Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Jeunesse et protection des mineurs
Cette fanfic ne convient pas aux lecteurs de moins de 16 ans. Elle peut contenir des passages où la violence est suggérée, utiliser un langage susceptible de choquer ou comporter des scènes de sexe non explicites.
Ce pop-up te demande, lors de ta première connexion sur cette fanfic, de certifier que tu es âgé de plus de 16 ans pour pouvoir la lire. Si tu valides, ce pop-up n'apparaîtra plus. Si tu annules, ce pop-up réapparaîtra lors de ta prochaine visite.
Nous comptons sur ta franchise pour cliquer sur le bouton approprié :
Série : Queer As Folk
Création : 14.06.2009 à 14h51
Auteur : mulderbuz
Statut : Terminée
« Ici, lancez-vous et faites-nous partager les petites histoires que vous imaginez avec les personnages de QUEER AS FOLK » mulderbuz
Cette fanfic compte déjà 41 paragraphes
Saison 4 : Top or bottom
Finalement il aime bien cette sensation sous sa main. Les cheveux courts effleurent sa paume pendant que Justin finit de le faire jouir.
Il l’amuse son révolutionnaire. Le voir s’enflammer l’excite aussi. Sauf peut-être quand l’ombre d’une vraie violence apparaît. La marque sur son dos l’a inquiété un moment. Il n’est pas prêt à subir ça à nouveau.
Alors qu’il veut lui rendre la pareille, il sent Justin se contracter, le contrer, le chercher. Renverser la tendance.
De guère lasse et parce qu’il veut garder le contact avec sa peau, il accepte de le rejoindre. Leurs mains jouent, s’entrechoquent rapidement.
Il sent pourtant que Justin n’est pas dans le même état d’esprit que lui.
Vindicatif, agressif même. Il ne voit même pas le coup partir. Lui ne veut que le ramener au lit. Pour finir ce qu’ils ont commencé.
Le second choc le sonne quelques instants et instinctivement il réplique, désirant par là marquer la fin du jeu qui de sexuel vient de passer à tout autre chose.
Mais Justin ne l’entend pas ainsi et le plaque au sol. Pendant qu’ils se confrontent physiquement, il se surprend à dire des mots qu’il n’aurait jamais pensé prononcer.
They’re not all assholes.
La rage qu’il sent chez Justin galvanise ce dernier et lui finit vaincu. Sous ses mots et sous son corps.
La séance de boxe avec Cody trotte toujours dans sa tête. Il sent encore la bouffée d’adrénaline qui a irrigué tout son corps. Il est resté victime trop longtemps. L’agression de Darren a fait remonter beaucoup trop de choses. Contrairement à ce qu’il pensait, il n’a pas tiré un trait. La milice lui donne enfin la sensation d’agir, de sortir de la torpeur où il s’était caché depuis deux ans.
Les gestes presque tendres de Brian ne lui suffisent pas. Il veut prendre les choses en main.
Il le provoque, jouant sur la corde sensible. Il sait que lui rappeler son âge va le faire réagir.
Il aime ce corps. Les années ne l’ont pas marqué, les muscles souples sous la peau de son amant bougent vite, ses gestes sont surs. Mais lui aussi a appris quelques trucs.
Il sourit quand il voit Brian se masser le menton douloureusement après qu’il l’ait touché. La riposte arrive aussi vite.
Alors que Brian veut mettre un terme à leur affrontement, lui n’en a pas fini. Il a trop de choses sur le cœur. Une violente bouffée de haine lui monte à la gorge. Et tandis qu’il est emprisonné sous le corps de Brian sur le sol du living, il reprend mot pour mot les phrases entendues si souvent dans la bouche de son compagnon. L’élève prend enfin le pas sur le maitre.
You always said there’s only two kinds of straight people in the world, the ones that hate you to your face and the kind that hates you behind your back.
Le sexe et la rage se mélangent. Il ne fait plus de différence. La seule chose qui importe, c’est de ne plus subir.
Saison 4 / Episode 14: A question of timing
"I want you to move back in ..."
Plus que de l'incompréhension, c'est une choc cette phrase. 4 ans que Justin attend qu'il lui dise. Une semaine qu'il s'est fait la reflexion qu'il ne l'espérait plus.
Les lumières de L.A. ne brillent pas plus que celles des spots du Babylon mais elles ont l'avantage de lui faire oublier que sa relation avec Brian n'évolue pas. Qu'il reste un passager clandestin du loft. A temps quasi complet c'est vrai. Mais pas permanent.
Alors l'annonce est doublement brutale.
Tout d'abord parce comme le lui avait si bien dit Mickael, il était normalement un fin analyste du manuel Kinney et qu'il avait fait un trait sur ce genre de proposition.
Il se rend compte que finalement, sous cette façade tranquille et détachée de tout, son cancer l'a fortement perturbé. Soudain ces fameuses phrases toutes faites de "mieux vaut mourir jeune et beau que vieux et décrépi" ont pris un gout de réalité un peu trop crue. Qu'après tout, la vie pouvait représenter un quelconque intérêt, même passé la quarantaine. De surcroit, un road trip sur le bitume d'Amérique du Nord lui avait vraiment laissé le temps de réfléchir.
Mais il n'aurait jamais imaginé ça malgré tout. Que Brian Kinney fervent défenseur du plaisir avant tout, pourfendeur de l'étendard hétérosexuel se laisse avoir et veuille former avec lui un couple normal. Quoique ... Comme il lui a si bien dit, ce n'est pas un package avec mariage et famille cumulés. Mais l'entendre lui proposer, qu'il ait tout simplement accepté de lui demander, il le sait, c'est une déclaration à la modeste mesure de ses capacités affectives. C'est admettre indirectement mais oralement qu'il tient à lui et qu'il a besoin de lui.
Par contre, la révélation de Brian manque cruellement de timing. Pourquoi maintenant?
Juste quand il vient d'accepter la proposition de Brett de travailler sur le tournage de Rage. Alors qu'il accepte enfin de mettre ses désirs aux premiers plans. Alors qu'il veut oublier ce fantasme de couple classique et improbable dans le concept de vie établi par le sieur Kinney.
Il sait très bien que Brian ne l'empêchera pas de partir, qu'il n'émettra même pas le possible tiraillement de se voir non pas refuser mais tout au moins repousser sa proposition. Car malgré tout, il ne l'a jamais obligé à quoique ce soit pour lui. Bien au contraire.
