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Not Without You

Série : Queer As Folk
Création : 12.04.2013 à 18h07
Auteur : Audali09 
Statut : Terminée

« La fiction débute à la fin de la saison 5 avant que Michael n'emmène Brian danser dans ce qui reste du Babylon. Suite de la saison 5. Des spoils sont possibles sur l'ensemble des cinq saison » Audali09 

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1ère PARTIE : NEW-YORK

 

Brian le tenait fermement dans ses bras, encore allongé sur lui. Il ne voulait pas se lever car il savait qu’en bougeant il partirait. Il sentait son cœur battre au même rythme que le sien. Il sentait sa chaleur, sa peau contre la sienne, son souffle contre son oreille, son odeur, ses cheveux, ses bras autour de lui. Il voulait fixer cette étreinte dans sa mémoire, comme si c’était la dernière. Justin remua. C’était l’heure de partir. Brian n’entendit pas ce qu’il disait. Il se leva tel un automate, enfila ses vêtements sans vraiment savoir ce qu’il faisait. Il était ailleurs comme sonné. Il regarda Justin faire un dernier tour dans le loft. Il n’arrivait plus à comprendre la situation : Justin partait, lui, restait.

Dans la voiture qui les conduisait à l’aéroport ils ne prononcèrent aucun mot. Brian était plus que jamais concentré sur la route, les mains crispées sur le volant. De son côté, Justin, n’osait pas regarder dans sa direction. Est-ce qu’il faisait une erreur ?

L’aéroport de Pittsburgh leur apparût dans la nuit, éclairé de milliers de lumières, prêt à les engloutir. Dans le hall ils tombèrent nez à nez avec Debbie.

-Maman Novotny ! Vous ne pouviez pas vous empêcher de venir, répliqua Brian avec un grand sourire.
-Je ne pouvais pas laisser partir ce petit ange sans lui dire au-revoir, répondit-elle avec ferveur.

Justin lui répondit par un sourire. Debbie le prit dans ses bras et le serra avec force contre elle. Elle avait la sensation de perdre un de ses enfants et avait horreur de ça. Elle se détacha de lui et pointa un doigt menaçant dans sa direction.

-Tu as intérêt à revenir nous voir et à être là pour les fêtes sinon tu auras à faire à moi !
-Je serais là Debbie, ne vous inquiétez pas, répondit-il avec un sourire.

 

« Les passagers du Vol A475 310 à destination de New-York sont invités à se présenter en porte 3 pour l’embarquement. »

 

Après une dernière étreinte il se dirigea vers la porte trois. Brian l’accompagna sur le tarmac au pied de l’appareil. Justin posa son sac et se retourna vers lui. Il voulait dire tant de choses mais le regard de Brian l’en empêchait : s’il commençait à parler il n’arriverait jamais à partir. Il était tétanisé sur place, les bras ballants, les yeux rivés sur cet homme qu’il aimait plus que tout au monde et qu’il était en train de quitter. Ses yeux s’embuèrent mais il se contrôla : il ne devait pas pleurer, pas maintenant, pas devant lui.

Brian le prit dans ses bras. Il ne pouvait plus voir ce visage qui se décomposait peu à peu. Justin entoura sa taille et nicha son visage au creux de son cou. Brian ferma les yeux le visage enfoui dans ses cheveux, ses bras autour de lui. Une dernière fois cette odeur sucrée, cette blondeur, cette chaleur. Il posa ses mains sur sa nuque et ramena son visage face à lui.

-Souris Sunshine, tu vas dans la ville la plus bandante du pays !

C’était tout Brian, lorsque l’émotion le submergeait, il la cachait derrière des phrases de sa fabrication personnelle. Justin lui répondit par un de ses sourires qui lui avait valu son surnom, trahis cependant par la tristesse de son regard. Brian l’embrassa légèrement effleurant ses lèvres comme s’il partait pour revenir dans quelques minutes.

-Tu me reverras dans tes rêves, ce n’est que du temps mon ange… termina Brian en le regardant avec une rare intensité.

En entendant cette phrase qui signifiait tellement pour eux, Justin pris sa bouche avec passion. Une dernière fois quitter la réalité, quitter la force de gravité dans ses bras, une dernière fois ne faire plus qu’un. Il déversa dans ce baiser tout son amour, sa tendresse, son désespoir. Les lèvres de Brian lui donnèrent ses dernières forces.

-Je t’aime Brian Kinney  et tu peux me croire, tu ne te débarrasseras jamais de moi ! Que je sois à New-York, en Sibérie ou n’importe où sur cette planète je reviendrai ! murmura-t-il à son oreille.

Il se détacha de lui sentant son cœur se déchirer. Il se retourna et partit en courant vers la rampe d’accès. Il ne pouvait pas rester plus longtemps, il ne tenait plus. Il s’engouffra dans l’appareil avec une rapidité déconcertante. Il s’assit lourdement à sa place, essoufflé, la gorge sèche. A travers le hublot il voyait la silhouette de Brian qui n’avait pas bougé, qui le fixait.

Pitié reste pas là… ne reste pas là…

Les turbines se mirent à vrombir. L’avion se déplaça vers la piste de décollage. Brian n’avait pas bougé, immobile, le visage impassible, les mains enfoncées dans ses poches, le vent froid de novembre faisant voleter ses mèches brunes. Il suivit l’appareil des yeux. Justin ne cessa de le regarder avant de le voir disparaitre de son champ de vision. Il s’enfonça dans son siège et remonta ses genoux qu’il entoura de ses bras. Il sentit un vide immense, déchirant, brûlant, s’ouvrir en lui. De longues griffes lui enserraient la gorge l’empêchant de respirer. Une boule lui tenaillait le ventre. Sa vision se brouilla et tandis que l’avion décollait ; des larmes acides, glaciales roulèrent sur ses joues.

L’avion n’était plus qu’un point noir dans le ciel lorsque Brian se décida à partir. Il ramena Debbie chez elle.

Il arriva au loft, fit coulisser la lourde porte et la referma derrière lui. Tout était silencieux. L’appartement était plongé dans l’obscurité. Un silence de mort s’installa, brisé par le réfrigérateur qui se mettait en marche.

Là, la solitude, l’absence l’atteignirent de plein fouet. Sa tornade blonde avait disparue emportant tout avec lui. Il se retrouva seul, complètement et irrémédiablement seul.

Dehors, les premiers flocons de l’hiver commençaient à tomber.


Audali09  (12.04.2013 à 18:51)

Le vol entre New York et Pittsburgh durait cinquante minutes.

