HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

Where are you ?

Série : Queer As Folk
Création : 04.02.2013 à 18h18
Auteur : Audali09 
Statut : Terminée

« Fic inventée après la fin de la saison 1. Pas de spoil sur la saison 2 ou la fin de saison 1. » Audali09 

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« -Brian ! Brian !! Me lâche pas ! Reste avec moi !

Les lumières rouges et blanches de l’ambulance dansaient devant ses yeux.

-Ca va aller, je te promets que ça va aller…

Soudain le froid s’insinua dans ses membres telle une lame chauffée à blanc… »

 

Il se réveilla en sursaut, un cri sur les lèvres.

 

-Monsieur Kinney ? Tout va bien ? demanda l’infirmière en entrant précipitamment dans sa chambre.

-Oui, ça va, répondit Brian agacé.

-Vous savez avec le traumatisme que vous avez subi il est naturel que vous fassiez des cauchemars.

-Vous m’en direz tant… , marmonna-t-il.

-Bon, si tout va bien je vais vous laisser dormir. Bonne nuit Monsieur Kinney, dit-elle en fermant la porte.

-C’est ça…

 

Il se passa la main tremblante sur les yeux. Des flashs lui revenaient en mémoire, il l’entendait crier son prénom.

 

-Merde…

 

Il sentit tout à coup un vide, il le voulait, près de lui ici. Il en avait besoin, entendre sa voix, sentir son odeur, sa présence.

 

-Merde… répéta-il.

 

Lui, Brian Kinney, celui qui avait baisé tout Pittsburgh ressentir le manque d’un mec ? Conneries !!

 Il alluma la lumière. Il était là, devant lui endormi dans le fauteuil près de son lit. Ses cheveux blonds, ses lèvres, cette respiration, ses mains, ce corps pour lequel son désir n’était jamais assouvi. Il pouvait presque le toucher. Il fut si surpris de sa présence qu’il buta dans le verre sur la table de nuit qui alla se fracasser sur le sol.

 

-Merde ! dit-il pour la troisième fois.

 

L’infirmière entra en trombe :

 

-Qu’est ce qui se passe ??

-Mon ami m’a surpris je ne l’avais pas vu, j’ai renversé mon verre, répondit Brian énervé.

-Quel ami ? demanda la jeune femme.

 

Brian se tourna vers lui, il avait disparu, comme s’il n’avait jamais existé.  Il se passa la main sur le front. Cette disparition fut  plus douloureuse que les souvenirs.

 

-Vous me paraissez angoissé.  Je vais vous donner un sédatif, ça va vous calmer et vous aider à dormir.

 

Brian se recoucha et remonta les couvertures en désordre. L’infirmière revint quelques minutes plus tard verre d’eau et sédatif en main. Il avala le cachet, ferma les yeux, essayant de se détendre. L’aide- soignante quitta la chambre en fermant doucement la porte.

Ses muscles se détendirent, il commença à sentir un état léthargique l’envahir, le sommeil le gagna.

 

« You can dance ev'ry dance with the guy who gives you the eye, let him hold you tight

You can smile ev'ry smile for the man who held your hand 'neath the pale moonlight

But don't forget who's taking you home and in whose arms you're gonna be
So darlin', save the last dance for me, mmmm…

 

Leurs pas se suivaient, glissant sur le parquet. Son visage si près du sien, ce sourire…

 

Save the last dance for me, mmmm…

 

Sa main dans la sienne, cette paume chaude,  son cœur battant au rythme du sien. Il oublia qui  il était, où il se trouvait, plus rien ne comptait que cet instant d’éternité.

-C’était la plus belle soirée de ma vie… 

 

So darlin’, save the last dance for me, mmmm…  »


Audali09  (08.02.2013 à 19:58)

Le Kubix possédait deux salles, deux bars et deux backrooms.

La salle de l’étage avait un sol en verre lumineux aux teintes bleues glacées. Ce sol particulier permettait aux danseurs du premier de voir ceux du rez-de-chaussée et vice-versa. Les bars possédaient une forme légèrement arrondie, ils étaient faits de cubes lumineux changeant de couleurs alternativement. Au rez-de-chaussée un sol noir stratifié incrusté de lumières aux néons noirs venait compléter le décor. Des podiums de formes cubique et cylindrique étaient positionnés un peu partout. De grandes bulles en plastique étaient suspendues aux plafonds, permettant à des gogo boys d’y danser. L’ensemble rendait la boite très fantaisiste, lui donnant un côté aérien. Les éclairages très colorés se mélangeaient aux lumières glacées, aux lasers, aux paillettes ou fumées larguées du plafond. Cette discothèque n’avait rien de commun avec l’ambiance intimiste, animale, sombre qui se dégageait du Babylon hormis sa clientèle gay.

La backroom du premier étage, aussi appelée salon rouge, était une salle de petite taille aux murs carmin teintés de noir. Des banquettes en velours rouge étaient disposées à plusieurs endroits  de la pièce. La lumière très intimiste et tamisée complétait l’ambiance du salon.