Mais Justin sait aussi que c'est son acharnement et sa persévérance qui ont eu la peau de la carapace. Il aurait pu baisser les bras, il aurait pu fuir, chercher ailleurs ce qu'il n'arrivait pas toujours à décoder dans les phrases et les actes de Brian. Il l'a même fait, sans succes. Aimer Brian Kinney n'est pas une mince affaire. Mickael l'avait prévenu. Dès la première fois. Et pourtant non. Aucun regret. De toute manière son coeur ne lui a jamais laissé le choix.
Alors se battre pour lui, voire se battre contre lui et ses idées reste un leitmotiv et il a confiance. Malgré L.A.
Oui il ira. Rage est son enfant, son projet le plus important. Rester ici équivaudrait à l'abandonner à des vautours en qui il a une confiance toute relative.
Même son escapade musicale loin de lui et avec un autre n'a pas réussi à détruire ce lien si particulier qui les unit. Que pourrait contre ça quelques milliers de kilomètres et l'effervescence de voir enfin en chair et en os la réalisation de leur B.D., de surcroit sous les traits du très séduisant Connor James? Qui pourrait contre ça à part lui-même?
Fuck Brian! Pourquoi maintenant?
Saison 5: Gay as Blazes in real life
Et cette femme en pâmoison devant Emmet!
Elle n'avait d'yeux que pour lui, fantasmant sur l'eunuque efféminé et désexualisé qu'il vantait sur les écrans de télévisions.
Il a renié tout ce que nous sommes en acceptant ce rôle de faire-valoir d'une communauté hétéro bien-pensante. Cautionné par cette femme sans âge venue l'embrasser comme on serre un gamin qui a réussi son premier château de sable!
Elle ne m'a même pas jeté un regard en me repoussant pour s'approcher de lui. Toute son attention était portée sur lui, la nouvelle coqueluche, justification du quota d'homos dans les médias.
Mais que penseriez-vous de lui Madame, si vous le voyiez dans la backroom le soir au Babylon? Les yeux révulsés, jouissant outrancièrement pendant qu'un inconnu lui enfonce bien profond dans la pénombre d'une pièce surchauffée perdu sous les râles d'une foule en rut?
Bien plus facile de s'attarder sur son sourire et ses yeux bleus.
Bien plus simple de m'éviter en me repoussant au loin.
Je suis un homo qui n'a pas peur de ce qu'il est et de ce qu'il fait. Je suis trop sexué pour vous, je baise et ça se voit sur mon visage.
Saison 5: always have, always will... Really?
Ca a commencé un soir comme tous les autres soirs.
Les portes se sont ouvertes pour me laisser passer, les vigiles m'ont salué d'un hochement de tête et les regards ont glissé sur ma silhouette avec concupiscence.
Une nuit comme toutes les autres nuits au Babylon.
J'ai rejoint les autres accoudés au bar, j'ai moqué l'assurance de Ted qui grâce à son physique relifté se prend pour le nouveau Don Juan de Pittsburgh. J'ai laissé mes yeux scruter la foule pour trouver celui que je mènerai dans le VIP room tout à l'heure. Ted indirectement me l'a indiqué, un adonis blond et musclé, le cheveu long et l'assurance dégueulant de sa longue silhouette emprunte d'une gaucherie presque touchante sur la piste de danse.
Quand je me suis décidé à l'approcher il s'est éloigné vers le fond de la boite. Il était temps que le chasseur piste sa proie. Pendant que je le suivais, j'ai constaté que tous les regards convergeaient vers lui.
Beau. Jeune aussi. Il les a laissé le suivre dans la backroom, l'approcher et se pencher sur son bas ventre, plein d'assurance. Rien n'aurait pu l'atteindre. Il était le centre du monde.
D'une attitude, j'ai envoyé balader le prétendant du moment. Face à face, ne le quittant pas des yeux, mon doigt a erré sur son torse pour descendre vers son jean.
Sa main sur mon poignet m'a brulé comme l'enfer quand il a éloigné la mienne de sa ceinture. Il m'a lancé un dernier regard blasé et suffisant et s'est esquivé pour s'installer quelques mètres plus loin. Un corps anonyme s'est agenouillé devant lui et l'a sucé. Là, devant moi, immobile.
Je n'ai pas pu m'empêcher de le fixer. Je me suis vu à travers lui, l'impression de regarder dans un miroir. Sauf que dans la glace, le visage était plus las, les traits plus marqués.
Je ne peux pas le laisser faire. Je dois lui montrer qu'il n'est qu'une pale copie, un erzatz.
Le règne de Brian Kinney est loin d'être terminé.
Saison 5 / Episode 506: HOT
Le miroir a toujours été son ami, le seul à voir clairement en lui, comprenant cette obsession maladive pour la préservation de son physique.
Les autres imaginent qu'il y a plus, que derrière cette façade alléchante subsiste un quelconque intérêt.
Ils ne saisissent pas que sans le regard des autres, les cris de jouissance des autres, les bouches des autres sur lui, les mains des autres qui caressent son corps, il n'est plus rien.
Justin ne le comprend pas.
Logique après tout, il est la jeunesse éternelle incarnée, un visage d'ange innocent que le temps n'atteint pas. Sa vie est encore à écrire.
Brandon est sa préoccupation du moment, la menace à éradiquer, le symptome malfaisant de la perte de son statut de mâle dominant. Il est le symbole vivant du temps, cette force implacable qu'il cherche désespérément à anihiler, à tromper.
Toujours se battre pour rester le meilleur, toujours rester devant. Etre le plus beau, être le plus intelligent, être le plus performant, dans les affaires comme dans le sexe.
Et cette attention permanente pour conserver ce statut doit faire fi des éventuels dommages collatéraux.
Il l'entend murmurer devant l'ordinateur. En faisant même attention il pourrait comprendre le sens des mots.
Mais après tout, est-ce bien nécéssaire? Il a déjà compris.
Justin fera partie des dommages collatéraux.
L'image que lui renvoie son miroir concentre toute son attention, il ne peut pas s'attarder sur la distance que semble prendre son jeune amant. Il ne veut pas.
Choisir sa chemise pour affronter la foule du Babylon et récupérer son trône.
Oublier le sillon qui commence à creuser le coin de son oeil, taire les voix qui en appellent d'autres dans la foule de la Backroom, retrouver l'aisance des années insouciantes où tous les regards ne convergeaient que vers lui.
