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Série : Queer As Folk
Création : 12.04.2013 à 18h07
Auteur : Audali09
Statut : Terminée
« La fiction débute à la fin de la saison 5 avant que Michael n'emmène Brian danser dans ce qui reste du Babylon. Suite de la saison 5. Des spoils sont possibles sur l'ensemble des cinq saison » Audali09
Cette fanfic compte déjà 155 paragraphes
Mélanie et Lindsay étaient arrivées depuis un an maintenant à Toronto au Canada fuyant un pays qui ne voulait pas d'eux. Mélanie avait toujours été convaincue de ce choix. Bien qu'elles aient du s'adapter et que récemment, elle et Lindsay, avaient eu de grosses dissidences tout avait finit par rentrer dans l'ordre. Elle devait cette réconciliation à Justin.
Justin...la dernière fois qu'ils s'étaient vus Brian était dans le coma et elle lui annonçait ses dernières volontés. En avocate qu'elle était elle avait su conserver un professionnalisme à toute épreuve traitant l'affaire comme tant d'autres. Elle n'avait pas laissé intervenir ses sentiments. Elle savait que Justin en avait grandement souffert mais elle avait respecté la volonté de son client : Brian.
Parfois, en repensant à l'épisode elle ne pouvait ressentir un pincement au cœur mais ne pouvait rien y faire elle avait fait le travail qu'on lui avait commandé point.
En arrivant a Toronto grâce à ces références elle avait rapidement trouvé un travail dans un cabinet d'avocats nommée Abbott Juridique. Elle s'était très vite très bien entendu avec toute l'équipe.
En changeant de pays elles avaient vécu dans la crainte, les premiers mois, de ce que pourrait penser les gens de leur vie de famille. Dans son cabinet toute l'équipe avaient accueilli la nouvelle avec enthousiasme souhaitant immédiatement connaître l'épouse et les enfants. Mélanie avaient été surprise et soulagée.
Lindsay quand à elle s'était faite embauchée dans un lycée privée comme enseignante en arts plastiques. Après le froid avec Mélanie elle avait vu avec plaisir leurs liens se resserrer. Elles avaient beaucoup parlé et avaient mis plusieurs choses à plat concernant les enfants mais aussi leur couple.
Le revirement de situation s'était opéré lors de la pendaison de crémaillère de Brian et Justin. Elle n'avait d'ailleurs jamais su ce qui avait poussé Mélanie à faire le premier pas, elle, d'un caractère si têtu habituellement. En cela elle ressemblait beaucoup à Brian et pas seulement sur ce plan.
Assise sur le canapé du salon Mélanie attendait le retour de Lindsay. Les enfants étaient couchés. Les cheveux encore humide, habillée d'un survêtement elle regardait les informations en buvant un verre de vin.
« La loi qui secoue les États-Unis ces derniers mois ne cesse de soulever les foules dans différents états du pays. La proposition 14 allant à l'encontre des couples de même sexe ne cesse, ces dernières semaines, de créer des tensions parfois très violentes entre pros et antis. Ce projet de loi à déjà été accepté dans plusieurs états tels le Kansas, l'Oklahoma, Le Colorado, le Nevada ou encore le Texas. Le projet en instance de vote en Pennsylvanie, Vermont, Maine et Illinois devrait être accepté ou refusé dans le courant de l'été. De nombreuses manifestations parfois violentes ont été signalées dans plusieurs villes de ces différents états (...) »
-Bonsoir chérie, fit Lindsay en entrant, ah je suis crevée, dit-elle en s'affalant sur le canapé.
-Tu rentres tard, répondit Mélanie en l'embrassant.
-Qu'est ce que tu regardais ?
-Les infos sur la proposition 14...
-Je vois.
-Bon alors qu'est ce qui t'as retenu ? Tes exécrables élèves ?
-Ils sont pas tous horribles...
-Tu parles Charles ! Fit Mélanie en rigolant.
-Si j'ai été retenue c'est parce que je viens d'avoir une proposition d'emploi, fit Lindsay en minaudant.
-Toi aussi ? Répliqua Mélanie.
-Comment ça moi aussi ?
-J'ai eu une proposition moi aussi cette après-midi mais vas-y ; toi d'abord.
-Eh bien la faculté d'arts de Toronto m'a proposé de devenir directrice de leur département d'arts plastiques.
-Quoi ?!
-Oui, leur actuelle directrice prenait sa retraite et je ne sais pas par quel hasard et chance mais on m'a contacté pour un entretien cette après-midi. Et à la fin de ce rendez-vous qui à duré un certain temps on m'a fait une proposition d'emploi.
-C'est génial ! S'exclama Mélanie les yeux écarquillés.
-Je trouve aussi mais toi alors ?
-Mon patron m'a proposé de passer associée, répondit Mélanie avec un air plutôt fier.
-C'est pas vrai ?!! Je trouve que c'est une très bonne journée, fit Lindsay, et je pense qu'on doit fêter ça.
-J'y ai pensé, répliqua Mélanie en prenant la direction de la cuisine.
Elle revint en brandissant une bouteille de champagne.
-Tu penses vraiment à tout, fit Lindsay.
-C'est pour ça que tu m'as épousé.
Lindsay éclata d'un rire cristallin. Elles trinquèrent sans se quitter des yeux.
O0o0o0o0o0
Hunter était en plein examens de fin de premier semestre. En deuxième année de médecine il savait déjà qu'il souhaitait se spécialiser en pédiatrie. Il avait fait un stage d'une semaine au cours de son premier semestre et avait adoré ça.
Il avait été en contact avec une petite fille qui était atteinte d'une leucémie. Cette petite fille s'appelait Maggy. Ils avaient très vite sympathisé tous les deux et devant son enthousiasme le médecin qui était en charge d'Hunter l'avait laissé avec sa collègue sur ce cas. A la minute où il avait rencontré Maggy il avait su qu'il voulait se spécialiser en pédiatrie.
C'était une adorable petite fille de 6 ans toute mince, à la peau blanche, le visage mangé par de grands yeux verts. Elle avait un très grand esprit de créativité et ne cessait de dessiner et d'inventer des histoires entourée de ses peluches préférées. Elle avait quasiment vécu toute sa vie à l'hôpital et sa chambre était devenue sa maison.
Elle avait deux grands frères un de douze ans et un de vingt ans qui étaient quasiment tous les jours à son chevet. Sa mère était tout le temps présente. Leur père était décédé d'une leucémie et sur les trois enfants seule Maggy avait développé le cancer. Elle avait tout de suite aimé Hunter et depuis son stage il passait la voir plusieurs fois par semaine et toujours le week-end essayant de mettre dans le quotidien de cette petite fille un peu de gaieté comme elle en avait mis dans le sien.
Mais pour le moment il était plongé dans ses cours, concentré, les sourcils froncés. Il disparaissait presque derrière les livres. Il était plongé dans ses chapitres de micro-biologie lorsqu'on frappa à la porte.
-Ouais, fit-il sans relever la tête.
-Salut, dit Mickael en passant la tête dans l’entrebâillement, tu travailles encore ?
-Mmh ouais...
-Faut que tu ralentisses peut-être un peu, tu y arriveras pas mieux en te tuant aux révisions.
-Je sais, répondit Hunter en s'étirant et en se frottant les yeux.
-Ça se présente bien ?
-Ça peut aller...
-Mais encore ?
-Je connais tous mes cours par cœur mais j'ai des soucis avec certaines définitions.
-Et tu dit ''ça peut aller'' tu rigoles ?
Hunter éclata de rire.
-T'es bien comme Ben, aussi perfectionniste. Bon, tu veux que je t'aide ?
-Ouais d'accord.
Mickael parcourut les fiches.
-C'est quoi ce charabia ? Même avec l'explication des mots je comprend pas, rétorqua Mickael.
Hunter explosa de rire et allait répondre lorsque son portable se mit à sonner.
-Excuse-moi, dit-il en tentant de reprendre son sérieux. Oui allô ? Oh bonjour Patrick comment vas-tu ? Quoi ?! Fit Hunter en se relevant brusquement.
Il était devenu très pâle. Le changement du jeune homme n'échappa pas à Mickael.
-Qu'est ce qui ce passe ?
-C'est Molly, la petite qui est à l'hôpital que j'ai rencontrée pendant mon stage.
-Oui je sais tu nous en parlé.
-Son cancer à fait une rechute, Patrick avec qui j'ai travaillé vient de me prévenir. Excuse-moi Mickael il faut que j'y aille.
-Appelle moi pour me dire si tout va bien.
-Okay, je sais pas à quelle heure je rentre. Tu pourras prévenir Paps ?, fit Hunter en parlant de Ben.
-Oui ne t'inquiète pas.
-Merci.
Hunter sortit de chez lui et se précipita à l'hôpital. Maggy avait finit par se réveiller, elle paraissait encore plus pâle que d'habitude. Mais pourtant ses yeux brillèrent quand elle vit Hunter entrer dans sa chambre. Elle avait un masque à oxygène sur le visage et à nouveau seuls ses grands yeux verts ressortaient.
-Bonjour Hunty, fit doucement la petite fille.
-Hey Mag, comment tu te sens ?
-Ça va mais maman parle avec les docteurs alors elle peux pas me lire l'histoire. Et j'aime pas lire toute seule.
-Tu veux que je te la lise ?
-Oui, répondit-elle en lui tendant le livre de Peter Pan.
-Ok.
Il vint s'asseoir près d'elle. Elle se cala contre lui en se redressant un peu. Lorsque Hunter sortit plus tard dans la journée il ne se sentait pas bien et s'inquiétait pour la petite. Il sortit son téléphone portable.
-Salut Justin, c'est Hunter.
-Salut Hunter, tu vas bien ?
-Oui ça va, j'aurai besoin de te parler est-ce qu'on pourrait se voir ?
-Oui, je suis au snack là. Tu n'as qu'à passer.
-D'accord je serai là dans cinq minutes.
-Okay à tout de suite.
-A tout de suite.
-Bonjour mon chéri ! Fit Debbie de sa voix tonitruante en le voyant entrer dans le dinner. Mais tu es tout pâle est-ce que ça va ?
-Hum...ouais, je viens voir Justin.
-Salut Hunter, fit ce dernier en s'approchant. Debbie je peux prendre ma pause ?
-Bien sur Sunshine.
Ils s'installèrent à une table et commandèrent un café.
-Alors qu'est ce que je peux faire pour toi ? Si c'est au sujet de Molly je pense qu'elle ne veut pas de mon avis.
Hunter sourit.
-Non c'est pas au sujet de Molly. Il y a quelques mois j'ai fait un stage à l'hôpital de Pittsburgh et j'y ai rencontré une petite fille qui s'appelle Maggy. Elle est atteinte d'une leucémie à un stade plutôt avancé. Cette nuit son cancer à fait une rechute.
-D'accord, mais qu'est ce que j'ai à voir là-dedans ? Fit Justin qui ne comprenait pas très bien où Hunter voulait en venir.
-Les médecins ne sont pas très optimistes et même si j'adore cette gamine je ne le suis pas non plus. Je suis en médecine donc je sais ce qu'il en est. Elle adore dessiner, raconter des histoires et j'ai pensé que tu aurais pu venir avec moi cette semaine en visite pour la rencontrer et passer un peu de temps avec elle. Je sais que c'est un peu bizarre comme demande mais je suis sur que ça lui ferait très plaisir et je...
-Je comprend Hunter et ça me touche beaucoup que tu ai pensé à moi. Je serai ravi de t'accompagner.
-Merci Justin.
-Je t'en prie.
Justin avait rendu visite à Maggy dans l'après-midi trouvant un créneau dans son emploi du temps surchargé. Il devait partir le lendemain pour New-York commencer à installer sa nouvelle exposition.
Flash Back
Il était parti à l'hôpital avec son matériel à dessin, des pinceaux et de la peinture. Lorsqu'il était arrivé à l'hôpital il n'avait pu s'empêcher de penser aux événements des quelques mois auparavant. Il se revoyait dans l'ambulance avec Brian mais les images se mélangeaient avec d'autres qu'il n'arrivait pas à remettre dans leur contexte.
Il secoua la tête et passa les portes coulissantes.
-Bonjour je peux vous aider ?
-Oui je viens voir Maggy Hodge.
-Service pédiatrie 3ème étage chambre 412.
-Merci, bonne journée.
-Merci à vous aussi.
Derrière les fenêtres de la chambre il regardait Hunter et Maggy jouer aux cartes. Il n'avait pas de liens avec la petite fille mais ressentit pourtant une grande émotion. Il ne put s'empêcher de penser à la mère de cette enfant.
-Bonjour, fit une voix féminine près de lui.
Il se retourna et vit une femme rousse avec les mêmes grands yeux verts que Maggy.
-Bonjour, répondit Justin, je suis...
-Justin ? Je sais Hunter m'a parlé de vous. Je suis Agatha la mère de Maggy, dit-elle en lui tendant la main. Je vous remercie de prendre sur votre temps pour venir voir ma fille.
-Je vous en prie.
-Je connais votre travail et je voulais vous dire que j'aime beaucoup ce que vous faites.
-Je vous remercie.
Agatha Hodge lui adressa un sourire.
-Depuis combien de temps elle...enfin depuis combien de temps vous savez que...commença Justin.
-Peu de temps après ses 1 ans. Elle en à six désormais. Les médecins n'était pas très optimistes, il ne pensaient même pas qu'elle tiendrait jusque là.Son père à eu aussi ce cancer. Avant qu'il ne tombe gravement malade nous ne savions pas qu'il avait une leucémie. Il y avait peu de probabilités mais Maggy à développé le cancer.
-Excusez-moi je ne voulais...
-Ne vous en faites pas tout vas bien, répondit-elle avec un sourire, vous savez je me suis très vite faite à l'idée que je n'aurai pas la chance de voir ma fille grandir. Ce n'est la faute de personne et même à ce cancer ou son père je n'en veux pas. Tous les jours je me lève et je profite de ma petite fille comme si c'était le dernier. Je lui envoie tout l'amour que je peux sans penser au reste parce que sa présence et le sourire qu'elle m'adresse chaque matin sont les seules choses qui comptent.C'est la vie.
Justin la regarda avec émotion et intensité comme si un déclic s'était déclenché en lui. De l'autre côté de la vitre la petite fille agitait la main.
-Excusez-moi, fit Agatha, coucou ma chérie ! Comment vas-tu ? Regarde qui est là ! Dit-elle en indiquant Justin.
La petite ravie de la surprise passa son après-midi avec le jeune homme. A la fin de la journée de nombreux s'étalaient un peu partout dans la chambre et la petite Maggy avait retrouvé une magnifique vitalité. Quand à Justin elle lui avait apporté bien plus qu'il ne l'aurait cru : des sourires, des rires, du beau, du magnifique même dans la situation la plus tragique.
Fin du Flash Back
o0o0o0o0o
Brian avait eu une journée plutôt longue avec cette sensation qu'elle ne finirait jamais. Il était onze heures passé et il ne voyait pas le bout de cette route. Britin n'était qu'à 30 minutes de Pittsburgh mais ce soir il avait l'impression d'être sur une autoroute infinie. Une main sur le volant la tête appuyée contre l'autre il n'en finissait plus de bailler.
Il vit arriver les lumières de la grande maison avec soulagement.
-Justin ? Appela-t-il en jetant ses clés sur le petit meuble de l'entrée. Il retira ses chaussures qu'il mit dans le dressing.
Personne ne répondit. Sur la table de la salle à manger se trouvait une flûte à champagne vide et un dessin posé devant. Piqué par la curiosité il s'approcha. Le dessin réalisé au feutre noir dans un style BD représentait un jacuzzi. Sur le bord se trouvait une bouteille de champagne et une autre flûte. Dans l'eau sortait une tête dont on ne voyait que les yeux et deux genoux. Le personnage le regardait l'incitant presque à venir.
Il regarda par la baie vitrée et vit que la terrasse était allumée. Il retira sa veste et sa cravate qu'il posa sur le dossier d'une chaise. Il prit le verre et ouvrit la baie vitrée. Il prit la direction du jacuzzi une main dans la poche.
Justin était dans l'eau, les cheveux humides, les yeux fermés. L'image était terriblement énigmatique, sensuelle la lumière dansant sur son visage.
-T'en as mis du temps, dit doucement Justin en ouvrant les yeux.
-Qu'est ce qu'on fête ? Fit-il en montrant la bouteille sur le bord de l'eau.
-Tu me rejoins ? Fit Justin en se mordant la lèvre.
-Hum, susurra Brian en levant un sourcil.