La backroom du rez-de chaussée, aussi connue sous le nom de salon du Paradis, possédait une taille plus importante. Les murs noirs étaient brossés à la peinture dorée. De petites alcôves étaient réparties dans la pièce accentuant le côté mystérieux et intime de la backroom. Une lumière teintée de tons ocre et bruns complétait l’ensemble.  Des poufs, de gros coussins et quelques fauteuils en velours noir  terminaient  la décoration.

 

Justin tournait selon les soirées mais il se trouvait plus généralement au rez-de-chaussée.

-Taylor, tu gères le bar au premier ce soir. Alex est malade, lui dit Vance.

-Ok.

-Faut que tu montes les quatre cartons marqués M de la réserve, remplis le bac à glaçons, monte les bouteilles en surplus du rez-de-chaussée. Et repositionne les tabourets du premier.

 

Du fait de son âge, de sa récente arrivée ; Justin était désormais habitué à s’occuper des tâches ingrates lors d’organisation de soirées.  Une fois de plus, ce soir, il allait devoir gérer seul le bar, cet Alex faisait vraiment chier !

Il poussa un soupir d’agacement et se dirigea vers la réserve. Une heure et demie plus tard, la boite se remplissait peu à peu. A une heure du matin elle était pleine à craquer.

 

Le DJ passait « Crying at the discotheque » d’Alcazar,  Justin sourit.  Il ne savait combien de fois il avait dansé sur cette musique avec Brian lors de leurs nuits au Babylon. C’était un des morceaux favoris d’Emmett. Il sourit en pensant à cette grande folle d’Emmett avec ses tenues toujours si extravagantes mais si personnelles. Malgré ce qu’on pouvait penser d’Emmett au premier abord c’était un homme très sensible, très à l’écoute des personnes qui l’entouraient. Il l’appréciait beaucoup. Il se rendit compte, que malgré la situation la bande lui manquait. Il sortit son téléphone et composa, fébrile, le numéro d’Em. Il décrocha au bout de trois sonneries :

 

-Allô ?

-…

-Allô ?

 

Sa gorge était nouée, il n’arrivait pas à lui répondre.

 

-Allô ? Justin c’est toi ? Ton numéro est affiché… Justin ? répéta Emmett à l’autre bout.

Il raccrocha rageusement face à sa lâcheté, incapable de répondre à son ami.

Son portable se remit à sonner : c’était lui. Il regarda le cadran clignoter ne sachant quoi faire. A la quatrième sonnerie il se résolut à répondre :

 

-Allô ? Justin ?

-…

-Dis quelque chose chéri !

-Qu’est-ce-que tu veux Emmett ?

-Je devrais plutôt te poser la question, tu viens de m’appeler…

-…

-Bon… comment vas-tu ? Où es-tu ?  On s’inquiète beaucoup ici tu sais…

-Je vais très bien, je ne te dirai pas où je suis. Arrêtez de vous inquiéter pour moi, oubliez-moi. C’est de ma faute si Brian est mort ! Passe le mot à tout le monde : ne me cherchez pas, ne m’appelez plus je suis parti  de Pittsburgh et c’est définitif. Maintenant je vais raccrocher. Au revoir Emmett.

-Attends Justin ! Qu’est-ce-que tu racontes ? Brian n’est…

 

En entendant le prénom il raccrocha sans avoir écouté la fin de la phrase de son ami. Ce coup de fil l’anéantit. Entendre sa voix si calme, gentille à son égard finit de l’achever. Il n’aurait pas dû faiblir et lui téléphoner, qu’est ce qui lui avait pris ? Il allait mettre des jours à s’en remettre. Cela faisait des mois qu’il n’avait entendu prononcer le prénom de Brian.

 

La soirée mousse fut un véritable succès.

 

Ce soir, Justin avait terminé la soirée dans la backroom.

 Il était dix heures du matin lorsqu’il rentra chez lui épuisé. Il ne prit pas le temps de se déshabiller, il s’écroula sur son lit, s’endormit les drogues et les vapeurs d’alcool aidant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Audali09  (09.02.2013 à 00:16)

Comme tous les matins la bande se retrouvait au Liberty pour le petit-déjeuner. Tout le monde était là : Michael, Ted, Mel, Lindsay, le petit Gus, Debbie toujours au service, Vic  mais…

-Où est Emmett ? demanda Debbie en mâchant son chewing-gum.

-Il ne devrait pas tarder, répondit Ted

-Ah ok ! Bon qu’est-ce que  je vous sers les roudoudous ?

-Café ! répondirent-ils tous en chœur.

-Synchro… Je vous apporte ça, répondit-elle en se dirigeant vers le comptoir.

 

Emmett passa la porte en pantalon sombre, chemise et écharpe rouge, les cheveux en bataille, des lunettes de soleil dissimulant ses yeux. Linds racontait sa nuit auprès de Brian, lorsqu’elle le vit arriver.

 

-Ah te voilà Emmett, justement on se demandait ce que tu faisais.

-Hum… marmonna-t-il en s’asseyant à côté de Ted.

-Salut Emmett ! Qu’est-ce que je te sers ? lui demanda Debbie en posant les cafés sur la table.

-…

-Ouh, ouh, Emmett ! l’interpella Debbie.

-Hein ? Quoi ? réagit-il soudain.

