Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : CSI : Crime Scene Investigation
Création : 24.11.2008 à 01h21
Auteur : marguerite
Statut : Terminée
« Une voiture fonce dans la maison de Grissom. À première vue, ce n'est qu'une banalité de la vie, mais l'évènement se transforme bientôt en drame... » marguerite
Cette fanfic compte déjà 42 paragraphes
En salle d'interrogatoire, le suspect n'en menait pas large. Hug Parson était pâle et Sara n'avait pratiquement aucun doute de sa culpabilité. Accompagnée de Nick, ils avaient pour mission de le faire avouer ou de l'amener à dévoiler de nouveaux détails.
-Monsieur Parson, puis-je savoir si les ex-détenus qui ont passés par votre maison de réhabilitation viennent souvent se confier à vous ? demanda Sara.
-Je ne peux rien révéler, dit le jeune homme. Ils viennent me voir pour se confier et je me dois de garder leurs confidences pour moi.
Nick s'installa sur la table et Sara s'appuya sur le mur. Brass était assis devant le suspect et les autres étaient derrière la vitre sans tain. Nick se pencha vers le directeur et lui répliqua:
-Je ne veux pas savoir ce qu'ils vous ont dit ! Je veux juste savoir s'ils sont venus se confier à vous.
Le directeur ne dit rien.
-Est-ce possible de simplement dire oui ou non ? Si c'est trop dur, vous pouvez simplement hocher de la tête.
Parson acquiesça.
-Ils viennent souvent ? s'enquit Brass.
-Oui, une fois ou deux par semaine.
Sara eut soudain une idée. Quelque chose l'alluma. Un détail, dont elle venait de se souvenir et qui pourrait avoir un lien avec ça. Quelque chose qui pourrait expliquer pourquoi il aurait tué les détenus.
-Avez-vous des enfants, Monsieur Parson ? dit Sara.
Tout le monde se tourna vers elle, surpris. Catherine laissa échapper une exclamation. Warrick leva les yeux au ciel et échangea un regard inquisiteur avec Greg. Grissom ne dit rien. Il avait confiance en elle et savait qu'il y avait une raison, si elle disait cela. Brass et Nick le savait également, alors ils ne dirent rien et choisir de la laisser exposer sa piste. Le suspect haussa un sourcil et répondit un petit:
-Oui...
Sara acquiesça et regarda le dossier qu'elle tenait entre ses mains.
-Étrangement, ce n'est pas écrit dans votre dossier. Vous avez des enfants, mais vous ne les avez pas reconnu ?
Grissom comprit aussitôt où elle voulait en venir. La fille qui avait été agressé par Colin Handers ne savait pas qui était son père. Personne ne figurait à ce titre dans tous ses documents officiels.
-J'ai une fille, avoua le jeune homme.
Il ne savait pas où cela allait mener, mais il préférait jouer la carte de la vérité, cette fois.
-Le sait-elle ? Que vous êtes son père ?
L'homme baissa la tête et tout le monde put sentir sa tristesse.
-Elle est morte... il y a peut-être un an. Je ne sais plus.
Faisant semblant d'être touchée par cette histoire, Sara prit place aux côtés de Brass. Elle regarda le suspect droit dans les yeux.
-De quoi est-elle morte ?
-Elle... a eu une leucémie.
Cela confirma ce que pensais Sara.
-Se pourrait-il que vous ayez rencontrés Handers bien avant son arrivée dans votre maison ? Je veux dire... Que vous l'ayez rencontrés... à son procès pour agression sexuelle ? Sur une mineure ? Hum ? Votre fille ?
Impuissant et surtout, terriblement triste, Hug Parson acquiesça.
-Et les autres ? Pourquoi les avoir tués ? Watson, Manderson, Carmen ? Pourquoi ? continua Sara.
-Madame, vous ne me croyez peut-être pas, mais je n'ai tué personne. Personne, en dehors de Colin Handers. Quand j'ai vu qu'il voulait récidiver, je n'ai peux m'empêcher de...
Sa voix se brisa.
-Embarquez-le, dit simplement Brass aux policiers présents dans la pièce.
Sara, suivi de Nick et Brass, sortit de la pièce, après avoir vu le directeur quitter, menotté. Les experts se rassemblèrent un peu plus tard dans la salle de repos. Sara s'effondra sur un des canapé. Soudain, son ventre gargouilla assez fort. Elle rougit en s'attirant le regard des autres.
-J'ai peut-être faim...
En riant, Nick lui donna une salade qui reposait dans le réfrigérateur et Sara mangea, sans sourire et sans rien dire. Quand elle l'eut fini, elle releva la tête et remarqua qu'ils la regardaient tous. Surprise, elle leur demanda en balbutiant pourquoi ils agissaient comme ça.
-Comment as-tu su pour sa fille ? demanda Nick.
-Ho.. Grissom m'avait demandé d'examiner ça, quand on a eu le premier cadavre. Ça m'avait trotté en tête pendant un bon bout de temps. Mais on sait juste qu'il a tué Handers. Rien ne prouve qu'il a tué les autres.
-Et la gomme ? répliqua Catherine.
-Le tueur aurait pu semer des preuves. Comme il l'a fait pour le cheveu de Pier.
-À moins qu'il y est trois tueurs... dit Greg.
Tous se tournèrent vers lui en haussant les sourcils.
-Imaginez un peu... Parson tue Handers. Watson tue Manderson et Carmen. Quelqu'un, frustré qu'il est tué Carmen ou Manderson le tue également. Pour faire croire qu'il s'agit de Parson, il met sa gomme préférée. Peut-être même que Pier a laissé exprès un de ses cheveu et qu'il en a donné un à Sara pour qu'on le soupçponne et qu'il soit innocenté. Qu'on dise que le tueur a semé une preuve...
Grissom soupira et tous se sentirent submergés par le désespoir.
-Pier Watson n'a pas tué Maderson, dit le superviseur. Si celui qui a attaqué Sara est le tueur de Manderson, ce n'est Pier Watson. Son ADN sous les ongles de Sara aurait parlé dans ce sens. Or, on a la preuve que ce n'est pas le sien...
