HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

Where are you ?

Série : Queer As Folk
Création : 04.02.2013 à 18h18
Auteur : Audali09 
Statut : Terminée

« Fic inventée après la fin de la saison 1. Pas de spoil sur la saison 2 ou la fin de saison 1. » Audali09 

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Les semaines qui suivirent furent éprouvantes pour Brian qui reprenait les séances de kiné en parallèle du travail à l’agence Vangard mais aussi pour Justin qui tentait de se réhabituer à sa ville, à ses nouveaux cours aux Beaux-Arts et qui préparait le procès qui se profilait. Brian et Justin ne faisaient plus que se croiser et les seuls moments où ils se retrouvaient c’étaient pour aller se coucher mais ils étaient tellement épuisés par leurs journées qu’ils s’écroulaient sur le lit et s’endormaient dans un sommeil comateux.  C’était le week-end qui précédait la première journée d’audience et Justin était plus que tendu. Cela faisait trois nuits qu’il ne dormait pas se tournant et se retournant dans son lit. N’arrivant pas à dormir il se levait pour aller fumer une cigarette ou dessiner.
Brian sentait la tension de Sunshine croitre au fil des jours et il se sentait totalement impuissant, il ne pouvait rien faire sauf attendre que cela passe.

On était samedi et après-demain Justin allait se retrouver face à l’homme qui avait failli détruire sa vie et qu’il n’avait pas revu depuis cette terrible nuit dans le parking de St James. Mélanie devait passer aujourd’hui pour revoir avec lui les questions lors du procès et lui réexpliquer comment tout allait se dérouler. Il se servait un verre lorsqu’on frappa à la porte.

-Salut Mèl, dit-il en refermant la porte derrière elle.
-Salut Justin.
-Je te sers quelque chose ?
-De l’eau merci, répondit-elle en s’asseyant sur le canapé en cuir blanc du salon. Elle commença à sortir les dossiers de sa serviette.

Justin lui apporta un verre et une petite bouteille d’eau. Il s’assit lourdement auprès d’elle et pris une cigarette.

-Alors comment tu te sens ?
-J’ai connu mieux… Comment va Gus ?
-Très bien, répondit-elle dans un sourire. Elle s’étonnait toujours du tendre intérêt que portait Justin à son fils.
-Donc… Qu’est-ce qui va se passer maintenant ?
-Eh bien je vais t’expliquer rapidement comment cela va se dérouler lundi matin, répondit-elle.
-Ok, mais d’abord j’aurai une question, commença-t-il.
-Je t’écoute
-Pourquoi c’est moi le témoin principal ? Pourquoi c’est pas Brian ? C’est sur lui qu’on a tiré pas sur moi, c’est lui la victime dans cette histoire, pas moi…
-Peut-être, mais Brian était de dos, il n’a donc rien vu et juste senti les balles que ton père a tiré. De plus tu as un lien direct avec l’accusé et tu auras donc des informations précises à donner sur son comportement notamment vis-à-vis de toi, Brian et de notre communauté. Enfin ce soir-là tu étais face à l’agresseur tu es donc un témoin prioritaire dans cette affaire. Nous pourrons faire témoigner Brian plus tard en tant que témoin complémentaire. Si on veut que ton père en prenne un maximum on a besoin de ton témoignage Justin.
-Pfffouuu…

Justin soupira en se passant la main dans les cheveux. Il enfouit son visage dans ses mains. Comment avait-il pu en arriver là ? Il se sentait tout à coup submergé par une grande lassitude comme si le poids du monde tombait sur ses épaules. Il se passa la main sur le visage et regarda par la fenêtre.

-Justin ça va aller ? demanda Mélanie en lui posant une main sur son genou. Tu as l’air perdu dans tes pensées…
-Hein ? Quoi ? Non c’est bon, ça va… Il se leva et se dirigea vers le bar et se servit un deuxième verre.
-Ecoute Justin… commença-t-elle.
-Mélanie ? Ça t’embête si on reporte cette préparation à demain ? J’ai besoin d’être un peu seul…
-Non pas de problème. Je repasserai demain. Ça ira Justin, ne t’inquiètes pas… lui dit-elle en sortant.

Justin poussa un soupir. Il se demandait comment il allait tenir pendant les semaines à venir. Comment allait-il arriver à se retrouver devant cet homme ? Comment pouvait-il accepter, pardonner ce qui c’était passé ? Il se sentait comme un lion en cage et passa l’heure qui suivit à tourner en rond dans le loft en buvant verre sur verre. Il n’avait trouvé que ça à faire dans l’immédiat : se saouler.

Lorsque Brian sortit de l’ascenseur il entendit la musique forte dans l’appartement et avait l’impression de se trouver devant le Babylon.

Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

Lorsqu’il entra dans l’appartement il crût qu’une tornade était passée là. Les affaires de Justin étaient jetées partout, son matériel de dessin éparpillé par terre et ses dessins froissés,  jetés dans tous les recoins de la pièce. Justin titubait au milieu un verre à la main.

-Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?! demanda Brian en coupant la musique. Il avait mal à la tête.
-Oh… Salut Brian…il émit un hoquet… Tu te rends compte tu héberges chez toi un fils d’assassin… Je suis un putain de fils d’assassin et tu sais pourquoi… hoquet… parce que je suis un pd et que je l’ai clamé haut et fort… il titube… oui monsieur Taylor votre fils est un pd et vous êtes un assassin et votre fils deviendra comme vous un salop sans cœur… Justin Taylor qu’elle belle famille tu as là… hoquet… Tu vois Brian moi je me virais de chez toi, on sait jamais avec le sang que j’ai, je pourrai avoir envie de tuer quelqu’un… il titube de plus en plus… Craig Taylor l’assassin, Justin le pd… A ta santé Papa…

Sur ces dernières paroles il s’écroule et se met à pleurer se recroquevillant sur lui-même. Brian l’avait écouté débiter ses paroles immondes.

Merde…

Il s’approcha de lui et le releva.

-Brian… Je vais vomir… dit-il avant de se précipiter vers la salle de bain.

Brian arrive dans la salle de bain, s’agenouille en essayant de le soutenir du mieux qu’il peut. Il passe et repasse sa main dans son dos pour le calmer. Il l’aida à se coucher. Il alla chercher une serviette qu’il humidifia au robinet. Il passa le linge sur le front de Justin essayant de le calmer. Ce dernier ferma les yeux essayant d’oublier ce qui venait de se passer et finit par s’endormir. Brian soupira. Il commença à ranger le désordre dans l’appartement. Il remit les affaires de Justin dans l’armoire, rangea ses crayons, ses pinceaux et tenta de remettre de l’ordre dans ses dessins. Puis il se servit lui-même un whisky en s’asseyant lourdement au bar. Il prit son téléphone.

-Allô Mélanie ?... Salut Mèl, c’est Brian…
-Salut Brian, ça va ? T’as une voix bizarre…
-Est-ce t’es venu voir Justin aujourd’hui ?
-Oui on devait se voir pour parler du procès, pourquoi qu’est qui ce passe ?
-Je suis rentré y’a une heure pour le retrouver totalement bourré entrain de débiter des insanités sur lui et son père. De quoi vous avez parlé ?
-Pas grand-chose en fait, il m’a demandé pourquoi il était témoin principal dans l’affaire et pas toi alors que tu étais la victime.
-Et qu’est-ce que tu as répondu ?
-Eh bien qu’il l’était parce qu’il avait tout vu, qu’il était lié à l’accusé et que si on voulait le faire tomber on avait besoin de son témoignage.
-D’accord, je comprends mieux maintenant…
-Mais tout vas bien ? Brian ?
-Oui ça va ne t’inquiète pas. Tu dois repasser demain ?
-Oui
-Ça ne t’embête pas si je reste avec vous ?
-Non Brian pas de problème
-Ok à demain alors. Embrasse Gus et Linds pour moi.
-Je le ferai, à demain.

Ils raccrochent en même temps. Brian décide d’aller se coucher il n’a de toute façon pas faim et se sent fatigué. Justin dort profondément la main recroquevillée agrippant la couette.