Et surtout taire la voix douce de Justin qui stigmatise la distance qui les sépare maintenant.
Titre : One, two and more…
Auteur: cinto
Des mois après le 513 et le retour de Justin à Pittsburgh
Au loft :
- Tu sais Brian, on n'a jamais pu aller à Ibiza. Alors, j'ai eu une idée: tu vas souffler un peu dans cette campagne électorale et on va s'accorder le week-end de la trève là-bas.
- Justin, j'avais un autre projet pour ce week-end là. Je veux voir la bande; je ne les vois plus avec cette élection. On ira au Babylon comme avant, faire la fête dans la backroom.
Justin était déçu. Il voulait être seul avec Brian, ce qui ne lui arrivait pas souvent depuis que Brian avait décidé de poser sa candidature au poste de gouverneur. Justin pensait qu'il parviendrait à convaincre Brian de passer ce week-end à Ibiza.
Et il eut raison. Finalement, Brian lui promit de repasser par Pittsburgh après son discours, pour ensuite partir ensemble à Ibiza.
Puis Brian repartit pour sa campagne et Justin pour son atelier. Et là, tout à coup, dans l'atelier, une évidence s'imposa à lui: Brian et lui n'avaient jamais eu les mêmes désirs au même moment ! Ils n'avaient jamais été synchrones dans leurs besoins, leurs envies. Pour preuve, quand Brian avait proposé à Justin de vivre chez lui, il était parti à Hollywood; quand Justin était revenu de New York, Brian avait décidé de parcourir le pays pour sa campagne. C'est sûr, il gagnerait. Il avait déjà essuyé des attaques, des coups bas sur sa vie privée et son passé mais son charisme et son intelligence avaient balayé toutes les agressions.
Dans cet atelier, Justin était atterré par son mauvais pressentiment pour à Ibiza.
Le jour prévu, Brian appela Justin au téléphone :
- Mon ange, je ne peux pas venir à Pittsburgh ce soir. La réunion est reportée à demain. Je sais que tu vas être extrêmement déçu mais c'est très important.
Justin comprit au ton de Brian que c'était foutu. La colère, la déception, l'impression d'être secondaire le dominaient et l'attristaient.
- Nous aussi, c'est important. Tu me fais quoi, là ? Tu crois que c'est gagné avec moi? Tu as un mec à baiser, c'est ça ?
Brian aussi décela l'état de Justin dans sa colère froide mais il n'était pas du genre à plier.
- Justin, je ne peux pas faire autrement . Ibiza peut attendre !
- Mais moi, je n'attendrai pas !
- Et bien, vas-y !
Brian comprit qu'il risquait gros mais rien ne l'empêcherait de réaliser son projet et bien sûr, le départ probable de Justin pour Ibiza l'arrangeait tout à fait.
Justin pensa que la trahison n'était pas loin et que Brian ne changerait jamais, bien qu'il lui en ait donné l'impression depuis plusieurs mois; en fait depuis que Brian lui avait avoué son amour, il semblait apaisé et avoir chassé ses vieux démons, comme une libération.
A cet instant, Justin douta parce qu'il savait aussi que Brian pouvait être incontrôlable à tout moment. Et Justin s'envola pour Ibiza avec le souvenir amer du voyage fait jadis dans le Vermont, sans Brian aussi.
A son arrivée dans la villa sur la plage, louée pour l'occasion, il eut ce sentiment de «déjà vu ». Outre le scénario qui se répétait, cela venait plutôt de la vague odeur de cigarette qui flottait encore, sans doute la trace du locataire précédent. Justin traîna son sac jusque dans le salon et regarda autour de lui. La villa était meublée de façon moderne, sobre et chic, avec un canapé blanc comme dans le loft et une table basse sur laquelle était déposée une petite bouteille d'eau de marque française, sans doute en signe de bienvenue de la part de l’agence. Dès qu'il la vit, Justin pensa au désir qui s'était emparé de lui quand Brian s'était rafraîchi avec cette eau, le soir de leur rencontre sur Liberty Avenue. Il alla sur la terrasse qui dominait la mer bleue; un petit vent marin lui carressa le visage et fit onduler ses cheveux blonds. Il remarqua un tissu noir qui en dépit du vent restait accroché au bois de l'escalier menant vers la plage.
"On dirait un débardeur noir comme ceux que porte Brian", pensa Justin et il s'en voulut aussitôt de tout ramener à son amant.
Quand il rentra dans la villa, il fit le tour du coin cuisine et vérifia machinalement le contenu du réfrigérateur. Enfin, il reprit son sac abandonné au sol et le tira jusqu'à la porte de la chambre qu'il ouvrit.
- Eh bien! Tu en as mis du temps, mon ange !
Brian, souriant, à demi-nu, fumait dans le lit, sans lâcher Justin du regard.
Justin était abasourdi mais plus rien ne l'étonnait vraiment de la part de son amant. Subitement l’odeur de cigarette et la bouteille d’eau qu’il avait remarquées, prenaient tout leur sens… Il se jeta dans les bras de Brian et ils s'aimèrent follement, passionnément.
Après leurs étreintes, Justin appuyé sur un bras regardait Brian toujours allongé :
- Me dire que tu ne viendrais pas! Comment tu as pu me faire ça? Ne recommence pas ou je vais mourir de surprise.
_ Et bien mon ange, appelle l'infirmière pour la réanimation parce qu'il y a une autre surprise !
Brian, toujours allongé, s'étirait pour saisir d'une main son téléphone portable, et sans quitter Justin des yeux, dit d'une voix ferme :
- Tu peux venir maintenant. Attends juste un petit moment qu'on se rhabille.
Le ton était malicieux et sous-entendait d'autres extases. Justin pensa qu'ainsi Brian avait prévu de pimenter leurs retrouvailles, comme il l'avait fait autrefois et que l'autre surprise était en fait un jeu sexuel. Tout allait si vite avec Brian Kinney qu'il ne lui en voulait pas complètement.
- Si j'ai bien compris, il faut remettre le froc juste pour être présentable.
- Fais comme tu veux. Tu as vu mon débardeur noir ? Le principal n'est pas dans la tenue mais derrière la porte.
"Tiens, tu m'étonnes!" Pensa Justin.