-Je te demandais ce que tu voulais… Bah dis donc tu t’es pas réveillé ce matin ? T’as baisé toute la nuit ou quoi ?

-Maman !

-Un café et des pancakes s’il vous plait Debbie, dit-il l’air affligé.

 

Elle s’éloigna de la table, inquiète de son attitude lui si souriant habituellement.

 

-T’en fais une tête Emmett… Qu’est-ce qui  t’arrive ? lui demanda Ted.

-J’ai eu Justin au téléphone hier soir.

 

Tout le monde suspendit son geste, et le regarda fixement. Michael s’étrangla avec son café. Le silence régnait à table.

 

-Et voilà ton petit-dèj Emmett ! Mais qu’est-ce qui  vous arrive à tous ce matin ? Vous avez de ces gueules ! C’est le café qu’est dégueulasse ? demanda Debbie dans un rire.

 

Plus personne ne parlait.

Emmett se tourna lentement vers elle :

 

-J’ai eu Justin au téléphone hier soir.

-Sunshine ?! Merde j’ai avalé mon chewing-gum, rétorqua Debbie choquée par la nouvelle.

-Qu’est -ce qu’il  t’a dit ? Comment va- t-il ? Il est où ? demanda-t-elle précipitamment.

-Oui, c’est vrai dis-nous Emmett ! Comment il va ? Il t’a demandé des nouvelles de Brian ? demanda Michael non sans méchanceté.

-Pour tout te dire chéri, Justin est persuadé que Brian est mort ! lui répondit Emmett le regard amer.

-Mon dieu… murmura Lindsay.

 

Autour de la table plus personne ne parlait, Mickey  baissa le regard dans sa tasse.

 

-Qu’est-ce qu’il  t’a dit d’autre ? demanda rapidement Mélanie.

-Il m’a dit de vous dire qu’il allait très bien, qu’il ne fallait pas le chercher, qu’il ne fallait pas s’inquiéter, l’oublier. Qu’il avait quitté Pittsburgh pour ne jamais revenir et que si Brian était mort c’était entièrement de sa faute.

-Mais… commença Mélanie.

-Je n’ai pas eu le temps de lui dire qu’il était en vie, ma chérie, poursuivit Emmett. Il a raccroché avant que je puisse terminer ma phrase.

-Tu as entendu quelque chose qui puisse te donner une idée de l’endroit où il se trouvait ? l’interrogea Vic.

-Il y avait de la musique plutôt forte en fond. Je pense qu’il se trouvait dans une boite. Mais où je n’en ai aucune idée. Vous savez sur le moment j’étais heureux de l’entendre, mais maintenant avec le recul, si vous saviez la voix qu’il avait… C’était horrible, dit-il en prenant sa tête dans ses mains.

 

Ted passa un bras autour de ses épaules, ce dernier lui adressa un pauvre sourire.

 

-Pauvre petit ange… murmura Debbie.

-Ce que je ne comprends pas, commença Vic, c’est comment Justin peut croire que Brian est mort ?

-Il ne m’a rien dit à ce sujet, répondit Emmett dans un soupir, il m’a juste dit je cite « sa mort est de ma faute ! ».

-Mais… continua Vic.

-J’étais là le soir où Brian a été admis aux urgences, le coupa Debbie.

 

Tout le monde se tourna vers elle attentif.

 

-Les urgences m’ont appelée en m’informant qu’ils avaient un patient du nom de Brian Kinney qui avait été blessé par balle. Je leur ai répondu que je le connaissais et que j’arrivais. Vous pensez, je me suis précipitée à l’hôpital. On m’a indiqué son numéro de chambre mais je ne devais pas rester longtemps il devait se reposer. Il sortait du bloc et devait y retourner quelques heures plus tard. C’est là que je les ai vus.

 

Ils retinrent tous leur souffle, même Michael s’était tourné vers sa mère l’écoutant attentivement.

 

-Justin était au chevet de Brian, couvert de sang.  Ça m’a retournée de le voir comme ça. Il tenait sa main. Je ne pouvais pas entendre ce qu’il disait la porte était fermée, je les voyais à travers la vitre. Il avait l’écharpe blanche de Brian autour du cou. Il faisait vraiment peine à voir. Il avait le visage ravagé par les larmes. Je l’ai vu se lever, l’embrasser et le regarder comme si c’était la dernière fois qu’il le voyait. A ce moment, ne tenant plus je suis entrée. Lorsqu’il m’a vue c’était comme si on l’avait foudroyé, il a lâché sa main et s’est précipité vers la sortie. Je l’ai retenu, il m’a regardé avec des yeux dévastés et s’est enfui en courant. Depuis je ne l’ai jamais revu ni entendu. Peu de temps après le médecin qui se chargeait de Brian est arrivé, il m’a demandé où était  le jeune homme blond, en parlant de Justin, et je lui ai dit qu’il était parti. Ce à quoi il m’a répondu : « C’est embêtant je voulais le rassurer au sujet de l’état de son petit ami… » Je lui ai alors demandé ce qu’il avait dit à Justin, il m’a répondu : « vous savez quand monsieur Kinney est arrivé nous étions très inquiets nous l’avons admis au bloc où nous sommes restés plusieurs heures, son petit ami l’a attendu dans la salle d’attente. Quand on est sortis, je suis allé le voir pour lui expliquer la situation.

