HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

Where are you ?

Série : Queer As Folk
Création : 04.02.2013 à 18h18
Auteur : Audali09 
Statut : Terminée

« Fic inventée après la fin de la saison 1. Pas de spoil sur la saison 2 ou la fin de saison 1. » Audali09 

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Après trois heures de route, il s'arrêta pour se dégourdir les jambes. Il pris un café à la station et alluma une cigarette. Il lui restait deux heures avant d'atteindre Pittsburgh et son angoisse ne cessait de croître. Il avait décidé de s'arrêter chez sa mère mais avait peur de croiser les autres. Il devait passer par Liberty Avenue, la rue la plus fréquentée par la bande et celle du Liberty Dinner. 

L'avenue possédant le plus de feux rouges de tout Pittsburgh.

Mais il voulait des explications, il voulait comprendre pour pouvoir tourner la page. Il remonta en voiture et pris la direction de Pittsburgh,anxieux.


Audali09  (12.02.2013 à 15:09)

Ce fût l'élément déclencheur qui sortit Brian de son silence. 

-Qu'est ce que tu veux ? demanda t-il d'une voix dure et inhospitalière. 

-Je suis venu te voir Bri ! Savoir comment tu allais... tu es mon meilleur ami...

-Ah ? Parce qu'oin est amis maintenant ? 

Michael devint livide.

-Qu'est ce que tu veux dire ? demanda t-il d'une voix blanche.

-Qu'est ce que je veux dire ? demanda Brian dans un rire mauvais. 

-...

-J'ai entendu ta charmante petite conversation avec Mélanie le lendemain de mon réveil, à propos de Justin. lâcha t-il d'un trait.

-Encore lui... marmonna Michael. 

-Oui encore lui ! répondit Brian les yeux brillants de colère.

-Il t'as abandonné Brian ! Il t'as laissé tomber, laissé pour mort !

-Il se sent coupable Michael ! Responsable ! C'est son père qui à tiré ! Qu'est ce que tu voulais qu'il fasse ?? reprit Brian la colère montant dans sa voix. 

-Il aurait dû rester au lieu de se comporter en petit enfoiré qu'il est ! 

-Arrête Michael, surtout arrête, poursuivit Brian.

-Oui c'est un enfoiré ! Je maintiens ce que j'ai dit : Justin est un salopard ! Cette situation, ce qui t'arrives, c'est de sa faute ! S'il avait fermé sa gueule à ton sujet rien de tout ça ne se serait produit. J'espère qu'on ne le reverra jamais ! Il s'est comporté comme un lâche !

-Pour qui est ce que tu te prends ?? Tu t'entends parler ? Justin souffre autant que moi si c'est pas plus : c'est son père qui à tiré, SON PERE ! On aurait tous réagit comme lui qu'est ce que tu crois ? T'as jamais pu le supporter hein ? avoue Mickey ! 

-...

-Mélanie avait raison, t'es jaloux ! Sache Monsieur Michael Novotny, une bonne fois pour toute, que ton rêve de gosse de 14 ans ne se réalisera jamais ! Il ne se passera jamais rien entre nous ! On ne sera jamais un couple, on ne vivra jamais ensemble et surtout, SURTOUT, on ne couchera jamais ensemble ! Il serait temps que tu le comprennes et que tu grandisses !! Et puis tu es très mal placé pour me parler  de lâcheté Michael, continua Brian ivre de colère.

-Ça n'a rien à voir avec ça ! cria Michael. Tu es mon meilleur ami ! Ce petit con te fait du mal, tu crois que je le vois pas ? Il est responsable de ce qui t'arrives !! 

-Ah bon ça n'a rien à voir avec ça ? Alors tu peux me dire où est ton petit mari de  Chiropracteur ? 

-Il est resté à Portland, je dois le rejoindre dès que tu iras mieux, répondit Michael en baissant les yeux. 

Brian se mit à rire.

-Tu es tellement pathétique MIckey. Je sais pertinemment que c'est fini entre vous. Alors surtout ne viens pas me faire des discours sur la lâcheté des autres alors que toi t'es incapable de t'engager et que tu te raccroches à un fantasme de gamin.
Quand au mal que Justin m'a fait ce n'est pas plus que ce que moi j'ai pu lui faire, éclata Brian.

-Non mais je rêve ! Tu lui trouves des excuses en plus ! 

-Parce que je l'aime Michael !!!!! hurla Brian.

