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Détournement

Série : CSI : Crime Scene Investigation
Création : 24.11.2008 à 01h21
Auteur : marguerite 
Statut : Terminée

« Une voiture fonce dans la maison de Grissom. À première vue, ce n'est qu'une banalité de la vie, mais l'évènement se transforme bientôt en drame... » marguerite 

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Dans la voiture, Grissom jeta un énième coup d'oeil à Sara. Elle semblait si épuisée que Gil se demanda comment elle pouvait encore rester éveillée. Il lui avait demandé si elle voulait vraiment venir et elle avait acquiescé avec empressement. Quand il lui avait dit que sa présence n'était pas si nécessaire, elle l'avait toisé avec fureur et avait répliqué que c'était leur enquête et qu'elle ne pouvait manquer un développement. De plus, elle avait ajouté:

-Si on était pas ensemble, tu ne m'aurais pas laissé le choix. Tu m'aurais appelé et tu m'aurais donné l'adresse en me disant de t'y rejoindre quelques minutes plus tard.

Grissom avait alors baissé la tête, forcé d'avouer que c'était la pure vérité. Mais, maitenant, la voiture s'arrêtait devant la maison et Grissom se pencha discrètement sur Sara. Il lui prit la main et y déposa un baiser. Sara lui fit un grand sourire.  Ils s'admirèrent pendant quelques secondes, avant que quelqu'un cogne dans la vitre teintée de la voiture. Ce n'était nul autre que Greg.

-Quel emmerdeur ! grogna Sara.

En claquant la porte, ils sortirent et s'approchèrent de la maison. Catherine, qui était accôté sur le cadrage de la porte d'entré se tourna immédiatement dans leur direction.

-Vous êtes venus ensemble ? demanda-t-elle, surprise.

-Oui, s'empressa de dire Gil. Hier, on a pris ma voiture et quand elle a été blessée, je suis resté avec elle. Après être allés à l'hôpital, je suis allé la reconduire chez elle directement. Quand je l'ai appelé, je lui ai proposé d'aller la chercher.

-Ça va de soi, marmonna Catherine.

Elle semblait frustrée, comme si elle n'avait pas eu le fait croustillant qu'elle espérait.

-Qu'est-ce qu'on a ? s'enquit Sara, comme si de rien n'était.

-Ken Carmen, attablé. Son dernier repas, j'imagine, ironisa Catherine, tout en les guidant dans la maison. Ce coup-ci, on a appelé des policiers et on a attendu leur arrivée avant de commencer à inspecter la maison. Aucune trace de votre mystérieux agresseur, Sara. Après votre départ, on a terminé le relevé d'indice. Il n'y avait pas grand chose. Ici, non plus, d'ailleurs. Il n'y a presque rien.

Ils arrivèrent dans la cuisine.


marguerite  (02.12.2008 à 01:58)

Dos aux nouveaux arrivants, un homme était assis à table. Il semblait normal et même vivant. Sara et Gil contournèrent la table, afin de voir le cadavre de face. Sara eut un petit cri de surprise et porta ces mains à sa bouche. Sans que les autres comprennent, les larmes lui montèrent aux yeux et balbutia, en voyant leurs airs intrigués:

-Il... Il ressemble tant... à mon père...

Dire cela lui avait demandé beaucoup de courage. Grissom ne put s'empêcher de lui jeter un regard empreint de compassion et d'amour.

-Si vous voulez Sara, vous pouvez aller... vous reprendre dehors .

Elle refusa d'un coup de tête. Elle se reprit aussitôt et commença à regarder la position du cadavre. Comme Grissom, d'ailleurs.

-Je crois qu'il a été empoisonné comme les deux autres, car il n'y aucune marque apparente de blessures. Il ne semble pas avoir été étouffé non plus. Pas marque de strangulation, ni de blessure par arme à feu.

-Exact, murmura Gil.

Le coroner arriva et demanda timidement s'il pouvait emmener le corps. Quand les quatre experts s'assurèrent d'avoir assez de photographies, ils donnèrent leurs approbations. De ce qu'il avait pu trouver sur la scène de crime, il y avait quelques empreintes et des cheveux.

-Catherine, occupez-vous des empreintes. Greg, les cheveux. Sara, j'aimerais que vous cherchiez des ressemblances entre Henderson, Manderson et Carmen, excepté le fait qu'ils aient tous été arrêtés pour agression sexuelle. Cherchez dans les connaissances, les compagnons de cellule et autres. Également, j'aimerais avoir les vêtements que vous portiez la veille pour voir s'il n'y aurait pas des cheveux laissés par votre agresseur. Moi, je m'occupe de visiter la maison de Carmen et d'aller à l'autopsie.

-Ça va de soi, murmura Sara, tout en adressant un magnifique sourire à son amant.

Ils partirent séparément pour retourner au LVPD, Catherine et Sara ensemble et Greg avec Grissom. Avant de commencer à travailler chacun de leurs côtés, Grissom leur dit:

-Rencontre dans 2 heures à la salle de meetings.

Et ils se séparèrent. Sara alla directement dans un bureau et commença sa recherche aux ordinateurs. Aussitôt, elle établit un schéma comparatif. Leur pénitentier où ils avaient été, le nombre d'année qu'ils y avaient passés, tout y était. Elle mit même quelques informations sur les victimes.

De son côté, Grissom n'apprit rien de nouveau. Ken Carmen avait été empoisonné et n'avait aucune autre blessure. Il visita la maison de Carmen, cette fois-ci sans trouver de cadavre, mais il n'y avait aucun autre indice sur la personne qui avait tuée Carmen.

Catherine peina avec les empreintes. Aucunes n'étaient complètes et le fichier ne trouva aucun match avec la base de donnée.

Greg, quant à lui, n'eut pas plus de chance. C'est avec dépit que les quatre experts se rejoignirent à la rencontre. Grissom commença. Ensuite, ce fut au tour de Sara, Catherine et Geg appliqua la touche finale de découragement.

-Premièrement, il n'y avait aucun ADN sur le cheveu et ensuite, j'ai fait d'autres tests. J'ai découvert que ce n'était pas un vrai cheveu. Il provient d'une perruque.

-Bon... dit Sara, se laissant allée au découragement.

Grissom lui lança un regard. Elle semblait exténuée. Ses yeux étaient à moitié clos et elle avait de grandes cernes. Ses cheveux foncés étaient ramenés en une couette lâche. Les bras ballants, elle baissa la tête vers la feuille devant elle. Un détail attira son attention. Elle sembla se réveiller. Ses yeux s'élargirent et elle prit immédiatement la feuille à deux mains.

-Comment ai-je pu passer à côté de "ça"? s'exclama-t-elle en se frappant la tête avec sa main.

-Qu'est-ce qu'il y a ? s'enquit Gil, à ses côtés.

-Je n'ai même pas remarqué... Ils ont tous fréquentés la même maison durant leur réadaptation.

-Vraiment ! s'écria Greg. Enfin une bonne nouvelle !

Les trois experts, plus... expérimentés le regardèrent avec un air amusé.

-Je suis désolée... murmura Sara. Je cherchais tellement dans les détails concernant les agressions, que j'ai rempli ma feuille sans me rendre compte de ce détail.

Elle adressa un air d'excuse à Grissom. À ce visage, Gil était simplement incapable de reprocher quoique que ce soit à la jeune femme. Il eut lui-même un sourire et l'envie d'aller embrasser Sara se fit sentir. Il reprit néanmoins le contrôle de lui-même et recula prudemment. Il laissa environ deux mètres entre lui et Sara porta son regard sur Catherine et Greg. Greg, insouciant comme il était, n'avait rien remarqué, mais Catherine lui jeta un regard outré. Non.. outré n'était pas le mot. Il était plutôt... surpris. Et légèrement frustré.

Sara le sortit de sa rêverie en s'appuyant sur la table. Elle enfouit son visage dans ses mains.

-Sara, dit Catherine, vous devriez peut-être allé vous reposer un peu. Vous semblez exténuée...

-Oui, Catherine a raison, Sara. Travailler dans ces conditions ne favorisent vraiment pas votre attention. Remarquez ce détail que vous avez manqué...