Le regard perdu à travers le hublot Justin pensait à ces cinq dernières années, à ce qu’ils avaient vécu. Comment avait-il pu partir ? Si vite ? Pourquoi Lindsay lui avait montré ce fichu article ?

Merde…

Il poussa un soupir. Il prit son portefeuille et en sortit une photo qu’il gardait là, précieusement, cachée. Elle avait été prise peu de temps après son expo au CGL. Ils étaient là tous les deux souriants, Brian l’enlaçant de ses bras. Il adorait cette photo même si à l’époque leur relation n’était pas la même qu’aujourd’hui.

Enfin…était…

Il se passa la main dans les cheveux et remit la photo à sa place. Il posa son menton dans sa main et continua à se perdre dans le passé.

Depuis le décollage une hôtesse avait remarqué ce jeune homme à la beauté peu commune. Elle avait assisté lors du départ aux au-revoir touchants qu’il avait eu avec son compagnon et les larmes qui avaient suivies. Elle ne connaissait pas leur histoire mais elle avait été néanmoins touchée par l’amour qui se dégageait de ce couple. C’était une évidence : ces deux-là étaient faits l’un pour l’autre. Elle se rapprocha de la place qu’occupait Justin.

-Excusez-moi, dit-elle doucement, est ce que ça va ?

Justin tourna la tête vers elle. Elle le regardait avec un sourire bienveillant.

-Oui ça va, répondit-il en lui rendant son sourire.
-Je peux vous servir quelque chose ?
-Euh…Un café s’il vous plait.
-Je vous apporte ça tout de suite, termina-t-elle toujours avec le même sourire.

 

La sollicitude de l’hôtesse lui remonta un peu le moral. Il se devait d réussir et continuer à lui prouver qu’il était le meilleur homosexuel qu’il connaisse.

Trente minutes plus tard l’avion atterrissait à l’aéroport J.F.Kennedy de New-York. Justin récupéra ses bagages et se dirigea vers le hall des arrivées. Il repéra rapidement une jeune femme brune qui lui faisait de grands signes en agissant une pancarte « Justin ». A cette vision un sourire éclaira son visage. Il s’approcha d’elle.

-Salut ! Je suis Anne ta nouvelle coloc’ , dit-elle avec un sourire plein d’entrain.
-Salut ! Justin, répondit-il.

 

Ils se serrèrent la main et se dirigèrent vers la sortie.

Sa nouvelle vie commençait : à New-York.


Audali09  (13.04.2013 à 19:56)

Le trajet dans la voiture d’Anne se passa dans le silence. Justin contemplait cette nouvelle ville qu’il ne connaissait pas et qu’il avait, malgré tout, hâte de découvrir. De son côté Anne était concentrée sur la route dont la circulation était dense. On était vendredi soir et les gens partaient pour le week-end. Le calme de la voiture était entrecoupé par des jurons en français lancé par Anne aux autres conducteurs c’était ça la grande ville : le bruit, le tumulte, les lumières, les klaxons, les citadins qui se hurlent dessus. Une fourmilière géante. Anne habitait à Manhattan dans le quartier de Greenwich Village. La voiture s’arrêta devant un immeuble moderne d’une douzaine d’étages. Ils sortirent les bagages du coffre et se dirigèrent vers l’entrée.

-Heureusement qu’on a un ascenseur, dit Anne à Justin en lui faisant un clin d’œil. Bon alors le digicode de l’entrée c’est 4991, pour la porte de l’entrée c’est la clé triangulaire, dit-elle en lui montrant la porte.

Ils se dirigèrent vers l’ascenseur.

-L’étage c’est le 12e, le dernier, termina-t-elle avec un sourire.

Ils arrivèrent au dernier étage dans un couloir de petite taille où se trouvaient seulement deux portes. Justin leva un sourcil interrogateur. Anne lui répondit par un sourire malicieux.

-Mon appartement est le seul de l’étage, l’autre porte mène au local électrique de l’immeuble. L’appart’ terrasse comme on dit, termina-t-elle avec un grand sourire. 

Elle ouvrit les deux verrous de la porte et entra dans l’appartement.

-Dépose ça un peu ou tu peux on verra plus tard. Tu as faim ? Tu veux manger un truc ?
-Non merci, je suis assez fatigué en fait, répondit Justin.
-Je suis bête il est prêt de minuit, je te ferai visiter demain. Bon la salle de bain est là et ta chambre est au fond du couloir.

Anne ouvrit une porte et fit entrer Justin. La chambre était plutôt grande, les murs étaient blancs, le sol était recouvert d’une moquette noire, un lit double était à droite de la pièce, un coffre en bois d’ébène trônait au bout du lit, à gauche se trouvait un bureau et une petite bibliothèque, à côté de la porte se trouvait une grande armoire à  glace, une double porte vitrée donnait sur une terrasse extérieure.  

-C’est bon, ça te va ?
-C’est parfait, merci Anne. C’est le grand luxe je devrais dire, dit-il avec un petit rire.
-Tu as des couvertures et des oreillers en plus dans le coffre si jamais tu as besoin. Bon eh bien voilà tu peux t’installer. Ma chambre est celle à côté de la tienne si tu as besoin de quelque chose. Qu’est-ce qu’il y’a d’autre… non je crois que c’est  tout. Bon je vais me coucher, à demain, bonne nuit Justin, termina-t-elle en fermant la porte.

Et il se retrouva là, tout seul, avec des sacs pleins à ses pieds. Il ouvrit l’armoire qui comportait une penderie et des étagères : elle était vide. Il ouvrit un de ses sacs et commença à sortir ses vêtements. Mais à peine avait-il commencé qu’il s’arrêta et remit ses affaires dans la valise. En vidant ses sacs il avait encore plus la sensation de quitter Pittsburgh, en gardant ses sacs pleins il gardait l’impression de repartir demain. Il sortit seulement ses carnets de croquis, ses feuilles, ses crayons, ses pinceaux qu’il déposa en vrac sur le bureau ; de cette façon il se sentait un peu plus chez lui. Il sortit ses dessins qu’il posa sur le lit. Il prit son paquet de cigarette et sortit sur la terrasse. La nuit était dégagé, accoudé à la rambarde il fuma tranquillement et regarda les volutes de fumée suivre le sens de la brise. Il aurait aimé découvrir cette ville avec lui. Il se passa la main dans les cheveux. Il écrasa sa cigarette et retourna dans sa nouvelle chambre. Il jeta ses fringues au sol, alluma la lampe de chevet et se glissa sous la couette aux différents coloris de vert. Il se cala contre les oreillers et sortit ses dessins du carton. Sous ses yeux défilait ses cinq dernières passées à Pittsburgh.
Brian, Mél et Lindsay, Michael, Ben, sa sœur, sa mère, Debbie, Vic, Daphnée, le petit Gus et sa sœur, Emmett, Ted… Sa famille défilait devant lui. Les portraits le faisait tour à tour rire, le rendait triste, le rendait mélancolique, le faisait sourire, faisait remonter pleins de bons souvenirs à la surface. Il posa ses dessins sur la table de nuit et repris une cigarette. Il éteignit la lumière et fuma en silence dans la pénombre éclairé par la lueur rougeoyante de la cigarette. Il prit son téléphone et composa son numéro ; il avait besoin d’entendre sa voix. Mais c’est le répondeur qui se déclencha.

