HypnoFanfics

Boum !

Série : CSI : Crime Scene Investigation
Création : 29.03.2009 à 03h02
Auteur : marguerite 
Statut : Terminée

« Explosion, à la sortie d'une salle à spectacle, de la voiture de Gil et Sara. Leur relation apparaît alors au grand jour. Cependant, avec l'enquête, on se rend compte que l'explosion n& » marguerite 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 14 paragraphes

Afficher la fanfic

Mike se présenta au bureau de la réceptionniste, à l'urgence et demanda des nouvelles d'une certaine Sara Sidle. Derrière lui, Warrick et Nick arrivait. Ils étaient éreintés. Les deux experts avaient travaillés sans relâche pendant plusieurs jours, depuis le début de toute cette histoire, depuis ce Boum. Ils entendirent cependant l'homme demander dans quelle chambre était Sara Sidle.

« Vous venez pour Sara Sidle ? » demanda Warrick à l'inconnu.

Surpris, l'homme se tourna et avisa les deux amis devant lui. « Oui... » fit-il sur un ton incertain. « Vous la connaissez ? »

Les deux experts se lancèrent un regard. « Bien sûr » commença Warrick. Nick ajouta, devant l'air de leur interlocuteur. « On travaille avec elle. Vous êtes... ? »

L'homme tendit la main et serra franchement celle de Nick et Warrick. Bien que l'heure soit grave, il se dégageait de cet homme une joie de vivre et une simplicité déconcertante. « Mike, Mike Grissom. Je suis le beau-frère de Sara. » Les deux experts se présentèrent également.

Mike vit une lueur de compréhension traverser les yeux des deux collègues de Sara. « Il me semblait aussi que vous aviez un air de ressemblance avec quelqu'un que nous connaissions. » expliqua Nick, avec son sourire charmeur.

Il y eut un silence entre les trois hommes, puis Mike reprit la parole pour demander où se trouvait la chambre à Sara. Warrick le guida, pendant que Nick s'éloignait plus loin pour aller visiter Greg. Warrick engagea la conversation avec Mike.

« Vous connaissez Sara depuis longtemps ? » demanda le jeune homme.

Un sourire se forma légèrement sur les lèvres de Mike. « Environ dix ans... » Puis, il ajouta devant l'air surpris de l'expert : « Je n'ai rencontré Sara pour la première fois il n'y a que deux ans. Mais Gil m'en a tellement parlé et décrit qu'il me semble la connaître depuis une décennie. » 

Ils marchaient dans le corridor, lentement. « Vous savez, » fit Mike « Que Gil me parle beaucoup de vous, Monsieur Brown. Il vous estime beaucoup. Gil a une grande confiance en vous. » Touché, Warrick baissa la tête. « Je ne mérite pas la confiance de Grissom. » avoua le jeune homme, en baissant la tête. « Je l'ai trahi il y a de ça plusieurs années. »

Il releva la tête juste à temps pour croiser le regard de Mike. « Avec Holly Gribbs ? » s'enquit Mike. Devant le hochement de tête de Warrick, il poursuivit. « Gil a oublié cette histoire depuis longtemps. Et vous savez quoi ? Selon moi, rien n'arrive pour rien. Vous deviez partir ce jour-là et Holly devait mourir. C'est triste à dire, mais selon moi, c'était le destin. »

Warrick médita sur les paroles de Mike pendant un moment. Même si ces évènements remontaient à plus de six ans, il arrivait parfois au jeune expert de se sentir responsable de ce qui s'était produit ce jour-là. S'il n'était pas parti, s'il était resté...

Mais voilà, il était parti et il avait laissé Holly seule. Et elle était morte. « C'est du passé et je ne peux plus rien y changer. La seule chose que je peux faire, c'est éviter qu'une telle chose se reproduise. » pensa alors Warrick.

« Il ne sert plus à rien de regretter les choses du passé. On ne peut qu'éviter, pour le futur, de répéter les erreurs du passé... » murmura sagement Mike. Warrick afficha un air surpris. Le frère de Grissom venait de dire exactement ce qu'il avait pensé. « Et puis, sans cette histoire avec Holly Gibbs, Sara ne serait jamais débarqué à Vegas... » ajouta-t-il.

Warrick fut forcé d'admettre que Mike avait raison. Il voulut ajouter quelque chose, mais au même moment, la porte de la chambre de Sara s'ouvrit. Contrairement à ce que Mike et Warrick s'attendaient, ce ne fut pas Grissom qui en sortit, mais Catherine.

« Cath ! » s'exclama Warrick.

Les deux étaient ébranlés et avaient bien besoin d'un peu de réconfort. Catherine avait légèrement les larmes aux yeux et Warrick s'approcha pour la serrer dans ses bras. En les regardant, Mike comprit qu'il y avait un lien spécial entre eux, bien qu'il ne pu l'identifier. Ami ? Amant ? Cependant, il reconnut bien Catherine Willows, l'amie de longue date de son frère. Un caractère bien trempé et un tempérament fougueux. Voilà ce que lui avait dit Gil. Il avait aussi ajouté qu'elle avait une grande sensibilité.

« Vous êtes ... ? » demanda Cath à l'intention de Mike, tout en se dégageant des bras de Warrick.

« Mike Grissom, le frère de Gil. » dit-t-il brièvement.

Catherine s'approcha de lui et lui serra la main. « Enchantée, Catherine... »

« Willows. » termina Mike. Catherine lui lança un regard surpris. « J'ai tellement entendu parler de vous. » expliqua Mike. Il sembla regarder autour de lui, hésitant pendant un instant. « Gil est là ? »

Warrick allait dire qu'il devait être aller prendre un café ou manger un morceau, mais Catherine ne le laissa pas parler. « Vous l'avez raté de dix minutes. Je suis arrivée avec des cafés et il partait, avec un médecin. »  L'air de Mike changea du tout au tout. « Ho non ! » s'exclama-t-il avec horreur.

« Un problème ? » questionna Cath.

Mike se frotta le front de sa main droite, en proie à une grande réflexion. Puis, il posa sa main gauche sur sa bouche, essayant de se retenir de jurer. « Vous savez le nom de ce médecin ? » s'enquit Mike. Devant l'incompréhension de Catherine, il ajouta. « C'est très, très important ! »

Comme les deux experts ne disaient rien, il se laissa tomber sur une chaise non loin. Il enfouit sa tête entre ses mains. « Merde, merde, merde ! » s'exclama-t-il. Il releva la tête, juste à temps pour croiser les regards interrogateurs de Cath et Warrick. « Gil est en danger... En très grand danger ! »

----------------------------------------------------------

Nick poussa lentement la porte de la chambre à Greg, un nœud dans la gorge. Il avait déjà vu son ami blessé la veille, mais Greg dormait à ce moment. Maintenant, Nick se demandait comment il réagirait en sachant qu'il ne pourrait pas utiliser sa jambe avant un moment et qu'il devrait faire de la physiothérapie pour pouvoir remarcher un jour. Cependant, Nick connaissait bien Greg. Derrière ses éternels pitreries, il cachait un sérieux désarmant. Nick espérait que son ami pourrait se remettre de ce qui était arrivé et qu'il ne garderait pas de séquelles trop importantes, excepté, bien entendu, de sa jambe.

Greg était assis dans son lit et regardait la télévision, bien que ce qui jouait semblait l'ennuyer profondément. Dès que la porte se referma sur Nick, il tourna la tête. Nick s'approcha et Greg lui adressa un petit sourire en coin. Il semblait fatigué.

« Hey Greg ! » lança joyeusement Nick.

« Hey Nick ! » répliqua Greg, la voix fatiguée.

Nick tira une chaise et s'installa aux côtés de Greg. « Ça va ? » demanda-t-il, tout en sachant la réponse.

Greg réfléchit deux secondes avant de répondre. Il pouvait essayer de prétendre qu'il allait bien ce qui, bien sûr, était faux. Ou, il pouvait répondre franchement. Normalement, et en présence de beaucoup de personnes, il aurait dit qu'il pétait la forme et aurait même fait quelques blagues au sujet des infirmières qui s'occupaient de lui. Mais là, il n'y avait que Nick, qui était également un de ses meilleurs amis. Il n'avait pas à prétendre qu'il allait bien. Il pouvait dire la vérité pour une fois et ne pas faire de blagues.

« Ça dépends. Il y a des moments où je me dis que c'est pas grave et que je vais m'en sortir... Mais il y a aussi des instants plus noirs où je suis totalement démoralisé. » Greg laissa les larmes monter dans ses yeux. « J'ai pas à me plaindre pourtant ! Y'en a des pires que moi... » laissa entendre Greg. Nick comprit qu'il parlait de Sara.

Le jeune expert chassa les larmes de ses yeux. Malgré qu'il n'y est que Nick, il ne voulait tout de même pas montrer qu'il était si sensible. Orgueil de mâle...

 « On te traite bien ? » s'enquit Nick.

Greg acquiesça aussitôt. « Les médecins sont polis et ils me disent la vérité. Selon eux, je ne pourrai sans doute pas retourner sur le terrain. Je suis de nouveau condamné au travail de labo... » avoua-t-il en grimaçant. Nick essaya de trouver quoi que ce soit qui pourrait consoler Greg. Mais rien. Rien ne semblait approprié à dire.

« Au moins tu vas travailler avec Wendy... » Dit Nick avec un sourire entendu. Greg se dérida un peu et se permit même un éclat de rire. Il revint vite sérieux.

« C'est étrange. J'ai comme l'impression d'avoir été rétrogradé, alors que ce n'est pas le cas. C'est... juste étrange. » Il eut un sourire niais, puis il ajouta : « J'ignore pourquoi je suis resté chez Grissom l'autre jour. Je ne voulais pas partir, je crois. Si je l'avais fait... Je me serais avoué que Sara n'avait plus besoin de nous, seulement de Grissom. Mais je regrette et en même temps, je m'en serais voulu d'être parti si je l'avais fait. Dans un cas ou dans l'autre, j'aurais eu des regrets. Imagine que je sois parti et que Sara soit dans le coma ou... Je me serais dit que j'aurais pu empêcher tout ça, que j'aurais pu la sauver... » Les larmes remontèrent à grande vitesse dans ses yeux.

Troublé, il évita le regard de Nick et fixa un point à l'extérieur, à travers la fenêtre. Nick ne savait pas, encore une fois, que dire ou que faire. Pourtant Greg était un bon ami et il n'avait jamais ressenti ce genre de malaise en sa présence. « C'est la première fois qu'il se retrouve à l'hôpital, blessé aux jambes. » Ne put s'empêcher de se faire remarquer Nick.