On dirait un enfant…

Il se couche et entoure Justin de ses bras. Ce dernier vient se coller à lui comme si les bras de Brian étaient son refuge. Brian s’endort en lui caressant les cheveux. 


Audali09  (08.03.2013 à 23:31)

-Aie… Brian ferme les stores s’il te plait… grommela Justin du fond du lit.
-Non mon ange, c’est l’heure de se lever Mélanie est arrivé depuis une heure alors debout ! dit-il en retirant la couette du lit.
-Mmmhh… il se leva péniblement en se massant les tempes. Tu pourrais me donner une aspirine…
-Voilà ce que c’est que de faire la fête jusqu’à pas d’heure, répondit Brian en rigolant.

Il se dirigea vers la salle de bain et se passa le visage sous l’eau froide. Il commençait à y voir plus clair. Il avait horriblement mal au crâne. Il se regarda dans la glace et poussa un soupir en se rappelant ce qui c’était passé la veille.

-Salut Mèl…
-Salut Justin.
-Bon on peut y aller…
-Ok, alors lundi matin tu vas te retrouver à la cour d’assise puisque ton père est jugé pour tentative d’assassinat. Dans la salle il y aura le président de la cour et ses deux assesseurs, les douze jurés, nous deux, ton père et son avocat et enfin le public entre guillemets. Le président va d’abord présenter les faits avec les éléments à charge ou à décharge qui figurent sur la décision de mise en accusation. Ensuite on va entendre le témoignage de ton père, puis celui des témoins dont toi en tête, celui des experts s’il y’en a et enfin celui des victimes donc Brian. Enfin ce sera la plaidoirie des avocats avec celui de l’avocat général, celui de l’avocat de l’accusé et moi.
-Et tout ça en une journée ?
-Non ça va être bien plus long. Si on arrive lundi à entendre toute l’audience de ton père on aura de la chance.
-Donc tu n’as pas besoin de moi…
-Si Justin, je veux que tu y sois et que tu te rendes comptes de la situation. Je veux que tu te rendes compte jusqu’où peut aller ton père pour que tu puisses répondre ensuite aux questions de son avocat sans être déstabilisé. Je sais que ça ne va pas être facile mais il faut pourtant que tu le fasses. Souviens-toi qu’ici il s’agit de tentative de meurtre à cause d’orientation sexuelle et tout le monde n’est pas favorable à notre cause. J’ai donc besoin que tu te prépares à toute éventualité pour faire face le moment venu.
-D’accord, d’accord, j’ai compris… il se leva et se mit à tourner à rond. Bon ce sera quoi les questions ?
-D’abord tu vas décliner ton identité, ensuite il va te demander de décrire en détail ce qui s’est passé ce soir-là…
-…
-Je t’écoute…

Fébrile Justin se passa la main dans les cheveux, Brian arrêta son tapis de course. Il se dirigea vers la cuisine pour prendre une bouteille d’eau. Justin alluma une cigarette et commença à raconter.

-Brian et moi sortions du bal de St James. On est descendu dans le parking. On dansait, on riait. On s’est dirigé vers sa jeep. Il était face à moi, j’avais le dos appuyé contre la voiture. Je lui ai dit que j’avais passé la plus belle soirée de ma vie et il m’a répondu que j’étais ridiculement romantique. On s’est embrassés et c’est là que je l’ai vu. Il ferma les yeux. Il devait être à cinq mètres, six tout au plus. Il avait le regard d’un fou, il souriait et il pointait un revolver vers nous. J’ai voulu prévenir Brian mais c’était trop tard il a tiré une fois, deux puis trois. J’ai senti Brian s’affaisser contre moi et je l’ai vu partir, entrer dans sa voiture et me regarder en souriant. J’ai cru qu’il allait éclater de rire. Il a démarré et il est parti. Je n’ai rien fait pour le retenir et j’ai appelé une ambulance pour Brian qui se vidait de son sang. Elle est arrivée dix minutes plus tard et vingt minutes après on était à l’hôpital.

Il se dirigea vers la fenêtre et essuya ses larmes discrètement. De son côté Brian était blanc comme un linge, il ne pensait pas qu’après plus d’un an il s’en rappellerait avec une telle précision. Il commençait mieux à comprendre pourquoi il était partit et ce qu’il avait vécu pendant l’année qui s’était écoulée.

-Très bien, si tu as d’autres détails qui te reviennent d’ici là n’hésitent pas à t’en servir.  Bien ensuite il va te poser des questions au sujet de tes relations avec ton père, Brian bien sûr et sur ton mode de vie.
-Mon mode de vie ? Mais qu’est-ce que ça peut lui foutre ?
-C’est l’avocat de l’accusation, il va donc essayer de te pousser dans tes retranchements afin de démontrer que ton père à agit sous le coup de la colère et sous un  accès de folie. Il voudra sans doute le faire passer pour le gentil papa, bon chrétien qui voulait protéger son fils.
-Au point de tuer quelqu’un ?
-Oui…
-C’est de la folie… soupira-t-il.
-Non c’est la triste réalité humaine et crois-moi durant ma carrière j’ai vu des types bien pire que ton père.
-Donc sur mon mode de vie qu’est-ce que je suis censé dire ?
-Que tu sais parfaitement ce que tu fais, que tu t’es toujours protégé, que tu n’as pas une vie de débauché, donc…
-Donc on évite le sujet backroom, poppers, nuits infernales, alcool… Tout ce qui fait que je m’amuse quoi…
-En gros c’est ça oui, parle plutôt de tes amis, du Liberty, de ton expo au CGL, du fait que ta mère t’as accepté très vite en tant qu’homosexuel, de Debbie, tu vois ce que je veux dire ?
-Oui hors mis le fait que pour ma mère ça n’a pas été aussi rapide que tu le crois c’est elle qui a tout raconté à mon père…
-Je sais Justin  mais il faut absolument que l’on penche la balance de notre côté. L’avocat de ton père est un vrai requin et je sais qu’il est contre les gays. Il va essayer de te déstabiliser Justin, tu ne dois pas le laisser faire. Il faudra que tu restes de marbre face à ses attaques et que tu répondes clairement quitte à prendre quelques minutes pour réfléchir et répondre. Il va prendre tout ce qu’il peut pour le retourner contre toi.
-D’accord Mélanie j’ai compris.
-Bien pour le moment ça ira, on se voit demain devant le tribunal vers neuf heures, ça te va ? Je te ferai un petit débrif avant d’y aller.
-Ok ça marche, à demain alors.
-A demain Justin, au revoir Brian
-Salut Mèl.

Justin se laissa tomber lourdement sur le canapé et prit sa tête entre ses mains.

-Ça va aller toi ? lui demanda Brian en s’asseyant près de lui
-Il va bien falloir…
-Justin… commença Brian.
-Non, laisse, ne dit rien… Ça ira… Je vais aller boire un verre au Woody’s, faut que je prenne l’air.

Il l’embrassa et sortit. Brian le vit sortir avec cette angoisse qui ne le quittait pas depuis qu’il l’avait retrouvé : qu’il ne revienne pas.  

Lorsqu’il entra au Woody’s il repéra Ted et Emmett accoudés au bar, il les rejoignit.

-Salut mon petit cœur, comment vas-tu ? On ne t’as pas beaucoup vu ces derniers temps, lui dit Emmett.
-Salut Em’ salut Ted… Un whisky s’il te plait, demanda-t-il au barman.
-Alors prêt pour demain ? demanda Ted
-Ouais si on veut, j’ai pas très envie d’en parler… répondit Justin.
-On comprend Chéri… répondit Emmett. On allait au Babylon, tu viens avec nous ?
-Je sais pas Em’…
-Allez Love ça te fera du bien, t’as une petite mine…
-Ok, je viens. J’envoie juste un message à Brian…

Ted et Emmett échangèrent un regard complice.

« Je pars au Babylon avec Ted et Emmett, je reviens vite, ne m’attend pas. »

Dans les deux heures qui suivirent Justin passa son temps à danser repoussant les avances des mecs qui l’entourait, il voulait juste danser.

De son côté Brian avait reçu son message et n’avait pu s’empêcher d’être jaloux. Il savait parfaitement ce qui se passait au Babylon et il n’aimait pas ça.