« Vous êtes bien chez Brian Kinney, laissez un message… »

-Salut…c’est moi…bon bah j’appelai pour dire que j’étais bien arrivé…t’es pas là ? Brian ? Tu dois être sorti… t’es vraiment pas là ? Bon c’est pas grave…bonne nuit…je t’aime… il raccrocha en soupirant.

Il se blottit sous la couette en serrant le second oreiller contre lui.  C’était sa première nuit  seul à New-York. 


Audali09  (15.04.2013 à 00:31)

Justin remua et chercha un corps qui n'était pas là. Il ouvrit les yeux et se souvint d'où il se trouvait. Il ne savait pas s'il avait bien dormi mais ce qu'il savait en revanche c'est qu'il avait fait de nombreux rêves étranges qui lui donnait de nouvelles idées pour de futures toiles. Un rêve en particulier l'avait plus troublé que les autres. Il devait se dépêcher de trouver un atelier. Le réveil sur la table de nuit indiquait 11h. Des bruits et une bonne odeur de café l'attirèrent hors de la chambre. Il enfila un bas de survêtement et un t-shirt blanc et sortit.

 

-Eh bien dites moi jeune homme, des croissants au beurre tout chaud et du café maison il ne faut rien que ça pour te réveiller, l'accueillit Anne avec un grand sourire.

-Bonjour, désolé de pas m'être réveillé plus tôt ; répondit Justin avec un petit sourire.

-Y'a pas de mal, on est samedi ! Je ne suis debout que depuis une heure. Je t'en prie installe toi.

 

La cuisine était une grande pièce reliant le salon à la salle manger. C'était une cuisine de type américaine avec un îlot central entouré de tabourets. La pièce était chromé et les meubles de couleur rouge carmin. Il trouvait la cuisine très réussie. Il s'installa sur un tabouret rond noir.

 

-Café ?
-Oui merci.

-Alors bien dormi ? Demanda-t-elle en posant un assiette de croissant sur le bar.

-Plutôt, si ce n'est que j'ai fait pas mal de rêves bizarres... répondit-il en mordant dans un croissant. Seigneur, c'est super bon...

-Un peu oui, recette traditionnelle française.

-Française ?

-Eh oui mon jeune ami, je viens de ce petit pays qu'on appelle la France, répondit-elle avec un grand sourire.

-Je savais pas

-Ah... cette Daphné... Je m'en vais donc te raconter mon histoire. Je m'appelle Anne Dufaur, j'ai 23 ans donc 1 an de plus que toi si je ne m'abuse, Justin aquiesca, je suis née en France et mes parents Isabelle&Christophe sont donc français. Il sont chercheurs en Histoire. On est arrivés en Amérique lorsque j'étais encore au collège c'est d'ailleurs à cette époque que j'ai connu Daphné. Mes parents sont restés en Amérique jusqu’à' à ce que je passe mon bac ensuite j'ai voulu resté pour pouvoir faire des études d'économies ayant été reçue à la Stern School of Business. Ils sont repartis en France et je suis resté. Si je m'appelle Anne c'est parce que mes parents aiment tout particulièrement l'Histoire de la royauté française et Anne était une reine de France femme de Louis XIII et mère du très célèbre Louis XIV.

 

Justin la bouche pleine l'écoutait avec attention.

 

-Eh bien dis moi c'est un tout un CV que tu me fait là, répondit Justin en souriant. Tu as été reçue à la SSB ? La vache, tu t'entendrais bien avec Ted.

-Ted ?

-Ted est un ami de Pittsburgh, il adore jouer avec les chiffres lui aussi. Il bosse dans la boite de Brian.

-Brian ?

-Ah oui Brian... un voile passa sur le visage de Justin.

-Tu n'es pas obligé de m'en parler...

-Si t'inquiètes ça va, Brian est mon petit ami. Il bosse dans une boite de pub qu'il à monté il y a deux ans et Ted bosse avec lui.

-Bon, dit-elle en voyant que le sujet était assez délicat, je te fais visiter ?

 

Justin apprécia la délicatesse d'Anne. Il n'arrivait pas encore à en parler très librement, cela viendrait avec le temps.

 

-Je te suis, répondit-il avec un sourire. 


Audali09  (15.04.2013 à 12:31)

La cuisine était reliée à la salle a manger qui donnait sur le couloir de l'entrée et au salon qui donnait sur la terrasse. La salle à manger était une grande pièce dans laquelle trônait une grande table autour de laquelle était disposé des chaises. Un vaisselier était disposé au fond de la pièce. Le salon était de taille plus importante et possédait deux grandes baies vitrées qui donnaient sur la terrasse. La pièce était pourvue de tapis, de fauteuils, de poufs et d'un grand canapé d'angle qui rendait l'ensemble chaleureux et accueillant.

Il se dirigèrent ensuite vers la terrasse qui faisait quasiment tout le tour de l'appartement ; de la chambre de Justin à la salle à manger. En tec, une longue rambarde en faisait le tour. Une serre se trouvait à droite de la terrasse.

 

-Daphné m'a dit que tu cherchais un atelier pour travailler ? demanda Anne avec un sourire.

-Oui, répondit Justin en levant un sourcil interrogateur.

-Eh bien j'ai la solution à ton problème, dit-elle en indiquant la serre.

 

Justin leva encore plus les sourcils d'interrogation.

 

-Bon attend que je t'explique, dit-elle en rigolant, cette serra ne me sert à rien et en bonne new-yorkaise qui se respecte je suis nulle pour faire pousser des plantes. Quand on est arrivés ici, mes parents ont fait pousser des plantes mais depuis que je suis à la fac j'ai tout sauf le temps de m'occuper de plantes vertes.

-Tu plaisantes ? Demanda Justin en rigolant.

-Quoi ? Sur les plantes vertes ? Ou sur le fait que je veuille te donner la serre pour t'en servir comme atelier ?

-Tu es vraiment sérieuse ?

