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Série : Queer As Folk
Création : 12.04.2013 à 18h07
Auteur : Audali09
Statut : Terminée
« La fiction débute à la fin de la saison 5 avant que Michael n'emmène Brian danser dans ce qui reste du Babylon. Suite de la saison 5. Des spoils sont possibles sur l'ensemble des cinq saison » Audali09
Cette fanfic compte déjà 155 paragraphes
Brian se réveilla le ventre noué. Il détestait déjà cette journée. Il s'extirpa de sous la couette et s'assit au bord du lit. Il se passa la main dans les cheveux en baillant. Il se passa la main sur le visage, il avait besoin de se raser.
A côté de lui Justin poussa un soupir, à plat ventre la tête enfouie dans son oreiller. Brian eut un petit sourire en le regardant. Lorsque son artiste dormait rien ne semblait pouvoir l'atteindre. Il se leva et alla a la salle de bain.
Il pris une douche rapide, se rasa, s'habilla et pris tous ses papiers. Il pris son dossier dans le tiroir de son bureau, enfila une veste et pris la direction de l'hôpital.
Ce chemin il le connaissait par cœur. Monter dans la voiture, les six kilomètres depuis le loft, tourner à droite au troisième feu, continuer sur l'avenue et voir apparaître l’hôpital de Pittsburgh. Descendre de voiture, marcher dans l'allée gravillonnée bordée de ces immondes fleurs qui ressemblaient plus à des fausses que de vraies plantes, monter les trois petites marches, passer l'entrée, aller jusqu'au fond et appuyer sur le bouton de l'ascenseur.
Premier étage avec l'anesthésie et la réanimation, deuxième avec la pédiatrie et la maternité, troisième avec le cardiovasculaire. Le quatrième : son étage enfin celui dans lequel il venait à chaque fois. Après les autres il ne savait pas et puis de toute façon il s'en foutait il n'y allait jamais.
Ensuite passer à l'accueil, s'enregistrer, faire suivre son dossier, attendre dans la salle d'attente six minutes montre en main et enfin passer dans la ''grande'' pièce pour la chimio.
Une grande pièce, pleine de fenêtres censées éclairer la salle, des fauteuils alignés les uns derrière les autres, les machines et eux. Tous ces gens malades venus pour se faire soigner. Comme lui en fait. Dans ces moments là, la vérité lui sautait aux yeux, au visage, à la gorge. Il détestait ça. Depuis son diagnostic il ne supportait pas d'en parler mais ce qu'il haïssait par dessus tout c'était de savoir que lui même était malade, l'avait été.
On ne prend pas conscience de cela tant que ce sont les autres qui en souffrent mais lorsque vous êtes personnellement touché tout votre petit monde et vos certitudes sont remis en cause. Vous avez beau mettre tous les masques possibles et imaginables, mettre tout le contrôle que vous voulez, paraître au meilleur de votre forme il n'y a rien de tel qu'un bon retour à la réalité pour ne pas oublier.
Brian se sentait comme ça à chaque fois qu'il venait dans cette salle. Il en était persuadé c'était plus gai dans un cimetière.
-Monsieur Kinney ?
-Oui ?
-On y va ?
Le brun acquiesça. Comme les séances précédentes il était au fond de la pièce aux tortures, côté fenêtre, sur ce coup là il avait eu de la chance à défaut d'autre chose. Il était peut-être un peu excessif mais il détestait ces matinées et il se détestait aussi sans vraiment savoir pourquoi.
Il s'installa pendant que l'infirmière préparait le matériel à côté de lui.
-Alors bientôt la fin ? Demanda la jeune femme avec un sourire.
-Je vous demande pardon ?
-Je vois sur votre dossier que vous en êtes à votre cinquième séance sur les six prévues, alors je disais bientôt la fin...
-Ah oui, en effet, répondit Brian avec un léger sourire.
Il releva la manche de sa chemise alors que l'infirmière posait la perfusion et mettait en route la machine. Il avait l'impression d'être du bétail.