Nick préféra changer de sujet et il eut l'impression que Greg lui en était reconnaissant. Après un moment, Nick proposa qu'ils aillent voir Sara. Il savait que ce serait dur pour Greg, mais Nick pensait aussi qu'il s'agissait d'une étape dans son cheminement vers la guérison. Il aida Greg à s'asseoir dans un fauteuil roulant et il ignora la grimace de Greg quand il poussa la chaise dans le corridor de l'hôpital.

Ils entrèrent dans la chambre de Sara, surpris de voir autant d'occupants. Dans la pièce, il y avait Warrick, Catherine et Mike, que Nick reconnut aussitôt. Ils semblaient tous assez inquiets, mais ça ne semblait pas être l'état de santé de Sara qui les préoccupait. « Un problème ? » s'inquiéta aussitôt Nick.

« Où est Grissom ? » demanda aussi Greg. Il ressentait l'inquiétude de tous, bien qu'il ne pouvait pas vraiment la comprendre.

Catherine, qui jusque là avait fait les cent pas dans la pièce, s'arrêta soudainement et se tourna vers Mike. « Sara ne vous a pas donné le nom du médecin, par hasard ? » Mike fit non de la tête et Cath recommença à marcher.

« Ça ne ressemble pas à Grissom de partir comme ça, sans avertir personne. À la limite, s'il était rentré chez lui, il aurait attendu que Catherine revienne à la chambre ou il aurait laissé un mot... Et il ne serait pas parti aux côtés d'un médecin en refusant de répondre aux appels de Cath... » murmura Warrick. Il était assis sur la petite chaise à côté du lit et regardait les autres.

Mike, quant à lui, était appuyé sur le mur, une main tenant son menton. Il semblait profondément perdu dans ses pensées. Pendant un instant, Nick se demanda même s'il entendait et voyait ce qui se passait dans la pièce.

« On peux savoir quel est le problème ?! » s'exclama soudain Greg en échangeant un regard avec Nick.

----------------------------------------------------------

Sara avait avoué à Mike et Suzy, il y a de ça longtemps, qu'elle avait déjà eu un enfant avec Gil. Ils lui avaient promis de garder le secret et de ne rien révéler à Gil avant que Sara ne lui parle. Quand Mike avait appris que Sara était dans le coma, il avait parlé à sa femme. Celle-ci avait été d'accord avec lui ; il était temps de briser leur promesse et de parler à Gil. Ce dernier avait aussi dit à Mike qu'il avait reçu une enveloppe contenant une photo et un cheveu.

Mike était parti à l'hôpital, souhaitant parler à son frère. Malheureusement, il l'avait manqué de peu. La situation n'aurait pas été grave si le médecin qui s'occupait aujourd'hui de Thomas n'avait pas été ... méchant.

Sara avait révélé à Suzy que Monsieur (C'est ainsi qu'ils le surnommaient et Sara n'utilisait jamais son vrai nom) avait perdu sa femme quelque temps avant que Sara ne soit de nouveau avec Grissom. Madame, la femme de Monsieur, avait toujours été le lien qui avait pu relier Sara et Thomas. Par l'intermédiaire de cette femme, Sara avait régulièrement eu des nouvelles de son fils. Parfois, elle avait même pu le rencontrer.

Madame tenait à respecter scrupuleusement le contrat établi au départ, mais Monsieur avait toujours souhaité que Gil ne revienne jamais avec Sara. Quand l'experte avait dit à Madame que Gil et elle se rapprochaient de plus en plus, cette dernière avait été heureuse pour elle. Monsieur l'avait su, mais cette information lui procurait, à lui, un profond déplaisir.

Quelques semaines plus tard, Madame disparaissait mystérieusement. Monsieur avait rapporté sa disparition. Les experts de l'équipe de jour de Vegas avait enquêté sur la disparition sans jamais rien trouvé. Après de vaines recherches, ils en étaient venus à la conclusion que Madame était partie et qu'elle refaisait sa vie ailleurs. C'était leur conclusion, même si ça ne cadrait pas avec le genre de personnes qu'était cette femme. Mais il était inutile de creuser plus loin. Madame était aimée de tous et Monsieur avait un alibi. Pas la peine de chercher plus loin.

La vie avait repris son cours. Monsieur était retourné au travail et il avait continué à prendre soin de son fils. Il était très présent, faisant moins d'heures à l'hôpital pour s'occuper de Thomas. La vie semblait être redevenue normale et personne n'avait trouvé étrange que Monsieur tourne la page aussi rapidement après la disparition pour le moins étrange de son épouse.

Mais voilà, le lien avait été coupé.

Monsieur voyait d'un mauvais œil la proximité de Sara à son fils. Quand elle appelait, il refusait de donner des informations sur Thomas. Il en vint à lui dire de le laisser tranquille. C'est à ce moment que Sara avait compris que quelque chose ne fonctionnait pas. Elle réalisa bien trop tard que Monsieur n'avait jamais voulu remplir sa part du contrat.

Elle avait eu peur, mais malgré tout, elle n'avait rien dit à Grissom. Ils étaient à l'aube d'une relation sérieuse et elle était soucieuse de ne pas tout foutre en l'air avec cette histoire. Elle avait tu ses préoccupations, bien qu'elle ne puisse plus savoir comment allait son fils. Elle s'était mise à le surveiller. Elle s'installait dans sa voiture, non loin de son école et elle l'observait quand il débarquait de l'autobus. Parfois, elle pouvait le voir rire et s'amuser avec ses amis. Son cœur se réchauffait alors et elle se disait qu'au moins il était heureux.

Au fond d'elle, elle avait toujours un petit pincement chaque fois qu'elle le voyait. Elle s'en voulait souvent de ne pas l'avoir gardé à ses côtés. Il lui avait parfois de se dire qu'elle devrait le laisser chez Monsieur. Après tout, c'était lui qui l'avait élevé et Thomas connaissait à peine son existence à elle. À chaque fois que Sara avait ce genre de pensées, elle se jurait qu'elle le retrouverait, par n'importe quels moyens possibles. Pendant plus de deux ans, elle essaya de se persuader de parler à Grissom au plus vite.

Mais la vie étant ce qu'elle était, Sara n'avait rien dit.

Elle avait continué à l'espionner en secret, sans jamais rien dire à personne, sauf à Suzy. La femme de Mike, la belle-sœur de Grissom, était devenue en quelques mois sa meilleure amie et sa plus grande confidente. Un jour, elle était arrivée en pleurant et Mike était là. Il avait donc su pour Thomas. Et bien qu'il n'approuvât ni la conduite passée de son frère ni le silence de Sara, il promit de ne rien dire. 

Voilà où ça les avait menés...

----------------------------------------------------------

« Je ne comprends pas où est le danger. » fit Greg, quand Mike eut fini de raconter toute l'histoire.

Tous se tournèrent vers lui avec un regard désapprobateur. Catherine se chargea de lui expliquer. « Monsieur, »dit-elle, en reprenant le surnom attribué dans le récit de Mike,  « Veut garder Thomas avec lui à n'importe quel prix. Il est désormais évident que c'est lui a fait explosé la voiture de Gil et Sara. Il a dû aussi engager le tireur à gage pour tuer Sara. Et maintenant il est parti avec Gil. Je ne vois pas ce qu'il pourrait faire d'autre que l'achever. »

Malgré la situation alarmante, elle semblait calme. C'était comme si elle n'avait pas encore compris ce qu'elle avait dit, à savoir que Monsieur voulait et essaierait de tuer Grissom.

Catherine réalisa le sens de ses paroles en même temps que les autres. « Grissom est en danger ! » s'exclama Warrick avant de sortir de la pièce. Il fut bientôt suivi par Nick, Catherine et Mike. Greg resta dans la chambre et approcha un peu sa chaise du lit de Sara. Il se pencha et murmura à son oreille : « Ne t'inquiète pas Sar'. On va le sauver, ton Gil ! »

Puis, il tourna sur lui-même dans son fauteuil roulant et il sortit de la pièce tranquillement pour retourner à sa chambre. Désormais, la pièce était vide. Le soleil commençait à se lever, éclairant faiblement la chambre. La lumière alla caresser le visage de Sara . Tout était silencieux, excepté le bruit caractéristique du moniteur cardiaque.  Rien ne semblait vouloir changer. Faisant fi de cette impression, la main de Sara se souleva légèrement. Quelques instant plus tard, elle ouvrit lentement un œil.

Seule au milieu de cet hôpital, loin des gens qui comptaient pour elle, Sara Sidle venait de se réveiller.

----------------------------------------------------------

La voiture tourna soudainement au coin de la rue. Grissom s'accrocha à son siège. Ce Marlon Jones conduisait vraiment comme un fou.

Ce devait faire quinze minutes qu'ils avaient quittés l'hôpital et il n'avait toujours pas échangé une seule parole. C'était tout de même étrange. Ce Marlon Jones l'amenait avec lui pour lui dire ... ben rien, en fait. Tout ça n'avait été qu'un appât. Marlon savait que Grissom ne comprenait plus ce qui se passait. Il savait qu'en lui promettant des explications et une visite à son fils, il attirerait le scientifique dans ses filets.

« Habile, bien habile. Mais qu'est-ce que je fais maintenant ? » se demanda Gil.

Il n'avait pas son arme avec lui. Peut-être pourrait-il essayer de fuir alors que la voiture était en marche ? Il tourna la tête vers la fenêtre. Hum.. Sûrement assez risqué, quoi que...

« N'y pensez même pas ! » s'exclama Marlon avec mauvaise humeur.

Grissom lui lança un regard noir. Comment avait-il deviné ? À chaque fois que Grissom pensait à quelque chose, Marlon le devançait. Ça en devenait franchement énervant. Grissom appuya sa tête sur le bord de la fenêtre. La fatigue commençait à sortir.

Il n'avait pas dormi depuis presque trois jours. Habituellement, il était capable de continuer, mais là, il fallait ajouter le choc émotionnel. C'est vrai qu'il avait pu "dormir", mais vraiment pas très longtemps, car il avait fait ce foutu cauchemar.

Soudain, il se demanda comment il réagirait si ça se produisait vraiment. Il ferma les yeux en essayant de ne pas penser à son arme à feu, à sa place dans son tiroir de sa table de nuit. Il l'avait toujours mis là au cas où il en aurait besoin durant la nuit.

