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Recueil de One-shots GSR

Série : CSI : Crime Scene Investigation
Création : 12.09.2009 à 16h21
Auteur : marguerite 
Statut : Terminée

« Voici un "recueil" de mes ones-shots GSR... Bonne lecture !  » marguerite 

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1ère Fiction: Le Musée De Cire Howard

Résumé : Grissom et Sara sont piégés dans un musée de cire. Arriveront-ils à déjouer l’esprit démoniaque du meurtrier qui les a piégés ?

Angoisse/Horreur

Rating: Déconseillé aux jeunes enfants (Comme si l'un d'eux allait lire ça... XD)

Personnage: Sara Sidle, Gil Grissom

Bonne lecture...

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Sara et Grissom était assis dans le bureau de ce dernier. Comme les autres avaient des enquêtes en cours et que pour ces deux-là, il n’y avait rien, Sara avait décidé d’aider Grissom dans sa paperasse. C’était une bonne idée, car le superviseur avait acquis beaucoup de retard. Sans aucun doute, c’était ce qu’il détestait le plus dans son travail de superviseur. Cependant, pour rien au monde il n’aurait quitté son emploi ou demander une mutation. Jamais.

Il aurait pu, mais il répugnait à s’éloigner de Sara. C’était idiot et il le savait. Il lui avait dit de faire sa vie. Elle l’avait fait, mais il lui avait aussitôt reproché de ne plus être autant au travail. Sara lui avait fait part de l’ambiguïté de son attitude, mais Grissom n’y pouvait rien. Il n’était pas prêt à être avec Sara, mais il ne pouvait pas non plus la laisser s’éloigner.

Installés face à face, Grissom travaillait consciencieusement, cherchant comment aborder le sujet épineux qu’il voulait aborder depuis un moment.

« Sara… » commença-t-il.

Sara releva la tête. « Oui, Grissom ? »

Grissom se racla le fond de la gorge. « Comment a été votre dernière enquête ? »

Sara baissa immédiatement la tête vers la feuille devant elle. « Catherine vous parlé ? »

« En effet » dit-il, mal à l’aise. « C’était si difficile pour vous, cette histoire ? »

Il observait toujours Sara, mais elle gardait la tête baissée, pour que son patron ne puisse pas voir les larmes qui commençaient à perler au coin de ses yeux à l’évocation de cette difficile enquête.

« Oui » fit-elle simplement.

« Voulez vous en parler ? » lui demanda-t-il alors.

« Non. »

Le sujet était clos et Grissom respecterait son silence. Un homme avait été tué au cours d’une dispute conjugale. La fille du couple, âgée de dix ans, avait tout vu de la scène. Quand Sara avait du l’interroger, elle avait eu l’impression de se voir à la même âge que la petite, elle aussi sur une chaise. Encerclée par des adultes qui ne comprenaient pas la peine et la douleur que ressentaient la fillette. Sara avait du avoir recours à beaucoup de sang-froid pour questionner la petite. Malheureusement, ce matin-là, Sara n’avait pas réussi à dormir.

« Si jamais vous avez besoin de vous confier, je suis là Sara. N’importe quand, si quelque chose ne va pas, vous pouvez me joindre et je viendrai vous aider. N’hésitez pas. »

Sara fut touchée par la proposition de Grissom. Cependant, l’experte avait beaucoup trop de fierté pour l’appeler au milieu de la journée pour lui parler. Grissom se remit au travail, non sans lever parfois la tête vers Sara pour l’observer discrètement. Ce qu’il ignorait c’est que Sara faisait exactement la même chose que lui.

Le silence entre eux était complet, mais pas pesant. De toute façon, les deux y étaient habitués. Soudain, Brass entra dans la pièce, brisant, cassant, ce silence si parfait.

« Je viens de recevoir un appel ! » s’exclama-t-il. « Un meurtre » précisa-t-il.

Aussitôt, Gil et Sara relevèrent la tête vers lui. Tout d’abord, ils étaient surpris. Manifestement, ils allaient travailler ensemble, ce qui ne s’était pas produit depuis un moment.

« Un cadavre au musée de cire Howard. Vous savez ce musée, un peu en dehors de la ville. »

Les deux experts se levèrent. Ils placèrent gauchement les feuilles sur lesquelles ils travaillaient dans leurs chemises respectives.

« On s’y retrouve ? » demanda Grissom à Jim.

« Avez-vous vraiment besoin de moi ? » il soupira, puis ajouta « J’ai d’autres choses à faire, mais d’ici ce matin, je vous y rejoins, c’est promis. »

Sara allait sortir de la pièce, quand elle se tourna vers Grissom. « On prend votre voiture, Grissom ? »

Le superviseur hocha la tête. Brass les regarda partir, mais leur cria tout de même d’être prudent. Dehors, il y avait un gros orage qui régnait et les routes étaient mouillées. Il y avait déjà eu plusieurs gros accidents de la route et il n’avait aucune envie de voir ses deux amis sur une civière, partant pour la morgue.

Les deux experts quittèrent donc le labo et partirent en direction du musée de cire Howard. Ce dernier se situait au limite de la ville, presque à Henderson.

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Arrivés sur place, Grissom et Sara débarquèrent de la voiture. Dehors, le temps était horrible. Le tonnerre grondait et les éclairs illuminait le ciel. On aurait dit le scénario d’un film d’horreur, sang et effets spéciaux à l’appui. Constatant cela, Sara ne put s’empêcher d’avoir un léger frissonnement. Comme il pleuvait énormément, Grissom crut que Sara avait froid. Lui-même était trempe, et les vents violents qui balayaient le terrain dénué d’arbres s’insinuaient dans les vêtements mouillés.

« Vous avez froid ? » s’enquit-il.

« Non, non… Seulement, je trouve que ça ressemble à un scénario de films d’horreur, tout ça. »

Grissom eut un sourire et se rapprocha d’elle. « Ne pensez pas à ça, Sara… »

Il jeta tout de même un regard autour d’eux. Il devait avouer que la scène n’avait rien à envier à quelconque film d’horreur. Le musée était grand et imposant. Le ciel sombre était zébré par de gigantesques éclairs et le tonnerre faisait trembler la terre. Autour d’eux, aucun arbre, seulement la grosse affiche du musée qui illuminait « MUSÉE DE CIRE HOWARD » en rouge. Dans le stationnement, il n’y avait que quatre voitures; celle de Grissom, deux de police et une autre appartenant peut-être à la victime.

Ils s’approchèrent de l’entrée, surpris de constater qu’aucun agent de police ne surveillait les allées et venues de l’endroit. Sara poussa doucement la porte d’entrée et Grissom entra derrière elle.

Devant eux se tenaient l’accueil, grand bureau encombré par des tonnes de petites statuettes en cire. C’était également le comptoir de souvenirs.

« Il y a quelqu’un ? » demanda Grissom.

Sans aucune réponse, ils firent encore quelque pas. Tout à coup, un grand BAM ! retentit derrière eux. Ils se retournèrent aussitôt. La porte venait de se fermer dans un grand coup, les faisant sursauter tous les deux. Grissom sentait un vague sentiment d’angoisse et de peur. Sentiment que ne tarda pas à partager Sara.

« Il y a quelqu’un ? » répéta Grissom.

« David, O’Riley… Quelqu’un ? » cria ensuite Sara.

Comme ils n’avaient aucune réponse, ils avancèrent un peu, suivant le parcours du musée. C’est ainsi qu’ils entrèrent dans la première salle. La pièce était surchargée de statues de grandeur nature. Grissom et Sara marchaient toujours, éclairant les différentes fresques de leur lampe de poche. Le superviseur échangea également un regard avec Sara.

« David ? Vous êtes là ? » s’écria Grissom.

« Est-ce que c’est une blague ? Si oui, ce n’est pas drôle… Où êtes-vous ? » lança également Sara.

Elle commençait sérieusement à avoir peur. Du fond de ses tripes, Sara sentait que quelque chose n’était pas normal et elle détestait cette impression. Elle se rapprocha de Grissom. Ce dernier eut un sourire en voyant son air paniqué.

« Vous trouvez ça drôle ? » s’exclama-t-elle.

« Non. C’est juste que je ne croyais que vous seriez aussi facilement apeurée. » répondit-il.

« Je ne suis pas apeurée ! Je n’aime pas ça, c’est tout… »

Le seul éclairage provenait de leur lampes de poche. Les deux experts avançaient toujours lentement, à l’affût du moindre son, de la moindre tâche de sang… Bref, de tout ce qui pourrait être suspect.

Soudain, Sara s’arrêta. Grissom fit encore quelque pas, puis se tourna vers Sara.

« Vous entendez ? » demanda la jeune femme, sérieuse.

Grissom hocha la tête. Il y avait un bruit de gouttes, heurtant le sol. Plus, ils avançaient vers la deuxième salle, plus le bruit était fort. Grissom se mit face à Sara et commença à reculer. Sara, elle, ne bougeait pas et tentait d’éclairer le plafond. Tentative vaine, d’ailleurs, car il était tellement haut qu’on ne voyait rien. Quant à Grissom, il reculait toujours. Il leva la tête, sentant qu’il se rapprochait de la provenance du bruit. Soudain, il sentit une goutte lui tomber sur le visage. Il l’essuya avec son doigt.

« Sara, j’ai trouvé d’où provenait le bruit. »

La goutte étant toujours sur son doigt, il s’éclaira la main avec sa lampe de poche. Le liquide était écarlate. Sara s’empressa de sortir un cotton-tige, pour vérifier si la substance était du sang. Le test se révéla positif. Il s’agissait de sang humain. Ils reprirent leurs mallettes, éclairant toujours le plafond, souhaitant voir ce qui dégouttait ainsi.

Juste au dessus d’eux, il y a un corps pendu. Cependant, la jambe gauche du corps était coupée à la hauteur du genou et la victime se balançait de gauche à droite.

« Il saigne encore! » s’exclama Sara. « Il n’est pas tout à fait mort… »

« Le corps se balance encore » ajouta Grissom. « Cela signifie que le corps vient d’être balancer de la passerelle. »

De sa lampe de poche, il éclaira la passerelle. La corde qui retenait le corps y était attachée.

« Il faut qu’on trouve un moyen de monter en haut… » dit aussitôt Grissom.

Ils cherchèrent pendant quelques instants l’escalier. Finalement, ils trouvèrent le moyen de s’y rendre. Rendus en haut, ils remontèrent le corps. Ils l’étendirent devant eux. En touchant sa peau, Sara eut un doute. Elle éclaira immédiatement le visage du mort. Il s’agissait d’une statue de cire, comme Sara l’avait pensé.

« Celui qui a fait ça a installé une poche de vrai sang dans la jambe… » expliqua Grissom.

Grissom serra les dents, vaguement angoissé. Sara réprima un frisson. Rien ne servait de mentir, désormais. Elle était terrifiée.

« Je n’aime pas ça Grissom.»

Grissom acquiesça, forcé lui aussi d’admettre que la situation était inquiétante.

« En plus, on ne trouve personne. Pas même un agent de police à l’entrée… » ajouta-t-elle.

Sans dire un mot, Grissom se leva et trouva le panneau d’éclairage de la salle. Il appuya sur un des bouton et toute la pièce s’illumina. Les deux experts regardèrent autour d’eux. Puis, ils eurent tous les deux un hoquet de peur en voyant un des murs.

Sur le mur, quelqu’un avait écrit avec une substance rouge, à la main :

HA HA ! Je vous ai bien piégé !

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« Venez Sara, on s’en va ! » s’empressa de dire Grissom.

Il agrippa le bras de Sara. Cette dernière sortit son arme de son étui. Quand elle croisa le regard inquisiteur de Grissom, elle dit simplement : « On est jamais trop prudent… »

Ils descendirent les escaliers et reprirent le même chemin que tout à l’heure, en sens inverse. Quand ils arrivèrent devant le bureau de l’entrée, ils constatèrent avec horreur que l’officier de police qui aurait du surveiller l’entrée était pendu. Le corps arrivait juste devant la porte. Sur l’avant-bras, il y avait une grande entaille. Grissom s’approcha du cadavre et comprit que le tueur avait prélevé le sang de l’officier. Sans doute pour leur écrire des messages…

D’ailleurs, il prit quelques instants avant de comprendre que sur le sol, il y avait encore un message en sang. Il se recula, arrivant aux côtés de Sara et lut le texte.

Vous voulez déjà partir ? Voyons, on commence juste à s’amuser…

« Griss, dites-moi que c’est un cauchemar et que je vais bientôt me réveiller… » murmura faiblement Sara.

Sans se rendre vraiment compte de ce qu’il faisait, Grissom passa un bras sur ses épaules pour la rapprocher de lui. « J’aimerais bien, Sara, mais je mentirais… »

Soudain, un grand coup de tonnerre résonna dans le bâtiment. La lumière générée par l’éclair ne tarda pas à suivre, éclairant les traits terrifiés du pendu devant eux. Le bruit du tonnerre fut si fort que Sara poussa un cri, surprise. Elle était vraiment nerveuse.

Grissom s’avança vers la porte, faisant signe à Sara de venir tenir le cadavre, pendant qu’il essayait d’ouvrir la porte. Il vit bien la bombe posée sur la porte. En dessous, toujours en sang, il était écrit :

À vous de voir !

« Ce type est malade ! » s’écria Grissom en se tournant vers Sara pour lui montrer la bombe.

« Combien vous pariez qu’il y en a une à chaque porte ? Le meurtrier est sans doute un employé de la place… » dit Sara en remettant son arme dans son étui.

Grissom acquiesça, puis sortir son portable. Il le montra à Sara en disant : « Si je peux joindre Brass, peut-être qu’on arrivera à sortir d’ici rapidement. »

Ce fut au tour de Sara d’acquiescer. Il entendit seulement Grissom pousser un grognement de frustration. « Qu’y a-t-il ? »

Il n’osa pas relever la tête. « Mes batteries sont à plat… Et le vôtre ? »

Elle le prit aussitôt, espérant sortir d’ici au plus vite. « Pas de réseau… » Elle se rapprocha de Grissom. Elle était terrifiée et voyait que son supérieur n’était pas mieux.

« Que fait-on ? » demanda Sara à Grissom.

Ce dernier comprit aussitôt que leur vie reposaient sur ses épaules à lui, car visiblement, Sara était trop ébranlée pour faire que ce soit. « On pourrait faire le tour de la place… » proposa-t-il. « Question de repérer un peu les lieux, pour ne pas se faire surprendre. Ensuite, Brass est supposé venir nous rejoindre… »

Sara eut un léger tremblement. Grissom se rapprocha d’elle. « Il fait froid » murmura la jeune femme.

« Sara… Venez par ici. » dit alors Grissom.

Il ouvrit son manteau, plus chaud que la petite veste de Sara. La jeune femme ne comprit pas instantanément ce qu’il voulait faire. Elle se rapprocha de lui et Grissom passa un bras sur ses épaules pour la coller contre lui. Il utilisa alors une partie de son manteau pour la réchauffer.

Ils marchèrent ainsi pendant un moment en silence. Ils retraversèrent la première et la deuxième salle de statues, sans s’arrêter. À la frontière entre la deuxième et la troisième, Grissom prit son arme. Comme ils n’avaient jamais exploré cette salle, ils ignoraient ce qu’ils pouvaient y trouver et Grissom n’avait pas envie de jouer avec la vie de Sara et la sienne. Ils pénétrèrent dans la pièce tranquillement. Ils virent aussitôt le corps. À en croire par les projections de matières cérébrales qui entouraient la cadavre, quelqu’un lui avait défoncé la tête à coup de marteau. Autour de l’homme étendu sur le sol, les affaires de David traînaient encore. Grissom se tourna vers Sara et eut le temps de voir la jeune femme pâlir.

« Vous croyez qu’ils sont morts comme l’officier de police ? »

Grissom haussa les épaules, pour faire comprendre à la jeune femme qu’il n’en avait aucune idée. Il espérait évidemment qu’ils soient encore vivants… Grissom ne perdit pas Sara de vue, la regardant s’avancer vers l’équipement sur le sol.

Après un moment de silence, il demanda : « Vous trouvez quelque chose ? »

Elle fit non de la tête. Toujours tête baissée, elle continua à fouiller dans les affaires dispersées sur le sol, tandis que Grissom restait debout à l’observer. Soudain, un CRAC ! sonore résonna dans la salle. Les deux experts relevèrent la tête vers le plafond, d’où semblaient provenir le bruit. Alors que Sara éclairait le plafond avec sa lampe de poche, Grissom illuminait les statues les entourant. Les statues ne représentaient pas toutes des personnalités célèbres, comme dans les deux autres salles. Il y avait l’effigie des plus grands criminels que les États-Unis eurent connus. Examinant chaque statue une après l’autre, Grissom se figea lorsqu’il vit une statue représentant un clown meurtrier. Le maquillage du personnage était entièrement rouge. Il avait une grosse perruque de plusieurs couleurs. Ses habits étaient également multicolores. Dans sa main droite, il y avait un gros couteau tranchant. Son visage semblait figer dans un rictus horrible et terrifiant.

Grissom avala profondément et se pencha pour faire signe à Sara de regarder ce qu’il voyait.