Il prit tout son temps sous le regard de braise de Justin. Il défit lentement les boutons de la chemise et fit glisser le tissu sur sa peau. Il déboucla sa ceinture et tomba pantalon et boxer. Justin ne put s'empêcher de le regarder, il le trouvait juste splendide ainsi. Il rejoignit Justin dans l'eau chaude et bouillante. Il se détendit à son contact.
Sentant son regard posé sur lui Brian lui sourit de façon énigmatique, d'un de ses sourires en coin.
-Alors...on fête quoi ?
-Eh bien, commença Justin en remplissant les deux coupes du liquide doré pétillant, on fête cette maison, toi, moi, nous, Kinnetic, ma nouvelle expo, termina-t-il en se rapprochant de lui.
-Tout un programme...
Justin acquiesça. Il s'approcha de lui doucement en lui tendant son verre. Ils burent en silence sans se quitter des yeux. Brian vit une nouvelle lueur briller dans le regard de Justin sans savoir quelle explication lui donner.
-Alors, fit-il en posant son verre, quel est le thème de ton nouveau travail ?
-Tu connais la légende de Pandore ?
-Racontes-moi...
-Zeus créa la toute première femme : Pandore. Tout les Dieux se mirent à la tâche pour créer la créature la plus parfaite et belle qu’il soit, commença Justin en se rapprochant de Brian.
Ce dernier ne le quittait pas des yeux.
-Héphaïstos la sculpta dans de l’argile, Athéna lui donna la vie et l’habileté, Aphrodite lui légua la beauté, Héra la curiosité et la jalousie, Hermès le mensonge et la persuasion et enfin Apollon le talent musical. Ainsi créée, Zeus donna à Pandore une mystérieuse boîte qu’elle devait protéger mais en aucun cas l’ouvrir, poursuivit Justin en se rapprochant de plus en plus.
-Puis il offrit cette merveilleuse jeune femme à Épiméthée qui l’épousa, continua Justin. Quelques temps plus tard, Pandore fut piquée par la curiosité à tel point qu’elle ouvrit la boite interdite. Ce fut le geste fatal par excellence puisque de cette boîte s’échappèrent la maladie, la vieillesse, la guerre, la folie, le vice, la famine, la misère, la tromperie, la passion et l’espérance. Paniquée Pandore tenta de refermer la boîte tant bien que mal mais il était trop tard, tout les maux de l’humanité s’abattirent sur les hommes sauf un, fit Justin en s'asseyant sur Brian entourant son cou de ses bras.
-Lequel ? Demanda Brian en glissant sa main le long de son dos.
-L'espérance. Seule l’espérance resta au fond de cette boite, répondit Justin en l'embrassant.
-Quel rapport avec ton expo ? Demanda-t-il entre deux baisers.
-C'est son titre et un indice sur ce qu'on pourra y voir, fit-il en reposant ses lèvres sur les siennes.
-Hum...ah oui ?...
Justin glissa ses mains sur sa nuque entortillant ses doigts dans ses cheveux bruns. Il approfondit le baiser, mangeant sa bouche, ses lèvres contre les siennes, dans une violente et tendre danse.
Les doigts de Brian parcourait sa colonne, frôlant ses hanches, faisant le contour de ses cuisses. Les bulles bouillonnantes s'étaient arrêtées mais ils n'avait même pas fait attention. En parfaite symbiose l'un avec l'autre, le reste avait totalement disparu. Ils étaient seuls dans leur bulle.
Tout était devenu silence autour d'eux comme si le temps s'était arrêté les laissant seuls. Justin se perdait sur sa bouche. Son corps était collé au sien une fine paroi d'eau les séparant. D'un mouvement de hanches il fusionna avec son amant. L'eau ondulait légèrement à sa surface. Offrant ombres et lumières à la nuit.
Il plongea son regard dans le sien se perdant dans les paillettes de ses yeux bruns. Il se sentait fondre, électrisé de toutes parts, consumé. Il devenait électrochoc. Ses doigts se mêlèrent aux siens les serrant de plus en plus fort.
Il accéléra le rythme, il tremblait, perdait notion de temps, d'espace, électrisé de la pointe des pieds à la racine de ses cheveux. Il rejeta la tête en arrière sentant la morsure de ses lèvres contre sa gorge.
Il serra ses doigts au bord de l'extase, totalement perdu, retenu à la vie seulement par ce souffle qu'il sentait contre lui. Il se mordit la lèvre, la sueur perlant, glissant le long de son dos. Il resserra son étreinte autour de ses reins collant son ventre au sien. Cette odeur sucrée, épicée, qui n'appartenait qu'à lui le rendait dingue. Il le voyait au dessus de lui dans toute sa magnificence mystérieuse, ses yeux bleus assombris sous le désir le transperçait de part en part.
Son cœur cognait dans sa poitrine comme au ralenti lui faisant exploser les sens dans les tempes. Il aurait pu mourir à cet instant rien n'aurait changé il avait désormais tout ce qu'il voulait. Il glissa la main le long de sa nuque reprenant ses lèvres dans lesquelles il ne cessait de se perdre et sans lesquelles plus rien n'aurait de saveur.
Juste ce regard, cette explosion, cette sensation, cette peau contre la sienne, cette électricité, cette fusion comment avait-il fait ? Rien ne valait plus que lui, ses mains, ce regard, ce regard... Cette façon qu'il avait de poser les yeux sur lui, ce regard...les yeux mi-clos, ce léger sourire qui n'appartenait qu'à lui, son front contre le sien, juste ces deux yeux...totalement sous emprise...Justin...
o0o0o0o0o0o0
Il se leva sans faire de bruit, s'habilla rapidement essayant de ne pas réveiller Brian. Il termina son sac et prit son pot de crème pour sa main sur la table de nuit.
-Qu'est ce que tu fous ? murmura une voix ensommeillé depuis la couette, il est 6h du matin.
-Je pars à New-York, j'ai pas envie d'arriver trop tard j'ai une tonne de boulot, répondit Justin en s'asseyant au bord du lit.
Brian le tira par le t-shirt le faisant tomber sur les draps.
-Tu veux pas partir à un autre moment...
-Je suis désolé Brian, murmura Justin, j'ai vraiment du travail...
-Hmpf.....
Justin posa ses lèvres sur les siennes.
-On est samedi Brian tu peux te rendormir... t'es même pas réveillé...
-Non je dors pas, soupira-t-il en refermant les yeux.
-Ouais c'est ça, chuchota Justin en souriant.
Il frotta son nez contre le sien et l'embrassa doucement.
-Je t'aime...
Il entendit un très faible murmure entre deux soupirs mais il avait bien entendu ''moi aussi''.
Il sortit de la chambre sur la pointe des pieds en refermant la porte silencieusement. Il descendit les marches, se fit couler un café dans son travel mug, enfila sa veste, pris ses clés, ses sacs et quitta la maison. Il eut un sourire en sortant.
Il monta en voiture mis le contact et démarra dans l'allée gravillonnée. Il mis un cd dans l'autoradio et pris la direction de New-York. Au premier étage de Britin Brian s'était rendormi un bras sous l'oreiller, le visage enfoui dans le tissu.
Justin arriva à New-York vers midi. Le trafic à l'entrée de la ville avait été dense. Arrivé au Village il vit l'appartement d'Anne qui l'avait accueillit pendant un an avec plaisir. Il n'y était pas revenu depuis plusieurs mois, avant que Brian ne tombe malade. Il allait pouvoir se remettre au travail, se plonger dans son art et oublier ces derniers mois d'horreur où il avait cru perdre Brian.
Il déchargea ses sacs et monta à l'appartement.
-Anne ? … Anne ?
Personne ne répondit. Il laissa ses valises dans sa chambre. Et redescendit à sa voiture décharger le matériel qu'il avait amené. Il mit une heure à tout décharger. Il retourna à la serre qui lui servait d'atelier lorsqu'il était à New-York. Tout son travail était sous de grands draps blancs. Il ne put s'empêcher de sourire, il se retrouvait enfin, dans son univers.
Il téléphona à la galerie pour savoir si John et Joe étaient présent. Il grignota, pris son projet et pris la direction de Woodward Gallery.
-Justin ! L'interpella John en le voyant entrer.
-Salut John, répondit-il en lui donnant une solide poignée de main.
-Comment vas-tu ? Fit-il en le fixant.
-Ça va John merci.
-Et Brian ?
-Tout va bien maintenant.
-A la bonne heure ! Bon, sache que ton nouveau vernissage est très attendu. J'ai envoyé les invits et j'ai déjà beaucoup de magazines qui veulent en savoir plus. Le Times Magazine et le Art in America veulent faire un papier sur toi et ton travail.
Justin ne répondit rien surpris.
-Oui je sais c'est dingue. Mais ce n'est pas plus dingue que lorsque tu t'es fait connaître par l'article dans Art Forum. Alors qu'est ce que tu en dit ?
-Eh ben, waouh...je sais pas trop...il faut donner une réponse quand ?
-Assez rapidement.
-Je veux bien mais il va falloir attendre après le vernissage parce que je vais avoir trop de taf là...
-Il vaudrait mieux que tu fasses les interviews avant le vernissage parce que ça amènerai plus de monde et puis ce sont des grands magazines alors je sais pas s'ils auront la patience d'attendre.
-D'accord...mais le soucis c'est que je ne veux pas qu'on voit mon travail avant l'ouverture.
-On les préviendra tu parleras d'autre chose et tu resteras évasif sur Pandore ok ? Dit John. Ses mots sonnaient comme une supplique.
Justin rit.
-C'est bon John vas-y.
-Yes ! Super Justin !
-Il faudra que je te vois à un moment donné aussi.
-Oui ?
-Je voudrais te parler de Londres, répondit Justin en souriant.
-Okay. Je te laisse avec Joe.
-Merci John à plus tard.
-A plus tard.
Justin monta au deuxième étage dans la plus grande salle d'expo de la galerie ''le Cube''.
-Salut Joe, fit-il en entrant.
-Salut. Alors John m'a laissé entendre que tu allais avoir besoin de moi et que je ne devais me soucier que de toi jusqu'au 1er mars...
Justin éclata de rire.
-Ouais c'est un peu ça, répondit-il en se passant la main dans les cheveux, désolé.
-C'est bon, ça me fait plaisir, j'aime bien bosser avec toi.
-Avant toute chose sache que tu vas être le seul jusqu'au 1er mars à voir mon travail personne n'est au courant de ce que je veux faire, personne ne sait rien. Donc je te serai reconnaissant de ne pas en parler autour de toi même si John ou Elisabeth te cuisine s'il te plait ne dit rien.
-Pas de problèmes.
-Super, ensuite l'accès au Cube doit être fermé jusqu'au 1er, personne ne doit y venir.
-Ok.
-Sur un plan plus technique voilà le topo.
Justin sortit son projet schématisé sur de grandes feuilles blanches A3. Il les posa sur la table. Il laissa Joe regarder.
-D'accord je comprend pourquoi tu ne veux pas de fuites. Pffouuu, siffla-t-il, si on arrive à le faire je pense que tu vas tous les foutre sur le cul.
Justin éclata de rire.
-C'est l'idée, dit-il avec un clin d'oeil. Joe lui sourit.
Justin allait commencer le briefing lorsque son portable se mit à sonner.
-Excuse-moi, fit-il en direction du technicien.
-Pas de problèmes, répondit-il en se replongeant dans les croquis.
-Allô ?
-Comment va New-York ?
-Salut Brian, répondit Justin un sourire jusqu'aux oreilles.
-Bien arrivé ?
-Ouais, j'y suis depuis à peu près une heure. Je suis à la galerie.
-Tu n'as pas perdu de temps.
-Tu sais comment je suis, répondit Justin en rigolant. T'es toujours à la maison ?
-Non, je suis à l'agence j'ai deux nouvelles campagnes qui viennent d'arriver.
-C'est le week-end, tu fais jamais de pause ?
-Et toi ?
-Certes... force quand même pas trop Brian...
-Justin commence pas.
-S'il te plait...
-Je sais Justin, c'est bon. Je vais bien.
-Hum...
-Alors le boulot ? Repris Brian en changeant de sujet.
-Ça va, je vais m'y mettre dès aujourd'hui. J'ai un paquet de trucs à faire et j'ai que un mois ça va être juste.
-Je suis sur que tu vas y arriver.
-J'ai aussi deux magazines qui veulent m'interviewer ce qui fait que je vais encore perdre du temps.
-C'est bien non ?
-Oui sans doute.
-Arrête de stresser Sunshine, tu y arriveras, tu te débrouilles toujours.
-Je sais pas si je vais pouvoir monter à Pitts avant le 1er..., fit Justin avec une petite voix.
-C'est pas grave...
-Mais je veux pas faire passer mon travail avant toi !
-Hey mon ange on se détend ! T'inquiètes pas d'accord ? Occupe toi de ton boulot et moi je gère le reste.
-Hum...
-D'accord ?
-Oui.
-Bien, j'aime mieux ça.
Justin ria.
-Je vais y aller Sunshine.
-Ok. Ça passe vite un mois...
-Voilà. Bon courage pour le boulot.
-Merci toi aussi.
-Hey mon ange ?
-Oui ?
-Je t'aime.
Justin frissonna en fermant les yeux quelques secondes.
-Moi aussi je t'aime Brian.
Ils raccrochèrent en même temps. Brian ne s’épanchait jamais mais il savait toujours dire les choses quand il fallait et c'était une autre de ses particularités que Justin aimait plus que tout. Il se tourna vers Joe souriant les yeux brillants.
-Au boulot, fit-il dans sa direction.
Ils passèrent l'après-midi à organiser leur plan de travail.
-La grille tu la veux où ? Demanda Joe.
-Au centre mais si ça pouvait prendre tout l'espace ce serait pas mal.
-Ok je vais sortir la deuxième alors. En projo ?
-Tout le tour de la salle et il me faudrait des leds à intégrer dans le sol.
-Ok. Je pense qu'il va falloir surélever un peu l'ensemble. La colonne d'eau là, en indiquant le schéma, tu veux la mettre au centre.
-Ouais.
-Donc il faut surélever un peu la structure mais je pense qu'avec ton ensemble au sol ça se verra pas et avec le jeu de lumière non plus de toute façon.
-Tu sais où je peux me procurer les miroirs ?
-Ouais j'ai une adresse.
-Ok.
-Bon pour la mise en place ça va prendre du temps et un mois ça va vraiment être short mais j'aime bien les défis, fit Joe avec un clin d'oeil. On commencera par l'installation des grilles et des miroirs, à deux ça ira plus vite. Ensuite ce qui va prendre du temps c'est la colonne et le luminaire au sol mais on va arriver. Je te conseille de venir travailler au Cube pour l'installation technique mais aussi pour le reste.
-John voudra bien ?
-Ouais, tu n'es pas le premier tu sais.
-Je me doute, fit Justin en rigolant.
-Ensuite pour ces éléments et ceux là, poursuivit Joe en indiquant le plan, je sais où on peut en trouver. Par chance John m'a laissé le camion pour le mois. T'es gâté, il doit vraiment compter sur toi.
-Hum...fit Justin en devenant un peu pâle.
-Okay on va s'y mettre. On va aller chercher les grilles à l'atelier et après les miroirs.
-Je te suis.
Il passèrent les deux heures suivantes à installer les grilles au plafond du cube. Joe lui raconta des anecdotes sur la galerie et Justin lui parla de son travail. Ils partirent ensuite chercher les miroirs dans un étrange quartier de Manhattan. Justin avait l'impression d'avoir changé de pays. Dans ce quartier tout était un fouillis d'objets, de population, de nourriture, d'odeurs, d'antiquaires, de livres... Le coin lui plut beaucoup.
Il choisit plusieurs glaces de différentes tailles, reflets, formes. Ils durent repartir avec une cinquantaine de miroirs qu'ils chargèrent dans le camion de la galerie. Ils ne cessèrent de discuter toute l'après-midi. Il parlèrent beaucoup d'art mais aussi de sujets plus banals.
Justin appris ainsi que Joe était tagueur en plus de son travail de technicien à la galerie. Ce point intéressa beaucoup Justin qui pensa qu'il pourrait utiliser ce talent pour un travail futur. Il n'eut pas le temps d'évoquer la question car ils arrivaient à la galerie.
Une fois de plus ils déchargèrent. John les croisa dans le couloir et haussa un sourcil mais ne fit aucune remarque quand à leur chargement.
Ils passèrent la fin de la journée à disposer, visser, coller les miroirs, sortir les projecteurs, voir le matériel dont il disposait encore pour la suite de l'installation. Ils finirent à 21h.
Assis en tailleur, essoufflé, les joues rouges, en nage au milieu de la salle Justin regardait le début de son travail prendre forme bien qu'il était encore très loin du résultat final mais au moins pour le moment il n'y avait pas eu de problèmes.