Cette pensée le ramena à ce qui s'était produit environ deux jours plus tôt. Pourquoi n'avait-il pas raccompagné Sara à la maison ? Cette question ne cessa de le turlupiner, sans que bien sûr il puisse y trouver une quelconque réponse.

Tout à coup, la voiture s'arrêta brusquement et Grissom releva la tête.

« On est arrivé. » dit simplement Jones avant de descendre de la voiture.

Grissom regarda le bâtiment devant lequel ils étaient arrêtés. Il s'agissait d'un espèce d'entrepôt. « Classique, » se dit Grissom. « Quoi qu'il y arrive, personne  ne sera là pour le voir ou l'entendre. »

Étrangement, cette pensée n'était pas des plus réconfortantes...

----------------------------------------------------------

À suivre...


marguerite  (25.04.2009 à 15:38)

La voiture roulait à grande vitesse sur l'autoroute. Gyrophares allumés et toutes sirènes hurlantes, elle circulait entre les autres voitures. Ses occupants étaient en grande conversation. Ou du moins, Catherine parlait avec Brass par l'intermédiaire de son portable. Warrick conduisait et Nick demandait des spécifications sur certains détails, même si personne ne lui répondait. Mike, assis aux côtés de Warrick, fixait un point au travers de la fenêtre, comme son frère le faisait à quelques dizaine de kilomètres de là.

La voiture s'arrêta dix minutes plus tard devant le labo. Warrick ne prit même pas la peine d'arrêter la voiture ou les gyrophares et ils descendirent tous. Sans attendre, ils grimpèrent les marches menant au LVPD. Dans l'entrée, Brass les attendait.

« D'après les informations que Catherine m'a données, j'ai envoyé mes agents retrouver le dossier de la famille. Pour l'instant, j'ai le certificat de naissance du petit. Thomas Sidle, né le 06 mai 1997 à San Francisco. La mère biologique est Sara Sidle et les parents adoptifs sont Marlon et Colleen Jones. Grâce à ces informations, on a réussi à retrouver le dossier sur la disparition de Colleen et on a une adresse. »

Presque immédiatement, Catherine, Mike, Warrick et Nick étaient repartis vers l'adresse trouvée par Brass. C'était en réalité la présente maison de Marlon Jones. Les voitures de police s'arrêtèrent en catastrophe dans la rue où vivait Jones. Aux fenêtres, les voisins observaient les agents de police s'approcher de la maison de Jones, vêtus de gilets pare-balles et de fusil. Un peu plus de deux ans plutôt, la femme de Marlon avait disparue sans laisser de traces et, bien qu'il ait été innocenté, le mari avait toujours semblé un peu suspect aux yeux des gens du quartier. Les parents préféraient que leurs enfants évitent le petit Thomas et les malades évitaient d'avoir son père adoptif comme médecin.

Les policiers cognèrent à la porte de la maison et, doucement, elle s'ouvrit. Tous s'attendaient à découvrir un Marlon Jones armé, mais ce n'était qu'un petit garçon d'environ dix ans. Ses yeux s'élargirent devant tous les gens devant lui et il poussa une exclamation de peur. Se rendant compte que Jones ne devait pas être là, Brass s'avança.

« Salut toi... Tu dois être Thomas ? » Le petit acquiesça, légèrement apeuré que l'inspecteur devant lui connaisse son nom. « Est-ce que ton père est là ? » demanda Brass, essayant de regarder derrière Thomas.

« Non, mon père est parti. » répondit Thomas, faisant taire la peur qu'il l'envahissait.

« Est-ce que tu pourrais venir avec moi ? Je dois trouver ton père et je crois que tu pourrais m'aider... » Thomas acquiesça avant de sortir. Il fit quelques pas et regarda avec consternation les agents entrer dans la maison. Le gamin de dix ans se tourna vers Brass et lui dit : « Si vous cherchez mon père, c'est qu'il a sûrement fait quelque chose de mal. N'est-ce pas ? »

Brass avait toujours détesté l'innocence et la naïveté des enfants. Ils étaient toujours d'une franchise désarmante et ils étaient souvent impossibles de leur mentir, car ils étaient capable de savoir si quelqu'un ne disait pas la vérité. Mais avec ce gamin, Brass aimait encore moins ça. Thomas quittait l'enfance, il commençait à mieux comprendre le monde qui l'entourait et il était loin d'être un idiot. Brass ne pouvait pas sciemment lui mentir en disant que son père n'avait rien fait. Et en même temps, il ne pouvait pas dire que son père était sans doute un tueur et qu'il allait peut-être tuer un homme pour garder le jeune garçon à ses côtés. .

Voyant que l'inspecteur ne répondait pas, Thomas baissa la tête. « Je sais qu'il a fait quelque chose de mal. Ces jours-ci, il est moins à la maison et quand il y est, il me répète que personne n'allait me faire de mal et que nous allions toujours rester tous les deux ensemble. Il est bizarre. Il se parle à voix basse et il n'a pas de temps pour moi. Il s'enferme dans son bureau et il fait je ne sais quoi. Il a changé depuis que ma mère n'est plus là, mais depuis trois mois, je ne le reconnais vraiment plus. »

Brass fronça les sourcils. Il vit les agents ressortir de la maison, assurant que personne n'y était plus. Il confia Thomas à Catherine et entra lui-même dans la maison, accompagné de Warrick et Nick. Les deux experts commencèrent à fouiller, espérant trouver un indice pouvant les mener à Jones.

« J'ai quelque chose ! » s'écria Nick, à l'intention de Brass et Warrick. Ils s'approchèrent et regardèrent ce que le texan avait trouvé. Il tenait un clé dans sa main. « C'est une clé d'entrepôt, j'en suis certain. J'en ai une semblable chez moi. Il y a un numéro... (Il gratta un peu la surface usée de la clé) 8376. C'est sans doute le numéro d'entrepôt, 8376. »

Ils avaient enfin une piste, ce qui signifiait, en gros, un espoir pour retrouver Grissom vivant.

----------------------------------------------------------

Brass mit ses agents sur les téléphones. Une après l'autre, ils appelèrent les compagnies fournissant des entrepôts, attendant de trouver celle qui avait un local au numéro 8376 et qui était au nom de Marlon Jones.

« Avez-vous un entrepôt au numéro suivant 8376 ? » demanda un agent assez expérimenté. À tous les autres endroits où il avait appelé, on lui avait dit non. Comme il détestait ce genre de travail ! Mais il se forçait à composer le prochain numéro, car Gil Grissom était un scientifique qu'il respectait énormément. Qu'il meurt aurait été une énorme perte pour la police de Las Vegas, vu le nombre de crimes qu'il avait résolu depuis le début de sa carrière. 

« Oui. »  dit la réceptionniste, surprenant énormément l'agent de police. « À quel nom est-il ? » demanda l'agent, enfin intéressé à la conversation. 

« Marlon Jones » répondit la réceptionniste de son ton sec.

Un sourire éclaira le visage de l'agent. « Restez en ligne, Madame, on a va avoir besoin de vous. »

Il avait trouvé.

----------------------------------------------------------

Pour la deuxième fois en une heure, les voitures de police s'arrêtèrent en catastrophe au milieu de la rue. Les policiers descendirent rapidement des véhicules et formèrent une ligne de protection le long de l'enceinte de l'entrepôt. Brass se procura un porte-voix et parla au travers.

« Si vous êtes à l'intérieur, Jones, je vous conseille de sortir. » l'avertit Brass.

La réceptionniste les avait laissé visionner les caméras qui surveillaient les entrées. La voiture de Jones s'était rendue à son entrepôt et on ne l'avait pas vu repartir. Il devait encore y être. Malheureusement, à cause de la mauvaise qualité des caméras, on ne pouvait voir s'il y avait quelqu'un installé à l'avant ou à l'arrière. Impossible, donc, de savoir si Jones y avait amené Grissom.

Plus loin, Nick et Warrick aperçurent la voiture de Jones. Il était là. Ils avaient réussi à le coincer.

Sûr de lui, Jim Brass fit signe à ses meilleurs agents de s'avancer et de défoncer la porte. L'unité spéciale s'avança et, à l'aide d'un gros poids, ils forcèrent la porte.

À ce moment précis, plusieurs choses se produirent un peu en même temps. Même un observateur averti n'aurait pu dire ce qui était arrivé en premier.

Tout d'abord, une voiture décolla et tous se tournèrent pour voir c'était laquelle. Ils eurent une sorte d'indignation en voyant le véhicule de Marlon Jones s'éloigner à grande vitesse. Mais rapidement, leur attention fut attirée ailleurs...

Car l'unité spéciale était toujours concentrée à ouvrir la satanée porte. Elle céda enfin et s'ouvrit en grand. Alors que les policiers pénétraient l'entrepôt, une grosse explosion fit trembler la terre et projeta quiconque qui était trop près à quelque dizaines de mètres plus loin. Rapidement, une épaisse fumée s'éleva de l'entrepôt, qui n'était désormais plus qu'un tas de cendre.

Brass se releva et regarda avec consternation les flammes lécher les vestiges du bâtiment. Les autres policiers autour de lui se relevèrent avec difficultés. Certains étaient blessés, mais ils étaient tous couverts de suie, résultat de l'explosion. L'inspecteur Brass fit quelques pas en direction de l'incendie. L'unité spéciale n'avait bien sûr pas survécu à l'explosion. Leur corps avaient dû éclater et être éparpillés un peu partout sur le terrain. Ils étaient sans doute morts bien avant de comprendre ce qui leur arrivait.

Jim tourna la tête et vit Nick qui aidait Warrick à se relever. Le policier pensa alors à son meilleur ami Gil. Il espérait de tout son cœur que le pauvre homme ne se trouvait pas dans le bâtiment au moment de l'explosion. Pendant un instant, Brass voulut fermer les yeux et imaginer que tout n'était qu'un mauvais rêve. Ho, comme il aimerait se réveiller ! Que les menaces, les blessures de Greg, le coma de Sara, l'explosion de l'entrepôt et de la voiture de Grissom et sa presque disparition n'étaient arrivés que dans un cauchemar particulièrement original et violent.

Encore des dégâts...