« Oui Griss ? »

Grissom ne parla pas, pointant seulement du doigt le clown. Il ne l’avait pas quitté des yeux. La statue lui semblait étrange, parmi les autres. Un détail la faisait ressortir des autres, mais Grissom n’arrivait pas à le doigt dessus. Tout à coup, il entendit le hoquet d’horreur de Sara.

« Le sang tombe du couteau ! » s’exclama-t-elle.

Grissom baissa les yeux vers son couteau et vit en effet la petite goutte tombée de la pointe du couteau et atteindre le sol. Cela reproduisant le bruit agaçant du Ploc, ploc, ploc…

Sans que Grissom ou Sara est pu réagir, le clown bougea, profitant de leur surprise. Il fit lentement un pas en avant, puis un autre, descendant de son pied. Avant qu’il soit trop près, Grissom releva son arme et visa d’une main tremblante.

« Sara, courez ! » hurla-t-il à la femme derrière lui.

L’interpellée aurait bien couru, mais elle était trop horrifiée pour bouger. Grissom allait faire feu, mais le clown se saisit d’une corde à ses côtés. Il la coupa à l’aide de son couteau. Le corps qui avait été suspendu au dessus d’eux tomba. Cette fois-ci, il s’agissait d’un vrai cadavre, celui d’un jeune officier de police, tout juste dans la vingtaine. Le corps dégringola et heurta violemment Sara, la faisant tomber à la renverse. Grissom, entendant le bruit, se tourna vers la jeune femme.

« Sara ? » s’écria-t-il. Il la voyait bien en dessous du cadavre, tentant vainement de se relever.

Profitant de l’inattention de Grissom, le clown se lança sur l’expert. « Grissom ! » cria Sara, pour le prévenir.

Grissom eut juste le temps de reporter son attention sur le clown. Il vit immédiatement que ce dernier fonçait sur lui, pointant la lame de son couteau dans sa direction. Si le superviseur en réagissait pas, il aurait rapidement la lame enfoncée dans le ventre. Il réussit à bloquer le clown le temps que Sara se relève. Elle fonça vers le clown et dégaina son arme. Elle envoya un bon coup de pied dans l’aine de l’homme. Sous le coup, il tomba à la renverse. Sara retourna la lame et l’enfonça légèrement dans sa jambe. Le clown poussa un cri de douleur et se recroquevilla sur sa blessure, permettant à Grissom de saisir la main de Sara. Les deux experts s’éloignèrent rapidement en courant.

Ils coururent sans s’arrêter. Grissom et Sara aboutirent finalement une porte qu’ils ouvrirent aussitôt. Ils constatèrent tout de suite qu’il s’agissait d’un bureau. Deux bureaux trônaient au centre de la pièce. Sur les murs, il y avait des photographies de vedettes qui avaient visités le musée. Mais surtout, il n’y avait qu’une porte, donc ils ne risquaient pas de se faire surprendre.

« C’est parfait ! » s’exclama Grissom. Il fit signe à la jeune femme de se mettre de l’autre côté d’un des deux bureau, pour l’aider à le place contre la porte.

Ils placèrent ainsi les deux bureaux. Grissom tira alors deux chaises, pour qu’ils puissent s’asseoir.

« Qu’est-ce qu’on fait ? » demanda Sara, visiblement impatiente de sortir de là.

Grissom la regarda d’un air inquisiteur.

« Qu’est-ce qu’on fait pour sortir d’ici ? » précisa-t-elle.

Grissom soupira. « On attends. »

« Pardon ? » Visiblement, la réponse de Grissom n’avait pas plu à Sara.

« Que voulez-vous faire Sara ? Nous sommes enfermés dans le musée. Le meurtrier y est aussi. Il a posé des bombes sur les portes et les fenêtres menant à l’extérieur. Nos mallettes sont restées dans l’entrée du musée. Nous n’avons ni nourriture, ni aucun moyen de communication avec l’extérieur en notre possession. Alors, quand vous demandez ce que nous allons faire Sara, je me demande ce que nous pouvons faire d’autres qu’attendre. »

Sara s’appuya le visage dans sa main, en proie à un vague désespoir. « Merci de me le rappeler. Mieux mourir dans ce cas. »

Grissom la regarda, surpris. « Êtes-vous sérieuse, ou… ? » Voyant son regard, il comprit qu’elle ne plaisantait pas. « Vous voudriez mieux mourir que d’attendre ? »

Sara se redressa. « Je veux dire… On est loin d’être tiré d’affaire. Il peut revenir n’importe quand et nous tuer. Dans l’attente de ma mort, j’aime mieux mourir tout de suite que de l’anticiper… »

Grissom avala avant de répondre. « Vous êtes très pessimismes Sara. Moi, je suis certain que nous allons nous en sortir. Et puis, si vous mourriez votre petit-ami et votre famille serait sans doute très attristés… »

Même s’il savait très bien qu’elle ne voyait personne, ces mots lui coûtaient terriblement. Sara, elle, le toisa avec colère. « Vous savez très bien que je n’ai pas de petit-ami ! Et ma famille… Pff! Ça vaut même pas la peine d’en parler.»

Grissom sentit la peine qui suintait des paroles de la jeune femme. « Qu’a-t-elle votre famille ? » s’enquit-il.

« Vous voulez vraiment savoir ? » lui demanda-t-elle. En voyant son hochement de tête, elle commença à raconter…

« Quand j’étais jeune, mon père buvait énormément. Dans ces moments-là, il fallait à tout prix éviter de le contrarier, car il nous punissait avec ses poings. Et ça, ça comprenait même ma mère. Quand j’était petite, je croyais que c’était ainsi pour tout le monde… » Elle inspira profondément et ses yeux se remplirent de larmes. « Si j’avais su… » Elle passa rapidement la main sur sa joue pour effacer la trace humide qu’une larme venait de laisser. « Je me souviens de l’anniversaire de mes huit ans, comme jamais. J’étais arrivée en retard ce jour-là, parce que mes amis m’avaient organisés une petite fête surprise. Ils se doutaient qu’on ne me fêterait pas à la maison, je crois. Quand je suis rentrée à la maison, mon père était furieux. Je l’entends encore me crier que seules les traînées rentrent aussi tard à la maison… » Désormais, rien ne servait d’essayer de retenir les larmes. Elle coulait à flot. « Il avait beaucoup bu. Et là, ma mère est sortie comme ça, et elle l’a poignardé plusieurs fois dans le ventre. Le sang coulait et j’en ai même eu sur moi. Je me souviens de l’odeur… c’était horrible. C’est ainsi que mon père est mort »

Elle s’arrêta momentanément. « Et là, la police est arrivée et j’ai commencé le bal des familles d’accueil. Mon frère et moi avons été séparés. J’ai appris quand j’étais à Harvard qu’il avait fait une overdose de drogues et qu’il était mort. Je n’ai pas pu aller aux funérailles. Je n’ai jamais revu ma mère… Je sais qu’elle est morte d’un cancer du cerveau, il y a trois ans. »

Grissom, surpris et peiné par le récit, se rapprocha de Sara. Il ne put s’empêcher d’essuyer ses larmes, ne supportant de voir son magnifique visage ravagé par une peine si grande. Sous la caresse, Sara ferma les yeux.

« Je suis désolé Sara. » dit-il alors en s’éloignant de nouveau d’elle.

« Ce n’est pas de votre faute Grissom. Ce qui est arrivé… » Elle regrettait qu’il se soit détaché d’elle. Si elle avait besoin de quelque chose présentement, c’était bien de sa présence.

« Est arrivé » compléta Grissom. « Cependant, je comprends mieux votre comportement sur la dernière enquête… (Il parlait doucement, ne souhaitant pas la peiner davantage) Vous avez eu l’impression de revivre toutes ces épreuves… »

Il n’eut pas besoin de voir le hochement de tête de Sara pour savoir qu’elle acquiesçait.

« Et votre famille, Griss ? » demanda-t-elle. « Comment est-elle ? »

Grissom changea de position dans sa chaise, cherchant les bons mots. « J’ai eu une enfance normale, jusqu’à mes cinq ans. À ce moment-là… Mes parents ont divorcés. Je n’ai jamais revu mon père et … » Il s’arrêta, trouvant difficile d’expliquer comment il avait perçu cette situation à sa subordonnée. Cette dernière ne s’était même pas attendue à ce qu’il réponde à sa question.

« J’ai toujours eu peur que ma mère se remarie avec un autre homme. J’ai peur de connaître un peu la même chose que Cendrillon… » Sara lui lança un regard incrédule et dut se mordre la lèvre pour ne pas éclater de rire, au travers des larmes qui ravageaient encore son visage. « Je sais que c’est étrange. » dit Grissom.

« J’imagine que j’aurais eu les mêmes peurs, si j’avais été vous. » s’empressa-t-elle de dire, pour qu’il ne croit pas qu’elle riait de lui. « Dans une de mes famille d’accueil, la femme est tombée enceinte et j’ai du quitter la famille où j’étais pour une autre… J’ai connu des peurs différentes, enfant. Des peurs très différentes des vôtres apparemment. J’ai toujours craint le rejet.» Elle soupira fortement, plongeant encore dans ses mauvais souvenirs. « Le pire, c’est que c’est la famille où je me suis sentie le mieux. J’étais devenue amie avec la fille et le fils du couple et j’avais enfin l’impression de connaître quelque chose qui se rapprochait le plus d’une famille. J’ai fait environ sept familles d’accueil. Les autres années avant ma majorité, je les ai passé dans un centre pour adolescents. C’était encore pire que les familles… »

Grissom fronça les sourcils, observant toujours Sara de profil, alors que cette dernière regardait devant elle. « Pourquoi ne restiez-vous pas dans vos familles ? » s’enquit Grissom. « J’imagine que toutes leurs mères ne tombaient pas enceintes… » continua-t-il en étouffant un léger rire.

Sara ramena ses jambes contre elle et Grissom comprit que la jeune femme trouvait difficile de parler de ça. « Je ne m’adaptais pas, je faisais beaucoup de cauchemars et… » Elle s’arrêta, gênée de ce qu’elle allait dire.

Grissom essaya de ne pas laisser transparaître sa curiosité. « Si vous préférez changer de sujet, je comprendrai » tenta-il de la convaincre. En vérité, il mourrait d’envie de savoir ce que Sara avait traversé. Pas pour commérer, pas par curiosité, mais juste pour mieux la comprendre. Il savait que tout ce qu’il apprendrait ici pourrait l’aider à mieux comprendre la jeune femme.

« Non… À ce moment-là, je faisais souvent pipi au lit, bien que j’aie huit-neuf ans. C’était trop de travail pour les parents de ces familles… » Dit-elle. Grissom lui fit un sourire désolé, avant de tomber dans un mutisme complet.

Ils restèrent silencieux pendant un bon moment, près d’une demi-heure. Soudain, Sara poussa un soupir. Surpris, Grissom se tourna vers elle. Il vit la sueur perler sur son front et se rendit qu’il faisait plus chaud que tout à l’heure. Sans échanger de mot, seulement un regard, ils enlevèrent leurs vestes. Malgré tout, la chaleur continua à augmenter.

« Il fait chaud… » soupira Sara.

« Je sais » fut tout ce que son superviseur trouva à répondre.

Ils relevèrent le bas de leur pantalon, mais ce ne fut pas suffisant. Désormais, ils étaient en t-shirt, les jambes à l’air en partie. Cependant, la chaleur était de pire en pire et la sueur collait leurs vêtements sur leurs peaux. Ils n’osaient plus se regarder, comme si un simple coup d’œil pouvait faire augmenter la température dans la pièce.

« C’est un vrai fourneau ! » s’exclama Sara.

Ils étaient désormais si occupés par la chaleur, qu’ils en oublièrent presque le clown meurtrier qui les attendait à l’extérieur du bureau.

Après une autre demi-heure, la température chuta drastiquement. Ça commença à être plus frais. Au début, les deux experts soupirèrent d’aise, mais rapidement, l’air devint glacial. Le froid était alors désagréable. Ils replacèrent leurs pantalons, remirent leurs vestes, mais rien n’y fit. Ils avaient incroyablement froid.

Grissom regardait Sara frissonner sur sa chaise. Elle se frottait les mains, tentative désespérée d’avoir un peu de chaleur. Il pensa à ce qu’il pourrait faire pour la réchauffer, mais de mauvaises images surgirent dans ses pensées. Stop ! Il n’avait pas le droit de penser à elle ainsi. Grissom se l’était lui-même interdit. Après un moment, il comprit qu’il n’avait pas d’autres choix. Il ouvrit son manteau et dit : « Venez Sara. » Un petit nuage se forma quand il parla.

La jeune femme, surprise du geste de Grissom, prit quelques instant à comprendre ce qu’il voulait qu’elle fasse. Quand il tapota d’un geste impatient sa cuisse, elle se leva et s’approcha de lui. « Vous êtes sûr ? » demanda-t-elle.

Grissom acquiesça. Sara s’assit précautionneusement sur ses cuisses. Les premiers instants, elle retint son souffle. Allait-il la repousser ? Après tout, c’était un de leurs contact les plus intimes…

Il referma ses bras sur elle et la serra contre lui. Immédiatement, sa chaleur réchauffa Sara au plus creux de son être. Elle ne put s’empêcher de soupirer d’aise. Elle était bien, tout simplement. Grissom faisait de petits gestes circulaires, lui frottant presque le dos.

Ils n’osaient pas bouger, de peur d’incommoder l’autre. Soudain, Sara posa sa tête sur l’épaule à Grissom. Ce dernier ne réagit pas. Sara ne bougeait pas et sentit une grande fatigue l’envahir. Elle essaya de se retenir de bailler, mais Grissom s’en rendit compte.

« Dormez Sara… S’il y a quoi que ce soit, je vous réveillerai. Pour l’instant, nous ne pouvons qu’attendre que Brass arrive… » lui dit-il.

Sara allait s’assoupir, mais elle fit une constatation qui la réveilla complètement. « J’y pense Grissom ! Si Brass et les autres ouvrent la porte, ils vont exploser ! » Depuis que cette idée l’avait traversé, elle paniquait. « Qu’arrivera-t-il ? » ajouta-t-elle.

La sentant s’agiter dans ses bras, Grissom resserra sa étreinte sur elle et posa doucement un baiser sur son front. La jeune femme sembla se liquéfier, tant le contact des lèvres de Grissom sur son front l’avait surpris. Il avait réussi, d’un seul geste à la rassurer et à la calmer. « N’y pensez pas Sara… »

« Grissom… Vous est-il déjà arrivé de vous demander si vous aviez fait les bons choix dans votre vie ? » demanda-t-elle, la tête enfouie dans son cou. Sara ignorait ce qui lui avait pris de poser la question.

Elle sentit que Grissom fronçait les sourcils. Il resta silencieux pendant un moment, réfléchissant à ce qu’il pourrait dire. « Vous voulez professionnellement parlant ou… » il laissa sa phrase en suspens.

« Je veux dire… dans votre vie personnelle. »

Sara avait peur qu’il refuse de répondre, qu’il lui demande de débarquer de ses genoux et qu’il s’éloigne. Bref, qu’il redevienne son patron. Contrairement à ce qu’elle pensait, le superviseur continua de frotter le bras de Sara et répondit : « Les choix que j’ai fait Sara, je ne peux les changer… Cependant, il y a certains que je regrette, maintenant. »

La jeune femme se demanda s’il était indiscret de savoir quels avaient été ces choix, mais Grissom la devança. « Un jour, on m’a proposé un emploi. Un emploi de rêve. J’aurais appliqué mes connaissances en entomologie tous les jours et je n’aurais résolu que les plus grandes enquêtes. J’aurais parcouru le pays en entier. » il s’arrêta, question de réfléchir à la façon dont il allait continuer son récit. « J’avais déjà un métier que j’aimais. J’étais entouré d’une équipe dont j’étais proche. Je n’aurais jamais voulu me séparer d’eux. Cependant, s’il n’avait été que de ça, Sara, je l’aurais pris. Mais, il y avait une personne en particulier dont je ne voulais pas m’éloigner. Et… J’ai refusé l’emploi. »

« Simplement à cause de cette personne ? » s’étonna-t-elle.

« Oui, simplement à cause de cette personne. Malheureusement, ce n’était pas simplement une personne. Elle était spéciale. Elle était intelligente, belle, parfaite. Je m’étais moi-même arrangé pour avoir cette personne à mes côtés. Enfin, elle était là et… Il n’était pas question que je m’éloigne, maintenant que je l’avais avec moi. »

« Avez-vous regretté cette décision ? » demanda Sara, la voix enrouée. Elle avait compris qu’il parlait d’elle. Ou du moins, elle l’espérait. Cependant, s’il disait qu’il regrettait sa décision, elle… Elle ne savait pas ce qu’elle ferait, mais elle se doutait que ce ne serait pas beau à voir.

« Jamais. C’est la seule décision pour laquelle je n’ai jamais eu de regret. » affirma Grissom.

« Sinon, pourquoi avez-vous eu des regrets ? » questionna-t-elle, oubliant la politesse.