-Une bière ? Fit Joe en lui tendant la petite bouteille verte.
-Merci, répondit Justin.
Ils avaient sués sans et eau pour tout faire dans la journée. Joe s'assit près de lui. Ils trinquèrent.
-Pas mal pour un premier jour.
Justin acquiesça.
-Demain c'est dimanche. On ira chercher les pièces que tu veux et dont je t'ai parlé, à la capitainerie j'ai un pote. Tu peux me laisser ton croquis général ?
-Ouais.
-On se rejoint ici vers 15-16h ça te va ?
-Ouais. J'amènerai du matos.
-Okay.
La journée avait totalement vidé Justin qui n'avait qu'une hâte aller se coucher.
-Je vais y aller, fit-il en se levant, ouch la terre est basse...
Joe ria.
-Okay je vais fermer et je vais couvrir les fenêtres t'inquiète.
-Merci, à demain Joe.
-A demain Justin.
Ce dernier rejoignit l'appartement tel un automate. Ses pieds le guidait son cerveau s'étant éteint. L'appartement était toujours vide. Il retira ses chaussures tel un zombie. Il prit la direction de sa chambre et s'étala sur son lit sans prendre le temps de se déshabiller. Les bras sous l'oreiller il s'endormit presque instantanément.
Anne arriva une heure plus tard en robe de soirée. Elle vit ses chaussures dans l'entrée et sut qu'il était arrivé à New-York. Elle se dirigea vers sa chambre et le vit endormit en travers du lit la tête enfouie dans l'oreiller. Elle sourit. Elle prit une couverture dans le coffre au bout du lit et le recouvrit. Elle éteignit la lampe de chevet et referma la porte. Justin n'avait pas bougé.
Toute la bande était occupée par son travail, sa vie qui leur prenait tout leur temps. Brian voyait les campagnes s'accumuler mais épaulé par Ted le tandem formait une équipe de choc dont la réputation prenait une ampleur de plus en plus conséquente. Emmett avait lui aussi de plus en plus de demandes voyant les beaux jours arriver.
Quand à Drew il était en pleine saison et n'avait guère le temps, à son mécontentement, passer trop de jours à Pittsburgh. Blake avait de plus en plus de responsabilités au centre de désintoxication. Repéré par ses supérieurs il montait peu à peu les échelons sans cesser d'aimer ce qu'il faisait, reconstruisant sa vie un peu plus chaque jours.
Le magasin de BD de Mickael marchait aussi très bien et il planchait sur le nouveau Rage que les fans attendaient avec impatience. Il préparait également le salon de la BD. Ben toujours enseignant s'attaquait au récit d'un nouveau roman sans encore trop savoir quel sujet aborder.
Daphnée en pleins préparatifs d'examens pour sa maîtrise voyait son avenir se tracer devant elle en prenant une tournure qu'elle avait parfaitement planifié. Depuis sa découverte de la bague elle n'avait rien dit et Arthur semblait prendre son temps.
Mollie était elle plongée dans ses examens de première année et angoissait beaucoup à ce sujet. Elle se disait parfois qu'elle aurait aimé que son frère soit encore à la maison tout étant fière du parcours qu'il menait personnellement et professionnellement. Hunter poursuivait ses études de manière plus que sérieuse tout en combinant sa relation naissante avec la sœur de Justin.
Debbie quand à elle ne changeait pas, travaillant toujours au snack défendant la communauté LGBT avec ferveur et patriotisme. Carl grâce à l'affaire Stockwell était monté en grade. La situation politique actuelle lui donnait du fil à retordre et il planchait toujours sur l'attentat au Babylon qui ne donnait pas suite ce qui avait le don de le mettre en rage.
Mélanie passée associée à son cabinet juridique forgeait peu à peu le respect et l'admiration de ses collègues. Lindsay avait repris avec angoisse le département d'art de la faculté de Toronto et se plaisait de plus en plus dans ce domaine travaillant avec de brillants étudiants et de nombreux artistes.
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Justin était arrivé à New-York depuis trois semaines et il passait la quasi totalité de son temps à la Woodward Gallery n'ayant plus de temps pour le reste. Il n'avait pas vu Brian ces derniers jours et commençait à en souffrir. Tous les deux très occupés chacun de leur côté il n'avait pu prendre le temps de se parler vraiment ou de sauter dans un avion.
Justin avait beaucoup avancé ces dernières semaines travaillant d'arrache pied sur son nouveau travail. Joe passait beaucoup de temps avec lui l'aidant sur un plan technique. Il avait ramené son matériel au Cube et travaillait systématiquement sur place. Avec le secret de son futur vernissage il intriguait tous ses collègues et plus particulièrement John et Elisabeth qui n'avait pas été mis dans la confidence et dont l'accès au cube avait été interdit.
Justin se dépensait sang et eau tout à son projet car il le savait l'impact de ce vernissage serait, ou non, son passeport pour l'Europe. Physiquement il s'épuisait et sa main commençait à en pâtir mais sans y faire attention il continuait coûte que coûte ; jours, nuits, matins, soirs, après-midis.
Ce nouveau projet l'avait véritablement enthousiasmé mais lui permit aussi de faire le deuil des derniers événements. S'épuisant à la tâche il purifiait corps et esprit repartant d'arrache pied dans la vie. Désormais il voulait vivre les choses à fond, à chaque minute, chaque moment, chaque seconde. Et l'avenir se dessinait sous les traits de l'Europe Londonienne.
Mais avant toute chose il se devait de réussir. La dernière personne qu'il avait envie de décevoir c'était Brian. Il se mettait une pression non seulement pour les personnes qui viendrait le voir mais surtout pour Brian.
Malgré tout avec ce nouveau travail qu'il avait nommé Pandore de vieux souvenirs remontaient à la surface, l'angoissant sans qu'il puisse mettre un nom dessus.
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Écouteurs dans les oreilles il était entrain de peindre face aux grandes baies vitrées de la salle d'exposition. Il posa son pinceau, s'étira, éteignit son baladeur et sortit sur la terrasse. Là il s'assit à même les lattes de bois appuyé contre la rambarde. Il étendit ses jambes et alluma une cigarette.
Il était satisfait de l'allure que prenait son travail et avait désormais hâte de se retrouver à l'exposition. Une semaine, il ne lui restait qu'une semaine et il y avait encore beaucoup à faire.
Il avait été interviewé en début de semaine par l'Art in America et le New York Time Magazine. Les articles devaient paraître peu de temps après le vernissage ce qui lui avait ajouté une pression supplémentaire.
Il ferma les yeux et souffla, il avait besoin de décompresser. Mais alors que ces yeux se fermaient son programme défilait dans sa tête.
« Installer l'éclairage... finir la dizaine de toile... aller voir John et Elisabeth... ce soir dîner avec Max et Lisa...appeler Brian...prendre des nouvelles de maman, mollie et daph...reprendre les planches sur Rage...voir pour les dernières invit...voir pour la campagne Wild Gizz avec Brian...et........... »
La sonnerie de son portable lui fit ouvrir les yeux. Il avait du s'assoupir. Il avait beaucoup de mal à dormir depuis son arrivée à New-York. Il était dans une telle fatigue qu'il s'endormait n'importe où, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Il sortit le téléphone de sa poche et sourit en voyant le numéro.
-Hey New-York !
-Salut Brian !
-Comment va mon sonny boy ?
Justin s'apaisa en l'espace de quelques secondes, c'était bon de l'entendre.
-Ça va, répondit ce dernier. Il mentait mais il ne voulait pas l'inquiéter sachant qu'il avait lui aussi du boulot par dessus la tête. Et toi ?
-Ça va, c'est le bronx à l'agence mais on fait avec, répondit Brian avec ironie.
Justin sourit.
-Et toi Sunshine à la galerie ?
-Ça avance, je suis aussi surbookée. J'ai eu les interview en début de semaine.
-Ça c'est bien passé ?
-Je pense, les articles doivent sortir après la présentation.
-Je suis sur que ça va être démentiel.
-J'espère, répondit Justin d'une petite voix. Brian lui manquait vraiment. Il s'était tellement mis de pression qu'il commençait à craquer. Il prit une longue inspiration et tenta de se maîtriser.
-Justin ?
-Oui ?
-Est-ce que ça va ?
-Oui pourquoi tu me demandes ça ? Menteur...ne put-il s'empêcher de penser.
-Justin ! Je te connais qu'est ce qui ce passe ?!
-Mais rien je t'assure. Je suis juste fatigué, répliqua Justin. Il n'avait jamais su lui mentir mais par téléphone s'était plus simple sachant qu'il ne le voyait pas.
-C'est ça...allé crache le morceau ou je te jure que je m'amène pour te tirer les verres du nez.
Justin rit.
-Je te promet que ça va. Ne viens pas, on va se voir dans une semaine. J'ai encore plein de trucs à faire.
-Hum...
-Je te jure c'est bon, faut juste que j'aille dormir.
-Comment va ta main ?
-Pourquoi tu me parle de ça ?
-Répond-moi.
-Elle va très bien merci, répondit Justin un peu durement. Il détestait aborder ce sujet. Brian il va falloir que j'y aille j'ai du travail et je dois dîner avec Max et Lisa ce soir.
-Mouais...
-Je te dit que c'est bon !
-J'ai entendu ! Passe leur le bonjour de ma part. Bonne soirée mon ange.
-Toi aussi. Je t'appelle plus tard.
-Ouais.
Justin raccrocha le cœur battant. A des centaines de kilomètres Brian coupa également la communication sceptique, les sourcils froncés ; quelque chose n'allait pas.
Justin toujours appuyé contre la rambarde, serrait le téléphone dans sa main. Il détestait lui mentir mais il ne voulait pas l'inquiéter et surtout il ne voulait pas passer pour le pauvre Justin fatigué en mal d'amour. Il devait réussir, peu importe comment et ne pas se laisser abattre au premier obstacle.
Il se releva et rentra dans la galerie. Il s'arrêtait pour aujourd'hui, de toute façon à cette heure il ne serait plus bon à rien.
Il rangea son matériel, éteignit la salle, ferma la porte à clé et descendit dans la rue. Il se mit au volant de sa voiture et pris la direction de l'appartement d'Anne. En entrant dans l'immeuble une violente migraine lui enserrait les tempes.
Il prit l’ascenseur et vit le palier du douzième avec soulagement. Il n'avait qu'une envie : s'écrouler sur son lit pour dormir.
-Salut Justin, fit Anne depuis la cuisine.
-Salut Any, fit-il en l'embrassant.
-T'as une mine affreuse...
-Merci.
-C'était pas une critique.
-Je sais. Je vais aller dormir, tu me réveilleras un peu avant 20 heures ?
-Pas de soucis.
-Merci, à toute.
-A toute.
Elle le regarda traîner des pieds jusqu'à sa chambre. Il était temps que le soir du vernissage approche il était dans un piteux état et elle s'inquiétait pour son ami.
Justin referma la porte avec un mouvement qui sembla durer une éternité. Il quitta ses baskets, fit glisser son jean et retira son t-shirt. Il s'écroula sur le matelas, s'enroula dans la couette et ne tarda pas à sombrer dans les bras de Morphée.
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Il courait dans le noir. Pas d'issues. Il ne voyait pas d'issues. Il le sentait derrière lui, il le sentait se rapprocher. Il entendait ce bruit sourd qui résonnait dans sa tête et dans l'espace autour de lui. Un bruit de bois sourd percuté. Il fallait qu'il sorte de là. Tout était noir. Ses pas étaient lourd, il avait la sensation de ne pas avancer. Il sentait quelque chose de poisseux et froid couler le long de sa nuque.
-Justin !
Il voulait répondre mais sa bouche était comme scellée, aucun son n'en sortait. Tout était noir. Il le sentait se rapprocher.
-Justin !
Il voulait hurler, mais rien ne sortait. Il étouffait, il allait mourir. Il voulait de la lumière, du son. Il étouffait. Une chaleur âpre lui enserrait la gorge. Il courrait, il courrait. Une issue ! UNE ISSUE ! Il fallait qu'il sorte !
-Justin !!
Il se réveilla en sursaut, un cri sortant de sa gorge. Des larmes le long des joues, en sueur, entortillé dans la couette. Il essaya de reprendre ses esprits tentant de savoir où il se trouvait. Il vit Anne près de lui qui le regardait avec inquiétude. Il sentit sa main sur son bras. Il le retira brusquement. Il ne supportait pas qu'on le touche quand il faisait ses cauchemars.
Le tumulte de son cœur commençait à accélérer. Sentant une crise d'asthme venir il prit son inhalateur sur la table de nuit et inspira longuement. Calmé il se tourna vers sa colocataire qui ne disait rien.
-Excuse-moi, fit-il d'une voix rauque.
-Tu vas bien ? Je t'ai entendu gémir, et puis tu t'es mis à crier et à pleurer. Je voulais te réveiller mais c'était comme si tu ne voulais pas, fit-elle.
-C'est rien, répondit-il en se pinçant l'arête du nez.
-Justin...commença-t-elle.
-Il est qu'elle heure? Demanda-t-il voulant à tout prix changer de sujet.
-19h45.
-Ok, répondit-il en se levant. Tu peux me faire un café ?
-Oui bien sur.
-Merci Any.
Il sortit de la chambre et pris la direction de la salle de bain. Anne se mordit la lèvre et sortit à son tour. Elle alla à la cuisine finir de préparer le dîner.
Justin appuyé sur le lavabo de la salle de bain se regardait dans le miroir. Il avait les traits tirés. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait ces cauchemars. A dire vrai il n'avait pas cessé depuis qu'il était arrivé à New-York pour sa nouvelle expo à croire que Pandore faisait ressortir le passé. Il n'avait plus fait ses cauchemars depuis près de quatre ans et ne comprenait pas pourquoi tout refaisait surface maintenant.
Il poussa un soupir, retira son boxer et entra dans la cabine de douche. Il ouvrit les robinets et resta plusieurs minutes sous le jet sans bouger. L'eau coulait sur son visage, son corps et commençait à apaiser son angoisse. Il resta un bon quart d'heure sous la douche. Il sortit et noua une serviette autour de ses hanches. Il se rasa, se sécha les cheveux et retourna dans sa chambre pour s'habiller.
Il repoussait mentalement les images qui l'assaillait depuis qu'il était réveillé. Il ne pouvait pas y penser, pas maintenant, pas tout seul.
Il mit un jean sombre et un t-shirt bleu clair. Il prit sa crème pour la main, s'assit au bout du lit et se massa distraitement la main en pensant à autre chose. Il se remémorait ce qu'il avait vu dans son rêve essayant d'y trouver un sens. Il prit son carnet à croquis et griffonna les quelques images qui lui revenait en mémoire.
-Justin ?
-Hum ? Fit-il en relevant la tête.
-Lisa et Max sont là.
-J'arrive.
-D'accord.
Il se leva referma son carnet qui avait pris des teintes sombres, se recoiffa devant la glace et pris la direction de la cuisine.
-Salut Michel-Ange ! Fit le couple.
Lisa radieuse portait une chemise rose pâle qui recouvrait son ventre maintenant totalement arrondi. Elle avait laissé pousser ses cheveux qui encadraient son visage souriant. Justin s'approcha d'eux et les embrassa.
-Tu es magnifique, fit-il à l'attention de son amie.
-Merci, répondit-elle en rougissant.
Il ne serait que tous les quatre ce soir là ce qui était plutôt rare avec la bande new-yorkaise. Anne avait opté pour un apéritif dînatoire au salon simple et léger. Il passaient une soirée tranquille entre amis.
-Alors, commença Justin, garçon ou fille ?
-Un petit gars, répondit Max souriant.
-Des idées de prénoms ? Demanda Justin en buvant son verre de vin.
-On va l'appeler Enzo, répondit Lisa.
-C'est original, fit Anne en revenant de la cuisine, c'est de quelle origine ?
-C'est Max qui en a eu l'idée. Des restes de son voyage en Nouvelle Zélande, répondit-elle avec un clin d'oeil.
-Il arrive dans 15 jours, repris Max avec sérieux.
Justin rit. Cette soirée lui fit du bien et le détendit calmant pendant un temps le tumulte de ses pensées.
-Justin ? Commença Lisa.
-Oui? Fit-il.
-Max et moi on voulait te demander quelque chose à toi et Brian. On aurait aimé que vous soyez ensemble pour vous en parler, mais comme on est pas à l'abri qu'Enzo arrive en avance.
-Et donc ? Fit Justin en reprenant une gorgée de vin.
-Et donc Lisa et moi aimerions, repris Max, que toi et Brian soyez ses parrains.
Justin suspendit son geste.
-Quoi ? Fit-il surpris.
-On aimerait que toi et Brian soyez ses parrains, insista Lisa souriante.