Lindsay entendit les éclats de voix depuis le couloir. Elle se précipita et repoussa gentiment l'infimière : 

-Laissez je m'en occupe... dit-elle à la jeune femme.
-Dites leur de se calmer, c'est un hôpital ici.

Dans la chambre, Michael était devenu aussi blanc que les murs. L'entendre des autres était une chose mais de la propre bouche de Brian s'en était une autre.

-Les garçons ! dit LIndsay en entrant brusquement dans la pièce. Elle fût stoppée nette dans son élan lorsqu'elle vit la scène. Elle connaissait Brian, Michael et leur amitié depuis de nombreuses années et jamais elle ne les avaient vus dans un tel état. Un climat de tension extrême régnait entre les deux amis. A l'arrivée de Lindsay, Michael le teint livide, en colère, blessé, vexé, il tourna les talons et sortit en claquant la porte. Il n'avait jamais autant hais Justin qu'à cet instant. Lindsay s'apporcha, tenant Gus dans les bras, encore sous le choc de ce qu'elle venait d'entendre et de voir.

-Surtout  Lindsay tais-toi... lui intima Brian.

Les propos de Michael l'avait mis dans une telle rage que la douleur dans son dos se déclencha telle une bombe, le brûlant d'une douleur aiguë.

-Et merde... déclara Brian fulminant de colère.

Il avala un des calmants sur la table de nuit essayant d'oublier ce qui venait de se produire. Linds savait que la situation était grave. Les deux hommes n'avaient jamais eu une telle dispute même lors des trente ans de MIchael.  Aujourd'hui des choses qui étaient tuent depuis des années venaient d'éclater au grand jour. 

-Brian est ce que ça va ? demanda t-elle.

Il leva des yeux noirs mais son regard s'adoucit lorsqu'il vit son fils dans les bras de son amie. 

-Bonjour Fiston... dit-il doucement.

Lindsay s'approcha lui tendant Gus, qu'il logea aux creux de ses bras. Il avait la sensation qu'il ne l'avait pas senti près de lui depuis une éternité. Ce petit être, ce petit coeur battant près du sien apaisa sa colère.
Lindsay ne se lassait jamais de les regarder, Brian était fait pour être père. Malgré la violente dispute qui venait d'avoir lieu elle sût que ce n'était pas le moment d'en parler. 

Elle s'assit et regarda la symbiose totale que formait le père et son fils.


Audali09  (12.02.2013 à 19:00)

Il arriva dans Pittsburgh  vers  11H30 et sur Liberty Avenue quelques minutes plus tard. Se retrouver ici après de si longs mois le déstabilisa et le renvoya à de nombreux souvenirs : le soir où il avait débarqué sur liberty avenue un peu perdu, sa rencontre avec Brian, la nuit de la naissance de Gus, Debbie et la bande, les soirées au Babylon et au Whoody’s. Il ôta ses lunettes de soleil et alluma une cigarette, nerveux, le cœur battant. Il s’arrêta au feu situé à quelques pas du snack, il resserra ses mains autour du volant. Du coin de l’œil il vit Debbie sortir les poubelles. Il était à peine à deux mètres d’elle.

-Merde… murmura-t-il.

En refermant la benne à ordures elle releva la tête et faillit avoir une attaque. Là, dans la jeep noire, cette tête blonde… Elle ne le reconnut pas tout de suite à cause de son allure et de la voiture. Mais elle ne rêvait pas. C’était son petit ange.

-Sunshine… ? commença-t-elle à dire.

Le feu vert le sauva, il démarra au quart de tour refusant de regarder et d’entendre ce que venait de prononcer cette femme qu’il considérait comme une seconde mère.
Le deuxième feu s’arrêtait devant le club de gym des garçons et évidemment il était rouge. Justin était plus nerveux que jamais. Il ne les vit pas arriver.
Ted, Emmett et Michael comme tous les jours se rendaient à la salle de sport. C’est Emmett, le premier, qui le repéra.

-Stop ! Les Boys ! Vous voyez ce que je vois ?? dit-il brusquement en montrant la jeep.

Ted et Mickey suivirent la direction de son doigt. Michael reconnut immédiatement la personne derrière le volant et se rappelant la dispute avec Brian il entra en trombe dans le club de sport. Les deux autres n’y firent pas attention, tant ils étaient absorbés par l’apparition qui venait de se produire. Ted attrapa le bras d’Emmett :

-Tu crois que c’est…

-Justin ? Je crois pas, je suis sur Love !