-Bien, à dans deux heures alors. Appelez-moi si vous avez besoin de quelque chose, dit-elle avec toujours le même sourire.
-Merci.
-Je vous en prie.
Brian la regarda s'éloigner. Comment arrivait-elle à garder le sourire dans un endroit pareil ?
Il regarda le produit s'écouler le long du tuyau puis vers son bras. Il avait la sensation de se faire injecter du liquide vaisselle. Malgré tout il n'était toujours pas habitué et les premières minutes étaient toujours aussi désagréables. Il ferma les yeux et pris de longues inspirations essayant d'atteindre un calme intérieur.
Les sensations dépassés il rouvrit les yeux sortit son baladeur et ses oreilles le remercièrent de lui balancer du Miles Davis couvrant les bips incessants autour de lui. Les sons de la trompette le calmèrent et l'enfermèrent dans sa bulle. Il sortit du travail et essaya de penser Nike, pub, photos, comptabilité, Kinnetic dans les deux heures qui suivirent.
O0o0o0o0o0o0o
Justin s'était réveillé tout seul et il détestait ça. Il pouvait se passer de Brian, certes il avait du mal bon peut-être beaucoup de mal mais il n'aimait pas se réveiller tout seul avec pour unique présence contre lui un oreiller !
Il prit une douche rapide, s'habilla et pris la direction de l'appartement de Daphnée pour prendre Anne et se rendre à Kinnetic.
-Salut, fit-il alors que la porte s'ouvrait.
-Salut Just', répondit-elle avec un large sourire.
Ils s'embrassèrent avec enthousiasme. Ils ne s'étaient pas vus depuis un moment.
-Montre moi ça, s'écria Justin en voyant l'annulaire de sa sœur de cœur.
Daphnée rougit et abandonna sa main, avec un sourire, où trônait une superbe bague en or blanc surmontée d'un saphir rouge foncé. L'artiste écarquilla les yeux.
Daphnée eut un rire et le fit entrer. Arthur était dans la cuisine entrain de boire un café.
-Salut Justin.
-Salut Arthur ! Félicitations au fait.
-Merci.
-Alors c'est prévu pour quand ? Demanda le blond alors que Daphnée lui servait un café.
-Cet automne si tout va bien, répondit-elle. Après Arthur pars à Washington pour son stage.
-Ah bon ?
-Oui, il s'est fait embaucher à l'Administration Atmosphérique et Océanique Nationale pour six mois.
-Waouh, s'exclama Justin.
-C'est pas grand chose, répondit Arthur gêné en se passant la main dans les cheveux.
-Il fait son modeste, répliqua Daphnée en s'approchant de son fiancé.
Elle l'embrassa sous l'oeil attendrit de Justin. Il était heureux pour son amie, ils s'étaient vraiment trouvés. Il était rassuré qu'Arthur prenne si bien soin de celle qui avait été tout pour lui lors des années lycée et plus encore.
-C'est pas tout mais Anne est là ? On doit aller travailler nous, s'écria Justin avant de se recevoir la serviette de table que Daphnée lui jetait.
-Bien sur, répondit-elle, dans sa chambre. Tu devrais aller la chercher sinon vous allez jamais partir.
-Okay.
Justin sortit de la cuisine et pris la direction de la chambre d'amis.
-Anne ? Demanda-t-il en toquant.
Il crût percevoir un ''oui'' de l'autre côté de la porte et entra. S'il avait su il n'aurait rien ouvert. Justin se retrouva face à une scène ''cauchemardesque'' : Anne et une fille dans le même lit dans une position pas des plus catholiques.
-Oh bon sang, s'écria-t-il avec force.
-AAAHHH !! cria Anne avant de les couvrir de la couette.
Justin se retourna tellement vite qu'il manqua la porte et se pris le mur en pleine figure.
-Merde !