-Et si Parson a menti ! s'écria Warrick. S'il a menti et qu'il les a tous tués...
Les experts hochèrent de la tête.
-C'est possible... murmura Catherine. Mais on a aucune preuve qu'il a menti, hormis son témoignage, ou il jure n'avoir tué que Handers...
Greg reprit sa théorie hypothétique sur les trois tueurs.
-Et si l'attaquant de Sara était le troisième tueur. Le troisième tueur, qui aurait constaté la mort de son ami et qui ne veut pas se faire prendre, parce qu'il n'a pas à faire là ?
-Vous oubliez une chose ! rétorqua Sara. Il ne peut pas y avoir plusieurs tueurs ! Chaque tueur à sa manière d'agir. Et peu vont tuer avec du poison. Surtout le même sur chaque victime...
-C'est vrai... ajouta Grissom.
Le mal de tête qu'il ressentait depuis un moment augmenta d'ampleur. Il devait se reposer. Cependant, aujourd'hui...
-Je crois qu'on va s'arrêter là. Prenez tous la journée pour réfléchir. Ce soir, je veux que chacun de vous aie une théorie qui fait du sens. Bon repos !
Les experts échangèrent tous des regard évocateurs, sauf Sara. Grissom se tourna vers la jeune femme.
-Sara, voudriez-vous remplir le rapport sur le meurtre de Handers ?
-Bien sûr, marmonna-t-elle.
Elle n'en avait rien à faire, mais c'était mieux ça que de se morfondre chez elle...
Il était près de six heures quand Sara eut fini de remplir les dossiers. Elle les déposa sur le bureau de Grissom. Les autres étaient partis depuis environ une heure. Elle prit rapidement son manteau et embarqua dans sa voiture. Elle essaya de la faire démarrer, mais rien. La voiture ne voulait pas partir.
Dehors, la pluie tombait. C'était une vraie tempête ! Tout ça, le jour de sa fête. Sara jeta un coup d'oeil à l'heure. Depuis six heures, sa fête était derrière elle, déjà terminée. Et elle n'avait rien fait pour célébrer ces 33 ans.
Après quelques manipulations, Sara dut s'avouer vaincu. Grissom avait dit à tout le monde de partir plus tôt. Même les laborantins avaient quittés. Peu après leur départ, la pluie avait commencé à couler. Plus personne n'était là. Elle était seule. Et sa voiture ne démarrait pas.
Elle dut appeler une dépanneuse, qui arriva presqu'une demi-heure plus tard. Sara soupira de rage quand le garagiste lui expliqua les coûts supplémentaire reliés au transport. Autrement dit, elle allait marcher pour se rendre chez elle. Elle fut cependant plus inquiète quand l'homme lui avoua que les dommages causés à (quelques termes bien masculins aux quels Sara ne comprit pas grand chose) sa voiture était sûrement une forme de sabotage ou de vandalisme. Elle attendit qu'il est accroché sa voiture, puis elle commença son long 45 minutes de marche pour se rendre chez elle. Les larmes lui montèrent rapidement aux yeux, mais Sara continua à avancer sans regarder derrière elle.
DANS L'APPARTEMENT DE SARA...
Tous les experts, accompagnés de Brass étaient installés dans le salon de Sara et attendaient son arrivée avec impatience. Ils discutaient, enthousiastes. Seul Grissom ne se mêlait pas au conversation. Il repensait à ce que Ecklie était venu lui dire.
Grissom allait quitter le bâtiment. Ecklie l'appela et il se retourna. Il alla le rejoindre et son interlocurteur eut un air mauvais.
-Je peux savoir pourquoi Sara est venue me demander s'il y avait une place pour elle dans l'équipe de jour ?
Surpris, Grissom ne dit rien.
-Occupez-vous un peu mieux de vos employés, Grissom !
Ça l'avait saisi. Oui, il ne sortait plus avec Sara, mais il ne voulait quand même pas qu'elle parte définitivement. Il avait réfléchi et il savait ce qu'il allait faire...
Il n'eut pas vraiment le temps d'y penser plus, car la clé tourna dans la serrure de la porte d'entré. Chacun alla se positionner. Quand la porte s'ouvrit, Sara entra d'une démarche incertaine.
-SURPRISE ! s'écrièrent les experts.
La lumière s'alluma et on entendit clairement des sanglots. Sara n'eut même pas un sourire. Même pas un air surpris. Ce fut plutôt aux collègues de la jeune femme d'adopter un air stupéfait et horrifié.
Sara était trempée jusqu'à la moelle. Les larmes coulaient sur ses joues et elle vacillait légèrement...
Elle était assise sur le canapé du salon. En les voyant et surtout, en réalisant leurs présences, elle avait jeté son sac sur le sol. Elle avait été se changer dans sa chambre sans leur adresser un mot. Dans le salon, ses collègues étaient mal à l'aise. Elle n'avait pas apprécié leurs surprises ? Elle n'était pas contente de voir qu'ils ne l'avaient pas oubliés ? Quand elle était finalement ressorti de sa chambre, elle avait souri. Elle avait été leur sortir des boissons et elle était revenue s'installer sur le canapé, où elle était maintenant.
-Bonne fête, Sara ! s'exclama Greg.
-Ouais, bonne fête ! ajoutèrent Nick et Warrick presque simultanément.
-Bonne fête ! lui dirent successivement Brass, Catherine et Gil.
Sara, qui avait enfoui sa tête dans ses mains, la releva et fixa ce dernier. Son air était clair: elle voulait des explications.
-C'est l'idée de Grissom, cette petite fête surprise. Pour tes 33 ans... On devait tous agir avec toi comme d'habitude et faire comme si c'était un jour ordinaire, expliqua Warrick.
-Génial... marmonna-t-elle. Et pour ma voiture ?
-Ta voiture ? répéta Nick, étonné. Quel est le problème ?
-Lequel de vous l'a saboté ?
-Personne n'a saboté ta voiture... entre nous, dit Catherine.
-Mais quelqu'un l'a bien fait...
-Désolé Sara, mais ce n'était aucun de nous. Tout a été prévu, excepté cela...