-Je sais que je devrais, mais je ne suis pas capable de m'y résoudre...

-Faites à votre tête, mais si je vois une autre preuve de votre... fatigue, vous devrez rentrer chez vous.

Sara râla, pour la forme. Gil présentait le problème de façon professionnelle, à savoir que sa CSI n'était pas au meilleur de sa forme, pour travailler. Mais, Sara savait que quelque chose d'autres se cachaient derrière cela. Gil était inquiet pour elle. C'était plus qu'évident. Voyant que sa jeune compagne n'ajoutait rien, Grissom poursuivit:

-Je vais me rendre avec Sara à la maison de réadaptation. Greg, essayez de trouver d'autres informations sur le faux cheveu. Catherine, allez aider Nick et Warrick à finir leur enquête, car nous aurons bientôt besoin d'eux pour celle-ci. Je mettrais ma main au feu que bientôt, il y aura un nouveau cadavre pour nous !

Catherine alla retrouver les deux autres garçons et Greg alla poursuivre son travail. Sara et Grissom partirent pour la maison de réhabilitation. Une fois dans la voiture, Sara regarda Grissom et lui dit:

-Comment trouvera-t-on le prochain cadavre, si la maison de Carmen est scellé ou surveillé ?

-Soit il va y aller tout de même, soit il trouvera un autre moyen original de nous le faire découvrir.

-Un autre moyen original ? répéta Sara.

Étrangement, cette perspective ne la réjouit pas vraiment. Elle eut même don de la terrifier.


marguerite  (03.12.2008 à 01:53)

Sara et Grissom attendait dans le hall de la maison de réhabilitation, quand un jeune homme s'approcha d'eux. Visiblement, il y travaillait.

-Je peux vous aider ?

-Nous cherchons le directeur de la maison.

Le garçon leur tendit alors la main et dit:

-C'est moi.

Un peu surpris, Gil et Sara et échangèrent, puis les scientifiques se dépêchèrent de lui serrer la pince.

-Gil Grissom, police scientifique de Las Vegas, dit Gil en se présentant.

-Sara Sidle, également de la police scientifique de Las Vegas.

Le jeune homme se présenta. Ses cheveux blonds, lui atteignant l'épaule, les yeux bleus, francs et rieurs, il avait plus l'air d'un gamin que d'un homme. Cependant, tout dans son attitude invoquait la maturité.

-Hug Parson. Je suis le directeur de la maison de réhabilitation. Vous venez interroger un des gars ?

-Non... dit Sara en échangeant un regard avec son supérieur. Il y a une série de meurtre sur des ex-détenus. Ils ont tous été arrêtés pour agression sexuelle. Et... ils sont tous venus ici, ajouta-t-elle en indiquant le milieu qui les entourait.

-Ha... Je vois.

Il regarda autour d'eux. Dans la pièce, les quelques meubles étaient bien assortis. La peinture s'écaillait légèrement, mais l'endroit semblait tout de même très acceuillant.

-Nous devrions peut-être continuer cette discussion dans mon bureau.

Grissom acquiesça et le trio s'éloigna. Ils montèrent l'escalier à leur gauche et se retrouvèrent dans un grand corridor. Le directeur désigna une porte de la main.

-Mon bureau..

Il ouvrit la porte et laissa Grissom et Sara y entrer avant lui. Il les invita d'un geste poli à s'asseoir devant lui et s'installa lui-même à son bureau.

-Qui sont ces ex-détenus dont vous m'avez parlé ?

Sortant son dossier, Grissom l'ouvrit légèrement devant lui.

-Un dénommé Henderson, John Maderson et Ken Carmen.

Immédiatement, le jeune directeur croisa les doigts devant sa figure.

-Je me souviens bien de ces trois-là. Ils étaient calmes, ne faisaient pratiquement pas de trouble. Cependant, je sentais, et c'est bien malgré moi,  qu'ils n'étaient pas réellement repentants. Ça pouvait créer des remous avec d'autres qui veulent vraiment s'en sortir et oublier ça.

Intéressé, Gil s'avança sur sa chaise. Sara, elle, ouvrit un peu plus les yeux et hocha légèrement de la tête.

-Avec qui ne s'entendaient-ils pas ?

-Ho... murmura le directeur, surpris. Plusieurs. Je ne pourrais pas tous les nommer. Je me souviens bien de Pier, probablement parce qu'il travaille maintenant ici, mais...

-Qui ? s'enquit Sara.

-Pier Watson. Il a fait environ six ans de prison pour agression sexuelle, aussi. Il a toujours juré qu'il était innocent. Il est venu ici un peu en même temps que Carmen et Manderson. Ils étaient souvent en train de s'engueuler. Après leur départ, il m'a demandé s'il pouvait travailler pour moi. J'ai accepté. Aujourd'hui, il est sûrement dans la cuisine, pour le déjeuner. Il est chargé d'y faire la discipline. Il s'implique énormément dans son travail. Pier adore ce qu'il fait.

-Pouvons-nous le rencontrer ?

-Bien sûr. Il veut tellement se sortir de son passé qu'il n'y a aucun doute qu'il voudra vous aider dans votre enquête.

Le directeur se releva, suivit de Sara et de Grissom. Il ouvrit la porte et les guida au travers de la maison. Il n'était pas rare de rencontrer, pour les deux experts, des hommes qu,ils avaient envoyés en prison pour agression sexuelle. Ceux-ci leur lançaient des regards mauvais avant de continuer leur chemin.

Ils arrivèrent finalement devant la grande pièce qui tenait lieu de cuisine. Le directeur leur dit:

-Avant de le rencontrer, je vous avertit tout de suite. Il a perdu tous ses cheveux, alors, il a une perruque. Elle lui va vraiment mal. Faites attention à votre attitude à cet égard, car ça ne manque pas de l'irriter.

Il s'avança dans la salle et alla rejoindre un grand gars aux épaules carrées. Ses cheveux noirs ne se mariaient pas du tout à son teint pâle. Grissom échangea un regard avec Sara.

-Tiens tiens... Il porte une perruque... C'est intéressant !

Lui et Sara s'avancèrent vers l'ex-détenu qui les observait approchés avec méfiance...


marguerite  (04.12.2008 à 00:09)

(NOTE DU CRÉATEUR: Je me suis un peu mêlé dans les noms des ex-détenus. Il y a Colin Handers, John Manderson et Ken Carmen. Désolée pour les erreurs !)

-Bonjour, Monsieur Watson, murmura Grissom en s'adressant poliment à l'ex-détenu, je suis Gil Grissom.

-Et moi, Sara Sidle, de la police scientifique de Las Vegas, ajouta Sara en complétant la présentation.

L'homme parut surpris et échangea un regard son supérieur qui lui enjoigna de leur parler.

-Je peux vous aider ?

-Oui, justement, je crois que oui. Vous connaissez Ken Carmen, John Manderson et Colin Handers ?

Hébété, l'employé hocha de la tête en silence.

-Les avez-vous rencontrés récemment ?

-Depuis que c'est stupides bêtes sont sorties d'ici, je n'ai plus eu de nouvelles d'eux. Ce qui est bien, car je ne veux pas me tenir avec des crapules pareilles!

Grissom se tourna vers la jeune femme à ses côtés, pour voir si elle avait des  questions. Elle apporta également à l'interrogatoire, mais d'une façon très spéciale.

-Je vois que vous portez une belle perruque... murmura-t-elle, en surprenant Pier, mais pas Grissom.

-Oui, en effet.

-Je cherche une bonne marque pour mon père. Vous me reccomandez quelle compagnie ?

Fier de pouvoir aider la jeune femme, Pier réfléchit un instant, puis dit:

-N'allez jamais chez Jenkins et Cie. Ça ne vaut rien. Je vous reccomande Aux Beaux Poils. Ils sont très professionnels et leur prix sont abordables.

Comme pour prouver ses dires, il arracha un cheveu de sa perruque et le tendit à la jeune femme.

-Voyez la qualité du cheveu !