-Euh...waouh...je sais pas quoi vous dire, bégaya Justin plus que surpris par la demande.
-Dis oui, fit Max avec un sourire en coin.
-Euh...je...comment dire..., tenta de reprendre Justin ce qui déclencha l'hilarité de ses amis, pourquoi nous ? Enfin je veux dire, on ne se connaît pas depuis si longtemps que ça et vous connaissez à peine Brian. Vous devriez choisir des personnes de votre famille ou des amis de la bande enfin je veux dire...
-Non Justin on aimerait que ce soit vous, repris Max.
-Mais enfin pourquoi nous ? Insista Justin.
-Je vais te répondre Justin, répliqua Lisa, lorsqu'on vous à vu à votre mariage je ne saurai comment t'expliquer mais on à su que ça devait être vous. Il y a une telle harmonie, tellement d'amour entre vous, je te l'ai dit je ne sais pas comment t'expliquer. Enfin bref tout ça pour dire, que nous en avons discuté avec Max après et nous étions d'accord. S'il devait nous arriver quelque chose on voulait que ce soit vous qui preniez soin d'Enzo. Je sais que notre demande est assez incongrue, nous le savons Justin néanmoins Max et moi nous faisons confiance et nous savons que nous faisons le bon choix.
-Mais si vous deviez refuser Lisa et moi comprendrions, termina Max.
-Euh...je sais pas quoi vous dire...il faut que j'en parle à Brian d'abord.
-Bien sur, répondirent-ils.
-Vous pourrez en discuter avec lui la semaine prochaine, au vernissage ?
-Je sais pas si on y sera mais sinon oui bien sur, répondirent-ils.
-D'accord, j'en discuterai avec lui et je vous tiendrais au courant.
-Merci Justin.
Il leur sourit. Ils passèrent le reste de la soirée à discuter dans une bonne ambiance. Ils se quittèrent vers 23h30. Justin avait passé une bonne soirée malgré la surprenante demande de ses amis. Il en était flatté mais n'était pas sur que Brian accepterait. Il était fatigué. Il passa à la salle de bain et retourna dans sa chambre. Il se déshabilla, éteignit la lumière et se glissa sous la couette.
Il prit son téléphone et appela son homme.
-Allô ?
-Je te réveille ? Fit Justin.
-Non j'étais entrain de travailler sur la campagne Wild Gizz, répondit Brian à l'autre bout. Qu'est ce qui ce passe ?
-Euh...déjà je voulais m'excuser pour tout à l'heure, j'étais fatigué et je...
-Laisse tomber Justin, c'est bon. Tu voulais me dire autre chose ?
-Ben en fait oui...
Justin lui raconta sa conversation avec Max et Lisa. Brian était de plus en plus surpris à chaque mot.
-Brian ? T'es toujours là ?
-Ouais, ouais. J'ai besoin d'y réfléchir.
-Je comprend, c'est ce que je leur ai dit. Je dois t'avouer que ça m'a surpris quand ils m'ont demandé. Je vais y réfléchir aussi.
-Hum...
-Brian ?
-Oui ?
-J'ai hâte d'être la semaine prochaine, murmura-t-il.
Brian sourit à l'autre bout du fil.
-Brian ?
-Moi aussi mon ange.
-Je vais raccrocher je suis fatigué.
-Ok.
-Te prends pas trop la tête pour la demande de Max et Lisa on en discutera la semaine prochaine.
-Hum...
-Bonne nuit. Je t'aime Brian.
-Moi aussi sonny boy, bonne nuit, fit-il d'une voix inhabituellement douce.
Ils raccrochèrent en même temps. Justin s'enfouit un peu plus sous les draps, ferma les yeux et ne tarda pas à s'endormir. A Pittsburgh, au loft, Brian étendit ses jambes sur le canapé et se replongea dans sa campagne publicitaire.
Brian avait vu passer la semaine à une vitesse affolante. La campagne pour les boissons énergisantes Wild Gizz prenait peu à peu forme. Mais cette semaine apporta aussi son lot de bonnes surprises.
L'enseigne internationalement connue, Nike, avait contacté Kinnetic pour sa campagne de pub new-yorkaise pour homme. La grande entreprise voulait tester les compétences de cette agence en pleine émergence et dont on ne faisait que parler dans la grande pomme.
Pour Brian la nouvelle l'avait plus que ravi mais était aussi un véritable défi. Il avait réussi avec Brown Athletic's mais Nike était une autre paire de manche.
La campagne allait couvrir cinq sports : le football, le base-ball, le basket, le hockey et la boxe. Si le délégué Nike de New-York était satisfait il faisait remonter le projet au siège social à Beaverton et la franchise pourrait entreprendre un contrat à durée indéterminée avec l'agence de Brian.
Beaucoup de travail en perspective mais un gros contrat à la clé attendait donc tous les Kinnetictiens de Pittsburgh. Il raccrocha son téléphone grisé par la nouvelle.
-Cynthia ?
-Oui Brian ?
-Réunion générale !
-Maintenant ?
-Maintenant !
-Ok patron je préviens tout le monde et on te rejoins en salle de réunion.
Dix minutes plus tard il entrait dans la salle de réunion devant tous ses employés. Ils étaient tous stressés de cette réunion soudaine. Ils ne savaient pas à quoi s'attendre de la part de leur sulfureux patron.
-Bonjour à tous, commença Brian. Si je vous ai convoqué en réunion c'est pour vous faire part d'un nouveau contrat.
Les employés s’entre regardèrent.
-J'ai eu ce matin au téléphone Monsieur Parron délégué de l'enseigne Nike à New-York.
Un murmure de surprise s'éleva dans la salle.
-Voilà le nouveau contrat : Nike nous engage pour cinq mois pour lui proposer un projet de campagne de pub pour homme pour le mois de juillet.
Des sourires se formaient peu à peu sur le visage des employés de Kinnetic.
-Vous emballez pas trop vite. D'abord on en est où avec I-Tik et Brown Athletic's ?
-Léo Brown est d'accord avec notre projet on peut lancer la promo. Quand à I-Tik ils ont accepté le dossier, répondit Ted.
-Eh ben c'est pas trop tôt ! Rétorqua Brian. Okay, bon Théodore avec ton équipe je veux un diagnostic de l'entreprise Nike à New-York avec un diagnostic de leur com. Je veux tout savoir sur la succursale de New-York. Je veux que vous m'établissiez un budget et un public à cibler selon les critères de Nike.
Dans la salle on entendait plus que les stylos gratter sur le papier, chacun la tête penché sur leur feuilles.
-Yann, avec ton équipe je veux un plan média combinant un plan support. Vous me sortez un calendrier de diffusion. En créa commencez à travailler sur les planches et voyez avec Yann pour la copie de stratégie marketing. Tim je veux que tu me trouves des modèles pour les sports en hockey, basket, base-ball et boxe. Enfin, la com je veux que vous me sortiez un plan de diffusion de la campagne et un plan prévisionnel des résultats avec les audiences, l'analyse des impacts... Concernant cette campagne tout passe par moi ! Dès que le travail aura avancé je veux que vous veniez me faire un rapport. Vous ne parlez pas de ce boulot en dehors de la boite ! Ce contrat peut-être une énorme réussite comme un échec, on peut risquer notre tête dans cette histoire. Je ne veux rien voir foirer, c'est clair ?!
Tout le monde acquiesça.
-Parfait, tout le monde au boulot ! Je veux tout ça dans quinze jours ! Alors on se bouge ! S'écria Brian.
Personne ne demanda son reste et chacun fuit vers son poste. Ted s'approcha de Brian.
-Oui Théodore ?
-Nike hein ?
-Oui ?
-Rien, félicitations.
-Quand je voudrais que tu me complimentes Théodore je te le demanderais, rétorqua Brian.
-Oui, bien sur, répondit Ted en s'éloignant avec un sourire.
Tout le monde avait quitté la salle et Brian se sachant seul il ne put s'empêcher d'effectuer un cri de guerre silencieux.
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Anne rentrait chez elle, l'esprit préoccupé par la conversation qu'elle venait d'avoir avec Aristide.
« En fait Any, je...euh...je suis amoureux de toi... »
En repensant à ces dernières paroles elle lâcha ses clés dans l'entrée. Elle soupira, se baissa et les ramassa. Elle retira ses chaussures et sa veste et pris la direction de la cuisine. Elle devait se préparer pour le vernissage de Justin qui avait lieu le soir même.
Elle faisait bouillir de l'eau lorsqu'elle remarqua deux pieds qui dépassait du canapé. Elle regarda l'horloge en fronçant les sourcils.
Elle alla au salon et vit Justin couché sur le côté, les bras croisés, endormi profondément sur le canapé. Anne reconnaissait bien là son colocataire et ami qui en toutes circonstances s'endormait.
-Justin ! Justin !!
-Hum...grommela-t-il en ouvrant légèrement les yeux, qu'est ce qui y'a Any ?
-Tu as vu l'heure ?
-Quoi ? Marmonna-t-il.
-L'heure ! Tu as vu l'heure ?
Il se redressa et regarda la pendule de la cuisine qui indiquait...
-19h?! Merde !! lâcha-t-il. Son expo commençait à 20h.
Il se releva précipitamment.
-Hey Michel-Ange !
-Oui ? Fit-il en se retournant.
-Tu vas tout déchirer, je te dis merde !
-A tout à l'heure Any, fit-il en lui envoyant un clin d'oeil.
-A toute !
Il prit une douche rapide, prépara un sac avec ses habits de la soirée, pris sa voiture et se rendit rapidement à la galerie.
-Justin ! L'interpella John alors qu'il entrait dans la galerie.
-Désolé John je me suis endormi.
-Endormi ? Il s'est endormi !
-Je monte m'habiller et j'arrive.
-Dépêche !
-Oui John !
-T'es encore là !
-Oui, fit Justin souriant.
Il monta les marches rapidement. Arrivé dans la pièce il changea de vêtements. Il enfila un jean noir et une chemise bleue nuit qui rehaussait la couleur de ses cheveux et de ses yeux. Il la laissa entrouverte, enfila ses bottines noires, disciplina ses mèches blondes, mis du parfum masculin et redescendit à la salle d'exposition.
John et Elisabeth l'attendait devant la porte, trépignant visiblement d'impatience. Justin les regarda avec un sourire.
-Vous allez bien ? Leur demanda-t-il souriant.
-Allé te fais pas prier, répliqua Elisabeth, fais nous voir ! Ça fait un mois qu'on attend !
Justin ne put s'empêcher de rire. Il se dirigea vers les deux portes et les ouvrit. Il les laissa entrer et les suivit. John et Elisabeth furent véritablement renversés par ce qu'ils voyaient.
-Nom de...commença John
-Dieu ! Termina Elisabeth.
Ils se trouvaient devant une monumentale installation qui prenait toute la salle du sol au plafond.
Les quatre murs de la pièce étaient couverts de miroirs de tailles, de formes différentes. Lorsqu'on s'y regardait le reflet ne cessait de changer.
Au centre de la pièce un enchevêtrement de corde, de bois, de bois flotté, de grillage, de jonc formaient un tronc d'arbre s'étendant en racines au sol et en branches au plafond. Entre les racines une multitude d'éclats de verre étaient éparpillés au sol éclairés par de petites leds blanches. A l'intérieur du tronc d'arbre se trouvait une colonne d'eau qui diffusait une lumière de couleur bleue glace.
Au pied de l'arbre était encastré une chaise en bois et paille. Les branches de l'arbre s'étendaient le long de la grille sur toute la surface du plafond avec le même type de matériaux que pour le tronc. Des tableaux de tailles différentes étaient suspendus aux branches évoquant des sujets uniques et divers. Entre les branches se trouvait une grande fenêtre brisé avec son encadrement. Une multitude d'objets étaient encastrés un peu partout dans l'installation.
Des spots diffusaient une lumière dans des tons ocres, verts, dorés, argent, or. Une ambiance curieuse, hors du temps, mystique se diffusait dans toute la salle. John et Elisabeth étaient totalement transportés, ailleurs, ils n'étaient plus dans leur galerie à New-York.
Justin les regardait les bras croisés, angoissé, attendant leurs réactions. Les sourcils froncés il se rongeait l'ongle du pouce.
John finit par se tourner vers lui.
-Je dois dire Justin, que tu es allé au-delà de mes espérances. Je t'avais conseillé d'innover pour t'implanter sur la scène artistique mais là je dois dire que tu as plus que relevé ce défi.
-C'est bon ? C'est vrai ? Fit Justin.
-Si tous les critiques d'art ne se mettent pas à tes pieds en voyant cette merveille, je veux dire, en voyant Pandore alors je change de métier.
Justin éclata de rire un peu détendu par l'engouement de ses patrons.
-C'est magnifique, fit Elisabeth en le regardant.
-Merci, répondit-il.
Ils continuèrent de discuter en attendant les premiers invités.
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Le vernissage battait son plein lorsque Brian arriva à la galerie. Il tendit son carton à l'entrée et monta à la salle d'exposition.
Lorsqu'il pénétra dans la galerie appelé le Cube il avait l'impression d'avoir changé de monde. Il fut submergé par une foule d'émotion. Il reconnut immédiatement le style de Justin certainement parce qu'il connaissait et vivait auprès de l'artiste depuis plus de cinq ans. Cette nouvelle œuvre était véritablement différente de tout ce qu'il avait pu voir auparavant des productions de Justin mais il y reconnaissait pourtant sa patte, sa sensibilité à fleur de peau.
L'arbre au centre renfermant une colonne d'eau en verre était magnifique, envoûtant. Des toiles étaient suspendues depuis le plafond. Il vit deux mains enlacées portant alliances. Des toiles étaient plus sombres que d'autres. Un tableau était recouvert de peinture noire et un tracé plat rouge le traversait. Là, il reconnut l'allusion aux récents événements qui l'avait touché personnellement.
D'autres tableaux représentaient des amis, de la famille, Britin. Trois toiles l'intriguère une représentait un mouvement très vif avec un main floue, une autre semblait représenter l'intérieur d'une ambulance dans des tons blancs et grès enfin la dernière représentait dans un chaos sombre une silhouette entrain de courir de dos.
L'installation représentait tout un univers mais dévoilait aussi des fragments très personnels de la vie de l'artiste. L’œuvre était très belle, mystique, d'un autre temps mais soulevait aussi des émotions intenses, violentes, de la souffrance mêlé de mélancolie.
Brian était subjugué par ce qu'il voyait, véritablement impressionné par le talent de son compagnon. Il resta une bonne demi heure à observer, tourner autour de Pandore. Il baissa les yeux et chercha son ange blond des yeux. Il ne se trouvait pas dans la salle mais il finit par l'apercevoir sur la terrasse à l'extérieur, accoudé à la rambarde.
-Qu'est ce que tu fais tout seul dans les petits coins sombres ? Susurra-t-il près de son oreille en entourant son torse de ses bras.
Justin posa sa main sur les siennes. Il se tourna vers lui avec un sourire indescriptible qui fit frissonner Brian.
-Je t'attendais, murmura Justin faisant soulever un sourcil d'interrogation à son partenaire.
Justin enroula ses bras autour de sa taille et prit ses lèvres. Brian le prit par la nuque le bloquant contre la rambarde approfondissant le baiser. Brian s'écarta et le regarda en replaçant, comme à son habitude, une mèche derrière son oreille.
Justin n'avait pas besoin de demander ce qu'il faisait. Il savait que Brian avait compris qu'il lui avait menti sur son moral et son état.
Ce dernier le regardait sans rien dire, il vit de la fatigue sur son visage et dans ses yeux. Il décela autre chose qui l'inquiéta mais ce n'était ni le lieu, ni le moment pour en parler.
-Alors ? Finit par demander Justin en indiquant Pandore.
-Ça change de ton travail habituel, répondit Brian.
-Ah...fit Justin avec une petite moue.
Il s'était mis une telle pression qu'il s'attendait à un peu plus de la part de son compagnon.
-C'est magnifique, murmura Brian près de son oreille qui avait bien vu son changement d'expression.
Justin releva les yeux vers son partenaire et y vit une foule d'émotions le traverser. A cet instant il sut qu'il avait réussi et la fierté que ressentait la personne face à lui était tout ce qui comptait. C'était toujours ainsi entre eux, il n'y avait pas besoin de parler, les regards et le langage de leurs corps suffisaient à ce qu'ils se comprennent en un instant.
Enlacés il rentrèrent dans la salle d'exposition. Justin commença à lui parler de son travail lorsque la bande de Pittsburgh et de New-York quasiment au complet firent leur entrée.
Ils fondèrent sur l'artiste et Brian.
-C'est magnifique...
-Superbe...
-Quel talent...
-Waouh...
-Fabuleux...