-Ha ouais ! répliqua Sara, en jetant un regard à Grissom. Et se battre avec mon frère, c'était prévu ?
Tout le monde se tourna vers lui, surpris.
-Sara... commença Grissom. Ce n'était pas prévu, mais...
-Vous avez vraiment beaucoup de culot, Grissom !
La fêtée venait d'arriver et l'anniversaire prenait des allures de règlements de compte. Catherine fit un geste en direction de Brass.
-Je vais y aller ! dit-il.
-Ma femme m'attends ! s'exclama Warrick.
-Lyndsey veut aller magasiner, aujourd'hui, j'aimerais me reposer un peu avant, ajouta Catherine.
-Je suis épuisé, à ce soir tout le monde ! soutint Nick.
Ils partirent et il ne resta que Sara, Grissom et Greg. Ils lui jetèrent un regard.
-Si tout le monde s'en, ben moi aussi ! répliqua-t-il.
Il partit sans laisser Grissom annoncer qu'il allait partir. Sara eut un rire moqueur.
-Le complot orchestré par Gil Grissom se retourne contre lui ! dit-elle, ironiquement.
-Sara, ne sois pas comme ça...
-Arrête Gil ! J'ai parlé à Ecklie et il va probablement me mettre dans l'équipe de jour. Je ne veux pas continuer comme ça. Ça fait sérieusement mal que tu partes te battre avec mon frère. Je tenais à lui, peut-être autant qu'à toi...
Elle se leva et Grissom voulut la suivre.
-Non, sors maintenant ! Cette fête, c'était vraiment une grosse erreur de ta part...
Sans un mot, Grissom sortit. Sara baissa la tête, les larmes lui montant aux yeux. Elle entendit la porte s'ouvrir, puis se fermer dans un claquement. Soudain, elle sentit quelqu'un à ses côtés. Sans qu'elle puisse résister ou le repousser, la personne lui prit le visage entre ses deux mains et l'embrassa. Sara vit seulement deux grands yeux bleus avant de perdre complétement le contrôle d'elle-même.
Elle agrippa Gil par la chemise et tenta de la déboutonner sans cesser de fixer ces beaux yeux. Il lui embrassa le cou, la nuque, l'oreille...
-Sara, je ...
Elle le coupa sèchement.
-Ferme-la idiot !
Ils prirent en silence la direction de la chambre...
Sara, la tête posée sur le torse à Grissom se réveillait tranquillement. Elle lui fit un magnfique sourire. Ils recommencèrent à s'embrasser quand quelqu'un cogna à la porte. Sara jeta un rapide coup d'oeil à l'horloge sur sa table de chevet, surprise de constater qu'ils étaient en retard d'uen heure pour aller au travail.
-Gil ! Vite, il faut s'habiller !
Il se leva précipitamment et commença à s'habiller, pendant que Sara enfilait un peignoir noir pour aller répondre. Elle regarda dans l'oeil magique et constata qu'il s'agissait de Greg. Elle ouvrit à contre-coeur.
-Bonjour Greg, dit-elle assez fort pour que Gil entende et en resserrant sa prise sur son peignoir à la hauteur de sa poitrine. Qu'est-ce que tu fais ici ?
-Je suis venu voir si tu étais encore en vie.
-Je peux te certifier que je vais très bien. Je suis contente que tu te sois inquiéter, maintenant, tu peux partir.
Elle allait refermer la porte, quand il mit son pied pour l'empêcher de la fermer.
-Je voulais aussi savoir si tu savais où était Grissom ?
Ho non... Ils étaient coincés là-dessus. Les autres les avaient quittés le matin en les laissant ensemble. Là, les deux étaient en retard d'une heure à leurs travails. Les deux mariés à leur travail... De plus, Sara capta le regard de Greg qui voyait les vêtements éparpillés sur le sol. Pour le jeune homme ça ne mentait pas: Sara n'était pas seule et sûrement en très bonne compagnie.
-Je ne sais pas où est Grissom.
-C'est juste que hier on vous a abandonné ici tous les deux. Là les deux vous êtes en retard. Et j'ai vu la voiture de Grissom stationné près de chez toi. Ça me laisse supposer qu'il n'a pas vraiment quitté ton appartement.
-Q'uest-ce que tu insinue, Greg ? Que je me tape le patron pour des promotions ?
Greg rougit alors de confusion.
-Ce n'est pas ce que je voulais dire ! s'exclama-t-il avec empressement.
-Alors dis aux autres que je suis vivante et que tout va bien. Dis leur que j'ignore où est Grissom. Il allait partir quand mon amoureux est arrivé. Il a quitté précipitament. Je ne sais pas où il est allé.
-Sara... lui dit Greg. Je ne te jugerai pas. Sérieusement, dis-moi. Est-ce que Grissom est dans ton appartement ?
Sara baissa les yeux et essaya de mentir. Elle finit par dire oui.
-Merci pour ta franchise, Sara.
Grissom arriva alors derrière elle. Il regarda Greg et dit :
-J'étais venu chercher Sara. Ça a pris un moment que je parvienne à la réveiller. Disons aussi que quelqu'un l'empêchait de se lever. Elle vient de se lever. J'étais inquier de son absence de réponse. Greg, dites à Catherine et Brass qu'on vous rejoins au labo dans maximum une demi-heure...
-D'accord.
Il allait partir, quand il se tourna vers Sara et Gil.
-En passant, Parson a tout avoué aujourd'hui. Il a craqué. Il a avoué qu'il les avait tous tués parce qu'il savait qu'ils voulaient récidiver.
-Et Pier Watson ?
-Il avait tout compris. Alors, Hug a pas eu le choix de s'en débarrasser, vous comprenez ?
Finalement, Greg partit et Sara se retourna ves Grissom.
-Fiou !
-Ouais... il s'en est fallu de peu.
Une fois Sara habillée, ils embarquèrent dans la voiture du superviseur. Ils s'embrassèrent une dernière fois, puis Gil éloigna légèrement Sara de lui.
-On va travailler ?
-Mouais...
Ils étaient encore ensemble, malgré tout. Cependant, ils n'avaient pas encore pu discuter et l'un comme l'autre savaient qu'une bonne discution s'imposerait bientôt...