C’est à ce moment que ce dernier tourna la tête et qu’il les vit. Ils n’avaient pas changés. Il ne pût détourner le regard, tétanisé. Ils avaient envie de l’appeler mais le prénom de Justin leur resta en travers de la gorge ; ils avaient le sentiment de se retrouver face à un revenant. Justin ne tenait plus, il leur adressa un dernier regard, chaussa ses lunettes de soleil et démarra brusquement au changement de couleur du feu.

-Justin ! cria tout à coup Emmett en se mettant à courir.

-La plaque Emmett !! Relève la plaque !! cria Ted, la plaque !!

La voiture s’éloigna.

-Est-ce-que tu l’as ? demanda Ted essoufflé d’avoir couru derrière la voiture et son ami.

-Oui, c’est  V54 8889 Illinois répondit Emmett également essoufflé par sa course.

-Illinois ?? Qu’est-ce qu’il fout là-bas ??

-Quel que soit l’endroit en dehors de Pittsburgh qu’est-ce-que tu veux qu’il y fasse ? Il s’est enfui Ted-Chéri, alors peu importe le lieu, renchérit Emmett.

-Pas faux… T’as du papier ? demanda Ted.

-Pourquoi faire ?

-Pour noter la plaque, idiot !

-Ah oui, bien sûr, répondit Emmett en fouillant dans son sac.

 


Audali09  (14.02.2013 à 07:10)

Jennyfer Taylor n’était pas le genre de femme à se laisser abattre. Tout au long de sa vie elle avait toujours tenu bon : lors des infidélités à répétition de son mari, le coming out de son fils et sa relation avec Brian Kinney, son divorce d’avec Craig, son déménagement, sa réorientation professionnelle ; elle n’avait jamais baissé les bras. Mais là, c’était trop. Son ex-mari avait tiré sur Brian le tuant presque, son fils avait disparu depuis six mois et elle n’avait plus aucune nouvelles. Elle avait le sentiment d’avoir tout perdu. Heureusement Mollie était là. Par ses sourires, ses bavardages, ses rires elle avait réussi à faire tenir sa mère. Jennyfer n’était pas dupe, Justin manquait beaucoup à sa petite sœur.

Elle était à son bureau lorsque la sonnette retentit. Elle descendit les escaliers et ouvrit la porte.

Elle se retrouva face à un homme. Elle reconnut instantanément ces cheveux toujours en bataille, cette posture, ce visage, ces yeux bleus. C’était Justin : son fils.
Passée la surprise du moment, elle le prit subitement dans ses bras, les yeux pleins de larmes. Il était vivant, vivant !
Il ne lui rendit pas son étreinte.
Elle finit par le lâcher.

-Bonjour Justin, dit-elle doucement.

-Bonjour Maman, répondit-il.

-Viens, entre. L’invita-t-elle.

Ils s’assirent dans la cuisine.

-Tu veux boire quelque chose ?
-Un café s’il te plait. Il sortit son paquet de cigarette. Je peux ? demanda-t-il à Jennyfer.
-Bien sûr, répondit-elle en ouvrant la baie vitrée qui menait à la terrasse.

Elle n’aimait pas le voir fumer mais ce n’était pas le moment de lui faire des reproches.
Il alluma sa cigarette et retira sa veste. Il ne se sentait pas à l’aise pas du tout à l’aise. Il tira une bouffée.

-Mollie n’est pas là ?
-Elle est à l’école.
-Ah oui…

Jennyfer ne savait pas quoi dire à son fils, elle n’osait pas s’approcher de lui. Il avait changé : une barbe recouvrait maintenant ses joues, ses cheveux avaient poussés, il avait minci mais c’est son regard qui avait le plus radicalement changé. Justin avait toujours été très mature mais le regard qu’il avait à présent était celui d’un vieillard. Ces yeux lui faisait de la peine et l’effrayait aussi. Jennyfer se trouvait face à son bébé mais également face à un homme qu’elle ne connaissait pas qui était froid, absent, distant. Justin regarda la fumée monter vers le plafond.

-Tu me dévisages depuis cinq minutes, j’ai tant changé que ça ? demanda-t-il dans un faible sourire.
-Je ne sais pas quoi te dire Justin. Tu as l’air tellement… distant. Ca fait si longtemps que je ne t’ai pas vu.
-Je suis venu te voir pour te parler de quelque chose en particulier, dit-il en fumant sa cigarette, je ne fais que passer.
-Je sais Justin. Tu veux savoir « pourquoi » ? N’est –ce-pas ?