Sara, essayant de dissimuler son sourire, s'en empara et murmura un merci discret. Grissom se mordait la lèvre pour s'empêcher de rire. Il se tourna vers le jeune directeur et ajouta:

-Nous savons tous ce que nous voulions savoir.

Le directeur de la maison les raccompagna à la porte. Dès qu'ils firent hors de bâtiment, Grissom et Sara éclatèrent de rire. Ils s'installèrent dans la voiture et Gil tendit le bras pour frotter la nuque de son employée.

-Tu es... exceptionnelle !

Sara rougit légèrement et soupira. Avant de retourner au LVPD, ils passèrent chez elle pour récupérer les vêtements qu'elle portait la veille. Revenant au bureau, Gil souriait toujours et Sara riait encore un peu de son idée saugrenue au sujet de la perruque.

-Comme si votre père avait besoin d'une perruque, Sara ! dit Grissom, sans réfléchir.

Sara s'arrêta au milieu du corridor et porta la main à sa bouche. Gil se retourna vers elle pour voir ce qui n'allait pas.

-William ! s'exclama-t-elle. J'ai oublié de l'appeler, ajouta Sara, face au regard inquisiteur de Grissom.

Elle prit son portable et s'éloigna en vitesse vers la sortie. Le superviseur laissa la CSI s'éloigner et se rendit à la salle de repos où il trouva Nick, Warrick et Catherine assis, parlant à voix basse. Dès qu'il pénétra la salle, ils se retournèrent vers lui. Avec audace, Catherine demanda :

-Alors, ça marche encore pour lundi ?

Grissom eut un sourire satisfait.

-Vous avez parler à Greg et à Brass ?

-Bien sûr, dit Catherine en acquiesçant.

-Alors ça marche.

-Tant mieux, ajouta Nick. Maintenant, j'ai quelques questions à poser à Sara.

Warrick se leva en même temps que lui.

-Allons clarifier cette histoire de "prince charmant".

Grissom les laissa passer devant lui, sans mot dire. Avant qu'ils aient eu le temps de passer la porte, Warrick se tourna vers lui et le toisa pendant quelques instants.

-Vous devez le connaître, Grissom ?

-Hein ?

-Le prince charmant de Sara.

-Prince charmant ?

-Oui... Disons qu'on apprit que Sara voyait quelqu'un. Imaginez, elle ne nous en a même pas parlé ! Vous devez savoir de qui il s'agit. Vous avez conduit Sara chez elle, après sa blessure. Vous devez l'avoir rencontré, non ?

Grissom acquiesça, réfléchissant à ce qu'il pourrait dire. C'était maintenant ou jamais le temps de détourner le soupçon de lui.

-Vous le connaissez ! s'exclama Nick.

-Je ne sais pas son nom, s'empressa de dire Grissom. J'ai vu son visage. Je saurais le reconnaître. Je sais juste qu'il est avec Sara depuis un bon bout de temps.

Nick et Warrick parurent surpris de cette information.

-J'ai demandé son nom à Sara, mais elle a refusé de me le donner.

-Espérons que ce n'est pas encore Hank... ajouta Nick, avant de quitter définitivement la pièce avec Warrick.

Dans son dos, Grissom entendit Catherine se racler le fond de la gorge. Étonné, il se tourna vers sa collègue.

-Qu'est-ce qu'il y a, Catherine ?

-Il me semble aussi, que vous ne le connaissez pas.

-C'est vrai !

-Alors, de quoi a-t-il l'air ? Couleur de cheveux ? Des yeux ?

Voyant l'hésitation de Grissom, elle dit, avant de quitter également la pièce:

-Vous pouvez mentir aux garçons, mais moi, je sais pertinemment que je le rencontre chaque jour, cet homme...

Grissom la regarda partir en comprenant que d'un côté, il avait induit les garçons en erreur, mais qu'en même temps, Catherine avait sûrement tout compris. Dans un sens, c'était bien et en même temps, c'était mal...


marguerite  (04.12.2008 à 02:04)

Catherine était penchée sur les vêtements que Sara portait la veille. De style classique, ils étaient bien assortis entre eux, mais ce n'était guère le style que Catherine aimait. Elle, elle était un peu plus... provocatrice. Alors, la CSI réalisa que les vêtements que Sara portait s'ageançait bien avec l'élégance teintée d'autorité de Grissom. Cette pensée l'amusa. À voir l'attitude des garçons - en l'occurence Greg, Warrick et Nick - elle était la seule à avoir remarquer les regards, les gestes et les soupirs qui peuplaient une pièce quand Grissom et Sara s'y trouvait en même temps. C'était assez fascinant.

Évidemment, les hommes étant des hommes et les femmes étant des femmes, Catherine remarquait souvent ça, alors que les hommes ne voyaient simplement rien. Il faut préciser que la complicité entre Sara et Grissom avait toujours été présente. Il n'y avait eu qu'une partie où les deux s'étaient montrés assez blessant l'un envers l'autre. Ils se parlaient peu, évitant le plus de contacts possibles. Cela avait parfois créer des tensions dans l'équipe. Après un mois ou deux, les choses semblaient être rentrées dans l'ordre et le contraire s'étaient alors réalisés. Les deux scientifiques étaient devenus inséparables, travaillant presque toujours de concert. Les sourires complices, les blagues et les regards discrets avaient été de retour.

Le plus intéressant résidait dans le fait que chaque mouvement de Sara se faisait en lien avec celui de Grissom. Si Gil bougeait un peu, même imperceptiblement, Sara revoyait sa position, comme pour s'accordée à lui. Comme deux aimants. Mais, bien entendu, seule Catherine les avait remarqués, ces petits gestes et par sagesse, elle n'avait rien dit. Elle avait préféré garder pour elle cette information et se disait que s'ils voulaient avouer leur liaison, ils le feraient eux-mêmes.

Elle savait avoir fait comprendre assez clairement à Gil, son meilleur ami, qu'elle était au courant. Maintenant, à lui d'agir comme il le voulait. Avouer ou se taire ? C'était à lui de choisir. Elle ne parlerait pas. Du moins, tant que Grissom ne lui en donnerait pas son accord, et même là, elle ne le ferait. C'était à Gil et Sara d'assumer leur relation.

Nick entra dans la pièce à ce moment, rompant sa réflexion.

-Tu as trouvé quelque chose ? demanda-t-il.

-Des cheveux longs et foncés. Je parierais ma chemise que ce sont ceux de Sara.

Nick regarda les preuves accumulées sur la table.

-Et les courts et gris, là ? dit-il en pointant les petites enveloppes.

-Sûrement ceux de Grissom.

Le jeune homme laissa aisément paraître son incrédulité. En effet, Nick visualisait mal comment les cheveux de son patron pouvait s'être retrouvés sur le chandail de Sara. Il expliqua le fond de sa pensée à Catherine. Elle ne le regarda même pas en expliquant:

-Grissom m'a dit qu'elle avait de la difficulté à tenir debout, alors il lui a tenu la taille pour l'aider à marcher. Les cheveux courts et gris étaient sur l'épaule droite et sur le collet. C'est plus que possible que ce soit les siens.

Nick acquiesça. Catherine ré-examina son travail. Visiblement, elle n'avait rien oublié sur le chandail noir de sa collègue. Elle le mit de côté, pour examiner le pantalon beige de son amie.

Elle vit bien la tâche de sang, la déchirure du tissus, mais rien de plus. Elle allait reposer le morceau de vêtement, quand quelque chose attira son attention sur la cuisse gauche. Elle se douta que ce ne pouvait pas être du sang: Sara avait été blessée à l'arrière de la jambe droite. Le sang n'aurait pas pu toucher cet endroit.

Elle approcha le tissus de son visage et fut surprise de découvrir un ongle. Dessous l'ongle, il y avait un bout de peau. Catherine enleva la peau et s'empressa de la mettre dans une petite enveloppe. Elle glissa également l'ongle dans un autre.

Nicl l'interrogea sur sa découverte, mais avant qu'elle est pu dire un mot, son portable vibra et elle s'excusa auprès de Nick. Gil lui avait envoyé un message SMS pour qu'elle le retrouve à son bureau.