-Vous êtes en retard ! dirent Nick et Warrick, simultanément.
-On sait... répondit simplement Sara.
-Tirer Sara du lit a pris du temps, s'excusa Grissom en lui lançant un regard moqueur auquel la jeune femme répondit par une fausse expression outrée.
-On sait, Greg nous a déjà tout expliqué, dit Nick.
-Sara, tu as du courrier, dit Catherine en lui tendant une enveloppe.
Sara la prit en jetant un regard inquisiteur à ses collègues. Elle l'ouvrit, suprise. Elle regarda la première page, pui adopté un air frustré. Elle jeta les feuilles dans le bac de recyclage sans y jeter un autre regard.
-Qu'est-ce que c'était, Sara ? demanda Grissom, en se tournant vers elle et en oubliant momentanément la présence de leurs amis.
-Rien du tout.
Il y eut un court silence, pendant lequel Grissom classait ses papiers.
-Pour Catherine et Warrick, cadavre trouvé dans un parc, cet après-midi. Greg et Nick, vous avez un autre cadavre sur un quai. Sara et moi, on va finir de remplir les rapports sur l'enquête que nous venons de terminer.
Grissom et Sara se mirent au travail et Gil lui redemanda ce qu'était les papiers que Sara avait reçu. Elle grimaça avant de répondre.
-En souvenir... 25 ans plus tard. Tu vois le genre ?
-Ha.. ton père.
-Hum hum...
Ils continuèrent de travailler en silence. Soudain, Brass entra dans le bureau et fut surpris de les trouver là.
-Tu as reçu une lettre, Gil. Et Sara, vous devriez vous mettre un foulard.
-Quoi ? répliqua l'intéressée.
Brass se pencha à son oreille et lui dit:
-Vous avez un énorme suçon dans le cou. Qui n'était pas là hier, d'ailleurs. Ça en est presque indécent...
Rougissant, la jeune femme se leva et s'éloigna. Jim se tourna vers Grissom. Ce dernier lisait la lettre.
-Jim, écoutez ça...
Sara traversa rapidement les couloirs du bâtiment. En attendant d'atteindre le vestiaires, elle avait remonté son collet et sa main se baladait dans son cou. Elle espérait que personne ne l'avait remarqué avant Brass.
Elle entra précipitament dans la pièce vide et se plaça devant le mirroir. Elle parvinty finalement à l'appercevoir. Jim Brass avait raison. Il était énorme et c'en était presque indécent. Elle se tourna vers sa case et en sortit un foulard noir. Elle en avait toujourd un, au cas où.
Elle se redressa, ajusta le foulard, replaça une mèche et s'éloigna pour aller rejoindre Gil. Les paroles de Greg lui revinrent en tête. Ainsi, Hug Parson aurait tué les quatre ex-détenus ? Nan... ça ne collait pas. Il allait déjà allé en prison à perpétuité, qu'est-ce que ça aurait changé qu'il en avoue trois autres ? La peine de mort n'était plus dans le Nevada depuis quelques années.
Pourquoi alors ?
Elle décida d'aller le voir avant de retourner voir Grissom. Elle prit la direction opposée à celle menant au bureau de son supérieur. Elle allait tourner le coin et se présenter devant la cellule quand elle entendit une voix d'homme. De ce qui parvenait à Sara, il faisait des menaces.
-Tu as avoué ?
-Bien sûr, répondit Hug Parson. Le petit gars à qui j'ai avoué m'a semblé me croire.
-Tant mieux. S'ils ont des doutes, tu leur dit ce que je t'ai confié.
-Bien sûr...
-Et surtout, tu ne me connais pas ! s'exclama l'inconnu.
-Je le jure...
-J'espère bien.
La première voix se tut et Sara entendit des pas venir dans sa direction. Elle se cala contre le mur et fut cachée par une colonne. L'homme tourna le coin et jeta un regard dans sa direction. Sara essaya de reprendre une position normale. Il savait qu'elle avait entendue. La jeune scientifique ne vit pas son visage. Il était caché par une grande capuche, mais Sara se sentit soudain mal.
-Bonjour, dit-elle, essayant d'être aimable.
L'inconnu inclina la tête et s'éloigna rapidement. Sara n'avait toujours pas vu son visage, mais elle l'imaginait. Son regard tomba sur sa main, où elle vit des marques de griffure. Elle en était désormais sûre... C'était l'homme qui l'avait attaqué chez Colin Handers.
Elle tourna la tête dans sa direction, mais il avait déjà disparu. Sonnée et surprise, elle ne bougea pas, puis se décida à aller voir Hug Parson. Le jeune directeur était recroquevillé dans un coin de sa cellule sur le sol.
-Bonjour Hug. Vous allez bien ? demanda la jeune femme.
-Depuis quand vous intéressez-vous aux meurtriers ? répondit-il.
Sara fit non de la tête et s'avança encore vers la cellule.
-Je sais que vous n'êtes pas un meurtrier.
-Vous n'en savez rien ! répliqua l'homme en se relevant. Et puis, qu'est-ce que ça peut bien vous faire ?
-Je n'aime pas coffrer les innocents.
-Je ne suis pas innocent ! J'ai tué quatre homme. Vous devriez être dégoûtée par moi, Mademoiselle...
-Je sais que vous ne les avez pas tué. Du moins, que vous n'en aviez pas l'intention...
-Ne vous mêlez surtout pas de ça ! Mettez-moi en prison, mais ne compliquez pas les choses ! Surtout pas...
-D'accord, je ne compliquerai pas les choses. Mais à une seule condition. Vous devez répondre à ma question.
-Bien sûr. Qu'est-ce qu'il y a ?
-Pourquoi ? Pourquoi avouer un meurtre, mais pas trois ? Question de conscience ?
-Je suis désolé, mais je ne peux pas vous répondre.
-Alors, moi aussi je suis désolée. Je n'ai pas le choix de compliquer les choses.
-Gil ! s'exclama Sara en entrant dans le bureau de ce dernier.
Quelle pas sa surprise de le voir en compagnie de Warrick, Nick, Brass, Sofia, Catherine et Greg. Ils se tournèrent en bloc vers elle.