Et pour être étonné, il le fut. Quand Brian ouvrit la porte de la villa, Daphné apparut, souriante et visiblement très heureuse d'être là. Brian l'embrassa tendrement et la prit par les épaules, apparemment très complices. Ils se mirent à discuter mais Justin était trop loin pour entendre un seul mot. De toute façon, il ne comprenait plus rien et les questions se bousculaient dans sa tête.
- Bonjour Justin.
Elle s'approcha et déposa un baiser sur la joue de Justin.
Que venait faire Daphné ici, à Ibiza, au bout du monde? Le plan à trois n'était plus d'actualité. Mais pourquoi Brian et Daphné semblaient si proches? Brian était gay, il venait de le lui prouver encore, non ? Quelque chose lui échappait et Justin s'appliqua à écouter Daphné qui avait toujours ce regard joyeux et compréhensif qu'il lui connaissait depuis toujours.
- Brian et moi, on est d'accord mais il reste ta décision et c'est le plus important.
Mais qu'est-ce qu'elle racontait? D'accord sur quoi? C'était de plus en plus obscur. Justin était presque aussi surpris que lorsqu'il avait trouvé Brian et Ethan au "Diner" même si la culpabilité ressentie ce jour-là était totalement absente aujourd'hui.
- D'accord sur quoi? Mais vous m'emmerdez tous les deux ! Accouche, Daphné !
Conscient du trouble de Justin, Brian le prit dans ses bras et lui sourit, les yeux dans les yeux :
- Mon ange, Daphné m'est apparue comme une évidence. Si tu le veux, elle est prête à porter notre enfant. L'enfant que je veux de toi.
- Justin, tu te rends compte ! Un enfant, toi et moi,...et Brian bien sûr !
Justin avec son magnifique sourire laissa son regard errer de l'un à l'autre. Mais comment n'y avait-il pas pensé plus tôt! Brian le prit dans ses bras :
- Tu es sûr, Brian ?
- Je suis sûr que si tu ne vas pas la baiser, c’est moi qui vais le faire !Toi, tu l’as déjà fait mais si tu préfères une éprouvette, vas-y, je t’aiderai sans problème !
Le ton était enjoué et Brian avait ce charme sensuel dans les yeux qui ne laissait personne indifférent. Daphné riait presque timidement. Quand Brian l’avait contactée, elle avait remarqué, presque surprise, sa délicatesse pour aborder ce sujet. Il lui avait parlé de son estime et de son affection pour elle mais surtout de Justin et de leur amour. Elle ne le connaissait pas ainsi et en avait été émue. Pour elle, il n’y avait aucune ambiguité, elle restait la meilleure amie de Justin et rien de plus.
Mais à l'instant présent, ce moment leur appartenait et elle s’éclipsa pour les laisser seuls.
Leur baiser passionné les emportait comme toujours et ils sentaient leur corps se languir l’un de l’autre.
- Tu es incroyable, Brian !
- Oui, je le suis. Et amoureux.
Bon, avec l'accord de CINTO, voici la suite de son histoire "one , two and more..."
Sachant que je ne suis qu'au début de la saison 2 dans le visionnage de la série, vous pardonnerez si je ne colle pas exactement aux perso de la fin du 513. Néanmoins, il ne me semble pas les trahir... bonne lecture ^^ Kalypso
----------------------
Alors que Daphné se détournait encore souriante, Brian la rattrape par la main.
- Mais où vas-tu ?
- Ben… je… je pensais que vous voudriez être seuls.
- Tu te dérobe déjà ma beauté ? plaisante le beau brun en l’entourant de son bras. Reste là, tu fais partit de la famille maintenant… enfin… il n’a pas donné sa réponse encore…
Justin observe sa meilleure amie rougir derrière son grand sourire malgré son teint chocolat. D’évidence la familiarité de Brian la met dans ses petits souliers. Le dos collé au torse nu de son amant, une main sur son avant bras qui la maintient contre lui, elle garde les yeux pudiquement baissés.
Le jeune homme se remet de sa surprise difficilement, envisageant les conséquences du premier mot qui sortira de sa bouche. Il lève les yeux sur l’homme qui a bouleversé sa vie et retrouve le visage arrogant que Brian peut arborer quand il met quelqu’un au défit. L’enfoiré, il a vraiment pensé à tout ! Justin sent son cœur cogner dans sa poitrine. Un bébé… un bébé rien qu’a eux. Une famille… Et avec Daphné en plus ! Il fait un pas vers elle et tend la main, légèrement tremblant.
- Daph ?
Elle lève les yeux sur lui et prend sa main, mêlant ses doigts au siens, plongeant son regard si doux dans l’azur de ses yeux.
- C’est vraiment ce que tu veux ?
- Oui Justin, porter ton bébé serait un grand bonheur pour moi.
Justin fait encore un pas, l’émotion lui donnant légèrement le tournis. Quelle générosité…
- Daph…
Justin ouvre la bouche mais les mots lui manque… comment décrire sa reconnaissance, il a presqu’envie de pleurer. Brian fait sa petit moue dédaigneuse et, ouvrant l’autre bras, le saisit par le cou. Profitant de cette bouche ouverte, il y plonge la langue langoureusement. Puis, après ce baiser d’une étrange douceur, il dit de sa voix calme et douce :
- Parfois il est bon de dire à l’autre combien on l’aime… mais parfois il faut juste…
Son regard glisse sur Daphné.
- … le monter.
Et il se penche vers elle, un léger sourire aux lèvres. Sans hésiter Daphné se tend vers lui et accepte son baiser tout en pressant les doigts de Justin. Le beau blond observe son amant embrasser sa meilleure amie, perplexe. Daphné avait toujours eu une attirance pour lui, il le savait bien, combien de fois lui avait-elle avoué le trouver « so hot » quand ils étaient au lycée. Mais, même s’il se doutait que Brian avait aussi une certaine tendresse pour elle, jamais il n’aurait imaginé le voir un jour le lui témoigner ainsi !
Brian se détache en se léchant les lèvres, les yeux plissé comme s’il analysait la saveur d’un grand cru. Daphné, tout sourire, lui sort :
- ça va, tu gère la nausée ou tu veux que j’aille te chercher une cuvette ?
Brian élargit son sourire.
- Non, ça va, je gère. C’était bien même… mais… je ne suis pas certain pouvoir faire mieux que ça.
- C’est plus que j’en espérais Brian, ne t’en fait pas.
Elle se tourne vers Justin et retrouve une petite mine timide.