-Et pourquoi non ? De toute façon je ne m'en sers pas et ça t'évitera de te ruiner en loyer.
-Attend parce qu'en plus tu ne veux pas me faire payer ?

-On va faire un deal, je ne te demande pas de loyer que ce soit pour l'atelier ou l'appart mais en échange le jour de ta première expo je pourrais choisir une de tes toiles. Ça te va ?

-C'est génial tu veux dire ! Répondit-il en la prenant dans ses bras.

-Bon tu veux visiter ton futur atelier ?

-Oui, répondit-il avec des yeux de gamin à noël.

 

Les pensées mélancoliques qui l'envahissaient depuis la veille se dissipèrent et laissèrent place à ce sentiment qui le gagnait à chaque fois qu'il sentait la création envahir ses pores et son esprit.

 

-Tu pourras installer ça comme tu veux. Les fenêtres du haut peuvent s'ouvrir avec les poignées ici. Mon père avait installé des rideaux à l'époque où on à construit la serre. Me demande pas pourquoi je n'en ai pas la moindre idée, mon père est un peu frappé des fois, je dois tenir ça de lui, termina-t-elle avec un rire.

-Je te remercie vraiment en tout cas, c'est juste génial ! le remercia Justin.

 

Il voyait déjà comment il allait s'installer. L'endroit était vraiment idéal, sans parler du fait qu'il n'avait pas de loyer à payer.

 

-Bon je vais aller me doucher, tu m'as l'air ailleurs, lui dit Anne avec un rire.

-Hein ?
-Oui c'est bien ce que je disais... Étant donné que nous sommes samedi je ne vais pas à la fac. Je connais un magasin spécialisé dans le matériel à dessin dans le quartier parce que vu ta tête il vaut mieux que tu te dépêches à te remettre à peindre. Non sérieux tu fais peur, termina-t-elle avec un clin d’œil.

-Ah, ah... très drôle, dit-il avec un grand sourire.

-Bon je te laisse, à tout à l'heure.

 

Justin, resté seul, commença à bouger les quelques meubles de la pièce. Il plaça une vieille table au centre, remis les étagères debout, déplaça un vieux meuble le long de la serre. Ici, il sentait qu'il pouvait faire du bon travail. Il alla chercher son carnet à croquis et commença à plancher sur ses nouvelles toiles. Une idée en particulier lui était venue et il n'avait qu'une idée c'était de s'y mettre le plus vite possible. Il avait amené une bonne partie de son matériel de Pittsburgh mais il n'avait pu faute de place apporter de toiles à New-York. Il pensait récupérer le reste en retournant à Pittsburgh pour les fêtes dans un mois. Ils revinrent du magasin trois heures plus tard les bras chargés de matériel ; de toiles, de peintures, de crayons, de feuilles blanches de tout format...

 

Le soir même Justin se remettait au travail jusque tard dans la nuit. Il ne s'arrêta que pour aller s'écrouler de fatigue sur son lit. 


Audali09  (16.04.2013 à 00:22)

Brian venait de passer une semaine vraiment merdique. Il tournait en cage au bureau et avait gueulé sur pratiquement tout le monde. Cette semaine personne ne lui avait parlé de peur de s'attirer ses foudres. Seul Ted arrivait à peu près à limiter la casse ; parce qu'il le connaissait depuis plus longtemps que le reste de l'équipe. Brian n'était pas un mauvais patron et tout le monde dans la boite l'appréciait tout comme ses clients qui appréciaient sa franchise légendaire. Mais cette semaine là il n'avait pu s'en empêcher et avait été véritablement exécrable. Il le savait et il n'aimait pas se comporter de la sorte en particulier avec les personnes qui faisaient bien leur bouleau. Le soir lorsqu'il rentrait au Loft c'était encore pire, tout était encore plus sombre, plus silencieux, il se sentait encore plus enfermé dans une cage qui paraissait infranchissable. Il avait écouté et réécouté le message de Justin qu'il lui avait laissé le soir de son arrivée à New-York. Il n'avait pas rappelé. Il ignorait pourquoi et se sentait con et lâche. Il finissait généralement ses soirées un verre à la main totalement défoncé à somnoler sur le canapé du salon. Il n'arrivait plus à dormir dans ce lit immense, tout seul. Ce qui pour lui était véritablement un comble et à la limite du supportable. Il devait faire un break, changer d'air, remettre ses idées au clair. Il se rendit dans le seul endroit qui était encore un terrain neutre : le manoir. Il partit le samedi matin sans prévenir personne et personne ne savait où il partait. Il avait besoin de réfléchir à tout ça au calme dans un endroit où personne ne pouvait venir l'emmerder et surtout dans un lieu où aucune dispute, aucune larme, aucune colère ne s'étaient produites. Il devait faire le point.

 

Lorsqu'il arriva dans l'allée gravillonnée de ce qui aurait du être Britin il sentit le poids sur sa poitrine s'alléger. Il gara la corvette devant l'entrée, sortit ses clés et pénétra dans la grande maison. Tout était silencieux. Une douce odeur de bois ciré, de vieux meuble régnait dans la pièce principale. Il ressentit la même sensation que le premier jour où il avait visité cette splendide demeure : un sentiment de paix intérieure. Jusqu'à présent il ne s'était pratiquement jamais senti en paix. Il y avait toujours un événement, une pensée, quelqu'un pour venir le torturer. Seul Justin réussissait à chasser ses démons et Dieu sait qu'ils pouvaient être nombreux. Mais aujourd'hui il n'était plus là et tout lui revenait en pleine figure comme une chose tapie dans l'ombre qui attendait patiemment le moment où elle pourrait attaquer de nouveau et s'installer au fond de lui. Mais dans ce manoir il se sentait en paix. Il l'avait acheté aussi en partie pour ça.

Il sentait que dans ce lieu il aurait pu construire une nouvelle vie, neuve, saine. Et puis New-York était arrivée et avait tout balayé. Il n'en voulait pas à Justin d'être parti, ce ne pouvait être que bénéfique pour sa carrière sans compter qu'il possédait un sublime talent.

 

En vérité Brian avait peur, peur qu'il ne revienne jamais, qu'il refasse sa vie, qu'il l'oublie et le relègue dans un coin de sa mémoire. Ce n'est jamais simple de s'engager avec quelqu'un mais une fois qu'on est prêt et que l'autre prend une place plus qu'importante dans sa vie c'est difficile, ça fait mal de se dire qu'on pourrait être amené à devoir tourner la page. Brian en était là aujourd'hui.