Les prochaines heures allaient être difficiles, nous devions remmener Monsieur Kinney au bloc et nous n’étions pas sûrs qu’il tienne jusque-là. Je lui ai donc demandé s’il y avait quelqu’un à prévenir et c’est là qu’il m’a donné votre numéro. Je pensais qu’il resterait. (…) » termina Debbie.

-Mon God, murmura Emmett.

-Ce n’est pas tout, continua Debbie.

 

Tout le monde la fixa s’attendant au pire.

 

-Quand il est parti, en courant, il a laissé tomber une lettre. Il avait dû l’écrire avant que j’arrive et mon entrée dans la chambre a dû l’empêcher de la laisser sur place. Elle est  adressée à Brian.

-Qu’est-ce qu’il a écrit ? demanda Michael qui s’était tu jusque- là.

-Je ne me suis pas permise de l’ouvrir Michael. Elle est pour Brian. Je voulais vous en parler avant de la lui donner, savoir si c’était le bon moment vous voyez…

-Tu devrais, lui répondit Vic. Je pense que ça aidera Brian, il en a besoin surtout en ce moment. Nous de notre côté il faut qu’on retrouve Justin.

-C’est ça allons chercher le pauvre petit Justin ! intervint Michael avec méchanceté.

-La ferme Michael ! répondit Debbie avec force.

 

Ils se mesurèrent du regard lorsqu’Emmett se mit à rire. La bande le regarda interloquée.

 

-Excusez-moi, mais si je rigole c’est que la dernière fois qu’on est allés chercher Justin c’était lors de notre road trip à New-York. Vous  vous rappelez les garçons, lorsque Justin avait fugué avec la carte de Brian et qu’on avait crevé au bord de l’autoroute ? Mystérieuse Marylin nous avait prévenus pourtant.

 Ce souvenir détendit l’atmosphère et tout le monde se mit à rire.

Seule Debbie resta silencieuse, le visage fermé. Vic s’en aperçut et lui murmura :

 

-Allez sœurette ça va aller. L’important c’est qu’il soit vivant et qu’on ait eu de ses nouvelles si minces soient-elles.

 

Debbie le regarda, accablée et s’éloigna pour poursuivre son service.  Vic regarda sa sœur partir avec chagrin. Ils devaient tout mettre en œuvre pour que Justin rentre à la maison,  revienne dans sa famille.

 

Dans la poche de son tablier de service, Debbie frôla les bords de la lettre de Justin. Ce soir elle irait la transmettre à son destinataire, pour son sonny boy, priant le ciel que ce geste le ramènerait à elle.

 

Elle ravala ses larmes et prit son plateau. Pour lui, pour Brian, elle devait rester forte.

 

 

 


Audali09  (09.02.2013 à 14:54)

Lorsqu’il émergea d’un sommeil comateux, son portable vibrait furieusement sur la table. Il se leva, la démarche mal assurée, la bouche pâteuse, une migraine lui fracassant le crâne.

-Taylor ! Qu’est-ce que tu fous ? Ca fait une heure que je t’appelle ! Amène-toi  j’ai besoin de toi ! hurla Vance dans le téléphone.

-J’arrive… répondit Justin en éloignant l’appareil de son oreille.

-Dépêche-toi ! dit-il avant de raccrocher.

 

Justin ne se souvenait pas de tout ce qui s’était produit hier soir mais il se doutait qu’il n’avait pas lésiné sur l’alcool et la drogue. La soirée de la veille était un véritable brouillard. Il se déshabilla, alla prendre une douche, l’eau glacée dissipa les dernières vapeurs d’alcool. Soudain, un souvenir lui revint en mémoire : il avait appelé Emmett ! Le rappel de ce coup de téléphone le tétanisa sur place. Il s’était juré pourtant de disparaitre. Comment avait-il pu l’appeler ? Qu’est-ce qu’il croyait ? Que ses anciens amis allaient le pardonner et l’accueillir à bras ouverts comme au bon vieux temps ? Quel crétin !

 

-Ah te voilà Taylor ! Bon pour le moment tu aides Myles à ranger le bordel ici. Tu jettes ce qu’il y a à jeter et tu fais l’inventaire des deux bars. Tu me fais un bilan des bouteilles restantes et des marques de celles qu’on doit racheter. Et tu me fais aussi un bilan de la casse qui a été faite hier soir.

-Fais chier… murmura Justin de plus en plus énervé.

-Un problème ?

-Non, c’est bon…

-Bien alors dans ce cas j’ai besoin de toi pour autre chose. J’ai acheté une nouvelle platine pour la sono, tu vas aller me la chercher. Je te prêterai ma voiture pour t’y rendre. Le particulier chez qui je l’ai achetée est à Philadelphie. En voiture t’en as pour deux jours, d’ici, aller-retour.

-Deux jours ??

-Je te paierai pour ça, tu y vas ce week-end. J’en ai besoin pour la prochaine soirée Fluo de la semaine prochaine.

-Okay…répondit Justin en s’éloignant.

-Une dernière chose…

-Quoi ? demanda-t-il en se retournant.