-Ah Justin...c'est toi !...J'ai failli faire un arrêt cardiaque, s'écria la New-Yorkaise.
-Et moi ?! Je vais plus pouvoir dormir pendant six mois !
Bien qu'il soit contre le mur il fermait avec force les yeux ne sachant pas s'il devait être choqué ou éclater de rire.
-OK...ok...bon, tenta de se reprendre Anne, je te présente Justin, dit-elle en direction de la jeune femme, et J' voici euh...ben...hem...
-Élodie.
-Voilà c'est ça ! Donc Justin, Élodie. Élodie, Justin.
-Salut, fit la dénommée Élodie.
-Salut, répondit Justin toujours le nez collé au mur.
-Je crois qu'il est temps pour toi de rentrer ma belle, entendit le blond.
Justin entendit des froissements de vêtements, quelques baisers : mais Dieu pourquoi était-il entré ?
-On s'appelle ?
-Ouais, ouais c'est ça.
La compagne de nuit d'Anne passa près de lui. Il fit un vague geste de la main, les yeux toujours fermés. Anne s'habilla en quatrième vitesse, passa à la salle d'eau. Justin n'avait pas bougé.
-Qu'est ce que tu fais contre le mur ? S'esclaffa la New-Yorkaise.
-T'es visible ?
-Oui !
Justin se retourna et Anne éclata de rire.
-C'est malin...
-Où sont mes chaussures ? Demanda-t-elle.
-Corbeille à papiers.
-Qu'est ce qu'elles font là ?
-Comment tu peux être aussi bordélique ?
-Parle pour toi Michel-Ange !
Ils partirent de l'appartement de Daphnée dix minutes plus tard. Dans la voiture Justin tendit à son amie le café et le petit dèj express qu'il avait pris au snack en passant. Il mit ses lunettes de soleil et but une gorgée de cappuccino dans son gobelet cartonné.
-Vas-y je vois bien que ça te démange, s'écria Anne en mordant dans un donut au sucre glacé.
-Toi et cette Élodie ?
-Ben oui et laisse moi te dire que j'ai pris un pied intégral, répondit-elle en insistant sur le dernier mot.
-Pas de détails, pas de détails ! J'en ai eu assez pour le reste de ma vie !
Anne éclata de rire.
-Mais je croyais que...
-Que quoi ? Que j'étais hétéro ?
-Ben je sais pas...
-Oh je t'en prie Michel-Ange on est au 21ème siècle, tout le monde couche avec tout le monde ! C'est pénible toutes ces étiquettes : homo, hétéro, bi ou ce que tu veux ! Moi je dis que du moment que tu prends ton pied je vois pas où est le problème.
-Je te juge pas Any, tu fais ce que tu veux !
-Tu l'as dis chéri ! Répondit l'intéressée avec un clin d'oeil.
-Tu vas la revoir ?
-Hum...non.
-Laisse moi deviner c'était que de la baise ?
-Yop !
Justin éclata de rire.
-Qu'est ce que j'ai dit ?
-Vous êtes vraiment pareils ! Répondit-il en s'esclaffant.
-Qui ''vous'' ?
-Toi et Brian !
-Je le prend comme un compliment, minauda-t-elle avec un sourire.
-Tu peux.
Le reste du trajet ne fut que rires et anecdotes. Il arrivèrent rapidement à l'agence toujours dans le même état d'esprit.
-Hé,hé,hé qu'est ce tu fais à ma stagiaire ? S'écria Ted en les voyant arriver.
-Mais rien Monsieur, il n'a rien fait, répondit Anne ce qui les fit repartir de plus belle dans leur fou rire.
Ils se quittèrent et Justin passa au département création voir où en était le travail et les premières impressions photos. Il était vraiment content de ce qu'ils avaient faits même si le dossier était encore loin d'être bouclé. Il prit une mandarine dans la coupe de fruit au centre de la table et écouta l'équipe. Ils lui parlèrent également d’American Apparel et Liberty Air. Bien qu'il ne travaillait pas sur ces deux dossiers, c'était régulièrement qu'on venait lui demander des conseils.