- Et c’est pareil, Justin : si jamais tu ne veux pas de moi, nous ferons ça par insémination artificielle mais ça risque de reporter le bébé de plusieurs mois d’après les renseignements que j’ai pris. Alors que là… c’est la bonne période… et Brian pensait que c’était la meilleure solution, il m’a dit que tu venais juste de faire ton test HIV, qu’on était en sécurité tous les trois, sinon, je ne serais pas venu vous déranger ici, tu penses…
Daphné rougit, sa voix n’est plus qu’un murmure…
- Mais… heu… non, laisse tomber, je ne veux pas que tu te force. Conclut-elle les yeux baissés.
Justin lève la main pour caresser sa joue avec douceur, très ému.
- Que je me force ? Daph…
Il esquisse un mouvement et aussitôt Brian se détache dans un mouvement fluide pour lui laisser la place de la prendre dans ses bras.
- Daph… tu es la femme de ma vie ! murmure-t-il d’une voix chargée d’émotion. Tu m’offre ton corps, ton ventre, ton bébé… c’est le plus beau cadeau qu’une femme puisse offrir à un homme ! Bien sûr que je veux de toi !
Et il la serre fort dans ses bras, débordant d’affection pour sa complice de toujours qui, par sa générosité, venait de le rendre le plus heureux du monde. Brian lève les yeux au ciel... on croirait presque entendre les violons et les séries à l’eau de rose, ce n’était pas son fort…
- Ne sont –ils pas mignons… se moque-t-il d’une voix trainante.
Il se détourne et part verrouiller la porte.
- Quelqu’un a soif ? Champagne ? Demande-t-il en décrochant le téléphone.
Pas de réponse. Sympa. Et alors qu’il passe commande pour qu’ils puissent rester dans leur chambre toute la soirée, il les regarde s’approcher du lit en chuchotant avec connivence. Un sourire en coin, il analyse ce qu’il ressent. Toujours cette pointe de jalousie en voyant Justin témoigner de l’attirance pour quelqu’un d’autre que lui. Mais cette fois un étonnant sentiment de sécurité la modère.
Alors qu’il part se doucher, il repense a Lindsey et au propre lien qui les unit tout les deux. Un rien nostalgique, il savoure la chaleur de l’eau en regrettant ne pas avoir eu le courage d’essayer au moins une fois de concevoir Gus naturellement. Puis, essayant d’imaginer la scène, il ne peut retenir une grimace suivit d’un petit rire. Assurément ils auraient du faire de gros efforts tout les deux pour y parvenir !
De très bonne humeur et encore ruisselant d’eau, il part ouvrir au groom avec une simple serviette autour de la taille. Etonnement, il ne lui jette même pas un coup d’œil alors que celui-ci le dévore des yeux en introduisant le chariot dans la suite. Il picore quelques grains de raisin et, attrapant la grappe et la bouteille, il rejoint le couple dans la chambre. Il tique en les voyants toujours habillés, discutant avec animation du futur bébé.
Justin, en simple Jean, est allongé sur le coté, appuyé sur son coude. Daphné, vêtue d’une jolie robe d’été couleur crème est assise en tailleur près de lui. L’image même de deux ados meilleurs amis du monde. Brian roule des yeux, agacé.
- Je vais devoir vous saouler pour que vous passiez à l’action ? Ironise-t-il en s’agenouillant près d’eux.
Il balance la grappe de raisin blanc sur les genoux de Daphné qui sursaute en protestant d’un grognement, craignant une tache.
- Enlève-lui sa robe, ça évitera les taches Marmonne-t-il à l’intention de Justin en se concentrant sur le bouchon du champagne.
Sunshine sourit en détaillant son amant mal essuyé, la serviette tellement tendue sur ses hanches du fait que ses genoux sont étrangement un peu trop écartés. D’un instant à l’autre, elle va tomber. Justin se redresse et s’approche de Daphné, sans le quitter des yeux, son désir affluant furieusement.
D’un coup d’œil, il constate que son amie, la bouche ouverte, ne peut, elle non plus, détourner les yeux de Brian. Il sourit et, déposant un baiser sur son épaule, se concentre sur la fermeture éclaire, l’ouvrant avec douceur.
Brian fait sauter le bouchon et se penche aussitôt pour engouffrer le goulot entre ses lèvres afin de gérer l’affût de mousse.
- Quelle maîtrise… souffle Justin, moqueur, à l’oreille de Daphné, alors qu’il ouvre son soutient gorge.
Elle étale un beau sourire.
- Oui, je vois ça… des années de pratique j’imagine ?
Brian lève sur eux des yeux rieurs et, se redressant d’un coup, il bascule la bouteille et en boit une belle rasade. Evidement son mouvement achève la malheureuse serviette qui s’écroule, vaincue, sur le lit, dévoilant le beau brun dans toute sa splendeur.
Curieusement, aucun des deux autres n’ont un regard compatissant pour elle et ne peuvent retenir un « oh ! » chargé de gourmandise en contemplant Brian. Celui-ci tend la bouteille à Daphné et calcule aussitôt Justin qui tentait de se cacher derrière elle. L’attrapant par une cheville, il lui fait perdre l’équilibre et le balance sur le dos. Les yeux planté dans les siens, il défait son Jean avec dextérité et le lui enlève fébrilement. Daphné boit une gorgée en les dévorant des yeux. Depuis qu’elle connaissait Brian, elle rêvait de les voir faire l’amour tout les deux, imaginant les scènes pourtant soigneusement décrite par Justin.
Elle a chaud, très chaud. Elle reboit une gorgée en s’allongeant près d’eux, posant la bouteille près du raisin, au pied du lit. Elle les regarde se dévorer la bouche avec passion et laisse ses propres mains s’aventurer. Elle ôte sa culotte et ferme les yeux, sentant son plaisir monter au galop.
Elle a si chaud… elle se si sent bien… Accompagnée des soupires passionné des garçons juste à coté d’elle, elle se recroqueville soudain autour de ses mains, gémissant un « ahh… » étouffé, parcourue d’un orgasme dévastateur.
Quand elle rouvre les yeux, toujours en chien de fusil, elle constate que Brian et Justin l’observent avec étonnement. Elle éclate de rire et s’étire comme un chat.
- Ne vous occupez pas de moi… s’amuse-t-elle, heureuse. Continuez, je vais me faire plus discrète.
- Mais non ! proteste Brian.