Vieux con ! Après tout vous n’êtes pas en couple, il ne sait même pas que tu l’aimes. Pourquoi se priverait-il ? Tu ne t’es pas gêné toi…

Il s’assit sur le canapé et attendit le retour de Justin. De fatigue il finit par s’endormir.

-Brian, tu devrais dormir dans le lit tu vas te faire mal au dos ici, viens… murmura Justin.

Il se réveilla les yeux embrumés, Justin était penché au-dessus de son visage.  Il le prit par la nuque et le renversa sous lui l’embrassant avec force. Il l’embrassa dans le cou et descendit sa main vers son jean qu’il déboutonna. Justin ne pouvait pas résister, chaque fois que Brian l’embrassait il se laissait totalement aller. Dans ces moments-là Brian aurait pu faire ce qu’il voulait de lui.  Il s’accrocha aux épaules de son amant, retrouvant la saveur de sa langue fouillant la sienne et la chaleur de son corps contre le sien.  Leurs t-shirt volèrent rapidement dans la pièce. Ils étaient impatients leurs corps se cherchant avec passion. Ils avaient toujours été en symbiose parfaite dans le sexe et un seul regard leur suffisait pour comprendre ce que l’autre attendait. Même après tout ce temps ça n’avait pas changé, mieux,  leur désir augmentait au fil des années.
Il le regarda mettre un préservatif, impatient. Il était toujours aussi beau et même ces longs mois de convalescence n’avait rien changé à la sensualité et à la virilité de son corps. Il passa sa langue sur sa lèvre.
Il s’enfonça en lui avec douceur, Justin gémit s’accrochant à ses épaules. Le plaisir le submergea. Brian accéléra ses vas et vient et constata avec bonheur qu’aucune odeur de mec n’était mêlé à celle de son Sunshine. Justin sentit son souffle contre son oreille et resserra son étreinte. Brian agrippa ses cheveux au bord de l’orgasme. Brian l’envahissait tout entier, ses jambes nouées autour de sa taille, il avait la sensation de quitter la force de gravité. Il se mordit la lèvre sentant la langue de Brian dans son cou. Ils explosèrent ensemble dans un cri rauque.
Brian s’abattit sur lui à bout de souffle. Justin redescendait peu à peu sur terre des étoiles plein les yeux. Il aimait sentir son corps contre lui, sa chair dans la sienne, il aurait voulu rester comme ça pour toujours. Dans ses bras il oubliait tout, il se sentait en sécurité, invincible comme si rien ne pourrai jamais l’atteindre. Ils s’assoupirent l’un contre l’autre.

Ils se réveillèrent frissonnants, Brian le prit par la main et ils se dirigèrent vers la chambre.
Ils se pelotonnèrent sous la couette. Justin se lova dans ses bras encore tout endormit. Brian resserra son étreinte et s’endormit le nez dans ses cheveux à l’odeur sucré.

Cette nuit-là il ne fit aucun cauchemar.   


Audali09  (09.03.2013 à 02:04)

Brian était réveillé depuis une heure, il redoutait de réveiller Justin. Mais il devient bien il avait rendez-vous dans une heure devant le tribunal. Il lui caressa le dos et l’embrassa dans le cou.

-Sunshine, réveille-toi il est 8 heures…
-Mmmmhh… j’aime bien quand tu me réveilles comme ça… dit-il dans un sourire en sortant la tête de l’oreiller.
-Il ne faut pas abuser des bonnes choses, répondit-il en l’embrassant.

Justin se leva et se dirigea vers la salle de bain, il prit une douche et se rasa. Tout à coup il prit conscience qu’il allait revoir son père et qu’aujourd’hui débutait le procès. Il ferma les yeux et s’agrippa au rebord du lavabo, il maudissait déjà cette journée. Deux bras l’enlacèrent.

-Tu veux que je vienne avec toi ?
-Non. Merci Brian, mais non, je ne veux pas lui donner la satisfaction de voir qu’il t’a blessé. Et puis tu as une séance de kiné aujourd’hui non ? Il te verra bien assez tôt.
-Comme tu veux, répondit-il en partant se recoucher.

Il enfila un t-shirt et un jean.

-Tiens, lui dit Brian en lui jetant un de ses pulls noirs, il ne fait pas chaud dans les tribunaux.

Surpris Justin pris le pull. Qu’est ce qui lui prenait ?
Il l’enfila avec bonheur, il l’aurait auprès de lui toute la journée. Il s’approcha de lui, l’embrassa tendrement et sortit.

En arrivant devant le tribunal sa tension ne cessait d’augmenter. La grande bâtisse face à lui, austère, grise ne le rassurait pas. Des journalistes étaient postés devant attendant comme des vautours leurs victimes. Mélanie l’attendait sur les marches en tailleur sombre le visage sérieux et déterminé.

-Bonjour Justin, comment tu te sens ?

En guise de réponse il lui adressa un pauvre sourire qui en disait long sur son état. En grimpant ces marches il avait l’impression d’aller à la mort. Les journalistes se jetèrent sur lui mais Mélanie les repoussa. Tout lui semblait avancer au ralenti, il avait la sensation que les gens le dévisageaient. Il n’entendait plus rien autour de lui, ils venaient d’entrer dans la salle et il était là. Il était là, de dos, les épaules voutées. Justin aurait voulu le tuer. Lorsqu’ils s’approchèrent des tables il se retourna et le regarda. Mélanie l’entraina vers leur table en le tenant par la taille. Si elle ne l’avait pas fait il lui aurait sauté à la gorge ou se serait effondré. Il s’assit et ne le regarda plus. Il sentit une main sur son épaule, il se retourna, c’était celle d’Emmett qui lui adressait un sourire. Toute la bande était là : Debbie, Vic, Emmett, Ted, Lindsay, Michael accompagné d’un homme qui devait être le Ben dont Brian lui avait parlé. Ce dernier lui adressa un sourire chaleureux.

-Justin tu es prêt ? lui demanda Mélanie en le faisant redescendre sur terre.
-Oui, répondit-il dans un murmure à peine audible.
-Mesdames, Messieurs, la cour. Veuillez-vous lever.

Le président et ses deux assesseurs ainsi que les douze jurés s’installèrent à leurs places dans un silence de mort.

-Mesdames, Messieurs, bonjour à tous, commença le président. Nous sommes réunis aujourd’hui dans le cadre du procès de Monsieur Craig Taylor sous le chef d’accusation de tentative d’assassinat avec préméditation comme indiqué par l’avocat de l’accusation. Que répond l’avocat de l’accusé ?
-Nous plaidons coupable avec circonstances atténuantes votre honneur.
-Bien. Nous procèderons à l’audience de l’accusé, des témoins, des experts et enfin de la victime. Nous terminerons par les plaidoiries. Aucunes négociations n’ont été démarchées entre l’accusation et la défense ?
-Non, votre honneur, répondit Mélanie.
-Bien. Je déclare cette audience ouverte. Monsieur Taylor veuillez venir vous placer à la barre.

Le greffier s’approcha de lui.

-Veuillez poser votre main gauche sur la bible, levez la main droite. Jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ?
-Je le jure.

Mélanie se leva, c’était son tour de commencer. Justin avait la gorge totalement serrée.

-Monsieur Taylor connaissez-vous Monsieur Brian Kinney ?
-Oui, répondit-il avec une grimace qui n’échappa à personne.
-Qui est-ce ?
-L’homme qui est avec mon fils.
-Vous affirmez donc que votre fils, ici présent, entretient une relation avec Mr Kinney ?
-Oui, répondit-il avec une autre grimace.
-Je me trompe ou cela n’a pas l’air de vous faire plaisir ? demanda Mélanie

Le visage de Craig Taylor vira au rouge.