Elle cogna à la porte et la voix de son ami lui permit d'entrer. Assis sur son bureau, il lui fit de fermer la porte et de s'asseoir devant lui.

-Catherine... je voulais savoir ce que tu voulais dire quand tu as dit que je connaissais très le... l'amoureux de Sara. Si j'ai compris, tu sais qu'il s'agit de quelqu'un qui travaille au labo avec nous. Or, tu sais que les relations entre collègue sont interdites. Dis-moi, s'il-te-plaît, avec qui elle sort. Je vais devoir appliqué le règlement.

Elle faillit éclater de rire. Il essayait juste de savoir si elle savait vraiment où si elle avait simplement tenté de lui faire avouer la relation qu'il entretenait avec elle.

-Tu sais très bien de qui il s'agit...

-Greg ?

Cette fois-ci, elle ne pût réprimer un grand rire.

-Tu me prends pour qui ? Gil, franchement, je sais très bien que c'est avec toi qu'elle sort...

Grissom fit non de la tête et il contourna son bureau pour aller t'asseoir.

-Tu sais, les petits regards, les blagues et ce genre de trucs échappent peut-être aux autres, mais pas à moi. Dis-moi, ça fait combien de temps ? Environ deux ans ?

Il la regarda pendant deux secondes, bouche bée. Puis, malgré lui, un sourire se forma sur ses lèvres. Catherine sur alors qu'elle saurait l'entière vérité.

-Tu as toujours été assez stupéfiante, comme CSI.

-Merci du compliment. Maintenant, racontes-moi tous.

-Tous ? demanda Grissom.

-Oui ! La rencontre, ta première impression d'elle, etc. Je veux toute l'histoire, toute votre histoire.

-À une seule condition...

-Je garde le silence, c'est promis, dit-elle, en posant sa main sur son coeur.

Réprimant un rire, Grissom commença à raconter la très longue histoire de son amour pour Sara, qui d'ailleurs avait pris naissance bien avant son arrivé à Vegas, mais à San Francisco, lors d'une conférence qu'il avait donné. C'est là que la jeune femme avait découvert deux choses ; L'homme de sa vie et le métier qu'elle voulait pratiquer.

AILLEURS DANS LE BÂTIMENT...

Sara finissait sa conversation avec son frère.

-Oui, oui ! dit-elle, légèrement énervée.

-Mais bien sûr.

La voix de son frère répliqua à son oreille. Sara commençait sérieusement à perdre patience avec son frère.

-On sera là ! Je te le promets, Will.

Voyant qu'il voulait continuer à argumenter, elle le coupa sèchement.

-J'ai du travail et mon patron sera furieux s'il se rend compte qu'il me paie à rien faire.

Le rire de William résonna à son oreille. Il répliqua d'une voix teintée d'ironie que son patron ne la punirait jamais sévèrement. Elle répondit d'une voix féroce:

-Lui, non. Mais, son supérieur, oui.

Elle raccrocha et se tourna, pour tomber nez-à-nez avec le supérieur de son supérieur. Ecklie, le regard légèrement menaçant, la toisa avec une légère colère.

-Le portable que fournit le LVPD pour vous n'est pas supposé servir à régler vos problèmes personnels. Grissom vous laisse peut-être faire, mais moi je ne suis pas d'accord.

-Je sais, dit Sara en le serrant dans son sac.

-Alors pourquoi l'utilisez-vous à des fins personnelles durant vos heures de travail ?

-Premièrement, je prenais une petite pause. Deuxièmement, je devrais être en train de me reposer chez moi, car on m'a donné ma soirée. Cependant, je suis tout de même venue. Donc, là, vous m'empêchez également d'aller aider mes collègues dans notre enquête.

-J'en ai entendu parler, marmonna Ecklie avec un air mauvais. J'aimerais que vous disiez à Grissom de se presser. Cette enquête n'est pas la plus importante. Ce ne sont que des ex-détenus.

Sara, qui l'avait dépassé pour entrer dans le bâtiment, s'arrêta, se retourna et le regarda avec colère.

-Ce ne sont pas que des ex-détenus. C'étaient des hommes qui ont fait des choses horribles, je vous l'accorde, mais ils étaient tout de même humain.

Elle le quitta au milieu du parking et entra, d'un pas rageur dans le bâtiment. Elle se précipita dans les vestiaires, désirant avoir le calme. Quand son téléphone sonna, elle ne regarda même pas qui l'appelait et répondit, persuadée que c'était encore Will.

-Quoi encore ?!?

-Sara ? demanda la voix étonnée de Gil.

-Désolée, je n'avais pas vérifié que c'était toi. Qui a-t-il ?

-Nous faisons une mise au point dans mon bureau dans 5 minutes.

-D'accord...

-Ça va ?

-Oui... j'arrive.

Elle raccrocha et fourra rageusement son portable dans sa poche. Sa haine envers Ecklie avait grandi - si c'était possible... - mais l'appel de Grissom l'avait légèrement calmé. Elle se leva et prit la direction du bureau de son amoureux. Elle cogna, pour la forme et Grissom lui dit d'entrer. Elle le fit et ne parut pas surprise de voir Catherine et Greg, déjà assis. Sara alla s'installer à la troisième chaise qui faisait face au bureau de Grissom.

Les trois experts commencèrent à examiner les détails qu'ils avaient. Quand Catherine mentionna l'ongle, Sara s'empressa de dire qu'un de ses ongles avaient cassés lors de son agression. Peut-être que l'ADN qui se trouvait sous les ongles étaient celui de l'agresseur ?

-Mais la question est la suivante. L'agresseur de Sara est-il également le meurtrier de Handers, Manderson et Carmen ?

-Sans doute, dit Greg. Sinon je ne comprends qu'est-ce qu'il aurait fait là. Également, pourquoi aurait-il attaqué Sara ?

-C'est logique...murmura Catherine, plus pour elle-même que pour les autres.

-En passant, ajouta Sara, se rappelant sa conversation avec Ecklie, j'ai parlé avec Ecklie.

Les trois autres experts froncèrent les sourcils et secouèrent la tête, sentant qu'ils n'apprécieraient pas ce que Ecklie avait dit à leur collègue.

-Il m'a demandé de vous dire, Grissom, qu'il voulait qu'on se presse. Selon lui, ce me sont que des ex-détenus.

-Ça n'a aucun sens, Sara ! s'exclama Greg. Comme s'ils n'étaient pas humains à cause de ça !

-Calmez-vous, Greg. On ne tire pas sur le messager, après tout. Merci, Sara pour cette information, ajouta Grissom en lui faisant un magnifique sourire en coin. Je dois justement avoir une petite conversation en privé avec Ecklie.

Sara baissa la tête vers sa poche, où le cheveu donné par Pier attendait toujours. Sans un mot, la jeune femme le sortit et le donna à Greg. Gil raconta l'histoire entourant l'obtention du cheveu et Catherine et Greg rirent un peu avec les deux experts.

-Je vais aller le comparer avec celui trouvé chez Manderson ! annonça Greg en se levant.

Catherine le suivit de près, souhaitant modérer son enthousiasme. Sara resta seul avec Gil et lui dit avant de quitter également la pièce:

-Ce midi, on dîne avec mon frère. Dans un restaurant italien qu'il aime bien. Je retourne à la maison pour me reposer.

-Je te rejoins dès que j'ai fini ! s'empressa-t-il de dire avant de la laisser partir.


marguerite  (05.12.2008 à 02:40)

Grissom rangea rapidement les dossiers dans son porte-document. Une fois qu'il eut atteint la sortie, il fila rapidement et silencieusement. Il ne comptait plus le nombre où il s'était cru libérer de son travail, mais qu'avant qu'il est atteint la porte, quelqu'un le hélait. Désormais, il ne s'attardait plus, quittant le bâtiment sitôt qu'il était libéré de ses obligations de surperviseur. Soudain, une voix l'apppela. Il fit comme s'il n'avait rien entendu. Quand il fut finalement à l'extérieur, il entra dans sa voiture et démarra sans réfléchir. Il ne voulait penser à rien, hormis Sara. Pour l'instant, et jusqu'à ce soir, rien ne comptait plus qu'elle.

