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Série : Queer As Folk
Création : 06.11.2010 à 10h04
Auteur : cinto
Statut : Terminée
« Episode 510.Juste après l'explosion au Babylon...mais les données changent » cinto
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Au moment où Brian pénétrait dans les décombres du Babylon, au milieu des fumées, des cris, des étincelles, des poutres écrasées et du va et vient des secours, il ne savait pas que sa vie allait s'arrêter là. Très vite, il vit Ted et Emmett debout, près de ce que fut le bar, qui le fixaient depuis qu'ils l'avaient entendu appeler Justin et au fur et à mesure qu'il avançait vers eux.
- Vous avez vu Justin?
Tout de suite, il n'avait pas remarqué Michaël accroupi tout à l'heure, qui arrêtait d'un geste les deux secouristes emportant la civière. Le regard de Michaël se baissait vers celle-ci et n'osait pas rencontrer celui de Brian.
- Je suis désolé, Brian.
La voix était juste audible. Les yeux de Brian ne quittaient plus le corps recouvert d'un drap.
Sa vie venait de s'arrêter.
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Plus tard.....
Tout à coup, Brian comprit que Dieu s'était trompé. Mais comme il y avait longtemps qu'il ne lui parlait plus, il pensa voir Debbie au "Dîner".
Quand elle le vit s' asseoir au comptoir, souriant, sûr de lui, presuqe triomphant d'avoit trouvé la solution, elle pensa que ce n'était qu'un sale connard et qu'elle s'était trompée sur lui.
- Qu'est-ce que je te sers?
Le ton était agressif. Elle lui en voulait certainement mais de quoi?
- Rien. Je suis venu pour vous. Je ne sais plus parler à Dieu mais vous, vous savez. Alors, écoutez-moi bien Debbie, et faîtes ce que je vous dis. Vous allez Le prier, jour et nuit , si c'est nécessaire mais il faut qu'il me revienne, il faut qu'Il me le rende pour lui dire que je l'aime.
Brian s'aperçut que Debbie pleurait.
Plus tard...
Il avait dit à Michaël qu'il allait mieux et qu'il pourrait reprendre ses activités à Kinnetic. Mickey ne l'avait pas cru mais après tout, peut-être le travail servirait-il de dérivatif et Brian retrouverait ses automatismes de brillant publicitaire. Il l'avait accompagné jusqu'à la porte, comme on accompagne un enfant à l'école et l'avait presque confié à Cynthia, étonnée mais rien ne la surprenait vraiment de la part de Brian Kinney.
Dès l'entrée, il avait vu Justin qui l'attendait, dans son caban et avec ses affaires d'étudiant. Il semblait en colère et lui reprochait de l'avoir mis à la porte et de ne pas répondre à ses appels. Quelle drôle d'idée. Mais Justin partit.
Pendant qu'il avançait vers son bureau, Brian dit à Cynthia:
-Quand Justin appellera, tu me passeras ses appels en priorité. J'ai quelque chose d'extrèmement important à lui dire. Non, finalement, tu me passeras exclusivement ses appels, pas d'autres.
Brian s'aperçut que Cynthia pleurait.
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Plus tard …
De sa voiture garée presque devant l’école, Brian scruta les étudiants
- Brian ?! qu’est-ce que tu fais là ?
- Bonjour Daphné. Monte.
Le ton était magistral, Daphné le perçut comme implorant. Le véhicule roula quelques centaines de mètres puis s’immobilisa. Ils se tournèrent l’un vers l’autre et se regardèrent ; ils se faisaient face dans ce véhicule et c’était un peu surréaliste.
- Daphné, dis-moi comment était Justin quand il était le meilleur ami de quelqu’un, ton meilleur ami.
Daphné détourna ses yeux de Brian et regarda ses mains qu’elles tortillaient.
Elle avait su que ça arriverait un jour ou l’autre. Elle réfléchit un peu et avec un léger sourire triste, elle évoqua Justin.
- Justin était incroyable, Brian. Il était drôle, intelligent, déterminé, créatif. Il avait toujours plein d’idées. Il aimait par-dessus- tout la liberté, l’indépendance, la tolérance et la justice. Il savait ce qu’il voulait et il ne renonçait jamais. Il était mon ami, à moi et personne ne le remplacera. On se disait tout. Tu sais qu’il m’avait tout raconté de votre première nuit ?
Elle leva ses yeux sur Brian, muet, sans émotion visible; alors, elle poursuivit.
- La dernière fois que je l’ai vu, c’était dans son studio rouillé. Il peignait et en même temps, il n’a parlé que de toi, Brian … de votre histoire.