 

Il l'avait ruminé toute la semaine et dans le calme de cette maison il arriva à le penser haut et fort ; oui il en voulait à Lindsay. Il savait que ce n'était pas véritablement justifié mais elle était partie, Gus également et pour couronner le tout Justin aussi. Pourquoi lui avait-elle montré ce putain d'article ?!

C'est vrai qu'il ne voulait pas que Justin se sacrifie pour eux mais putain de bordel de merde maintenant il était parti et Brian avait peur qu'il ne réapparaisse plus jamais. Cette angoisse le tétanisait, lui coupait le souffle et pouvait le tenir éveillé durant de nombreuses heures.

 

Il avait commencé à comprendre qu'il changeait depuis quelques années déjà mais jusqu'ici il n'arrivait pas à l'accepter ce qui c'était soldé par une nouvelle séparation avec Justin et un pari débile avec Brandon. Il ne se faisait pas confiance et pensait devenir un Jack Kinney bis alors pour ne pas tenter le diable il préférait se cacher derrière cette façade. L'explosion avait tout changé et lui avait fait comprendre mais surtout accepter que le temps passait et qu'il était entrain de passer à côté de choses importantes dans sa vie en particulier Justin et son fils. Il lui avait fallu cinq ans et une bombe pour l'admettre, qu'est ce qu'il avait pu être con... 


Audali09  (16.04.2013 à 17:19)

Cinq ans, il lui avait fallu cinq ans pour admettre tout ça. Finalement c'était un beau gâchis. Et que ce serai-t-il passé s'il n'avait pas compris tout ça ? Il ne préférait même pas savoir.

 

Et maintenant il se trouvait là, tout seul. Qu'est ce qu'il allait bien pouvoir faire de ce manoir ? Sans Justin ça n'avait plus aucun sens. Devait-il le revendre ? Le garder ? Le brûler ?

 

Il se souvenait du jour où il y avait demandé Justin en mariage, ils avaient fait le tour du domaine et Justin évoquait comment il voulait l'aménager, le décorer et finalement y bâtir son foyer. Brian s'en rendait compte aujourd'hui les idées de Justin était pour la plupart les mêmes que les siennes. Lui aussi avait laissé se développer son imagination et certaines choses auxquelles il n'aurait jamais songé voir même parler il y a cinq ans prenait forme et réalité dans son esprit. C'était le rêve de Sunshine mais c'était aussi devenu le sien lorsqu'ils avaient baptisé la maison. Britin... Ce nom résonnait dans sa tête comme un refrain.

Il entra dans le salon où Justin lui avait dit oui, la cuisine, la terrasse et le jardin qu'il contempla à travers la fenêtre. Il monta à l'étage dans la mezzanine, il entra dans la chambre principale, passa devant les portes des quatre autres pièces. Et enfin il monta au dernier étage auquel on accédait par un escalier en vis depuis la mezzanine. Cette pièce avait du servir de grenier, Justin ne lui avait rien dit sur cette pièce mais à son regard il avait immédiatement compris ce qu'il voulait en faire : son atelier. Il est vrai que l'endroit était idéal : grand, spacieux, lumineux et avec quelques travaux parfaitement utilisable pour un atelier. Il redescendit dans la pièce principale. Il se retrouvait avec la moitié d'un rêve qui n'avait plus de sens si Justin n'en faisait pas parti. Ce n'était pas son style de penser de cette façon enfin ce n'était pas son style selon celui que lui donnait les autres. Aujourd'hui il n'avait pas peur d'affirmer : oui il aimait son compagnon profondément, oui il aspirait à la construction d'une famille avec cet homme, oui de l'avoir vu partir était un crève cœur. Il n'avait pas honte, ne se reprochait rien, ne regrettait rien parce que c'était devenu pour lui une évidence.

 

Il sortit sur la vieille terrasse, s'assit et alluma une cigarette. Il ferma les yeux et respira profondément l'air qui l'entourait, sentant chaque brise du vent sur sa peau, chaque bruissement dans les feuilles des arbres du jardin, le craquement noueux des arbres qui bougeaient vieillis par le temps, les gouttes d'eau qui ruisselaient du toit. La vie qui régnait dans ce jardin sonnait comme une symphonie et Brian aimait aussi cette maison pour ça.

 

Il devait prendre une décision. Il décrocha son téléphone et composa le numéro de Justin.

 

-Allô ? Bonjour mon ange...

-Brian ?

 

Il le dit avec une voix qui n'appartenait qu'à lui et qui donna un coup au cœur de Brian. Il était parti depuis une semaine et demi mais il lui semblait que cela faisait une éternité.

 

-Le seul, l'unique, répondit-il de manière ironique. Comment vas tu ?

-Ça va... J'ai commencé à travailler... J'ai trouvé un atelier, en fait Anne à une serre sur sa terrasse et je m'en sers comme atelier... c'est un peu compliqué à expliquer au téléphone, dit-il en émettant un petit rire, en tout cas ça ne me coûte rien...

-Je t'avais dit que tu débrouillerais, tu te débrouille toujours...

-... Et toi le boulot ça se passe bien à Kinnétic ?

-Oui très bien, on arrête pas de bosser, tu sais ce que sais... Je pense demander à Ted de devenir mon associé...

-C'est une super idée, très bon choix. Il sera ravi !

 

L'enthousiasme de Justin avait comme un arrière son de cloche qui sonnait faux. Brian sentit que quelque chose n'allait pas. Ce qu'il ne savait pas c'est que Justin au bout du fil était au bord des larmes mais se mordait la langue pour ne pas craquer.

 

-Justin, qu'est ce qui ce passe ?

-Mais rien, qu'est ce qui te faire dit ça ?

-Tu le sais très bien, ça marche pas avec moi...

-...

-Justin ?

-Tu me manques... finit-il par lâcher.

-Mais non je ne te manques pas, t'es parti que depuis une semaine. Tu dois être un peu peinard au contraire, je suis pas là pour t'emmerder.

-Arrêtes de dire des conneries pareilles, c'est vraiment pas drôle !

 

Il avait presque crié cette dernière phrase. C'était Brian : peur de se dévoiler, façade.

 

-...

-Brian ?

-Mmh ?

-Je crois que j'ai fait une connerie en partant...

-A toi d'arrêter de dire des bêtises maintenant. On savait très bien toi et moi comment ça allait se passer. C'est important New-York pour ton art et ta carrière. Je refuse de vivre avec quelqu'un qui se sacrifie par amour même si cet amour c'est moi.

-Tu l'as déjà dit ça...

-Je sais, c'est pour te le rappeler... Occupe toi de ton art mon ange, pas de moi, je vais très bien. Ce n'est que du temps...