Il ferma son portable et se gara à bonne distance de l'immeuble à logement de Sara. Il débarqua de la voiture et prit la direction qu'il connaissait désormais par coeur. Il s'arrêta seulement arrivé devant la porte de son appartement. Il prit la clé que Sara lui avait donné quelques mois plus tôt. Et il entra sans bruit.

Ça faisait environ deux heures que Sara avait quitté le boulot, mais penser qu'elle dormait était une erreur. Aussitôt que la porte se referma, elle se jeta au cou de son amant et l'embrassa gaiement.

-Je t'aime, chéri ! s'exclama Sara.

Gil eut un sourire.

-Moi aussi, je t'aime, mon amour !

Il la repoussa un peu, le temps de bien voir son visage.

-On devrait peut-être dormir un peu. Tu sais, tu as l'air morte de fatigue.

Sara se sépara de lui et s'éloigner.

-Je me demande bien de qui c'est la faute, insinua-t-elle, avec un sourire malicieux.

Il alla prendre une douche et la retrouva dans son lit. Il alla la rejoindre et s'étendit à ses côtés. Ils échangèrent un dernier baiser et il l'enlaça tendrement.

QUELQUES HEURES PLUS TARD...

William s'installa à la table qu'il avait réservé dans son restaurant italien préféré. Il attendait sa petite soeur depuis quelques minutes. Sa fiancée vint s'asseoir à côté de lui. Amy le regarda en essayant de sonder ses prunelles sombres. Il était tendu, c'était plus qu'évident. Elle savait qu'elle allait rencontrer Sara, la petite soeur de son fiancé et l'amoureux de cette dernière. Elle posa une main rassurant sur celle de Will et ils échangèrent un profond regard. Ce que Amy aimait avec Will, c'est qu'elle n'avait pas besoin de parler pour se faire comprendre et l'inverse était aussi vrai.

Après quelques minutes, elle vit une jeune femme avec un homme plus vieux entrés dans le restaurant. Elle sentit aussitôt que c'était eux qu'ils attendaient. De fait, Will se leva et s'approcha gaiement du couple. Amy suivit son geste et s'approcha également.

-Sara, je te présente Amy. Amy, voici Sara, ma petite soeur et son amoureux, Gil.

-Enchantée ! dit Amy en serrant la main de Sara et Gil.

-De même ! répondit Sara.

-Je vous rencontre enfin, Gil, s'exclama Will. J'ai presque l'impression de vous connaître personnellement, tellement Sara m'a parler de vous !

La jeune brunette rougit légèrement et Grissom eut un sourire.

-Moi, je suis enchanté de vous rencontrer, William. Sara m'a également beaucoup parler de vous.

Amy et Sara eurent un sourire. Une fois les présentations faites, une conversation timide s'engagea entre Gil et Will, suivi par Sara et Amy. Sara trouvait Amy très gentille. Elle l'observa agir et comprit immédiatement l'amour profond qu'elle avait pour son frère. Will fit les même observations, mais envers Grissom.

Le dîner se passa bien. Les frictions n'apparurent que lorsque Amy dut partir, interpellée par son travail. Elle quitta rapidement son fiancé, l'embrassant à la sauvette.

-Bon, passons aux choses sérieuses, murmura Will.

Son regard se voila de colère et ce détail étonna Sara et Gil.

-Qu'y a-t-il ?

William se tourna vers Grissom. Son message était principalement pour lui, même s'il voulait que Sara le sâche.

-Je ne veux que le bohneur de Sara, dit-il pour commencer. Je ne veux pas qu'elle soit malheureuse ou qu'elle ne fasse pas ce qu'elle veule dans la vie. Est-ce clair ?

Il regarda succesivement Gil et Sara.

-William, tu n'as pas à t'inquiéter ! répliqua Sara. Gil me rend heureuse plus que tu ne le crois. Jamais je ne serai malheureuse avec lui.

En disant cela, elle avait glissé sa main dans celle de Gil et les doigts s'étaient entrelacés.

-Et ces cernes ? s'exclama Will en désigant le visage de sa soeur. Elles viennent d'où ?

-Je fais beaucoup de cauchemars. Heureusement, moins qu'avant, mais j'en fait tout de même. Gil me rassure du mieux qu'il peut, mais j'ai parfois de la difficulté à me rendormir. C'est tout.

William acquiesça, pas du tout convaincu.

-Et la voiture dans le mur de la maison ? Et la jambe blessée ? J'ai entendu parler des agressions qu'il y avait parfois envers les employés de votre labo. Un certain Sanders et un autre Stocks ! Sara, attends-tu vraiment que ça t'arrives et qu'on te retrouves à moité morte ?

Sra fit non de la tête et balbutia que le risque était infime. Elle rétorqua qu'elle aimait son travail.

-Et vous, dit Will en désignant Grissom de la tête, vous êtes son supérieur ! Si jamais c'était découvert, votre relation, que se passera-t-il ? Ma soeur perdra son emploi et vous serez sauvé par votre réputation ? C'est ainsi que ça fonctionne, hein ? Ça vous permet de vous amuser avec elle en attendant ?!?

-Ferme-la, Will ! Tu ne sais pas de quoi tu parles !

-Sara, si j'étais toi, je n'aurais jamais choisi la police et surtout pas mon patron comme amoureux !

-Justement, répliqua Sara, plus que jamais en colère, tu n'es pas moi ! Je fais mes choix et toi, les tiens !

Il y eut un silence malaisé. Gil ne savait plus où se mettre. La dispute lui rappelait un peu le combat intérieur qu'il avait mené avant de foncer dans les bras de Sara.

-Et d'ailleurs, ajouta Sara, tu l'as trouvé où cette Amy ? Dans un bar de danceuse ?

La gifle partit toute seule. Immédiatement après l'avoir administré, Will posa la main sur sa bouche. Ses gestes avaient dépassés sa pensée. Sara se frotta la joue en gémissant. Le coup l'avait vraiment frappée. Elle toisa son frère avec rage pendant quelques instants. Gil lui prit le bras, l'aida à se lever. Ils quittèrent le restaurant en vitesse. Sara s'appuya sur la voiture de Grissom. Elle sentit les larmes lui montées et Gil la prit dans ses bras. Il essaya de la calmer, mais elle tremblait et ses pleurs ne s'apaisèrent qu'après un bon moment. William arriva derrière eux.

-Éloignez-vous, dit Grissom à son adresse dès qu'il le vit approcher.

-Je me demande sincèrement qui est le plus mauvais pour ma soeur. Vous ou moi ? demanda-t-il, provocateur.

-Certainement pas moi ! s'exclama Gil en voyant le regard de William.

Il fit embarquer Sara dans la voiture et prit la place du conducteur. Il démarra quand Will cogna dans la vitre. À contrecoeur, il descendit la vitre et dit :

-Quoi encore ?

-Je veux faire un marché avec vous. On se bats comme deux vrais hommes. Si je gagne, Sara démissionne et ne vous revois plus. Si vous gagnez, je m'en vais de Las Vegas avec Amy et je vous laisses tranquille.

Sara se tourna vers son frère.

-Gil a plus de dignité que ça. Il ne se battra pas.

Elle voulait également se persuader de ça. Elle ne voulait pas perdre son amoureux, ni son frère. Or, c'était un ou l'autre qui devrait quitter sa vie, à l'issue de ce combat. Elle ne doutait pas des chances de Gil de gagner, connaissant sa puissance et sa force. Mais elle savait aussi que son frère avait fait beaucoup d'art martiaux et elle savait qu'il savait se battre. Il n'était pas question qu'il se batte.

-On se rejoint où ? demanda Grissom en gardant les yeux sur son volant.

Un sourire de satisfaction se forma sur les lèvres de William.

-Derrière l'ancienne gare ancienne. Dans une heure. Bonne chance.

Les deux protagonistes se serrèrent la main pour officiliaser les termes et les conditions de la bagarre. William quitta le stationnement et Grissom se tourna vers Sara.