Pour le malheur de Brian, Daphné était intelligente et elle savait qu’il voulait autre chose.
- Je suppose que tu n’es pas venu me voir uniquement pour que je te parle des qualités de Justin, que tu connaissais par cœur, Brian.
Les mots avaient été choisis intentionnellement ; elle en voulait tellement à Brian de n’avoir rien compris, à Justin de l’avoir quittée, à la bombe d’avoir explosé, à la terre entière ; elle voulait faire mal parce qu’elle souffrait.
Brian regarda un moment Daphné, intensément , puis il se rapprocha d’elle, prit ses mains dans les siennes, les serra, en même temps qu’il demandait, gravement, presque à mi-voix, dans un souffle, comme si sa vie en dépendait :
- Daphné, essaie de te rappeler ; est-ce que Justin t’a dit une fois, même une seule fois, qu’il savait que je l’aimais ?
Daphné le fixa dans les yeux, lui et son désarroi immense, elle avec son chagrin insurmontable ;
Subitement, elle retira avec vivacité ses mains de celles de Brian, serra les poings et se mit à frapper aussi fort qu’elle pouvait, rageusement, violemment, la poitrine de Brian.
Brian s’aperçut que Daphné pleurait.
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Quand le père de Justin l'avait chassé de l'enterrement, Brian n'avait pas insisté, ne s'était pas rebellé. Peu importait le scandale au cimetière, le cercueil, les larmes, les regards posés sur lui. Il avait vu Jennifer et ce n'était plus que sa promesse qui comptait.
Au loft, Brian avait cherché desespéremment une trace de Justin, un vêtement, un dessin, un mot mais le salopard l'avait bien puni et avait tout emporté ce soir-là. Puis il avait cherché une photo et s'était rendu compte que Justin avait traversé sa vie sans laisser une trace parce que lui n'en avait pas voulu. Et il ne supportait pas l'idée qu'un jour peut-être, il ne retrouverait pas le sourire de Justin dans sa mémoire.
Alors, aussitôt que Jennifer apparut derrière la porte, il ne vit pas ses yeux rougis et ses traits tirés mais il pensa seulement à sa promesse.
-Vous l'avez apportée?
-Oui, Brian.
Elle sortit de son sac la petite photo sur laquelle apparraissaient Brian et Justin, souriants, Brian entourant de son bras les épaules de Justin , comme s'il le possédait. Quelle erreur! Brian ne quittait pas la photo des yeux.
- Tu te souviens, Brian? Elle a été prise pendant la première expo de Justin au CGL.
Bien sûr qu'il se souvenait.
- Jennifer, je ne lui jamais dit que je l'aimais.
- Il le savait Brian. Tout le monde le savait.
- Je me fous de tout le monde. Comment pouvez-vous dire qu'il le savait puisqu'il ne l'a jamais entendu?
Il était en colère, contre lui-même surtout et contre tous les autres qui savaient sauf Justin.
Brian s'aperçut que Jennifer pleurait.
La photo de Justin entre les mains, Brian pensa qu'il n'avait rien fait réellement pour le retrouver et le rejoindre. Avec toutes les drogues et l'alcool qui traînaient chez lui, c'était d'une facilité ahurissante. Mais il ne trouva aucune de ces saloperies , parce qu'évidemment Michaël avait fait le nécessaire, vu l'état de Brian. Par téléphone, il lui intima l'ordre de ramener ses fesses au plus vite, avec tout le matériel utile.
Aux coups frappés sur la porte, il se précipita mais ce n'était pas Mickey. Le père de Justin se trouvait là, agité, échevelé, brutal, hors de lui.
- Vous avez été le démon de Justin. Vous l'avez détouné, sali. C'est vous qui l'avez tué et dans votre propre boîte. Vous êtes responsable de sa mort.
Il hurlait, gesticulait, s'essouflait, menaçait.
Ainsi, c'était cet imbécile, cet égoïste, ce mauvais père, c'était grâce à lui qu'ils allaient se retrouver, se rejoindre. Que la vie est ironique! Cela fit sourire Brian et à son sourire, l'autre tira.
En montant vivement l'escalier, Michaël avait entendu les éclats de voix et le coup de feu. Il vit aussitôt Brian étendu au milieu du loft, ce loft qui avait connu tant de bonheurs, de plaisirs, de souffrance.
- Mickey, viens. Je suis heureux, Mickey. Justin est là, près de moi. Mon ange est à côté de moi. Je vais enfin lui dire que je l'aime.
Brian ne s'aperçut jamais que Michaël pleurait.