-Jésus Christ Sunshine...
Ils parlaient tous en même temps déclenchant les rires de Justin. Du coin de l’œil Brian l'observait : il avait réussi à réaliser son rêve malgré les obstacles et il était fier de son travail et de cette personne qu'il était devenu.
-Salut Bri, fit Lindsay en s'approchant.
-Salut, répondit-il en souriant.
-Je dois dire que c'est une vraie réussite, dit-elle.
Il acquiesça en buvant une gorgée de son verre.
-Il a vraiment beaucoup de talent. Je l'avais su dès qu'il m'avait montré ses dessins la première fois mais je trouve qu'il à acquis une telle maturité, une telle sensibilité dans son travail que s'en est époustouflant.
Une fois de plus Brian acquiesça.
-Mél et les enfants ne sont pas avec toi ?
-Non, elle devait travailler et moi je ne peux rester que ce soir alors les enfants sont restés à Toronto.
-Hum...
-Je me demandais, commença Lindsay, Mél et moi aimerions vous inviter toi et Justin dans une semaine pendant les vacances. On à pensé vous laisser Gus à Pitts pour la durée des congés scolaires. Vous viendrez le chercher à Toronto. Qu'est ce que tu en dit ?
Interloqué Brian se tourna vers elle comme s'il avait mal entendu. Depuis quand Lindsay et Mélanie lui faisait confiance pour lui confier son fils aussi longtemps ? Il fronça les sourcils c'était peut-être une blague, de certes mauvais goût.
-Alors ? Insista-t-elle voyant que son ami ne répondait pas.
-Il dit oui, bien sur, fit Justin souriant en se rapprochant d'eux. Aurais-tu perdu ta langue Brian ?
Ce dernier se tourna vers lui qui le regardait en souriant, ses yeux disaient : tu n'es pas un salop, tu n'es pas Jack Kinney alors bien sur qu'on te confie ton fils.
-D'accord Lindsay. Tu seras dispo Sunshine dans une semaine pour aller voir nos goudous de mamans ?
-Bien sur, répondit Justin en souriant.
La soirée continua et Justin fut très vite accaparé par des journalistes et des critiques d'art qui voulaient absolument rencontrer la nouvelle coqueluche de la scène artistique New-Yorkaise.
-Bonsoir Brian.
-Bonsoir Lisa, bonsoir Max, constata Brian en se retournant. C'est pour bientôt Lisa à ce que je vois ?
-Oui, répondit-elle en souriant. Comment vas-tu ?
-Très bien et vous ?
-Ça va.
-Alors garçon ou fille ?
-Garçon. On va l'appeler Enzo, répondit Max. Comment va ton agence ?
-Ça marche très bien, fit Brian, et toi à ton salon ?
-Ça va, y'a du boulot et ça marche très bien aussi, répondit-il souriant.
En parlant ils s'étaient détachés du reste du groupe et évoluaient autour du travail de Justin.
-Justin m'a parlé de votre demande, commença Brian.
Max et Lisa s'entre regardèrent croisant intérieurement les doigts.
-Pourquoi moi ?
-Je l'ai expliqué à Justin, commença Lisa, lorsqu'on vous à vu à votre mariage on avait jamais vu tant d'amour entre deux personnes. On avait la sensation que vous vous compreniez en un seul regard. Que vous étiez tous les deux liés par une harmonie indescriptible, que vous aviez une telle confiance, une telle foi entre vous deux. On sentait à la fois entre vous une fragilité et une force incroyables. Et en vous regardant on à su que vous devriez être les parrains d'Enzo, inutile de dire que lorsqu'on vous à vu avec ton fils cela ne nous à que conforté dans notre idée.
Brian surpris souleva un sourcil. Comment cette jeune femme étrangère à leur relation avait su si bien la définir ?
-Alors voilà pourquoi nous souhaiterions que toi et Justin soyez les parrains d'Enzo. J'espère que je répond à ta question, dit-elle.
-Oui, tu y réponds.
-Alors ? Demanda Max trépignant.
-Alors je vais à mon tour répondre à votre question et vous dire oui, répondit Brian sérieux malgré son petit sourire en coin. Il appréciait de plus en plus le couple qu'il trouvait sincère, honnête, gentil.
-Oh merci Brian, fit Lisa en le prenant dans ses bras.
Brian rit, un peu gêné par la situation mais il n'allait pas pousser le vice à repousser une femme enceinte. Max se contenta, voyant son expression, de lui serrer la main malgré un sourire placardé sur le visage.
-Alors tu nous vire hétéro ?
Brian se tourna vers Daphnée souriante alors que le couple s'éloignait.
-Daphnée... Daph... attention à ce que tu dit, fit-il avec des yeux rieurs, n'emploie pas des mots qui fâchent.
La meilleure amie de Justin éclata de rire.
-Dis donc Brian tu es très beau ce soir, je te baiserai bien.
-Quand tu veux chérie !
Ils éclatèrent de rire et se redirigèrent vers le groupe bras dessus bras dessous. Plus Brian connaissait Daphnée plus il appréciait la jeune femme qui ressemblait sous bien des aspects à Justin mais qui avait sa propre force de caractère qui ne lui déplaisait pas. Il avait toujours pensé qu'elle était pour quelque chose dans de nombreux retournements dans sa relation avec Justin.
-Qu'est ce qui vous fais rire tous les deux ? Fit Justin en s'approchant.
-On s'apprêtait à partir pour s'envoyer en l'air, répondit finement Brian.
Daphnée rit de plus belle en lui donnant une bourrade à l'épaule. Lorsque Justin les voyaient s'entendre si bien tous les deux il ne pouvait s'empêcher d'être heureux.
-Oh je vois...
-Y reste de la place Sunshine si ça t'intéresse, fit Brian en le fixant des yeux intensément.
Justin rit. La soirée continuait dans la bonne humeur. Justin se détendait peu à peu voyant que le vernissage était une réussite. Il discutait avec Brian, Max et Lisa lorsqu'il vit ce dernier virer de couleur, ses yeux devenant noir. Il suivit son regard et constata la présence de la personne qui énervait Brian.
Il s'approcha de lui.
-Brian ? Murmura-t-il.
-Hum...
-Brian ! Insista Justin.
Ce dernier finit par reporter son regard sur son partenaire.
-Quoi ?
-Tu t'en fous de lui, c'est clair ? Je l'ai pas invité !
-Je sais, répondit-il en fronçant les sourcils, mais qu'est ce qu'il fous là putain ?!
-J'en sais rien, laisse tomber ok ?
Il sentit contre lui le corps de son homme se tendre.
-Laisse tomber Brian...
Ce dernier essaya de se calmer non sans éprouver une colère sourde l'envahir en voyant Ethan Gold se pointer aux vernissages de son Sunshine. Voyant que la tension était palpable, Justin quitta Brian et se dirigea vers le violoniste. Brian devait étouffer sa colère pour éviter de lui sauter à la gorge. Voyant la situation Daphnée arriva à la rescousse et discuta tentant de lui changer les idées.
Brian savait que Justin n'avait pas le choix et qu'il devait lui parler pour éviter l'esclandre au milieu de la galerie et de tous ces journalistes mais il ne pouvait s'empêcher de détester ce Paganini Junior qui l'insupportait plus que de raison.
Il quitta Daphnée et se dirigea vers eux.
-Brian ! L'interpella-t-elle.
Il arriva près d'eux et entoura Justin, de dos, de ses bras. Il pris sa main droite qu'il sentait en tension dans la sienne. Ethan le voyant arriver changea d'expression visiblement vert de rage.
-Oh Paganini Junior, qu'est ce que tu fous là ? T'as pas école demain ? Fit Brian sarcastique un grand sourire sur les lèvres. Il se délectait de l'expression de son adversaire.
-Très drôle Brian et toi t'as pas un mec à baiser ?
Brian fulminait mais n'en laissait rien paraître. Il sentit les doigts de Justin se resserrer autour des siens il n'était visiblement pas le seul à s'énerver.
-Non, répondit-il, j'ai le meilleur plus besoin de chercher. Toi par contre tu dois bien te faire chier, répliqua-t-il avec un grand sourire. Tu nous excuseras la star de la soirée c'est pas toi, on y va Sunshine ? Termina Brian en l'entraînant avec lui.
Ethan fulminait, soufflé par un type pareil. Comment Justin pouvait...
-C'était juste magnifique, parfait, s'écria Justin. Tu sais que je t'aime ?
-Oui il paraît, répliqua Brian en souriant.
Justin éclata de rire se serrant un peu plus contre lui.
Ethan les vit s'éloigner enlacés, riant. Il quitta le vernissage énervé, touché dans son orgueil.
La soirée se termina vers minuit. John et Elisabeth félicitèrent à nouveau Justin pour son travail. Tout le monde se quitta promettant de se revoir vite. Enfin seuls, Brian et Justin quittèrent la galerie. Ils montèrent dans la voiture. Brian indiqua l'adresse de l'appartement à son chauffeur. Ce dernier remonta la vitre séparant l'avant de l'arrière.
Justin se tourna vers Brian. Il avait attendu ça pendant un mois. Il prit ses lèvres avec passion sentant la vie se ré-insuffler en lui. Brian glissa ses mains sous la chemise qui fit frissonner Justin. La route jusqu'à l'appartement n'était pas longue et plus la destination approchait plus l'impatience du désir les gagnait.
La voiture s'arrêta au pied de l'immeuble. Ils remercièrent le chauffeur et descendirent rapidement. Dans l’ascenseur les préliminaires avaient déjà commencé. Justin le bras autour de son cou était pendu à ses lèvres les doigts entortillés dans les mèches brunes. Brian les mains sous sa chemise entourait sa taille de ses bras.
Arrivés au douzième étage ils sortirent de l'ascenseur à reculons. Justin cherchait ses clés. Il s'y reprit a plusieurs fois avant que la porte d'entrée ne cède enfin. Il fit glisser la veste noire de Brian de ses épaules et l'entraîna avec lui vers sa chambre.
Arrivé dans la pièce il le plaqua contre la porte d'entrée. Leur désir devenait de plus en plus impétueux. Les corps se touchaient, les mains se frôlaient, les respirations se mêlaient. Justin se serrait contre lui emboîtant son corps, sa peau à la sienne. Rien n'était meilleur que ces bras autour de lui, ses lèvres sur les siennes.
Il fit glisser au-dessus de sa tête le pull fin gris tandis que Brian déboutonnait sa chemise sans le quitter des yeux. Il entraîna Justin vers le lit en le tenant par la ceinture. Il roula sur lui emprisonnant ses jambes dans les siennes.
Il perdit sa bouche sur sa gorge remontant le long de sa mâchoire. Justin s'approcha de son jean mais Brian le retint emprisonnant ses poignets dans une main. Ce soir il allait s'occuper de son ange blond jusqu'à la dernière seconde.
La main qui emprisonnait ses poignets se perdit dans les paumes enlaçant ses doigts aux siens. Ses lèvres embrassait son visage, ses paupières, la commissure de sa bouche. Il lâcha ses mains et descendit le long de son torse contournant les boutons de chair rose. Il descendit lentement le long de ses abdominaux effleurant de ses lèvres la peau brûlante de désir de son partenaire.
Justin se mordit la lèvre. Arrivé à sa taille Brian défit lentement le bouton de son pantalon et fit glisser le tissu raide le long de ses hanches. Il se redressa, retirant ses jambes du jean. Justin le regardait le surplomber en tension, frissonnant. Il le regardait avec ce regard indescriptible, sourire en coin. Brian refondit sur lui parcourant son ventre, son aine de sa bouche. Le blond se cambra sous la caresse ses doigts agrippant les mèches brunes.
Brian releva le visage vers Justin avec un sourire. Ce dernier lui lançait un regard de supplique, les prunelles assombries, les lèvres gonflées par les sensations qui parcouraient son corps.
-Patience Sunshine... susurra-t-il. Il se délectait de l'effet qu'il produisait.
Il fit glisser son propre jean de ses hanches. Toujours au-dessus de lui, Brian le retourna avec autorité. Justin sur le ventre, s'appuya sur ses coudes. Il ne tiendrait pas longtemps à ce rythme et Brian avait visiblement envie de prendre son temps avec lui.
Il ferma les yeux lorsqu'il sentit ses lèvres venir lui dévorer la nuque. Il sentait ses mains sur son corps, à la fois partout et nulle part. Il allait le rendre dingue.
Brian descendit, de la pointe de sa langue, le long de sa nuque, de sa colonne, au creux de ses reins. Justin serra convulsivement l'oreiller entre ses mains, la bouche entre-ouverte. Il savait y faire. Brian poursuivit l'exploration de son dos à l'aide de sa bouche et de ses mains. Il perdait ses doigts dans les mèches blondes. Il enroula son bras autour de sa taille et glissa une jambe entre les siennes.
Lorsqu'il le sentit Justin se voûta la tête entre ses mains non sans réprimer un gémissement. Il prit appui sur ses mains pour se redresser sentant tout le corps de Brian contre lui, en lui, sa chaleur, sa douceur. Brian glissa sa main le long de son bras gauche et enserra ses doigts entre les siens. Il voyait les muscles de son dos se mouver sous lui. Son dos reflétait la lumière nocturne extérieure. Magnifique.
Ils se redressèrent dans un même mouvement. Justin plaqua son dos contre son torse plantant ses ongles dans sa nuque. Brian enserra son corps, sa peau contre lui, ils se moulaient l'un contre l'autre, épousant leurs formes.
Ils avaient pris le même rythme saccadé, puissant. Leurs souffles se mêlaient. Justin sentait son corps au bord de l'explosion. Il serra dans ses doigts la main sur son torse. Il quittait la force de gravité, il ne savait plus où il se trouvait, qui il était, c'était si fort qu'il se déconnecta du monde réel.
Ce n'était plus que respirations, bruit du tissu froissé, glissements de peau l'une contre l'autre. Justin ne retenait plus les sons qui sortaient de sa gorge. Il allait devenir fou, il laissa tomber sa tête contre l'épaule de son amant. Il s'abandonnait totalement, il pouvait ce qu'il voulait de lui. Il s'abandonna totalement lui laissant toutes les rênes de sa sphère.
Il sentait ses bras puissants le retenir contre lui, sa main se serrer contre sa poitrine, ses doigts frôler ses lèvres. Son prénom était devenu une litanie qui se répercutait sur les murs de la chambre.
Plus rien n'existait autour d'eux, rien à part ce moment, cet instant, ce partage où ils connaissaient tout de l'autre. Il n'y avait plus de monde, plus de travail, plus de vie, plus de famille, plus de genres, de castes, de politiques, plus de limites, plus rien, hormis leurs corps, les sensations qu'ils éprouvaient, les sentiments, l'amour qu'ils se criaient à travers leurs peaux, leurs souffles, leurs mains.
Ils finirent ensemble dans un seul souffle, un seul son, serrés, moulés l'un contre l'autre. C'était si fort que leurs corps leur faisait mal.
Comme dans un ralenti où le temps avait cessé toute existence ils tombèrent lentement sur le lit. Justin secoué de spasmes, frissonnant, la bouche entrouverte, les yeux clos il ramena sa main qu'il serra contre lui.
Brian étendu contre lui ne bougeait pas, ses lèvres contre sa nuque, le souffle coupé.
Brian, les yeux fermés, reprenait peu à peu ses esprits. Il n'arrivait jamais à comprendre comment les choses pouvaient-elles être aussi fortes après tant d'années. 7 ans qu'ils se connaissaient, 7 ans qu'ils avaient vécus bonheurs comme douleurs, 7 ans à se chercher, se trouver, se perdre, 7 ans de vie commune et séparée, 7 ans de baise et d'amour et rien n'avait été aussi fort qu'aujourd'hui à cet instant.
Brian ouvrit lentement les yeux lorsqu'il sentit son corps bouger et se retourner vers lui. Son bras enserrait toujours sa taille. Justin posa sa main sur sa nuque et pris doucement ses lèvres dans un baisé doux et brûlant. Il ouvrit les yeux et perdit son regard dans les deux lacs qui lui faisaient face.
-Salut, murmura Justin.
Brian lui adressa un sourire indescriptible, si particulier, que Justin n'avait vu qu'une fois. Le même sourire du soir où il lui avait dit ''je t'aime'' pour la première fois. Il n'avait vu ce sourire qu'une seule et unique fois et à nouveau il fut totalement renversé. Totalement renversé par cet homme, ce fucking man qui lui avait pris son cœur et qui ne lui avait jamais rendu.
-Salut Sonny Boy, répondit Brian.
Ils perdaient leurs regards l'un dans l'autre, figés, les corps étroitement serrés, leurs respirations à l'unisson.