-Ne t'inquiète pas, je ne me blesserai pas et je ferai attention à simplement le maîtriser.

Sara soupira et balbutia:

-Ce n'est pas ça. Je ne veux pas qu'il quitte ma vie ! Pour une fois que j'étais heureuse, il faut que ça recommence à aller mal.

Grissom ne se choqua pas.

-Aimerais-tu mieux que je quitta ta vie ? demanda-t-il, en espérant une réponse négative.

-Bien sûr que non ! Mais je t'en supplie, n'y vas pas.

-Sara..

-Non ! s'écria la scientifique. Je ne veux pas que tu y ailles !

Il démarra sans un mot. Il laissa Sara s'endormir dans son lit, mais lui se releva un peu après. Sans faire de bruit, il quitta l'appartement. Derrière l'ancienne gare centrale, William l'attendait, impatient que le combat commence.

-Est-il trop tard pour revoir les enjeux du combat ? s'enquit Grissom.

-Malheureusement, oui. L'enjeu est simple. Soit c'est moi qui la perd, soit c'est vous...


marguerite  (05.12.2008 à 20:27)

Sara se réveilla en entendant le cadrant sonné. Elle regarda autour, tentant de comprendre l'absence de Grissom à ses côtés. Elle ne voulait pas s'avouer qu'il était parti au combat: il devait être allé faire des courses. Elle se doucha et mangea un peu avant de quitter pour aller au travail. Arrivé au bureau, elle fit le tour du bâtiment et tomba en grande colère quand elle ne le vit pas dans son bureau. Ho oui ! Elle était plus que furieuse.

Il faut dire qu'elle était aussi inquiète. L'enjeu avait été clair. Sara perdrait soit son frère, soit son amoureux. Cependant, elle voulait garder l'un comme l'autre dans sa vie.

Elle regarda l'heure. Constatant qu'elle avait encore près de vingt minutes, elle décida d'aller voir derrière l'ancienne gare centrale. Elle devait avouer qu'elle n'imaginait simplement pas Grissom se battre contre son frère. Du moins, elle souhaitait qu'elle ne le verrait pas. Avant qu'elle atteigne la porte, elle entendit des exclamations dans la salle de repos et décida de s'y arrêter pour voir de quoi il en retournait exactement. Elle découvrit Catherine, penchée Gil. La scientifique était en train de poser un pansement sur une blessure que l'entomologiste avait sur le front. Sara sentit la fureur grimpée en elle.

Elle entra dans la pièce et Catherine releva la tête. Elle vit la colère brillée dans les yeux de Sara.

-J'ai gagné, dit Grissom en voyant son regard.

Catherine s'approcha de Sara. Elle regarda avec anxiété la marque rouge toujours visible de la gifle administrée par William que Sara n'était pas parvenue à faire disparaître.

-C'est pour ça que vous vous êtes battus ? demanda Catherine en désignant la blessure de Sara.

Grissom n'accorda aucune attention à Catherine et s'avança vers Sara. Il sentait sa fureur et s'en voulut incroyablement.

-Dans quel état est-il ? s'enquit Sara.

-À part un coup sur l'orgeuil, il n'a rien, assura Grissom. Seulement, il a un peu saigné du nez, mais vraiment pas de quoi s'inquiéter. Il m'a plus blessé qu'il ne l'est lui-même.

Sara le toisa sans un mot. Lorsqu'elle s'adressa à Catherine, elle ne le quitta même pas du regard.

-Catherine, pouvez-vous sortir ? J'ai deux-trois choses à clarifier avec Grissom.

-Bien entendu...

Une fois qu'elle fut sortie, Sara alla fermer la porte de la salle.

-Qu'est-ce qui t'a pris ?!? Je t'ai demandé de ne pas y aller !

-Sara, ma chérie...

-Y'a pas de chérie qui tienne ! Te rends-tu compte qu'il s'agit de mon frère ? C'est la seule famille qu'il me reste, Gil !

Grissom comprit alors que l'avertissement que Sara lui avait fait était sérieux. Il s'en voulait, mais en même temps, il aavit voulu punir William pour avoir giflé Sara aussi violemment.

-Je voulais te défendre !

-En chassant mon frère de ma vie ? s'écria-t-elle, les larmes lui montant aux yeux.

-Sara, ne prends pas ça comme ça...

Il s'approcha d'elle, en ouvrant les bras. Elle recula.

-Tu ne m'auras pas comme ça, cette fois-ci, Gil. C'est mon frère ! Il s'inquiète pour moi, c'est tout. Plus tard dans la semaine, il m'aurait appelé en me disant qu'il regrettait ce qu'il avait dit et on se serait excusé. Mais là... il ne reviendra plus ! Comprends-tu seulement ce que ça signifie pour moi ? Je n'ai plus de famille !

Grissom baissa la tête.

-Tu m'as, moi.

-Toi, Gil, tu es mon amoureux. Ce n'est pas la même chose qu'une famille... Toi, en dehors de moi, tu as ta mère. Tu as quelqu'un à qui dire que tout va bien dans ta vie. Tu as quelqu'un à qui tu peux te confier ! Pas moi ! Enfin, plus maintenant...

Gil la regarda.

-Et moi ? Tu peux te confier à moi !

-Je veux dire quelqu'un à qui je peux te vanter ! Dire à quel point je suis heureuse avec toi !

Sara se retourna et alla s'asseoir.

-Pardonne à ta mère, alors.

Sara le regarda alors avec une nouvelle fureur.

-Je croyais que c'était finie cette discussion ! Je n'irai pas à San Francisco voir ma mère !

Elle enfouit alors son visage dans ses mains. Grissom alla s'asseoir à ses côtés.

-Je crois que... commença Sara. Je crois qu'on devrait prendre une pause.

Elle sentit l'émotion l'envahir. Elle n'en avait aucune envie, mais peut-être que se donner un peu de temps ferait du bien.

Grissom hocha de la tête silencieusement. Il respecterait la décision de Sara. si c'était ce qu'elle voulait... même si ça lui faisait mal au coeur, rien que d'y penser.

-D'accord. Combien de temps ?

-Je ne sais pas. Quand j'aurai fini de réfléchir à tout ça, je crois.

-D'accord, répéta Grissom.

Ils restèrent un moment silencieux.

-Alors, c'est fini, nous deux.

-Pardon ? s'exclama Sara. Je n'ai pas dit que je voulais que ça soit définitivement fini, nous deux. Je veux seulement une pause.

Grissom se leva et s'éloigna.

-J'aime mieux qu'on se laisse, dit Grissom. Ce sera moins durs pour nous deux. Peut-être que ton frère avait raison, finalement. Sortir avec ton patron n'est pas une si bonne idée.

Il sortit de la pièce et Sara ne réalisa pas le sens de ses paroles. Est-ce qu'elle et Grissom, c'était fini ?

Oui, malheuresement, c'était bien ce qu'il avait dit. Se remettraient-ils ensemble ? Elle l'espérait. Pour l'instant, elle avait besoin de se remettre. Enfin, non, elle n'en avait pas besoin. Elle allait aller le voir tout de suite et lui dire qu'elle ne voulait pas se séparer de lui. À ce moment, elle reçut un message SMS de Grissom d'aller dans la salle de brifing pour une mise au point sur l'enquête. Il n'y avait aucune formule laissant croire qu'ils venaient de rompre.

Elle alla dans la salle et espéra, pendant une seconde qu'il la prendrait à part à la fin, pour lui dire qu'il ne pensait pas ce qu'il avait dit. Que ses mots avaient dépassés sa pensée et elle lui avouerait qu'elle aussi. 

Rien.

Il ne la regarda pas, ne s'adressa pas à elle. La nuit fut longue. Les autres sentaient la tension entre elle et Grissom et n'en comprenaient pas la raison. Une fois, Grissom lui parlé sur un ton particulièrement dur et elle était sortie de la pièce, suivi après par Grissom. Nick avait regardé Catherine et avait dit:

-Incroyable ces deux-là ! Soit ils se parlent à peine, soit ils sont inséparables. L'humeur de l'un va toujours en fonction de l'autre.

