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Série : Torchwood
Création : 17.08.2009 à 21h49
Auteur : iantoculen
Statut : Terminée
« Voilà ma nouvelle fics, j'espère qu'elle vous plaira. » iantoculen
Cette fanfic compte déjà 41 paragraphes
Martha : Mickey, prends contact avec l’hôpital. Procédure de récupération sur les données de Karen Mac bride admise, il y a environ une heure. Je veux tous ses résultats d’examens ainsi qu’un accès aux différents moniteurs de surveillance.
Mickey : Ok. Et toi, tu fais quoi?
Martha : Je fais la grosse voix de médecin chef, je leur fous la trouille de leur vie et fais en sorte que Ianto ait les infos.
Mickey : Tu es pire que Jack. Ianto est un grand garçon. Quand allez-vous arrêter de le surprotéger tous les deux ?
Martha : Le jour où il n’aura plus l’air d’un enfant perdu.
Mickey : Je vais vous acheter des lunettes, à tous les deux. Il est fort, bien plus que vous ne le voyez. Ce n’est pas parce qu’il est émotionnellement instable dans sa façon de réagir qu’il a besoin d’être protégé.
Martha : T’es jaloux?
Mickey : Du tout. Il ne montre pas ses émotions parce que quand il le fait il a du mal à contrôler ses réactions. C’est tout. Laissez-le un peu tranquille.
Martha : Ouais, on verra à la prochaine catastrophe. Allez, exécution.
Mickey : Bien, madame la grosse voix.
Jack saute dans le SUV, il a tendance à rouler très vite surtout quand retrouver Ianto est l’objet de sa course. Il ne prend même pas le temps de mettre la ceinture de sécurité. Il arrive très vite, plus vite qu’il n’aurait dû. Il gare le SUV à côté de la voiture de Ianto. Il admire encore une fois le nouveau pare choc qu’il a fait installer. Bien pour protéger son joli petit corps et pour le suivre à la trace. Jack soulève le cache de son manipulateur de vortex. Il appuie sur deux touches puis vérifie sur l’écran. Les signaux de la voiture et de Ianto sont bien détectés et là où ils doivent être. Idem pour le communicateur. Décidemment Jack est doué pour détourner toutes les techniques extraterrestres à son avantage. Il rejoint très vite le bureau des admissions, et avise une infirmière.
Jack : Torchwood. La chambre de Karen Mac bride?
L’infirmière : Chambre 411. Même il y a déjà quelque un avec elle.
Jack : Je sais, c’est mon partenaire.
Jack prend les escaliers, il court tout en souplesse. A mesure qu’il s’approche de Ianto, ses muscles se détendent. Comme si tout son corps pouvait sentir sa présence en ces lieux. Jack repère la chambre; il s’approche. Par le hublot, il aperçoit un homme d’une cinquantaine d’années visiblement contrarié. Il parle, désigne de temps à autre Karen ou un des appareils. Ianto hoche la tête. Il parle. L’homme lui répond en haussant les épaules. Ianto se détourne de lui et fait quelque pas pour revenir s’asseoir près d’elle. L’homme quitte la pièce en passant près de Jack, il laisse un instant la porte entr’ouverte. Le regard de Jack est explicite. La porte se referme. Jack reste un long moment, regardant Ianto les coudes appuyés au lit une main de Karen contre sa joue. Jack sait qu’il y a eu quelque chose de fort entre le jeune homme et cette femme. Est-ce encore présent? Jack se décide à entrer. Il approche doucement. Il pose une main sur l’épaule de Ianto.
Ianto : Je me demandais combien de temps tu allais rester caché derrière cette porte.
Jack : J‘adore mater, tu devrais le savoir depuis le temps. Alors?
Ianto : Il dit qu’elle aurait fait une hémorragie cérébrale. Il me demandait si elle avait reçu un coup sur la tête. Tu crois que c’est une coïncidence?
Jack : Pas le moins du monde. Martha s’occupe d’analyser les résultats. Avec ses compétences spéciales, elle, elle trouvera ce qui se passe.
Ianto : Merci, Jack.
Jack : Je t’en prie et puis tu l’as dit, c’est notre travail.
Jack approche une chaise et vient s’asseoir près de son compagnon. Dire que ce matin, ils étaient euphoriques. Leur première journée en tant que couple.
Jack : Comment te sens-tu ?
Ianto : Pas bien. J’ai peur pour elle.
Jack : J’avais compris. Qu’y a-t-il eu entre vous ?
Ianto : Tu veux la version intégrale ou un résumé ?
Jack : A ton avis ?
Ianto : Tu vas être content, notre rencontre remonte à l’enfance.
Jack : Je vais enfin en connaître un peu plus sur toi!
Ianto : Je l’ai connu à l’école. On avait dix ans. Elle venait d’emménager au coin de ma rue. Son père était transféré d’Écosse. Comme on avait le même âge, on était dans la même classe. Ma mère insistait pour que je l’accompagne. Donc on faisait la route ensemble. A l’époque déjà, j’étais assez solitaire. Elle aussi. Comme disait ma mère, c’était deux solitudes qui se rencontrent. On est vite devenu amis. A part mes parents et ma sœur elle était la seule personne avec qui je me sentais à l’aise.