Ils ne surent jamais combien de temps ils restèrent immobiles, ainsi, juste à se regarder.
Après un temps méconnu il s'était mis à discuter en chuchotant comme si des sons trop forts allaient briser cet instant de grâce.
-Pourquoi tu ne m'as pas dit que ça n'allait pas ? Demanda Brian.
-Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu étais malade ?
-Un point pour toi. Sérieusement Justin, pourquoi tu ne m'as pas parlé ?
-Je ne voulais pas te décevoir. Faire la pauvre petite femme éplorée parce que son mec lui manquait. C'est d'un pathétique, répliqua Justin.
-Tu aurais du m'appeler, fit Brian en soupirant, je croyais que maintenant on devait être honnête l'un envers l'autre...
Justin pinça les lèvres en baissant les yeux.
-Sunshine, murmura Brian, dis moi...
-Quand j'ai commencé à travailler sur Pandore, en arrivant à New-York, j'ai des souvenirs qui sont remontés. Je sais pas trop lesquels. Je me suis mis une telle pression sur cette expo. Je ne voulais pas décevoir les gens qui allaient venir mais surtout je ne voulais pas que toi tu sois déçu de mon nouveau travail. Je me souviens de ce que tu m'as dit il y a deux ans quand je suis parti à New-York. Tu m'avais dit que j'étais devenu le meilleur homosexuel que tu connaissais. A chaque fois que je pars dans un nouveau projet je ne peux m'empêcher d'y penser. J'étais fatigué, j'arrêtai pas de bosser, je me suis acharné sur ma main et tu n'étais pas là. Mais j'ai rien voulu te dire à cause de tout ça. Et puis...
Brian l'encouragea du regard.
-Je vais aller à Londres, murmura Justin mal à l'aise.
-Je sais, répondit Brian.
-J'avais peur de te le dire...
-Je sais, répondit à nouveau Brian en l'enveloppant d'un regard doux et protecteur.
Justin lui adressa un timide sourire. Face à lui Brian ferma les yeux. Justin se serra un peu plus contre lui posant son front contre le sien, sa main toujours posé au creux de sa nuque et ferma les yeux à son tour. Il avait juste envie de le sentir auprès de lui et de s'endormir.
O0o0o0o0o0o0o
Le noir l'entourait, enserrait sa gorge, ses poumons comme dans un tourbillon. Il courait, la poitrine brûlante, le froid lui mordait les joues. Il le sentait s'approcher, il l'entendait ricaner, ce bruit sourd...encore...encore et toujours...il sentit un coup violent lui heurter la tête dans un bruit de craquement immonde...
o0o0o0o0o0o0o
Ce sont des gémissements près de lui qui réveillèrent Brian. A côté de lui Justin s'agitait, en sueur, le corps entortillé dans les draps. Il pouvait distinguer des larmes glisser le long de ses joues. Il murmurait des paroles incompréhensibles.
-Merde...
Brian se redressa enfila un survêtement et s'entreprit à le réveiller. Justin semblait profondément ancré dans son rêve, se battant avec des fantômes imaginaires. Brian ne supportait jamais de le voir dans cet état. Le cauchemar semblait s'intensifier. Dans un sursaut et un cri Justin se réveilla brusquement en larmes. Comme à chaque fois il ne savait plus où il se trouvait et lorsqu'il voyait Brian il reculait avec violence, le regard paniqué.
Brian patiemment le regarda sans bouger. Dans ces moments il ne fallait pas le toucher.
Justin l'affronta du regard recroquevillé contre le mur, ses bras entourant ses jambes. Il sentait sa respiration saccadée, la sueur couler le long de son dos. Il détourna les yeux comme un animal apeuré.
-Justin ? Murmura Brian. Justin regarde moi.
Ce dernier tourna les yeux vers lui.
-Calme toi, reviens avec moi, reviens. C'était juste un cauchemar, reviens. Respire...calme toi...respire...voilà c'est bien...respire...calme toi..., répétait doucement Brian sans le quitter des yeux.
Justin se calmait peu à peu au son de sa voix. Il calmait le tumulte de son cœur. Calmé, l'angoisse le quittant peu à peu. Il vint dans les bras que lui tendait Brian. Il ferma les yeux se serrant contre son torse. Brian le sentait trembler contre lui. « J'ai recommencé à faire mes cauchemars... » entendit-il tout bas d'une voix brisée.
Brian n'eut pas besoin de demander pour savoir de quels cauchemars parlait Justin. Il lui avait dit qu'en travaillant sur Pandore des souvenirs remontaient à la surface. Brian sut que Justin était entrain de se souvenir, enfin, des événements d'il y a 6 ans.
Il resserra son étreinte autour de lui caressant ses cheveux dans un mouvement lent. Il sentait peu à peu le corps contre lui arrêter de trembler mais sentant toujours les larmes couler contre lui.
Ils se rendormirent tard, Justin se raccrochant à Brian comme à une bouée de sauvetage.
O0o0o0o0o0o0o
Brian s'éveilla le premier la lumière perçant à travers la fenêtre et les rideaux à moitié fermés. Sur le ventre près de lui Justin dormait toujours la respiration lente, les sourcils froncés. Il le regarda avec inquiétude. C'était certes une bonne chose que Justin se souvienne mais ça n'allait pas être évident pour lui, douloureux. Le réveil indiquait 11h.
Il se leva doucement pour ne pas le réveiller, il avait besoin de dormir. Il enfila un marcel noir par dessus son jogging noir, pris dans son sac de voyage. Il prit son ordinateur et ses papiers et sortit discrètement de la chambre.
Dans la cuisine il se fit couler un café et s'installa sur le plan de travail central. Il ouvrit son ordinateur, sortit ses papiers de sa chemise et commença à travailler. Il se pencha sur les campagnes I-Tik, Brown Athletic's et Wild Gizz.
Il devait lancer la campagne I-Tik qui traînait en longueur depuis des mois. Wild Gizz devait être fignolée et le contrat serait rempli. Quand à Brown Athletic's il ne manquait que le shooting photo, le budget et tout serait terminé.
Il se pencha un peu plus sur le contrat Nike qui l'excitait au plus haut point. Il s'y mis avec attention jetant des idées sur papiers libre à côté. Il envoya un mail à Drew pour savoir s'il serait d'accord pour devenir mannequin dans le cadre de la campagne Nike.
Il était un peu plus de quinze heures lorsqu'il sentit deux bras s'enrouler autour de lui.
-Pourquoi tu m'as pas réveillé ? Entendit-il étouffé dans son dos.
-Tu avais besoin de dormir mon ange...
-Humpf...
Brian fit tourner son tabouret vers lui. Il le regarda et l'embrassa.
-Ça va ? Demanda-t-il.
-Mmh... fit Justin avec un petit sourire, le visage chiffonné encore tout endormi.
Il s'éloigna se faire une café. Brian se replongea dans sa campagne.
-Tu fais quoi ? Demanda Justin en baillant.
-Je travaille sur mon nouveau contrat.
-C'est qui ?
-Nike, répondit Brian en levant des yeux brillants.
-Nike ?
Il acquiesça.
-La vache !
-Comme tu dit, s'écria Brian. C'est la délégation New-Yorkaise qui nous à contacté. Si ça marche on pourrait avoir un contrat à durée indéterminé avec eux.
Justin s'approcha impressionné. Il discutait tous les deux des idées de Brian lorsqu'un mec inconnu au bataillon traversa la cuisine, décoiffé, débraillé.
-Je te jure que c'est pas moi ! S'écria Brian.
Justin éclata de rire.
-Salut, fit l'inconnu en prenant une tasse de café.
-Salut, répondirent-ils.
De cette apparition s'en suivit celle d'Anne qui ne paraissait pas plus réveillé.
-Salut, lui fit l'inconnu.
-Ouais salut antoine, anthony...
-Harry.
-Ouais c'est ça. Dans le forfait y'avait pas de compris le petit dèj alors t'es gentil mais au-revoir arthur...
-Harry ! On s'appelle ? Fit-il en lui tendant un papier.
-Ouais, ouais, on verra, répondit-elle en l'entraînant vers la sortie.
Les garçons entendirent la porte claquer puis Anne revenir traînant des pieds en baillant, déchirant le papier qu'elle avait dans la main. Justin était bouche bée par ce qu'ils venaient de voir. Brian le vit de biais et ne put s'empêcher de ricaner avant d'éclater de rire franchement. Anne releva la tête vers eux et en voyant l'expression de Justin ne tarda pas à rejoindre Brian.
-J'adore cette meuf ! fit Brian entre deux rires.
Anne se fit couler un café et s'installa à l’îlot central près de Brian en baillant. Elle passa sa main dans ses cheveux et sur son visage.
-Comment vont les études ? Demanda soudainement Brian à la colocataire de son partenaire.
-Ça va, répondit-elle en soulevant un sourcil d'interrogation, je cherche un stage de fin d'études.
-Dernière année de master ?
-Yep.
-Tu cherches dans quelle branche ton stage ?
-Finance ou Compta, répondit-elle en mordant dans un croissant.
-Et compta dans une agence de pub ça t'intéresserait ?
Anne le regarda avec des yeux ronds.
-Tu as bien entendu Anne. Brian paraît asocial comme ça mais il lui arrive d'avoir des moments de lucidité où c'est un homme charmant, s'écria Justin en riant.
-T'as pas une réunion avec John et Elisabeth toi ?! Répliqua Brian.
-Si, si j'y vais !
Justin passa à côté de lui, attrapa ses lèvres dans un baiser furtif et pris la direction de la salle de bain. Brian se dévissa la tête en le suivant des yeux quitter la pièce. Anne n'avait pas toujours rien répondu.
-Je te laisse y réfléchir, s'écria Brian, je reviens.
Anne le regarda partir avec un sourire en coin et alluma la chaîne hi-fi qui se trouvait dans la cuisine.
Justin, dans la douche, la main contre le carrelage laissait l'eau couler le long de son corps le réveillant peu à peu. Il sourit lorsqu'il sentit une bouche lui dévorer la nuque.
-Tu n'étais pas en réunion professionnelle ?
-Un petit cul qui passait m'a déconcentré...
-Hum je vois...
Justin se retourna vers lui et posa ses lèvres sur les siennes dans un baiser fougueux. Il passa sa main derrière sa nuque approfondissant le baisé. Leurs langues se taquinèrent avant de partir dans une danse effrénée. Brian se colla un peu plus à lui glissant une jambe entre les siennes, les mains sur ses hanches.
Après une douche des plus sensuelles qui les mis dans un état brûlant, Justin partit à la galerie laissant Brian et Anne en tête a tête.
Brian retourna à la cuisine une serviette autour des hanches, les cheveux humides, le regard grisé.
-Ça va mieux ? Demanda Anne avec un clin d'oeil.
-Divin !
-Je connais ça, répondit-elle avec un sourire en coin.
-Y paraît, rétorqua ce dernier.
Anne émit un petit rire.
-Alors pour le stage tu en dis quoi ? Fit Brian en prenant une pomme sur le bar.
-Ça m'intéresse carrément.
-A partir de quand tu dois commencer ?
-Quand je veux, répondit-elle en se resservant une tasse de café.
-Bien. Je veux te voir à Kinnetic dans trois semaines. Viens avec ta convention de stage.
-Quelle autorité ! Répliqua-t-elle avec un clin d'oeil.
-Et encore tu n'as rien vu !
O0o0o0o0o0o0o0
Justin avait rendez-vous avec John et Elisabeth d'une part pour parler du vernissage de Pandore mais aussi pour parler de Londres.
-Bonjour Justin, firent-ils en le voyant arriver.
-Salut !
-Comment vas-tu ? Demanda Elisabeth.
-Ça va.
Justin remarqua assez rapidement que quelque chose n'allait pas. Ils avaient de petites mines.
-Vous allez bien ? Demanda-t-il intrigué.
-Hum...on va y venir...fit John. Hier soir tu as dit vouloir me voir ?
-Oui, je voudrais vous parler de Londres.
-On t'écoute, firent-ils en s'asseyant.
-Voilà, j'y ai beaucoup réfléchi depuis que vous m'avez proposé ce séjour en Europe. J'en ai aussi parlé avec Brian, dit-il d'un air entendu.
Ils acquiescèrent.
-J'ai décidé de partir à Londres, termina Justin avec un sourire.
-Voilà une bonne nouvelle ! S'écria John retrouvant son habituelle mine joyeuse.
-Très bon choix, s'exprima à son tour Elisabeth.
-Maintenant je dois voir avec vous les modalités de mon départ, expliqua Justin.
-Tout à fait, fit John. Premièrement nous pensons qu'un départ après la fêtes de fin d'année serais plutôt pas mal qu'en penses tu ?
-Je suis d'accord.
-Il faut que je me mette en lien avec mes contacts sur place pour l'organisation. Maintenant concernant le côté artistique de l'affaire je pense qu'il serait judicieux d'une part de partir avec Pandore mais également avec d'autres de tes œuvres.
-Ce ne sera pas trop compliqué ?
-On s'occupe de la logistique ne t'inquiète pas. Concernant cette deuxième série de production il faudrait disons...
-Une quarantaine de toiles, termina Elisabeth.
-Quarante ?
-C'est un minimum, répondit-elle devant les yeux écarquillés de Justin. Tu peux ré-exposer des toiles anciennes. Je pense notamment au nu de ton mari ou encore tes grands formats.
-Essaie tout de même d'apporter de nouvelles toiles parce qu'il risquera d'y avoir des critiques américains.
-Hum...
-Ne te prends pas trop la tête Justin, repris John, fais ce que tu sais faire de mieux et ça passera comme une lettre à la poste.
-D'accord, je te fais confiance John.
-Bien, je te propose qu'on s'appelle d'ici une quinzaine de jours pour te faire part du déroulement des choses.
-Okay.
Après la conversation s'en suivit un lourd et long silence qui une fois de plus intrigua Justin. John vint s'asseoir au bout du bureau.
-Maintenant concernant le vernissage de hier soir on à plusieurs choses à te dire.
-Oui ?
-Sache que ça été un véritable succès...commença le directeur Woodward.
-Un véritable succès, n'en doute pas d'accord ? Insista Elisabeth.
-D'accord, répondit Justin avec un petit rire qui ne savait pas trop où ils voulaient en venir. Je peux savoir ce qui ce passe ?
-Nous avons reçu ce matin les trois magazines qui devaient faire un papier sur toi...
-Art in America, New-York Times Magazine...
-et Art Forum, s'écria Justin, oui je sais et alors ?
-Eh bien l'article du Times et de AF sont excellents mais en ce qui concerne Art in America c'est un peu différent, répondit John visiblement embarrassé.
-Pour être honnête Justin... repris Elisabeth.
-Quoi ?!
-Tu devrais lire, fit John en lui tendant le magazine.
Justin un peu paniqué par l'expression de ses patrons ouvrit la revue où s'étalait un article de deux pages le concernant. Le titre de l'article, en gras, s'étalant sur les deux pages lui sauta aux yeux :
« Art ou Amateurisme ?
Quand la Province s'invite à New-York ! »
D'emblée Justin sut qu'il n'allait pas aimer ce qu'il allait lire. Face à lui John et Elisabeth attendaient patiemment. Au fur et à mesure de sa lecture Justin palissait peinant à croire et comprendre ce qu'il était entrain de lire. Au bout de dix minutes il reposa le magazine sur ses genoux et leva la tête vers les deux galeristes qui s'occupaient de lui depuis maintenant deux ans.
-Est ce que c'est une blague ?! S'écria Justin le souffle court.
-Non, répondit calmement John.
-Putain je le crois pas...murmura le jeune artiste blond.
-On est désolés Justin, on pouvait pas savoir que...
Le jeune artiste se leva coupant la parole à Elisabeth. Il prit sa veste, son sac, les trois magazines et sortit du bureau de John Woodward sans dire un mot de plus. Elisabeth qui appréciait beaucoup le jeune homme le regarda partir avec un pincement au cœur.
-Merde...murmura-t-elle.
-Ne t'inquiètes pas Eli, je pense que Justin est suffisamment mature et intelligent pour comprendre que les critiques ne peuvent pas toujours être positives. Il faut lui laisser du temps.
-Hum...fit-elle avec une moue dubitative.
Brian parlait de son agence à Anne lorsqu'ils entendirent la porte d'entrée se refermer violemment. Justin entra dans la cuisine la mine renfrognée, les sourcils froncés, les yeux noirs.
-Hey Michel-Ange, s'écria Anne.
-FUCK MICHEL-ANGE !! s'écria Justin en traversant en trombe la pièce.
D'un pas raide il alla s'enfermer dans l'atelier sur la terrasse.
-Qu'est ce que j'ai dit ? Fit Anne en se tournant vers Brian.