Il se lève et bascule Justin d’autorité sur elle. Le beau blond roule des yeux pour lui demander pardon du comportement cavalier de son partenaire. Daphné rit à nouveau et lui signifie son approbation en ouvrant ses jambes un peu plus.
- Hmm… une baise sans capote… envisage Brian avec envie en plongeant en chercher une sur la table de chevet.
Il l’ouvre et se la met puis, s’agenouillant entre leurs cuisses, se faisant une place d’un ferme coup de genou, il se penche sur le dos de Justin pour chuchoter :
- Tu en as de la chance !
Justin, appuyé sur ses coudes, ouvre la bouche et pique un fard en prenant conscience de ce qu’il a l’intention de faire. Malgré tout il assume et, caressant le visage de Daphné, il l’interroge d’un petit mouvement de tête.
- Oui, viens. Murmure la belle dans un chaleureux sourire.
Sunshine, très excité, ne se fait pas prier et savoure sa chaleur et la douceur de son intimité. C’est vrai que sans préservatif, les sensations étaient décuplées. Il ferme les yeux, parcouru d’un frisson d’extase. Puis, il sent Brian raffermir sa prise sur son épaule alors que d’un grand coup de rein, il s’invite a la danse. Justin ne peut contenir un râle de plaisir en posant son front sur l’épaule de Daphné.
- Mon dieu… souffle-t-il…
Quelle sensation !
- Mais non, je te l’ai déjà dit, appelle moi Brian… on est entre nous, là… plaisante le beau brun.
Justin lui met un petit coup de coude, joueur. Brian fait un clin d’œil à Daphné et le saisit à la gorge, basculant sa tête en arrière.
- Le premier qui jouit a un gage.
Justin rit et murmure :
- Pff… allons, papy, c’est déjà bien que tu puisses encore bander…
Brian éclate de rire et amorce le mouvement histoire de lui monter de quel bois il se chauffe !
…
Quatre heures du matin. Le calme est enfin revenu dans la chambre. Daphné, le sourire aux lèvres, se remet difficilement de la soirée qu’elle vient de vivre. Elle est fourbue, vermoulue… complètement épuisée. Le pire ce sera les courbatures abdominales qu’elle aura demain probablement, à force de rire…. Comme elle se sent bien !
Alors que ça ronfle légèrement a coté d’elle, elle regarde la nuit par la fenêtre. Inconsciemment, elle pose les mains sur son ventre, envisageant avec confiance le bébé qui vient d’être conçu cette nuit. Tout doucement, une main chaude vient se mêler aux siennes. Elle tourne la tête et découvre que Justin ne dors pas, il regarde son ventre avec tendresse. Elle caresse ses cheveux et l’invite à poser sa tête dessus.
Sans un mot, ils savourent ce moment magique. Oui… dire qu’on aime, c’est bien… mais, le monter, c’est aussi parfois merveilleux…
Saison 5 / Episode 508: YOU'RE THE WINNER
Un geste effectué des milliers de fois. Tenir la poignée de la porte et la faire coulisser sur ses rails. Laisser son regard errer sur son corps parfait . S'attarder sur son visage exempt de toute rides, sur des yeux bleus qui lui en rappellent d'autres.
"You can have my ass, but you can't have me."
Lui trouver du panache. Le faire entrer.Le regarder se diriger vers la chambre pour se déshabiller pendant que l'alcool lui brule la gorge.Sentir au plus profond de son être la satisfaction d'avoir gardé le pouvoir. Mais sentir autre chose aussi. Une cohabitation inconfortable.
Il est vraiment parfait. Un Adonis digne d'être sculpté, comme à une autre époque d'autres ont été dignes d'être dessinés dans un comic. Pas si loin d'ailleurs, cette époque. Mais révolue semble-t-il.
Et une voix dans sa tête qui le harcèle. Blonde elle aussi. Habituellement compréhensive, mais cette fois-ci perspicace. Aimante et pourtant implacable.
Il se lève enfin et monte les deux marches pour s'adosser à la paroi de la chambre. Brandon l'attend nonchalamment alongé sur le ventre. Il lui dit de nouveau que son règne est bientôt fini.
Etrange de constater que ces mots ne le perturbent pas tant que ça.
Il ne peut s'empêcher pourtant de lui montrer qu'il conserve une longueur d'avance, il veut lui faire comprendre qu'importent les ans et le nom qui le remplacera dans la backroom du Babylon, il est et restera le plus grand prédateur de Liberty Avenue pendant des années encore. Son nom n'est pas prêt de s'effacer des mémoires. N'est pas Brian Kinney qui veut après tout.
"Put your pants on."
La phrase est sortie doucement et calmement. Brandon n'est pas sur d'avoir compris. Elle le surprend lui aussi même s'il n'en laisse rien paraitre. Il est là devant lui, à sa merci, dominé. Pourquoi alors refuser de se satisfaire? Peut-être parce que justement, il devine qu'il n'en ressentira aucune satisfaction. Comprendre est un grand mot, mais il commence à saisir la portée de ce que lui a dit Lindsay.
Yeah, he's the winner....
But the winner of what?
What about the truth ?
Saison 2 - épisodes 19/20
Va-t-il rêver, cette nuit ?
Ooooohhh non.
Pas de rêve pour lui rien pas maintenant.
Il penche un peu la bouteille, le liquide brille joliment, écarlate presque amical.
Doooouucement là sans trembler parce que la peur et la colère et la honte et l'envie ça fait beaucoup dans un seul verre. Il peut déjà sentir l'odeur terreuse et vivace du vin. Il aime ça. C'est honnête, simple. Réel. Il s'amuse à faire tourner le verre et regarde le vin rouler furieusement.
C'est presque l'heure.
Il sait qu'IL sera là, bien sûr. Juste à temps. Ça fait bien cinq minutes qu'il est tranquille, un peu dans l'ombre, à attendre, il peut presque l'entendre respirer. Il entend déjà le froissement de ses vêtements. Et même l'écho de cette ritournelle pour violon qu'il fredonne sans cesse depuis des jours.
Une goutte de vin au bord du verre qu'il essuie d'un coup de langue. Et rien d'autre. Pour ne prendre aucun risque. Il ne va certainement pas faire comme papa et boire pour frapper plus fort. Il ne va pas non plus se saouler comme maman pour déverser son coeur en toute quiétude. Et s'écrouler ensuite sur le sol, plus ou moins comateux...
Brian Kinney ne fait pas dans le pathos. Jamais.