Il acquiesça.

-Pour être franche je ne sais pas, enfin, disons que je n’ai pas d’explications rationnelles à te donner.
-Je t’écoute, dit-il très calme.
-Je suis allé voir ton père en prison. Il est incarcéré depuis deux mois maintenant. Le procès va durer un certain temps mais il sera jugé et condamné.
-C’est pas ce que je veux savoir Maman.
-… Je me suis rendue au parloir il y a quelques temps et j’ai parlé avec lui de ce qui s’était passé.

Justin ne regardait plus sa mère le visage tourné vers la fenêtre. Il l’écoutait mais il n’arrivait pas à la regarder dans les yeux. Elle poursuivit son récit.

-Ton père m’a dit qu’il n’acceptait pas d’avoir un fils homosexuel et que de ce fait tu ne l’étais plus. Il a dénigré ta vie qu’il a qualifiée de débauchée et de honteuse aux yeux de Dieu. Et… elle s’arrêta en posant un regard inquiet sur son fils.

-Et quoi ? Termine, demanda-t-il toujours sans la regarder.
-Il m’a dit que Brian était un pervers, un vicelard, qu’il t’avait corrompu, qu’il était ton démon. Il m’a précisé qu’il était fier de lui avoir tiré dessus et qu’il méritait de mourir. Il a ajouté qu’en tirant sur Brian il avait rendu service à la société.

Il ferma les yeux.  

Je n’aurai  pas dû venir. 

Jennyfer posa sa main sur celle de son fils, elle savait qu’il souffrait et elle se sentait impuissante. Il retira sa main avec violence.

-Tu sais chéri Brian n’a… commença-t-elle.
-Ne prononce pas son nom, ne parle pas de lui ! dit-il avec force.
-Justin…
-Maman ! Ne parle pas de lui c’est tout.
-Je sais que tu m’en veux. Je ne sais pas comment me faire pardonner, répliqua-t-elle.
-Il n’y a rien à pardonner, rien à dire, tu as été la première à parler de Brian à…, il marqua une pause, à parler de Brian à mon père.

Jennyfer reçu l’accusation comme une gifle malgré le calme avec lequel il l’avait énoncée. Elle baissa les yeux. Il écrasa sa cigarette et se leva.

-J’ai entendu ce que je voulais savoir, je vais y aller. Il enfila sa veste et se dirigea vers la sortie.
-Attend ! Quand est ce que je te reverrai ? Est-ce qu’il y’ a une adresse ou un téléphone où je puisse te joindre ? demanda-t-elle précipitamment.
-Par pour l’instant Maman. Si quelqu’un doit faire signe ce sera moi. Je sais pas quand on se reverra.

Il mit ses lunettes de soleil,  se retourna sur le pas de la porte :

-Maman, la prochaine fois que tu verras Debbie tu veux bien l’embrasser pour moi ?

-Bien sûr chéri.
-Merci. Au revoir. Embrasse Mollie, termina-t-il en montant en voiture.

Il démarra et s’éloigna. Jennyfer le vit partir déchirée. Elle n’avait peur de ne plus jamais le revoir. Elle ferma la porte sur son  angoisse et son fils qui s’éloignait au loin.

 

 

 


Audali09  (14.02.2013 à 19:52)

 La voiture filait à toute allure, il s’arrêta perdu en pleine campagne. Il coupa le contact et s’effondra sur son volant en pleurs, submergé de douleur, de haine, de culpabilité. Il se mit à cogner le volant avec force déchargeant toutes ses émotions, en pleurant, en criant.

Sa faute, c’était de sa faute. Comment pouvais-t-on avoir un père aussi haineux, violent ?

C’était un véritable cauchemar.  Il se mit à maudire le soir où il était venu sur Liberty Avenue, il s’en voulu d’avoir suivi Brian, il regretta d’avoir fait son coming out, il maudit le jour de sa naissance et son homosexualité. Il ne s’était jamais sentit aussi coupable qu’à cet instant.

Puis il commença à se calmer, la tête contre le volant s’y raccrochant comme à une bouée. La joie qu’il l’avait animé ce matin sur la route se dissipa brusquement pour ne laisser la place qu’à un grand vide. Il ressentit plus que jamais le manque de l’être qu’il aimait.