-Objection votre honneur !
-Objection retenue, Maitre Marcus ?
-Je retire ma question. Que faisiez-vous le soir du 5 juillet 2000 ?
-J’étais au téléphone avec ma femme, je voulais voir Justin pour discuter avec lui.
-Que vous a-t-elle répondu ?
-Qu’il était au bal de fin d’année de St James avec son amie Daphnée.
-Vous y êtes-vous rendu ?
-Oui.
-Saviez-vous que Monsieur Kinney serait présent ?
-Non.
-Mais vous lui avez tiré dessus ?
-Oui.
-J’aimerai comprendre, vous vous êtes rendu au bal de fin d’année dans l’intention de parler à votre fils et là constatant qu’il était accompagné de Mr Kinney vous avez eu la subite envie de tirer à bout portant sur lui ?
-Objection votre honneur !
-Je reformule ma question, avez-vous tiré sur Mr Kinney le soir du 5 juillet 2000 ?
-Oui.
-Est-il vrai que vous avez agressé Monsieur Kinney par deux fois physiquement et une fois verbalement avant le 5 juillet ?
-Oui.
-Je n’ai plus de questions pour le moment votre honneur.   
-Maitre Willer, c’est à vous.

Justin était totalement tendu. Mélanie lui adressa un sourire réconfortant.

-Monsieur Taylor, regrettez-vous votre geste ?
-Objection votre honneur, cela exercerai une influence injustifiée sur le jury !
-Objection rejetée, Monsieur Taylor, veuillez répondre à la question.
-Oui, je regrette mon geste.

Justin serra les poings sous la table.

-Monsieur Taylor pourriez-vous nous dire pourquoi vous avez agi de cette manière ce soir-là ?
-Je ne sais pas.
-Un accès de folie ?
-Oui peut-être. J’étais à bout, nous étions en train de divorcer ma femme et moi et cet homme m’avait pris mon fils.
-Il vous avait pris votre fils ? Pourriez-vous développer ?
-A partir du moment où ils se sont rencontrés Justin n’était quasiment plus à la maison. Dès que nous nous voyons c’était des disputes à répétition. Et puis il y’a eu ce jour.
-Quel jour Monsieur Taylor ?
-Monsieur Kinney l’a ramené chez nous et je me suis un peu énervé. Je ne voulais plus qu’ils se voient vu leur différence d’âge vous comprenez. Et Brian m’a pris mon fils. Il lui a dit de le suivre et c’est ce que Justin à fait. A partir de ce jour mon fils a quitté le domicile familial. 
-Etiez-vous au courant des penchants de votre fils ?
-Non.
-Comment l’avez-vous appris ?
-Après que ma femme l’est vu dans un bar homosexuel sur Liberty Avenue avec des hommes plus âgés. Elle m’en a parlé parce qu’elle était inquiète.
-Comment avez-vous réagis ?
-Au début j’étais surpris vous savez ce que c’est, on se demande toujours si on a mal fait quelque chose. Mais par la suite j’ai essayé de comprendre mais Mr Kinney ne m’a pas facilité la tâche.
-Vous voulez donc dire que votre fils s’affichait ? Qu’il clamait haut et fort ses appartenances sexuelles ?
-Oui.
-Pensez-vous que le comportement de votre fils vous a poussé à agir comme vous l’avez fait ?
-Objection ! répliqua avec force Mélanie en se levant brutalement.
-Rejetée. Monsieur Taylor veuillez répondre à la question.
-En partie oui, vous savez quand il s’agit de nos enfants on est prêt à n’importe quoi.  

La réponse tétanisa Justin sur sa chaise, il aurait voulu lui sauter à la gorge.
-Essaie de te calmer Justin, lui murmura Mélanie.
Salopard… jura-t-il intérieurement.
Cela faisait plus de deux heures que l’audition avait débutée et il n’en pouvait plus. Tout ça l’épuisait, et voir son père répondre aux questions de cette façon le dégoutait.  Il était près de midi.

-La séance est levée pour une heure, dit le Président en se levant.

Mélanie fit sortir Justin de la salle qui n’en pouvait plus. Ils se retrouvèrent tous les deux et la bande à la cafétéria. Ils se mirent tous autour d’une grande table rectangulaire vers le fond de la salle, isolés,  pour discuter plus tranquillement. Par chance les journalistes étaient interdits dans cette partie du tribunal. Ils se mirent à manger en discutant de la matinée.  Justin en bout de table, près de la fenêtre alluma une cigarette. Il n’avait pas faim. Il était totalement abattu et le visage tourné vers la vitre il se demandait lorsqu’il en verrait le bout. Il se sentait totalement seul et plus que jamais rejeté par ceux de sa famille. Craig avait l’air si à l’aise face à la cour répondant aux questions comme si tout était normal, affirmant des choses fausses. Il aurait voulu le tuer et son impossibilité à le faire l’abattait encore plus. Il voulait se venger, lui faire du mal comme il lui en avait fait, il voulait le voir souffrir, le voir ramper pour obtenir son pardon. Il tira sur sa cigarette ne se préoccupant guère de ce qui se passait autour de lui trop occupé par ses propres pensées.  Il se sentait comme enfermé dans son propre corps, hurlant à l’intérieur mais devant rester de marbre à l’extérieur. Il se passa furieusement la main dans ses cheveux en poussant un soupir.

-Je sais à quoi tu penses…

Il releva la tête, Ben était devant lui le regardant avec bienveillance.

-Je suis Ben, dit-il en lui tendant la main.
-Je sais, Brian m’a parlé de toi.
-J’ai aussi beaucoup entendu parler de toi, dit-il dans un sourire.
-Mmhh…
-Je disais : je sais à quoi tu penses, mais crois moi et je sais de quoi je parle ça ne t’aidera pas. Essaie d’apaiser ta colère et de l’enfouir. Ne montre pas qu’il t’a blessé tu ne ferais que renforcer son pouvoir sur toi. Bats-toi avec les armes que tu as et fait confiance à Mélanie. Parce que peu importe ce qu’il dira et comment il le dira, toi tu connais la vérité et tu dois te battre pour elle. Ne laisse pas la colère te détruire, termina Ben.

Justin ne le connaissait pas, mais il avait lui dis les mots qu’il fallait. Il apprécia très vite Ben, il avait l’air d’être quelqu’un de bien.

-Merci Ben… répondit Justin dans un faible sourire.
-Je t’en prie, répondit-il en retournant s’assoir auprès de Michael.
-Tu devrais manger quelque chose mon chéri, lui dit Debbie en s’asseyant face à lui.
-Je n’ai pas faim.
-Mon chéri…
-S’il vous plait Debbie pas maintenant, répondit Justin.

Debbie n’aimait pas voir son ange comme ça, elle se sentait impuissante.
Seigneur, aidez-le…

L’audience  repris à 13 H.

-Monsieur Taylor, vous avez affirmé avoir agressé Monsieur Kinney deux fois physiquement et verbalement avant le 5 juillet, commença Maitre Willer son avocat.
-En effet.
-Pourriez-vous nous en expliquer les circonstances ?
-La première fois c’était lorsqu’il est venu chez nous et qu’il a emmené mon fils.  Je l’ai traité de vicelard. La deuxième fois c’était le même jour. Je voulais voir Justin pour lui parler et essayer de le faire revenir. Ils étaient tous les deux devant une boite, le Babylon si je me souviens bien. Ils s’embrassaient dans la rue.  Je l’ai frappé ce soir-là mais mon fils m’avait tenu tête me disant qu’il ne reviendrait jamais à la maison et j’ai un peu perdu le contrôle de mes émotions. La dernière fois je ne sais pas si c’était le même soir ou un autre soir mais je suis rentré dans la voiture de Brian avec la mienne. En y repensant c’était idiot. Je ne suis pas fier de tout ça.

Justin respirait essayant de calmer la tension de ses muscles.
« Ne montre pas qu’il t’a blessé tu ne ferais que renforcer son pouvoir sur toi. »

-Vous regrettez donc votre attitude ?
-Oui.
-Monsieur Taylor, dans quel  genre de famille avez-vous été élevé ?
-J’ai grandi dans une famille très croyante, très puritaine.
-Il est donc normal que vous ayez réagi de façon un peu excessive devant l’homosexualité de votre fils et de sa relation avec un homme plus âgé que lui.
-Oui, c’est un sujet tabou dans ma famille.
-Merci Monsieur Taylor, je n’ai plus de question votre honneur.  
-Bien dans ce cas nous allons clôturer cette journée d’audience.
-Votre honneur puis-je effectuer un contre interrogatoire ? demanda Mélanie en se levant.
-Faites.