-La prochaine fois que tu me parles comme ça, tu te casses ! termina sèchement Vance.

 

Justin retira sa veste et commença à ranger la salle.

Il savait pertinemment que la route pour se rendre à Philadelphie traversait Pittsburgh.

En allant jeter les poubelles, il prit une décision.

 

 


Audali09  (09.02.2013 à 16:14)

-Oh… ma goudou préférée !

-Bonjour Brian.

 

Mélanie ne travaillait pas ce matin et après avoir terminé le petit déjeuner au Liberty avec les autres elle s’était rendue à l’hôpital. Brian dormait encore lorsqu’elle était arrivée. Elle s’était penchée sur un dossier juridique le laissant dormir.

 

-Comment tu te sens ce matin ?

-Tu me demandes réellement comment je vais ? demanda-t-il ironique, je croyais que tu ne pouvais pas m’encadrer.

-C’est vrai, répondit-elle franchement, mais lorsque tu m’as permis  d’avoir les droits parentaux pour Gus, mon avis sur toi a changé. Même s’il est vrai que certains aspects de ta personnalité m’insupportent. 

 

Brian eut un léger rire. C’était une chose qu’il appréciait chez Mélanie : sa franchise. Et dans le cas présent il avait besoin qu’on soit franc avec lui.

 

-Alors pour te répondre, malgré mon mal de dos, ça va je me sens bien, reprit-il sérieusement.

-Tant mieux, dit-elle en se repenchant dans son dossier.

-Sur quoi tu travailles ?

-Ça t’intéresse vraiment ? demanda-t-elle en levant les yeux.

-Ça s’appelle faire la conversation…

-Je suis sur une affaire de garde parentale. Une femme est en instance de divorce de son mari alcolo et violent. Elle est lesbienne et souhaite avec sa compagne la garde exclusive de son fils. Mais le juge est contre nous, il risque d’accorder la garde au père. Je revois mes conclusions.

-Mélanie, sainte protectrice des goudous ! Ça te va plutôt bien,  répondit Brian.

-Serait-ce un compliment ?

 

Brian lui sourit.

Le médecin entra dans la chambre.

 

-Bonjour Brian ! Melle Marcus.

-Docteur.

-Alors comment vous sentez-vous  aujourd’hui ?

-Ca peut aller.

-Je viens vous voir au sujet de vos soins post-opératoires.

 

Sachant que ce moment allait être difficile pour Brian, Mélanie s’éclipsa.

 

-Je vais vous laisser, je vais chercher un café, dit-elle en sortant.

 

A cet instant Brian apprécia la délicatesse de Mélanie.

 

-Bien je ne vous cache pas que votre état est sérieux. La guérison sera lente et difficile.

-Je suis très endurant Docteur, je suis connu pour ça, répondit Brian dans un sourire malicieux.

Le médecin eut un léger sourire.

-Plus sérieusement Brian, votre rétablissement sera difficile d’une part à cause du traumatisme que vous avez subi et d’autre part à cause des conséquences physiques de ce traumatisme.

-C’est-à-dire ? demanda-t-il redevenant sérieux.

-Les balles que vous avez reçues ont frôlé de si près votre moelle épinière qu’elle a été légèrement endommagée. Je vais tenter de vous expliquer. Par lésion de la moelle épinière, on entend un dommage ou un traumatisme de la moelle épinière entrainant à son tour une perte ou une altération fonctionnelle qui conduit à une diminution de la mobilité ou de la sensibilité.  Les nerfs ascendants véhiculent jusqu’au cerveau des informations sous forme de sensations comme la douleur, la température, le toucher, la sensation de position. Les nerfs descendants envoient des signaux à partir du cerveau pour commander des actions telles que les mouvements des muscles.

Dans votre cas ce sont les balles qui ont provoqué cette lésion, et qui ont affecté les nerfs de votre moelle. Heureusement pour nous cette lésion n’est que partielle, aucun segment  de la moelle n’ayant été sectionné, et elle est donc réversible.

-Très bien mais concrètement quelles  sont les conséquences ?

-Pour être honnête Brian, vous êtes actuellement dans l’incapacité totale de vous tenir debout, de vous servir correctement de votre dos et de marcher.

 

Soudain, la chaleur quitta son corps. Tout s’écroula autour de lui, son esprit s’embrouilla.

 

-Mais rassurez-vous tout ceci est réversible. Un kinésithérapeute et un psychomotricien vont vous suivre pour la rééducation. Je continuerai à vous suivre. Ne vous inquiétez pas Brian, vous remarcherez je peux vous l’assurer.

 

Brian n’écoutait plus, son regard perdu dans le vide perdait la notion du temps et de la réalité.

 

-Je repasserai demain pour établir votre programme de soins. Tout se passera bien Brian, termina le médecin.

 

Il sortit de sa chambre. Dans le couloir Mélanie patientait.

 

-Vous pouvez y aller Melle Marcus.

-Merci Docteur, dit-elle en entrant.

 

Son regard se perdit à travers la fenêtre, il se sentit subitement enfermé, impuissant. Mélanie s’approcha :

 

-Brian ?