Jack : Mon pauvre petit chou.
Ianto : Ne te méprend pas, je n’étais pas le vilain petit canard .Mais je me sentais bien seul. Je n’avais pas besoin d’amis, je me suffisais. Et puis elle est arrivée. Je me sentais bien avec elle. Elle me comprenait sans que j’aie besoin de parler. On s’amusait bien tout les deux. Les autres enfants nous regardaient toujours bizarrement. Déjà qu’on me trouve pas normal, là c’était le pompon. Un jour tout a changé, quand on a eu 14 ans. Sur un été, elle a changé. Des copines, des sorties et puis un petit copain. Mon monde s’est écroulé.
Jack : Tu étais amoureux ?
Ianto : Oui, éperdument. Elle m’a brisé le cœur. A nouveau j’étais seul. Et puis mes parents sont morts, j’ai dû quitter Cardiff pour Londres. On a perdu le contact.
Jack : Que me cache-tu encore?
Ianto : On s’est retrouvé par hasard quand je suis revenu pour …. . Bref, j’étais préoccupé par autre chose. On se voyait en copains de temps en temps. Et puis ….. .
Jack : Et puis quoi?
Ianto: Quand tu est parti, je me suis retrouvé tout seul, vraiment. Je ne suis pas comme les autres, tout ce que j’ai est ici (de la main il désigne la pièce et s‘attarde sur le capitaine). Je n’ai pas d’amis je travaille trop pour ça. Elle était toujours là, essayant de me faire sortir. Donc on s’est vu plus souvent, restos et cinés. Un jour, je lui est proposé de lui faire à dîner mais chez elle. Comme ça, si on finissait tard, elle était déjà chez elle. A l’abri.
Jack : Je te reconnais bien, là.
Ianto : Toujours le même. Je changerais plus à mon âge. Donc on a dîné, c’était une catastrophe. Tout a brûlé. On a vidé tout l’alcool qu’il y avait. Au matin, je me suis réveillé dans le canapé avec elle. On était un peu gêné et puis c’est passé. Le plus drôle, je ne me souviens même pas de ce qui a pu arriver cette nuit-là. Je dois reconnaître que j’étais ivre. Mais je me suis réveillé nu et elle portait ma chemise. La situation était claire. On a passé trois semaines comme ça. Sans en parler, on sortait, on couchait ensemble. Juste comme ça. Je me suis rendu compte que je me servais d’elle pour pallier à ton absence. Alors j’y ai mis un terme. On a essayé de continuer à se voir en amis. Ça n’a pas marché. Je ne répondais plus à ses coups de fil. Je me sentais encore plus mal. J’ai failli tout plaquer et repartir à Londres.
Jack : Et que s’est-il passé?
Ianto : Tu es revenu.
Jack : Évidemment. Comment aurais-je pu rester loin de toi?
Ianto : Ce n’est pas ce que tu disais à l’époque.
Jack : Je sais. Moi je ne suis pas encore assez vieux pour arrêter de changer.
Ianto : Toi, tu auras 14 ans pour l’éternité.
Jack : C’est-ce qui te plaît, joli cœur.
Ianto en touchant la main du capitaine : Pas que ça.
Jack ouvre les bras, Ianto vient s’y blottir. Ils restent un moment enlacés. Ianto respirant son odeur. Jack jouant avec les cheveux de son compagnon. Le temps d’un instant, Jack pense qu’un jour ce sera lui, assis devant un lit d’hôpital, les larmes au bord des yeux. Ianto sera inerte, inconscient. Prêt à le quitter. Que fera-t-il ? Lui le grand héros.
Il se reprend à temps pour que Ianto n’aperçoive pas le chagrin dans son regard. Il pose une main sur la joue du jeune homme. Au son lent et régulier de sa respiration, Jack comprend qu’il s’est assoupi. Ianto ne dort pas beaucoup avec lui. Jack n’a pas besoin de dormir, une heure de temps en temps lui suffit. Mais Ianto est humain. Il a besoin de se reposer. Ne serait-ce que pour se remettre de tous les coups qu’il reçoit par ces foutus weevils.
Voilà une chose dont Jack se passerait bien. Les weevils et Ianto sur le terrain. Il lui a toujours laissé la possibilité de rester au Hub pour s’occuper de l’intendance et des tâches administratives, qu’il exécute comme personne. Mais non, il veut toujours l’accompagner, chasser avec lui. Jack soupçonne que c’est pour l’excitation. La course et le danger, puis la victoire quand ils reviennent avec les weevils inconscients ou morts parfois. Cette lueur dans le regard de Ianto lorsque Jack s’approche de lui essoufflé et en sueur après avoir mis hors d’état de nuire ces satanées bestioles. Leurs baisers post-capture sont toujours explosifs, mais rien en comparaison du feu d’artifice quand Ianto arrive à le coincer seul dans un coin sombre.
Jack a beau retourner le problème dans tout les sens, il ne trouve pas d’excuses valables pour interdire le terrain à Ianto. Il y réfléchit depuis la veille au soir, quand il a vu Ianto intercepter le weevil qui se dirigeait sur lui. Étant lui-même aux prises avec l’un d’eux, il lui avait fallu de nombreuses minutes pour se porter à son secours. Jack avait connu un de ses nombreux moments de pure angoisse. Ianto et le weevil avaient disparu derrière une camionnette. Jack avait entendu des bruits de bagarres, il avait reconnu le grognement de douleur de Ianto.