Mais il devait tenir bon, se ressaisir, ne pas craquer, pas maintenant. Il prit de grandes inspirations pour calmer sa rage et les tremblements de son corps. Après quelques minutes, il se redressa, essuya d’un revers de la main son visage mouillé de larmes, mis le contact et repris la route en direction de Philadelphie.

Il devait se battre et il était plus déterminé que jamais.


Audali09  (14.02.2013 à 19:55)

Aujourd’hui il débutait la rééducation après plusieurs séances de musculation pour son dos et ses bras. Il n’avait pas dormi de la nuit, il avait peur d’échouer ce qu'il ne pouvait pas, sous aucun prétexte.

Dans une salle entourée de baies vitrées et donnant sur le parc de l’hôpital se trouvait de nombreux appareils médicaux. Il repéra immédiatement les deux barres parallèles dans un coin de la salle.  La kinésithérapeute  dirigea le fauteuil roulant vers ces dernières.

-Bien, Brian avant de commencer nous allons faire un exercice afin que je puisse voir votre maintien et votre cohésion entre votre dos et vos bras. L’exercice consistait à s'asseoir sur un gros ballon les pieds à plat au sol et le dos le plus droit possible. La position redéclenchea  une violente douleur dans son dos.

-Est-ce-que  ça va Brian ? demanda-t-elle.
-Ça va, dit-il faisant abstraction de sa douleur.
-Est-ce-que vous ressentez  une douleur quelque part ?
-Non, tout vas bien. Mentit-t-il.
-Très bien nous allons pouvoir commencer les exercices aux barres.

Elle l’aida à se lever et lui positionna les mains sur les barres. Se retrouver sur ses deux jambes après de si longs mois lui parut étrange mais lui fit aussi du bien, il se sentait moins diminué.

-A l’aide de vos bras vous allez soutenir le haut de votre corps pour alléger le poids sur votre bassin et vos jambes.  Ensuite vous commencez à mettre un pied devant l’autre pour avancer.
-Oui, il faut marcher quoi… dit-il dans un sourire.

Le premier mouvement lui fit moins mal que ce qu'il avait prévu. Mais il fût vite détrompé, la douleur revenant plus forte que jamais lorsqu’il avança sa deuxième jambe. Elles se dérobèrent mais il se retint à l’aide de ses bras en serrant les dents. Le kiné s’approcha pour l’aider à se redresser.

-Non ! dit-il avec force. Il faut que j’y arrive seul.

Il prit une inspiration et se redressa avec une grimace. Le kiné fût impressionné par sa volonté. Peu de patients faisaient preuve d’une telle détermination lors d’une première séance. Il termina la ligne seul. C’était un grand pas en avant pour une première séance. Arrivé au bout de l’allée la sueur perlait à son front, la bouche entrouverte, essoufflé, il était blanc comme un linge.

-Pour un premier jour c’est très bien Brian, on va en rester  là.
-J’aimerai recommencer, dit-il dans un souffle.
-Vous semblez au bord de l’évanouissement, il ne faut pas trop forcer. Dit-elle en l’aidant à se rasseoir.
-Vous auriez de l’eau s’il vous plait ?
-Bien sûr, dit-elle en allant chercher une bouteille d’eau minérale près de l’entrée.

Lorsqu’elle se retourna, il était debout, cramponné aux barres débutant une nouvelle marche.  Ce patient n’était vraiment pas comme les autres et elle sût qu'avec  lui la rééducation serait différente.

-Vous êtes un têtu Brian.
-Il parait oui, dit-il avec un sourire.
-Mon but en travaillant avec vous n’est pas que vous vous blessiez plus que vous ne l’êtes déjà.  Vous vous rétablissez d’une blessure grave, vous ne devez pas précipiter les choses Brian. J’aimerai que vous compreniez ça, lui dit-elle.
-Et moi j’aimerai que vous compreniez que vous n’empêcherez pas ma détermination à vouloir marcher. Même si vous m’attachiez. Si je continue à rester dans ce putain de lit ça va me tuer, il faut que je marche. Quand j’en pourrai vraiment plus, je m’arrêterai.

Le médecin comprit à son regard quelle ne le ferait pas plier.  Elle ne répondit rien et replaça ses jambes. Durant deux heures il marcha tant bien que mal entre les deux barres sans relâche puisant sa détermination et sa force au plus profond de lui-même faisant totale abstraction de la douleur. Il devait se remettre le plus vite possible pour pouvoir aller chercher son ange. La kinésithérapeute ramena un Brian épuisé à sa chambre. Elle l’aida à se recoucher.