-Bonjour... murmura-t-elle, embarrassée.
-Je voulais dire, Grissom. Grissom j'ai parlé à Hug Parson et l'affaire se complique encore...
-On sait, dit Gil.
-D'accord.
Grissom, qui était penché sur son bureau, se redressa, contourna sa table de travail et s'approcha d'elle.
-Figurez-vous que j'ai reçu une lettre de Pier Watson.
-Pier Watson ? Il est mort depuis deux jours...
-Il l'a écrite avant de mourir et il a demandé à sa soeur de la postée s'il lui arrivait quelque chose. Elle m'était adressé.
Il lui tendit la feuille.
"Gil Grissom,
Si vous recevez ceci c'est que mes soupçons étaient confirmés. Quelqu'un me traque. Et je veux sauver ma peau.
Tout a commencé quand vous êtes venus me voir à la maison avec votre collègue. Dès ce moment, j'ai su qu'il s'attaquerait à moi. Je vous ai donné le cheveu, me doutant qu'il avait laissé une marque de moi sur un des cadavres. Croyez-moi c'était un geste délibéré et non un idiotie de ma part. Il était dans la salle. Son regard s'est dirégé sur votre collègue pendant qu'elle me parlait. Il est fou ! Soyez prudent.
Il ne s'agit pas de Hug Parson. Il est innocent dans la mesure du possible.
Il a été terrorisé par lui et il n'a pas eu le choix de lui obéir. Cet homme veut tuer tous ceux qui ont violés des enfants mineures. Ma vie est menacée. Mais j'ajoute que je n'ai rien fait. De toute façon, si cette lettre vous parvient, il sera trop tard pour faire quoi que ce soit.
Faites attention et surtout, surtout...
N'envoyez pas Hug Parson en prison. Il n'y est pour rien. Et s'il sort, il le tuera. Il s'attaquera aussi à vous. J'ai entendu dire qu'il avait déjà attaqué votre collègue. Fiez-vous à moi, ça ne s'arrêtera pas là. Il veut saboter sa voiture et s'arranger pour se débarrasser d'elle. Soyez extrêmement prudent !"
La feuille glissa de la main de Sara et tomba sur le sol.
-Merde ! s'écria-t-elle en tournant les talons.
Gil se lança à sa suite. Brass plaça son bras devant pour l'arrêter.
-Elle est en danger et elle a besoin de quelques instants de solitude pour mesurer cela. Laisse-lui le temps de digérer la nouvelle. Ça tombe mal pour elle et ..
Grissom le coupa et se dégagea de son emprise.
-C'est vrai que ça tombe mal. Vous n'avez pas idée à quel point.
Il sortit du bureau pour aller la rejoindre.
-Pourquoi Sara précisément ? demanda Catherine.
-Bonne question. J'ignore malheureusement la réponse, répondit Jim Brass.
Sara s'arrêta immédiatement quand elle entendit son nom.
-Sara ?
Elle se tourna et apperçut Grissom qui marchait rapidement dans sa direction. Il était visiblement inquiet.
-Ne fais pas de bêtises... murmura Grissom.
-Je n'en ai pas l'intention. Seulement...
Elle s'arrêta et baissa la tête.
-Il se passe beaucoup de choses et ce n'est pas vraiment le moment.
-Je sais...
-Viens... on va aller rejoindre les autres. Nous sommes tous inquiets pour toi...
Elle lui prit la main discrètement et ils rejoingnirent les autres dans la salle de repos. Sara traversa la pièce sans un mot et sans jeter un regard à personne.
-J'ai parlé à Parson, dit-elle après un moment de silence.
Elle leur raconta sa conversation avec.
-C'était l'homme qui t'a attaqué chez Handers ? s'enquit Warrick.
-Aucun doute. Les griffures sur la main sont bien celles que j'avais fait sur la main de celui qui m'a attaqué.
-Il avait raison Parson. Ça complique terriblement les choses, ajouta Nick.
Ils commencèrent à manger. Greg regarda Sara.
-Pourquoi as-tu mis un foulard ? demanda-t-il alors.
Avant que Sara est eu le temps de répondre, Sofia s'exclama:
-Pour cacher cet horrible suçon, voyons !
Sara rougit incroyablement et Grissom se mordit la lèvre. Il s'en voulait de mettre Sara dans cette situation.
-Disons que je sors avec quelqu'un de très... entreprenant.
Gil baissa cette fois la tête et réprima un rire. Sara le regarda discrètement et elle aussi dut réprimer son rire.
-Qui a-t-il de drôle ? demanda Warrick en voyant la tête de Grissom et de Sara.
-N'oubliez pas que je le connais, ce gars, dit-il simplement.
-Moi aussi ! s'exclama Catherine.
-Je crois le connaître, murmura Greg.
-Ça m'étonnerait, rétorqua Catherine.
-Je crois que j'ai manqué un épisode, dit Nick.
-Je ne crois pas... ajouta Warrick. À moins que j'ai manqué le même...
Grissom, Sara et Catherine éclatèrent de rire, suivi par les autres. Seule Sofia resta de marbre. Elle s'excusa et sortit, prétextant de ne pas avoir de temps à perdre à niaiser.
-Aussi aimable qu'une porte de casier, dit Nick en soupirant.
Ils continuèrent à manger en silence.
-Et si vous veniez chez moi ce soir. On pourrait reprendre la fête manquée de hier.
-Pourquoi pas ? s'exclama aussitôt Grissom. Je crois que c'est une bonne idée.
Il ajouta, face aux regards des autres:
-Le cadeau est toujours dans ma voiture !
-D'accord, dit Nick.
Les autres acceptèrent également.
-Dix heures chez moi ? proposa Sara.
Grissom cuisinait et Sara était assise sur une chaise dans la salle à manger. Ils avaient pu discuter. Tout était rentrés dans l'ordre et Sara avait servi la phrase "Une femme pardonne, mais n'oublie jamais" à Grissom. En disant cela, Grissom l'avait regardé surpris, puis ses yeux s'étaient élargis et éclairés, comme s'il venait de comprendre, soudainement.