----------------------------------------------------------

Les pompiers réussirent à éteindre l'incendie et les experts purent accéder au bâtiment. Ils ramassaient toutes preuves qui pouvaient dire qui était dans le bâtiment au moment de l'explosion. Nick et Warrick, aidés par une partie de l'équipe de relève, prélevèrent des morceaux de corps humains pendant près de trois heures. Ensuite, ils retournèrent au labo.

Ils étaient épuisés, mais ils continuèrent leur recherche. Les deux experts donnèrent leur butin à Wendy pour qu'elle les analyse et leur dise si un des échantillons correspondait à l'ADN de Grissom. Pendant ce temps, ils s'installèrent dans la salle de repos, profitant d'une pause bien méritée. Nick se laissa tomber dans un sofa et Warrick alla chercher des cafés. Catherine interrogeait le petit Thomas dans l'espoir de trouver un autre endroit où Grissom pourrait être  et où Jones aurait pu se cacher.

« Je suis mort de fatigue. » avoua sans détour Nick à Warrick alors que ce dernier se laissait tomber sur un sofa aux côtés de son ami texan.

« Moi aussi. La semaine a été longue, autant en émotions qu'en action et je sens que ce n'est pas terminé. » ajouta Warrick.

Nick but quelques gorgées de son café. « Si tu savais comme je regrette mon comportement des derniers jours... J'aimerais tant pouvoir m'excuser. » Il sembla avoir terminé ce qu'il voulait dire, mais il baissa la tête et poursuivit. « Je ne me pardonnerai jamais d'avoir ignoré Sara, si jamais elle... » Il ne put terminer sa phrase, car il était étranglé par l'émotion.

« Voyons Nick, ne dit pas ça ! » s'exclama Warrick. Mal à l'aise, il ignorait un peu comment réconforter son ami. Il lui tapota silencieusement le dos. « Personne ne pouvait prévoir ce qui s'est passé et puis, Sara va se réveiller. Tu la connais, c'est une battante ! » Il voulut continuer à réconforter Nick, mais son téléphone sonna. Il fut surpris de constater qu'il s'agissait de Greg. « Je reviens. » dit-il au texan en lui adressant un clin d'œil.

Nick regarda le jeune noir s'éloigner et répondre au téléphone. Warrick écouta un moment, puis coupa son interlocuteur. Il murmura quelque chose comme « Tu es sûr ? » Étrangement, son ton semblait surexcité, comme s'il s'agissait d'une bonne nouvelle.

« C'est pas trop tôt, pensa Nick. Avec tout ce qu'on a eu cette semaine, ce serait le moment que quelque chose de bien se pointe à l'horizon ! » 

Warrick revint vers Nick, tout souriant. D'un air victorieux, il annonça :  « Tu auras l'occasion de t'excuser auprès de Sara. Elle est réveillée ! »

----------------------------------------------------------

Les trois gars s'entassèrent autour du lit de Sara, émerveillés. Non pas réellement par Sara, mais bien par le fait qu'elle n'était plus dans le coma et qu'elle les regardait, parfaitement réveillée. Elle avait quelques difficultés à parler, car les quelques jours où elle avait été plongée dans l'oubli avait laissé quelques séquelles sur elle.

« On cherche Grissom, Sara, mais on ignore où Jones a pu l'amener. As-tu une idée ? » demanda Nick. Ils savaient de source sûre que Grissom n'était pas dans l'entrepôt qui avait explosé. Wendy avait analysé chaque échantillon qu'ils lui avaient donnés et elle avait formellement dit qu'il n'y avait rien de correspondant. Grissom était peut-être encore en vie.

Sara ne sembla pas les écouter. Depuis qu'elle s'était réveillée, elle n'avait que très peu parlé. Elle avait confirmé à Brass que Marlon Jones était bien l'homme qui s'occupait de Thomas. L'inspecteur lui avait ensuite annoncé qu'ils ignoraient où était Grissom, mais qu'il devait être avec Jones. Depuis cet instant, elle n'accordait que peu d'attention aux évènements se déroulant autour d'elle. Dès que l'infirmière s'était rendue compte qu'elle était réveillée, un médecin, Oliver, lui avait expliqué ce qui était arrivé. Cependant, il n'avait rien dit au sujet de sa grossesse.

« Le B... Bébé... » murmura Sara.

Elle vit de la confusion sur le visage de ses amis. Voyant que les garçons ne comprenaient vraiment pas, elle désigna son ventre.

« Ho ! Les bébés ! » s'exclama Warrick, comprenant soudain. « Elle parle de sa grossesse ! » expliqua-t-il aux deux autres.

« Ils vont bien, Sara. Ce qui est arrivé ne les a nullement dérangés. Ho, en passant, tu es enceinte de jumeaux ! » fit joyeusement Nick, espérant délier la langue de sa jeune amie.

Sara regarda son ventre, puis jeta un regard aux gars devant elle. « Jumeaux ?! » répéta-t-elle avec surprise.

« Sara, reviens sur Terre... On essaie de retrouver Grissom, l'homme de ta vie, le père de tes enfants... Un endroit où Marlon peut avoir amené Grissom... T'es peut-être la seule qui peut nous le dire... Il n'est peut-être pas trop tard et tu auras peut-être ton Gilou à ton accouchement si tu nous dis où il peut être ! » s'exclama Nick.

Ce fut comme un traitement de choc. Sara sembla prise d'un choc électrique, comme si elle réalisait enfin son rôle dans toute cette histoire. Elle réfléchit pendant quelques instant.

« L'entrepôt ? » proposa-t-elle.

« Explosé. » fit Nick. Warrick expliqua devant l'incompréhension de Sara : « Un piège, sans aucun doute. »

« Non... l'autre. »

Nick n'était pas certain d'avoir compris. Il s'avança et regarda Sara dans les yeux. « L'autre ? Il y a un autre entrepôt où il pourrait l'avoir emmené ? » Il parla lentement, découpant chaque syllabe comme s'il parlait à une enfant de cinq ans et non à une femme d'environ trente-cinq. Il lui parlait comme s'il la croyait attardée. Mais non, il la savait très intelligente. Mais là, si elle acquiesçait, son geste signifierait beaucoup plus. un - nouvel - espoir de retrouver le superviseur de l'équipe de nuit - vivant si possible. Et s'il y avait vraiment un autre entrepôt, ça signifiait que les gars n'avaient pas cherché énormément dans les trucs de Marlon Jones. On ne manquerait pas de le leur reprocher.

Lentement, un peu comme Nick lui avait parlé, Sara acquiesça.

----------------------------------------------------------

Grissom ouvrit lentement les yeux, analysant en même temps ce qui l'entourait. Ses derniers souvenir étaient indistincts. Il se souvenait avoir descendu de la voiture après s'être aperçu que Jones avait arrêté devant un entrepôt. Une grande douleur s'était déclarée à l'arrière de sa tête - provoquant sa perte de conscience. Ensuite, il ne savait plus rien.

En fait si. Une chose. Il avait été couché dans une voiture immobilisée. Ensuite, elle avait démarré brusquement et il se souvenait avoir entendu un bruit semblable à une explosion qui avait fait trembler le sol et la voiture. Gil avait marmonné quelque chose dans le bâillon qui entourait sa bouche. Quelqu'un avait lancé d'une voix venimeuse (quelqu'un autre que Jones) :

« Il est réveillé. Rendors-le ! »

Et une autre douleur à la tête avait suivi.

Maintenant, il ignorait où il se trouvait. Comme la pièce était plongée dans le noir, il ne savait pas si des objets ou même des gens l'entouraient. Ce qu'il savait - ou plutôt se doutait - était qu'il était lui-même assis sur une chaise. Ses mains semblaient lier dans son dos et ses pieds aux pattes de la chaise, car il lui était impossible de bouger.

Soudain, une lumière crue s'alluma, aveuglant temporairement Grissom. Il cligna des yeux jusqu'à temps que ses iris s'adaptent à ce brusque changement d'éclairage. D'un regard, l'expert balaya la pièce. Rien. La lumière provenait d'un projeteur à quelques mètres devant lui. Gil semblait seul, attaché à une chaise, au milieu d'un grand entrepôt vide. Hmm... Encourageant.

Du fond de l'entrepôt, il vit un homme approcher. Il reconnut rapidement les traits de son persécuteur. Marlon Jones. Un frisson d'horreur parcourut Grissom quand il vit que Jones était armé...

Jones s'arrêta à quelques pas de lui et tira une chaise que Grissom n'avait pas vue. Il s'y assis, posa son revolver sur le sol et se pencha vers l'avant. « Je crois qu'on a le temps de faire connaissance, Docteur Grissom. »

« J'ignore pourquoi vous m'attachez à cette chaise, mais je vous conseille de me détacher avant que mes collègues de travail ne débarquent ici. Car je ne doute pas qu'ils doivent vous avoir trouvé. » répondit Grissom du tact au tact. En vérité, il l'ignorait, mais faire un peu d'intimidation pouvait toujours servir.

 Jones cracha sur le sol et se leva. « Je ne crois pas que vous êtes en position de marchander, Docteur Grissom. Et en passant, vos collègues ne viendront pas. Sara est toujours dans le coma à l'hôpital, si elle n'est pas morte à l'heure qu'il est. Greg Sanders est invalide. Catherine Willows et Jim Brass, vos deux meilleurs amis doivent être quelque part entre la vie et la mort, tout comme vos deux employés, Nick Stokes et Warrick Brown. Bien sûr, tout ça à cause de moi. Un de mes entrepôts à par mégarde.. explosé. » fit-il d'un air innocent.  « Boum ! » ajouta-t-il avant de se mettre à rire.

Grissom toisa Jones. Impossible. Simplement impossible. Les choses ne pouvaient pas avoir autant dégénérées. C'était impossible. Si la justice existait encore sur cette Terre...

La justice ?!

Quelle justice y avait-il sur Terre ? Des hommes mouraient de faim en Afrique, alors que d'autres surconsommaient en Amérique du Nord ! Des meurtriers payaient des sommes énormes à leur avocat ce qui leur permettaient de ne pas aller en prison. Ils ressortaient dans la nature et commettaient de nouveaux crimes. Une justice ? Non, il n'y avait aucune justice. S'il y en avait une quelconque, lui, Gil Grissom, ne serait pas attaché à une chaise avec un homme qui le menaçait. Sara ne serait pas dans le coma ou pire. Greg pourrait marcher. Et rien ne serait comme tout était présentement.