-A ce rythme vous pourrez bientôt marcher avec les béquilles et conduire, dit-elle en souriant.
-C’est le but recherché dit-il en s’endormant.

Elle quitta sa chambre toujours plus impressionnée par la volonté de cet homme.

Brian dormit paisiblement ses rêves éclairés par le sourire angélique de Justin.

 

 

 

 

 


Audali09  (15.02.2013 à 23:10)

Lorsqu’ils entrèrent  dans sa chambre, Brian se faisait masser par la kinésithérapeute.

-Oh, les pouffiasses ! dit-il dans un rire.
-Brian !! rétorquèrent-ils.
-Bah alors les filles qu’est-ce qui vous arrivent vous êtes toutes rouges, dit-il dans un éclat de rire.

Le médecin esquissa un sourire.

-Brian, commença Emmett essoufflé, Ted et moi  on a vu Justin…

Il se redressa d’un seul coup le teint livide.

-Quoi ??
-Il est passé dans Pittsburgh en voiture, on l’a vu lorsqu’il s’est arrêté au feu rouge près du gymnase.
-Qu’est-ce qu’il a dit ??
-Il n’a rien dit et rien fait il nous a regardé et puis il a démarré en trombe et il est parti, répondit Ted.

Brian le cœur battant n’arrivait plus à réfléchir, il voyait le visage de Sunshine se superposer à une multitude de questions.

-Mais on a réussi à relever la plaque, dit Emmett.

Brian releva la tête et le regarda intensément.  Le kiné sentait que la conversation devenait plus que personnelle, elle décida de quitter la chambre.

-Je reviendrai plus tard Brian, dit-elle. Il ne répondit pas, il était plus tendu que jamais.

-La plaque est immatriculée dans l’Illinois. Ecoute Brian, on va le retrouver, aller le chercher et le ramener, termina Emmett.
-Non ! dit Brian avec force et violence.
-Non ? Mais Brian, tu…

Ted posa une main sur le bras d’Emmett, il avait compris la réaction de Brian.

-Tu as raison Brian, nous allons le trouver et aller le voir pour vérifier qu’il y est bien. Et dès qu’on a des nouvelles on passe te voir et tu iras le chercher, dit Ted.
-Mais Ted pas dans son état !
-Quel état Emmett ? Hein quel état ?? s’énerva Brian.
-Emmett on va faire comme j’ai dit d’accord ? On va laisser Brian se reposer, viens, termina Ted.

Ils quittèrent la chambre. Brian était totalement sous tension, la poitrine compressée par l’angoisse, ses pensées se bousculant dans son esprit. Il s’assit dans son lit et se leva en s’accrochant avec force aux montants du lit. Il se dirigea vers la salle de bain avec un effort surhumain la douleur plus forte que jamais lui brûlant les muscles. Il s’aspergea le visage d’eau froide.

Il faut que je te retrouve, il faut que je vienne te chercher Sunshine, il faut que je te retrouve. Il faut que ces putains de jambes fonctionnent, il faut que je fasse vite, il faut que je te retrouve mon ange.

Il commençait à fatiguer, agrippé aux rebords du lavabo. Il repartit en direction du lit mais s’effondra avant de pouvoir l’atteindre. Comme un enfant il se met à pleurer, il se sentait seul, il le voulait ici près de lui.

-Brian ! Brian ! Essaie de te calmer !  S’il vous plait aidez-moi, hurla Mélanie depuis la chambre de Brian en essayant de le relever.

Les infirmiers accoururent et le remirent dans son lit. Ils lui administrèrent un calmant, il s’endormit en apercevant un visage ressemblant à celui de Mélanie.  Le médecin arriva précipitamment :

-Mais enfin qu’est ce qui s’est passé ? demanda-t-il à Mélanie.
-Je ne sais pas Docteur, lorsque je suis arrivée il était écroulé par terre, il pleurait, tremblait, il avait du mal à respirer, répondit-elle.

 Pendant qu’il lui prenait la tension et qu’il vérifiait son rythme cardiaque au stéthoscope un infirmier lui indiqua qu’ils lui avaient administré un calmant.

-Bon, c’était une forte crise de panique. Avec une bonne nuit de repos ça devrait aller, vous restez cette nuit ?
-Si vous me l’autorisez, oui, répondit Mélanie.
-Ce serait préférable en effet. Je reviendrai le voir dans deux heures, dit-il en quittant la chambre.