-Monsieur Taylor, aimez-vous votre fils ?
-Objection votre honneur, la question est hors de propos.
-Pas plus que les vôtres Maitre Willer, rétorqua Mélanie.

Des rires s’élevèrent  dans la l’assemblée.

-Silence dans la salle, demanda le président, poursuivez Maitre Marcus.
-Monsieur Taylor, aimez-vous votre fils ?
-Oui.
-Saviez-vous qu’il aimait Mr Kinney ?
-Il me l’avait dit à plusieurs reprises, mais moi je savais que cet homme ne partageait pas ses sentiments.
-Vous saviez que votre fils l’aimait mais vous n’avez pourtant pas hésité à lui tirer dessus, je me trompe ?
-Non, mais…
-Affirmez-vous ne pas avoir accepté l’homosexualité de votre fils et de son compagnon ?
-C’est en partie vrai, mais avec la famille dans laquelle j’ai été élevé j’ai toujours vécu avec ces principes.
-Des principes ? Edictés par qui ? Vous ?
-Non, maitre Marcus. Par la bible, dans l’ancien et nouveau testament.
-Alors lorsque vous avez appris l’homosexualité de votre fils et que vous appris ses fréquentations, cela a transpercé votre petit cœur d’hétéro ?  Vous vous êtes soucié plus de votre réputation que du bonheur de votre fils ? Et vous avez tiré sur une personne qu’il aimait mais qui vous gênait parce que ce n’était pas une fille ? Vous avez préféré appliquer les « principes de la bible » comme vous dites ?
-Euh… je… ne…
-Objection votre honneur, maitre Marcus déstabilise mon client en l’agressant.
-Je retire ma question. Je n’ai plus de questions votre honneur.
-Bien dans ce cas la séance est levée. L’interrogatoire de Monsieur Taylor est terminé, nous reprendrons l’audience vendredi matin avec l’interrogatoire des témoins.  

Justin se leva de son siège, il n’en pouvait plus, il fallait qu’il sorte, il étouffait ici. Il mit sa veste précipitamment et sortit presque en courant, Mélanie n’eût pas le temps de le rattraper.  En arrivant devant l’entrée, les journalistes lui sautèrent dessus, il mit ses lunettes de soleil.

-Monsieur Taylor une déclaration…
-Monsieur Taylor…
-Monsieur Taylor, comment était votre père ?
-Monsieur Taylor…

Il essaya de se frayer un chemin en repoussant les mains et les micros qui tentaient de le retenir. Et c’est là qu’il le vit appuyé sur la voiture. Il se précipita vers lui en courant. Ses bras se refermèrent sur lui, maintenant il se sentait en sécurité, respirer.

-Emmène-moi loin d’ici…murmura Justin dans le cou de Brian.

Brian démarra la voiture en trombe et l’emmena de tout ce remue-ménage et de ces vautours de journaliste. Il voulait avant tout le protéger. Vu l’état dans lequel se trouvait Justin il se jura de venir aux prochaines auditions. Ils n’avaient fait que quelques kilomètres mais Justin s’était déjà endormi. Ça lui arrivait parfois, lorsque la pression était trop forte il sombrait dans le sommeil.  Brian enrageait de le voir dans cet état, il décida de repasser au loft prendre quelques affaires et emmena Justin loin de Pittsburgh jusqu’à la prochaine audition de vendredi.  Il avait besoin de se reposer et de faire le vide dans sa tête.

 Ils partirent deux jours pour Dover au bord de la mer.  


Audali09  (09.03.2013 à 19:34)

Brian nageait dans l’eau fraiche, Justin au soleil allongé sur sa serviette somnolait. Lorsque Brian l’avait récupéré la veille au procès, il s’était endormi dans la voiture et s’était retrouvé à son réveil dans la ville de Dover avec Brian. Il avait été surpris de la décision de Brian qui lui avait seulement répondu : « Tu sais bien mon ange que je ne fais jamais rien sans en avoir envie. »

Il n’avait pas fait attention jusqu’à maintenant du changement chez Brian. Mais en arrivant ici, ce changement l’avait percuté de plein fouet. Il était tendre, attentif, à l’écoute, très présent et étrangement romantique. Justin ne cessait de se demander ce qui se passait et pourquoi Brian avait tellement changé. Ils ne s’étaient pas revus depuis plus d’un an mais un changement si radical chez Brian Kinney n’arrêtait pas de le surprendre. Qu’est ce qui avait bien pu se passer cette dernière année pour qu’il change à ce point ? Il aurait aimé le savoir et le comprendre mais d’un autre côté il avait un peu peur des révélations que pouvait lui faire Brian. Car il le savait sous ses airs d’assurance Brian gardait une quantité de choses pour lui et il ne serait pas simple de les lui faire extérioriser. Mais pour le moment il ne voulait pas poser toutes ces questions et seulement profiter des instants auprès de Brian. Ce séjour était finalement une excellente idée, il pouvait se reposer loin du tumulte de Pittsburgh et se poser pour réfléchir à ce qui c’était passé au procès. Il ne voulait pas y penser mais rien y faisait il ne pouvait pas s’en empêcher. Allongé sur sa serviette, les lunettes sur le nez, le sable roulant sous ses doigts il tentait de voir les choses sous un angle différent.  Les vagues roulaient sur le sable, une légère brise transportait les odeurs de sel et de nature, le soleil réchauffait de ses rayons l’atmosphère. La plage était calme peu de personne s’y trouvait n’étant pas en saison. Justin finit par s’endormir sa peau chauffant au soleil.

Des lèvres fraiches le réveillèrent.

-Alors mon ange, on dort ?
-Mmhh… t’es tout froid Brian… murmura Justin en se réveillant.
-Et toi brûlant… Tu vas attraper une insolation, répondit-il en se couchant sur lui.
-Brian on est à pas tout seul.
-On s’en fout, si ça les gêne je les emmerde ! répondit Brian en prenant sa bouche.

Justin entoura son bras autour de sa nuque en passant sa main dans ses cheveux.  Justin roula sur lui et Brian le serra contre lui.

-Merci…
-De quoi ? demanda Brian surpris.
-D’être qui tu es…
-C’est la première fois qu’on me l’a fait celle-là, répondit-il en rigolant.
-Je suis sérieux Brian…
-Je sais mon ange… répondit-il en souriant.

Il se redressa, Justin à califourchon sur lui, en l’embrassant.  

-Et si on allait faire les touristes ? lui demanda Brian.
-T’es sérieux ?
-Je n’en ai pas l’air ?

Il l’embrassa et se leva en riant. Il lui tendit la main.

-Tu n’as jamais été aussi sérieux, c’est ça ?
-C’est ça… répondit-il en souriant.

Ils passèrent le reste des deux jours à flâner dans la ville, à discuter de choses et d’autres, à se baigner, à manger, à se promener, à s’amuser, à faire des photos.  Il n’y avait plus de Pittsburgh, plus de travail, plus de rééducation, plus de procès, plus de discrimination, plus d’études,  plus d’amis, plus de famille mais seulement eux, heureux de ce qu’ils vivaient. Justin avait Brian pour lui tout seul et rien d’autre ne comptait. Brian n’avait jamais été aussi romantique et à cette pensée Justin avait envie d’éclater de rire.
Mais il n’allait pas s’en plaindre, il n’avait jamais passé un aussi bon week-end.


Audali09  (09.03.2013 à 22:24)

-Mél… qu'est-ce que tu fais ? Il est trois heures du matin, demanda Lindsay en baillant.

Mélanie assise en tailleur dans le salon entourée de papiers paraissait très concentrée et soucieuse.