« Incapable de parler ? » s'exclama ironiquement Jones. « Vous allez pleurer ? Vous voulez un petit mouchoir peut-être ? »

Grissom le regardait toujours, alors que l'homme commençait à faire les cent pas autour de lui. « Vous savez, Docteur Grissom, que vous avez commis une grande erreur, il y a environ dix ans ? Une erreur qui a grandement changé ma vie... Ce matin où vous avez quitté Sara après une belle nuit d'amour quand elle n'était qu'une étudiante... » Grissom baissa la tête. Il y avait une justice sur Terre, finalement. Il payait présentement pour le mal qu'il avait causé à Sara, plusieurs années plus tôt.

Comme quoi tout ce que vous crachez en l'air vous retombera forcément sur le nez un jour ou l'autre..

----------------------------------------------------------

À suivre...


marguerite  (17.05.2009 à 14:22)

« Alors, qu'est-ce que ça donne ? » demanda Brass à Catherine, alors que cette dernière allait se chercher un café après avoir parlé avec le petit Thomas.

La rouquine était épuisée et avait, pour une rare fois, un puissant mal de crâne. Elle se massait les tempes, espérant soulager le mal. Elle étira son cou et se prit un café. Avant de répondre à Brass, elle avala une longue gorgée du liquide brûlant. Même si ce n'était pas le meilleur des cafés, elle le but avec délice.

« Non. Ça ne donne strictement rien. » Elle soupira fortement. Elle regarda Brass, espérant qu'il est de meilleures nouvelles, ou au moins autre chose à ajouter. Une nouvelle, quoi que ce soit qui pourrait faire taire un tant soit peu sa peur. Quelque chose, un truc quelconque pour la rassurer...

Catherine était terriblement inquiète. Il y avait Jones, le docteur invisible. La dernière fois qu'elle avait vu Brass, il lui avait dit que Nick, Warrick et lui partaient pour l'entrepôt. Depuis, elle n'avait pas eu de nouvelles, mais en voyant la mine basse arborée par certains policiers qu'elle avait croisé dans les dernières heures, elle se doutait que tout n'avait pas été comme sur des roulettes. Également, il y a Sara, l'éternelle endormie. Catherine ignorait qu'elle s'était réveillée et qu'elle avait pu révéler certaines informations sur Jones. Et bien sûr, Grissom, l'introuvable. L'experte espérait de tout cœur retrouver son ami en vie. Elle lui en avait souvent voulu depuis qu'elle le connaissait pour les choix qu'il avait fait. Mais aujourd'hui, Gil avait une femme dans sa vie, un enfant de dix ans et deux autres en route.

Le cœur de la rouquine se serra à la seule pensée que Sara pouvait mourir,  emmenant ses deux enfants avec elle. Et si Jones et Grissom mourraient aussi, qu'adviendrait-il de Thomas ? On ne devait pas l'oublier, celui-là. Le sort de ce dernier reposait sur leurs prochaines actions à eux, la police criminelle et la scientifique. C'est un lourd poids à porter. Ce n'était pas la première fois que ce genre de conséquences reposait sur eux, mais cette fois-ci, la situation impliquait des gens que Catherine connaissait. Et elle ne pouvait se résoudre à les abandonner. C'était juste impensable.

Brass sembla comprendre que Catherine l'intimait à donner ses nouvelles, alors il prit la parole. « J'ai plusieurs choses... Tout d'abord, l'entrepôt de Jones a explosé, emportant plusieurs membres de la police. Jones s'est fait la malle. Ensuite, on a analysé les morceaux trouvés sur place et Grissom n'était pas dans l'entrepôt. Il a donc des chances d'être encore vivant. En plus, Sara s'est réveillée... » Il regarda la joie et le soulagement se peindre sur le visage de Catherine.

« Enfin une bonne nouvelle ! » s'exclama l'experte, heureuse de savoir son amie et collègue de retour dans la réalité.

« Je sais, ça fait du bien. » avoua Brass. Il ne dit rien pendant un instant et regarda encore une fois Catherine boire du café. « Nick et Warrick s'en viennent, ils ont des nouvelles pour nous. Il y a un autre entrepôt. » ajouta-t-il sans préambule. Catherine écarquilla les yeux. Une autre bonne nouvelle, sans doute...

----------------------------------------------------------

L'entrepôt dont lequel se trouvait Grissom avait abrité bien des secrets. C'est là que Colleen avait permis, plus d'une fois à Sara, de voir son merveilleux fils. Plus sinistrement, c'était là que Marlon avait attiré son épouse pour ensuite la tuer. C'était également là que reposait son corps.

Et c'était là qu'allait mourir Grissom.

C'est du moins ce que souhaitait Marlon. Ce dernier faisait les cent pas autour de la chaise de Griss, lui donnant presque mal au cœur. Le pauvre scientifique était désespéré. Il n'avait aucune preuve que ses amis étaient encore en vie, aucun indice lui permettant de croire qu'il sortirait de ce bâtiment vivant. Il était simplement... résigné.

Oui, Gil Grissom s'était résigné à accepter son sort, sa mort. À accepter son destin.

Si sa vie devait se finir ici et maintenant, c'était sans doute qu'il l'avait mérité. Car on avait beau faire ce qu'on pouvait, il était impossible de déjouer le destin. Gil espérait seulement que sa mort ne serait pas trop douloureuse.

Il aperçut à peine que Jones avait arrêté de marcher et qu'il s'était arrêté devant Grissom. Il tenait toujours fermement son fusil dans sa main droite et il était toujours aussi déterminé à tuer le scientifique.

« Rien ne me séparera de Thomas ! » s'écria Jones, après un instant de silence. Grissom, qui fixait le sol jusque là, releva la tête vers son bourreau. « Si vous me tuez, on vous retrouvera et vous serez arrêté. Vous n'aurez plus la garde de Thomas. » marmonna Grissom, sachant cela de source sûre, au moins.

Jones fit non de la tête avant de recommencer à marcher. « Vous avez tort. On ne me retrouvera pas, on ne m'arrêtera pas. Si je vous tue, c'est parce que vous le méritez. » Avec ses paroles, les doutes de Grissom se confirmèrent. Marlon Jones était fou. Tellement pris dans sa folie qu'il imaginait agir comme un justicier ayant tous les droits. Mais c'était faux. Il serait soumis à la même justice que tous les assassins.

Ha... La justice !

Grissom chassa ses pensées moroses et se concentra sur ce qui se passait autour de lui. Il devait rester éveillé, malgré la fatigue qui pesait sur ses paupières. Il n'avait pas dormi depuis plus de quatre jours, quand sa voiture avait explosé. Et il était vraiment épuisé. Sans que rien ne le prémédite, un coup de poing vient frapper son visage, plus précisément son œil gauche. Il écarquilla les yeux. Il était parfaitement réveillé désormais et la douleur qui élançait son œil et la partie supérieure gauche de son visage devait y être pour quelque chose.

« Je vous parle ! » hurla presque Jones. « La moindre des choses seraient de m'écouter, non ? »

Grissom tourna la tête vers lui et acquiesça en silence. « Allez-y, je vous écoute. Que disiez-vous ? » demanda-t-il, embarquant ainsi dans le jeu de son agresseur.

Jones s'arrêta quelques instants. « Je vous expliquais ce que je comptais faire de votre corps. Je vais vous tirer une balle en pleine tête. Ensuite, je vais vous détacher et vous cacher dans un grand sac. Je jetterai le sac dans le lac Mead plus tard. Personne ne vous retrouvera. Et moi, je vais rester avec Thomas ! » conclut-il avec un sourire machiavélique.

Le cœur de Grissom se mit à battre avec frénésie dans sa poitrine. Jones était vraiment fou. Et dangereux, également. La preuve était que Grissom était bien attaché sur une chaise au milieu d'un entrepôt vide.

« Vous savez que c'est ici que ma femme est enterrée ? » demanda Jones. Il n'attendit pas la réponse de l'expert avant de poursuivre. « Oui, je l'ai tuée. Je ne comprends pas pourquoi elle voulait vous laisser Thomas. Cet enfant est le nôtre. Nous nous sommes occupés de lui depuis sa naissance et ce n'est pas pour le laisser partir avec des étrangers. C'était hors de question pour moi. Mais elle... Comme je sentais qu'elle s'apprêtait à vous le rendre, à vous et Sara, je l'ai tuée. Je n'ai pas de remords... Je l'ai enterrée ici, car je sais qu'elle s'est servie de cet entrepôt pour que Thomas rencontre Sara dans mon dos. » Un rire le secoua. Grissom ne put réprimer le frisson d'horreur qui lui montait le long de l'échine. « Ça me semblait un juste retour des choses, non ? »

Il s'adressait à Grissom, mais il ne désirait pas de réponse. Il parlait, comme dans le vide. « Je me souviens encore son expression de terreur quand je l'ai attaché à cette chaise et que j'ai sorti l'arme à feu. Et j'ai tiré une balle entre ses deux yeux. Elle n'a peut-être même pas eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait avant de mourir. Toujours est-il que sa cervelle a explosé et que son sang a giclé partout, exactement comme ça va le faire pour vous, bientôt, quand je l'aurai décidé... »

Il recommença à marcher. Cela inquiéta Grissom, car n'importe quand, Jones pouvait lui tirer une balle dans son dos et il ne pourrait même pas réagir. « Votre sort est entre mes mains. Je peux vous tuer quand bon me semble. C'est une grande sensation de puissance. » avoua Jones. Grissom était certain que Marlon devait entendre battre son cœur. Il allait si vite et il lui semblait impossible qu'il ne l'entende pas. « Vous êtes si faible... » murmura Jones en appuyant le canon du revolver entre les deux yeux de Gil.

Ce dernier inspira profondément. Il allait mourir, désormais, il n'en avait plus aucun doute.

Grissom entendit le clic ! signifiant que l'arme était prête à tirer. Il déglutit difficilement tout en sachant qu'il pouvait mourir à n'importe quelles secondes. « 10... 9 ... 8 ... 7 ... » commença à dénombrer Marlon. « Faites vos prières, Docteur Grissom. 6 ... 5 ... 4 ... 3... Inspirez profondément, il s'agit de votre dernière respiration. 2 ... et 1 »

Au même moment, la porte de l'entrepôt s'ouvrit avec fracas, augmentant incroyablement le niveau de lumière. Une dizaine de policier pénétrèrent dans le bâtiment et Jones se tourna vers eux avec rage. Il tira trois coups en direction des intrus et revint vers Grissom. Il allait tirer, mais une balle l'atteint en plein milieu du dos. Il tomba à genoux et le bras tremblant, il envoya une balle à Grissom au niveau de l'estomac.