« J’ai décidé de ne pas me rapprocher de cette personne au moment où cela aurait été possible… » Son visage devint dur, il se ferma. Sara, toujours le visage enfoui dans son cou, sentit alors les battements de son cœur. Il allait… à toute vitesse. Grissom était nerveux.

« Je ne me pardonnerai jamais d’avoir blessé cette personne en faisant ce choix-là… » ajouta-t-il.

Le silence régna entre eux pendant un instant. Grissom tenait fermement Sara contre lui. Cette dernière monta un doigt tremblant et caressa tendrement sa joue. Son patron sursauta et se tourna vers elle, surpris. Sara, se mordant la lèvre, retira aussitôt sa main, pensant l’avoir blessé.

Il se passa alors deux choses simultanées, sans aucun lien.

Grissom baissa la tête et embrassa doucement les lèvres de Sara. Au même moment, un grand bruit retentit en direction de la porte. Les deux amoureux relevèrent la tête, surpris d’être dérangés dans un moment aussi intime. Le large poignard ensanglanté du clown meurtrier était planté dans la porte. Sara se leva immédiatement et Grissom fit de même.

La lame se retira, mais elle frappa à nouveau la porte à un autre endroit. Le meurtrier répéta le geste plusieurs fois de suite, sans arrêter. Les deux experts ne quittaient pas la porte des yeux, un peu trop horrifiés pour bouger. Soudain, le tuer réussit à percer la porte, pour en arracher une partie. Il pénétra alors dans la pièce, poussant le deux bureaux pour entrer. Grissom n’attendit pas que le clown fasse un autre pas dans la pièce, il sortit son arme et visa, cette fois, bien décidé à tirer si besoin se présentait. Sara sortit également son arme.

Le clown pénétra dans la pièce avec un grand sourire sadique. Transis par le froid, Grissom et Sara n’étaient certainement pas en état pour se battre. Le clown n’attendit pas qu’ils agissent et se lança sur Sara. Grissom tira quelques coups en direction d’eux, mais il rata sa cible. Par la suite, il eut peur de blesser Sara, alors il rangea son arme. Il se jeta sur le clown, le poussant et le plaquant du mieux qu’il pouvait contre le sol. Il se tourna quelques instants vers Sara, qui tentait de reprendre son souffle. « Tu n’as blessée ? » demanda Grissom.

Elle fit signe qu’elle allait bien. « Fuis ! » s’écria Grissom. Cependant, Sara ne pouvait se résoudre à laisser l’homme qu’elle aimait seul avec un meurtrier. « Non ! » répliqua-t-elle.

Elle se leva pour s’approcher et Gil relâcha momentanément sa prise sur le clown. Ce fut suffisant pour qu’il se dégage. Grissom lui envoya un coup de poing dans la figure. Il s’empara de la main de Sara et la fit reculer avec lui. Ils sortirent de la pièce, prêts à courir encore. Malheureusement, le coup de Grissom n’avait pas assommé le tueur, comme il l’avait espéré.

Le clown se releva et s’élança vers eux. Il planta le couteau dans le bras de Grissom et fit tomber Sara à la renverse. Grissom grimaça de douleur en enlevant immédiatement le poignard de la plaie. Désorienté, il posa sa main sur son bras.

« GRISSOM ! » cria Sara.

Le clown venait de lui saisir une des jambes pour la traîner. Elle tentait vainement de se débattre. Grissom vit qu’il s’éloignait avec elle et se lança sur le ventre, pour rattraper Sara. Il lui prit la main, essayant de la retenir. Cependant, le tueur y mit encore plus de force et la jambe de Sara cassa dans un horrible CRAC ! Elle poussa un horrible cri de souffrance et Grissom lui lâcha la main. Il savait que tirer sur son bras la blesserait encore plus.

Il se remit sur pied rapidement avec l’intention de rattraper le clown qui s’éloignait rapidement en direction du bureau avec Sara. Cette dernière s’accrochait à tout ce qu’elle pouvait, plantant même ses ongles dans le sol pour se retenir.

« S’il vous plait, laissez-la partir ! » lança Grissom au meurtrier. « Faites-moi ce que vous voulez, mais laisse-lui la vie sauve ! »

Il courait en leur direction, mais il perdait beaucoup de sang à cause de sa blessure au bras. En réalité, il vacillait plus qu’il ne courait. Sans avertissement, derrière eux, il y a eu un grand bruit et une grande secousse. La porte d’entrée venait d’exploser. Grissom comprit que Brass avait tenté d’entrer.

« Ho non, Jim… » murmura-t-il, tentant toujours de rattraper le clown.

Il entendit un coup de feu et vit le clown tombé sur le sol. Il fit encore quelque pas vers Sara et se laissa tomber sur les genoux. Sara, en larmes, se traîna vers Grissom. Derrière lui, elle apercevait Brass et d’autres policiers s’avancer dans le musée. Grissom serra Sara contre lui.

« C’est fini » ne cessait-il de murmurer.

Sara enfouit de nouveau sa tête dans le creux de son cou, pleurant maintenant que le stress les avait quitté. Elle avait vraiment crue qu’elle allait mourir. Pas qu’elle pensait que Grissom ne pourrait pas la sauver, seulement à cause de la douleur dans sa jambe.

« Gil ? Sara ? Où sont-ils ? » s’écria la voix paniquée de Catherine, ramenant les deux experts dans la réalité.

Elle vit Sara et Grissom, enlacés, au milieu de la deuxième salle. Sara, à moitié couchée, Grissom, saignant toujours abondamment.

« Gil ! Sara ! Vous nous avez fichu une sacrée trouille ! » s’exclama-t-elle à leur intention.

Cependant, elle aurait tout aussi bien pu parler à un mur. Les deux amoureux étaient dans leur monde, ne semblant prêter aucune attention au monde extérieur. Finalement, après quelques minutes, Grissom se releva lentement, aidant Sara à se remettre sur pied. Elle essaya de faire quelques pas, mais elle chuta. Elle fut rapidement rattrapée par Grissom. Il passa un bras autour de sa taille pour la soutenir et l’aider à marcher. Ils avancèrent un peu vers Catherine et c’est seulement à ce moment que la blonde comprit que quelque chose avait changé durant cette aventure.

Quand Grissom et Sara aperçurent Catherine, ils firent tous les deux un grand sourire. « Tu es là depuis combien de temps, Catherine ? » s’enquit Grissom, légèrement embarrassé.

« Un moment » répondit l’experte avec un sourire.

Sara poussa un halètement de douleur. Grissom comprit aussitôt qu’il s’agissait de sa jambe, sans aucun doute brisée.

« Viens Sara, il va falloir aller te faire soigner. Il faudra sûrement un plâtre… »

« Je n’irai pas à l’hôpital » marmonna, entre ses dents, la jeune femme.

« Sois raisonnable Sara… Tu es blessée sérieusement. Ta jambe est sûrement cassée… » ajouta Catherine.

Sara ne releva pas et s’éloigna de Grissom, elle tenta encore de faire quelques pas, mais elle s’accrocha à Catherine. Elle poussa un petit gémissement de douleur.

« Il faut vraiment que tu ailles à l’hôpital. » insista Catherine.

Sara lança un regard suppliant à Grissom. « S’il te plait… » Ce dernier fit non de la tête. Il s’avança vers les deux femmes et reprit Sara contre lui. Il l’aida à sortir du musée. Le policier qui était pendu devant la porte avait explosé et des gisements de son corps traînaient ça et là.

À leur sortie du bâtiment, ils furent interceptés par le shérif. Ce dernier n’aimait pas ce qu’il voyait. Il les questionna sur leur état de santé et Grissom et Sara le rassurèrent. Leurs blessures étaient superficielles.

Sara fut alors dirigée vers une ambulance par Brass et Catherine fit aller Grissom vers une autre. Dès que Sara fut assise sur la civière, Brass la questionna.

« Que s’est-il passé à l’intérieur ? » demanda-t-il.

Au loin, Sara vit Nick, Greg et Warrick qui se précipitait vers elle. Les trois garçons, visiblement inquiets, s’approchèrent à grands pas de la jeune femme.

« Sara !?! Est-ce que tu vas bien ? » s’enquit aussitôt Greg.

« Aussi bien que je le peux… » Elle baissa la tête vers sa jambe qu’un infirmier examinait. « Je ne peux plus marcher… »

Nick lui fit un sourire. « Tu étais seule avec Grissom ? »

Sara fit un grand sourire. « En effet. »

Warrick partit à rire et échangea un regard entendu avec Nick.

« Tu sais, Nick, ce genre de truc, ça rapproche les gens… » dit Warrick.

Les trois gars remarquèrent que Sara semblait regarder par-dessus leurs épaules. Ils se tournèrent pour savoir où et qui Sara regardait. Warrick, Greg et Nick virent Grissom approcher, un grand pansement sur le bras. Bizarrement, il semblait fixer quelque chose et ne remarquait pas les trois experts. Greg comprit que Grissom et Sara s’observait. Dès qu’il fut à leurs côtés, il demanda :

« On va faire un tour chez moi, après l’hôpital ? »

Sara s’empressa de dire : « Il va falloir que l’on aille faire notre déposition au labo. »

« Le travail, toujours le travail… » répliqua Grissom en riant.

Sara soupira.

« On peut y aller après l’hôpital et avant le labo ? » proposa-t-elle.

Les trois gars, Warrick, Greg et Nick s’éloignèrent.

« Que s’est-il passé avant qu’on tue le tueur ? » demanda Sara.

« À ce que m’a dit Brass, l’officier qui surveillait la porte a été tué, et installé devant la porte. Les autres policiers, ainsi que David, ont été séquestrés dans l’atelier du musée. David a réussi à s’enfuir. Cependant, il était blessé à la tête et en chemin pour retourner au labo, il a eu un accident de voiture. À l’hôpital, il était dans les vapes et il essayait de faire comprendre ce qui se passait au musée à Brass et les autres. Ils ont essayés de nous joindre plusieurs fois sur nos portables et sur ceux des officiers de police chargés de surveiller la scène de crime, mais ça ne fonctionnait pas. Ils ont mis ça sur le compte de l’orage. Après quelques heures, comme personne ne revenait et qu’ils n’avaient aucune nouvelle, ils sont venus. Malheureusement, il y a eu un gros accident de la route et ils ont du arriver un peu plus tard. Quand ils sont arrivés, ils ont compris que quelque chose ne tournait pas rond. David leur avait dit que des bombes avaient été posées sur les portes et les fenêtres, alors ils ont fait appel au système de déminage. Ils ont réussi à entrer au bon moment. Brass a tiré sur le tueur. Il est mort. Fin de l’histoire, tout va bien. » raconta Grissom.

Sara l’avait écouté sagement, ne perdant pas une miette de son récit.

« Ce n’est pas la fin de l’histoire » dit Sara.

Grissom la regarda sans comprendre.

« C&rsquo


marguerite  (12.09.2009 à 16:31)

« C’est le début de la nôtre…. » expliqua Sara.

Grissom se pencha et embrassa Sara, pour de vrai cette fois. Et personne ne vint les déranger.

Cette fois, c’était le début d’une histoire, leur histoire. Et s’il avait fallu un dangereux fou tueur déguisé en clown pour les rapprocher, rien ne pourrait les séparer.

FIN !

J'ignore pourquoi, mais la fin n'a pas suivi... Alors la voilà !


marguerite  (13.09.2009 à 21:10)

2eime Fiction: Full Of Surprises

Résumé: Il relate la visite de Catherine à l'appartement de Grissom dans l'épisode 8X12. Mais elle ne s'attend pas à découvrir ce qu'elle y découvriera...

Romance/Général

Rating : Hum... Pas vraiment de problèmes de ce côté-là !

Personnages : Catherine Willows, Gil Grissom et Sara Sidle

À ajouter : Ce texte est une traduction. Cette fic a été écrite par Amanda Hawthorn, qui s'est basé sur les photos publicitaires...

Bonne lecture !

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Full Of Surprises

Catherine regarda encore une fois l’adresse sur le papier qu’elle tenait en main, avant de lever les yeux sur les numéros d’or qui ornait la porte de l’appartement.

Dire qu’elle avait été surprise de constater que son ami de longue date résidait là était une litote. Elle ne pouvait tout simplement pas imaginer que Gil Grissom aurait un penchant pour ce petit bloc d’appartements pittoresque.

En descendant de sa voiture, elle jeta un coup d’œil intéressé aux autres appartements contigus. Chacun avait une petite différence, mais celui de Grissom semblait accueillant avec ses paniers suspendus aux couleurs vives et leurs végétations vertes. 

Quand elle frappa à la porte, elle fit un pas de recul, surprise, quand elle entendit le bruit caractéristique d’un chien jappant de l’autre côté de la porte. Pendant un moment, elle pensa avoir qu’elle avait probablement frappé à la mauvaise et regarda encore une fois l’adresse sur le Post it.

Les aboiements devinrent plus fort quand elle entendit une clé tourner dans la serrure et elle se prépara à s’excuser au propriétaire de l’appartement qu’elle avait sûrement dérangé dans son sommeil, à cette heure encore bien trop matinale.

Mais quand la porte s’ouvrit, tous les mots qu’elle aurait voulu prononcer moururent sur ces lèvres. Devant elle se tenait un Gil Grissom particulièrement mécontent. Ses cheveux étaient dépeignés et ses yeux rouges, comme s’il avait manqué de sommeil.

« Catherine ? » demanda-t-il, confus. Elle lui offrit un sourire brillant. « Qu’est-ce que tu… » Il se tut quand il laissa échapper un reniflement, suivi d’un petit et misérable grognement.

« Gil. » dit-elle doucement. « Je sais que tu es malade… Puis-je entrer ? »

Grissom la regarda comme si une deuxième tête lui était apparue. Finalement, il se recula, en chassant le chien de la porte et fit un geste, lui signifiant qu’elle pouvait entrer.

Catherine passa le seuil de la porte et la referma derrière elle pendant que Grissom s’avançait dans l’appartement. Le chien resta au près d’elle, la fixant d’un air prudent.

« Bon chien. » lui dit-elle en lui tendant une main pour que l’animal puisse la renifler. « Quel est son nom ? »

Grissom revint dans sa vue, un mouchoir sous le nez dans une main et un biscuit pour chien dans l’autre.

« Hank. » répondit-il, sa voix faible, alors qu’il se moucha.

En entendant son nom, Hank bondit sur ses pattes et trottina jusqu’à son maître. Il s’assit docilement à ses pieds, remuant la queue avec enthousiasme.

Catherine ne pouvait pas en croire ses yeux. Là, devant elle, un de ses amis les plus porches lui montrait un côté de lui qu’elle ne voyait que très rarement. Ses yeux, même malade, étincelaient d’adoration devant le chien qui s’assoyait à ses pieds. Il semblait doux, pendant un instant, et elle ne pouvait s’empêcher de sourire alors qu’elle le regardait d’un air incrédule.

« Ne dis pas à Maman que je te le donne, hein ? » dit Grissom au chien d’une voix douce. « Tu sais que nous serions tous les deux dans la niche si elle l’apprenait ! »

Hank jappa et se rassit sur le sol. Avec une patte, il quémanda un biscuit, jusqu’à temps ce que son maître le lui accorde. Il le prit et le mâcha, en le faisant craquer joyeusement jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une miette. Il gambada ensuite vers les portes menant à la terrasse, et gémit jusqu’au moment où Grissom le fit sortir dans la cour.

« Donc, » commença Catherine quand Grissom retourna dans la cuisine. Il alla vers la cafetière en silence et se tourna vers son amie. « C’est un endroit agréable ici. »

« Ouais, nous l’aimons bien. » dit Grissom, en même temps qu’il sortait quelques tasses d’une armoire. « C’est un quartier tranquille. »

Elle n’était pas sûre qu’il avait remarqué qu’il avait laissé entendre qu’il ne vivait pas seul. Elle était sur le point de le questionner quand elle aperçut quelque chose sur la porte de réfrigérateur qui attira son attention. Sa curiosité piquée, elle s’avança lentement vers la photo qui avait attiré son attention.

Sur la photo, on voyait Grissom et Sara, devant le Golden Gate Brigde, semblant tous les deux tout à fait heureux. C’était une assez vieille photo, et Catherine le sut par l’apparence. Elle l’enleva d’où elle était pour la regarder de plus près.

Grissom éternua et frissonna légèrement. Il alla appeler son chien pour qu’il revienne à l’intérieur et ferma la porte. Il n’avait pas remarqué qu’elle était occupée jusqu’à ce qu’il la voie avec la photo dans les mains.

« Quand a-t-elle été prise ? » lui demanda-t-elle, comme elle lui montrait la photo.

Pendant un moment, il sembla lui en vouloir pour son intrusion, mais tout cela disparut vite quand il marcha vers elle et prit la photo dans ses mains pour la regarder mieux.

