre de mon père. Ma mère continue à poignarder mon père.... même s'il est mort... La marre de sang s'élargit et s'étend jusqu'à.... mes pieds.
Sara fit une pause dans son récit, essayant de replacer ces idées. Tout lui avait semblé qu'elle s'était presque étonnée de se réveiller avec Gil, dans son lit. Elle aurait juré qu'elle était de nouveau une petite fille de huit ans.
-C'est là que je me suis réveillée...
Sa voix se brisa. Grissom ressera son étreinte et la replaça dans le lit. Sans un mot, il se leva et enfila précipitamment son pyjama. Il alla la rejoindre. Elle semblait encore agitée, mais il la berça en chatonnant. Elle semblait sur le point de s'endormir, quand le portable de Grissom sonna. Sur la table de nuit, il s'en empara et adressa un sourire d'excuse à Sara.
-Grissom, dit-il sans vérifier qu'il l'appelait.
-Je suis soulagée de vous joindre ! s'exclama la voix de Catherine. J'ai essayé le fixe et...
-Venons-en aux faits, répliqua-t-il presque en colère. Je vous signale que je suis supposé être en train de me reposer.
-D'accord. J'ai mis Greg avec moi, vu que nous avions tous les deux finient notre autre enquête.
-Et alors ? s'exclama Gil, en perdant patience.
-Disons qu'on a trouvé un autre cadavre.
-Quoi ?
-Vous avez bien compris.
-Où ?
-Chez John Manderson...
-Et ?
-Il s'agit de Ken Carmen, un autre ex-prisonnier. Évidemment détenu pour agression sexuelle.
-Mon dieu... murmura Grissom, plus pour lui que pour Catherine. J'arrive...
-Et Sara ? demanda Catherine, précipitamment. Je sais qu'elle a été blessée...
-Je lui demanderai si elle veut venir ou profiter de sa soirée.
-Vous pensez qu'elle va dire non ?
-Je l'ignore, je lui poserai la question.
Sur ce, il raccrocha. Il venait d'enfiler son pyjama et était également obligé de le retirer.
-Que fais-tu ? s'enquit Sara en le voyant se rhabiller.
-On a un autre cadavre chez Maderson.
Elle se redressa dans le lit, désormais parfaitement réveillée.
-Je viens !
-Non, Sara. Profites de ta soirées pour dormir, tu en as bien besoin.
-Pas question. Comme si j'allais dormir sans toi !