Cette nuit-là Mélanie ne quitta pas le chevet de Brian le regardant dormir avec angoisse. Son visage, très pâle était strié de traces de larmes. Quand allait-il se remettre ? 


Audali09  (16.02.2013 à 00:42)

Lorsque Justin arriva chez lui, son cœur cessa enfin de cogner contre sa poitrine. Son angoisse se dissipa, ses tempes se calmèrent, il pût reprendre le cours de ses esprits.  Il se sentait en sécurité dans son minuscule appartement.  Il se trouvait au milieu de la pièce et  se dirigea tout à coup vers son carton à dessin près de son lit. Il sortit tous ses croquis de Brian et de ses amis. Il punaisa les portraits de Brian sur le mur près de son lit, près de son oreiller. Il accrocha le reste des portraits dans toute la pièce. Avec ces visages familiers autour de lui il se sentit mieux et  alla prendre une douche. Il sortit les cheveux humides, une serviette nouée autour de la taille. Il s’allongea nu sur son lit et alluma une cigarette. Il avait mal à la tête son sang  cognant à ses tempes. Il se tourna sur le côté et regarda le portrait de Brian, il l’avait dessiné peu de temps après leur rencontre. Ses yeux, cette bouche, ce front, ce nez, ce front, ce cou où il aimait se nicher la nuit après l’amour.  Il écrasa sa cigarette.

 Il se pelotonna sous la couette et s’endormit le regard vers le gris des yeux de Brian.


Audali09  (16.02.2013 à 22:02)

Il s’éveilla le corps endolori avec un mal de crâne épouvantable dans un état cotonneux. Mélanie près de lui, les cheveux en bataille, dormait. La douleur dans ses jambes était très forte, il n’arrivait pas à bouger. Il avait soif. Il essaya d’atteindre un verre d’eau en tendant le bras. Mélanie se réveilla le sentant bouger sous le drap.

-Tiens Brian, dit-elle en lui donnant le verre.

Il la remercia d’un regard et bût avec avidité. Elle le reposa sur la tablette.

-Bonjour…Comment tu te sens ? demanda-t-elle.
-Bonjour Mélanie. Qu'est ce qui s’est passé ?
-En revenant de ta salle de bain, tu es tombé et tu as fait une crise de panique. Les infirmiers t’ont donné un calmant.
-Ah…
-Comment tu te sens ?
-Ça va…
-Mais qu'est ce qui t’as pris de vouloir te lever tout seul ? lui demanda-t-elle inquiète.
-J’en sais rien, Emmett et Ted sont venus hier me parler de Justin et je sais pas j’ai… dit-il, tout à coup, perdu dans ses pensées.
-Justin ? Qu’est-ce qu’ils t’ont raconté ? Personne n’a de nouvelles… dit-elle intriguée.
-Il est passé en voiture à Pittsburgh avant-hier.

Elle le regarda bouche bée.

-Tu n’étais pas au courant ?

Elle fit un signe négatif de la tête.

-J’ai été sur un gros dossier ces trois derniers jours, je n’ai pas eu le temps de voir les autres.
-Ben maintenant tu sais, lui répondit Brian.

C’est à ce moment que la kiné entra dans la chambre.

-Bonjour Brian. Melle Marcus.
-Docteur.
-Alors Brian, il parait qu'on a fait des folies hier soir ? dit-elle
-Je vois qu’on parle toujours autant de moi quel que soit l’endroit où je me trouve, dit-il dans un rire.
- Monsieur Kinney, je ne sais pas si vous vous rendez compte de la gravité de ce qui s’est passé hier. Vous ne devez pas vous lever tout seul. Vous auriez pu gravement vous blesser, dit-elle avec le plus grand sérieux.

Il s’arrêta de rire.

-Aujourd’hui nous n’allons pas faire d’exercices aux barres. Je vais seulement vérifier que vous ne vous êtes pas blessé.

En sachant qu’il ne sortirait pas de son lit de la journée, il jura intérieurement. Elle lui massa les jambes à l’aide d’une pommade myorelaxante et lui fit faire quelques étirements.

-Bon heureusement rien n’a bougé, tout vas bien. Vous vous reposez aujourd’hui et demain nous reprendrons le programme de rééducation. A demain, reposez-vous surtout. Et on ne se lève pas ! termina-t-elle.

Elle quitta la chambre, laissant Mél et Bri en tête à tête.