-Le poison !
-Quoi ? s'enquit Sara.
-Ils ont tous été tués par de l'acide ? dit Gil.
-Oui, dit la jeune scientifique en acquiesçant.
Il venait de comprendre cela ?
-C'est que... Rapelles-toi, Sara. Qui tue avec du poison ?
La réponse fut immédiate et sans réflexion.
-Les femmes vont préférer tuer avec un poison, car ça laisse moins de traces.
-Pourtant, dans notre enquête, nous n'avons que des hommes... laissa-t-il entendre.
-Tu crois qu'il y a une femme derrière ça ?
-Tu en penses quoi ?
-Je commence à croire que ne la résoudra jamais, cette enquête... Que Parson est tué les quatre ex-détenus et qu'il l'est fait sous la menace d'une autre homme, c'est une chose. Mais qu'il y est une femme derrière l'homme qui menace déjà Parson, c'est cherché loin, tu ne crois pas ?
-Peut-être... avoua-t-il en murmurant.
Mais le poison... ce n'était quand même pas quelque chose de négligeable. Quatre personnes étaient mortes en avalant de l'acide. Et les femmes étaient réellement reconnues pour utiliser des poisons quand elles commettaient des meurtres. Grissom resta un moment plongé dans ses pensées et il se rendit soudain compte qu'il n'y avait plus de sauce, pourtant nécessaire à la recette qu'il faisait.
-Sara... Il faudrait aller à l'épicerie.
-On y va ensemble ? proposa Sara.
-Avec toi, j'irais n'importe où... dit simplement Gil.
Ils embarquèrent dans la voiture de Grissom, celle de Sara étant toujours au garage en réparation. Ils se baladèrent dans les rangées tranquillement en riant et en se moquant l'un de l'autre. Puis, Sara prit un air rêveur et en regardant quelque chose au dessus de l'épaule de Grissom. Ce dernier se retourna et vit qu'elle jetait un oeil aux accessoires pour bébé.
-Ça va Sara ?
-Hum hum...
-Dis-moi, on en a jamais vraiment parlé, mais Gil, est-ce que tu veux des enfants ? demanda-t-elle alors.
-Je ne sais pas, répondit Gil. Je n'y ai jamais vraiment pensé, mais j'imagine que oui. Pouvoir transmettre toutes mes connaissances et tout mon amour à un petit être qui dépenderait de moi... Pourquoi pas ?
Il prit sa Sara dans ses bras et la serra avec force. Il lui murmura à l'oreille:
-Et toi, mon coeur ?
-Un jour... J'aimerais moi aussi avoir un enfant...
-Alors on en aura et on sera les meilleurs parents possibles... On aura notre famille, bien à nous. Qu'en penses-tu ?
-Un jour, répéta Sara.
Elle semblait totalement être en train de rêver.
-Oui, un jour nous aurons notre famille...
Grissom se pencha pour l'embrasser, mais Sara le repoussa vivement.
-Grissom ! s'exclama-t-elle en s'essuyant la bouche. Vous ne manquez pas de culot ! Vous savez très bien que j'ai quelqu'un dans ma vie !
Grissom, surpris et saisi, recula et se tourna. Il vit Warrick qui avançait dans leur direction.
-Désolé Sara, je... Je me suis laissé prendre par le moment. Je suis vraiment désolé.
-Je suis vraiment désolé, répéta Sara en imitant la voix de Grissom.
-Tout va bien, ici ? demanda Warrick en approchant.
-Gardez vos distances ! s'écria Sara en barrant Gil.
-Tout va pour le meilleur.
-Il me semble aussi, dit le jeune homme, sceptique.
Après tout, il avait bien vu Grissom prendre Sara dans ses bras. Cette dernière n'avait pas résisté. Ensuite, il avait bien vu Grissom se pencher pour embrasser Sara. Elle avait entrouvert les lèvres, comme si elle acceptait ce baiser. Puis, elle l'avait vu et avait repoussé vivement Grissom.
-Je crois que je comprends maintenant... marmonna-t-il.
-Quoi ? demanda Sara, affolée.
-Ça fait combien de temps ? s'enquit Warrick.
-De quoi tu parles ?
-Vous savez très bien ce que je veux dire... Ça fait combien de temps que vous êtes ensemble ?
-Je ... dit Sara en cherchant ses mots, c'ets mon supérieur ! Je ne sortirais pas avec mon supérieur, tout de même ! Voyons War' tu me connais mieux que ça !
-C'est ça, dit-il, incrédule.
Gil soupira fortement. Comment pouvait-il convaincre le jeune homme qu'il ne sortait pas avec Sara ?
-Laissez tomber ! dit Warrick. Je vais faire comme si je n'avais rien vu. On oublie... Mais je vous surveilles. Au moindre faux pas, je veux que vous répondiez à toutes mes questions...
-D'accord ! s'exclama Grissom, légèrement contrarié.
-On se voit chez toi, Sara. Et à tout à l'heure, patron...
Il s'éloigna à grandes enjambées.
-J'avais oublié qu'il habitait le même quartier que moi et qu'il faisait ses courses le mercredi matin après le travail, désolée...
-Je te pardonne.
Il sortirent du supermarché et se rendirent chez Sara. Grissom continua à cuisiner et Sara rangea et plaça l'appartement en attendant l'arrivée de leurs collègues. Sara pensa tout à coup à un détail.
-Est-ce qu'on sait à qui appartenait la voiture dans laquelle on a trouvé Handers ? demanda Sara à Grissom.
-Euh...
Il avait toujours voulu éviter cette question. Il allait devoir se démerder pour ne pas avouer la vérité à Sara. Par chance, on sonna à la porte à ce moment. La jeune femme alla ouvrir et laissa entrer ces collègues. Ils ne furent guère surpris de voir Grissom déjà présent.
-Alors ? On sait ? répéta Sara.
Devant le silence de son amant, elle comprit qu'il savait, mais qu'il en voulait pas le dire.
-Qui ? demanda-t-elle, impatiente.
-Quoi ? s'enquit Nick.
-À qui appartenait la voiture dans laquelle on a découvert Colin Handers ?
-Je le sais ! s'exclama Greg.