Quand enfin, il réussit à le rejoindre. Jack trouva Ianto appuyé à la camionnette se massant le torse, une main en sang, le weevil inconscient à ses côtés. Jack avait inspecté la blessure de sa main et ouvert la chemise de son amant sans ménagement juste pour vérifier qu’il n’avait rien de grave. Il avait ensuite attaché le monstre à l’arrière du SUV avant de revenir chercher Ianto pour l’aider à marcher jusqu’à leur véhicule. Une fois Ianto installé sur le siège passager, Jack avait enfouit sa tête dans le cou du jeune homme avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Ianto avait eu ce sourire, comme il en avait de plus en plus souvent. Ce sourire qui fait fondre le cœur de Jack, celui que Ianto a toujours avant de rire en silence rien que pour lui, sans que Jack ne sache pourquoi.
Bien plus tard cette nuit là ou le matin suivant, Jack fini par comprendre. Ianto avait fini par lui ouvrir les yeux. Ses angoisses pour la santé du jeune homme, et le bonheur inégalable que lui procurait le corps endormi à ses côtés s’expliquaient simplement. Jack était amoureux de Ianto, d’après celui-ci depuis un bon moment, sans même s’en être aperçu. En y repensant, Jack a un petit sourire. Chaque geste, chaque pensée de Jack n’a qu’un objectif rejoindre Ianto et le protéger. Et ce depuis plusieurs mois. Jack s’en rend compte maintenant.
Il se fait l’impression d’être une jeune fille éperdument amoureuse d’un homme inaccessible, qui rêve en silence de la prochaine fois où elle pourra apercevoir son grand amour. Jack repense à tous ces moments assis à son bureau, où sentant arriver Ianto, il abandonnait son travail en court pour se tendre sur ses bras pour le regarder passer devant la vitre. Un instant fugace qui l’électrisait dans tout le corps. Bien souvent, après ces moments, Jack ne pouvait se concentrer sur son ouvrage avant d’avoir rejoint Ianto pour un baiser, une caresse ou ce simple sourire que Ianto n’adressait qu’à lui.
Tout bien considéré, Jack est content d’avoir mis les choses au clair avec Ianto ce matin. Ils ont une relation étrange et exclusive, mais ni lui ni Ianto n’iront voir ailleurs. Jack ne supporterait pas de le partager avec qui que se soit. Même pas avec cette sublime jeune femme, même pas pour une partie de cache-cache comme ils savent faire tout les deux. Jack se rend compte que le début de leur relation n’a pas du être évidente pour le jeune homme. A l’époque, Jack n’hésitait pas à se montrer avec ses autres conquêtes. Ianto avait dû en souffrir comme lui souffrait en voyant son amant au bras de cette femme ce matin. Il en a conçu une jalousie incompréhensible jusqu’alors ignorée. Il ne s’était jamais senti menacé dans ses relations amoureuses. Jamais une de ses conquêtes n’avaient trouvé spécimen capable de le ou la détourner de Capitaine Jack Harkness. Il sait que Ianto ne partira jamais, il l’a dit lui-même. Il est bien trop amoureux de lui pour être capable de s’en aller. Après avoir longtemps caressé la chevelure de son compagnon, Jack décide qu’il est temps de respecter sa promesse. Il réveille Ianto en l’embrassant sur le front.
Jack : Je vais devoir te laisser. J’ai promis de faire tout mon possible pour la sauver. Ce n’est pas en restant ici que je pourrais tenir cette promesse.
Ianto : Je viens avec toi. Je ne suis d’aucune utilité non plus.
Jack : D’accord. Allons voir ce que Martha a trouvé.
Jack se lève, dépose un baiser sur le front de Ianto. Il jette un dernier regard à l’amie endormie.
Jack : Le SUV est à côté de ta voiture. Je t’y attends.
Ianto acquiesce avant de reporter son attention sur Karen. Lorsqu’il entend la porte se refermer sur Jack, il se penche sur le visage de Karen. Il lui murmure.
Ianto: Tu sais si quelqu' un peut te sauver, c’est bien lui. Même si c’est pour moi qu’il va se battre, ses forces seront mises à ton service. Je suis désolé de t’avoir fait du mal et de t’avoir abandonnée .
Il dépose un baiser sur la joue de la jeune femme en réprimant une larme. Il lâche la main difficilement. Il quitte la pièce et retourne doucement vers son amant. Il prend son temps pour se remettre avant de le rejoindre. Ianto s’assoit près de Jack, il boucle sa ceinture puis tourne son visage vers le capitaine. Jack sourit, il se penche pour l’embrasser tendrement avant de démarrer en trombe comme toujours. Arrivé au garage, Jack range le SUV. Il descend le premier, contourne le véhicule pour ouvrir la portière de Ianto. Ils se regardent, Ianto soupire. Jack lui sourit tendrement avant de lui proposer sa main. Ianto s’y raccroche comme à une bouée de sauvetage. Ils remontent vers le Hub. Avant d’ouvrir la porte, Jack rattrape Ianto par le bras. Il le plaque contre son torse avant de l’embrasser langoureusement. Ianto rend un baiser tout aussi tendre. Il s’écarte. Ianto allait protester quand Jack l’arrête de la main.