Alors non pas d'excuse pas de regret pas d'aveu pas d'amour. Rien. Ce n'est pas lui. Il ne sait pas faire ça.
Cet OS est une production exclusive de Cinto. Je me permets de la poster en son nom.
L'action se passe quelques mois après le 513.
Le miroir à trois faces.
Sur le dancefloor surélevé, Brian posa ses deux bras sur les épaules de Michaël et ondula son corps au son des rythmes familiers du Babylon. Au milieu de la fumée et du bruit, les yeux dans le vague totalement inexpressifs, Michaël s'appuyait aussi sur Brian. De temps en temps, dans un éclair de lucidité ou de lassitude, son regard fixait celui de Brian, comme son unique repère dans cette salle bondée et surchauffée.
Michaël ne lui souriait jamais mais finissait toujours par s'approcher de son ami et se blottir dans ses bras, s'abandonnant, totalement épuisé.
Alors Brian, sentant le danger de cette proximité, repoussa son étreinte et le dialogue quasi-quotidien reprit:
- Arrête, Michaël! Tu as vu ce que tu deviens? C'est quoi, ça? Tu sors tous les soirs, tu bois trop, tu te drogues. C'est pas ton job, ça! C’est le mien. Arrête!
- Et bien quoi, Brian? Tu es comme moi, qu'est-ce que tu crois? On est pareils tous les deux; on se retrouve au même point.
Il s'essouffla et reprit aussitôt:
- Tu vois Brian, tu avais raison: je n'ai été qu'une fade copie d'hétéro. Je suis rentré dans les rangs, j'ai imité les hétéros, j'ai cru à l'amour, j'ai eu un mariage, une famille, une maison, un jardin et ça m’a apporté quoi, au final? Des mois de souffrance, de peur, de désespoir. Alors, fous-moi la paix, tu devrais être content puisque tu avais raison.
Brian le regarda. Michaël n'avait plus de colère, plus de larmes non plus, ce qui troublait et inquiétait Brian. Il le reprit alors dans ses bras et le serra aussi fort que possible comme s'il avait pu endosser une partie de sa souffrance.
- Je suis là, Mickey, pleure.
Mais Michaël releva la tête et le regarda droit dans les yeux. Il ne voulait pas faire vraiment du mal à Brian ni avoir la satisfaction d’une petite vengeance, il voulait seulement voir son ami comme lui et combattre le même désespoir. Alors il lui asséna :
- Tu es là mais tu es aussi pathétique que moi. Regarde-toi, tu as voulu changé et maintenant tu es seul. Tu as renoncé à tout par amour et il est parti. On est pareils!
Brian savait que Michaël avait raison mais détesta qu'il lui rappelle le départ de Justin.
- Tu m'emmerdes, Michaël! Tu as toujours été protégé et entouré dans la vie et voilà que lorsqu'il t'arrive un coup dur, tu t'écrases comme une merde!
Et ils continuèrent à danser, chacun accrochés à l'autre, malheureux tous les deux.
Debbie avait compris que le monde de Michaël s'effondrait depuis la mort de Ben et qu'il s'appuyait sur son repère de toujours, Brian bien sûr. Mais elle savait aussi que ce roc n'était plus aussi solide qu'avant.
Debbie avait alors appelé Justin, affolée à l'idée qu'un soir ou l'autre, Brian et Michaël finissent par coucher ensemble, par désespoir ou par hasard à l'issue d'une de leurs beuveries au Babylon et qu'ils s'en veuillent tous les deux puis l'un envers l'autre.
- Tu as intérêt à ramener tes fesses au plus vite; ça va mal pour Michaël et Brian. Il reste peu de temps avant que Brian ne se fasse Michaël et inversement. C'est la catastrophe. Reviens vite.
Au coup de fil de Debbie, Justin comprit immédiatement la détresse psychologique de Michaël mais il fut assez surpris d'entendre l'état d'égarement de Brian. Comme toujours, il avait caché ses propres souffrances avec un talent fou.
Quand ils se voyaient à New York, ils se montraient leur amour.
Ils ne quittaient pratiquement pas le petit appartement de Justin. Ils ne voulaient pas que leurs corps soient séparés par quelque distance que ce soit. Une table de restaurant dans un lieu impersonnel était toujours trop imposante, les centimètres règlementaires que la bienséance les obligeait à respecter quand ils marchaient dans la rue étaient toujours de trop.
Ils se dévoraient des yeux, leurs regards cherchant à déceler chez l'autre l'intensité de ses sentiments, une faille inavouée ou la trace d'une trahison. Ils s'embrassaient, se touchaient, même dans les gestes simples du quotidien.
Si Justin préparait le repas, Brian le suivait partout dans la petite cuisine et finissait toujours par l'entourer de ses bras et lui glisser des baisers dans le cou, ce qui faisait toujours rire Justin. Ces baisers les comblaient et leurs désirs les emportaient toujours plus loin.
De même lorsque Brian, allongé sur le sofa, travaillait sur un document pour un projet publicitaire, Justin s’approchait, le lui retirait des mains tout doucement et venait se lover contre lui. Il lui répétait qu'il l'avait aimé d'un amour fou, entier, absolu dès les premiers regards échangés sur Liberty Avenue. Il l'embrassait, lui racontait son corps et la promesse d'une extase. Il lui disait qu'il l'avait dans la peau et que Brian avait eu raison de le lui dire lors de leur première nuit parce que c'était vrai.
Brian buvait ses paroles et essayait de les imprimer dans sa mémoire, de les stocker pour les jours sans Justin à Pittsburg.
Ils finissaient toujours par retrouver leur incroyable complicité quand ils faisaient l'amour. De leurs étreintes toujours aussi intenses, près de la folie, ils en ressortaient épuisés, ravagés. Quelquefois Justin avait surpris dans ces moments-là, une petite larme qui coulait sur les joues de Brian, sans doute le souvenir de celles versées le soir de l'agression de Justin quand Brian avait failli le perdre. Et chaque fois qu'ils allaient être séparés, Brian avait l'impression qu'il pourrait le perdre comme ce soir-là.
A Pittsburgh, Justin lui manquait terriblement, cruellement, d'une façon presque terrifiante. Quelquefois il aurait crié, hurlé de douleur comme dans une crise de manque. Il n'était pas du genre à aimer de loin; lui, il lui fallait la présence, le corps de Justin près de lui; ça avait toujours été comme ça, même quand il ne le savait pas encore ou quand il cherchait à le nier de toutes ses forces. Il s'en était aperçu la première fois quand Justin était parti avec Ethan et qu'il avait cherché à le remplacer par des clones. En vain. Le besoin qu'il avait de sa présence, de son corps était vital.