-Qui ?
-Un gars qui le même nom de famille que toi...Un certain William Sidle, je crois.
Il capta le regard soudain meurtrier de Grissom et l'air paniqué de Sara.
-C'est... impossible ! murmura-t-elle, légèrement paniquée.
Tous les experts, accompagnés de Brass, mangeaient en silence. On sentait une certaine tension dans l'air. Les CSI comprenaient qu'il venait du fait que la voiture dans laquelle avait été trouvé Colin Handers (la même que celle qui avait foncé dans la maison de Grissom, d'ailleurs) était nul autre que celle de William. Quand Grissom l'avait découvert, il avait été surpris, mais il ne savait pas comment le dire à Sara. Après cette annonce, Sara était sortie de la pièce pendant un bon cinq minutes; elle était revenue en annonçant que le repas était servi. Grissom couvait Sara de son regard. Cette dernière essayait de faire conversation, mais on sentait que le coeur n'y était pas.
Soudain, on cogna à la porte et Sara, raide, se leva. Elle avait complétement oublié qu'elle avait invité son frère à venir. C'était bien sûr avant qu'elle apprenne que sa voiture avait servi de tombeau à un ex-détenu. Avant qu'elle se soit approché de la porte, ça commença à tambouriner plus fort.
-J'arrive ! cria-t-elle.
Dès qu'elle ouvrit la porte, William se précipita à l'intérieur. Elle ne put le retenir.
-Sara ! Je suis dans le trouble ! Tu dois m'aider...
Il passa dans le salon et se figea en voyant la salle à manger.
-C'est pas vraiment le moment, à ce que je vois...
-Non pas vraiment, dit Sara en acquiesçant.
William baissa les yeux sur ses mains et Sara fit de même. Elle put voir clairement des traces de griffes; les mêmes qu'elle avait vu un peu plus tôt dans la journée. Bouche bée, elle ne dit rien. Il comprit aussitôt en voyant son air.
-C'est pas ce que tu crois, Sara...
-William... réussit-elle à murmurer.
À table, Gil s'était levé. Il vit les mains de William et entra dans une grande fureur. En le voyant, le frère de Sara tapa ses poings ensemble, pour montrer qu'il était prêt à se battre.
-Je voulais prendre une revanche, s'exclama calmement le jeune homme.
Dans la salle à manger, Brass, Nick et Warrick s'était avancé, prêts à désamorcer le conflit. Catherine regardait anxieusement la scène et Greg semblait choqué par ce qu'il voyait. Grissom prit la parole:
-Il n'y aura pas de revanche, William.
-Rien n'est moins sûr ! rétorqua ce dernier.
Sans attendre, il se jeta sur Grissom. Sara plongea pour protéger son amant. Brass, Nick et Warrick se précipitèrent pour maîtriser William. Gil n'eut même pas le temps de se comprendre ce qui se passait.
-NON ! s'écria-t-il, quand il vit William frapper sa soeur pour l'éloigner.
Il ne frappa ni ne blessa William, mais il aida Brass et les deux autres experts à l'éloigner de sa soeur. Sonnée, cette dernière saignait du nez. Son air hagard montrait qu'elle n'avait pas eu le temps de réagir quand son frère l'avait attqué. Catherine vint aussitôt soigner Sara et Greg alla soutenir les trois gars qui tenait William. Grissom resta un moment innactif, ne sachant pas quoi faire. Il se pencha alors vers Sara.
-Elle n'a presque rien. Elle saigne simplement du nez.
Brass, Nick et Warrick, aidé de Greg, sortirent le combattant. Ils lui fermèrent la porte au nez. Ils approchèrent de Sara, Gil et Catherine.
-Je crois que vous nous devez des explications, tous les deux, laissa entendre Brass en pointant Sara et Grissom.
Une fois la jeune femme guérie, ils s'installèrent dans le salon.
-C'est pas vraiment compliqué. William n'aime pas le fait que je travaille dans la police. L'autre jour, ils ont fait une TRÈS STUPIDE entente, dit Sara en appauyant ses mots. Celui qui perdait devait quitter ma vie. Si Grissom aurait perdu, j'aurais du quitter les experts. Je n'étais pas d'accord, mais Grissom a été et il a gagné...
-Ça explique le comportement des derniers jours, alors, ajouta Greg.
Il s'attira des regards peu amicaux.
-En partie, dit Grissom. Il vous manque un bout pour encore mieux comprendre...
Sara se mordit la lèvre. Allait-il révéler leur relation à leurs collègues de cette façon ?
-Non, ils savent tous ce qu'ils ont besoin de savoir ! sifla Sara, légèrement fâchée.
-Sara, il faut être raisonnable...
-Ils n'ont pas besoin de savoir, rajouta Sara en parlant lentement.
C'était un peu comme si elle tentait de contrôler sa colère.
-Sara, si vous et Grissom nous cachez quelque chose, vous devez nous le dire, répliqua froidement Brass.
Gil se leva et s'approcha de Sara. Cette dernière s'éloigna.
-Non, murmura-t-elle.
-D'accord, dit Grissom, en se résignant.
Il savait qu'ils auraient du avouer leur relation, mais il ne voulait simplement pas vexé Sara. Elle finirait bien par entendre raison.
-Hey ! s'exclama Greg. Est-ce que ça concerne ton amoureux ?
-Oui, répondit Grissom.
-Il s'est battu lui aussi ? demanda Greg, tout heureux d'avoir compris avant les autres.
-Oui, il s'est battu, mais il n'y a eu que deux protagonistes, si vous voyez ce que je veux dire... laissa entendre Sara.
Gil soupira. Enfin, Sara avait compris qu'ils devaient l'avouer.
-Tu sors avec ton frère ? s'écria Greg, choqué.
-Il faut vraiment qu'on t'explique tout, toi ? lui répliqua Nick.
-Deux protagonistes, mais il n'y avait que William et Grissom alors...
-Oui, c'est ça, Greg !
-Vous sortez ensemble ! s'écria le jeune CSI, tout surpris.
-Allô, la terre appelle Greg Sanders ! Bien sûr que oui ! lui lança Catherine.