Ce dernier ne répondit rien et pris la même direction que son amant les sourcils froncés.
-Pourquoi j'ai l'impression de parler toute seule ?
Arrivé dans la serre Justin jeta les magazines sur sa table de travail. Énervé il donna un coup de pied dans le chevalet et balaya d'un coup de bras tout ce qui se trouvait sur le meuble à côté de lui. Les feuilles volèrent, ses crayons et ses pinceaux roulèrent sur le sol. Après avoir passé ses nerfs sur son matériel il prit une cigarette de son paquet et tira nerveusement dessus. Les mains à plats sur la table, les bras tendus, les épaules rentrées il essayait, en vain, de se calmer expirant la fumée grise de ses poumons.
Depuis la terrasse Brian avait entendu le bruit et compris que quelque chose n'allait pas. Il entra dans la serre et constata les dégâts de l'énervement de Justin.
-Hey ! Fit-il, on peut savoir ce qui ce passe ? Et pourquoi tu as envoyé chier Anne comme ça ?
-C'est pas le moment Brian, grommela Justin en tirant sur sa cigarette.
-Justin !
-Ma carrière qui n'avait même pas commencée est finie ! Voilà! T'es content ?!
-On se calme direct, répondit Brian, et tu m'expliques ce qui ce passe.
En guise de réponse Justin lui envoya le magazine Art in America.
-Page 19.
Comme pour Justin l'article sur deux pages s'étala sous les yeux de Brian.
« Art ou Amateurisme ?
Quand la Province s'invite à New-York !
Justin Taylor, artiste de 23 ans commence très jeune à s'intéresser au domaine des arts. Après une enfance plongée dans les arts plastiques notamment grâce à sa mère le jeune artiste passe son diplôme au lycée privé de Saint James à Pittsburgh. Il poursuit ses études en se présentant à l'école des Beaux Arts de la ville Gay Friendly de Pennsylvanie. L'artiste ne finira pas le cursus après l'avoir pourtant brillamment commencé. Par la suite il se fait notamment connaître pendant la campagne du personnage politique Jim Stockwell en s'opposant ouvertement à lui. Il tentera ensuite de percer dans la jungle hollywoodienne avec une adaptation de la BD Rage dont il est le co-créateur (ndlr : le projet est finalement avorté par le réalisateur Brett Keller). Après une traversée du désert il reprend ses productions artistiques et présente une première exposition à la galerie de Pittsburgh se faisant, notamment, grandement remarquer par le critique français Simon Caswell et son magazine artistique Art Forum (…)
(…)
Ce vendredi 1er Mars 2007, le jeune artiste présentait un nouveau travail nommé peu modestement Pandore. (…)
L'ensemble fouillis brouille le spectateur qui ne sait ni comment se positionner ni comment interpréter la présentation de Justin Taylor. A mi-chemin entre land art, art primitif, installation, peinture, sculpture, art conceptuel et contemporain on ne sait plus où donner de la tête dans un ensemble qui donne plus à penser à une brocante qu'à un véritable travail artistique. (…)
On pourrait se demander ce qui est passé par la tête du jeune Justin Taylor qui s'égare totalement dans ce nouveau projet gardé jalousement secret jusqu'au dernier moment. Pandore paraît donc bien pâle face à ses grands formats qui somme toute paraissaient plus intéressants.
(…)
Gigantesque installation artistique Pandore fait plus penser à un gigantesque bricolage fait de corde, grillage, lampe et autres tâches de peintures sur des toiles pendues ici et là sans véritable justification. Avec un pathos prononcé l'artiste tente de sensibiliser le spectateur à une cause plus qu'obscure. L'artiste semble totalement se perdre dans les méandres de ses fantasmes notamment grâce aux moyens mis à sa disposition.
(…)
Alors Art ou Amateurisme ? La question se permet d'être posée tant le travail de cet ''artiste'' fait preuve d'amateurisme et de peu de réflexion. Il est bien connu que la Grosse Pomme ne fait souvent qu'une bouchée des jeunes artistes de province alors devrons nous attendre un nouveau projet de l'artiste ou une reconversion professionnelle ?
*Par Kate Scanlon
Brian comprenait désormais mieux l'énervement de son partenaire. Cette journaliste avait démonté morceau par morceau tout le travail de Justin qui lui avait pris du temps, de l'énergie si ce n'est plus encore.
Il poussa un soupir et releva les yeux vers son partenaire qui continuait à fumer sa cigarette nerveusement.
-Et alors ? Lâcha finalement Brian en posant le magazine sur la table.
Justin interloqué par la question se tourna brusquement vers Brian.
-Et alors ?!
-Oui et alors ? Insista le brun.
-Tu plaisantes ?! Cette bonne femme à ruiné tout mon travail avec son article !
-Je crois que tu exagères un peu Sunshine...
-J'exagère ? J'EXAGERE ?! Art in America est un des plus prestigieux magazine d'art de new-york ! Qu'est ce que tu crois que ça va donner quand le cercle artistique et même le public va lire ce truc ?!
-Ce n'est qu'un magazine parmi les autres Justin. Les articles dans le Times et Art Forum sont bien non ?
-Qu'est ce que ça change ?! Elle à ruiné tout ce que j'ai fait depuis que je suis arrivé à New-York avec son article ! Je suis fini.
-Hey ! Justin !
-Laisse tomber Brian ! De toute façon qu'est ce que tu connais à l'art ?!
-Hé !! C'est pas parce que qu'une journaliste t'as déglingué avec son article de merde que tu dois t'en prendre à moi ! Répondit avec ferveur Brian qui commençait à s'énerver. Peut-être que je ne connais rien à l'art comme tu dis mais pour ce qui est du monde du business et des journalistes je sais ce qu'y s'y passe j'en ai fait mon métier ! Si tu n'es pas capable d'accepter les critiques alors oui cette Rachel Scanlon à raison et tu devrais penser à changer de métier ! Termina Brian.
Il sortit en claquant la porte, emportant avec lui le magazine maudit.
Justin poussa un soupir en se pinçant l'arête du nez. Il avait été trop loin et il le savait. Ses mots avaient dépassé sa pensée.
-Merde...
-Alors ? Fit Anne en voyant Brian revenir à la cuisine.
Il jeta le magazine sur le plan de travail.
-Page 19, fit-il en direction de la jeune femme.
Il se servit un café et lui laissa le loisir de déguster l'article littéraire.
-Oh la pétasse ! Fit-elle au bout de dix minutes. Oups, dit-elle en se couvrant la bouche après la grossièreté qu'elle venait de lâcher.
-J'ai pensé exactement comme toi, ''oh ! La pé-ta-sse !'' Insista Brian.
-Comment va Justin ?
-Énervé. C 'est la première fois qu'il fait face à une critique aussi virulente. Mais s'il apprend pas à faire avec et à s'en servir pour grandir dans sa carrière il n'ira pas loin.
-Hum...
-Faut le laisser se calmer, rétorqua Brian, ça ira mieux après. Justin n'est pas le genre de personne à se laisser piétiner par les autres.
Anne acquiesça. Elle fut touchée par la manière dont Brian en avait parlé. Elle espérait elle aussi un jour trouvé quelqu'un à aimer comme Justin pour Brian et que cela serait réciproque.
L'après-midi se passa dans le calme et Justin resta enfermé dans la serre.
Brian assis sur le canapé s'était servi un verre. Il étira ses jambes et s'entreprit à lire les rapports de Ted sur les campagnes en cours. Les affaires allaient bon train et ils allaient bientôt pouvoir se concentrer exclusivement sur le contrat Nike. Il sentit plus qu'il n'entendit Justin entrer dans le salon. Il garda les yeux fixés sur son ordinateur et attendit qu'il vienne de lui même.
Justin entra dans la pièce. Il regarda son homme et se sentit un peu mal à l'aise. Il savait pertinemment qu'il était allé trop loin. Il s'en voulait de s'en être pris à lui.
Il vint s'asseoir sur le tapis et posa sa joue contre sa cuisse. Brian ferma son ordinateur portable qu'il déposa sur la table basse. Toujours sans rien dire il planta son regard dans celui de Justin. Ce dernier se mordait la lèvre mal à l'aise.
-Pardon, murmura-t-il, c'était nul. J'avais pas à m'en prendre à toi. C'est pas de ta faute. C'est qu'un article.
Brian leva un sourcil d'interrogation.
-Et tu avais raison je dois accepter et faire avec toutes les critiques qu'elles soient bonnes ou mauvaises ça fait partie du boulot, termina Justin.
Brian le regarda quelques secondes sans parler.
-C'est bien tu grandis, tu apprends vite, finit par dire Brian.
Justin eut un petit sourire et passa son bras autour de sa taille. Brian s'était mis à entortiller ses doigts entre ses mèches blondes.
-Viens par là, fit-il doucement en le tirant par le t-shirt. Justin s'allongea sur lui.
Brian posa ses lèvres sur les siennes glissant sa main sur sa nuque pour approfondir le baisé.
-Tu t'en fous de cette journaliste de médeu, c'est elle qui y pipe que dalle à l'art, dit-il près de son oreille.
Justin emmêla ses jambes aux siennes. Il se perdit dans les yeux noisettes passant et repassant ses doigts dans les mèches brunes. Il se foutait de Kate Scanlon, le seul avis qui comptait c'était celui de cet homme. Il repris ses lèvres en fermant les yeux oubliant l'article qui se trouvait encore sur la table de la cuisine.
Une fois de plus rien ni personne n'avait réussi à les garder éloignés bien longtemps l'un de l'autre.
Ils reprirent la route pour Pittsburgh le lendemain.
L'exposition de Justin restait en place pendant deux mois. John lui accorda d'aller prendre quelques jours de repos chez lui. Justin savait de toute façon qu'il devrait certainement revenir à New-York d'ici la fin de semaine pour la naissance d'Enzo le fils de Max et Lisa. Ils partiraient ensuite directement à Toronto voir les filles et chercher Gus. Justin avait hâte de ces vacances avec le petit garçon. Brian serait plus souvent chez eux et ils pourraient passer tous les trois du temps ensemble.
Justin avait aussi envie de passer du temps avec son homme qu'il n'avait pas vu depuis un mois.
Il savait qu'au niveau de son travail tout serais un peu plus relâche jusqu'à son départ pour Londres d'ici un an. Il avait temps de voir venir. Après ces deux années qui était passées à une vitesse folle il allait pouvoir souffler un peu et profiter de son chez-lui et de sa famille.
Ces deux dernières années avaient été intenses en émotions. Il était parti pour New-York, réalisé sa première expo, rencontré une bande d'amis new-yorkaise, avait revu son ex, s'était à nouveau séparé avec Brian puis s'était marié avec ce dernier, était parti en voyage de noces fabuleux, en avait appris plus sur son compagnon, avait réalisé sa deuxième expo, emménagé dans une fabuleuse maison, avait appris la rechute de Brian croyant le voir mourir mais comme le phœnix il s'en était sorti avait crée sa troisième expo et prenait la porte de l'Europe.
La critique plus qu'empoisonnée dans Art in America lui avait sapé le moral mais une fois de plus Brian était arrivé, avait su trouver les bons mots et l'avait sauvé. Ce n'était qu'une critique et malheureusement il allait devoir apprendre à faire avec. Certes l'article était mauvais mais raison de plus pour se battre dans ce qu'il faisait de mieux et une bonne fois pour toute remettre la journaliste et son journal à leur place.
Assis dans la voiture, le menton appuyé dans sa main contre la vitre il regardait le paysage défiler comme ces deux dernières années. Un petit sourire étira ses lèvres. Que de chemin parcouru ces deux dernières années mais plus encore ces sept dernières. Qui aurait cru qu'il se retrouverait où il en était aujourd'hui ? Certainement pas lui et encore moins la personne à son côté.
En y pensant justement il tourna la tête vers Brian. Ce dernier était plongé dans son travail, les sourcils froncés. Devant cette vision il ne put s'empêcher de sourire comme un gosse.
-On peut savoir ce que tu fais Sunshine ? Demanda-t-il toujours plongé dans ses dossiers.
-Mais rien, répondit Justin espiègle.
Brian se tourna vers lui le regardant par en dessous. Justin ne lui laissa rien dire et glissa sa main derrière sa nuque et pris ses lèvres dans un baisé passionné. Le chauffeur releva la vitre les séparant de lui.
-En quel honneur ? Fit Brian.
Justin sourit et se détacha. Il sortit un vieux livre qu'Anne lui avait prêté au début de son séjour à New-York. C'était un recueil de poésie de Charles Baudelaire traduit en anglais. Il appréciait de plus en plus ce poète torturé, mélancolique, sombre.
Il retira ses baskets et replia ses jambes sous lui. Il se plongea dans sa lecture des mèches blondes dans les yeux. Il se cala dans la banquette appuyé contre la portière.
A mi-chemin entre New-York et Pittsburgh il s'endormit laissant le livre glisser de ses mains et tomber sur le sol noir de la voiture. Brian tourna la tête vers lui et le regarda dormir comme il le faisait à chaque fois dans ces instants là.
2h plus tard ils arrivaient à Britin et Justin vit sa maison avec plaisir. Il sortit de l'habitacle pris ses sacs dans le coffre pendant que Brian réglait le chauffeur pour l'extra du week-end. Justin entra en trombe dans la grande maison, il était chez lui, chez eux.
-Enfin à la maison...ne put-il s'empêcher de murmurer.
Il sourit encore davantage lorsqu'il sentit deux bras l'enlacer. Il se retourna vers lui avec une lueur dans les yeux. Brian leva un sourcil d'interrogation devant ce sourire ravageur.
Justin prit sa bouche avec violence agrippant le col de sa veste. Brian répondit au baisé plus que brûlant et passa ses bras autour de sa taille. Justin ne lui laissa pas de répit et lui retira sa veste en l'envoyant valdinguer sur le sol de l'entrée. Brian avait compris son petit jeu et il allait se faire un plaisir de répondre à ses attentes. Mais cette fois-ci Justin ne lui laissa pas le loisir de le doubler.
Il ouvrit la chemise lentement et avec violence pourtant. Il embrassa le torse glabre. Après sa rechute Brian avait beaucoup maigri mais la salle de sport aidant -et Justin bien sur- il avait repris du poids, et ses muscles dont le blond raffolait s'étaient redessinés.
De ses lèvres il descendit le long de la peau, de l'aine arrivant au jean qu'il défit lentement en regardant Brian un sourire de défi sur le visage. Brian ferma les yeux en se mordant la lèvre entortillant ses doigts dans les mèches blondes qu'il serrait convulsivement.
Il l'attrapa par les épaules et le redressa vers lui. Il dévora sa nuque dans une suite de baisés effrénés qui rendaient Justin dingue. Il repris sa bouche avec ferveur ne lui laissant aucun répit. Il retira le t-shirt qui le séparait de la peau enivrante du blond avec brusquerie.
Justin le voulait tout de suite, maintenant, comme avant sans foi, ni loi. Dans leur précipitation ils tombèrent sur le sol froid de l'entrée qui leur déclencha un frisson commun. Justin roula et emprisonna ses jambes dans les siennes le bloquant entre ses hanches sous lui. Il reprit sa bouche perdant ses mains dans les mèches brunes. Brian suivait de sa main la cambrure de ses reins glissant impudiquement les doigts dans les replis du jean à moitié ouvert.
Brian repris le dessus et le bloqua une jambe entre les siennes, ses poignets entre ses mains. Justin le regardait les cheveux en bataille, les lèvres gonflés, les joues rosies, le souffle court, les yeux brûlants, pétillants.
-Dangereux... murmura Brian.
Sans trop savoir comment, mais d'une main experte, Brian retira le jean de Justin en un quart de seconde.
Ce dernier ne le lâchait pas des yeux épiant ses moindres faits et gestes. Brian ne s'était jamais sentit mieux que sous ses deux yeux qui le fixait, le regardait, le scrutait, le sondait sans relâche. Justin l'avait toujours regardé ainsi, déjà le soir de leur première nuit. C'était peut-être ça qui l'avait différencié des autres : ce regard mais surtout que pour la première fois de sa vie Brian avait laissé quelqu'un le regarder ainsi tout en lui rendant ce regard.
Ces deux yeux bleus qui ne jugeaient pas, le prenait tel qu'il était, donnant beaucoup sans forcément toujours attendre quelque chose en retour, pas un regard d'adoration aveugle mais un vrai regard intense, sincère, honnête en toute circonstance. Brian n'avait jamais pu tricher avec Justin et principalement à cause ou grâce à ses deux yeux bleus qui avait su voir le meilleur comme le pire chez lui mais sans changer, sans vaciller bien au contraire.