-Tu sais j’aurais aimé qu’il soit là, près de moi. Il aurait su quoi faire. Il est toujours si calme, il aurait su quoi faire…

 

Mélanie n’avait pas besoin qu’il prononce son prénom pour savoir de qui il parlait.

Elle s’assit près de lui.

 

-Je sais Brian.

 

Brusquement il se mit à pleurer. Instinctivement Mél le prit dans ses bras. Ils n’avaient jamais été si proches qu’à cet instant. Pour la première fois, il trouva en Mélanie un réconfort et un soutien qu’il n’aurait pas soupçonnés. Il se sentait enfin compris. De son côté Mélanie, qui ne l’avait jamais vu pleurer, vit enfin ce Brian dont elle avait toujours soupçonné l’existence. Il n’y avait pas besoin de mots. Il pleura dans ses bras sans rien retenir, se livrant totalement comme il ne l’avait jamais fait. Il se reposa sur Mélanie déversant sa colère, sa peine, cette sensation d’abandon, ce déchirement, sa douleur. Mélanie resserra son étreinte. Saoulé de larmes, épuisé, il s’endormit dans ses bras. Elle le recoucha avec des gestes doux. En le regardant dormir elle reconnut les traits du visage de son fils.

 

Ce matin-là ils gagnèrent une confiance, une tendresse, une force mutuelle qui ne devaient  plus jamais les quitter.

 

 


Audali09  (09.02.2013 à 23:13)

Il était allongé sur son lit, une cigarette à la main. Son regard se perdait dans le plafond. Dehors il se mit à pleuvoir.

Depuis qu’il avait pris cette décision, il se sentait étrangement apaisé. Il se leva et se dirigea vers la fenêtre qu’il ouvrit, l’air humide s’insinuait dans ses poumons. Il s’assit à table et sortit son carnet à dessin, il prit une page blanche. Il prit ses crayons et commença à dessiner.

 

Les toits, les fenêtres, les nuages sombres zébrés d’éclairs silencieux. Il dessina la fine pluie froide s’abattant  sur la ville. Le vaporeux des nuages dans des tons de gris, noir, vert, des courbes formant leurs mouvements. Au milieu de ce ciel agité une autre image prit forme. Les sourcils étaient épais, foncés vers l’arête du nez puis plus clairs vers l’extérieur  du regard. La forme était fine puis plus évasée au fur et à mesure  que l’on se rapprochait des tempes. Les paupières étaient fines soulignées par la courbe des sourcils. Les yeux en forme d’amande étaient accentués par les longs cils recourbés noirs. Les cils inférieurs plus petits et plus clairs éclaircissaient ce regard. Les yeux étaient bruns à la pupille noire. L’iris était parsemé de paillettes dorées, vertes et de brunes plus foncées. La pupille était cerclée d’un marron très sombre rehaussant le clair lumineux de l’iris. Le regard était tendre, doux, mystérieux, torturé, animal.

Au milieu de ce ciel chaotique les yeux de Brian le regardaient  fixement.

 

Il s’endormit un sourire aux lèvres.


Audali09  (09.02.2013 à 23:16)

La nuit était tombée lorsqu'il s'éveilla. Mélanie était partie, Debbie se tenait debout devant lui. Le regard posé sur lui elle l'avait regardé dormir pendant plusieurs heures ne sachant comment s'y prendre pour lui donner ce qu'elle lui avait apporté. Quand il s'était réveillé elle s'était levée. 

-Bonsoir Debbie, qu'est ce que vous faites ici si tard vous devriez être chez vous...

-Bonsoir Brian, répondit-elle en baissant les yeux.

-Qu'est ce qui ce passe Debbie ? demanda t-il soudain inquiet devant l'expression qui s'était peinte sur son visage.

Elle pris une profonde inspiration et commença :

-Le jour où tu t'es réveillé et que tu m'as demandé où se trouvait Justin je ne t'ai pas tout dit. 

Il se redressa brusquement dans son lit le visage livide.

-Je t'ai dit qu'il avait quitté Pittsburgh ce qui est vrai. Mais le soir où tu es arrivé aux urgences je l'ai croisé. Il était auprès de toi quand je suis arrivée, couvert de ton sang, il pleurait. Il te regardait comme si c'était la dernière fois qu'il te voyait. Au moment où je suis entrée dans ta chambre il s'est précipité vers la sortie en courant, mais en courant il à laissé tombé quelque chose. Emmett l'a eu au téléphone hier soir. Justin croit que tu es mort. termina t-elle.  

Il ferma les yeux, ce n'était pas possible, c'était un cauchemar. Il sentit le vide s'ouvrir sous lui. Elle le savait elle lui faisait du mal en lui avouant tout ceci, mais elle se devait de continuer.

-Il a dit à Emmett qu'il ne voulait pas qu'on le cherche, qu'on devait l'oublier. Et... elle marqua un temps d'arrêt ferma les yeux, et que ta mort était entièrement de sa faute. 

Les yeux fermés, il sentit une plaie béante s'ouvrir dans son coeur. C'était un cauchemar. Il avait la sensation de tout perdre. La seule personne qu'il ai jamais aimé avait disparue et il n'avait pas eu le temps de lui dire ces mots. 