-J’arrivai pas à dormir, répondit-elle.
-Qu’est-ce que tu fais ?
-Je revois mes questions pour l’audience de demain…
-Je suis sure que ça va très bien se passer…
-J’en serai pas certaine à ta place…
-Pourquoi tu dis ça ?
-J’en ai pas parlé à Justin tout à l’heure, mais j’ai peur que le verdict ne soit pas celui qu'on attendait.
-C’est-à-dire ?
-Eh bien je pense que la préméditation ne passera pas et que Willer va réussir à faire passer son acte pour accès de folie. Je ne sais pas pourquoi mais je sens qu'il a des jurés en accord avec ses idées.
-Et donc ?
-Donc 10 ans maximum avec sans doute une remise de peine pour bonne conduite donc  8 ans. Il va faire primer l’état psychologique de son client sur l’acte et cette enflure va s’en sortir. On ne fera jamais passer la préméditation et les 30 ans de réclusion avec sûreté de 20.
-Mais avec l’audience de Justin ça devrai passer…
-C’est justement ça le problème, je te parie ce que tu veux que Willer a mené sa petite enquête et qu'il va poser des questions très personnelles à Justin et il sera obligé de répondre. Et même si toi comme moi on aime beaucoup Justin on sait qu'il sait faire la fête et crois-moi Willer est au courant de tout ça. Rien que pour la différence d’âge entre Justin et Brian ça va venir foutre le bordel, parce que des parents dans le juré il va y’en avoir. Et je crois que même avec ma contre audience on n’y arrivera pas.
-Je vois… Pourquoi tu n’en as pas parlé à Justin ?
-Il était déjà suffisamment stressé c’était pas la peine d’en rajouter une couche.
-D’accord.  Bon, tu viens te coucher maintenant ?
-J’arrive, mais vas-y toi...
-Ok… termina Lindsay en sortant du salon.

Mélanie espérait se tromper mais au plus profond d’elle-même elle savait ce qui allait se passer et elle avait horreur de ça.

Maudit soit tu Willer. 


Audali09  (10.03.2013 à 15:27)

-Posez la main gauche sur la bible, levez la main droite. Jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ?
-Je le jure.
-Vous pouvez-vous assoir.

Il prit une grande inspiration et fixa ses yeux, il n’allait pas flancher. Maitre Willer s’approcha de lui comme un félin devant sa proie, lui non plus ne le lâcha pas des yeux.

-Monsieur Taylor, quel âge avez-vous ? commença l’avocat de son père.
Ca y’est on y est…
-21.
-Quel âge aviez-vous lors de votre rencontre  avec Monsieur Kinney ?
Je m’en doutais, il va mettre ça sur le tapis…
-17 ans.
-Et Monsieur Kinney ?
Espèce d’enfoiré…
-29.
-29 ?
-Oui.
-Et ça ne vous a pas choqué ?
Tu ne m’auras pas sale type.
-Non, pourquoi ça aurait dû ?

Des rires s’élevèrent dans la salle. Le président demanda le calme. Justin adressa un sourire à l’avocat, il avait gagné cette manche.

-Où vous êtes-vous rencontrés ?
-Sur Liberty Avenue, devant la boite du Babylon.
-Quand ?
-Dans la soirée.
-Vous aviez le droit de sortir si tard ?
-Non.
-J’en conclus que vous avez fait le mur ? demanda-t-il dans un sourire.
-Oui.  Conard…
-Vous avez rencontré Monsieur Kinney, et ensuite ?
-Ensuite il m’a emmené chez lui.
-Il vous a emmené chez lui ? Vraiment ?
Et merde… Vite rattrape toi….
-Disons plutôt que je l’ai suivi.

Un murmure d’indignation s’éleva dans la salle. Le président redemanda le silence.

-Très bien vous l’avez suivi et ensuite que s’est -t-il passé ?
Sale con… Bon respire, c’est juste une question…
-Nous avons couchés ensemble, répondit-il avec un calme olympien.
-Je vois. Et le fait que cet homme est 12 ans de plus que vous ne vous a pas dérangé ?
-Non.
-Monsieur Taylor, savez-vous que les relations sexuelles avec mineur sont punies par la loi ?
-Objection votre honneur ! clama Mélanie en se levant avec force, indignée. La question n’a pas de rapport avec ce qui nous occupe.
-Monsieur le Président je souhaite seulement vérifier la crédibilité de Monsieur Taylor.

Justin se redressa sur son siège et inspira profondément.

-Objection rejetée, poursuivez Maitre Willer.

Mélanie jura intérieurement.

-Monsieur Taylor, je repose ma question, savez-vous que les relations sexuelles avec mineur sont punies par la loi ?
-Oui.
-Et pourtant ça ne vous a pas empêché…
-Non, j’étais consentant.
Bam… 2 points pour moi, 1 pour toi Willer.
-Prenez-vous des risques Monsieur Taylor ?
-Je vous demande pardon ?
-Prenez-vous des risques ?
-Ça dépend mais je ne vois pas où vous voulez en venir… répondit Justin en fronçant les sourcils.
-Connaissez-vous la backroom de cette boite… le Babylon ?
-Oui.
-Pour que tout le monde comprenne ce dont nous sommes en train de parler pourriez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?

Justin commença à se sentir mal à l’aise. Cet avocat commençait à vraiment rentrer dans sa vie privée. Il croisât le regard de Mélanie qui paraissait aussi tendue que lui mais qui essaya de l’encourager d’un faible sourire.

-Il s’agit d’un lieu de rencontre pour les homosexuels.
-Peut-on réellement qualifier  de lieu de rencontre, une pièce où des hommes qui ne se connaissent pas ont des rapports sexuels ? Parfois sans protection ? Et devant tout le monde ?

Comment il sait tout ça ? Il est gay ou quoi…

Justin commençait vraiment à se sentir mal à l’aise. Il avait la désagréable impression que tout le monde le dévisageait comme une bête de foire.


Audali09  (11.03.2013 à 22:44)

-Dans notre communauté il s’agit d’un lieu de rencontre.
-Communauté aux mœurs étranges.
-Objection ! Depuis quand se permet-t-on d’émettre des jugements sur les appartenances de nos témoins.
-Objection acceptée, Monsieur Willer veuillez modérer vos propos.
-Oui Monsieur le Président.  Je retire ma remarque.

Plus l’audience avançait, plus Justin trouvait cet avocat plus qu’antipathique.

-Monsieur Taylor, connaissez-vous les saunas du quartier de Liberty ?
-Oui.
-Vous est-il arrivé de fréquenter ces saunas et cette backroom ?
-Parfois oui, répondit Justin en déglutissant. Il avait la gorge sèche.
-Cachiez-vous vos penchants à votre famille ?
-Au début oui.
-Au début ?
-Jusqu’à ce que ma mère le sache.
-Comment l’a-t-elle su ?
-En voyant mes dessins  et en me voyant au Woody’s.
-Que représentaient vos dessins ?
-Des nus d’hommes et Brian.
-Votre père était-il au courant ?
-Jusqu’à ce que ma mère lui en parle non.
-A quel moment lui en a-t-elle parlé ?
-Lorsqu’elle m’a vu un soir au Whoody’s.
-Ce fameux soir dont votre père nous a parlé ?
-Oui.
-A partir de ce moment-là il a pris connaissance de votre homosexualité ?
-Oui.
-As-t-il vu vos dessins ?
-Je crois oui.
-Affichiez-vous vos préférences ?
-Non.
-Pourtant il m’a été rapporté que vous aviez créé une association pour les gays et lesbiens de votre lycée et que vous étiez allé jusqu’à manifester devant votre lycée, est-ce vrai ?
-Oui.
-Alors je repose ma question, affichiez-vous vos préférences ?
-Non.
-Je n’ai plus de questions votre honneur, termina-t-il dans un sourire.

Justin était anxieux.

-La séance est levée pour une heure, informa le président de la cour.

Mélanie l’attrapa par le bras.

-Il nous reste une heure pour revoir nos questions et essayer de rattraper l’audience  de ce matin.
-J’ai dit quelque chose qui fallait pas ?
-Non Justin, t’étais obligé de répondre aux questions. Mais il n’a pas parlé de l’agression, ni des réactions excessives de ton père. Il a montré ce qu’il voulait au jury et il va falloir qu’on contre ça.

Ils marchèrent d’un pas rapide vers la porte de sortie. Alors qu’il passait la porte deux bras l’attrapèrent  et le plaquèrent dans le recoin du mur à l’abri des regards. Des lèvres douces et chaudes se posèrent sur les siennes, il les aurait reconnues entre milles.

- Baise-moi à sec cet avocat de médeu, lui dit Brian avec un clin d’œil. Justin lui répondit par un sourire fatigué.