-Ça aussi tu l'as déjà dit...

-Je sais...

 

Un long silence s'en suivit. Chacun écoutant la respiration de l'autre, si proches et pourtant si éloignés.

 

-Mon ange il va falloir que j'y aille...

-Je sais...

-A bientôt...

-Je t'aime Brian...

 

Il raccrocha sans répondre. Il serra le téléphone dans sa main faisant apparaître les jointures de sa main droite. Il voulait lui hurler de revenir, qu'il l'aimait, qu'il lui manquait à lui aussi mais il ne le ferai pas parce que cela aurait été une réaction et une demande égoïstes. Il prit une profonde inspiration et remit le portable dans sa poche. Il rentra dans la maison et fit un dernier tour dans la pièce principale. Il avait choisi : il garderait ce manoir et le retaperait de ses propres mains comme Justin et lui le voulaient. Peu importe le temps que cela lui prendrait, il voulait le faire et le faire seul.

 

Désormais il voulait assumer ses choix de vie, les rendre réels et même si Justin ne devait pas revenir il garderait une trace de lui à travers cette maison. 


Audali09  (17.04.2013 à 00:14)

Pendant ce temps à Pittsburgh la vie suivait son cours, tranquillement, sûrement. La bande n'était plus celle qu'elle était il y a cinq ans les rencontres, les souffrances, les déménagements, les enfants, leurs vies professionnelles et affectives avaient contribué au tournant qu'avait pris leurs existences. Le quartier restait le même et malgré l'attentat qui c'était produit au Babylon la vie et la gaieté avait vite repris le dessus. Seul la politique venait projeter une ombre au tableau : la proposition 14. Ces derniers temps elle n'avait cessée de gagner du terrain et certains états américains l'avait déjà adoptée. Si elle était acceptée en Pennsylvanie c'était le quartier entier de Pittsburgh qui exploserait. Et la communauté n'était pas prête à l'accepter. Ils refusaient de perdre des droits qu'ils avaient mis tant de labeur à obtenir si minces soit-ils.

 

Le liberty Dinner était devenu dans ce quartier le QG anti proposition 14, Debbie en tête de file. Même si l'affaire du Babylon était grave elle refusait d'arrêter le combat pour aller se terrer chez elle. Elle le criait haut et fort à qui voulait bien l'entendre devenant malgré elle leader de l'espoir gay à la manière d'un Harvey Milk.

 

Dans la famille Novotny-Bruckner la vie avait vite pris l'allure de la routine devenant comme Brian l'avait prédit une famille rangée de la banlieue modeste. Cette routine ne déplaisait pas à Michael mais pourtant ses folies d'avant mariage lui manquait en particulier ses soirées avec Brian. Assis sur le canapé du salon il repensait à toutes ces années. Brian lui manquait et il fallait dire que ces derniers temps il ne le voyait pratiquement plus. Il se doutait bien que Justin lui manquait mais merde c'était Brian et Brian n'était pas du genre à s’apitoyer, à déprimer en particulier s'il s'agissait d'un mec. Bien sur il aimait Justin il aurait fallu être aveugle pour ne pas le voir mais son comportement ne lui ressemblait pas. Brian Kinney était indépendant, intelligent, fêtard invétéré, cynique à ses heures perdues et surtout c'était son meilleur ami. Il ne comprenait pas son attitude. Il ruminait tout cela lorsqu'il entendit la porte d'entrée s'ouvrir.

 

-Bonsoir, ça été à la fac ? demanda Michael à Ben.

-Salut ! On peut dire ça, mes étudiants m'ont détruit Shakespeare le pauvre doit se retourner dans sa tombe. Et toi ?

-Ça va, les dernières BD sont arrivées aujourd'hui et j'ai reçu de nouvelles planches pour Rage.

 

C'était désormais la même chose tous les soirs, ils rentraient se racontaient leurs journées, prenaient le dîner et partaient se coucher. Michael ne s'en plaignait pas c'est ce qu'il avait toujours désiré, une maison, une famille, le mariage. Mais curieusement il trouvait qu'il lui manquait quelque chose et il n'arrivait pas a mettre le doigt dessus.

La porte s'ouvrit une seconde fois mais fut refermé avec une violence peu contenue sur un Hunter qui paraissait peu de bonne humeur. Hunter était sans doute la plus grande fierté de Michael et Ben. Il l'avait récupéré dans la rue, accueillit chez eux et il était désormais devenu un brillant étudiant dont l'avenir était empli de promesse. N'arrivant pas à se décider il avait débuté un double cursus universitaire en médecine et sciences politiques. Les deux diplômes demandaient beaucoup de travail et de rigueur et ses parents se demandaient s'il n'en faisait pas trop. Mais jusqu'ici il avait su s'organiser et n'obtenait que d'excellentes notes récoltant du même coup les lauriers de ses enseignants. Mais à voir la tête qu'il faisait ce soir là les choses allait peut être changer.

 

-Hunter ça va ? Demanda Ben.

-Mon prof de sciences sociales m'a saqué ! Répondit-il en balançant son sac de cours dans l'entrée. Ce connard m'a mis un C, soit-disant que j'ai pris trop de liberté avec le sujet. Fais chier... à cause de cet abruti je vais pas avoir mon semestre.

 

Michael et Ben le connaissaient bien et savaient qu'hormis la déception de la note quelque chose d'autre n'allait pas. Une réunion de crise s'imposait.

 

-Hunter assied-toi, lui intima Michael.

-Bon on voit bien que depuis quelques temps quelque chose ne va pas... poursuivit Ben

-Dis nous ce qui ce passe... continua Michael.

-Ben... en fait pour être tout à fait honnête les sciences po ne correspondent pas exactement à ce à quoi je m'attendais.

-Tu veux arrêter ? Demanda Ben.

-C'est pas ce que j'ai dit ! Répliqua-t-il.

-Ce n'est pas un drame si tu arrêtes, poursuivit Michael, tu as choisi deux cursus très difficiles et ce n'est pas une honte d'en préférer un et de vouloir le privilégier, poursuivit Michael.

-J'en sais rien, répondit-il en se levant, j'ai pas très faim ce soir, je vais bosser... termina-t-il en montant dans sa chambre.

 

Ben et Michael se regardèrent avec inquiétude. Ils n'aimaient pas le voir dans cet état. Ils savaient qu'au fil des années les études étaient devenues très importante pour lui, ils se souvenaient parfaitement de l'acharnement avec lequel il avait travaillé au lycée pour réussir ses examens de fin d'années et entrer dans l'université de son choix.

 

Le repas fut silencieux ce soir là. 