-Excusez-moi, mais je crois que j'ai besoin de me reposer, dit Sara au bord des larmes.
-Attends ! Ton cadeau ! s'exclama Grissom.
Il sortit une enveloppe de sa poche et la lui tendit. Sara la prit et regarda avec surprise les deux papiers qu'elle contenait.
-Deux billets d'avion pour San Francisco.
-Un pour toi et l'autre pour ton... Pour Grissom, dit Brass en se rattrapant.
-Tu veux vraiment que j'aille voir ma mère ! s'exclama-t-elle à Gil.
-Un jour, il faut pardonner, répondit ce dernier. Mais si tu ne veux absolument pas y aller, on peux aller les...
-Je verrai, dit-elle en le coupant. En passant, je sais déjà ce que je vais t'offrir, comme cadeau.
Surpris, Grissom la dévisagea.
-Ma fête n'est que dans neuf mois, tu sais.
-Oui, je sais, dit Sara. Mais, je l'ai déjà.
-Tu ne penses pas que c'est un peu tôt pour déjà avoir mon cadeau ?
-Désolé Gil (les autres tressaillirent), mais ce n'est pas remboursable, échangeable ou même achetable...
-Tu l'as fait toi-même ?
-On peut dire ça comme ça. Je t'avertis, ça ne se fait pas seule...
Neuf mois. Pas remboursable, échangeable ou même achetable. Neuf mois. Elle l'a déjà. Neuf mois. Elle sait déjà ce qu'elle veut m'offrir. Neuf mois. Ça ne se fait pas seule. Neuf mois. Pas remboursable, échangeable ou même achetable... Neuf mois. Neuf mois. Neuf mois. Neuf mois.
Devant l'air perdu de Grissom, elle ajouta:
-Il n'est pas tout à fait prêt.
Pas prêt. Neuf mois. Une famille. "Un jour, nous aurons notre famille, lui avait-il promis." Neuf mois. Neuf mois. Neuf mois. Neuf mois...
Non ! Ce devait être un hasard.
-Gil, ça va ? On dirait que t'a vu un fantôme, murmura Sara, inquiète.
Gil l'observa attentivement. Sa main droite avait glissé sur son ventre. Ce ventre qui était plus lourd, mais bien définis...
-Depuis quand ? Depuis quand le sais-tu ?
Voyant qu'il avait enfin compris, elle baissa la tête.
-Environ une semaine.
-Tu ne m'as rien dit ?!? s'exclama-t-il, légèrement outré, mais pas vexé.
-Je te signale que toi aussi tu m'as caché des choses, concernant mon frère ! lui répliqua-t-elle.
-Donnant donnant.
-Parfaitement.
Le couple semblait frustré l'un contre l'autre et leurs collègues ne savaient plus où se mettre. Ils avaient bien compris qu'ils allaient avoir un enfant, mais personne ne savait s'ils devaient partir ou aller féliciter le couple. Avant qu'ils puissent réagir, Sara était dans les bras de Grissom et ils s'embrassaient.
-On s'en va ! dit Catherine.
Ils sortirent l'un derrière l'autre, sans déranger le couple toujours enlacés.
Accoudée à la table, Sara regardait dehors. La fenêtre ruisselante de pluie n'empêchait en rien la jeune femme de sombrer dans ses rêveries. Pourtant, elle ne rêvait pas. Gil était bel et bien content de savoir qu'il serait papa. Il était même devenu très délicat envers Sara, un peu trop même au goût de la jeune femme. Soudain, une main s'abattit violemment devant la CSI et elle sortit de sa presque transe en sursautant.
-Sara ? Tu m'écoutes ? s'exclama Nick. Je te parle depuis tout à l'heure et tu regardes dehors en soupirant...
-Ho... Désolée, Nick.
Elle fit un petit sourire d'excuse et ajouta:
-J'étais dans la lune.
-Je vois ça, marmonna-t-il.
Il était certain que Sara n'avait pas entendu la moitié des propos qu'il avait tenu, concernant tous une femme qu'il avait rencontré en allant faire ses courses le matin même.
-Alors, tu as pris tes affaires... commença Sara, répétant les dernières paroles qu'elle avait capté.
-C'est ce que je pensais ! soupira le texan. Tu n'as écouté un mot de ce que j'ai dit. Je te la décrivais, tu as sauté un chapitre.
-Continue, alors ! dit Sara, en faisant mine de s'impatienter.
À ce moment, le superviseur entra dans la pièce, suivi de Catherine, Greg et Warrick. Il adopta un air dégagé en voyant sa compagne accoudée à la table en train de converser avec Nick.
-Sara, je vais devoir te débarquer de l'enquête.
-Je m'y attendais.
Elle savait qu'elle n'était plus sur l'enquête depuis qu'elle avait su que son frère y était impliqué. Elle comprenait maintenant que les autres le restaient et qu'elle devrait travailler seule en attendant qu'ils bouclent cette histoire.
-On va donc continuer de travailler sur l'affaire Handers, Manderson, Carmen et Watson, continua Gil en faisant un geste englobant tous les experts sauf Sara, bien entendu.
Il se tourna vers la jeune femme.
-J'ai une tonne de dossier à classer. Ça m'aiderait que tu le fasses.
-Il n'y a aucune enquête où je peux aider ? s'enquit-elle, déçue d'en être réduite à classer des dossiers.
-Je préférerais que tu ne fasses pas de terrain, laissa-t-il entendre.
Sara bondit de sa chaise.
-Une grossesse n'est pas une maladie !
-Je sais, mais...
Il semblait hésiter. Il était partagé entre deux choses.
1)Faire le bonheur de Sara en toute circonstance, même s'il devait mettre ses intérêts de côté, et
2)S'assurer que tout ailles pour le mieux, concernant non seulement la grossesse, mais également Sara elle-même.
Il sembla sortir de ses pensées quand la brune tappa rageusement du pied sur le sol.
-Il n'y a pas d'enquête en cours, pour l'instant.
Elle le regarda en affichant cet air incrédule qu'il lui trouvait si charmant.
-Dossiers à classer ! dit Catherine en s'interposant. Bon travail, Sidle !