Mais Brian, très lucide, savait aussi qu'il avait peur d'assumer un amour conventionnel, et qu' une relation classique basée sur la vie à deux semblait vouée à l'échec, parce qu'il risquait de la saboter. Finalement même si il haïssait cette situation avec Justin à New York elle lui convenait aussi par certains points.
Bref, Brian Kinney ne savait plus où il en était. Lui qui avait toujours anticipé les situations, maîtrisé le cours de sa vie, était dépassé par cet amour fou.
Ce que Justin avait cru supporter à NY, c'était son propre manque. A NY, il avait exploité son talent, ses productions avaient attiré les foules dans les galeries et les professionnels de l'Art avaient loué son travail. Les expos se succédaient, les tableaux se vendaient et la demande était là. Justin réalisait son rêve, il en était sûr.
Soudain, un matin, seul dans son atelier, Justin était resté immobile devant sa toile, incapable de créer. Rien. Le vide, le néant. Rien. L'inspiration lui manquait. Cela avait duré un moment et pour Justin, ce fut une éternité. Alors il se dit qu'il allait chercher des commandes, comme les maîtres flamands du XVe et XVIe siècle, et qu'en réalisant ces œuvres, ses automatismes de peintre lui reviendraient, presque par habitude. Mais rien. Rien ne le satisfaisait: il manquait toujours quelque chose de spontané, d’animal et de finesse en même temps.
Il en perdait le sommeil et brutalement, une nuit, au fond de son lit, une évidence s'imposa à lui. Il s'aperçut subitement, comme un coup brutal peut transpercer le corps, que c'était sa vie avec Brian, ce qu'il avait vécu avec lui, ce qui l'avait fait vibrer, oui c'était ça qui l'avait inspiré inconsciemment, que c'était en lui, qu'il était fait de ça, que c'était la source sinon la matière même de son talent. Ainsi Justin à NY, se rendit compte qu'il s'était amputé d'une partie de sa vie et rien ne remplacerait ce manque.
Non seulement Brian lui manquait horriblement, physiquement mais sans lui, son esprit se vidait de toutes pensées, hormis celles de plus en plus obsessionnelles toutes dirigées vers Brian.
Au Babylon, Michaël à moitié effondré dans ses bras, Brian regarda vaguement la foule des danseurs. Quelquefois il y détaillait un gars baisable, les habitudes ne se perdent pas aussi facilement.
Mais ce soir, quand il se retourna, il reçut un éclair dans sa tête. La silhouette familière de Justin était appuyée au comptoir, Ted à ses côtés; Justin sourit et fit des signes de la main à Brian. Quelquefois Ted prenait le relais de Brian auprès de Michaël. Aussi quand il vit Brian et Justin se rejoindre, laissant Michaël dans ses vapeurs d'alcool et de désespoir, il s'en occupa immédiatement.
Comme toujours quand il était déstabilisé ou surpris, Brian essaya de reprendre le contrôle alors qu'il était chamboulé à l'intérieur:
- Mon ange, qu'est-ce que tu fais là? Tu aurais dû me prévenir…
- J’étais sûr de te trouver ici…
Ou à la backroom, pensa Justin. Il connaissait les quelques écarts de Brian et ça le rendait fou de jalousie mais, compte tenu de la situation, il ne pouvait pas exiger l’impossible. D’ailleurs il ne le voulait pas non plus. C’était cette incapacité à posséder complètement et uniquement Brian qui le poussait à se surpasser dans ce qu’il allait lui apporter. Il savait que Brian l’aimait comme un fou, il l’avait toujours su, bien avant que Brian le sache lui-même.
Au milieu du Babylon, ils s’embrassèrent, se regardèrent et se sourirent. Ils n'avaient déjà plus qu’une envie: se retrouver au loft pour leur nuit d’amour.
- Je suis de retour, Brian.
Comment ce mec pouvait-il le connaître à ce point ? Ca l'avait toujours impressionné. Lui qui cachait à merveille ses sentiments, il était transparent pour Justin mais seulement pour lui!
Au loft, Brian se laissa aller et avoua :
- Tu sais Justin, quand on se séparait j’en étais malade, je veux dire vraiment malade. Un jour je suis arrivé ici et j’avais mal au bide, Je suis allé vomir; j’ai cru que c’était un simple mal au ventre dû à un truc pourri mais après, toutes les fois que je revenais ici après NY, ça recommençait et j’ai compris que c’était le manque de toi qui me prenait les tripes…
Justin resta.
Quelques jours plus tard, Brian décida de prendre en main la reconstruction de Michaël. Il contacta Beth Edelstein, la responsable du mouvement anti-proposition 14, celle qui avait sollicité Michaël autrefois. Le travail ne manquait pas pour témoigner et lutter contre ce projet de loi homophobe. Peu à peu , Brian fit comprendre à Michaël qu'il respecterait Ben en défendant la cause des homosexuels aussi souvent que possible.
Epilogue :
Justin avait gardé le petit studio dans lequel il travaillait ses productions qu’il exposait ensuite à NY.
Justement, à l’occasion de sa dernière expo, une télé régionale l'interviewa :
Journaliste : Mr Taylor, après un passage à vide, votre travail a de nouveau du succès. Comment expliquez-vous cela ?
Justin : Mon travail a gagné en profondeur et en assurance parce que moi-même, je suis sur d’avoir fait le bon choix dans ma vie.
Journaliste : A propos de choix, vous avez eu une période figurative. Je veux dire qu’il a été étonnant d’avoir vu vos dessins très figuratifs sur la pochette du 2ème album du très célèbre et très hétéro Ethan Gold.
Justin :Je ne vois pas ce que l’hétérosexualité vient faire ici, vraiment rien. Et disons que c’était une erreur de jeunesse.
Journaliste : Votre compagnon se présente à l’élection pour le poste de gouverneur de l’Etat. Vous n’avez pas caché votre homosexualité. Pensez-vous qu’il ait une chance ?
Justin : Je ne sais pas s’il va gagner mais je l’espère. Ce dont je suis sûr, c’est que je suis fier de Brian et fier de moi. Oui, nous sommes fiers de nous.
Journaliste : Ce sera le mot de la fin. Merci Mr Taylor.