Jack : Pour que tu te souviennes que je tiens à toi.
Ianto : Je sais. Moi aussi.
Ianto : Allons sauver Karen, et peut-être le monde.
Jack : A vos ordres.
Ils rejoignent Martha à la morgue.
Jack : Tu as quelque chose ?
Martha : Oui, mais ce sont des mauvaises nouvelles. En fait, la première chose que je peux confirmer c’est que c’est alien. Bon je sais ce n’est pas un scoop. C’est un agent infectieux, il agit un peu comme un rétro virus.
Ianto : C’est un virus?
Martha : Non, en fait je ne sais pas exactement ce que c’est. Mais il agit tout comme un rétro virus. Je m’explique. Il pénètre un système. On va dire l’organisme de ton amie. Il rentre dans les cellules, il modifie l’ADN de sorte qu’au lieu de produire des cellules pour faire fonctionner l’organisme, il fabrique des répliques de virus. Ou ici de l’agent infectieux.
Ianto : Jusque là je comprends. Et ensuite que se passe-t-il?
Martha : Eh bien d’après mes simulations et en me fondant sur mon expérience. Je dirais que ce truc est en train de transformer Karen en alien ou un truc approchant.
Ianto : C’est pire que ce que je pensais.
Martha : Je suis désolée Ianto mais je ne sais pas quoi faire pour arrêter le processus. Enfin pas encore, j‘ai bien une idée dans le coin de la tête mais c‘est risqué. Je ne peux pas te garantir qu’elle s’en sortira.
Ianto : J’ai toute confiance en toi. Je te confirai ma vie. En fait je l’ai déjà fait.
Martha : Bien je creuse mon idée. Je vous tiens au courant. Vous allez faire quoi en attendant?
Jack : Dîner.
Ianto : Tu n’y penses pas?
Jack : Il est bientôt 18 h. Dis-moi, quand as-tu mangé pour la dernière fois ?
Ianto : Euh!
Jack : C’est bien ce que je me disais. Allez en route, joli cœur.
Jack : Et c’est un ordre. De quoi as-tu envie?
Ianto: Va pour une pizza mais dehors. J’ai pas envie de rester ici. Martha… .
Martha : Je sais, tu as ton portable. Allez zou. Vas te faire chouchouter un petit peu. Profite, il est dans de bonnes dispositions.
Ianto sourit et rejoint Jack déjà à la porte. Ils repartent enlacés. Martha les observe un instant sur le système de surveillance. Elle n’a jamais vu Jack si impliqué avec quelqu’un auparavant. Ils marchent vers le SUV, Jack serrant un bras autour des épaules de Ianto, l’autre un peu caché devant lui. Martha rougit en voyant qu’il dirige la main vers la ceinture de Ianto. Elle détourne le regard et se concentre bien vite sur ses cultures bactériennes.
Jack conduit Ianto vers la voiture. Il laisse négligemment son bras autour de ses épaules. Il glisse sa main libre vers le ventre de son amant. Il le caresse un instant.
Jack : Je suis sûr que tu meurs de faim et que tu ne t’en es même pas aperçu.
Ianto : J’avoue. Je te l’ai dis, tu ne me changeras plus.
Jack : J’ai bien réussi à te faire aimer les hommes.
Ianto : Faux. Je n’ai aimé et n’aimerai jamais qu’un homme.
Jack : Je suis flatté.
Ianto : Tu peux. A part le tien que je trouve irrésistible, bien que je ne sache pas pourquoi. Je trouve que le corps d’un homme est moins beau et désirable que celui d’une femme.
Jack : Pourtant je t’ai déjà vu mater d’autres hommes.
Ianto : Peut-être. Mais c’est toi que je préfère. Et puis tu te gène pas, toi.
Jack : Je sais, c’est plus fort que moi. Mais je ne touche pas. Donc ce n’est pas si grave.
Ianto en riant : Je te pardonne tes excès tant que tu garde toutes tes caresses pour moi.
Jack : Ça fait bien longtemps que je les gardes uniquement pour toi.
Ianto : Je sais.
Ils rient encore en montant dans le SUV. La pizzeria est de l’autre côté de la place. Ils auraient pu y aller à pied mais il faut toujours être prêt à Torchwood. Le véhicule est garé juste devant. Ils choisissent une table à l’écart comme à chaque fois qu’ils dînent dehors. Jack n’y fait plus attention, il sait que Ianto n’aime pas se donner en spectacle. Au vingt et unième siècle, un couple d’homme, ça fait encore jaser. Jack n’a jamais compris pourquoi. Tout ces gens qui ont vécu des vies dont ils ne voulaient pas, tout ça pour faire comme tout le monde. Il est heureux d’avoir rencontré Ianto à cette période de sa vie. Le connaissant, si ça avait été vingt ans plus tôt, Ianto n’aurait pas répondu à ses avances. Ils évitent soigneusement de parler de Karen. La situation a certaines similitudes avec une autre jeune femme qui avait failli les tuer et les séparer à jamais. Ils avaient eu du mal à se remettre à l’époque, il ne veut pas que ça se reproduise. Jack sait que Ianto a toujours de l’affection pour la jeune femme. Bien qu’il ne soit plus amoureux d’elle, la voir en danger lui fait du mal. Jack voudrait vraiment lui éviter de souffrir. Il n’y arrive jamais.