-Elle à raison Brian ce n’était vraiment pas sérieux ce que tu as fait hier soir.
-Est-ce qu'on pourrait arrêter de me dire ce que je dois faire ?! répondit-il agacé.
-Si tu veux aller chercher Justin toi-même, tu ferais bien de faire ce qu'on te dit.

Cette réponse lui cloua le bec.

 


Audali09  (18.02.2013 à 20:43)

Lorsqu’Emmett ouvrit la porte il se trouva face à Debbie souriante, un plat dans les mains.

-Oh,  c’est  pas vrai les macaronis au thon ! dit-il en rigolant. Michael ça va être ta fête ! cria-t-il dans l’appartement.

Il embrassa Debbie  et la fit entrer. Michael sortit de sa chambre les cheveux ébouriffés, en pyjama.

-Oh non… pas les macaronis. Maman je viens de me lever ! dit-il.
-Bonjour mon chéri ! Pour moi il est treize heures et je suis debout depuis six heures alors tu vas manger ou je te les fais bouffer par le nez, maintenant assis ! lui ordonna-t-elle.

Il savait qu'il n’y échapperait pas, il pouvait la virer mais elle serait passée par la fenêtre. Il s’assit dans un soupir. 

-On m’a raconté ta dispute avec Brian, dit-elle allant droit au but.
-Le jour où ils fermeront leurs gueules ceux-là… dit-il en parlant des autres membres de la bande.
-C’est Lindsay qui m’en a parlé. Elle m’a dit quelle était arrivée en pleine dispute. Vous criiez tellement fort quelle entendait tout depuis le couloir.
- Si t’es venue pour me parler de ça, c’est pas la peine ! dit-il en se levant.

Elle lui attrapa le bras et le fit se rasseoir.

-Mais tu vas tout de même écouter ce que j’ai à te dire ! Je suis encore ta mère. Mange ! dit-elle.

Il prit une fourchette et piqua dans le plat résigné.

-Brian aime Justin… commença-t-elle.
-Encore lui… dit-il en la coupant.
-Brian aime Justin, insista-t-elle, que ça te plaise ou non c’est comme ça. Tu le sais et tout le monde le sait. Alors maintenant tu vas arrêter de te comporter comme un gamin et laisser Brian vivre sa vie et tu vas vivre la tienne.  Vous êtes amis depuis vos 14 ans et en tant qu’ami, avec ce qu'il traverse en ce moment, tu devrais être là pour lui au lieu de lui jeter à la figure ce que tu  lui as dit l’autre jour.  

Sa mère avait raison et il le savait. Il préféra se taire, il avait sa fierté.

-Je ne sais pas comment Sunshine à fait, mais Brian l’aime et plus qu'il ne le croit lui-même.  Depuis le jour où tu m’as parlé de lui j’ai toujours su qu'il aurait une place importante dans ta vie mais je savais aussi qu'il ne t’aimerait jamais comme il aime Justin. Alors maintenant tu vas arrêter de lui courir après, te comporter en adulte, aller le voir et t’excuser. Tu vas oublier David…

Il releva la tête, décidemment les nouvelles allaient vite.

-Tu vas oublier David, continua-t-elle, refaire ta vie et surtout tu vas aider ton ami dans la passe difficile qu'il traverse.
-Ça te va bien de défendre Brian, alors que t’arrêtes pas de le critiquer, cracha Michael.
-J’ai toujours considéré Brian comme un second fils et je le critique quand il fait des choses qui m’horripilent ou qui ne sont pas bonnes pour lui.

Elle se leva :

-J’espère que tu vas enregistrer et faire ce que je viens de dire. Sinon tu auras affaire à moi ! Et mange ces macaronis, termina-t-elle en se dirigeant vers la sortie. Au revoir mon petit Emmett !
-Au revoir Debbie, dit-il en fermant la porte.

Michael poussa le plat de pâtes et se dirigea vers sa chambre. Là, il sortit de la table de nuit une photo. Ils étaient tous les deux, un bras de Brian autour de ses épaules : c’était le jour de la remise des diplômes. Il avait secrètement, durant toutes ces années, que Brian finirait par tomber amoureux de lui et qu’ils sortiraient ensemble.  Aujourd’hui il prenait pleine conscience que tout ça ne se produirait jamais. Il s’allongea sur son lit.

Emmett entendit ses pleurs depuis la cuisine, il le laissa seul, faire le deuil d’une relation qui n’existerait jamais.

Ah… Brian…

 

 


Audali09  (18.02.2013 à 21:29)

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