Mais, maintenant la nuit était finie. Ils pourraient se parler, espérait Sara. Elle alla le voir dans son bureau. Il n'était pas là. Elle s'élança, espérant pouvoir l'atteindre avant qu'il rentre chez lui.

-Où est Grissom ? avait-elle demandé à Catherine et Greg.

-À sa voiture, avaient-ils répondus en même temps.

Elle avait été le voir. Elle avait tenté de lui parler. Elle avait essayé de lui expliquer sa pensée. Il l'avait regardé et avait répliqué devant ses hésitations:

-Je crois qu'il n'y a rien à ajouter, Sara. Je vous souhaites une bonne journée.

Il l'avait vouvoyé. En voyant la voiture quittée le stationnement, Sara avait eu une boule dans la gorge.

Entre eux, c'était vraiment terminé...


marguerite  (05.12.2008 à 21:41)

Cinq jours avaient passés depuis que Grissom et Sara s'étaient laissés. cinq longs jours qui avaient semblés interminables tant à l'un qu'à l'autre.

Sara se réveilla ce matin, bien avant que son cadran ne sonne. Un cauchemar, le même qu'elle avait fait toute sa vie, venait de la terrifier. Elle cria son nom, espérant sa présence, même si elle savait très bien qu'il ne serait pas là. Il lui avait promis qu'il serait toujours là et il l'avait même juré. Mais, là, réveillée par son horrible cauchemar, elle réalisa sa solitude plus que les quatre autres matins. Jetant un coup d'oeil au calendrier sur le mur, elle réalisa qu'aujourd'hui, elle célébrait son trente-troisième anniversaire... seule.

Grissom ouvrit les yeux. Seul dans son lit, il se demanda ce qu'il faisait là. Il savait où il aurait dû être, et surtout avec qui. Il n'eut pas besoin de jeter un oeil sur le calendrier où la date d'ajourd'hui était encerclé. Il savait. Voyant combien son lit était froid, il essaya de ne pas penser à la personne qui aurait pu le réchauffer. Il ne fallait surtout pas y penser. Il avait tiré un trait sur elle, souhaitant, comme avant, qu'elle l'oublie et qu'elle passe à autre chose. Et qu'elle choissise quelqu'un de son âge. Mais ça, c'était en apparence. En vérité, Grissom devait user de toute sa bonne volonté pour ne pas aller sonner chez elle. Aujourd'hui, ce serait une journée de travail éprouvante, exactement comme les cinq autres qui les avaient précédés depuis sa rupture avec elle.

Sara se leva difficilement et prit un café. Elle essaya de s'intéresser aux nouvelles télévisées, mais lui qui les commentait, elles étaient simplement ennuyantes. Elle tenta d'avaler autre chose qu'un café, mais elle n'avait pas faim. C'était ainsi depuis qu'ils s'étaient quittés dans le stationnement du LVPD. Le café rentrait : il aidait également à rester éveillée, ce qui était ardue pour Sara. Soit elle était hantée par le visage de son ancien amant ou elle faisait le cauchemar habituel. Bref, elle passait ses nuits en pleurs, d'une façon ou d'une autre.

Grissom fit un peu le même rituel que Sara. Il partit au LVPD une fois prêt et se pencha sur de la paperasse qui attendait. Depuis qu'ils s'étaient laissés, il avait reccommencé les heures supplémentaires. Il reçut un coup de fil de Brass, lui annonçant qu'il y avait un nouveau cadavre dans l'enquête. En effet, ce matin en se réveillant, Brass avait eu un cadavre d'homme planté sur un poteau devant sa maison. Gil avait eu raison de penser que le prochain cadavre leur parviendrait de façon originale. Il se rappela à qui il avait adressé cette réplique et se renfrogna rapidement. Il appela toute son équipe, sauf elle, à qui il envoya un SMS pour éviter de lui parler.

Sara reçut le SMS de Grissom, alors qu'elle était sur la route. Malheureusement, elle était prie dans de grands embouteillages, et arriva très en retard à la réunion. Quand elle arriva, elle constata que ses collègues avaient déjà commencés à mettre en commun leurs informations.

-Vous êtes en retard, lui dit Grissom, sur un ton froid, au moment où elle entrait dans la pièce.

-Je sais, répondit-elle sèchement, sans prendre la peine d'expliquer son retard.

Nick, Warrick, Greg et Catherine regardèrent l'échange, encore une fois étonnés de leurs comportements. Ils avaient semblés si proches et tout à coup, BAM ! c'était la guerre entre les deux. Ils échangèrent des regards évocateurs, se demandant si ça marcherait toujours, malgré la mésentente des deux scientifiques. Grissom distribua les tâches et Sara proposa de s'occuper de comparés encore une fois le dernier cas avec les autres, pour voir si le lien était toujours présent. Grissom lui dit :

-Non. Analysez ce chewing-gum. Je vais m'occuper de ce tableau, afin d'être sûr de ne pas oublier un détail.

Elle lui lança un regard mauvais et il s'éloigna. Tous les experts quittèrent la pièce et Sara devint seule. Seule avec elle-même, la journée de son anniversaire, sans famille, son frère refusant toujours de lui parler. Aucun de ses collègues ne le lui avait souhaité et surtout son ancien amoureux. La douleur tortura le coeur de l'experte et se leva tant bien que mal.

Aujourd'hui ne faisait que commencer, mais déjà, elle voulait l'oublier.


marguerite  (05.12.2008 à 22:39)

La main de Sara pianotait sur la table de travail. Elle était... découragée. Elle avait examiné le chewing-gum sous toutes ses coutures, mais il n'y en avait rien à tirer. C'était un gros chewing-gum, mais les technciens avaient été formels. Il n'y avait ni salive, ni empreinte imprimé dedans. On ne pouvait pas en apprendre beaucoup avec. La seule chose que Sara pouvait certifier, c'était que c'était un chewing-gum à la pomme verte, particulièrement sûr. La marque se retrouvait dans tous les magasins dans tous les quartiers de la ville. Et probablement dans toutes les villes du pays. Etc, etc.

Grissom avait assisté à l'autopsie et avait fait le tableau comparatif. La nouvelle victime n'était autre que Pier Watson. Il savait évidemment qu'il avait bien été à la même maison de réhabilitation que les autres. Pourtant, Greg avait assuré que le cheveu trouvé sur les lieux de crime et celui de Pier était identique. Gil devait se l'avouer : Ils étaient dans une impasse. Il décida d'aller prendre un peu d'air, pour favoriser sa réflexion. Il s'arrêta malgré lui devant la porte du local où se trouvait Sara. Elle semblait épuisée. Visiblement, elle filait un mauvais coton et Grissom essaya de se persuadé que ce n'était pas de sa faute. Il pensa alors que c'était sûrement parce qu'elle faisait beaucoup de cauchemars qu'elle était dans cet état. Il se rappela alors la promesse qui lui avait fait. Il l'avait trahi. Écrasé par cette vérité, il s'éloigna en tentant d'oublier le visage torturé de la jeune femme qui n'avait même pas remarqué sa présence.

Catherine parlait avec Brass quand elle vit Gil sortir à l'extérieur. Elle soupira et échangea un regard révélateur avec Jim.

-Ces deux-là sont impossibles ! Elle l'aime, il l'aime, s'exclama Brass. C'est pourtant simple ! Qu'il fonce. À cause de leur attitude, les deux dépérissent. Hier, j'ai vu Sara jeter son lunch dans la poubelle et se prendre un café. Elle ne va pas bien et je suis certain que ça un lien avec Grissom. Remarquez Catherine, comment il est bougon et en particulier avec elle.

Catherine acquiesça.

-J'ai hâte de les voir se réconcilier et se remettre ensemble !

Brass la regarda sans comprendre.

-Oubliez.

-D'accord. On se voit ce soir chez elle. À moins que ça ne fonctionne pas à cause de lui.

Catherine fit non de la tête.

-Je vais m'arranger pour que ça fonctionne encore, même si je dois y laisser des plumes !