« Ma dernière nuit à San Francisco. Je l’ai rencontré lors de mon premier séminaire sur l’entomologie. Elle ne se taisait pas. » Il eut un sourire. «  Nous sommes allés boire un café chaque soir après les conférences et nous avons parlés pendant des heures… »

« C’était il y combien de temps ? Vous semblez tous les deux assez jeunes. »

« Neuf ans, trois mois et deux jours. » lui dit-il avec un sourire, sans jamais enlever ses yeux de la photo. « Un vieux couple nous a vus pendant qu’on se promenait le long de la plage et nous a offert de nous prendre en photo. J’allais me retourner et décliner gentiment leur offre, mais Sara a passé un bras autour de moi et sourit… »

« Et tu as fondu… » fit Catherine en grimaçant. « Étiez-vous tous les deux… ? »

« Non. » il répondit vite alors qu’il la regarda. Leur regard se croisèrent. « Pas à ce moment-là. »

« Mais tu aurais voulu, n’est-ce pas ? »

Au lieu de répondre, Grissom replaça la photo sur le réfrigérateur et revint à la cafetière. « Donc, qu’est-ce que tu es venu faire ici ?

Elle fut surprise par son rapide changement. Il avait été doux et soudain, il redevenait sérieux. Elle savait cependant que recevoir ainsi quelques renseignements personnels de sa part était rare et n’allait pas pousser plus loin. « Ecklie a besoin de toi au labo. Il a tenté de te joindre pendant plusieurs heures. »

« Je prends des vacances. » dit-il avec lenteur. « Je suis malade. »

« Il le sait et c’est pour ça que je suis ici au lieu de lui… Je… Je crois qu’il estimait que je serais plus la bienvenue. » En tendant la main, elle prit le café qu’il lui offrait et s’installa sur la chaise la plus proche. « Et en plus, je voulais venir et voir ton nouvel appartement. »

Hank attira soudainement son attention, quand il quitta l’endroit où il était couché pour aller à la porte. Il commença à aboyer et à remuer la queue. Son corps entier tremblait et il semblait tourner autour de quelque chose que Catherine ne pouvait pas voir. Elle était sur le point de dire à Grissom que le chien était légèrement bizarre, mais elle perdit ses mots, pour la deuxième fois du matin.

« Hey Bébé… » fit une voix de femme. Le chien, lui, semblait au comble de l’excitation. En tapotant son dos, la femme embrassa sa tête poilue. « Bonjour à toi aussi. »

Catherine avait une certaine crainte, mais elle vit le sourire de Grissom, qui était plus significatif que n’importe quelle explication ne le pourrait jamais. C’était comme si ses yeux étaient redevenus vivants. Il rayonnait positivement tout simplement. Sa joie évidente le fit paraître dix ans plus jeune quand la jeune femme s’approcha et glissa ses bras autour de sa taille.

« Chéri. » murmura-t-elle tendrement, alors qu’elle plaçait un doux baiser sur sa joue barbue. « Pourquoi n’es-tu plus au lit ? Retournes-y. »

« Sara ? » Catherine eut un large sourire et elle reposa sa tasse sur la table avant de s’approcher. Sara portait une magnifique robe d’été rose et ses cheveux étaient plus courts, mais elle était vraiment très belle. « Mon dieu, tu es éblouissante ! »

Sara haleta et regarda Grissom, puis Catherine, un large sourire apparaissant sur son visage. « Catherine… Qu’est-ce… »

Avant qu’elle puisse finir, Grissom eut une grosse quinte de toux et se détourna d’elle, une main sur la bouche. Elle s’approcha de lui immédiatement et lui frotta le dos de sa main chaude jusqu’à ce que sa toux se calme. « Chéri, tu devrais être encore au lit. Tu n’iras pas mieux si tu refuses de te reposer. »

« J’ai bien peur que ce soit ma faute. » admit Catherine alors qu’elle regardait ses deux amis dans un degré d’intimité dont elle n’avait jamais été pas témoin. « Ecklie voulait que je… »

« Ho non ! » Sara protesta avec une attitude de défi. « Il n’ira pas travailler. Il est malade. »

« Je sais… je… » 

« Chérie, » soupira Grissom en passant une main fatiguée sur son visage. « Ce doit être important s’il a envoyé Catherine ici. »

« Et que tu ailles mieux est tout aussi important ! » dit fermement Sara. Elle entoura le visage de Griss de ses mains, palpant son front par la même occasion. « Tu es brûlant de fièvre.»

« Je vais l’appeler. » offrit-il prudemment. « S’il n’a pas vraiment besoin de moi, je lui dirai de trouver quelqu’un d’autre… »

« Il a intérêt d’avoir une bonne explication. » dit Sara en faisant la grimace. « S’il n’en a pas, je vais lui dire que.. »

« Chérie » la coupa Grissom avant qu’elle ne finisse, sachant fort bien qu’elle dirait à son ancien patron où mettre une certaine partie de son anatomie. « Tu n’aides pas. »

Catherine ne pouvait pas empêcher un gloussement de franchir ses lèvres quand elle regardait les deux personnes devant elle agir comme un vieux couple marié. « Vous êtes mignons, tous les deux. » leur dit-elle avec un sourire.

« Comique ! » dit Sara en grimaçant, plaçant par la suite un baiser sur la joue de Grissom avant de saisir sa tasse de café, marchant ainsi devant Catherine. Cette dernière l’attira contre elle pour une étreinte amicale.

« Comment vas-tu ? » demanda Catherine dans un ton ravi quand elle alla rejoindre Sara sur le canapé. « Depuis quand es-tu ici? »

« Je suis à Vegas depuis deux jours. » lui dit Sara, alors que ses yeux suivaient Grissom jusqu’à ce qu’il disparaisse dans la chambre à coucher avec son portable dans la main. « Gil toussait tellement au téléphone quand je l’ai appelé que je suis montée dans le premier avion pour Vegas. »

« Il n’a pas dit à personne que tu étais revenue. » s’exclama Catherine, alors qu’elle ramassait sa tasse de café pour prendre une longue gorgée du liquide brûlant. « Tu es revenue, n’est-ce pas ? »

« Oui. » avoua Sara, en portant sa propre tasse à ses lèvres. « Je crois que j’avais besoin de m’échapper un peu pour me libérer de certaines choses. »

« Il semblerait que ça ait marché. » dit Catherine en souriant alors qu’elle s’appuyait sur l’épaule de son amie. « Tu as vraiment bonne mine. »

« Je me sens bien. » approuva Sara. « Comment vont les autres ? »

« Oh, tu sais, la routine. » grimaça Catherine. « Greg s’ennuie de toi. »

« Je pensais bien qu’il s’ennuierait. Après tout, il me manque aussi. » soupira tristement Sara. « Et Nick… Warrick… comment sont-ils, eux ? »

« Nick va bien, il a une petite-amie. »

« Quoi ? » s’exclama Sara, incrédule. « Quand est-ce arrivé ? »

« Il y a une semaine maintenant. » fit Catherine en souriant. « Quand il est arrivé au labo, il flottait presque ! »

« Wow… et dire que je l’ai manqué. » rit Sara. « Comment est Warrick ? »

« Il va mieux. » dit Catherine, choisissant ses mots. « Il a eu quelques problèmes après ton départ."

« Ouais, quelques jours avant mon départ, il avait laissé tomber une bouteille de pilules sur le sol. Il avait dit qu’il avait des difficultés à dormir… donc, il n’est pas mal ? »

« C’est mieux. » fit Catherine avec un signe de tête. « Pendant quelque temps, j’ai cru qu’il était sur le point de tout perdre, mais il a réussi à faire revirer la situation. « 

« C’est bien… Gil ne m’a presque rien dit à ce sujet, mais j’ai déduit qu’il a été forcé de suspendre Warrick. »

« Ouais, pour son propre bien. »

« Je suis sûre que Gil avait une bonne raison. Il est toujours comme ça quand Warrick est concerné… » Elle vit le sourire de Catherine et la regarda d’un air interrogateur. « Quoi ? »

« C’est toi » dit la rouquine en souriant. « Je ne t’avais jamais entendu l’appeler autrement que Grissom… c’est juste… 

« Bizarre ? » offrit Sara.

« Mignon. » dit plutôt Catherine.

« Il ne doit pas savoir que tu as dit ça ! »

« Dit quoi ? » demanda la voix de Grissom de la chambre, alors qu’il s’avançait maintenant habillé dans son costume, qu’il utilisait habituellement pour la cour, avec son col relevé et sa cravate défaite.

Sara déposa sa tasse sur la table basse et se leva dans un soupir. « Tu dois aller travailler. »

« Oui, la cour. » dit-il semblant désespéré. « Désolé Chérie, mais je ne peux pas y échapper. »

« C’est vrai.» dt-elle en s’avançant vers lui pour placer sa cravate. « La cour, la cour… »

« Je sais. » Il remua la tête pour qu’elle puisse placer son col avant qu’elle ne s’occupe de sa cravate, pour la mettre à l’endroit. « Je préférais bien plus être à la maison avec toi. »

Catherine regardait leur petit geste complice, se sentant comme une intruse. Le couple avait complètement oublié qu’elle était dans la même pièce et elle observait avec fascination comment ils étaient bien l’un avec l’autre.

Elle regarda Sara lisser, avec ses mains, les revers sombres de son veston et attacher les boutons de file jusqu’à ce qu’elle ait atteint le dernier. Catherine crut que Sara avait fini de préparer son homme, jusqu’à ce qu’elle la voit aller dans la salle d’eau et ramasser quelque chose dans le panier des vêtements fraîchement lavés.

Après ça, tu prends des vacances. » lui dit-elle, alors qu’elle marchait jusqu’à lui, pliant un mouchoir propre. Elle le glissa ensuite dans la poche de poitrine. « Ma mère continue à me demander quand nous irons la visiter. »

« Elle t’a à peine vue. » Il avait un petit sourire satisfait. Il empoigna ensuite les doigts de Sara et les entrelaça avec les siens.

« Je crois qu’elle s’est un peu habituée à ma présence près d’elle. » fit Sara en souriant. « Elle a dit qu’elle avait besoin de moi pour être à ses côtés un peu plus longtemps. »

« Hmm… » marmonna-t-il de sa voix éraillée. « Je crois qu’elle t’a vue bien assez longtemps. Moi, j’ai besoin de ma femme à la maison, avec moi. »

Une exclamation venant de l’autre côté de la pièce les fit sortir de leur bulle et ils se tournèrent vers Catherine, qui la bouche ouverte, les contemplait avec surprise.

« Vous êtes mariés ? » s’exclama-t-elle.

« Oups… » dit Sara en gloussant, le rose lui montant aux joues. Elle sourit à son mari, le regard rempli d’adoration. « Désolée chéri. »

« Ils devaient bien le savoir un jour ou l’autre. » lui dit-il, un sourire sur ses lèvres. Il tourna subitement la tête et éternua.

« As-tu pris tes médicaments ? » demanda anxieusement Sara quand ses yeux virent les médicaments sur le comptoir de la cuisine.

« Oui, comme tu me l’as dit. » affirma-t-il, amusé.

« Et tes vitamines ? » ajouta-t-elle, avec un petit sourire satisfait, incapable de ne pas l’avoir sur le visage.

« Oui, ma chère ! »

« Allez-vous vous arrêter, tous les deux ? » grogna Catherine, les fixant tous les deux avec un regard ferme. « Vous allez avoir de bonnes explications à nous donner à tous quand cette enquête sera terminée. »

« Quand Gil ira mieux. » fit Sara.  « À ce moment, nous vous inviterons tous à la maison et nous vous expliquerons tout. »

Catherine pensa à ce qu’elle avait dit avant d’acquiescer pour dire qu’elle était d’accord. « Bon, je vais m’en assurer. »

« Je dois y aller. » soupira Grissom, alors qu’il attirait Sara dans ses bras et la tenant contre lui avant de la relâcher et de lui déposer un baiser sur le front. « Je t’appelle plus tard. »

« Bien. » murmura-t-elle, alors qu’elle prit son visage barbu entre ses mains. « Je te verrai quand tu reviendras."

« Je t’attends dans la voiture, Gil. » dit Catherine en s’avançant vers la porte, légèrement jalouse de l’amour fou qu’ils se portaient visiblement. « Sara, on se voit bientôt. »

« Ouais, bientôt. » Sara sourit alors qu’elle retirait ses mains du visage de Grissom. « Oh et Cath… »

La rouquine se tourna pour la regarder d’un air interrogateur. « Ne dis pas aux gars que je suis à la maison, ok ? »

« Pas un mot. » assura Cath.

« Merci, » Sara la regarda quitter l’appartement avant de se tourner face à son mari.

« J’y vais, à plus tard. » lui chuchota-t-il quand elle s’approcha pour déposer un doux baiser sur ses lèvres.

« Je t’aime. » lui dit-elle avec un sourire, chassant les larmes que ces mots attiraient toujours à ses yeux.

« Je t’aime moi aussi, Chérie. » lui murmura-t-il avant de se détourner pour se diriger vers la voiture de Catherine.

Sara était sur le pas de son appartement, avec Hank qui s’assit à côté d’elle. La voiture démarra et recula. Quand ils furent partis, Sara sourit à son chien chéri et poussa la porte pour la fermer à nouveau.

« Allez bébé ! » dit-elle en tapotant sa tête. « Retournons au lit jusqu’à ce que Papa revienne à la maison. »

FIN


marguerite  (24.09.2009 à 23:46)

3èime Fiction : Respires

Résumé:  Quand tu as vu cette maquette sur ton bureau, que tu as soulevé la voiture et lu le nom de Sara sur la veste de la poupée, tu as cessé respirer. Contient des spoilers sur les épisodes 7X24 et 8X01, si vous ne les avez pas vu...

Drame/Romance

Rating: Rien de choquant !

Personnages: Sara Sidle, Gil Grissom.

Bonne lecture !

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En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, respirer, d’être heureux.

 [¨Marc-Aurèle¨]

Tu parcoures quelques mètres avant de t’arrêter, regardant l’étendue qui t’entoure. Un décor de sable, désolé. Aucune habitation à moins de cinq ou six cents kilomètres. Tu ne peux qu’imaginer l’enfer que vit Sara dans ce satané désert depuis l’instant où Nathalie Davis l’a coincée sous cette voiture, cette Mustang rouge. Et de nouveau, penser à elle semble ouvrir une plaie bien vive, bien béante. Quand tu as vu cette maquette sur ton bureau, que tu as soulevé la voiture et lu le nom de Sara sur la veste de la poupée, tu as cessé respirer.

Tu es resté debout pendant une bonne minute, regardant cette minuscule poupée qui agitait la main et qui semblait être ton seul lien avec la femme que tu aimes. Tu as essayé de chercher un sens à tout ça. Ton cerveau refusant de considérer l’enlèvement de Sara comme une possibilité, tu as tenté de te persuader que c’était une erreur. Tu as même pensé que c’était une façon de te confondre, une sorte de supercherie dramatique.

Mais lorsque tu as appelé sans relâche le téléphone portable de ta bien-aimée sans obtenir de réponse, tu as pensé mourir. Tu as jeté un autre coup d’œil à cette poupée. Elle agitait la main. C’était donc qu’il y avait encore une chance, même très mince que Sara soit vivante. Car elle devait l’être. Sara ne pouvait pas être morte… C’était tout simplement impossible. Tu devais seulement la retrouver.

Mais comment trouver une jeune femme dans un immense désert, qui soi-dit en passant, entoure toute la ville de Las Vegas et où chaque monticule de terre se ressemble ?

Ton cœur se serre à cette seule pensée, alors que tu balaies encore une fois l’environnement qui t’entoure.

Du sable.

Des pierres.

Encore du sable.

Encore des pierres.

Et Sara. Quelque part dans toute cette étendue.

Quelque part, mais pas sous cette maudite voiture.

Tu sais que les autres ont compris ce qui se passait entre elle et toi, mais tu t’en fiches. Tu sais que tu auras des problèmes avec Ecklie et le shérif, mais tu t’en fiches. La seule chose qui importe, c’est d’avoir de retrouver Sara. Oh mon dieu ! Que donnerais-tu pour simplement l’avoir de nouveau à tes côtés, la serrer dans tes bras un instant ? Que ferais-tu pour pouvoir reculer de quelques heures dans le temps et prévenir toute cette histoire ? Si seulement tu lui avais dit, la dernière fois où tu lui as parlé, à quel point tu l’aimes. Si seulement tu avais tout fait pour te faire pardonner de l’avoir blessé comme tu l’as fait quelques semaines plus tôt. Si seulement tu lui avais demandé de t’épouser comme tu penses le faire depuis un mois ou deux au lieu de laisser la bague traîner au fond de ton casier. Si seulement…

Tu te ressaisis vite. Derrière toi, il y a cette Mustang rouge. Devant toi, une étendue de terre à parcourir. Tu dois la trouver le plus vite possible. Car comme tu le fais remarquer à Catherine, elle est désorientée et déshydratée. Et alors, ta meilleure amie te rappelle qu’elle est forte, qu’elle passera au travers. Et tu retrouves un peu d’espoir avant de poursuivre tes recherches.

Tu t’élances…

Des pas.

Une profonde respiration.

Des pas.

Une profonde respiration.

Et encore quelques pas.

Un rythme qui te va bien, surtout dans ce désert où le soleil brûle et où l’air est sec. Tu es fier d’avoir suivi Sara dans son entraînement quotidien. Ho Sara… Ton cœur se serre chaque fois que tu tentes d’imaginer son visage, blessé et brûlé par le soleil. Et alors, tu chasses tes sombres pensées en recommençant à avancer. Tu te concentres sur la seule chose que tu peux contrôler : ta respiration.

Des pas.

Une profonde respiration…

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Un pas.

Une respiration.

Un pas.

Une respiration.

Un pas.

Une respiration…

À bout de souffle, tu t’arrêtes un instant. Ton bras te fait si mal que tu aimerais qu’il disparaisse. Chaque bouffée d’air écorche ta gorge déjà sèche. Tu ne sais plus trop ce qui est le pire dans toute cette histoire – les loups, l’eau, ton bras, ta gorge ou simplement ta peur de mourir. C’est vrai, enfin tu l’admets. Tu as toujours prétendu être sans peur, de foncer tête baissée. Mais aujourd’hui, tu fais face à la pire de toutes tes peurs. Tu as peur de mourir sans pouvoir voir de nouveau Gil, sans qu’il puisse te serrer dans ses bras, sans qu’il puisse t’embrasser. Sans qu’il puisse te rassurer, comme lui seul sait le faire, en te murmurant simplement au creux de l’oreille que tout va bien aller.

Tu as si peur de mourir sans lui. Loin de lui.

Rapidement, tu te remets en route. Un pas, une respiration. Un pas, une respiration. C’est la seule façon d’avancer sans t’épuiser, sans faillir et t’étaler de tout ton long sur le sol. À ta gauche, tu aperçois une pierre que tu t’empresses de saisir. Tu fais un troisième amas de pierre. Malheureusement pour toi, le vent efface tes traces de pas…

Devant toi, il y a une légère pente. Tu n’as plus assez de force pour rester debout, alors tu tombes à la renverse. Et tu roules, roules, roules… Finalement, tu t’arrêtes. Ton ventre gargouille, te rappelant que tu n’as ni mangé ni bu depuis plusieurs heures. D’ailleurs, quelle heure est-il ?

Ça fait combien de temps que tu es dans ce désert ? Bonne question. Tu sais seulement que le soleil est levé depuis un moment. Il te brûle la peau par sa force. D’un geste faible, tu soulèves ta main afin de protéger tes pauvres yeux de cette lumière si intense. Ce simple geste t’épuise. Il va falloir que tu te relèves et tu anticipes cet effort, qui te semblait banal plus tôt, mais qui maintenant, te demandes beaucoup de force.

Tu inspires profondément, essayant à tout prix d’ignorer la sensation douloureuse qui envahit ta gorge à cet instant. Tu serres les dents, comme si ce geste t’aiderait à mieux supporter la douleur. Tu n’oublies pas de reprendre ton rétroviseur. Et tu reprends ton rythme.

Un pas.

Une respiration…

Tu crois apercevoir une étendue d’eau devant toi. Tu pourras boire, te rafraîchir. « Il était temps ! » penses-tu presque joyeusement. Et pourtant, plus tu t’approches, plus ce petit oasis semble être loin. Tu t’es réjouie… trop vite. Cette étendue d’eau n’est qu’un mirage. Il n’y a pas d’eau et il n’y en aura sûrement jamais dans ce maudit désert ! Tu avances encore, à ton rythme. Mais tu n’en peux plus. Alors ton rythme change un peu.

Une respiration.

Un pas.

Une respiration.

Une respiration.

Un pas.

Une respiration.

Une respiration.

Et soudainement, le noir total…

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Quand tu as vu le premier amas de pierre, tu y as vu un signe de Sara. Vous étiez, Catherine et toi, sur la bonne piste. Tu en es certain. Et tu continues à avancer, carburant seulement à l’espoir. La pensée de revoir Sara en vie est ce qui te fait avancer. Tu imagines votre mariage. Car tu la demanderas en mariage quand tu la retrouveras vivante – car il ne peut pas en être autrement. Tu te demandes comment seront vos enfants – si vous en avez. Auront-ils tes yeux bleus ? Auront-ils ses cheveux bruns, bouclés ? Seront-ils studieux ? Actifs ? Tout ça te semble merveilleux et tu t’en veux de ne jamais avoir parlé d’avoir des enfants avec Sara. Aurait-elle été d’acc- Tu rectifie aussitôt ta pensée. Sera-t-elle d’accord ?

Brusquement, tu réalises qu’il n’y a plus de trace de ta bien-aimée. Plus de roches, plus de traces de pas dans le sable. Le vent les a effacés. Qu’est-il advenu de Sara ?

Finalement, Catherine t’apprends que Nick et Sofia ont retrouvés Sara. Tu ne veux pas te réjouir trop vite. Qui sait ? Tu dois la voir de tes propres yeux pour être certain qu’elle est en vie, qu’elle respire et que son cœur bat encore. Dès l’instant où la voiture s’arrête, tu en sautes presque. Tout le monde est autour d’elle et elle est déjà sur une civière. Elle est inconsciente et on s’emploie à la réhydrater. Tu décides d’aller dans l’hélicoptère avec elle. Après tout le stress que toute cette histoire t’a fait subir, toute la peine que tu as ressenti, tu te sens tellement soulagé... Sara est toujours en vie. Amochée, oui, mais en vie.

Une fois à l’intérieur, vous décollez. Tu saisis la main de Sara. Maintenant que tu l’as retrouvée, il est hors de question que tu sois séparé d’elle. Tu as eu bien trop peur de la perdre. Autour de toi, les paramédics s’appliquent à mettre perfusion, injection et soins de toutes sortes en place. Toi, tu ne peux détacher tes yeux de son visage. Et soudainement, elle ouvre les yeux. Son regard chocolat rencontre le tien. Ton cœur fond.

Elle est en vie. Elle respire. Son cœur bat.

Et c’est tout ce qui compte.

Pour le moment.

Vous ignorez ce qui va se passer. Vous ignorez toutes les répercussions que l’enlèvement de Sara aura sur vos vies. Mais pour l’instant, tout ça vous semble superflu. Tout ça vous semble insignifiant. Que Sara parte, qu’elle revienne… Que Warrick meure, que tu quittes les CSI… Tout ça vous importe peu. Rien de ce que vous ressentirez dans les prochains mois ne pourrait équivaloir ce que vous ressentez tous les deux, en ce moment. Vous étiez tous les deux soulagés de vous retrouver.

Sara prend une grande inspiration. « Elle est en sécurité, » penses-tu. Tu pourras de nouveau serrer son corps frêle contre toi. Embrasser ses lèvres douces et enfouir ton visage dans ses boucles soyeuses. Tu pourras encore l’aimer.

Et enfin, tu peux respirer librement.

FIN


marguerite  (26.09.2009 à 23:53)

4eime Fiction: La Loi De Murphy 

Résumé: Je passais définitivement une mauvaise journée. Une très mauvaise journée, devrais-je ajouter. Mais selon la loi de Murphy, ça ne pouvait qu’empirer, non ?

Romance/Général

Rating : Hum... Pas vraiment de problèmes de ce côté-là !

Personnages : Gil Grissom et Sara Sidle

À ajouter : Fic vite lue, vite oubliée...

Bonne lecture !

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La loi de Murphy énonce que si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira infailliblement par mal tourner.

Je passais définitivement une mauvaise journée. Une très mauvaise journée, devrais-je ajouter. Mais selon la loi de Murphy, ça ne pouvait qu’empirer, non ?

Mon cadran n’a pas sonné et je me suis levée en retard. J’ai sauté dans la douche en vitesse et l’eau était glacée, parce que j’ai un problème avec mon chauffe-eau. Je n’avais plus de pain pour me faire des rôties, alors je me suis fait des crêpes qui ont brûlé, pendant que j’étais sous la douche et le détecteur de fumée s’est déclenché. Ma voiture est tombée en panne au milieu du trafic et j’ai eu besoin de la faire remorquer – ce qui va me coûter très cher. Après avoir parlé au remorqueur et enfin avoir réussi à obtenir un taxi pour aller au labo, je me suis aperçue que j’avais oublié mon lunch et mon portefeuille chez moi. Quand j’ai voulu appeler Griss pour l’avertir de mon retard, mon téléphone portable m’a lâchée, parce qu’il n’avait plus de batterie. En arrivant à mon appartement, le propriétaire m’attendait, mécontent. Il avait eu des plaintes à cause du détecteur de fumée qui s’était déclenché.

Lorsque finalement je suis arrivée en un seul morceau au labo, toute l’équipe était partie sur leurs scènes de crime et Grissom me tendit la seule assignation qui restait et qui ressemblait plutôt à une sorte de punition. Un corps en décomposition. Génial ! Il faudrait que je pense à acheter des citrons avant de rentrer à la maison.

Arrivée sur les lieux du crime, je glissai dans une flaque sur le sol et atterrit sur les fesses, mouillant et tâchant mon pantalon neuf. Je me relevai, mon orgueil en ayant pris un coup tout autant que mon fessier. Comme si ce n’était pas suffisant, Sofia m’attendait et ne manqua pas de me reprocher mon retard. Je l’ignorai et commençai à travailler – après avoir emprunté à Sofia une combinaison pour ne pas avoir à travailler avec mon pantalon mouillé. Je retournai au labo quelques heures plus tard, pour apprendre par Wendy que nous avions une contamination de nos indices et qu’ils n’étaient pas recevables devant la cour. Je repartis donc en vitesse sur la scène de crime et voulut reprendre mes échantillons, mais comble de malheur ! la scène avait déjà été nettoyée par un homme qui se faisait un plaisir de crier haut et fort combien il était payant de nettoyer des scènes de crime et dont Nick et Warrick m’avaient parlé.

Finalement, la nuit passa. Le sandwich que je mangeai au milieu de la nuit était infect, ma boisson gazeuse n’était plus pétillante et je manquai de casser mes dents sur un biscuit aux pépites de chocolat. Pour couronner le tout, avec tous les échantillons perdus, notre suspect fut libéré et bien que je savais pertinemment qu’il était coupable, je dus le regarder quitter le labo aux côtés de son avocat, la tête haute.

Je rédigeai mon rapport et j’allais le rendre à Grissom, lorsque Greg me fonça dedans, son café m’éclaboussant, mais surtout, salissant mon rapport que je venais tout juste de terminer. Je poussai un grognement et lorsque Greg tenta de s’excuser, je posai un doigt devant moi, ne souhaitant rien entendre. Je me suis dirigée vers mon casier, ayant pris la décision de changer de chandail avant d’aller réimprimer mon rapport, quand je me rendis compte que la porte de mon casier était coincée. Je donnai plusieurs coups de poing dans la porte, me défoulant en même temps, jusqu’à ce qu’Ecklie arrive.

« Arrêtez de frapper cette maudite porte, Sidle ! Ça fait un espèce de vacarme et je vous entends depuis mon bureau ! »

Je donnai un dernier coup de poing dans le milieu de la porte et le casier s’ouvrit comme par magie. Je saisis mes vêtements en vitesse et allai me changer. À ce moment-là, Sofia entra.

« Tu devrais te dépêcher à remettre ton rapport à Grissom. Je crois qu’il va partir bientôt et je ne pense pas qu’il appréciera que ton rapport ne soit pas remis. »

Elle prit son sac et sortit de la pièce, me laissant seule avec mes malheurs. Pourquoi tout allait mal ? Un regard à mon portefeuille me permit de savoir qu’il ne me restait que dix dollars. Je ne pourrais même pas prendre un taxi, il me faudrait rentrer à pied sous la pluie battante. Je poussai un grognement et décidai d’aller régler cette histoire de rapport. J’ouvris le fichier et voulus imprimer, mais l’imprimante m’annonça qu’il n’y avait plus de papier. Je sortis une nouvelle série de feuilles blanches et repartis la machine, qui m’annonça qu’elle n’avait plus d’encre. En tentant de me calmer, j’enlevai la cartouche vide et lorsque je voulus ouvrir la nouvelle, je tirai un peu trop fort et un jet d’encre vint éclabousser mon visage et mes vêtements. Tâchant le chandail que je venais tout juste de changer. Dois-je aussi vous rappeler que je puais le corps en décomposition ?

En fin de compte, j’ai imprimé mon satané rapport et l’ai porté à Grissom. Je laissai tomber le document sur son bureau, tête baissée, afin de cacher l’encre que j’avais bien essayé de faire partir. J’allais sortir, mais il m’interpella.

« Sara ? »

« Oui ? »

Je me tournai vers lui, oubliant l’encre sur mon visage. « Vous… rentrez ? » demanda-t-il, après une légère hésitation et un regard interrogateur.

« J’y songeais, en effet. »

« Bon… Et bien, à demain. » fit-il en se levant et éteignant la lampe sur son bureau.

Je me dirigeai de nouveau vers les vestiaires et ramassai mes affaires en vitesse. J’étais éreintée, la journée avait été longue et très mauvaise et je n’avais qu’une hâte : rentrer à la maison et me plonger toute entière dans un bain chaud et relaxant.

Contrairement à ce que j’avais espéré, la pluie ne s’était pas calmée et en à peine quatre pas sous la pluie, je fus trempée. Je continuai à avancer rapidement, jusqu’à ce qu’une voiture roule et m’arrose entièrement en passant dans une large flaque d’eau. Étonnamment, la voiture s’arrêta plus loin et c’est nul autre que Grissom qui en descendit.

« Sara ? Où est votre voiture ? » me demanda-t-il.

J’allais ouvrir la bouche, mais il reprit la parole.

« Peu importe… Votre appartement est loin et vous êtes trempée. Vous allez tomber malade. Montez avec moi, je conduirai chez vous. »

Je voulus refuser – me retrouver seule avec Grissom pouvait bien être dangereux – mais il avait raison. J’acceptai sans rouspéter et me retrouvai assise à ses côtés dans la voiture.

« Alors, comment se fait-il que vous soyez à pied ? Où est votre voiture ? »

J’expliquai brièvement ce que fut ma journée et il éclata de rire plus d’une fois. Je fis mine d’être offusquée, mais en entendant toute l’histoire de ma propre bouche, je dus avouer que c’était presque hilarant.

Toujours est-il que je m’aperçus qu’il ne me conduisait pas du tout chez moi. Quand je lui fis remarquer, il dit simplement.

« Quoique de mieux pour clore une mauvaise journée qu’une bonne recette de Chef Grissom ?! »

Son sourire et la main qu’il posa sur la mienne me laissent croire que la journée se finira peut-être bien mieux qu’elle ne s’est passée…

FIN


marguerite  (13.12.2009 à 23:54)

5eime Fiction: Je N'ai Jamais...

Résumé: Ils n'avaient pas voulu aller dans ce bar. Et encore participer à ce stupide jeu !

Romance/Humour

Rating : Hum... Assez élevé ! ^^

Personnages : Catherine Willows, Greg Sanders, Nick Stokes, Warrick Brown, Conrad Ecklie, Gil Grissom et Sara Sidle

À ajouter : J'ignore sincérèment dès où est sortie cette idée... XD

Bonne lecture !

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Je N’ai Jamais…

« C’est une première, » pensa soudainement Sara. Son regard passa sur les cinq personnes assises autour d’elle à la table du bar. Greg et Nick ne cessaient de regarder toutes les filles qui passaient proche, les draguant presque toutes. Un clin d’œil, un sourire charmeur… Sara se demanda s’ils espéraient vraiment récupérer une fille avant de rentrer à la maison tellement leurs techniques étaient maladroites. Ses yeux se posèrent ensuite sur Warrick qui sembla en grande conversation avec Catherine sur un sujet dont Sara ne se préoccupait tout simplement pas. Puis, elle regarda Grissom qui, les bras croisés, eut un sourire.

« Aucun doute, » se dit-elle. « Il m’a surprise à les observer. »

Un regard les lia pendant un instant, tous les deux totalement indifférent à tout ce qui se déroulait autour d’eux. Le bruit et la musique. Les gens qui se bousculaient autour d’eux. Les corps pressés les uns contre les autres dans une danse sur un rythme effréné… Les deux experts ne voyaient que l’autre, ignorant tout ce qui les entourait. Sara se perdait doucement dans les yeux océans de son nouvel amant. Ce dernier glissa une main sous la table, qui se posa sur la cuisse de Sara. Il entama un doux massage, ses doigts jouant avec l’ourlet de la jupe en jeans de Sara. Un sourire se plaqua sur les lèvres de la jeune femme, qui commençait à avoir hâte de se retrouver à la maison avec son amoureux.

Soudain, Greg brisa le silence.

« On pourrait jouer à un jeu ! »

Sur lui, tous posèrent leurs yeux. C’est lui, qui en vue de leur nuit de congé commune, avait insisté pour qu’ils aillent tous dans un bar. Ni Sara ni Grissom ne s’étaient réellement réjouis. Ils entamaient une nouvelle relation et partageaient leur quotidien depuis peu. Ils étaient encore à ce stade où tout est beau et nouveau et où on veut simplement passer du temps avec l’autre. Cette soirée était la parfaite occasion pour un dîner en ville, tranquille, seulement tous les deux, loin des autres. Généralement, Grissom n’osait pas se mettre de repos en même temps que Sara, de peur d’attirer les soupçons; ils connaissaient tous les deux les conséquences d’une relation comme la leur. Et Griss n’avait aucune envie que quoique ce soit change dans son équipe ou au labo.

Toujours est-il que, ne pouvant fournir aucun alibi pour cette soirée, l’un comme l’autre avait été obligé de venirau bar. Et maintenant les voilà, contraints à participer à un stupide jeu où les seuls buts étaient de se rendre saouls et de livrer quelques sombres secrets aux autres.

Nick acquiesça lentement. « Pourquoi pas ? »

Catherine haussa les épaules et Warrick acquiesça lentement. Sara et Griss échangèrent un regard, se doutant qu’ils n’apprécieraient pas la teneur du jeu.

« Allez… On va s’amuser ! » tenta de les convaincre Greg.

Sara roula les yeux. « D’accoooord. S’il le faut vraiment. »

Ensuite, Greg se tourna vers Gil. « S’il vous plait ! » Grissom soupira, signifiant qu’il embarquait malgré lui dans le jeu.

« Bon ! » s’exclama Greg avec un sourire qui n’annonçait rien de bon. « C’est simple ! Chacun à notre tour, nous allons dire quelque chose que nous n’avons jamais fait et les autres devront ensuite dire si eux l’ont fait ou non. Si nous l’avons fait, on a juste à engloutir notre verre d’un seul coup. »

Il se frotta les mains. Apparemment, certains finiraient très saouls à la fin de la soirée !

« Je commence… » fit le jeune CSI en réfléchissant une seconde. « On va y aller avec quelque chose de facile pour le début. »

« Je n’ai jamais… sorti avec quelqu’un plus que six mois. »

Ce fut au tour de Catherine, qui pris son verre et le vida d’un coup. Elle attira les regards, mais s’expliqua rapidement. « Avec Eddie… »

Warrick prit son verre et fit comme Catherine. « Tina… » murmura-t-il avec nostalgie. Il venait tout juste de divorcer, bien que ça semblait à tous une très sage décision. Nick vida son verre. « Une fille à l’université. La journée avant que j’obtienne mon diplôme, je l’ai trouvée au lit avec un autre… » dit-il en jouant doucement avec son verre.

Grissom prit le sien et but. Sara, après lui, fit pareil. Aucun des deux ne prit la peine de se justifier, ignorant les regards lancés par leurs amis qui voulaient une explication.

Greg eut un air dépité. Warrick lui tapa sur l’épaule en riant. « Que veux-tu Greg ? Tu es le seul à ne pouvoir garder une relation aussi longtemps… »

Tous éclatèrent de rire devant la déconfiture du jeune homme et Warrick prit la parole. « Bon… Je crois que c’est à mon tour… Et je crois que ça devrait se corser un peu. » Perdu dans ses pensées, il passa un doigt sur son menton. « Je n’ai jamais… eu un œil sur un de mes professeures. »

Cath rit un peu avant de prendre son verre et de le vider. Elle s’attira le regard surpris de certains de ses collègues. « J’ai eu un professeur très jeune et très… sexy à l’université. Ce n’est rien de si rare… »

Grissom eut un petit rire et haussa les épaules. « Jamais. »

Sara, à ses côtés, saisit son verre et fit exactement comme Catherine. Elle fit un léger « Ha… Les séminaires… » avant de passer une main sur son front, tentant de faire abstraction de la main qui s’était arrêtée sur sa cuisse. Elle sentit que Gil tournait la tête, sans doute pour cacher la rougeur qui s’emparait de ses joues.

Nick but son verre, mais Greg ne le fit pas.

Cath inspira, pensant à ce qu’elle allait dire. « Ça va peut-être vous surprendre, mais je n’ai jamais couché avec un des mes professeurs. »

Grissom haussa les épaules. Au fond de lui-même, il se demanda vraiment ce que ferait Sara. Comme il pensait, elle vida son verre, à la grande surprise des autres. « Le même séminaire… et le même professeur. »

Griss dût empêcher un sourire d’apparaître sur ses lèvres. Il savait exactement qui était le professeur et où et quand s’était déroulé ce séminaire. Ensuite, personne ne vida son verre et le tour vint à Grissom d’énoncer son affirmation.

« Je n’ai jamais… demandé une femme en mariage. »

Sara appuya son bras sur la table et regarda les autres. « Je n’ai jamais demandé une femme en mariage, c’est certain. » Tout le monde éclata de rire avant que Greg ne demande : « Et on ne t’a jamais demandé en mariage ? »

« Non… » avoua Sara, non sans lancer un petit regard à Grissom, se demandant si leur relation iraitjusqu’à un tel stade.

Personne ne prit son verre pour boire, excepté Catherine et Warrick, bien entendu. C’était maintenant à Sara de faire son affirmation.

« Je n’ai jamais… » Elle s’arrêta, se demandant réellement ce qu’elle pouvait bien dire. Il y avait beaucoup de choses qu’elle avait fait. Que n’avait-elle pas fait ? Elle eut une idée. « Je n’ai jamais trompé un de mes petits-amis. »

Les autres levèrent les yeux et personne ne prit son verre pour le vider. Pas même Greg. La main de Grissom recommença à se balader le long de la cuisse de Sara, de haut en bas, jusqu’à son genoux, pour remonter plus haut, sous la jupe, très loin sous sa jupe…

Elle frissonna et Nick s’inquiéta : « Ça va Sara ? » Et elle acquiesça, peut-être un peu trop rapidement.

« On continue ?! » fit-elle, espérant enlever l’attention de sur elle.

Nick comprit que c’était à lui de faire continuer le jeu. « Je n’ai jamais couché avec quelqu’un qui travaille au labo. »

Personne ne toucha à son verre avant d’arriver à Grissom. Il hésita, très visiblement et ce geste parla plus que s’il n’avait vidé son verre. Cependant, quand il vit Sara boire son verre, mais surtout le regard qu’elle lui lança le convainquit de vider son verre, ce qu’il fit tout de suite après.

Les quatre experts fixèrent leurs deux collègues, complètement choqué. « J’arrive pas à y croire… » murmura Greg, troublé, alors qu’il pointa Sara et que son doigt passa à Grissom. C’est alors que l’entomologiste comprit l’insinuation de son employé.

« NON ! » s’exclamèrent les deux d’une même voix. Malheureusement, ils ne trompèrent pas grand monde. Ils évitèrent soigneusement de se regarder, tentant plutôt de cacher le rouge flamboyant qui s’emparait rapidement de leurs joues.

Il y eut un drôle de silence. Vous savez, ce genre de silence qui marque bien l’embarras de certaines personnes et le questionnement de d’autres. Un étrange silence… Finalement, c’est Grissom qui, profondément mal à l’aise, rompit le silence avec la question fatidique.

« Greg, vous poursuivez ? »

Le jeune expert le regarda avec incertitude et interrogation pendant une seconde avant de comprendre de quoi son patron parlait. À ce moment, il ouvrit la bouche et la referma soudainement, cherchant quelque chose à dire.

« Je n’ai jamais fait l’amour en avion. »

Sara enfouit son visage dans sa main et regarda Catherine vider son verre. Warrick et Grissom avouèrent ne jamais l’avoir fait et le tour fut de nouveau à Sara. Elle butson verre d’un seul coup et soupira alors qu’elle se laissait aller contre le dossier de sa chaise. C’est alors qu’elle s’aperçut que tout le monde la regardait.

Cath haussait les sourcils, imaginant sans aucun doute ce qu’elle voulait bien imaginer. Grissom devait retenir un rire et se concentra plutôt à caresser la cuisse de sa bien-aimée. Greg et Nick échangeaient des sourires entendus. Warrick levait les yeux au ciel.

« Tu peux nous raconter… les circonstances ? » demanda Nick.

« C’est une longue histoire. » riposta la jeune brunette.

Greg se pencha vers elle. Il n’allait certainement pas laisser passer ça. « On a du temps, tu sais. Beaucoup de temps… »

« C’est une très, très longue histoire. » rectifia-t-elle, marmonnant entre ses dents.

Aucun d’eux n’insista. Mais, secrètement, ils pensaient tous la même chose. Sara Sidle semblait avoir toute une vie sexuelle…

Nick avoua que lui aussi n’avait jamais fait l’amour en haute altitude et Grissom se mordit l’intérieur de la bouche afin de retenir son rire. Il repensait à l’échange que Sara et lui avait eu quelques années plus tôt, dans les toilettes d’un avion. « C’est à moi ! » fit Warrick. Il eut un sourire qui annonçait quelque chose de mauvais.

« Je n’ai jamais… fait l’amour au labo. »

Tous ses amis eurent un drôle d’air, probablement à cause de l’idée même de faire l’amour là où ils travaillaient tous.

« Tu veux dire quoi exactement par « au labo »? Sur les heures de travail ? » demanda Sara. Parce que si c’était sur les heures de travail, elle ne l’avait jamais fait.

Warrick eut un sourire. « Non, au labo. Pas seulement sur les heures de travail. Seulement si ça c’est produit dans l’enceinte du labo. Et ça comprends aussi votre bureau ! » rectifia-t-il en pointant un doigt vers Grissom qui leva les yeux.

Catherine leva les mains, indiquant qu’elle ne l’avait jamais fait elle non plus et Grissom, à ses côtés, se mordit la lèvre. Après une bonne inspiration, il prit son verre avec une lenteur infinie et le porta à ses lèvres. Tous les experts autour de la table ouvrèrent leur bouche, choqués. « Ho mon dieu ! » murmura même Nick en regardant Grissom vider son verre, un peu comme si ça lui indiquerait avec qui il avait passé à l’acte au labo.

Greg eut un espèce d’air de dégoût. « Je ne verrai plus votre bureau de la même façon… »

Grissom se tourna vers lui. « Qui a dit que ça s’était produit dans mon bureau ? » s’enquit-il d’une voix moqueuse. Sara le regarda avec surprise. Il devait vraiment avoir bu pour oser réagir ainsi. Dans son état normal, il n’aurait même pas répondu à la première question…

Ensuite, quand ils se tournèrent vers Sara, elle osa demander, d’une voix maligne : « L’entrepôt d’indices compte-t-il ? »

Warrick ferma les yeux et secoua la tête, Catherine eut un drôle de rire, Greg enfouit son visage entre ses bras et Nick fut secoué par un frisson. Grissom aurait eu envie de rire et même, de se plier en deux, mais il ne le fit pas. À la place, il tourna la tête vers Sara.

« Je crois que ça veut dire oui. » La main sur sa cuisse recommença à bouger de haut en bas, et encore et ainsi de suite. À un certain moment, les doigts étaient sur le point de toucher ses sous-vêtements. Sara se redressa, sa respiration saccadée. Il fallait absolument qu’elle sorte d’ici et qu’elle trouve une façon de se retrouver seule avec Gil assez longtemps pour régler ce léger problème de désir incontrôlable. Un seul regard à Gil et elle sut qu’il devait se sentir à l’étroit dans ses pantalons.

« Je ne me sens pas bien… Je crois que je vais me rafraîchir… » Elle se leva sans attendre qu’ils ne répondent et se dirigea directement vers les toilettes. Nick fronça les sourcils.

« Elle n’a pas l’air bien en effet. » dit-il alors qu’il voyait Sara s’éloigner entre les tables. « Peut-être que quelqu’un devrait aller la voir –»

« J’y vais. » s’exclama immédiatement Grissom en se levant. « Lui aussi ne semble pas aller très bien, d’ailleurs. » pensa Warrick.

Greg se pencha vers les autres. « Vous pensez que …. ? »

Un seul regard et tous comprirent l’insinuation de Greg. Et lentement, ils acquiescèrent tous.

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Sara attendit que Grissom passe devant elle. Lui ne la vit pas à cause de l’obscurité du couloir, mais il sentit quelqu’un qui lui saisir la manche. Un corps se colla au sien et des lèvres douces de posèrent sur les siennes. Bien qu’il ne pouvait voir le visage de la femme, il savait que c’était Sara. Ces lèvres, ce parfum… Il connaissait tout ça par cœur.

Les mains de Sara glissèrent autour de ses épaules, ses doigts jouant avec les douces boucles de Griss. Ce dernier posa ses mains sur la taille de la jeune femme et l’une d’elle descendit même contre ses fesses. Sara gémit doucement dans leur étreinte.

Ce n’est que plus tard qu’ils se séparèrent, front contre front. L’un comme l’autre était essoufflé. Grissom reposa ses lèvres sur celles de Sara, un peu plus chastement.

« Tu crois qu’ils savent ? » demanda Sara, dans un murmure.

« Non, je ne pense pas. »

Leurs lèvres se joignirent de nouveau, les mains de Grissom voyageant sur le corps brûlant de désir de Sara. Ils ne semblaient pas avoir aucune envie de se séparer. Pourtant, ils attendirent qu’une exclamation vienne de l’autre bout du couloir pour se séparer.

« Gil ?! Sara ?! » C’était une voix qu’ils connaissaient tous les deux.

Les deux experts se séparèrent brutalement, tentant de garder une bonne distance de l’autre. Malheureusement, le nouveau venu avait très bien vu ce qui s’était passé et à quoi s’adonnait les deux scientifiques.

L’intrus, qui jusque là se tenait dans le noir, s’avançait sous la lumière. Il se frotta les yeux avant de les rouvrir, pour apercevoir encore une fois les deux experts un à côté de l’autre, à bonne distance. Il posa une main sur son ventre. « Je suis désolé de vous avoir dérangé… » fit Ecklie, en les dépassant. Sara fronça les sourcils. Comment se faisait-il qu’il ne les réprimandait pas ?

« Je ne sais pas ce qu’il y avait dans ce verre… » marmonna-t-il en en frottant son ventre.

Griss et Sara l’entendirent ensuite ajouter :

« Mais ça a créé toute une hallucination… »


marguerite  (14.12.2009 à 00:00)

6èime Fiction : Au Revoir

Résumé:  Certains adieux sont particulièrement dur à faire. Même si on refuse de se l'avouer, il nous faut parfois de l'aide...

Angoisse/Romance

Rating: Boff... Pas très élevé.

Personnages: Sara Sidle, Gil Grissom.

Bonne lecture !

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Ce soir-là, j’étais arrivée au travail comme chaque jour. J’ai laissé ma veste dans mon casier pour ensuite me diriger vers la salle de repos. Dans cette célèbre pièce, il y avait déjà Nick et Greg, les deux gars riant de je ne sais quoi. Avec le temps, j’avais appris qu’il ne fallait pas toujours savoir pourquoi ils s’amusaient. Vous pouviez être incroyablement troublée si vous cherchiez à comprendre. Et croyez-moi, je l’avais expérimenté plusieurs fois !

Je suis allée me prendre une tasse de café. Pendant ce temps, Catherine et Warrick entrèrent dans la pièce, discutant de leur enquête. Je m’assis tranquillement dans un coin du canapé, préférant me faire oublier de tous les autres. La solitude… C’était une chose que j’avais rapidement apprise à surmonter et même à rechercher. Après le meurtre de mon père, l’emprisonnement de ma mère, le placement en famille d’accueil et la séparation d’avec mon frère William, j’avais préféré être seule. Je pouvais m’installer dans un coin tranquille, lire un livre et je me sentais bien. Dans ces instants, il n’y avait personne pour me rappeler la tragédie qui avait brisé ma famille. Et je pouvais m’évader, braver de grandes aventures, visiter d’autre pays, espionner la famille royale d’Angleterre, résoudre des enquêtes et arrêter les pires meurtriers… Les possibilités étaient infinies et c’était ce qui m’avait toujours fascinée dans les livres.

Sur la table basse, il y avait une revue traitant d’entomologie. Je me doutais que ce devait être Grissom qui l’avait laissé là après l’avoir lue. Je l’ai saisi lentement, curieuse de voir de quoi elle traitait exactement. Mais avant que j’aie pu l’ouvrir complètement et en lire ne serait qu’une ligne, Grissom pénétra dans la pièce. Comme si c’était une obligation, j’ai relevé la tête vers lui et ai croisé son regard. Il ouvrit la bouche pour quelque chose, mais avant qu’il ait pu dire quoique ce soit, j’ai détourné la tête. Non, j’avais trop espéré, trop laissé de chance. Il les avait laissé passer sans rien faire. Fini.

Je lui avais prouvé d’une façon convaincante à quel point je lui faisais confiance. Je lui avais tout raconté à propos de ma famille, mais la seule chose qu’il avait faite, alors que je pleurais et que j’avais vraiment besoin de réconfort, a été de me serrer la main. Et après, il avait quitté mon appartement, sans rien sauf « À dans deux semaines, Sara. » par quoi il avait laissé entendre que je ne serais pas renvoyée. C’était au moins ça, diriez-vous. Oui, sans doute. Mais quand je lui avais tout raconté, j’avais espéré que ça ne tuerait pas toute chance d’une relation amicale entre nous. Je lui avais fait confiance. Et visiblement, il avait pris peur, parce qu’à mon retour au labo, il était encore plus distant qu’avant l’incident avec Catherine et Ecklie…

Il distribua les assignations alors que moi, j’attendais la mienne. Il donna un vol de banque à Greg et Nick et un meurtre suivi d’un suicide à Warrick et Catherine. Les autres partirent et Griss s’approcha de moi. Hum… ça ne me disait rien qui vaille. Pas d’enquête pour moi ? Une enquête en solo ? Que se passait-il ? Il s’installa sur le canapé à mes côtés. Je n’ai pas bougé, mais je l’ai dévisagé avec incertitude.

« Qui y-a-t-il Grissom ? Vous n’avez rien pour moi ? » demandai-je, anxieuse de sa réponse.

« Non, ce n’est pas ça Sara… » Il baissa la tête. Je ne l’avais jamais vu ainsi et ça commençait à m’inquiéter sérieusement. « Vous vous souvenez d’Erin Halliwel ? » s’enquit-il en se tournant vers moi.

Sa question me prit par surprise. Bien sûr que je me souvenais d’Erin ! Comment l’oublier ? Erin avait été ma meilleure amie durant mon adolescence. Elle était la seule à avoir gardé contact avec moi lors de mes fréquents déménagements. Une fois rendues à l’université, nous nous étions toutes les deux retrouvées colocataire à Harvard. Elle était venue avec moi à la conférence qu’avait donné Grissom et elle avait été témoin de mon admiration pour lui. D’ailleurs, elle m’avait encouragé à aller vers lui à la fin de la lecture. À ce moment-là, nous travaillions toutes les deux pour la police scientifique de San Francisco. Notre patron, Mark, nous laissait souvent travailler ensemble car nous avions une merveilleuse complicité et on se complétait incroyablement bien. Elle était douée pour faire avouer les suspects et moi, pour analyser les preuves recueillies. Nous faisions vraiment une équipe d’enfer. À la mort d’Holly Gribbs, quand Grissom m’avait demandé d’aller à Vegas, elle avait compris que je ne reviendrais sans doute pas bien avant moi. Et quand j’avais annoncé à mes anciens collègues que je restais à Vegas, elle avait été la seule à me comprendre et à me souhaiter bonne chance. Nous étions restées en contact les premiers mois, mais avec mon horaire de nuit et elle de jour, nous avions cessées de nous envoyer des e-mails et de nous appeler. Et bientôt, je fus totalement sans nouvelles d’elle.

Et là, Grissom me demandait si je me souvenais d’elle.

« Bien sûr. » dis-je. « Il y a un problème ? »

« Saviez-vous qu’elle avait emménagé à Vegas récemment ? » fit-il en croisant les mains devant lui. Il avait complètement ignoré ma question.

« Grissom ?! Que se passe-t-il ? Vous me faites peur ! » m’exclamai-je, soudainement hors de moi. Qu’est-ce que ça signifiait tout ça ? Qu’était-il arrivé à Erin ? J’espérais qu’elle allait bien. Un accident de voiture, au pire.

« Je suis désolé Sara, mais… » À cet instant, je su immédiatement ce qu’il allait dire. C’était si prévisible. Mais je refusais qu’il prononce ces mots. C’était hors de question. J’ai alors baissé la tête, refusant de croiser son regard. « Elle a été assassinée dans son appartement. On l’a trouvé ce soir… Son fiancé a demandé… que vous vous occupiez de retrouver son assassin. » Je n’ai rien répondu, mais j’ai acquiescé lentement. Je n’ai pas versé une seule larme, même si je venais d’apprendre que j’avais perdu la seule vraie amie que j’avais eue dans ma vie. En vérité, je pleurais rarement, et encore moins dans un endroit où les gens étaient susceptibles de m’apercevoir.

C’est à cet instant que je pris conscience de la présence d’une main sur la mienne. Ce contact, doux, chaud et rassurant, me calma et je relevai finalement la tête pour croiser le regard de Griss. « Je suis désolé Sara… » répéta-t-il en penchant légèrement la tête de côté. J’acquiesçai et sans un mot, je me suis levée et je suis partie chercher mes choses. Je me doutais que la nuit serait longue.

Très longue.

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Nous sommes arrivés à l’appartement d’Erin et j’ai monté avec anxiété les escaliers. Je ne savais rien de sa vie. J’ignorais jusqu’à ce que Grissom me le dise qu’elle était fiancée et qu’elle vivait à Las Vegas. Mais lorsque je pensais qu’on vivait dans la même ville, je ne pus m’empêcher de me demander pourquoi elle n’avait pas tenté d’entrer en contact avec moi. Elle savait pourtant que je vivais dans cette ville ! Elle avait peut-être pensé que je n’y étais plus ?

J’en avais assez de tous ces questionnements !

Une fois rendus devant la porte de son appartement, j’ai inspiré avant de demander à Grissom ce qu’il voulait que je fasse. Il a réussi à me surprendre énormément en me disant que comme j’avais été demandée, c’était à moi de diriger l’enquête. « Dans ce cas… occupez-vous de la scène de crime… Je vais interroger la famille et les témoins. » Grissom ne protesta et s’éloigna en direction du corps.

Je voulais interroger le fiancé d’Erin, je ne pouvais le nier. J’étais curieuse de voir pourquoi il m’avait demandé, moi. Et s’il m’avait demandé, ce devait être parce qu’il savait qui j’étais et qui j’avais été pour sa défunte fiancée. J’étais curieuse de savoir ce qu’Erin avait pu dire sur moi à son fiancé. Mais avant d’aller voir le pauvre homme, j’ai jeté un œil au corps. Ho mon dieu… Erin n’avait presque pas changé, si je me souvenais bien.

Ses cheveux blonds étaient peut-être un peu plus courts, mais il n’y avait pas une énorme différence. Ils lui arrivaient un peu au-dessus de l’épaule et ils étaient parsemés de multiples mèches brunes. Une grosse marre de sang l’entourait et un trou ensanglanté en plein cœur indiquait l’entrée d’un projectile. J’ai fermé les yeux. Si je me concentrais, peut-être que j’arriverais à penser que c’était quelqu’un que je ne connaissais pas dans la mare de sang ? Si je me concentrais…

Impossible. Même les yeux fermés, j’avais l’impression de voir son cadavre baignant dans le sang… comme si l’image de son corps avait été imprimée sur ma rétine.

Je repassai de l’autre côté du ruban de la police et me suis approché de Brass. Jim se tenait devant un homme, qui assit sur une chaise, avait enfoui son visage dans ses mains. Ses épaules étaient secouées par de légers sanglots et franchement, il faisait peine à voir. Je me doutais bien qu’il devait s’agir du fiancé d’Erin. « Ha Sara… Je te présente le fiancé d’Erin Halliwel, Tom Wissler C’est lui qui a demandé que tu te charges de l’enquête. » L’homme releva la tête et j’ai croisé son regard chargé de larmes. S’il était le meurtrier de sa fiancée - il faut prendre en compte toutes les hypothèses ! - il jouait sacrément bien la comédie !

« Je suis Sara Sidle de la police scientifique. M. Wissler, vous avez demandé à ce que je me charge de l’enquête sur la mort de votre femme. Puis-je savoir pourquoi ? » m’enquis-je, en posant ma mallette sur le sol. Tom renifla bruyamment et sortit un mouchoir de la poche de sa chemise. Il se moucha et se leva finalement pour être à ma hauteur… bien qu’il me dépassait d’une bonne tête.

« C’est ma fiancée, Mademoiselle Sidle. Erin m’a toujours dit que s’il lui arrivait quoique ce soit, je devais entrer en contact avec vous. Elle m’a juré que vous pourriez comprendre ce qui s’était passé… » Sa réponse me surprit. Il s’agissait donc d’Erin. Mais la requête qu’elle avait faite à son fiancé sonnait un peu comme si elle avait été menacée, ou qu’elle se sentait en danger. Quoi que… avec ce que je venais de voir, il était difficile de croire qu’elle n’était pas en danger.

« D’accord… Écoutez M. Wissler, vous parlez comme si elle savait que quelque chose allait lui arriver… Erin recevait-elle des menaces de mort ou avait-elle des raisons de croire qu’elle était en danger ? » Tom sembla surpris par ma question, mais il me dit rapidement que non, sa fiancée n’avait pas reçu de menaces et ne se sentait pas en danger. J’ai acquiescé, tout en ayant un doute là-dessus. Mais bon, ce serait à vérifier plus tard.

« Je vais devoir prélever vos empreintes et un échantillon de votre ADN, M. Wissler. » lui dis-je en me penchant pour me saisir de ce dont j’avais besoin dans ma mallette. Lorsque je me suis relevée, Tom avait reculé.

« Vous me considérez comme un suspect !? » m’accusa-t-il en me regardant d’une façon alarmée. Brass, à mes côtés, l’exhorta au calme.

« C’est la procédure M. Wissler. » intervint-il. Wissler passa une main dans ses cheveux et me lança le regard du mari désespéré, mais ça ne marchait pas avec moi.

« Ces prélèvements nous permettront de vous éliminer en tant que suspect. » ajoutai-je, alors qu’ils soupiraient et me montraient ses mains. J’ai prélevé un échantillon de son ADN avec un coton-tige. Ensuite, j’ai mis l’encre sur ses doigts et je les ai posés sur le papier, dans les cases appropriées. Puis, je suis partie voir comment s’en sortait Grissom.

Pour l’instant, il photographiait les éléments se trouvant autour du corps, alors que David prenait la température du foie. « Elle est morte depuis environ huit heures. » annonça-t-il en serrant son thermomètre. « Elle a reçu une balle dans l’abdomen. Ce doit être la cause de la mort. »

Griss, à genoux, examinait quelque chose sous la table du salon. Il le photographia avant de m’appeler. « Sara ! Je crois que j’ai quelque chose ! » s’exclama mon patron. Je me suis approchée et agenouillée près de lui. « Regardez Sara, on dirait une lettre de menace. » Il me tendit une feuille de papier blanche, sur laquelle des mots découpés dans des magasines avait été rassemblé pour former un message menaçant.

Tu Vas Me Payer Cette Trahison. Tu Vas Le Payer Cher.

Je jetai un regard à Grissom, puis je me suis tournée vers le cadavre d’Erin. Grissom fit la même chose. « En effet, elle l’a payée très chère… » annonça-t-il d’un ton philosophique. Quant à moi, j’étais un peu confuse. Le fiancé avait prétendu qu’elle ne recevait pas de menaces et qu’elle ne se sentait pas en danger. Erin lui cachait-elle qu’elle n’était pas en sécurité ? Premièrement, il y avait quelque chose d’autre à vérifier. Habitait-il ensemble ? Je me sentais un peu idiote de ne pas avoir vérifié ce détail plus tôt…

Je me suis relevée sans un mot, pendant que Grissom recommençait à photographier la scène de crime. Je me suis dirigée vers la chambre d’Erin. Son lit avait une douillette fleurie, comme lorsque nous étions étudiantes. Sur les murs, il y a avait des tonnes de photographies d’elle avec ses amis et son fiancé. Je suis entrée dans la pièce lentement. À ma gauche, il y avait une salle de bain qui était relié à la chambre par une porte vitrée. J’ai pénétrée dans sa salle de bain et j’ai ouvert la pharmacie au-dessus de l’évier.

Il contenait des crèmes, une pince à épiler, du revitalisant, toutes sortes de shampooing… Mais rien qui avait une chance d’appartenir à un homme. Erin ne vivait donc pas avec Tom. Ce qui voulait dire qu’Erin pouvait recevoir des menaces sans que lui ne sache rien… Donc il n’avait pas forcément menti quand il disait qu’elle ne recevait pas de lettres de menace. Il ne le savait simplement pas.

Je suis retournée voir Brass et Tom. « J’ai quelques questions à vous poser M. Wissler. »

« Oui ? » dit-il pour que je lui pose mes questions.

« C’est vous qui avez retrouvé Erin ? » demandai-je, alors que Brass sortait son calepin pour prendre en note ce que disait Tom.

« Oui... Je revenais du travail et je venais la chercher pour l’amener au restaurant. » balbutia-t-il en essuyant distraitement ses larmes.

« Comment êtes-vous entrés ? » s’enquit Brass, tout en écrivant dans son calepin.

« J’ai un double de la clé. » expliqua Tom, en le sortant de sa poche. « Et avant que vous le demandiez, je n’ai touché à rien. J’ai pris son pouls et quand j’ai compris qu’il n’y en avait plus, j’ai appelé la police. »

« Où étiez-vous cet après-midi aux alentours de deux heures ? » ajoutai-je.

« Au travail ! Je travaille dans une banque. » répondit-il.

« Merci M. Wissler. Vous pouvez partir. Mais restez à Vegas, si jamais nous avons d’autres questions pour vous. » fit Brass. Il acquiesça et tourna les talons. Il se dirigea vers une femme qui le prit dans ses bras et l’embrassa sur la joue. J’ai froncé les sourcils. Je me suis tournée légèrement vers Brass, pour l’interroger du regard.

« Sa cousine. » grogna-t-il, d’un ton qu’il voulait sarcastique.

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Une fois au labo, Grissom se rendit au laboratoire balistique pour faire analyser la douille et l’arme trouvés sur la scène de crime. Quant à moi, j’ai décidé de m’occuper de la lettre de menaces en attendant que je sois appelée par Robins pour rejoindre Grissom à l’autopsie.

J’ai examiné attentivement la feuille de papier avant de prélever les empreintes. Heureusement, il y a en avait une dizaine, ce qui me donnerait une bonne idée de qui l’avait manipulé. J’espérais seulement qu’Erin avait mis des gants si elle l’avait touchée, mais la connaissant, elle avait dû être très prudente. À San Francisco, elle était toujours celle qui prenait le maximum de précautions pour manipuler les indices, si elle avait à le faire. Et sur les scènes de crime, elle portait invariablement des gants. Si ça n’avait pas changé, je ne m’attendais pas à trouver ses empreintes sur le papier.

J’ai donné les empreintes que j’avais relevé à Mandy, afin qu’elle fasse la recherche dans le fichier. Au moment où je quittais la pièce, mon portable a sonné. Il s’agissait d’Al Robins, m’annonçant qu’il était prêt à nous recevoir Griss et moi. Je l’ai retrouvé avec Bobby dans le labo de ce dernier. Je fus obligée d’interrompre leur passionnante discussion sur l’histoire de la balistique pour attirer leur attention. « Grissom, Doc a appelé. Le corps est prêt. » Les deux hommes se tournèrent vers moi, comme surpris de découvrir qu’il y avait d’autres personnes dans le bâtiment en dehors d’eux deux.

« Je vous rejoint Sara dans un instant. » Je réprimai un frisson lorsqu’il susurra mon prénom. Ça me faisait toujours cet effet-là. Il avait une telle façon de dire mon prénom… J’avais toujours l’impression de fondre et ce, même si j’essayais de ne pas réagir. Chaque fois qu’il m’appelait et qu’il murmurait mon prénom, je sentais mon cœur m’affoler. Ça me rappelait tout le temps la chimie et l’attraction presque surnaturelles qui régnaient entre nous.

C’est en silence que je me suis dirigée vers la morgue, légèrement furieuse qu’il m’est dit qu’il me rejoindrait plus tard. Le connaissant, il continuerait à discuter pendant encore une demi-heure avant de se rendre compte qu’il devait me rejoindre ici. Et là il arriverait, alors que je sortirais et me reprocherait de ne pas l’avoir attendu. Je sais ce que vous vous pensez présentement et je suis d’accord. Grissom peut vraiment être désespérant parfois…

J’ai poussé doucement la porte et j’ai pénétré la morgue. Robins, accoudé sur un comptoir plus loin, mangeait un sandwich. Dès qu’il me vu, il le posa et s’approcha en avançant à l’aide de sa canne. « Sara ! Je prenais une petite pause avant votre arrivée. » dit-il en désignant d’un coup de tête le sandwich qu’il venait de poser sur le comptoir derrière. « Grissom n’est pas là ? » demanda-t-il en fronçant légèrement les sourcils.

« Non, il discutait avec Bobby et il a dit qu’il viendrait me rejoindre plus tard… » murmurai-je alors que j’approchai lentement de la table qui trônait au milieu de la pièce. J’ai eu du mal à déglutir, je le reconnais, lorsque j’ai aperçu la personne en qui j’avais eu le plus confiance durant la plus grande partie de ma vie – en dehors de Grissom, bien sûr. Mes yeux ont balayés le corps, désormais débarrassé des vêtements et du sang qui avait séché tout en emmêlant les cheveux d’Erin. J’ai soupiré. Erin Halliwel, la seule vraie amie que j’ai eue dans toute ma vie, était désormais sous mes yeux, comme n’importe quel autre cadavre dans n’importe quelle autre enquête que j’aurais eu à élucider. L’incision en Y qui descendait le long de l’abdomen semblait là pour le rappeler constamment. « Tout va bien, Sara ? » s’inquiéta le légiste en face de moi.

J’ai hoché de la tête imperceptiblement. Bien sûr que j’allais bien. Ou du moins, je devais aller bien.

« Alors, la cause de la mort ? » demandai-je d’un ton blasé qui révélait bien mon état d’esprit.

« Elle a reçu un projectile dans l’abdomen. Il a sectionné l’aorte et elle a saigné jusqu’à en mourir. » Puis, après un instant de silence : « Vous la connaissiez, n’est-ce pas ? » J’ai acquiescé, les yeux fixés sur son visage, mais surtout sur ses yeux qui étaient fermés au monde qui l’entourait. Mais c’était mieux qu’ils soient fermés. Sinon, j’aurais aperçu l’éclat de vie qui manquait dans ses prunelles vertes.

« Oui, je la connaissais. » J’ai inspiré avant de poursuivre. « Très bien, même. Erin a été ma meilleure amie tout au long de mon adolescence. J’ai tout plaqué à San Francisco pour venir ici quand Grissom me l’a demandé. Mes anciens collègues m’en ont voulus pour ça. Il n’y avait qu’Erin qui a pu comprendre pourquoi j’ai fait ça. » Sans que je m’en rende vraiment compte, une larme roula sur ma joue. Pourtant, je m’étais jurée de ne pas craquer. « Ça faisait des années que je ne l’avais pas vue. Et je la retrouve sur une table d’autopsie… Vous savez Doc, » dis-je en relevant la tête vers lui. « C’était la seule qui me connaissait vraiment… »

Al contourna la table et passa derrière moi, alors que je poursuivais ma contemplation d’Erin. Je l’entendis ramasser ses choses, mais je sentis sa main se poser sur mon épaule. « Je suis désolé Sara. » Je savais qu’il était sincère et savoir cela me réconforta un peu.

« Puis-je... Puis-je avoir un moment, s’il vous plait ? » m’enquis-je, en tournant légèrement la tête vers lui.

« Mais bien sûr, Sara. Prenez tout le temps dont vous avez besoin… Je mérite une bonne pause de toute façon. »

J’attendis qu’il sorte avant de tirer un banc sur lequel je m’installai. J’ai repoussé des mèches rebelles derrière mes oreilles pour qu’elles ne me gênent pas. Puis, j’ai pris la main droite, désormais froide, d’Erin entre les miennes.

« Si tu savais comme je suis désolée Erin… J’aurais aimé que tout soit différent. J’aurais aimé avoir repris contact avec toi avant ta mort… Tu sais, tu es la seule qui m’ais jamais compris. Longtemps, tu as été la seule à connaître mon passé, à savoir ce que j’avais enduré et à comprendre pourquoi j’étais comment j’étais… Tu as été la seule à m’accepter telle que j’étais. Tu as été la seule qui m’ais supporté que j’ai quitté Frisco pour Vegas… Tu étais aussi la seule à savoir pourquoi… » Je ne pleurais pas et j’avais l’impression de ne pas avoir assez de force pour cela. Alors, je ne faisais que parler. « Je me souviens ce que tu disais tout le temps. "Profites de chaque journée, comme si elle était la dernière." C’est toujours ainsi que tu as vécu, du moins je crois, car je l’ignore pour les dernières années de ta vie. Je me souviens, la dernière fois qu’on s’est parlé au téléphone. Je crois que tu savais déjà à ce moment que ce serait notre dernier contact, n’est-ce pas ? Et bien, en raccrochant, tu m’as dit : N’oublie pas, Sara, que la vie est un cadeau. Profites de chaque jour comme si c’était le dernier, car on ne sait jamais ce qui peut nous arriver. Et c’est seulement maintenant que je réalise ce que tu voulais, Erin. Et je vais t’avouer que je ne crois pas profiter de la vie comme je le devrais… Je suis si malheureuse à Vegas, Erin. Grissom est distant et il ne semble rien ressentir pour moi… Ça me blesse tellement, si tu savais. Parfois, je regrette même d’être partie de San Francisco pour lui… »

Je me suis tue pendant une seconde, essayant de retrouver le cours de mes pensées, mais au même moment, j’ai entendu la porte de la morgue se refermer brutalement. Je me suis retournée, comprenant que quelqu’un m’avait écouté et venait de partir. Je me suis levée de mon banc et je suis sortie de la pièce. À l’autre bout du couloir, je vis la seule personne qui pouvait avoir été là, dans la pièce. Il marchait rapidement, comme s’il espérait avoir le temps de se cacher avant que je le vois. Mais il s’agissait vraiment de lui. Grissom avait été dans la pièce pendant mon moment de recueillement.

Et à voir son attitude, je n’avais aucun doute qu’il avait tout entendu.

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Nous avons bouclés l’enquête assez vite, tout de même. Mandy avait réussi à trouver le propriétaire des empreintes sur la lettre de menace. Il s’agissait d’un certain Adam Lane, un criminel bien connu qu’Erin avait coincé et envoyer en prison. Il faut préciser qu’Erin, quelque temps avant sa mort, a été employée au FBI, dans le service d’infiltration. Elle avait réussi à démanteler un réseau complet de drogue à l’aide d’un co-équipier. Cependant, tous ceux qui avaient marchandés avec elle avait compris qu’elle faisait partie du FBI, une fois qu’ils avaient été coffrés. Malheureusement, elle avait connu la fin que nous lui connaissons : Une balle en plein cœur de la part ce de Adam pour pouvoir se venger.

Mes certitudes par rapport à Griss se confirmèrent dans la semaine qui passa. Dès le moment où je le vis dans le couloir de la morgue, marchant rapidement pour tenter de me fuir, il devint encore plus distant vis-à-vis moi. Les autres s’en aperçurent également et comprirent que quelque chose avait dû se produire, bien qu’ils ne vinrent pas m’interroger directement. Leurs regards parlaient pour eux, comme toujours cependant.

La semaine suivante se tenait les funérailles d’Erin. Il m’était impossible de passer outre et de ne pas m’y présenter. Aussi, le mardi après la fermeture du dossier, je suis habillée et peignée avec soin pour accompagner Erin dans sa dernière demeure. Une fois dans la petite chapelle que son fiancé avait choisie selon les derniers vœux de sa promise, je me suis assise dans un des derniers bancs. Je préférais rester à l’écart.

La cérémonie se déroula paisiblement. Elle fut accompagnée de magnifiques témoignages sur Erin et de plusieurs crises de larmes, dont notamment sa mère. Une fois terminée, je me suis approchée de son fiancé, Tom. Dès qu’il me vit, il me fit signe de venir le rejoindre auprès des parents d’Erin. « Sara, je ne te remercierai jamais assez d’avoir arrêté ce salaud… » me murmura Tom. Sa mère, Kate, pleurait à chaudes larmes. Elle me saisit dans ses bras et me parla dans le creux de l’oreille. « Merci… Merci infiniment ! » Et elle pleura de plus belle. Owen, le père d’Erin, me serra la main. « Bonjour Sara… J’aurais préféré te revoir en d’autres circonstances… » avoua-t-il. « Mais merci d’avoir attrapé celui qui a fait ça à notre belle Erin… » J’acquiesçai doucement, tout en leur disant que j’étais solidaire pour leur perte.

Soudain, le regard de Tom se porta sur un point un au-dessus de mon épaule. « Et voici Gil Grissom. C’est le patron de Sara et il a aussi travaillé à faire arrêter le meurtrier d’Erin. » ajouta Tom. Choquée, je me suis tournée vers Grissom, qui se tenait effectivement derrière moi. Il parla un peu avec les parents, pendant que je le regardais. Que faisait-il ici ? M’avait-il suivi ? J’osais espéré que non, parce que s’il l’avait fait, il allait le regretter.

Puis, ce fut le temps de mettre le cercueil en terre.

Je suis restée à l’écart et à ce moment, retenir mes larmes devint impossible. J’ignorais où était Grissom, mais je me doutais qu’il devait avoir quitté. Même quand la foule se dispersa, je suis restée sur place. Les autres personnes présentes ne me virent pas, et je dois avouer que c’était un peu ce que je souhaitais. Les larmes coulaient lentement sur mes joues, sans un mot… Je me suis presque sentie bien de pleurer, dans le calme et la solitude qui m’accompagneraient sans doute tout le long de ma vie…

Une main se posa sur mon épaule et me força à interrompre le cours de mes pensées. Doucement, je sentis deux bras m’entourer tendrement. Et son odeur… Il était encore là et était venu me réconforter : une première. Jamais Grissom ne s’était permis ne serait-ce qu’un simple câlin avec moi. C’était, semblait-il, un contact beaucoup trop intime…

Sa voix se fit entendre dans le creux de mon oreille et je compris que je souhaitais son réconfort et sa présence, même si ça ferait très mal une fois qu’il se serait de nouveau éloigné. Mais pour l’instant, c’était juste bon… et agréable. Ho oui ! Si agréable ! Il me fit pivoter pour que je lui fasse face et dès qu’il vit mon visage – qui devait être horrible – il me prit dans ses bras. J’enfouis mon visage dans le creux de son cou et mes pleurs commencèrent à mouiller sa chemise.

Je ne savais plus vraiment pourquoi je pleurais, mais une chose était certaine : j’en avais besoin. Était-ce pour Erin ? Pour mon enfance et mon adolescence gâchée ? Pour l’erreur monumentale que j’avais faite en venant à Vegas ? Pour l’attitude exécrable de Grissom envers moi ? Difficile à dire. Ce devait sans doute être un mélange d’un peu tout, de toutes ses émotions que j’avais retenues bien trop longtemps à l’intérieur de moi. Mais le fait était que pleurer me faisait un bien fou, et pleurer dans ses bras était encore mieux.

« Chut… Je suis là, Sara… Je suis là… » me murmurait-il à l’oreille alors que ses mains caressaient tendrement mon dos.

Ça m’étonnait. Il semblait savoir quoi faire pour me réconforter, lui que j’avais toujours considéré comme "émotionnellement immature", un titre pas très flatteur, mais qui lui avait toujours bien été. Il avait changé, sans doute, mais j’essayais de ne pas trop me créer d’attente, car Dieu le sait, je tombais toujours de haut. Comme quand je lui avais révélé mon passé, qu’il m’avait appelé Chérie lors de l’explosion du labo, qu’il s’intéressait à la beauté depuis qu’il me connaissait…

Bien vous voyez, toutes ses fois où il m’avait incroyablement déçue. Et encore là, je n’en ai que quelques unes, car il y en a bien plus ! La pire de toutes était sans doute sa révélation à Lurie, même si je n’étais pas supposée entendre ce qu’il a dit ce jour-là. Et il ne sait toujours pas que je l’ai entendu…

Je ne sais pas combien de temps je suis restée dans ses bras, mais après un moment, j’eus l’impression de reprendre conscience de ce qui se passait autour de moi. Je devais partir. Si je me laissais atteindre par sa gentillesse du moment… plutôt mourir que de devoir subir la peine et la douleur qui me terrasserait quand il me tournerait le dos. Sans un mot, j’ai quitté la douce chaleur que son corps procurait au mien pour prendre le chemin du stationnement. Je l’entendis m’appeler, mais je ne réagis pas. À nouveau, les larmes roulaient sur mes joues, mais maintenant je savais pourquoi : il me faudrait oublier la sensation de ses bras autour de mon corps frêle…

Je cherchai les clés de ma voiture dans mon sac à main, mais je tremblais tellement que je n’arrivais pas à les trouver. C’est alors que je sentis qu’il arrivait derrière moi. « Sara, je vais te ramener. » dit-il. Dans sa voix perçait l’inquiétude, mais je voulais à tout prix l’ignorer. « Non, je peux très bien conduire… »

« Sara… tu n’es pas en état de conduire et tu le sais très bien… »

Sans que je comprenne trop comment, je me suis retrouvée dans sa voiture, au côté passager. Il me ramenait chez moi ? Trop tard, la voiture était en marche. Je devais suivre… Je me jurai qu’une fois arrivés devant mon bloc appartement, je sortirais de la voiture sans l’écouter.

Le transport en voiture se fit dans un silence plus que total. Inquiétant ? Peut-être pas. J’étais concentrée sur ma fuite lorsque la voiture s’arrêterait à un tel point que je ne vis pas le temps passer. Quand la voiture s’arrêtera, j’ai descendue sans le remercier et je me suis précipitée vers la porte de l’immeuble. Il m’appela, mais je ne dis rien. Une fois à l’intérieur, j’ai pris l’ascenseur, car c’était la façon la plus rapide de me rendre à mon appartement. Ce n’est que rendue devant ma porte que je compris la bourde que je venais de faire.

J’avais quitté la voiture tellement rapidement que j’avais oublié de saisir mon sac à main…

Et mes clés se trouvait dans mon sac à main…

Merde !

Il me faudrait tourner les talons et lui faire face de nouveau pour pouvoir pénétrer mon appartement. Je me suis approchée de l’ascenseur, appuyant sur le bouton. J’espérais qu’il n’était pas reparti chez lui parce que je devrais appeler un taxi et il se trouvait que je n’avais pas d’argent sur moi… tout était dans mon sac à main! Mais quand les portes s’ouvrirent, devinez qui se tenait devant moi, me tendant mon sac à main avec un sourire désolé ?

Gil Grissom !

D’un geste brusque, j’ai saisi mon sac à main et j’ai été ouvrir la porte de mon appartement sans attendre. Mais Grissom me suivait. Je dois avouer que je ne comprenais pas. Pendant des mois, il m’avait ignoré, saisissant chaque opportunité pour s’éloigner un peu plus de moi. Et là, il me suivait, refusant de me laisser tranquille alors que c’était exactement ce que je souhaitais… il pouvait franchement être collant !

« Sara… » sa voix m’empêcha de lui fermer la porte au nez. J’ai plutôt relevé la tête vers lui. « Quoi ? » J’étais presque agressive et je le savais très bien, mais je devais me protéger, protéger mon cœur d’une tristesse incommensurable.

« S’il te plait Sara… Laisse-moi entrer… » murmura-t-il. Avec un soupir, je l’ai laissé passer. Je n’étais qu’une poupée de chiffon avec lui. Il savait toujours exactement comment me manipuler, toujours.

Il me prit par surprise, en m’attirant à lui et en posant un doux baiser sur mes lèvres. Je fus encore plus surprise quand je sentis sa langue forcer l’entrée de ma bouche. Ses mains se placèrent délicatement autour de ma taille fine, m’attirant ainsi à lui. J’aurais voulu riposter, me détacher de lui, mais j’en étais simplement incapable. Quand une de ses mains s’aventura sous mon chandail, j’ai trouvé la force nécessaire pour briser notre étreinte.

Je suis détournée de lui. Je savais que si je voyais encore une fois son visage, je serais incapable de résister et je succomberais de nouveau. Il posa ses mains sur mes épaules. « Pourquoi ? » demanda-t-il. Inutile de préciser. Je savais exactement ce qu’il souhaitait me demander.

« Parce que si tu n’es pas là demain matin, je ne serais pas capable de le surmonter… Et j’ai peur que tu me dises que ce n’était qu’un erreur… » murmurai-je, tout en fixant mes pieds.

« Je suis désolé que tu n’ais plus confiance en moi, Sara… J’en suis vraiment désolé… Mais je veux tout faire pour la regagner, crois-moi… Je te jure que demain matin, je serai encore là… Je te le jure sur la tête… d’Erin. » Hum… Difficile de résister. Sur la tête d’Erin ? Depuis quand jurait-on sur la tête des morts ? Il devait être sérieux… Et puis le ton de sa voix me laissait croire qu’il était sincère.

« Laisse-moi t’aimer… » me susurra-t-il à l’oreille.

Puis, sans attendre ma réponse, il déposa des baisers près de mon oreille, descendant lentement le long de mon cou et de ma gorge. Bientôt, je ne pus plus résister et je m’abandonnai à ses baisers doux et à ses caresses étourdissantes…

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Un peu avant que le soleil ne se couche, je me suis réveillée en sursaut. Grissom était toujours à mes côtés, dormant du sommeil du juste.

Étonnamment, une fraîcheur incroyable régnait dans la pièce. Soudain, la porte de ma chambre s’ouvrit et je vis quelqu’un entrer. J’allais réveiller Griss, mais la forme floue se fit plus claire, alors qu’une douce lumière semblait irradier de sa peau laiteuse.

Erin

Bien que je savais parfaitement que c’était impossible, c’était pourtant bien elle. Elle s’assit sur le bord du lit, près de moi et pris ma main. Je ne sentais pas le contact de sa peau sur la mienne, mais tout ça me sembla si réel qu’il aurait été idiot de penser qu’il s’agissait d’un rêve. « Fais-lui confiance Sara… » murmura-t-elle en désignant d’un signe de la tête mon superviseur. « Il t’aime et il l’a réalisé quand il t’a vue à la morgue… Ne t’inquiètes pas… Il ne partiras pas… »

Sa voix n’était qu’un murmure, mais je l’entendais très clairement. « Erin, je suis désolée.. » fis-je.

Elle me rassura d’un geste de la main. « C’était ainsi que tout devait se passer, Sara… » Puis, elle regarda derrière elle et revint vers moi. « Je dois partir Sara… Sois heureuse… »

Elle se leva. Je tendis la main vers elle. « Erin ! » m’exclaimai-je, surprise de ne pas réveiller Griss.

« Tout ira bien Sara… Au revoir… »

Et elle disparut. J’ai reposé ma tête sur mon oreiller et la chaleur que le corps de Grissom diffusait me calma incroyablement. Rapidement, le sommeil vint me chercher et je me rendormis sans problème.

Et le lendemain matin, à mon réveil, Gil était toujours à mes côtés.


marguerite  (14.12.2009 à 00:06)

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