-Je t'ai dit qu'en courant ce soir là il avait laissé tomber quelque chose. Voilà, dit-elle.

Brian rouvrit les yeux et vit ce qu'elle lui tendait : une lettre. Les battements de son coeur s'accélèrèrent. Debbie lui donna et quitta la chambre préférant le laisser seul avec son ange.

Fébrile, il déplia la feuille blanche. Son écriture s'étalait devant ses yeux, le visage de son ange se confondant avec les mots...


Audali09  (10.02.2013 à 16:35)

Son écriture dansait devant ses yeux, le visage de son ange se confondant entre les lignes...

Brian,

Ça fait des heures que je suis assis là, j'attend. Je te regarde, branché à cette machine qui ne cesse d'émettre des bips comme un compte à rebours. Te voir allongé dans ce lit dans cet état... je me sens tellement impuissant, tellement coupable. Mon père n'a pas tiré sur la bonne personne. Je n'arrive pas à te parler , j'ai la sensation que c'est la dernière fois. 

Tu es si beau ce soir. Lorsque je t'ai vu arriver je pensais rêver, je n'ai plus vu que toi au milieu de tous les autres. Je n'oublierai jamais le regard que tu à porté sur moi, cette danse, ce baiser. Tu parais si calme, seuls les bips incessants viennent troubler ce silence.

Je t'aime Brian, comme je n'avais jamais aimé jusque là. Notre différence d'âge ne m'a jamais paru être un obsctacle, quoi que les gens aient pu en dire. Grâce à toi j'ai su m'accepter, m'affirmer. J'ai appris à défendre qui je suis en affrontant le regard des autres. Tu étais pour moi; mon ami, mon amant, mon confident, mon épaule, ma chaleur, ma douceur, ma tendresse, mon mal, ma fougue, ma faiblesse. Depuis le jour où nous nous sommes rencontrés, mes sentiments n'ont cessés d'augmenter. Ce soir où tu as croisé ma route et où tu m'as dit : "Je veux que tu te souviennes de ce moment. Avec qui que tu sois je serais toujours là." Un coup de foudre qui grandit, qui se construit ça ne s'explique pas. Tu t'es ancré en moi, devenant une partie de moi. J'ai appris à te connaitre, à découvrir qui tu étais. Tu es tellement loin de l'image que tu veux donner. 

J'ai peur Brian, peur d'affronter ce monde tout seul, sans toi. Je suis perdu, seul, je me noie, je te sens t'éloigner me laissant seul avec une plaie béante. J'ai peur de t'oublier, de voir ton visage s'estomper, peur d'oublier ta voix, ton odeur. Je voudrais du temps, encore du temps, pouvoir t'aimer encore à n'en plus finir. T'étreindre, étreindre tout ton être, sentir ta chair contre la mienne telle une caresse sur mon corps m'offrant le bonheur. Je veux encore ton regard posé sur moi, le charme de ta voix, ta douce chaleur, toutes ces manisfestations de toi. Je suis terrorisé de savoir que tu ne reviendras jamais, de savoir que ce baiser est le dernier, de savoir que cette main sur ton visage est la dernière, cette étreinte la dernière. Je n'arrive pas à te dire au revoir. Je voudrais hurler, crier, tout détruire. J'ai encore tant besoin de toi aujourd'hui mais aussi pour toujours. Le temps n'a rien changé, je t'aime comme au premier jours, aux premiers mots. Reviens moi Brian, reviens moi...

Je me retrouve seul, déchiré avec mes regrets, mes souvenirs, ma culpabilité. Il n'a pas tiré sur la bonne personne. Par ma faute j'ai provoqué ce qui t'arrive. 

Ce soir je pars de Pittsburgh pour ne jamais revenir. Cette nuit est la dernière : notre dernière nuit. 

Je t'ai aimé, je t'aime et je t'aimerai jusqu'à mon dernier souffle.

Pardonne moi,

J.


La lettre glissa de ses mains, le visage mouillé de larmes. Il se sentait si seul, perdu...

Moi aussi, je t'aime mon ange...

 


Audali09  (10.02.2013 à 17:59)

On était samedi, c'était le départ pour Philadelphie. Justin rentrerait dimanche dans la nuit. Il enfila un jean, un t-shirt noir, sa veste et ses tennis. Il prit son portable, ses clopes, ses lunettes de soleil noires et les clés de voiture de Vance que ce dernier avait laissé devant le Kubix. 

Lorsqu'il arriva devant la boite; il maudit son boss, les constructeurs automobiles et surtout, surtout, les jeeps noires. 

-Fais chier...maugréa t-il.

Il n'avait aucun recours. A chaque fois qu'il sortait, qu'il travaillait et même quand il pensait, absolument tout, le ramenait à Brian.  Et là, devant la réplique exacte de la voiture de Brian, Justin se sentit plus énervé que jamais. La seule différence avec la jeep de Bri, c'était la plaque, il n'y avait pas inscrit Pennsylvanie (l'état de Pittsburgh) mais Illinois. Il mit le contact dans un soupir et prit la route de Philadelphie. 