Tout compte fait, Ianto est content d’être sorti pour manger. Il a les idées plus claires. Pour mener à bien la mission qu’il s’est attribué, il doit réfléchir en agent de Torchwood. Comme toujours professionnel pour protéger ce qui lui est personnel.
Jack : Tu te sens mieux?
Ianto : Tu avais raison je mourais de faim. Que comptes-tu faire maintenant?
Jack : Étant donné que nous sommes soumis aux accès de génie de Martha pour résoudre cette affaire, j’allais te proposer d’aller te reposer un peu.
Ianto : Me reposer?
Jack : Bon, si on fait l’amour avant, c’est pas grave.
Ianto : Là, je te retrouve. Je te suis, mon capitaine.
Jack passe régler la note pendant que Ianto sort sous la pluie naissante. Il attend Jack sous les premières gouttes. Jack ouvre la commande à distance depuis le comptoir. Ianto se tourne vers lui. D’un signe de tête, Jack lui intime l’ordre de se mettre à l’abri. Ianto obéit. Comment Jack fait-il pour qu’il obéisse toujours, quelques soient les demandes qu’il lui fait? Ils reviennent vite.
Martha est toujours penchée sur son microscope, l’ordinateur allumé à côté d’elle. Un monceau de papier étalé devant elle, un mélange d’articles, de rapports de l’UNIT et de Torchwood 1 ainsi que son habituel carnet de notes. Jack dirige Ianto vers la chambre, il le fait descendre. Il dépose un baiser sur son front. Ianto comprend au regard de son amant qu’il reviendra vite. Il obéit. Jack retourne vers Martha.
Martha : Ça progresse. J’ai une idée plus précise de ce à quoi on a affaire.
Jack : J’ai confiance. Où sont les autres?
Martha : Gwen est rentrée après avoir ramené le weevil d’hier avec Andy. Mickey a dit vouloir aider. Il devait voir quelque un qu’il connaît. Il a dit que si ça porte ses fruits, il reviendrait ce soir. Mais vu l’heure, ou ça n’a rien donné ou il est en train de se saouler avec son contact.
Jack : Ouais avec Mickey on ne sait jamais. Tu devrais te reposer. Tu ne vas pas passer la nuit là-dessus.
Martha : J’ai trouvé une correspondance dans les bases de données. Je voudrais lancer une synthèse et une ou deux simulations. Je pensais faire une sieste dans la salle de repos en bas. A moins que ça vous gêne que je reste.
Jack: Non, pas du tout. Mais prend des boules Quiès. On a tendance à être bruyant.
Martha : Jack, je ne veux pas connaître de détails. Tu es heureux avec lui et ça me fait plaisir pour vous deux. Mais pitié, reste discret. De toute façon Ianto n’aime pas que tu t’étale sur votre vie sexuelle.
Jack : Je sais, mais tu as déjà vu sa tête quand il est gêné. Du pur bonheur, il est trop mignon.
Martha : Tu vas reconnaître tes sentiments un jour? Parce qu’ici personne n’est dupe. Quand il s’approche, tu te sens plus. Tu crois que j’ai pas remarqué que pendant les réunions tu te mets toujours à côté de lui pour le caresser sous la table.
Jack : J’ai jamais dis que j’étais discret. J’essaye juste de ne pas en faire trop. Il n’aime pas que je sois démonstratif devant Gwen et vous.
Martha : Tu as toujours des sentiments pour elle?
Jack : Oui ,c’est mon amie . Une partie de moi mais Ianto m’est bien plus précieux. De toute façon c’est lui qui refuse que je lui parle de nous.
Martha : De nous?
Jack : Je n’ai jamais réussit à te cacher mes petits secrets….. .
Martha : C’est officiel alors?
Jack : Oui. Je lui appartiens corps et âme.
Martha : Alors là. Ça, c’est du scoop.
Jack : Eh oui. En prime rien que pour vous, Miss Jones.
Martha : Vas le retrouver. Il a besoin de réconfort.
Jack en l’embrassant sur la joue : Bonne nuit, rossignol.
Martha : Bonne nuit, Jack
Il est déjà parti retrouver son compagnon. Il le découvre partiellement dévêtu endormi sur leur lit. Sa veste, son gilet et ses chaussures sont parfaitement rangés sur la chaise. Il a déboutonné sa chemise et retiré la ceinture de son pantalon ainsi que sa cravate. Par l’entrebâillement de la chemise, Jack aperçoit l’hématome dû à leur dernière rencontre avec les weevils de la veille. Un instant, Jack en veut à Ianto. Il faut toujours qu’il s’interpose entre lui et les weevils. Comme si un weevil pouvait venir à bout du grand Jack Harkness.
Il commence à retirer ses vêtements lui aussi. Il aime s’endormir complètement nu contre son compagnon. Le lit porte encore les stigmates de leurs derniers exploits. Jack tire le drap et le pose sur le corps de son amant. Ianto remue, il s’allonge sur le dos. Dévoilant un peu plus son torse aux yeux inquisiteurs de Jack. Il vient s’étendre à ses côtés. Il se glisse sous le drap. Ianto se tourne encore un fois. Il finit la tête posée sur le torse de Jack, une main sur son ventre. Jack enroule un bras autour des épaules de son compagnon et glisse l’autre sous sa tête. Le sommeil vient de lui-même.
Quand Ianto ouvre les yeux, il sent sa chemise froissée sur son torse. Il lève la tête juste assez pour voir que Jack dort profondément. Délicatement il retire son bras de ses épaules. Ianto s’assoit sur le bord du lit. Le réveil indique une heure du matin. Ils ont encore quelques heures devant eux. Ianto se lève et finit de retirer ses vêtements avant de s’étendre à nouveau dans les bras de Jack en attirant sur eux la couverture. Ianto lui tourne le dos. Jack vient coller son torse au dos de son amant. Inconsciemment il l’embrasse dans la nuque avant de sombrer à nouveau dans le sommeil. Ianto repense à Karen en danger, alors que lui se fait cajoler dans son sommeil. Il sent monter les larmes, un sanglot lui échappe malgré lui. Jack ressert son étreinte autour de ses hanches. Ianto vient prendre la main de Jack pour la poser sur son cœur. Jack appuie sa tête au dos du jeune homme. Il dépose un baiser entre ses omoplates. Ianto tend les épaules vers l’arrière pour accueillir le baiser de son amant un peu plus profondément.
Jack : Tu sais que j’y pense depuis ce matin.
Ianto : Tu y penses en permanence. Tu es pire qu’un adolescent en pleine puberté.
Jack a un petit rire en commençant à caresser le corps de Ianto. Celui-ci se retourne pour lui faire face.
Ianto : Tu es jaloux d’elle?
Jack : Je le reconnais.
Ianto : Pourtant elle va mourir.
Jack : Mais elle a pu vivre une relation normale avec toi. Ni menace de mort ou d’invasion ni drame .Elle n’avait pas à craindre que ce qu’elle est pouvait te coûter la vie et te mettre en danger.
Ianto : C’est ce que tu es qui a fait qu’on s’est rencontré. Donc le danger fait parti du lot, je l’ai accepté. Pour toi.
Jack dépose un timide baiser sur les lèvres de son compagnon. Ianto lui rend. Le baiser se fait plus pressant, Jack laisse courir ses mains sur ce corps tant désiré. Ianto s’abandonne à ses caresses en accueillant volontiers toute la tendresse que Jack veut y mettre. Lorsque enfin Jack relâche son emprise, Ianto se rendort le corps et l’esprit empli de tout l’amour que Jack vient de lui donner. Jack reste éveillé, le chagrin de son compagnon l’empêche de trouver le sommeil. Il sait bien plus que Ianto que la situation est dangereuse. Il sait que Karen ne s’en sortira pas sans mal.
Au matin, Jack se lève en silence et part rejoindre Martha. Il l’a trouve endormie à son bureau. Doucement Ianto se dégage des bras du capitaine et se dirige vers la douche. Jack remonte au près de Martha. Ensemble ils s’attellent à leur tâche ingrate. Ils transforment une des cellules, la plus convenable en chambre d’hôpital. Martha avait déjà nettoyé les murs et le sol. Jack, aidé de Mickey installe un lit pendant que Martha et Ianto préparent le matériel médical nécessaire à la surveillance d’un malade. Leur installation terminée, Jack réunit son équipe.
Jack en lui tendant une tasse de thé : Alors ta sieste s’est finalement faite ici.
Martha : Je n’ai pas réussi à lâcher prise. Mais ça a porté ses fruits. En adaptant mon modulateur sonique sur le spectrogramme de masse, j’ai pu identifier la nature de la substance. Il s’agit d’un venin.
Jack : Un venin? Ce serait simplement un moyen de défense?
Martha : Non, je ne pense pas. Comme je te l’ai dit, il agit comme un rétrovirus. Il transforme les cellules en répliques du venin. En s’infiltrant, il finit par détruire l’organisme. Il se transforme en autre chose.
Jack : Quoi?
Martha : Je crois qu’il transforme l’hôte infecté pour qu’il devienne la même chose que la créature de départ.
Jack : C’est très grave. On peut stopper ça?
Martha : J’ai une idée, mais il me faudrait du venin en grande quantité.
Jack : Qu’entends-tu par grande quantité?
Martha : Quelques litres. J’ai un plan pour modifier la centrifugeuse. Je vais extraire la partie toxique du venin et coupler le restant à une base de contrepoison. Ça devrait permettre de neutraliser les effets du venin. Le tout maintenant est de chopper cette saleté pour mener mon projet à bien.
Jack : Ça, je m’en occupe. Mais pour Karen, tu crois que ce ne sera pas trop tard ? Ianto ne supporterait pas s’il lui arrivait malheur.
Martha : Je ne peux pas promettre qu’il ne sera pas déjà trop tard mais je ferais mon possible pour la sauver. Par contre, il faut la mettre en quarantaine. Si elle se transforme en cette chose, elle peut contaminer tout l’hôpital.
Jack : D’accord, première mission ramener Karen ici. En seconde chopper cette saleté, c’est bien comme ça que tu l’as appelée.
Martha : Tout à fait Capitaine. Je vais lui aménager une cellule avec un lit pour qu’on puisse la confiner au cas où il serait trop tard. Mais pour qu’elle soit bien installée quand même.
Jack : En ce qui concerne la cellule, tu me laisse l’expliquer à Ianto. Pour le reste, tu lui fais un rapide topo. Ainsi qu’aux autres.
Martha : Comment tu vas faire pour l’attraper?
Jack : Je vais demander à Ianto comment il a fait l’autre fois. Je vais le réveiller .Et ensuite sauver son amie.
Jack redescend au près de Ianto, il le trouve éveillé les yeux dans le vague.
Jack : Moi qui espérais te réveiller avec un câlin matinal, je suis déçu.
Ianto : J’ai entendu la porte se refermer quand tu es parti.
Jack : Tiens du thé. Ta cafetière me fait encore trop peur.
Ianto : Tu as surtout peur que je me moque de ton café.
Jack : Possible. Martha a une idée pour soigner Karen. Mais il faut qu’on la ramène ici. Il y a un risque pour qu’elle se transforme en cette créature, alors il va falloir l’enfermer.
Ianto : Je sais, c’est déjà arrivé l’autre fois.
Jack : Pourquoi tu ne me l’as pas dit tout de suite? C’est grave Ianto. Imagine qu’elle se soit transformée pendant la nuit.
Ianto : D’après le rapport de New York et mes souvenirs, la métamorphose a pris une semaine. Il n’y avait pas de risque. Et je ne voulais pas que tu la traites comme une ennemie mais comme une victime. Tu comprends qu’elle a eu une place importante dans ma vie. Je ne peux pas l’abandonner une seconde fois.
Jack : Ok. On va la sauver et après je te règle ton compte.
Ianto se lève en terminant le thé. Il se dirige tête baissée vers la petite salle de bain attenante à leur chambre. Jack l’arrête dans son élan en le retenant par le bras. Il plaque son torse au dos du jeune homme. Il dépose un baiser dans son cou près de la cicatrice de morsure. Il lui murmure.
Jack : Ne soit pas triste. Je ne suis pas en colère. Je comprends que parfois pour faire le bien, il faut mentir. Je sais qu’elle est une victime. Allez, vas prendre une douche. Mets ton plus beau costume. Rien que pour moi et je te pardonne. Je ne peux pas rester fâcher contre toi. Je t’aime trop pour ça.
Ianto se raidit dans les bras de Jack. Il se cramponne aux bras qui enserrent son torse. Jamais il ne l’avait dit auparavant.
Jack : Qu’es ce qui ne va pas?
Ianto : C’est la première fois que tu le dis. J’aime la façon dont tu prononces ces mots.
Jack : Si tu es bien sage, je pourrais te le redire très vite. Mais sache que je suis sincère.
Ianto : Je le sais, moi aussi.
Jack : Bon, Ianto et moi, nous partons chercher Karen à l’hôpital. Pendant ce temps, vous allez chercher cette créature. Elle n’a pas un nom?
Ianto : A Torchwood 1, on l’avait appelé l’ombre.
Jack : Ok, va pour l’ombre. Donc rapports de police et tout signalement curieux. Gwen, préviens Andy. Qu’il sache ce qu’on cherche pour qu’il nous prévienne si quelque chose se présente.
Gwen : Ok, je m’en occupe. Autre chose ?
Ianto : Cherchez aussi dans les bâtisses abandonnées, entrepôts vides et compagnie. J’ai remarqué qu’elle se cachait dans ce genre d’endroits. En revenant, tout à l’heure je m’occupe de préparer le piège.
Jack : Mickey, tu continue à poser des questions dans les rues au cas où. Martha, tu continue à surveiller les moniteurs de Karen. Tout le monde sait ce qu’il a à faire, alors en route.
Jack et Ianto partent en direction du garage. Le trajet se fait en silence. Ianto est perdu dans ses pensées, il regarde la pluie tomber sur les rues de Cardiff. Comme la veille Jack gare le SUV près de la voiture de Ianto.
Jack : Quand on aura mis Karen dans le SUV, tu reprendras ta voiture pour rentrer. Sinon à quoi ça sert que je l’ai fait améliorée si tu ne t’en sers pas.
Ianto : Je me demande bien pourquoi tu l’as fait. La plupart du temps, je suis avec toi en voiture et on prend toujours le SUV. Sinon je reste à la base. Hier ça faisait au moins trois semaines que je l’avais pas prise.
Jack : J’avais envie de faire quelque chose pour toi. Si tu n’aime pas je peux tout retirer.
Ianto : Non, je disais juste comme ça que je ne m’en sert pas . C’est tout. C’est aussi pour enfoncer le clou.
Jack : Quoi?
Ianto : Tu es une midinette, tu ne peux plus passer une minute loin de moi. Au point que tu prends le SUV pour venir faire les courses avec moi.
Jack : Ne le cries pas sur tout les toits, j’ai une réputation.
Ianto : Et quelle réputation, le plus grand dragueur de tous les temps.
Jack : Et oui, déjà qu’on jase en ville parce que je flirte plus avec tout ce qui bouge. Alors là, c’en serait fini de moi.
Ils rient encore lorsqu’ils arrivent dans les escaliers menant à la chambre de Karen. Ianto entre le premier, la jeune femme semble encore plus pâle que la veille. Les constantes sont toujours aussi faibles. Ianto ne retient pas les larmes qui lui brûlent la joue en roulant. Jack s’approche de lui. Ianto pose la tête sur son épaule. La main de Karen remue légèrement. Ianto se dégage de l’étreinte de Jack pour se saisir de cette main.
Ianto: Karen, c’est moi, Ianto. On va te sauver. Fais-moi confiance. On a une solution.
Ianto appuie la tête au front de la jeune femme. Elle a si froid. Instinctivement il lui frotte le bras, cherchant à la réchauffer. Jack reste en retrait, il laisse son amant reprendre contact avec son amie mourante. Il est sûrement trop tard. Jack le sent, la peau de la jeune femme est diaphane. Si blanche qu’elle semble s’effacer. Sa respiration bien que spontanée, reste saccadée. Ils ont retiré le respirateur dans la nuit. Martha ne l’avait pas dit. Si il y avait eu une amélioration, elle leur aurait fait savoir. Rien que pour réconforter Ianto. Jack n’aime pas ses changements.
Lorsque Karen se lève brusquement en cherchant à empoigner Ianto, Jack l’avait déjà attrapé pas les épaules pour le mettre hors de portée de la créature. Les yeux de la jeune femme sont brumeux. Ils ont perdu leur éclat bleu nuit. Elle se lève, sa démarche de prédateur fait peur à Ianto. Un filet de liquide bleuté s’échappe de ses yeux et de sa bouche. Jack vient se mettre entre Ianto et la chose. Il sait ce qui se passe, il est trop tard.
Elle s’élance vers eux, pour les attaquer. Jack se jette au sol en entraînant Ianto avec lui. Le corps de Karen passe au travers de la fenêtre. Jack se redresse et regarde par la vitre brisée. La créature se relève sans mal, après une chute de trois étages. Elle tourne son regard sombre vers le capitaine. Elle s’élance. Ils doivent l’arrêter. Jack se retourne vers Ianto qui retire un morceau de verre enfoncé dans son avant bras.
Jack : Ça va ?
Ianto : Oui, une égratignure.
Jack : Lève-toi, il faut qu’on la retrouve.
Jack prend une bande sur la table à côté de lui. Il l’enroule autour de la coupure de Ianto .Ils partent en courant une fois le bandage posé. Arrivés au lieu de la chute, ils regardent en tout sens cherchant à connaître la direction qu’elle aurait pu prendre. Un cri retentit. Ils courent vers les éclats de voix. La créature empoigne un jeune homme inconscient. En les entendant arriver, elle lâche prise. Jack appuie sur son oreillette.
Jack : On est arrivé trop tard, Mickey, Gwen. Il nous faut du renfort.
Ianto : Karen, tu n’es pas obligée. On peut encore te guérir. Laisse-le partir.
La créature : Tu voulais nous détruire. Nous nous souvenons de toi. Tu étais là. Tu as tué nos frères. Vengeance.
La créature ouvre grand la bouche, trop grande pour une bouche humaine. Le temps semble s’arrêter, Ianto sait ce qu’elle va faire mais ses muscles ne lui obéissent plus. Il voudrait bouger mais rien ne vient. Il ferme les yeux, s’attendant à sentir le liquide visqueux pénétrer ses narines, ses yeux et sa bouche en brûlant sa peau. Au lieu de ça, il sent un poids s’affaisser sur lui. Il perd l’équilibre et s’effondre sur le bitume. Avant même d’ouvrir les yeux il sait. Une larme coulant déjà, il ouvre les yeux. Jack est étendu sur lui. Une brûlure sur le torse, le liquide bleu se répandant déjà dans ses chairs. Il a les yeux écarquillés, regardant Ianto. Ils souffrent tout les deux. L’un physiquement, l’autre plus profondément.
Ianto : Jack, pourquoi ? Jack, réponds-moi.
Mais les yeux de Jack sont déjà fermés. Ianto enroule les bras autour du corps de son amant inerte. La brûlure s’étend sur tout le torse. Après quelques minutes, Ianto s’aperçoit que les chairs ne se reconstituent pas. Il appuie sur son oreillette en gardant le corps de Jack étroitement serré contre le sien.
Ianto : On est dans le parking, Jack a été touché par une décharge de venin. Il ne se relève pas, la brûlure ne guérit pas. Aidez-moi.
Martha : Gwen et Mickey sont en route. Ça fait combien de temps?
Ianto : Plusieurs minutes. Il faut nettoyer sa plaie, enlever le venin le plus vite possible.
Gwen : Tu es à quel niveau du parking?
Ianto : A l’entrée donnant sur la rue.
Gwen : Je t’envoie de l’aide. Tu as le SUV?
Ianto : Il est à deux cents mètres. Je ne peux pas porter le corps de Jack jusque là.
Gwen en prenant son portable: Rhys, sort de ton bureau. Va sur le parking de l’hôpital en face. Ianto et Jack ont besoin d’aide.