La douleur fut fulgurante. Celui qui avait cru être sauvé quelques instants auparavant ne se faisait désormais plus d'illusions. Il allait mourir et pour de vrai, cette fois...

----------------------------------------------------------

À suivre...


marguerite  (29.05.2009 à 23:26)

Il ignorait où il était. Il faisait noir, un noir si opaque qu’il ne pouvait rien distinguer. Il ne savait rien de ce qui l’entourait. Était-il mort ? Il n’en savait rien. Comment s’était-il retrouvé dans ce lieu étrange, avec la presque certitude qu’il était mort ? Il ne savait plus trop. Une seule chose était certaine. Gil Grissom avait mal, incontestablement mal.

Pourtant, il avait toujours pensé que la douleur faisait partie de la vie et non de la mort. Il avait toujours pensé qu’une fois mort, on ne souffrirait plus. Mais il n’avait jamais été plus loin dans ses réflexions. C’était étrange ; pour un homme habitué à côtoyer la mort, il ne s’était jamais demandé ce qu’il y avait après. Ce qui constituait la suite. Le paradis, l’enfer… Grissom n’avait jamais été très croyant. Il avait tout de même reçu une éducation catholique auprès de ses parents, mais il n’avait jamais vraiment cru à l’existence d’un quelconque Dieu. Et puis, tous savaient que l’humain ne descendait pas d’Adam et d’Ève, mais bien du singe.

Ce genre de vérité avait brisés sa foi déjà branlante. Puis, quand il avait commencé à travailler en tant que CSI, toutes croyances au sujet d’un Dieu s’étaient éteintes. Il avait eu devant lui la preuve que l’homme était capable des pires choses. Comment un Dieu pouvait-il laisser tant d’horreurs se faire s’il était si bon ? C’était absurde…

Mais il chassa cela de ses pensées et se concentra plutôt sur ce qu’il ressentait. Premièrement, il semblait qu’il soit couché sur le dos. Outre que la douleur, il pouvait sentir la surface sur laquelle il était étendu et le léger tissu qui le recouvrait. Sous lui, il y avait une sorte de matelas. Était-il dans un cercueil ? Une bouffée de panique l’envahit quand il se demanda s’il n’était pas étendu dans un cercueil, mais encore vivant. Il essaya de ne pas y penser et de se concentrer sur le tissu qui semblait recouvrir son corps. Était-ce une robe, une couverture ? Par le doux frôlement du tissu sur sa peau, il jugea qu’il s’agissait de coton.

Où pouvait-il bien être ?

Soudain, une vive lumière frappa ses prunelles fermées. Il leva sa main gauche pour cacher ses yeux. Il ne devait pas être mort s’il pouvait bouger. À moins qu’il ne soit mort, mais dans une sorte d’enfer ou de paradis ? Tout était si étrange. Il inspira profondément pour se calmer. C’est alors qu’il lui sembla sentir son parfum. Impossible…

Dans sa main droite, il sentit une autre main serrant la sienne. Des doigts fins dessinant doucement des arabesques sur le dos de sa main. Une peau douce et fragile. Une peau qu’il imaginait laiteuse. Sa peau ? Après tout, s’il avait senti son parfum, il n’était pas impossible qu’il l’imagine lui tenant la main…

Il tenta de se relever, mais une main se posa sur son torse en même temps qu’une vive douleur lui déchira le ventre. La main sur son torse le poussa à se recoucher et une voix, sa voix il en était certain, lui murmura tout bas : « Tout doux… Reste couché… »

Il n’eut plus de doutes. Elle était bel et bien à ses côtés. Si c’était ça la mort, c’était plutôt pas mal. Ça ne lui dérangeait pas de passer l’éternité à ses côtés et de …

Tout à coup, ses souvenirs le frappèrent de plein fouet. La voiture, le coma, les bébés, l’entrepôt, l’arme… Mais surtout la porte défoncée et la balle dans le ventre. Et la douleur, oui cette douleur fulgurante qui s’étendait dans tout son organisme tel un poison. À cet instant, il avait vraiment cru mourir.

Mais là, il n’était plus certain de rien. Car s’il était mort et qu’elle était à ses côtés, c’est qu’elle avait aussi trépassée. Et si Jones avait pris une balle en plein dos, s’il était mort, comme elle et lui, ça voulait dire que Thomas était seul. En vie. Son fils serait en vie, mais seul, sans parents.

Brusquement, Grissom ouvrit les yeux.

Il regarda autour de lui, aveuglé par la clarté de la pièce. Graduellement, ses iris s’habituèrent à l’éclairage et le scientifique put distinguer quelque chose de ce qui l’entourait. Il tourna la tête vers Sara, assise dans la chaise à ses côtés. Elle lui tenait effectivement la main et esquissa un sourire en le voyant la regarder. Ses traits étaient marqués par la fatigue et elle porta une robe de chambre par-dessus sa robe d’hôpital. Les yeux de Sara s’emplirent de larmes, pas de tristesse, mais de soulagement.

Le reste du décor apparut à Grissom. Un lit, sur lequel il était étendu et les murs blancs, qu’il aurait reconnu entre mille. Une chambre d’hôpital. C’est avec soulagement qu’il soupira et serra en retour la main de Sara. Une nouvelle personne entra dans son champ de vision. Oliver Parson, son vieil ami.

« Gil, tu nous as fait une sacrée frousse… » fit-il en laissant un sourire prendre possession de ses lèvres.

Grissom ne dit rien, mais il sourit également à son ami et à sa compagne. Il était en vie et Sara était à ses côtés, ce qui signifiait qu’elle aussi s’en était sortie.

« Y’en a plusieurs qui veulent te parler, Gil, alors je vais y aller… » dit le médecin en reculant. Grissom entendit la porte se refermer derrière lui avant de s’ouvrir de nouveau quelques secondes plus tard. Des pas s’approchèrent et Catherine et Brass apparurent devant lui.

Sur les joues de la rouquine, des larmes coulaient. Mais elle souriait, preuve de sa joie. Elle s’approcha du côté gauche de Grissom et lui serra également la main.

« J’ai vraiment cru qu’on ne te retrouverait pas à temps, mais… Décidément, tu as de la chance. Beaucoup de chance. »

Brass serra aussi la main de Grissom. Entre les deux hommes, il n’y avait jamais eu de gestes, mais toujours une parole réconfortante et une présence constante. En lui serrant la main, Brass avait fait comprendre qu’il était heureux de revoir son ami en vie. Doucement, Grissom se releva, avec l’aide de Sara et put s’asseoir dans son lit. « Quel jour sommes-nous ? » demanda l’entomologiste d’une voix rauque.

Catherine, Brass et Sara échangèrent un regard qui fit peur à Grissom. « Qu’y a-t-il ? » s’inquiéta Grissom, ignorant la sécheresse dans sa gorge.

Sara lui serra la main pour attirer son attention avant de dire : « Quand ils t’ont retrouvés dans l’entrepôt, ils t’ont emmenés ici en urgence. Tu as été opéré rapidement et la balle n’a pas causé trop de dommages, mais ça a été long avant que tu te réveilles. Quatre jours en tout. »

« Quatre jours… » murmura Gil, sans vraiment y croire. Il était resté inconscient pendant quatre jours… Il imaginait bien la peur de Sara, si elle avait veillé sur lui pendant son inconscience. Il ne se souvenait que trop bien de sa propre peur quand il était à son chevet, pendant son coma. « Et toi… depuis quand es-tu… réveillée ? »

Il ne savait pas comment aborder ce sujet. Il ignorait quelle serait sa réaction à propos de son coma.

« Environ cinq jours… En réalité, je me suis réveillée quelques minutes après ta disparition, si on peut dire. » avoua Sara avec réserve. Gil acquiesça et Catherine comprit que Sara et Gil avaient beaucoup de choses à se dire… en privé. Elle fit signe à Brass et les deux amis se retirèrent pour laisser un peu de tranquillité au couple. Sara en fut reconnaissante. Elle ne savait pas comment réagissait Gil au sujet de Thomas. Sûrement lui en voulait-elle de n’avoir rien dit, alors qu’elle en avait eu tout le temps. Peut-être qu’il ne voulait plus d’elle ?

À cette simple pensée, son cœur s’affola et Grissom sentit la tension montée chez son amante. Il bougea dans son lit afin de faire une place à Sara et la jeune femme vint s’installer à ses côtés. Elle baissa la tête, honteuse du secret qu’elle avait porté. Grissom passa un bras autour de son épaule et la ramena contre lui en voulant la rassurer. Il ignorait pourquoi elle était comme ça, mais il se doutait qu’il y avait quelque chose qui la chicotait.

« Ça va, Sara, je vais bien, tu es en vie… Le reste, on s’en occupera plus tard. » lui murmura-t-il à l’oreille. Il lui fit relever la tête avec un de ses doigts. Il croisa alors le regard éclatant de larmes de Sara. « Hey… qu’est-ce qu’il y a ? » s’inquiéta Grissom, soudainement inquiet.

« Je… je suis.. si désolée… » balbutia-elle, la voix écorchée par les sanglots. « J’aurais tellement voulu te l’avoir dit avant. Avoir évité toute cette histoire… Avec Thomas et … Tu dois m’en vouloir incroyablement… » Elle éclata en pleurs et Grissom la serra tant bien que mal contre lui. Il ne lui en voulait certainement pas. « Chut… Calme-toi… Je ne t’en veux pas du tout… Je t’aime et cette histoire n’y changera rien… » lui dit-il.

Sara, touchée par sa déclaration voilée, posa sa tête sur son épaule. « Moi aussi je t’aime… tellement. » avoua-t-elle doucement. Grissom embrassa sa joue et Sara releva la tête. Leurs lèvres se touchèrent enfin, les emportant dans un baiser doux, mais dans lequel on sentait vraiment leur amour l’un pour l’autre. Ils étaient finalement réunis, après près d’une semaine à ce que l’un attende l’autre, inquiet, déchiré à l’idée de la simple perte.

La main de Sara monta le long de la nuque de son amant, pour se perdre dans ses cheveux. Celle de Grissom alla se nicher dans son cou, caressant délicatement sa peau douce. Le moment était beau, parfait et unique. Jamais d’autres occasions du genre ne se représenterait, ou du moins, ils l’espéraient bien tous les deux.