Mélanie l’entraina vers la cafétéria. Ils s’installèrent à une table, seuls. Justin alluma une cigarette et écouta Mélanie pendant l’heure qui suivit. Il se sentait épuisé et attendait avec impatience la fin de la journée. 

-Justin, pourriez-vous nous parler de la nuit du 5 juillet 2000 ? commença Mélanie.
- Brian et moi sortions du bal de St James. On est descendu dans le parking. On dansait, on riait. On s’est dirigé vers sa jeep. Il était face à moi, j’avais le dos appuyé contre la voiture. Je lui ai dit que j’avais passé la plus belle soirée de ma vie et il m’a répondu que j’étais ridiculement romantique. On s’est embrassés et c’est là que je l’ai vu.  Il devait être à cinq mètres, six tout au plus. Il avait le regard d’un fou, il souriait et il pointait un revolver vers nous. J’ai voulu prévenir Brian mais c’était trop tard il a tiré une fois, deux puis trois. J’ai senti Brian s’affaisser contre moi et je l’ai vu partir, entrer dans sa voiture et me regarder en souriant. J’ai cru qu’il allait éclater de rire. Il a démarré et il est parti. Je n’ai rien fait pour le retenir et j’ai appelé une ambulance pour Brian qui se vidait de son sang. Elle est arrivée dix minutes plus tard et vingt minutes après on était à l’hôpital.
-Vous avez-vu nettement votre père tirer plusieurs fois de suite sur Monsieur Kinney ?
-Oui.
-Lorsque votre père a appris votre homosexualité comment a-t-il réagi ?
-Très mal.
-As-t-il été violent ?
-Dans ses propos.
-Pourriez-vous développer ?
-Il m’a dit qu’il ne voulait pas d’un fils homosexuel, que c’était une honte. Il ne voulait plus que Brian m’approche et l’a traité de vicelard.
-Avec le temps son comportement s’est-il calmé ?
-Non.
-C’est-à-dire ?
-Un jour au lycée un des autre élève m’a frappé parce que j’étais homosexuel et quand mon père l’a su il voulait me changer d’école afin de me dresser comme il disait. Il ne voulait pas qu’on sache ce que j’étais devenu.
-Ce sont ses mots ?
-Oui.
-Et par la suite ?
-Ça ne s’est pas arrangé. Lorsque Brian m’a ramené chez mes parents mon père ne l’a pas laissé parler et l’a traité de pervers et de vicelard et il l’a viré de la maison. Brian a dit qu’un tel comportement envers moi n’était pas de l’amour mais de la haine, et mon père l’a viré de la maison.
Ce soir-là lorsque nous sommes sortis du Babylon mon père est sorti de la rue et agressé Brian, il l’a frappé violemment et si ne m’étais pas mis entre eux je ne sais pas jusqu’où il serait allé. Quelques temps auparavant il était rentré dans la voiture de Brian, je l’ai su en constatant l’état de notre voiture dans le garage le lendemain. C’est ce jour-là qu’il a voulu me changer d’école et qu’il m’a donné une gifle parce que je lui tenais tête.
-Donc son comportement n’a pas changé ? Il n’a jamais accepté le fait que vous soyez homosexuel ?
-Non, et s’il a essayé de l’accepter il s’en ai bien caché.
-J’ai su que vous aviez été reçu au Beaux-Arts ?
-Oui.
-Vous êtes donc un bon élève ?
-Oui. Je suis sorti major de ma promotion au lycée.
-Vos parents n’avaient donc pas à se plaindre de votre comportement ou de vos résultats scolaires ?
-Non.
-Donc seuls vos choix de partenaires à engendré  de telles réactions de leurs parts ?
-Oui.
-Et votre mère comment a-t-elle réagit ?
-Bien, elle a accepté très vite la situation.
-Bien que votre mère l’ait accepté votre père n’a pourtant pas changé d’avis ?
-Non.
-Pensez-vous que le soir du 5 Juillet votre père a été pris d’un accès de folie et qu’il a perdu le contrôle de ses émotions en tirant sur Monsieur Kinney ?
-Non.
-Pensez-vous que votre père avait prémédité son geste ?
-Oui, je pense.
-Ce soir-là vous semblait-il maitre de ses émotions ? Donnait-il l’impression de savoir parfaitement ce qu’il faisait ?
-Oui.
-Merci Monsieur Taylor, je n’ai plus de questions votre honneur.

Mélanie lui adressa un sourire, l’affaire semblait bien repartie mais c’était sans compter l’acharnement de Willer.

-Bien je pense que nous pouvons arrêter… commença le Président.
-Votre honneur ? Pourrais-je effectuer un contre interrogatoire ?
-Eh bien…
-Quelques minutes…
-Bien allez-y.

Maitre Willer s’approcha de Justin et commença les questions qui allaient déterminer en partie ce procès.

-Monsieur Taylor, vous affirmez que votre père semblait totalement maitre de ses moyens le soir du 5 juillet ?
-En effet.
-Pourtant lorsque vous racontez les évènements vous dites et je le cite : « Il avait le regard d’un fou, il souriait  […] J’ai cru qu’il allait éclater de rire. ». Pensez-vous qu’une personne qui va tenter de  tuer quelqu’un aurait un tel comportement ?

Mélanie ferma les yeux.

-Je…je…je n’en sais rien
-Vous affirmez qu’il n’a pas agis sous le coup d’une impulsion et pourtant vous dites clairement qu’il avait le regard d’un fou. Vous vous contredisez vous-même Monsieur Taylor.
-Non, enfin je…
-De plus vous étiez en train d’embrasser Monsieur Kinney lorsque votre père a tiré. C’est exact ?
-Oui mais…
-Vous étiez donc déconcentré qui plus est Monsieur Kinney était devant vous donc comment affirmer que ce que vous avez-vu, de surcroit il y’a plus d’un an, était  bien réel ?
-Je sais ce que j’ai vu, j’y étais.
-Oui mais votre père n’acceptait pas votre homosexualité ni votre compagnon, votre imagination vous a peut-être fait voir autre chose que la réalité ?
-Non, mais…
-De plus il se trouvait à plus de 5 mètres de vous, est-ce exact ?
-Oui, mais…
-Alors comment accorder crédit à votre affirmation ?
-Je…  

Justin était totalement déstabilisé il ne savait plus comment répondre.


-Le soir où votre père a frappé Monsieur Kinney vous veniez de quitter le domicile familial ?
-Oui.
-Donc votre père n’a en fait réagi que face à votre comportement et face au fait que votre compagnon actuel vous avez enlevé à votre famille ?
-Je ne dirai pas ça comme ça, mais…
-De plus lorsqu’il vous a giflé vous dites vous-même lui avoir tenu tête, je me trompe ?

Mais il va me laisser répondre…

-Non, mais…
-Merci, Monsieur Taylor. Je n’ai plus de questions votre honneur, termina-t-il avec un sourire.

Mais je rêve il m’a pas laissé en placer une…

-Très bien, je déclare la séance levée.

Sur le chemin du retour Justin tentait de calmer son énervement en se rongeant les ongles.

-Justin tu veux bien arrêter de faire ça, ça me met les nerfs en pelote, lui dit Brian.
-Je suis énervé ! Non mais c’est vrai pour qui il se prend ce type ? A la fin je pouvais même plus répondre. Sale con…

Arrivé au Loft Justin se précipita sous la douche mais le jet d’eau  n’arriva pas à le calmer. Plus la soirée avançait plus son énervement augmentait.

-Justin, je te jure, ce soir t’es casse couille ! Je vais me pieuter, finit par lui dire Brian.

Justin ne répondit rien, plus énervé que jamais.  Il se servit un verre, alluma une cigarette et alla s’assoir sur le canapé. Il prit une feuille et se mit à dessiner furieusement passant ses nerfs sur la mine de son crayon.

Après cinq verres,  fatigué, repus de colère il s’endormit tout habillé sur le canapé.