Il mit un disque dans le lecteur et chaussa ses lunettes de soleil. La pluie s'était enfin arrêtée ; il put retirer sa veste et décapoter la jeep, le vent ébouriffant ses cheveux blonds. Ces deux jours sur la route lui ferait du bien, il aimait conduire; ça le détendait et lui permettait de penser calmement. De plus, se retrouver deux jours loin du travail, de son appartement et de la civilisation serait plus que bénéfique. Pendant ce long week-end il allait pouvoir faire le point sur sa situation actuelle, sur ce qu'il voulait faire. Et puis, le jour où Vance lui avait demandé de partir pour Philadelphie, il avait pris une décision : il passerait par Pittsburgh une dernière fois. Au début il pensait ne pas s'y arrêter, mais il se demandai tout de même s'il ne ferait pas un crochet par chez sa mère. Pour tenter de comprendre, d'avoir des explications. Il avait cinq heures de route devant lui pour se décider.

Il augmenta le volume de l'autoradio. Il adorait cet album : Alphaville album Forever Young de 1984. Il se mit à chanter et à tapoter sur le volant en rythme.  Assis dans cette voiture, avec cette musique, ce grand soleil, ce vent dans les cheveux ;  il se sentit tout à coup heureux. Brusquement, il eut la sensation  qu'après ce week-end les choses allaient changer. Il sentit qu'en passant à Pittsburgh la boucle serait bouclée et qu'il pourrait passer à autre chose, essayer de se reconstruire. Même s'il était responsable de la situation, il se devait de tourner la page, reprendre le cour de son existence qu'il avait mise entre parenthèse depuis maintenant presque six mois. Ce serait difficile, mais Brian n'aurait pas aimé qu'il se morfonde comme il le faisait, "pathétique..." aurait-il dit. A cette pensée, ils sourit. Pour la première fois le souvenir de Brian n'était pas douloureux.  Pour lui, pour la mémoire de Brian, il se devait de prendre sa vie en main et de continuer malgré tout.  

Il devait reprendre la peinture, pourquoi pas les études et essayer de commencer une nouvelle vie plus saine, loin de Pittsburgh et des souvenirs douloureux. Il devait voler de ses propres ailes. Malgré ces changements à venir, il continuerait à travailler au Kubix, il avait besoin de cet univers. 

Il alluma une cigarette et augmenta encore le volume de la musique. Le poids qui l'étouffait depuis ces longs mois commençait enfin à s'alléger.

La voiture filait à toute allure, et dans la jeep un Sonny Boy chantait à tue tête sur Big in Japan d'Alphaville. Qui s'en souciait ? il était seul au monde.

Justin avait raison, à la suite de ce week-end de nombreuses choses allaient changer et il ne se doutait pas à quel point !


Audali09  (11.02.2013 à 23:50)

Depuis que Debbie lui avait apporté cette lettre, ils sombrait peu à peu, s'enfermant dans un mutisme silencieux. Ses amis ne savaient plus quoi faire pour l'en sortir, ils se sentaient impuissants. 

Brian s'en voulait ; il n'avait pas su dire à Justin quand il était encore temps, ce qu'il ressentait vraiment. Il n'avait pas su s'ouvrir mais le faire souffrir, le repousser, ça, il avait su y faire. Il avait tenté de s'ouvrir au bal ce soir là, mais il avait espéré secrètement que Justin aurait compris de lui-même en le voyant arriver. Ce n'était pas un sentimental, il n'était pas du genre à étaler ses états d'âmes aux autres. Il s'était construit une telle carapace autour de lui au fur et à mesure des années qu'il passait pour insensible alors qu'intérieurement il bouillonait d'émotions, mais ça, il s'en cachait bien. Puis Justin, ce gamin blond qu'il avait ramassé un soir sous un lampadaire de liberty avenue, était arrivé comme une tornade, avait foutu le bordel en balayant toutes ses certitudes. Ce gamin tellement plus mature que n'importe lequel d'entre eux avait fissuré le mur Kinney et avait su voir de cette image qu'il s'était construite. Brian avait flippé, c'était simplement ça, il avait pris peur. Justin avait su voir au-delà du masque et Brian avait perdu ses moyens. Il avait craint d'être à nouveau abandonné, jugé, humilié, rejeté. Mais à sa grande surprise Sunshine ne l'en avait que plus aimé, le soutenant, le comprenant, l'encourageant dès qu'il le pouvait. Il avait totalement ébranlé ses convictions et maintenant il avait disparu le croyant mort. Et Brian n'avait pas eu le temps de lui dire ces mots, ce qu'il avait sur le coeur. 

Sunshine, pourquoi tu t'es barré...


Lorsque Michael entra dans la chambre, Brian dormait. La lettre de Justin posée, ouverte sur sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration. Michael pesta intérieurement :

'Il lit encore cette lettre. Ce petit con nous lâchera jamais. Il hante Brian, il lui fait du mal, il faut se débarrasser de ce gamin..."


Il s'approcha de Brian et de la feuille à l'écriture penchée en tendant la main, lorsque Brian ouvrit brusquement les yeux. 

-N'y touche même pas Michael... dit-il d'une voix froide.

Michael le regarda et vit un regard qu'il n'avait jamais vu, en tout cas pas de la part de Brian. 

Un regard de haine.


Audali09  (12.02.2013 à 14:59)

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