« Oups… Je crois qu’on va revenir plus tard. »

La voix de Warrick eut le don de les séparer. Douchés, les deux amoureux stoppèrent à regret leur baiser pour se tourner vers un Nick et un Warrick rouges de confusion. Ils reculèrent lentement, mais Sara se leva et leur fit signe d’attendre. « Ce n’est rien… J’allais partir. Gil doit se reposer et ce n’est pas avec des visiteurs qu’il va le faire. »

Elle adressa un petit regard sévère au malade. « Je reviendrai plus tard. Dors maintenant. » Elle s’approcha et déposa un baiser sur le front de Grissom. Ce dernier saisit son visage entre ses mains et l’embrassa rapidement sur les lèvres. Jamais il ne se lasserait de ses lèvres sur les siennes… Puis, Sara sortit de la chambre après un dernier signe de la main. Gênés, Nick et Warrick restèrent sans rien dire devant Griss.

« Heu… On va vous laisser dormir. On est.. Heu… content de savoir que vous êtes réveillé… »

Ensuite, ils sortirent également de la pièce, laissant Gil seul et songeur.

----------------------------------------------------------

Quelques mois plus tard…

Grissom et Sara étaient couchés dans leur lit, étroitement collés l’un contre l’autre. Ou du moins, autant que pouvait le permettre le ventre de Sara. La tête de Sara était posée sur le torse de Gil et elle écoutait lentement les battements de son cœur.

Les derniers jours avaient été fous. Leurs amis les avaient aidés à emménager dans leur nouvelle maison et cette aide avait été grandement appréciée par le couple. Thomas était aussi venu voir sa nouvelle maison et surtout sa nouvelle chambre. Il adorait la compagnie de Gil et Sara et avait plus que hâte que la jeune femme accouche enfin de ses deux sœurs. (Au fur et à mesure de la grossesse, Sara et sa famille avaient appris qu’elle attendait des jumelles.)

Dès leur sortie de l’hôpital, Gil et Sara avaient commencés à rencontrer Thomas pendant une heure ou deux et toujours en présence d’une assistante sociale une ou deux fois par semaine. Ils l’avaient rencontré de cette façon pendant près d’un mois. Le jeune garçon refusait de leur parler au début, n’acceptant pas encore la mort de son père adoptif. Il croyait que c’était la faute de Gil, mais après un moment, il avait compris que son père biologique n’y était pour rien. Et jamais plus il ne parla de Marlon Jones. Le sujet était clos et même Sara et Griss évitaient de reparler de ce qui s’était produit quelques mois plus tôt. Tout le monde ne voulait plus qu’oublier les terribles évènements qui avaient secoués toute l’équipe de nuit du LVPD.

Par la suite, Thomas avait commencé à voir ses parents en privé, à se promener avec eux, à passer plus de trois heures en leur présence. Ce fut ainsi pendant environ deux mois. Ils avaient emmenés le jeune garçon au parc d’attraction, où Gil s’était fait un plaisir d’essayer les manèges avec son fils. La petite famille avait visité le zoo, vu des films au cinéma, mangé au restaurant, été dans des musées… Et avec toutes ces activités, ils avaient appris à se connaître. Thomas avait beau ne pas partager l’amour des insectes avec son père, il n’en restait pas moins fasciné par ses grandes connaissances scientifiques. Il adorait s’asseoir avec Gil et l’écouter lui parler du mode de vie de tel insecte ou encore de tel ou tel aspect de la science.

À chaque fois que Grissom s’installait ainsi avec son fils, Sara avait un pincement au cœur. Elle s’en voulait d’avoir caché sa grossesse à Gil. Elle aurait dû venir le voir à Vegas, lui parler… Elle en avait touché un mot à Gil, mais ce dernier lui avait dit que lui n’aurait jamais dû la quitter et que c’était plus sa faute à lui qu’à elle. Et puis, ce qui était fait était fait. On ne pouvait rien y changer, alors pourquoi avoir des regrets ?

Thomas avait commencé à s’acclimater à sa nouvelle famille progressivement. Après plus de cinq mois à les fréquenter, il avait rencontré leurs amis. Il connaissait déjà Brass et Catherine, mais il fit la connaissance de Greg, Nick et Warrick. Il aimait énormément la présence de ces trois gars-là qui trouvaient toujours le moyen de le faire rire. En particulier Greg. Le jeune expert n’avait jamais blâmé personne pour ce qui lui était arrivé, mais il avait toujours été un peu réticent à rencontrer Thomas. Après tout, c’était pour le petit garçon que Greg avait été blessé et qu’il était dans l’état qu’il était présentement. Mais en rencontrant le jeune garçon, il avait compris que Thomas ne voulait pas ce qui était arrivé et qu’il souhaitait l’oublier.

En déménageant, Griss et Sara en avaient profités pour faire emménager leur fils avec eux. Thomas avait été plus que emballé à l’idée d’habiter avec ses parents biologiques. Pour Griss et Sara, c’était un pas de plus dans leur nouvelle vie. Ils étaient maintenant parents à plein temps. Il n’y aurait aucun repos, aucun retour en arrière. Cette fois, c’était pour de bon.

Thomas dormait dans sa nouvelle chambre. Le reste de la maison était dans un relatif semblant d’ordre et la chambre des jumelles était presque prête. Mais rien ne pressait, Sara n’accouchant que dans un mois et demi.

« Tu crois qu’on va faire de bons parents ? » demanda Sara en murmurant. Grissom resserra sa prise autour de son corps et caressa distraitement le ventre de la jeune femme. Il tourna la tête vers elle.

« Pourquoi serait-on de mauvais parents ? » répondit-il doucement. Il n’y avait aucun reproche dans son ton. Il posait simplement une question.

« Je ne sais pas… » avoua Sara en se tournant sur le dos et portant son regard au plafond. « Je n’ai pas vraiment eu le meilleur exemple de mes parents et toi… Tes parents ont divorcés et ta mère est sourde… » Il y eut un silence, avant que Sara ne poursuive. « On a pas vraiment eu des familles… normales, si on peut dire. Je ne sais pas si j’arriverai à faire ce que je n’ai jamais vu… »

Soudain, Grissom comprit que Sara angoissait un peu par rapport à son rôle de mère. Il était vrai qu’elle n’avait jamais vraiment eu l’image d’une mère aimante et équilibrée. Elle avait plutôt vu son père boire et perdre les pédales. Et elle avait assisté au meurtre de son père par nulle autre que la femme qui l’avait mise au monde. C’était ce genre d’épreuves qui vous forgeaient le caractère ou vous enlevaient toutes idées de bonheur. Dans le cas de Sara, étrangement, ça avait été un peu les deux.

« Ne t’en fais pas ma Chérie… Moi je suis certain qu’on va faire des parents parfaits… » tenta-t-il de la rassurer. Sara se tourna légèrement vers lui et ramena sa tête sur son torse. Elle soupira faiblement avant de reprendre la parole. « Comment peux-tu en être aussi sûr ? »

Grissom réfléchit pendant quelques instants. « Parce qu’on s’aime. Parce qu’on aime Thomas. Parce que je sais que nos enfants seront merveilleux. Parce que j’aime déjà nos jumelles. Et Thomas, même si je ne le connais pas depuis longtemps. Parce que je sais que tous les parents hésitent avant d’avoir des enfants. Parce que je crois qu’on n’a pas réellement à s’inquiéter. Parce que je suis aussi nerveux, mais que je me dis qu’on l’aura. Parce que je sais qu’au fond de toi, tu as l’étincelle qui font les bonnes Mamans. Parce que tu sais comment t’occuper de Thomas, alors que tu ne le connais pas beaucoup… Pour toutes ces raisons, je suis persuadé que tout ira bien. »

Il entendit une sorte de sanglot étouffé et il se tourna pour pouvoir faire face à Sara. Ses yeux brillaient de larmes. Griss ignorait si c’était suite à ce qu’il avait dit ou s’il s’agissait d’une peur encore plus grande que cachait Sara au fond d’elle. « Avec un enfant de 10 ans… J’y arrive. Mais me vois-tu m’occuper de deux bébés ? Je ne sais pas… Je ne sais plus… »

Elle enfouit son visage dans le creux de son cou et Gil sentit les larmes mouiller sa peau. Il ferma les yeux, se demandant vaguement quoi faire pour calmer Sara. Il dit alors la première chose qui lui passa par la tête. « Sara, veux-tu m’épouser ? »

Sara arrêta de pleurer et releva la tête vers l’homme de sa vie, certaine d’avoir mal entendu. « Quoi ? » murmura-t-elle, la voix éraillée par les pleurs. Ce fut à cet instant que Griss se traita d’idiot. Il voulait lui demander depuis un moment, et il avait cru que c’était le bon moment. Mais par son air, il jugea que non.

« Heu… rien. Je n’ai rien dit… Dors ma Chérie, tu en as besoin… » Sara, étrangement, ne protesta pas et se tourna sur le côté. Grissom colla son torse contre son dos et passa un bras autour de sa taille. Délicatement, il posa sa main sur le ventre arrondi de Sara.

Sara se demanda s’il lui avait vraiment demandé ce qu’elle avait cru entendre. Si c’était ça, elle disait oui sans aucune hésitation.

Grissom se demanda s’il avait bien fait de refuser de répéter. Et si elle avait dit oui ? Non, décidément, elle aurait tout aussi bien pu dire non. De toute façon, avec Thomas et leur jumelles, pouvait-elle vraiment refuser ?

« Sara, je voulais savoir si… »

« Gil, je me demandais si… » dirent les deux amoureux, simultanément.

Et ils éclatèrent de rire.

« Sara… »

« Gil… » firent-ils encore en même temps.

« Vas-y en premier. » s’exclama Sara avant que Gil n’ouvre la bouche.

« D’accord… Je sais que ce n’est sans doute pas le moment… Mais Sara, je me demandais si.. tu voulais devenir ma femme ? » demanda finalement Grissom, après plusieurs hésitations. Sara se retourna dans ses bras et l’embrassa amoureusement. « Oui ! » fit-elle entre ses lèvres. Grissom referma les bras autour de sa silhouette et serra sa fiancée contre lui.

----------------------------------------------------------

Un an plus tard…

Sara coupait des carottes en morceaux pour préparer le repas, quand deux bras lui entourèrent la taille. Une bouche vint se placer dans son cou et commença à déposer de petits baisers à cet endroit. Les lèvres descendirent alors le long de son épaule, gourmandes. Ce ne fut pas long que Sara protesta.