Audali09  (13.03.2013 à 01:26)

Les deux semaines qui suivirent n’arrangèrent pas les choses. Le procès se poursuivit avec les audiences de la mère de Justin,  Debbie, de leurs amis et de personnes que Justin ne connaissait même pas. A chaque interrogatoire Maitre Willer gagnait du terrain et posait de plus en plus de questions sadiques et vicieuses. Mélanie se battait mais Willer ne cessait de venir la contrer gagnant de jour en jour, de plus en plus, le jury.  Et la situation ne s’arrangea avec l’audition des experts. Willer avait trouvé un psychiatre qui vint présenter un Craig Taylor au bord de la folie, qui n’avait absolument pas conscience de ce qu’il avait fait à Saint James et qui regrettait profondément son geste. Mélanie ne savait plus comment faire et pour la première fois dans sa carrière d’avocate elle ne savait plus quoi faire pour remporter cette affaire. Willer s’acharnait et ne lâchait pas. Chaque audience tournait en sa faveur et son psychiatre fît basculer le procès de son côté.

Il restait l’audience de Brian et les plaidoiries. Mélanie comptait sur ces deux derniers jours pour rattraper le retard.

De son côté Justin se transformait au fil des jours et des semaines en automate. Ces journées consistaient à assister au procès et à suivre ses cours aux Beaux-Arts.  Il comprenait au fil des auditions la tournure que prenaient les choses. Il faisait acte de présence mais pour lui le procès était déjà terminé et il était perdu. Il en avait assez de se battre, assez d’être en colère, assez de voir ce père qu’il ne reconnaissait plus, assez de toutes ces auditions. Il en avait assez de tout ça et il voulait que cela cesse. Il ne dormait plus, mangeait peu et ne trouvait plus l’inspiration dans le dessin.  Et la situation avec Brian ne s’arrangeait pas. Brian ne reconnaissait plus Justin et ne comprenais pas son mutisme silencieux. Lui aussi finissait par en avoir assez. Ils ne faisaient plus que se croiser n’échangeant que de rares mots entre deux portes. Aucuns des deux ne faisait d’effort et la vie était devenue une lente et longue routine.

Les traits tirés, les yeux cernés, les cheveux en bataille, Justin poussa la porte du Liberty Dinner et se dirigea vers le bar. Debbie allait lui demander ce qu’il voulait lorsqu’elle vu son visage.

-Mon dieu Mon ange, qu’est ce qui t’es arrivé ?
-Quoi ?
-Sunshine est ce que tu as vu ta tête ce matin ?
-J’arrive pas à dormir Debbie, c’est pour ça que j’ai une tête d’enterrement.  Je veux bien un café à emporter s’il vous plait.
-C’est seulement ça ? Je te connais tu sais… dit-elle en le regardant d’un air inquisiteur.
-Non c’est juste ça avec un café s’il vous plait…
-Justin Taylor on me l’a fait pas à moi ! Je ne m’appelle pas Debbie Novotny pour rien. Alors tu vas poser ton joli petit cul ici et me raconter ce qui ce passe.
-Je vous dis que ça va, dit-il avec un faux sourire.
-Assis ! lui ordonna-t-elle.

Il s’assit avec un soupir, on ne pouvait résister bien longtemps à Debbie. Et personne n’échappait à la règle.

-Kiki je prends une pause tu me remplaces ?
-Ok Deb’ , répondit le serveur atypique du Liberty Dinner.


Audali09  (17.03.2013 à 01:30)

-Allez mon ange, raconte-moi, qu’est-ce-qui ce passe ?

Justin leva les yeux vers elle et poussa un soupir. Elle l’encouragea du regard.

-J’en ai marre de tout ça, de tout ce qui ce passe en ce moment, j’en ai marre de ce procès…
-Je comprends. Mais tu sais que c’est pour enfermer un criminel tout ça ?
-Je le sais Debbie mais c’est mon père ! Et j’en peux plus de voir ma famille comme ça, j’en peux plus de voir ma vie disséquer jour après jour par ce type et devant tous ces gens ! Je suis fatigué de tout ça…
-C’est bientôt fini de toute façon Sunshine, tu verras ça ira mieux après…
-Comment ça pourrait aller mieux ?? Mon père à tenter de tuer quelqu’un ! Vous pouvez me dire comment ça pourrait aller mieux ?
-Je sais mon ange, répondit-elle en lui prenant les mains.
-Et puis Brian…
-Qu’est-ce qu’il a encore fait ?
-Mais il a rien fait ! Pourquoi est-ce qu’à chaque fois qu’on parle de lui tout le monde croit qu’il à toujours fait quelque chose ?? répondit-il agacé. 
-Justement parce que c'est Brian mon chéri, répondit-elle en souriant.
-Ca aussi j'en ai marre ! Vous croyez tout savoir de lui alors que la plupart du temps vous vous trompez. Qu'est ce qui vous permet de le juger ? Qu'est ce qui vous fait croire que vous valez mieux que lui ? Après tout ce qu'il à vécu comment vous pouvez, tous, vous comportez encore de cette manière avec lui ? 
-Sunshine on ne juge personne. Je n'ai jamais dit qu'on valait mieux que lui. 
-Alors arrêtez de croire qu'il à toujours fait quelque chose ! C'est pas lui, c'est moi ! Ca vient de moi, c'est tout. C'est de ma faute tout ça.
-Mon ange ce n'est pas de ta faute. Arrête de te culpabiliser tu n'as rien à te reprocher. 

Justin eût un rire sarcastique. 

-Je dois y aller Debbie, répondit-il en retrouvant un air sombre.
-Au revoir Debbie, répondit-il en partant rapidement. 
-Justin !

Il sortit sans se retourner. Dans la rue il alluma une cigarette. Il lui restait deux heures avant l'audience de Brian. Il n'avait pas envie de retourner au loft. Mélanie s'y trouvait surement et il n'avait pas envie d'entendre ses questions. Il marcha dans les rues sans vraiment savoir où aller. Il s'installa sur un banc dans un parc non loin du centre. 

Les beaux-jours étaient revenus à Pittsburgh et pour un mois d'Avril la chaleur était anormalement élevée. La parc était de taille moyenne, boisé et très agréable lorsqu'il faisait beau. Un calme, une sérénité,et un silence étranges régnaient dans ce petit hameau de verdure. Mais loin du tumulte du centre on pouvait réfléchir et s'y reposer tranquillement.  Une légère brise faisait bruisser les feuilles caressant les brins légers de l'herbe. Justin était seul. Assis sur le banc ses jambes allongées il regardait les volutes de fumée s'échapper vers le ciel. Il rejeta sa tête en arrière et ferma les yeux. Il quitta la réalité et partit dans ses songes. Il rêvait de lui, d'eux, de leur vie, d'autre chose. 

Il fût tiré de ses rêveries par un ballon qu'il reçut sur les genoux. Un petit garçon blond, les cheveux en bataille s'approcha l'air penaud :

-Pardon Monsieur, dit-il avec une petite voix.

Justin sourit, il était adorable. 

-Ce n'est pas grave, tiens, répondit-il avec un grand sourire.
-Merci Monsieur, termina le petit garçon tout sourire. 

Cette image remit un peu de baume au coeur de Justin, on était tellement innocent à cet âge. 

Il était l'heure de repartir au tribunal. Ilse leva, mit ses lunettes et se dirigea vers la réalité : sa réalité loin de ce havre de paix boisé.


Audali09  (19.03.2013 à 23:49)

Malgré l’austérité de la bâtisse, il faisait chaud dans la salle d’audience. Brian et Justin étaient assis près de Mélanie et aucun d’entre eux ne disait mot.

-Mesdames, Messieurs, la cour.

Tout le monde se leva bruyamment et se rassit lorsque les jurés et le président eurent finit de s’installer. La tension était palpable dans la salle sombre aux bancs en bois. Un silence de mort règnait et seul quelques toussotements se faisaient entendre. Le témoignage de la journée allait être capital. Sous la table Justin serra la main de Brian quelques minutes, ce dernier ne le regarda pas mais répondit en resserrant l’étreinte.
Il se leva et se dirigea vers la barre des témoins. Il boitait encore et se servait toujours de sa canne, sa rééducation était loin d’être terminée. Justin regarda son père en coin et vit passer un sourire sur son visage.
Il l’aurait tué.

-Posez votre main gauche sur la bible, levez la main droite. Jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ?
-Je le jure.

Willer s’approcha, l’audition de Brian commençait. 


Audali09  (20.03.2013 à 19:58)

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