Brass hocha la tête, pour montrer qu'il était d'accord. Ensuite, ils s'éoignèrent en même temps dans des directions opposées.


marguerite  (06.12.2008 à 15:43)

Assis dehors, Grissom regardait au loin. Il ne voyait pas grand chose, à cause de la noirceur, mais au moins, il était seul. C'était bien dans un sens. Il n'avait pas à s'attirer les coups d'oeil inquiets de Catherine, Nick et Warrick concernant sa fureur. En même temps, c'était dur, car dès qu'il s'isolait, il pensait à elle. Et ça, il ne le voulait pas. Il voulait penser à l'enquête et essayer de comprendre.

Ce qu'il comprenait, c'est que le malade qui tuait les ex-détenus ne les aimait pas. Cette personne ne voulait pas leur donner une deuxième chance. Il voulait faire justice lui-même, même si c'était contre la loi. C'était compréhensible. Gil lui-même n'avait aucune pitié pour les récidivistes de crime dans le genre. Le directeur de la maison avait soutenu qu'ils n'avaient montrés aucune volonté de changer. Cela avait créé des frictions avec Pier. Sauf que Pier avait été découvert mort devant la maison de Brass.

Il avait été leur principal suspect dans cette affaire, même s'il avait eu un alibi en béton. Les jours où les morts étaient morts, Pier travaillait à la maison et il ne s'était pas absenté un seul instant. Les cheveux trouvés sur les lieux du crime avaient sans doute été semé par le tueur. Mais maintenant, la question se posait. Qui était le tueur ?

Gil ferma les yeux et le visage de Sara apparut alors dans ses pensées. Il essaya tant bien que mal de le chasser, mais c'était plus fort que lui. Il revoyait son air triste et son visage marqué par la tristesse. C'était... insoutenable. Sentant alors son estomac gargouillé, il entra dans le bâtiment et proposa à ses employés un repas récapitulatif. Ils reverraient l'enquête en mangeant. Une fois tous installés, seul Sara ne mangea pas et avait un café devant elle.

Quand Grissom lui avait envoyé un SMS (il ne dérogeait pas à ça, bien sûr !), elle avait été se prendre un café. Elle ne voulait pas s'endormir pendant leur petite réunion. Warrick, Nick et Greg avait des hamburgers achetés au restaurant d'en face. Catherine avait fait réchauffé un plat de pâte. Grissom avait sorti une salade. Sara eut un sourire. Ils avaient sortis ensemble pendant un bon deux ans et elle avait habitué Gil à sa nourriture. Il avait gardé l'habitude d'un repas équilibré au milieu de la nuit même après leur séparation. Puis, elle perdit son sourire. Elle ne se sentait pas très bien. Warrick lui jeta un regard surpris au moment où elle s'appuyait la tête dans ses bras.

-Tu ne manges pas ?

Aussitôt, tous les regards se tournèrent vers elle. Gil, malgré lui, prit un air inquiet. Nick s'approcha d'elle.

-Pourquoi tu ne manges pas ? demanda-t-il.

Sara releva la tête et dit:

-Je n'ai pas faim.

Greg secoua la tête énergiquement.

-Sara... Tout à l'heure, tu étais étourdie. Je l'ai bien vu. Une chance, d'ailleurs, que je suis arrivé derrière toi, à ce moment sinon, c'est sur le plancher que tu aurais fini.

Catherine y mit également sa touche.

-Depuis quand n'as-tu pas mangé ?

Sara haussa les épaules.

-Peut-être... mercredi.

-Mercredi... le 25 novembre ?

-Je crois...

Warrick eut un rire.

-Si tu veux maigrir, les régimes ça existe et c'est bien moins risqué que de ne pas s'alimenter.

Grissom, mal à l'aise, repoussa sa salade et la proposa à Sara. Il savait pertinement que c'était de sa faute si elle n'avait pas mangé depuis un moment. Cinq jours... ça remontait à leur séparation. Immédiatement, Grissom effaça cette pensée blessante.

Sara prit la salade et la jeta à la poubelle.

-Je n'ai nul besoin de vous, vous savez ! Vous n'êtes indispensables à personne !

Grissom, qui n'avait plus faim, soupira avec force. C'est faux, ma grande, c'est faux, je te suis indispensable...pensa-t-il alors. Sara pensa également ça et ça l'enragea. Grissom semblait continuer sa vie sans elle, il mangeait, dormait probablement, vu qu'elle ne distinguait pas de grosses cernes sur son visage. Sara, quant à elle, ne semblait vraiment pas bien. Ses cernes descendaient sur ses joues, ses yeux étaient rouges et bouffis, même si elle n'avait pas pleuré depuis un moment. La fatigue, sans doute.

-Sara, vous devriez vous reposer ! répliqua Grissom. Vous ne savez plus ce que vous dites...

-Laissez-moi tranquille, s'il vous plait.

Les autres s'installèrent autour de la table, essayant de dissimuler leur malaise face à la scène qui venait de se produire. Ils mangèrent pendant un moment en silence, oubliant la mise au point sur l'enquête, jusqu'à Grissom brise le silence.

-Sara, avez-vous analysé le chewing-gum que je vous ai confié ?

-Il n'y avait rien à tirer de ce chewing-gum. Il n'a jamais été mâché. Il n'y avait aucune empreinte. Rien.

-La marque ? s'enquit Catherine.

-Une marque très ordinaire. De la Trident, à la pomme verte. Ça se vend partout. Rien à tirer.

-Peut-être pas ! s'exclama Nick.

Il regarda Warrick.

-Tu te souviens, quand on est allé vérifier l'alibi de Pier ? Le directeur de la maison s'est pris une gomme devant nous. Je lui ai demandé s'il voulait bien m'en donné. Il a accepté. C'était de la Trident à la pomme verte, j'en suis sûr !

Warrick acquiesça.

-Mais, il a quelques chose qui ne colle pas ! s'exclama Catherine. On a trouvé un cheveu de la perruque de Pier sur la scène de crime de Carmen. Pourtant, nous avons trouvé le cadavre de Pier ce matin. Est-ce plutôt une indication de la prochaine victime ?

-Je ne sais pas... murmura Nick.

-Attendez un instant ! répliqua Sara. Avez-vous comparé l'ADN de Pier à celle trouvé sous l'ongle se trouvant sur mon pantalon ? Celui que je portais que j'ai été attaquée ?

-Oui, dit Greg, la bouche pleine.

-Et ?

-Il ne correspondait pas.

Sara acquiesça, révisant mentalement sa théorie.

-Je crois que le directeur est le tueur.

-Quoi ? dit Grissom. Je ne crois pas.

-Est-ce que vous dites noir seulement parce qu'elle dit blanc ? demanda Catherine.

Grissom voulut répliquer.

-Mettez vos problèmes de côté, au moins le temps de cette enquête, d'accord ? rétorqua Catherine en regardant Sara et Gil.

-D'accord, dirent les deux protagonistes, en même temps.

-Je peux continuer ? s'enquit Sara. Bon, je crois que le directeur est le coupable. Souvenez-vous, Grissom, son empressement à accuser Pier. Il a tout de suite dit qu'ils avaient été en conflit, les trois vis-à-vis lui. Il a semé le cheveu de Pier pour nous donner une fausse piste. J'en suis sûre !

Les autres réfléchirent alors à sa théorie.

-Et la gomme ?

-Je crois qu'il... approchait ses victimes avant de les tuer. Ainsi, il aurait pu proposer une gomme à Pier. Mais avant qu'il est pu la mâcher, il est mort. Comme vous l'avez dit Grissom, il a trouvé une manière originale de nous montrer sa nouvelle victime.

-Oui, mais...commença-t-il, mais il s'arrêta aussitôt.

-Qui est le seul à connaître leur nouvelle maison ? Leur nouvel emploi ? Qui est le seul à savoir tout ça ? continua Sara. Un des seul en qui les ex-détenus ont confiance. Assez confiance pour leur révéler certaines choses...

 Grissom acquiesça et ajouta:

-Bravo ! Belle théorie. Il ne reste plus qu'à la vérifier. Je vais demander à Brass d'aller nous le cueillir.


marguerite  (08.12.2008 à 15:46)

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