« Gil, arrête. Nos invités vont bientôt arrivés. Il faut que tout soit prêt. » Comme si elle avait prononcé le mot magique, quelqu’un sonna. Gil déposa un baiser sur les lèvres de sa femme avant de s’éloigner pour aller ouvrir. Du hall d’entrée, Sara entendit son mari accueillir leurs invités.

Aujourd’hui, ils avaient invités tous leurs amis à souper pour célébrer l’anniversaire de Thomas. Le jeune garçon avait déjà 12 ans. En une année, il avait incroyablement grandi et développé. Dans sa chambre, sa bibliothèque était remplie de livres de toutes sortes. Ses notes scolaires étaient excellentes. Il faut préciser que Grissom avait un plaisir fou à aider son fils à faire ses devoirs et apprendre ses leçons.

Sara avait quitté l’équipe de nuit pour celle de jour et Grissom avait fait de même. Le fait que le chef de l’équipe de jour soit devenu le nouveau directeur adjoint et Ecklie, le directeur, avait aidé énormément. Progressivement, Nick avait rejoint Griss et Sara. Warrick était resté dans celle de nuit, avec Catherine, la nouvelle superviseure de l’équipe. Il y avait aussi eu les entretiens pour engager de nouveaux experts. Plusieurs avaient été mis à l’essai, mais peu étaient restés. C’était un métier bien plus difficile qu’il n’en paraissait… et il était très, très dur de remplacer Grissom et Sara.

L’arrivée dans une toute nouvelle équipe avait été assez difficile pour le couple. Dès l’annonce de leur changement d’équipe, les experts de jour avaient perdus le sourire. Ils n’aimaient pas Ecklie, mais la perspective de travailler avec un couple marié ne les avaient pas vraiment allumés. Beaucoup avaient été persuadés que Sara aurait droit à des traitements de faveur, mais contrairement à ce qu’ils pensaient, elle travaillait d’arrache-pied. Ses évaluations étaient faites par le nouveau directeur adjoint. Et Sara ne travaillait jamais sur la même enquête que son époux.

Greg avait réussi à faire ses premiers pas quelques semaines plus tôt. Pour l’instant, il continuait à faire de la réadaptation trois fois par semaine et il travaillait de nouveau dans le labo ADN. Au début de sa réhabilitation, il avait énormément pesté contre "les maudites séances de tortures", mais après deux mois, il avait commencé à y voir des aspects positifs. Il semblerait que la physiothérapeute qui s’occupait de lui y soit pour quelque chose…

Malgré le fait qu’ils se voyaient plus rarement en raison de leurs horaires, Grissom, Sara, Greg, Nick, Warrick, Catherine et Brass étaient plus proche que jamais. Dès que l’occasion se présentait, ils se rassemblaient tous chez lun d’entre eux,le plus souvent chez Sara et Griss qui devaient s’occuper de leurs enfants, et passaient un bon moment ensemble. Grissom avait été un peu réticent à inviter tout le monde chez lui au début, mais avec la présence de Thomas, Chelsea et Ashley, il avait vite pris l’habitude d’avoir la maison envahie par le désordre.

Les éclats de voix se rapprochèrent de Sara alors qu’elle continuait à couper les carottes. Quand Catherine et Brass entrèrent dans la pièce, elle leur fit un grand sourire.

« Salut Sara… Tu sembles en forme ! » s’exclama Catherine, également tout sourire. Sara acquiesça avant de lâcher les carottes et le couteau et de s’essuyer les mains sur le linge non loin d’elle. Elle contourna le comptoir et serra dans ses bras la rouquine et l’inspecteur. Brass la serra contre lui en déposant un baiser sur sa joue. Chaque fois qu’il voyait Sara depuis son accouchement, elle était toujours plus souriante, toujours plus belle. Elle était heureuse et épanouie et ça se voyait très bien.

Sara allait ouvrir la bouche, lorsqu’ils entendirent les pleurs des jumelles. « Je vais y aller… » murmura Sara.

« Je viens avec toi ! » ajouta Catherine en suivant la jeune femme dans le couloir menant aux chambres. Au bout du couloir, Sara ouvrit légèrement la porte et pénétra dans la pièce. Dans leur lit, ses deux filles étaient parfaitement réveillées. Sara se pencha sur le berceau d’Ashley et saisit la petite fille. Elle la prit dans ses bras alors que Catherine faisait de même avec Chelsea. Les deux femmes échangèrent un sourire pendant qu’elles réconfortaient les deux fillettes.

« Comment va Lindsey ? » demanda Sara à Catherine.

« Plutôt bien… Elle vient d’entrer à l’université. J’ai presque du mal à croire que mon bébé est maintenant une adulte… » s’étonna Catherine. « Je me souviens encore des nuits blanches que j’ai passées à la bercer pour l’endormir… Ça me semble si loin. » avoua Catherine, nostalgique.

« Ouais… » continua Sara. « C’est fou comme les enfants grandissent vite… » Elle baissa la tête vers sa fille Ashley. Comment ne pas s’émerveiller devant une telle beauté, une telle vitalité ? Jamais Sara n’aurait cru autant aimer son rôle de mère. C’était… simplement merveilleux. D’un geste doux, elle frôla la joue de sa fille, toujours surprise par la douceur de sa peau. Puis, son doigt glissa dans son cou et elle chatouilla délicatement sa fille. Ashley émit un petit rire qui ressemblait à un gazouillement. C’était un si beau son…

Soudain, la porte de la chambre s’ouvrit en grand et Gil entra dans la pièce. Il eut un magnifique sourire en voyant sa femme et sa meilleure amie tenant dans leur bras ses jumelles. Elles étaient identiques… Leurs boucles brunes, leurs yeux bleus pétillants de vie. Leurs rires, leurs gazouillements. Elles étaient pleines de vie et les avoir à ses côtés comblaient Grissom de bonheur. Il les aimait tellement, bien au-delà des mots, bien au-delà de l’imaginable… Jamais il n’aurait cru qu’il pourrait aimer quelqu’un encore plus que Sara. Mais maintenant, il savait que c’était possible… Il serait prêt à donner sa vie pour sauver ses filles ou son fils.

« Nick et Greg sont arrivés. Ils sont dehors avec Thomas et ils jouent au ballon. Warrick est en route et le repas est presque prêt. Je vous attends dehors. » déclara Gil avant de s’approcher. Il embrassa Ashley et Chelsea sur le front et sa femme sur les lèvres. Puis, il sortit de la pièce. Sara resta un instant, perdue dans ses pensées, à fixer la porte. Puis, elle entendit un petit rire et tourna rapidement la tête vers une Catherine rieuse.

« Qu’y a-t-il ? » demanda-t-elle, inquiète.

« Rien... »

Les deux femmes sortirent de la pièce avec les jumelles. Grissom finissait de préparer le repas. Greg, armé de sa canne, était effectivement avec Thomas et Nick et ils jouaient au ballon. Warrick arriva quelques instants plus tard et les Grissom et leurs amis s’installèrent autour de la table pour le repas. Sara s’occupa de Chelsea et Griss, d’Ashley. Thomas rit énormément des blagues de Nick et Greg. Après que Sara eut ramassé les assiettes sales, Grissom arriva avec le gâteau. Tous ensemble, ils chantèrent bon anniversaire au jeune garçon.

Thomas déballa ses cadeaux avec joie. Il remercia Greg, Warrick et Nick pour les jeux vidéos, Catherine et Brass pour les livres et ses parents pour le vélo. Il tenta de rester éveillé, bien après le coucher de ses sœurs, mais il s’endormit sur le sofa. Grissom le poussa alors dans son lit, même si le jeune garçon protestait, disant qu’il était un grand garçon qui se couchait tard. Grissom revint quelques instants plus tard, les yeux levés au ciel. Dès que Thomas avait enfilé son pyjama et installé dans son lit, il s’était endormi.

Grissom alla s’asseoir aux côtés de Catherine. Brass était installé plus loin, observant Sara, Warrick et Nick faire des paniers. Greg s’amusait en lançant des phrases du style « Encore un coup raté ! » ou « Madame Grissom l’a encore eu ! ». Il adorait appeler Sara "Madame Grissom". À chaque fois, Sara éclatait de rire avant de tourner la tête vers son mari, qui la contemplait, sourire aux lèvres.

« Vous êtes tous les deux tellement différents… » déclara Catherine. Griss, surpris, tourna la tête vers elle.

« C’est vrai ! » tenta-t-elle de se justifier. « Je te l’avais même déjà dit… »

Grissom fit lentement non de la tête. Catherine soupira. « Tu avais seulement dit que plus je fréquentais Sara, plus je devenais bizarre. Tu n’avais pas dit qu’on était différent. » expliqua-t-il.

« C’est la même chose, non ? » s’exclama-t-elle. Elle eut droit au regard en coin interloqué de Grissom. « Ok, bon, c’est pas réellement la même chose, mais ça se ressemble. »

« C’est mieux. » concéda Grissom. « Au fait, si tu me trouvais bizarre il y a un an et demi, comment me trouves-tu aujourd’hui ? » demanda-t-il, l’ombre d’un sourire sur les lèvres. Il se doutait de la réponse de son amie.

« Très, très, très bizarre. Parfois, je me demande même ce que Sara a fait de Gil Grissom. » avoua Catherine, en riant. « Maintenant, je me dis que plus tu es avec ta famille, plus tu es bizarre. »

« Alors j’aime être bizarre ! » répliqua-t-il avec le sourire, rappelant les mêmes paroles que celles échangées environ un an et demi plus tôt.

À ce moment, il ignorait bien des choses. Il ignorait qu’il avait un fils. Il ignorait que Sara était enceinte de jumelles. Il ignorait qu’il allait frôler la mort. Il ignorait que ces terribles évènements apportaient presque autant de choses positives que de négatives. Il ignorait que tout allait changer.

Il ignorait qu’il avait changé et changerait encore énormément.

Mais il ne regrettait rien, strictement rien, s’avoua-t-il en regardant son jardin envahi par ses amis.

FIN


marguerite  (13.06.2009 à 22:06)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 3

Vanina - Un vicequestore a Catania, S02E03
Dimanche 7 juin à 21:10
2.22m / 13.3% (Part)

Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

HypnoRooms

ShanInXYZ, 01.06.2026 à 20:39

Nouveau mois sur les quartiers Cat's Eyes et Doctor Who, n'hésitez pas à passer

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, Avant-hier à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Hier à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Hier à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages