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Jeunesse et protection des mineurs
Cette fanfic ne convient pas aux lecteurs de moins de 16 ans. Elle peut contenir des passages où la violence est suggérée, utiliser un langage susceptible de choquer ou comporter des scènes de sexe non explicites.
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Série : Queer As Folk
Création : 14.06.2009 à 14h51
Auteur : mulderbuz
Statut : Terminée
« Ici, lancez-vous et faites-nous partager les petites histoires que vous imaginez avec les personnages de QUEER AS FOLK » mulderbuz
Cette fanfic compte déjà 41 paragraphes
Je remets ici les petits points à respecter pour poster vos histoires courtes.
Quelques règles:
- On ne vous impose pas de l'envoyer au responsable des épisodes virtuels, la correction est donc de votre responsabilité. Si vous préférez quand même avoir une correction, il se fera malgré tout un plaisir d'y jeter un coup d'oeil avant que vous ne le postiez. N'oubliez pas non plus les correcteurs orthographiques, ils sont d'une aide précieuse.
- Donc de fait, la publication est libre.
- Entreront donc dans ce topic des histoires qui ne dépasseront pas 2 pages Word, Police Times New Roman, taille 12.
Attention malgré tout, nous veillerons à ce que ces quelques règles soient respectées. Tout texte n'y obéissant pas sera supprimé et son auteur prévenu par mp.
Indications: post saison 5, tout public.
Just a magnetism's story
Il le laisse comme ils se sont endormis.
Brian a légèrement grogné quand il s'est glissé hors de son étreinte mais est resté allongé en travers du lit. Il a regardé son corps. Un léger tressautement au dessus de l'omoplate trahissant l'anxiété de le voir partir à New york. Hier soir est peut-être une des premières fois où Justin l'a vu complètement tomber le masque. Son baiser était désespéré. Sans aucun calcul, pas de recherche de plaisir que ce soit le sien ou celui de l'autre. Et aucun anneau, papier ou mot n'aurait pu autant en dire sur le manque et la peur qu'il a lu dans ses yeux..
Il ramasse les dernieres affaires qui trainent encore et referme doucement la lourde porte coulissante.
Le taxi l'attend déjà devant l'immeuble.
Liberty Avenue commence à s'animer. Il a demandé au chauffeur de s'arrêter devant le Diner et de l'attendre , il n'en a pas pour longtemps mais il doit dire au revoir à Debbie.
Elle est en train de servir trois clients dans le box du fond quand elle l'aperçoit. Elle dépose rapidement leus assiettes et se rue à sa rencontre pour l'étouffer dans ses bras. Etrangement, il n'arrive pas à pleurer. Par contre les larmes chaudes de Debbie coulent sur sa joue.
Au bout d'une minute, elle desserre enfin son étreinte. Pour une fois, la plus grande gueule du Diner reste sans voix. Les mots sont coincés dans sa gorge, et elle ne peut que passer une main sur son visage en lui souriant tendrement. Enfin, elle réussit à lâcher quelques phrases.
- Tu as mangé? New York est une putain de grande ville et avant de pouvoir poser tes bagages chez toi..., elle fait une légère pause avant de continuer, ...enfin il te faut des forces!
- Ne t'inquiète pas Debbie ...
- Mais bien sur que je m'inquiète! C'est mon boulot ça de m'inquiéter quand mes petits partent comme ça seuls dans l'inconnu! Qui va prendre soin de toi là-bas hein?
Il sait qu'il ne doit pas s'attarder. Ses yeux commencent à le picoter et si il a réussi à jouer le rôle de l'adulte devant Brian, il sent que le costume s'effrite de plus en plus depuis qu'il a quitté le loft.
- Je ne suis plus un gamin Deb...
- Je sais bien soupire-t-elle. Mais ...
Elle n'arrive pas à finir sa phrase. Il lui fait une dernière bise sur la joue avant de s'éloigner vers la sortie. Puis il revient sur ses pas et s'approche de son oreille pour lui murmurer quelques mots.
- Tu prendras soin de lui d'accord?
Il a raison. Il n'est plus un enfant. Il ne l'a jamais vraiment été. Il sait que lui va gérer ce tournant dans sa vie.
- Bien sur, lui répond-elle. Je garde un oeil sur lui.
L'avion commence son ascension. D'ici quelques minutes, PIttsburgh aura disparu de son champ de vision, dissimulée sous la couche de nuages qui recouvre la ville. Il ferme les yeux. Il espère seulement qu'il ne fait pas une erreur. Il veut croire que New York est le bon choix.
Il l'a senti desserrer son bras pour pouvoir se lever. Il a fait semblant de dormir même si il n'est pas sur de bien savoir jouer ce rôle. Ca ne lui a pris que quelques minutes pour regrouper ses dernières affaires et quitter le loft.
Brian décide de se lever quand il entend le moteur démarrer devant l'appartement. Il sait que le taxi vient de partir.
La cigarette grésille dans le silence de l'appartement quand il aspire longuement sa première bouffée. L'apreté du tabac dans sa gorge est une sensation agréable. Il attend le plus possible avant d'expulser le nuage de fumée à travers ses lèvres tendues. Il reproduit les mêmes gestes jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le filtre entre ses doigts.
L'horloge indique 8 heures. Kinnetic reçoit un nouveau client ce matin. Il doit bientôt partir pour être là pour l'accueillir.
Il part enfin dans la salle de bain et entre sous la douche. L'eau chaude brule sa peau et recouvre d'une fine pellicule de buée toutes les sufaces de la pièce. Il réalise qu'il va devoir de nouveau prendre ses douches seul. Que quoiqu'il en dise, il y a bien longtemps qu'il avait adopté la routine d'un quotidien à deux. Et que tout ça va lui manquer.
Mécaniquement, le rasoir file sur sa peau, les vêtements glissent sur son corps, le café coule dans sa gorge.
Et c'est là qu'il l'aperçoit. Une petite boite noire. Il ne l'a pas vue tout à l'heure la confondant avec celle des alliances toujours sur la table du salon. Il récupère les deux boites et après avoir rangé la plus petite dans le tiroir de son bureau, il s'assoit sur le canapé pour ouvrir la seconde.
Une carte s'en échappe où il reconnait l'écriture de Justin.
Avant de lire, il extrait l'objet serti dans l'écrin. Elle est ancienne, ciselée. Le métal est patiné sur les bords mais le mécanisme toujours intact. Du doigt, il appuie sur le loquet et le couvercle s'ouvre doucement. Il ne peut s'empêcher de sourire. Quand il place le N caractérisant le Nord en face de l'aiguille, la marque rouge sur le bord du quandran indique bien la direction de New York.
"Ne t'avise même pas de penser que mon romantisme me perdra. C'est ton pragmatisme qui le fera. Alors, j'ai besoin d'être sur que tu sauras où aller. Moi je connais le chemin."
Après quelques minutes à observer encore l'objet qu'il tient au creux de sa main, il se lève enfin et la glisse dans sa poche. Il ya bien longtemps, il a porté une écharpe ensanglantée jusqu'à ce qu'un adolescent aux yeux bleus le libère. C'est un artiste désormais homme qui lui permettra de continuer sa route.
Saison 1 / Episode 1: The face of God

Sur la piste de dance, les yeux sont hypnotisants et la bouche vorace. Dans la backroom, le geste est plus lent et l'espoir d'être satisfait plus incertain. A l'extérieur de la boite la voix est sèche et le geste blasé. Pittsburgh devient trop petit pour Brian Kinney.
Jusqu'à une apparition, un adolescent au visa d'ange nimbé d'une lumière électrique. Digne des pires soaps américains. Mais pourtant, impossible de ne pas s'approcher.
Il entend vaguement les jérémiades de Ted, Emmet et Mickael.
Mais ce soir il a mieux à faire que de jouer les taxis. Ce soir un met très spécial vient de s'offrir à lui. Et il se refuse d'y résister.

Vous avez déjà vu un animal pris dans les phares d'une voiture?
A l'intérieur il se sent comme ça. Piégé. Incapable de bouger. Déjà persuadé de connaitre la fin de l'histoire. Mais qu'importe la douleur du choc, avant de se vider de sa dernière goutte de vie, il est sur de recevoir. Bien plus qu'il ne l'aurait imaginer.
Et de toute manière il n'est déjà plus question de ça. Il veut tout lui donner. Ne rien garder.
Cette nuit, il a vu le visage de dieu. Et son nom est Brian Kinney.
Il n'a jamais vraiment cru en un un être supérieur, il n'a jamais voulu remettre sa vie entre les mains d'une quelconque force divine.
Le jeu vient de changer.
Désormais, sa foi est sans limite.
Saison 1 / Episode 1: There's always one solution
Etrange cette sensation. Dérangeante même. Il n’est pas habitué.
Pourtant dès que Linds a déposé Gus dans ses bras et qu’il a senti ce petit tas de chair vivant dans ses mains, il a compris qu’il pourrait l’aimer. Il ne savait pas si il serait capable de le faire correctement, mais il savait qu’il pourrait le faire.
En avoir envie était une autre affaire. On ne se forge pas une vie centrée sur soi-même pour accepter brusquement de s’oublier au profit d’un être braillard et chiard. Mais il se sent prêt à lui faire une place. Il ne sait pas encore laquelle mais c’est une certitude.
Peut-être même qu’il lui fera oublier ce que le sien lui a fait. Ou ce qu’il n’a pas su faire.
Vraiment étrange cette sensation. Au creux de sa main, il a senti les battements du cœur de son fils. Un être vivant, qui n’attend de lui que de l’amour. Rien d’autre.
Merde, mais qu’est ce qui lui a pris ?

Monter sur cette rembarde et sauter. Oublier le temps qui passe et la responsabilité nouvelle qui s’abat sur ses épaules. Même si il sait qu’il ne sera qu’une présence éphémère. Qu’il ne volera que quelques minutes de son temps pour suivre l’évolution de son fils. Un fils ça veut dire être un adulte. C’est accuser le temps qui passe.
Oui, pourquoi pas se jeter dans le vide ?
Tout arrêter maintenant, alors qu’il est au fait de sa beauté et de son aura. Il est Brian Kinney, le meilleur coup de Pitsburg, le plus beau mec de la ville. Il est celui avec qui on veut être, celui que tout le monde jalouse, que tout le monde aime.
Mais qui l’aimera quand il sera grisonnant, bedonnant, quand bander ne sera possible qu’à coup de pilules, quand baiser ne sera qu’épisodique et surement contre monnaie trébuchante, quand vivre ne sera qu’un pas de plus vers une mort affligeante écoeurante ? Qui voudra encore de lui quand il ne sera plus que Brian Kinney, sexagénère usé, inconnu dans la masse grouillante de la jeunesse d’une ville sans cesse renouvelée ?
Saison 1 : God loves us, but Brian don't.
Le Babylon. Sa musique, ses couleurs, sa faune, sa moiteur et ce désir omniprésent qui flotte au dessus de la piste de danse.
Un inconnu se penche à son oreille et lui sussure quelques mots explicites. La question se perd dans un murmure quand Emmet se met soudain en mouvement devant lui. Son bassin oscille langoureusement, sa main virevolte haut devant lui.
La musique est trop forte et Brian n’entend pas la réponse d’Emmet mais le suit des yeux descendre l’escalier vers la backroom avec son coup du soir. Il s’accoude au bar et récupère le verre d’alcool qu’il vient de commander.
Il n'aime pas Emmet. Comment s'attacher à cette silhouette longiligne en permanence en mouvement? Comment sourire à son impertinence toujours drôle? Comment apprécier sa sensiblerie associé de manière si incongrue avec une telle force de caractère? Comment respecter celui qui ne baissera jamais les yeux face à lui et qui sera le seul à l'affronter?
Son regard glisse le long du bar et il aperçoit Micky et Ted en train de discuter.
Il n'aime pas Ted. Ted est faible. Ted a du coeur. Ted est amoureux de Micky. Ted est insignifiant. Ted donnerait sa chemise pour aider ses amis. Ted n'a rien en commun avec lui. Ted est un ami.
Il aime Micky. Il l'aimera toujours. Micky a cette fragilité et cette candeur qui l'ont abandonné depuis si longtemps. Micky est le seul autorisé à le voir pleurer. Micky est son monde. Mais Micky ne doit pas le savoir.
La foule s'écarte devant lui et Brian l'aperçoit. Un adulte dans un corps d'adolescent. Bien plus vieux que lui comme Justin aime lui rappeler. Sa blondeur et son torse imberbe ont un succès fou au Babylon. Au loft aussi.
Il ne doit pas aimer Justin. Il ne l'aimera pas. Il ne s'en laissera pas le droit.
Saison 1: Deb, Debbie ,Ma, Sis, ... Debbie Novotny
Le temps a fait son œuvre. Elle les a vu grandir, passer de l’adolescence à l’âge adulte en un rien de temps. Son petit a quitté le nid.
Elle est tristement heureuse du malheur de Vic. Elle n’aurait pas pu rester seule. Sa présence fantomatique dans la maison la rassure quand elle rentre dans la nuit après sa journée de travail. Elle sait qu’il n’ y aura pas que l ‘écho de sa voix à résonner dans les pièces du pavillon. Il rira peut-être même.
Ils danseront avec complicité sur les tubes d'une jeunesse depuis longtemps disparue. Ils blagueront sur les dernières trouvailles d’Emmet, sur les dernières mésaventures amoureuses de Ted. Il tentera encore tant bien que mal de la rassurer sur l’influence dévorante de Brian sur son fils.
Elle l’a senti dès le premier jour. Une mère sent toujours ces choses-là. Un admiration sans bornes, un regard lumineux. Celui que Mickael aurait pu poser sur son père si elle avait eu le courage de lui dire la vérité. Mais non, c’est un ado beau comme le diable qui a pris la place. Une aura éblouissante. N’importe qui aurait pu le voir. Un pauvre gosse dotée d’armes qu’il s’est appliqué à travailler et entretenir. Tenir ceux qui l’avaient tant fait souffrir sous son pouvoir pour mieux les manipuler. Devenir le maitre du monde. De Pittsburgh en tout cas. Liberty Avenue indubitablement.
Et du jour où son fils lui a présenté Brian Kinney, elle a su. Qu’il serait à jamais un élément incontournable du bonheur de son fils. Et elle l’a accepté. Il ne lui a pas laissé le choix
Saison 1: History of violence
Il ne sait même pas pourquoi il est là ce soir. Enfin si, pour lui, parce que malgré tout, il aime Mickael et il veut essayer de le récupérer.
Mais le cadeau hors de prix dans sa petite boite n'a pas fait le poids face à cet idiot engoncé dans un justaucorps fluo. Il a perdu la bataille contre une énième bande dessinée narrant les aventures d'un quelconque héros masqué.
Kinney sait comment tenir et retenir son sérail.
Puis alors qu'il est sur le point de partir blasé et quelque peu désespéré, la roue tourne.
Soudain dans son champ de vision, une frêle jeune femme, un peu paumée dans cette foule bigarrée se tient devant lui. Il sent le bras de Kinney autour de ses épaules. Il entend la voix lente le présenter.
Il répond poliment, la force de l'habitude, même si il sent que quelque chose se trame. Et la phrase sort comme une bombe.
Tracy a disparu, il ne voit plus que le visage de Mickael anéanti et enregistre simultanément ce qu'est en train de dire son meilleur ami.La douleur dans le regard de Mickael est comme directement connectée à son poing qui s'écrase violemment sur la joue de Kinney. Il a senti le choc de l'os sur l'os. Il s'est à peine rendu compte de la chair entre les deux, pourtant la lèvre de l'autre saigne. La seule chose qu'il retient, c'est la résonance qui se propage le long de son bras, ses doigts encore pliés qu'ils tient toujours serrés.
Il ne veut plus rien entendre. Il ne veut pas analyser ce qui vient de se passer. La seule chose qui lui importe maintenant, c'est Mickael.
La soirée s'annoncait bien en dépit du manque évident de glamour du mode de transport qui allait les ramener au loft. Une nuit plutôt riche en perspective au vu du regard plein d'attente de Justin et de promesses pour Brian.
Puis sans crier gare, les coups pleuvent.
Il se retrouve recroquevillé sur l'asphalte, protégeant sa tête et son abdomen des pieds qui l'assaillent.
Vingt ans après, les automatismes sont toujours là. Prompts à revenir en cas d'urgence. Kinney père a bien fait son travail.
Dans un brouillard, il entend des voix qui crient autour de lui. Il reconnait celles de Justin et de Mickael.
Il n'est plus un enfant, plus personne désormais n'a le droit de lui faire du mal. Alors dès que les coups s'arrêtent, il se relève aussitôt et s'apprête à se ruer sur son assaillant.
Et c'est là qu'Emmet lui dit. Et c'est aussi là qu'il réalise qu'il n'a pas son mot à dire.
Il assiste impuissant à l'échange entre le père et le fils, et réalise soudain que sa douleur physique n'a rien d'équivalent à celle qu'il entend dans les mots répétés inlassablement par Justin.
Marrant comme parfois l’esprit s’attache à des détails. Alors que son être tout entier devrait rejeter en bloc la scène qui vient de se jouer sur la piste de danse, dégoulinante de mièvrerie, il ne retient que son sourire éblouissant et sa silhouette encore dansante s’éloignant dans son rétroviseur.
Il voit trop tard l’autre arriver. Il comprend trop lentement ce qu’il tient dans sa main. Il est trop loin pour l’arrêter. Et quand sa porte s’ouvre, c’est le bruit de la batte sur la tempe de Justin qui éclate dans le parking. Mat et aigu à la fois. Encore et encore pendant qu’il se rue sur son agresseur et qu’il le frappe avec sa propore arme. Dissonance brutale et innapropriée.
Il se rue sur le corps gisant sur le sol, immobile, ensanglanté. Le bruit de l’impact continue à rebondir sur les murs bétonnés, il ne le quitte pas. Il parle pour qu’il quitte sa tête, il crie pour le faire taire.
Vainement.
Éclaircies…
7h, vendredi, il pleut. Il est tôt, je me retourne dans le lit et comme toujours je suis seul. Seul depuis 6 mois tous les matins, tous les jours, toutes les nuits enfin presque toutes. 6 mois que chaque matin j’ouvre les yeux en souhaitant être ailleurs, à 500 km, avec lui… Je n’ai pas le droit de me laisser aller, il ne faut pas. Je dois réussir, pour lui, pour moi. C’est le prix à payer pour enfin vivre ma vie avec lui.
7h, vendredi. “Bonjour Pittsburgh, il est 7h et tout de suite la météo nationale. Temps gris sur New-York pluie prévue toute la journée avec une légère amélioration dans la soirée mais le froid persistera jusque tard dans la nuit…“
“Au diable New-York“ Tous les matins c’est le même cirque. Tous les matins je me réveille seul et la radio me force à penser à lui, encore. Je prends ma douche seul, je n’ai plus l’habitude, elle aurait du revenir mais non, je ne m’y fait pas, la douche c’est toujours mieux à deux. C’est toujours mieux avec lui. Je vais aller au boulot, et je ne penserais pas à lui, pas avant ce soir quand je serais de nouveau seul.
10h, vendredi. Je dois rencontrer un autre artiste. Celui avec qui je vais partager l’expo, ma première expo. Je me présente, il en fait de même. Mes yeux se ferment, je ne rêve pas il s’appelle bien Brian.
11h, vendredi. Je reçois un nouveau client aujourd’hui. Une crème solaire, voilà le produit que je dois vendre. J’ai déjà mon idée. Ce que je n’avais pas prévu c’est que le produit porte son nom; Sunshine.
18h, vendredi. Je rentre chez moi. Ce n’est pas vraiment chez moi. Je fais comme si. Dans le taxi la musique m’entoure. Je ferme les yeux, je suis fatigué. La musique s’arrête sur la voix du présentateur qui annonce le titre suivant, Chiquititade Abba. Là, ses mots me reviennent comme un boomerang en pleine figure “Celle là je te promets que tu ne l’oublieras pas…“
Je descends du taxi, j’ai froid tout d’un coup.
20h, vendredi. J’allume la télé, le bruit de fond me donne l’impression de ne pas être seul pour manger. Pour manger chinois comme toujours. Les informations annoncent un autre tragique “incident“, un homme tabassé à mort pour avoir était gay. Les souvenirs remontent, son sang, ma douleur, ma peur… Je suis là, debout, et j’ai froid tout d’un coup.
00h00, samedi. New-York est calme. Qui aurait cru que le silence puisse être aussi assourdissant. Seul, je pense, tout me rappelle son absence, mon départ. J’ai besoin de lui, de sa peau, de sa voix.
7h, samedi. “Bonjour Pittsburgh, il est 7h et tout de suite la météo nationale. Le beau temps est enfin revenu sur New York…“
Cette fois le réveil ne résista pas au coup que je lui portais. La douche, le petit déjeuner pas assez consistant, le départ pour la salle de gym, tout s’enchaîne… Comme tous les jours depuis ces 6 foutus mois… Je prends mes clés, ouvre cette porte toujours aussi lourde...
Il est là, devant moi. Le sourire aux lèvres. Ce sourire qui lui a valu son surnom. Je souris moi aussi, la surprise me laisse sans voix. Je le tire vers moi… Je sens sa peau, son odeur, sa respiration… Il m’a manqué comme toujours. Je n’ai pas écouté la météo en entier ce matin, comme tous les matins d’ailleurs, mais je sais qu’aujourd’hui le soleil est revenu sur Pittsburgh aussi…
Saison 2 / Episode 1: Guilty or not guilty
Il l"aime bien cette infirmière. Et il sent que c'est réciproque. Elle ne lui a posé quasiment aucune question. Ca l'a étonné au début et puis il a oublié.
Quand il se tient face à cette vitre, il a du mal à penser à autre chose.Le voir allongé dans ce lit, s'agiter, et se sentir si impuissant. Et coupable.
Justin était resté trois jours entre la vie et la mort. 72 heures pendant lesquelles il ne tenait que par la présence de Micky à ses côtés. Silencieux, mais la main toujours à portée de son bras, de sa joue. Une présence sans laquelle il ne sait pas ce qu'il serait advenu. Après tout il s'en fout.
Et puis il est enfin sorti du coma. Et c'est là que tout est parti en vrille.
Il lui était impossible d'affronter son regard. Alors il a fui; et de toute manière Micky n'était plus là pour le remettre dans le droit chemin.
Il a repris son quotidien comme si de rien n'était. Il sentait bien les regards lourds de sens et les reproches murmurés quand il venait prendre son café au Diner.
Après quelques remarques bien senties de Debbie et un long monologue affectueux de Linds sur le fait que Justin aurait surement envie de le voir, les mots ont glissé, perdus dans la douce ouateur de son cerveau en permanence sous alcool et poppers.
Toujours sous controle, toujours apte à rendre une bonne copie à l'agence, mais suffisant pour le laisser déconnecté et que les heures de la journée filent jusqu'au soir.
C'était la nuit que les choses se gâtaient. Le loft ne le rassurait pas et la backroom n'assurait pas son office de dérivatif. "Pain management" aimait-il se dire quand il noyait son mal être dans la bouche d'un anonyme.
Au bout d'une semaine, il a compris que ça ne marchait pas.
Alors nuit après nuit, il vient se poster devant la vitre.
Dès qu'il sort du Babylon, après avoir écumé les dédales de la backroom et quand la vision de son corps gisant sur le sol froid du parking se superpose aux corps entremêlés autour de lui, il vient prendre possession de ce couloir d'hopital.
Elle ne le juge pas, elle prend même soin de lui à sa manière. C'est une présence inconnue mais qui a justement le mérite de ne pas le connaître. De ne pas savoir qui est Brian Kinney.
Elle ne sait pas que tout est de sa faute. Pourtant lui il sait.
Il sait que Hobbes n'a pas frappé la bonne personne.
Saison 2 / Episode 6: Under the wire
Fais chier Debbie!
Peut pas se mêler de ses putains d'affaires et me laisser broyer du noir dans mon verre de whisky hein?
Et qu'est ce qu'il vous a tous fait pour qu'à chaque fois vous le défendiez bec et ongles et qu'on me mette tout sur le dos?
Et qu'est ce que moi j'ai fait après tout? Baiser un mec de plus? C'est mon loft, mon canapé, ma vie merde!
Et d'abord pourquoi je suis là à m'en faire? Sale petit con!
Les boules argentées, la musique techno, les corps en sueur, l'odeur de sexe qui monte de la backroom ... Mais pour l'instant le trouver lui. Il l'aperçoit danser avec un autre, l'embrasser, lui sourire ...
Rien à foutre.
Il envoie l'intrus bouler en une phrase et se plante devant lui. Justin le regarde interrogateur, mais finalement pas si surpris que ça.
Ecoute bien ce que je vais te dire Sunshine. C'est le mieux que je puisse faire. Mais ça a le mérite d'être sincère. Et je te crois suffisamment intelligent pour savoir lire entre les lignes. Je ne peux pas te donner plus.
Les lumières de la boite dansent sur les visages. Immobiles au milieu de la piste, c'est un étrange manège pour qui tend l'oreille. Poser les bases d'une relation dans le brouhaha du Babylon, entériner la réalité de sentiments qui resteront des non-dits. Mais enfin mettre des mots. Enrober la violence de ce qu'il ressent pour Justin sous l'arrogance et le mépris de ces couples qu'il abhorre.
J'aime voir que ce que je te dis ne t'effraie pas. Je ne peux pas croire en l'amour. Mais j'ai besoin de t'avoir près de moi, de savoir que quand je rentre je ne serai pas seul. Toi à la différence de ceux que je quitterai aussi sec, toi ce n'est pas qu'une histoire de baise. Mais j'ai besoin d'eux aussi. Ils sont là pour me rappeler que je reste Brian Kinney. On n'enterre pas le personnage aussi vite. Il est là pour me tenir chaud dans les moments de doute.
Justin reste imperturbable. Après tout, il ne lui demande pas vraiment de changer. Qu'avait dit Mickael? Un autre ouragan sur la côte de Floride? Il a raison. Mais hors de question de n'être qu'un jouet et de subir. Si lui doit accepter les règles de vie et de baise de Brian, Brian aussi devra faire un pas vers lui.
J'aime te voir ainsi et assumer. Je n'ai jamais voulu d'un jouet à mes côtés. Plus maintenant en tout cas. Tu ne m'as jamais décu. Ton courage m'impressionne toujours autant. Et là encore, tu m'impressionnes. Tu as raison, tu es bien plus jeune que moi par l'âge, mais bien plus mature que moi. J'accepte tes règles. Une bravade pour la forme, grapiller une heure en plus pour mes virées nocturnes. Après tout, rien de bien difficile dans ce que tu me demandes.
Justin a fini d'énoncer les points non négociables. Il sait qu'ils viennent étrangement de consolider le drôle de couple qu'ils forment aux yeux des autres. Mais qu'importe, ce sont leurs corps qui s'enlacent, leur bouche qui se collent, leur langue qui se cherchent. Et ils savent pertinemment que ce soir ils rentreront tous les deux, ensemble.
Je t'aime. Debbie a raison. Mais ça, je ne te le dirai pas ...