Audali09  (17.04.2013 à 19:37)

Ted avait enfin réussi après de nombreuses années à trouver l'amour. Et cet amour là n'était autre que Blake. Ces cinq dernières années ils n'avaient cessés de se rencontrer, de se quitter, de se retrouver. La semaine de ski gay les avait définitivement réunis. Malgré un passé commun lourd ils avaient réussi à le concilier à leur vie de couple désormais stable. Blake travaillait toujours au centre des drogues et Ted à Kinnetic. Brian lui donnait de plus en plus de responsabilités et désormais, le rôle de chef comptable était bien loin. Ted était enchanté de sa nouvelle situation et à dire vrai adorait son boulot. Il n'aurait jamais pensé que la pub puisse être un secteur aussi intéressant. De ce fait les années sombres du crystal paraissaient désormais bien loin. Ils n'habitaient pas encore ensemble mais les choses n'avaient pas besoin d'être précipitées.

 

Dans l'appartement La Traviata de Verdi tournait en boucle dans le lecteur, c'était devenu leur opéra. Blake dans la cuisine préparait le dîner. Ted sur le canapé était entrain de voir le dossier de campagne Brown Athletic's dont la réunion devait avoir lieu dans une semaine. Cette campagne était une des principales de la boite et fournissait le budget annuel. Un verre de vin rouge à la main il constata rapidement que quelque chose n'allait pas avec le budget. Il prit le téléphone et composa le numéro de Brian. Il réessaya plusieurs fois mais n'obtint aucune réponse. Brian répondait toujours lorsque Ted l'appelait car généralement et à une heure pareille il s'agissait de la boite. Ted trouva cela étrange et appela Michael.

 

-Salut Michael ! C'est Ted...oui oui ça va, oui lui aussi...et vous ?...dis moi tu n'aurais pas vu Brian, je n'arrive pas à le contacter...ah bon ?... non je dois lui parler boulot...oui c'est bizarre...d'accord...oui...ok...bonne soirée à vous aussi...

 

-Qu'est ce qui ce passe ? Demanda Blake en soulevant le couvercle de la casserole.
-Je n'arrive pas à joindre Brian et j'ai un problème sur une campagne.

-T'as essayé son fixe ?

-Non, j'y avais pas pensé... il composa le numéro mais une fois de plus il n'obtint aucune réponse. Où est ce qu'il à pu se planquer ? Se demanda Ted pour lui même.

-Tu sais ça doit pas être évident en ce moment pour lui, répondit Blake en s'asseyant à côté de lui et en se servant un verre de vin.

-Pourquoi est ce que tu dit ça ? Demanda Ted en haussant un sourcil.

-Ben Justin est parti pour New-York et ça ne doit pas être évident pour lui...

 

Ted le regarda avec curiosité, comment arrivait-il à comprendre Brian alors qu'il le connaissait si peu ? Décidément cet homme ne cesserait jamais de le surprendre mais c'était aussi pour cela qu'il ne l'en aimait que plus. Il s'approcha de lui et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Blake lui rendit son sourire et reprit sa bouche avec plus de passion lorsque son téléphone se mit à vibrer.

 

-Excuse-moi, dit-il en décrochant.

 

Ted poussa un soupir. Pas moyen d'être tranquille. Il reprit son verre et étendit ses jambes sur la table basse.

 

-Désolé mon cœur va falloir que j'y aille, il y a un problème au centre.

-Quoi ? Mais on devait passer la soirée ensemble, répondit Ted.

-Je suis vraiment désolé, c'est un patient de mon groupe.

-Bon...tu dors là ce soir ?

-Je pense pas, ça risque de durer un moment et demain matin j'ai une réunion très tôt.

-Génial... marmonna Ted.

 

Blake enfila sa veste, l'embrassa furtivement, pris ses clés et sortit. Ted vida son verre et décrocha le téléphone.

 

-Oui Ted ?

-Comment t'as su que c'était moi ?

-Ted Chéri, à cette heure-ci, en milieu de semaine ça ne peut être que toi, répliqua Emmett, laisse moi deviner ton cher mari ne reste pas ce soir ?

-Mouais...

-Bon...le temps d'enfiler un pantalon et j'arrive.

 

Ted raccrocha. De tous ses amis Emmett était son meilleur ami, ils avaient même vécu une histoire ensemble mais qui avait très vite tourné au fiasco. Ted savait que c'était en partie de sa faute mais au final il préférait garder son ami de toujours, sans prise de tête. Emmett arriva un quart d'heure plus tard, une pizza fumante dans les mains.

 

-Emmett tu es génial !

-Je sais mon petit Teddy, répondit-il avec un grand sourire, rien de mieux qu'une bonne dose de graisse et de fromage pour faire passer tous les petits tracas.

-4 fromages?

-Bien sur Bébé !

 

Ils s'affalèrent sur le canapé, prirent chacun une bière et trinquèrent.

 

-Alors, raconte moi tout !

-Y'a rien à raconter il devait repartir au centre et demain matin il à une importante réunion très tôt et du coup il ne pouvait pas rester ce soir.

-Je vois... Est-ce-que tu lui en a parlé ?

-De quoi ?

-D'emménager ensemble bien sur, répondit Emmett en lui donnant une pichenette sur la tête.

-Non.

-Ted Chéri, quand est ce que tu vas lui demander ?

-Je sais pas, on a pas envie de précipiter les choses, avec tout ce qui c'est passé enfin tu sais...

-Ted mon cœur tu ne crois pas qu'il serait temps de passer outre le passé ?

-C'est facile pour toi de dire ça...

 

La réponse de Ted surpris Emmett qui en demeura bouche bée.

 

-Ah oui, pardon, désolé c'est pas ce que je voulais dire...

-Ne t'inquiètes pas j'arrive très bien à encaisser, répondit-il avec un grand sourire, non plus sérieusement tu devrais lui en parler.

-Je sais pas si c'est une bonne idée...

-Ted votre relation n'avancera jamais comme ça...

-En parlant de relation, toi et Calvin s'en est où ?

-Nul part, nous avons rompu, répondit Emmett en prenant une part de pizza.

-Désolé, répondit Ted avant de voir le regard d'Emmett, c'est pas vrai, me dit pas que...

-Quoi ?

-Tu es encore amoureux de Drew !

 

Emmett faillit s'étouffer avec sa bière.

 

-Quoi ? Mais non, répondit-il alors que son visage virait au rouge, c'est de l'histoire ancienne !

-C'est cela monsieur Honeycut ! On me l'a fait pas à moi !

-Mais non !