Il y avait toujours eu tant d'amour dans ce regard. Personne ne l'avait jamais regardé comme ça ou n'avait osé le faire, pas même Mickael. Hormis le reste c'était bien ce regard dans lequel il aimait se plonger, sans vouloir l'avouer, qui avait différencié son Sunshine des autres.
En pensant à tout ceci il ne s'était pas rendu compte qu'il avait suspendu son geste et qu'il fixait Justin, immobile.
-Aurais-tu un coup de fatigue Brian ? Fit ce dernier avec un sourire.
La question le fit redescendre sur terre. Un sourire carnassier, ténébreux se peignit sur son visage.
-Je vais tellement te baiser que tu vas tomber dans les pommes, susurra-t-il en ondulant contre le corps de Justin.
-Je n'attend que ça Monsieur Kinney...
-Ne m'appelle pas Monsieur, répondit-il en fronçant les sourcils.
Il fondit sur lui alors que Justin éclatait de rire. S'en suivit une formidable partie ou Justin ne compta plus les rounds.
Dans un timing parfait ils s'effondrèrent en même temps sur leur lit, en sueur, les cheveux en bataille.
-Je t'avais dit que je te baiserai dans toutes les pièces de cette baraque, fit Brian entre deux respirations.
Justin sourit et se redressa sur un coude. Il laissa le bout de ses doigts se balader doucement sur le torse de son partenaire. Il fit doucement le tour de sa cicatrice qui n'était plus si apparente qu'au début. C'était devenu une petite habitude chez Justin qui ne gênait plus le brun.
-Et que je te ferai encore des pipes, répliqua Justin.
Brian ricana en le regardant.
Dehors le soir était tombé. Ils ne mangèrent pas et n'avaient pas envie de bouger du bien être dans lequel ils se trouvaient. Justin s'allongea près de lui son corps collé au sien un bras passé autour de sa taille. Brian laissa vagabonder doucement sa main le long de son dos. Ils s'endormirent assez rapidement sans avoir bougé ; Justin au creux de son cou, Brian le nez dans ses cheveux la bouche contre son front.
Justin n'avait pas pu rester sans rien faire très longtemps. Peu de temps après leur retour de New-York il monta à son atelier et travailla sur les planches de Rage dont la nouvelle parution tardait à se faire. Il retourna tout son atelier pour retrouver d'anciennes planches qu'il avait réalisé avant son départ pour New-York. Après une heure de recherches il n'avait toujours pas trouvé. Il descendit à la chambre dans le dressing où se trouvait encore des cartons du déménagement.
-Évidemment il à fallu que je mette ça là...murmura-t-il en voyant le carton dépasser en haut des placards du dressing.
Il monta sur un tabouret et s'entreprit à récupérer la boite. Il ne fit pas attention à celle plus petite à côté de la sienne. En tirant dessus il la fit tomber et il ne put s'empêcher de jurer.
Il déposa son butin sur la banquette centrale et se pencha pour récupérer les objets de l'autre carton. S'était vraisemblablement un carton à Brian. Il ramassa le bric à brac et en soulevant un carnet tomba sur un vieil objet. En l'apercevant il eut comme des sueurs froides, sa respiration s'accéléra, les yeux écarquillés des flashs lui revenaient à l'esprit.
O0o0o0o0o0o0
Brian avait eu une longue journée et avait cru n'en jamais voir la fin. Le dernier rapport lu il s'enfonça dans sa chaise de bureau en fermant les yeux quelques secondes. Il poussa un soupir. La campagne Brown Athletic's et I-Tik étaient enfin bouclées. Ils devaient terminer celle de Wild Gizz et pourraient ensuite se consacrer entièrement à celle de Nike. Il était le dernier à l'agence et il avait, honnêtement, l'envie de rentrer chez lui. Il ne put s'empêcher de se dire qu'il n'aurait jamais pensé ainsi il y a quelques années.
Il s'étira, éteignit son ordinateur et s'entreprit à tout fermer. Il monta dans la corvette et pris la direction de Britin en baillant. La route lui parut interminable. Quand il arriva dans l'allée de la grande bâtisse les lumières étaient toujours allumées. Il avait besoin d'un bon verre.
Il entra dans la maison et vit Justin de dos dans le salon assis sur le canapé. Il retira ses chaussures et sa veste dans le dressing lorsqu'il entendit la voix de ce dernier.
-Ce soir là je pensais pas que tu viendrais...
-Justin ?
-Et puis quand je te vois je peux pas m'en empêcher je suis heureux, fier de moi, encore plus amoureux de toi.
Plus qu'intrigué Brian se rapprocha de lui. Il était assis sur le canapé, les genoux remontés, un verre à la main le regard dans le vide.
Brian compris immédiatement que quelque chose n'allait pas. Justin parlait comme s'il n'était pas là totalement ailleurs. Soudain, il remarqua jeté sur la table basse l'écharpe blanche ensanglantée : la soirée du bal de promo. Il entendit au loin comme un coup de batte de base-ball. Il n'avait jamais vu une telle expression sur le visage de Justin. Il déglutit.
-Tu t'approches, repris Justin, je ne vois plus que toi. Et plus rien ne compte ! Je n'arrête pas de me dire ''il est venu, il est venu''. Tu me dis que tu as envie de revenir dans le temps. Je trouve cette phrase curieuse mais je m'en fiche. Tu parles à Daphnée en la complimentant sur sa tenue et tu demandes ensuite à lui emprunter son cavalier. Je rêve ! Tu veux danser avec moi ici ?! J'ai presque envie de rire mais pourtant je vois bien à tes yeux que tu es sérieux comme tu ne l'avais encore jamais été. Mais putain danser à St James c'est bien une première.
Justin repris une gorgée du liquide ambrée. Il avait un petit sourire mais le regard toujours si obstinément perdu. Brian avala sa salive toujours immobile. Il revoyait presque la scène. Il s'installa doucement dans le fauteuil à côté de lui sans rien dire.
-Tu me prends la main et tu m’entraînes vers la piste de danse. Là le DJ braque la lumière sur nous. Mince je me demande bien comme tu as fais ça et si tu l'as payé, il faudra que je pense à te demander plus tard. Tu mets ton écharpe blanche autour de mon cou et les premières notes de Save the Last Dance commencent.
Justin avait toujours les yeux toujours écarquillés, fixes. Il devenait un peu plus pâle à chaque mot. Et sans crier gare les larmes commencèrent à couler lentement le long de ses joues sans qu'il n'y fasse attention. L'image était quasi insoutenable pour Brian mais il devait le laisser parler, le laisser finir.
-C'est étrange, cette musique est vraiment ringarde et romantique comme tu détestes. Mais pour une fois je vais faire un peu mon égoïste et en profiter. Je sens ta main sur ma taille, ta main dans la mienne, ton regard sur moi. Qu'est ce que je peux le désirer ce regard depuis que je te connais. Pour la première fois je vois vraiment celui que tu es, celui que j'avais deviné sous la carapace de salop que tu t'entreprends à entretenir face au monde. Mais ce soir tu ôtes ton masque et tu te livres totalement. Je ne peux pas m'en empêcher je suis persuadé que tout ça c'est grâce à moi. Tant pis si je me trompe, je veux juste profiter de ce moment pour le graver dans ma mémoire pour les années à venir.
Brian ferma les yeux quelques secondes, il redoutait la suite.
-Je veux que cette danse dure toute la nuit, juste toi et moi, nous deux dans ce halo de lumière, sur cette musique. Je me sens libre, en sécurité, j'ai la sensation que je peux combattre tous mes problèmes. Plus de peine, plus de doutes, plus de famille, plus de Hobbs et sa clique, plus de prof homophobe, tu es là juste toi et moi et c'est tout ce qui compte. Et lorsque tu m'embrasses, l'endroit où on se trouve n'existe même plus pour moi. Je pourrais décrocher la lune. On parts dans le parking, on danse, on rie, on chante, j'ai le sentiment que plus rien ne peut m'atteindre. C'est vraiment la plus belle soirée de ma vie mais je sais que c'est ridiculement romantique. Je suis toujours le plus romantique de nous deux, j'y peux rien et honnêtement tu fais tout pour, poursuivit Justin avec un petit sourire au travers de ses larmes qui ne s'arrêtaient plus.
-A nouveau je sens tes lèvres contre les miennes, ça va me rendre dingue un jour. Je sens le froid de la jeep dans mon dos mais je m'en fiche. Je la bénie cette voiture contre laquelle tu m'embrasses. Et cette façon que tu as de me dire ''à plus tard !'' tu ne paies rien pour attendre ! Je pars et je te souri une dernière fois en me retournant.
-De dos je dois vraiment avoir un sourire de débile. Mais c'est pas grave, je suis tout seul et puis de toute façon tu es venu, tu es venu !! continua Justin avec un rire nerveux presque fou le visage toujours baigné de larmes.
Brian en le voyant se sentait de plus en plus mal. La vision qui s'offrait à lui était tout simplement insoutenable. Le visage de Justin se figea, devint encore plus pâle et son expression sombre.
-Je t'entend hurler mon prénom et je me demande ce qui t'arrive pour brailler comme ça. Je me retourne mais avant de pouvoir te répondre je sens un coup sur ma tête. C'est quoi cette blague ? Y'avait pas de poteau là... Et je tombe par terre. Je t'entend crier, je veux te rassurer, te dire que ça va, que je vais juste avoir un peu mal à la tête. C'est malin tu m'as mis dans un tel état que je tiens même plus sur mes jambes.
Brian se mordit la lèvre de plus en plus mal.
-Mais je sens le froid, repris Justin, je le sens remonter dans mes jambes comme une lame chauffée à blanc.
Je sens le goudron dur et froid contre ma joue. Je n'arrive pas à me relever et je n'arrête pas de me demander pourquoi. Qu'est ce qui m'arrive ?
-Dans l'ambulance...qu'est ce que je fais dans cette ambulance ? Pourquoi tu pleures Brian ? Je ne t'ai jamais vu pleurer, qu'est ce que j'ai fait ? Et pourquoi tu me serres la main si fort ? Qu'est ce qui ce passe Brian ? Pourquoi j'ai froid comme ça ? Pourquoi j'arrive plus à bouger ? J'ai l'impression de m'enfoncer dans du coton. Qu'est ce que j'ai pris ?
-Je te sens près de moi, je veux ouvrir les yeux mais j'y arrive pas, j'y arrive pas. Ça m'énerve ! T'es si beau ce soir et il y a encore tellement de choses que j'ai envie de te dire. Ça va aller Brian, ça va aller mais je me sens tellement fatigué, j'ai envie de dormir.
Brian avait l'impression que son cœur allait s'arrêter de battre. Il se souvenait parfaitement de ses souvenirs à lui de la soirée mais n'aurai jamais pensé que Justin puisse lui raconter l'autre côté du décor. Il était lui aussi devenu très pâle.
-J'ai envie de te dire que je t'aime je crois, fit Justin, pourquoi maintenant ? j'en sais rien mais j'ai envie de te le dire. Je pense à des trucs bizarres et je m'enfonce de plus en plus dans cette obscurité. Tu es la meilleure chose qui me soit arrivé. Je n'aurai jamais pu me soustraire à l'emprise de mon père si tu n'avais pas été là. Et pourquoi je peux pas te le dire on dirait que ma bouche est engluée. Ce noir, ce noir qui se rapproche de plus en plus. Attend moi, attend, il faut que je te dise...continua Justin alors que ses doigts se resserraient autour du verre faisant apparaître les jointures blanches.
-Black out total. Quand je me réveille je n'ai plus que des trous noirs, je ne me souviens de rien. J'ai mal à la tête et une main qui ne veux plus m'obéir. Je regarde autour de moi. Merde...où je suis ? Je suis tout seul. Tu es la première personne à laquelle je pense et je ne peux m'empêcher de me demander où est ce que tu ai ? Pourquoi tu n'es pas là ? Pourquoi j'ai cette sensation étrange de te vouloir avec moi maintenant à cet instant ? Qu'est ce qui me fait peur comme ça ? Où est ce que tu es Brian ? Où est ce que tu es ?
Justin cligna des yeux sans essuyer les larmes qui lui lardaient le visage. Brian n'avait pas bougé écoutant, interdit, ce qu'il n'avait jamais réussi à se rappeler. Et puis, comme un automate, sans adresser un regard à Brian il se leva et pris la direction de la cuisine. Ce dernier n'avait pas bougé le suivant des yeux. C'est le bruit du verre brisé qui le reconnecta avec la réalité.
Arrivé près de l'évier Justin serrait tellement fort son verre qu'il avait éclaté dans sa main le blessant. Il regarda sa main sans comprendre. Brian accourut et entoura sa main en sang d'un torchon. Justin le suivit docilement jusqu'à la salle de bain.
Brian commença à désinfecter la plaie jetant des regards furtifs à son compagnon qui restait muet.
-J'arrivai pas à me rappeler, repris Justin après un certain temps, mais maintenant tout est clair ! Si j'avais arrêté mes conneries ça serait jamais arrivé. Si j'avais arrêté de te poursuivre et que j'étais resté normal t'aurais pas eu à faire tout ça et aujourd'hui tu serais peinard, débarrassé du gamin qui te colle au bask !
La dernière phrase interloqua Brian qui releva les yeux vers Justin les sourcils froncés en terminant le pansement. Qu'est ce qu'il venait de dire ?
-J'ai cherché ce qui m'est arrivé ! J'aurai du fermer ma gueule ! Termina Justin.
Brian le regardait les yeux écarquillés, ayant peine à croire ce qu'il venait d'entendre.
-Just...
Il n'eût pas le temps de le rattraper, Justin, était sortit de la salle de bain le visage fermé, sa main droite serrée contre lui. Brian poussa un soupir, jeta les compresses, éteignit la lumière et redescendit à la cuisine. Il vit Justin recroquevillé sur un des fauteuils noir en rotin au bord de la piscine. A nouveau il poussa un soupir. Il défit sa cravate qu'il jeta sur la table de la salle à manger. Dans la cuisine il nettoya le verre brisé et l'alcool au sol. Il se servit lui-même un verre qu'il but d'un trait. Ceci fait, il ouvrit la baie vitrée et descendit à la terrasse rejoindre Justin qui n'avait pas bougé. Il s'accroupit face à lui. Doucement il prit son visage entre ses mains. Ce n'était pas le moment de le brusquer.
-Justin regarde moi...
Ce dernier gardait obstinément les yeux baissés.
-Regarde moi !
Lentement il finit par les lever.
-Ce n'est pas de ta faute, Justin voulut à nouveau détourner le regard, regarde moi, insista Brian. Ce n'est pas de ta faute ! Tu n'es pas anormal, ce n'est pas de ta faute !
Le regard de Justin s'embuait.
-Et en ce qui me concerne je suis très heureux que mon boulet blond de 17 ans m'est collé au basks ! Fit Brian avec un sourire.
Et enfin, Justin, dont les yeux bleus devenaient des ras de marée fondit en larmes la main gauche couvrant ses yeux. Brian l’entraîna contre lui incapable de rester indifférent aux larmes de son jeune compagnon qu'Hobbs avait brisé. Justin avait mûrit, vieillis en 7 ans mais à cet instant il retrouva ce jeune homme qu'il avait rencontré un soir en sortant du Babylon courageux et innocent du haut de ses 17 ans.
C'était les larmes de la libération, celles qu'il n'avait jamais réussi à verser. Comme le psy l'avait prédit il fallait que la mémoire de Justin se débloque. Désormais il pourrait oublier et Brian ferais tout pour l'y aider.
Il resserra son étreinte autour de lui. Le nez dans ses cheveux il murmurait des paroles apaisantes contre son oreille. Le seul à connaître les gestes rassurants dont Justin avait besoin lorsque l'angoisse, les souvenirs, les cauchemars le prenaient à la gorge. S'il avait pu il aurait effacé ces moments de sa mémoire. Il le berçait voulant prendre ses peurs, son mal-être sur lui.
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Brian ne dormit pas de la nuit surveillant son sommeil. Ils parlèrent une bonne partie de la soirée, Justin surtout, avant qu'il ne sombre dans le sommeil, épuisé, saoulé de larmes. Allongés sur le canapé il s'était endormit contre lui. Brian incapable de dormir sentait encore le corps tremblant dans ses bras.
Le lendemain après avoir prévenu Ted, il ne se rendit pas à l'agence. Malgré l'importance de sa présence à l'agence, particulièrement en ce moment, Justin avait besoin de lui et ça passait avant le reste. Il voulait voir à nouveau le sourire de son Sunshine qui atteignait ses yeux éclairant tout ce qui l'entourait.
Après sa nuit d'insomnie il passa sa journée au lit auprès de Justin le serrant étroitement dans ses bras juste à dormir, calquant sa respiration sur celle du jeune homme.