-Tu es incorrigible mon pauvre Emmett, je te connais suffisamment pour savoir que j'ai raison, répondit Ted.

-C'est bon t'as gagné !

-Emmett...

-Je sais, je sais, je dois l'oublier blablabla...

-C'est à peu près ça oui...

 

Ils poussèrent un soupir en même temps.

-Bon tu veux qu'on en parle ? Demanda Ted à son ami.

 

Son absence de réponse résonna comme un oui. Ils passèrent le reste de la nuit à discuter finissant la pizza et les bières par la même occasion.


Audali09  (18.04.2013 à 16:46)

Justin travaillait sur cette toile depuis maintenant trois semaines. Il y passait le plus clair de son temps. D'autre toiles avaient vu le jour mais il tenait tout particulièrement à celle-ci qui ne ressemblait à aucune autre de ses créations. Le fond assez sombre avec des touches de bleu était terminé donnant un ensemble assez énigmatique. Il se concentrait désormais sur le sujet principal et les détails étaient nombreux. Chaque courbure, chaque ligne, chaque mouvement comptait. Il était tellement concentré sur les détails qu'il en avait mal aux yeux à force de les plisser. Il avait passé sa nuit à travailler dessus, il voulait que ce soit parfait.

Il devait être 6 ou 7H du matin, le soleil pointait à travers les vitres de la serre. Sa main commença à trembler, il ne s'était pas arrêté de la nuit. Merde...

Il s'assit sur le tabouret en face de sa toile et commença à se masser la main.

 

-Mais tu es un malade ma parole, dit Anne en entrant dans la serre les épaules entourées d'un châle blanc.

-Salut... répondit-il d'une voix fatiguée.

-Ça t'arrive de dormir ? Demanda-t-elle avec un sourire.

-La création n'attend pas !

-Seigneur... mais qu'est ce que... c'est magnifique... dit Anne en contemplant la toile inachevée de Justin.

-C'est pas terminé, dit-il en rabattant le drap dessus.

-Toi mon pote t'as besoin de faire un break ! Ça tombe bien ce soir j'ai invité toute la bande pour une petite fête.

-Je sais pas si...

-Non t'as rien à dire, ce soir on fait la fête sinon tu vas nous péter un câble. Maintenant tu vas poser tes pinceaux, aller prendre une douche et me rejoindre dans la cuisine pour un bon brunch, on dirait que t'as pas mangé depuis dix ans, termina-t-elle en éclatant de rire.

 

Le jet d'eau de la douche dénoua la nuque de Justin et apaisa les douleurs de son dos. Anne avait raison à ce rythme il allait calancher. Il savait pourquoi il se jetait autant à corps perdu dans le travail. Lorsqu'il peignait il était sur une autre planète et de ce fait ne pensait plus au fait qu'il n'avait plus de nouvelles de Brian depuis maintenant deux semaines. Il déversait sa frustration avec son pinceau. La douche lui rappelait toujours celles qu'il prenait avec Brian. En fermant les yeux il pouvait presque le voir, sa peau, son odeur, ses mains, l'eau qui ruisselait sur son corps, les gouttes perler sur ses cheveux, sa bouche, ses yeux. Il poussa un soupir et sortit de la douche. Il enfila un pantalon de survêtement, un vieux t-shirt et s'essorait les cheveux avec une serviette lorsqu'il pénétra dans la cuisine.

 

-Ah te voilà, je finissais par me demander si tu ne t'étais pas noyé, dit-elle dans un rire.

-Il y a du café ?

-Toujours, répondit-elle. Maintenant je vais te présenter la bande.

 

Elle sortit son téléphone portable et commença à faire défiler plusieurs photos.

 

-On s'est tous plus ou moins rencontrés à l'époque du lycée et puis à la fac. Voici Lisa et Max. Lisa fait des études de Kiné et Max est tatoueur. Ça c'est Miranda et Stéphane. Ils font des études de physique, chimie et maths. Voilà Anthony et Tony. Anthony bosse comme cuisinier pour un grand resto Italien et Tony fait des études de commerce. Voici Louise et Béatrice. Louise fait des études d'arts vous devriez bien vous entendre et Béatrice fait des études d'archéologie. Et enfin voici Aristide, mon meilleur ami, il fait quand à lui des études de Littérature et de Philosophie.

-Ils ont l'air sympa, ce sont des couples ?

-Ils le sont et oui ils sont en couple, mais je te préviens ce sont tous de gros fêtard ne t'attend pas à vivre une soirée calme, continua-t-elle avec un clin d’œil. Ça me fait penser en parlant de fête qu'est ce que tu fais pour noël ? Demanda-t-elle en prenant sa tasse à café.

-Je vais à Pittsburg, répondit-il alors qu'un immense sourire se peignait sur son visage.

-Hum...je vois, répondit-elle avec un petit sourire.

-Et toi ?

-Je vais en France voir mes parents.

-Tu dois être contente, ça fait combien de temps que tu n'y es pas allé ?

-Depuis Noël dernier.

Il allait répondre lorsque son téléphone se mit à sonner. Il se précipita dessus pensant que c'était Brian.

 

-Oui ?

-Monsieur Justin Taylor ?

-C'est moi.

-Bonjour, John Woodward de la galerie Woodward de Manhattan, nous souhaiterions vous rencontrer pour un entretien.

-Oui...

-Nous avons vu votre article dans ArtForum et nous souhaiterions vivement vous rencontrer pour parler de votre travail.

-Bien sur, quand souhaitez-vous que je vienne ?

-Aujourd'hui serait-il possible ?

-Euh...oui bien sur...

-Parfait Monsieur Taylor, nous vous attendons à la galerie au 133 Eldridge Street sur Manhattan's lower east side, disons vers 15h, cela vous convient ?

-Oui tout à fait, merci beaucoup.

-Merci à vous Monsieur Taylor, à tout à l'heure.

-A tout à l'heure Monsieur Woodward.

 

Il raccrocha les yeux écarquillés, le cœur battant la chamade ne sachant comment exprimer la joie qui l'habitait en cet instant.

 

-Qu'est ce qui ce passe ? Demanda Anne.

-J'ai un entretien cet après midi avec un certain John Woodward à sa galerie, dit-il toujours dans le même état.

-La galerie Woodward ?? La vache...

-Tu connais ?

-Si je connais ?! C'est une des grandes galerie réputée de New-York, Andy Warhol à exposé là-bas, c'est juste énorme ! Répondit-elle avec un grand sourire. Allé pour fêter ça un autre café !

 

Justin rigola et ils trinquèrent à ce rendez-vous. 


Audali09  (20.04.2013 à 00:09)

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