Il travailla jusqu'au déjeuner.
-Bon pause pour tout le monde, dit-il à midi moins le quart.
Il savait qu'en arrivant il n'était pas allé voir Brian et ce dernier allait sûrement lui faire chèrement payer mais rien que d'y penser il en avait des frissons partout. Avec un sourire non feint et sans oublier le travail de la matinée il prit la direction du bureau du grand patron. Il n'eut pas l'occasion de saluer Cynthia, cette dernière étant déjà partie.
Il fit coulisser la porte du bureau de son compagnon.
-Brian tu...commença-t-il avant de s'arrêter net.
Le brun était endormi la tête dans ses bras sur la table de travail. Justin s'inquiéta tout de suite. Il s'approcha en jetant son rapport sur la table basse.
-Brian ? Fit-il doucement pour le réveiller, Brian ?
-Hum...quoi ?
-Brian ?!
-Oh c'est toi Sunshine...
Brian se redressa ankylosé, un mauvais goût dans la bouche. Justin le regarda avec angoisse, il était tout pâle, des cernes sous les yeux.
-Brian qu'est ce qui ce passe ?!
-Hein ?
-Putain qu'est ce qui ce passe ?!
-Je me suis endormi, je crois...
-Tu crois ? S'écria Justin. Tu vas tout de suite me dire ce qui ce passe où je te jure que je t'étripe !
-J'avais une séance de chimio ce matin...répondit Brian en se massant les tempes sachant d'avance qu'il était inutile d'essayer de mentir.
-Ce matin ? S'exclama Justin en se redressant les yeux exorbités.
-Crie pas comme ça...
-Pourquoi tu me l'as pas dit ?
-Pour...
-Je te jure que si tu me dit ''pour quoi faire'' je t'en mets une ! Merde Brian ! Je croyais qu'on étais d'accord !
-...
-T'en as d'autres des comme ça à m'apprendre ?
-Il me reste une séance et un bilan à faire, répondit-il en s'appuyant contre son dossier les yeux fermés.
-Merci de me tenir au courant.
Brian poussa un soupir. Il savait que Justin avait raison sur toute la ligne mais là, vraiment, il n'était pas en état de subir une dispute.
-Debout, finit par dire Justin.
-Quoi ?
-Lève-toi, je t'emmène à la maison.
-Ca va pas, j'ai une tonne de boulot !
-Oui ben c'est pas une tonne de boulot qui va te tomber dessus si tu me suis pas dans la seconde, rétorqua Justin menaçant.
Brian finit par se lever un peu dans les vappes.
-Je peux marcher tout seul ! Grogna le brun.
-Tu parles Charles ! Tais-toi va...
Il l'aida à monter dans sa voiture et pris la direction du Loft en jetant des coups d'oeil inquiets vers son partenaire. Arrivés à l'immeuble ils prirent le monte charge, Justin soutenant toujours Brian. Il ouvrit la lourde porte et la ferma du pied. Il prit la direction de la chambre avec son précieux chargement.
Brian s'écroula plus qu'il ne s'assit sur le lit.
-Je peux le faire tout seul, dit-il à nouveau en voyant Justin lui retirer chaussures, chaussettes et pantalon.
-T'occupes, répliqua l'artiste les sourcils froncés.
Il devait bien l'admettre, Brian vit approcher le matelas et l'oreiller de lui avec délice. Couché sur le flanc droit il ferma les yeux un bras sous l'oreiller, le front plissé, les narines pincées. Justin accroupi près de lui poussa un soupir. Il se releva et alla à la cuisine chercher un verre d'eau et un cachet d'aspirine.
Mais le temps qu'il revienne Brian s'était profondément endormi. Le jeune homme s'agenouilla près de la tête de lit et passa, doucement, sa main dans ses cheveux. Le visage de son partenaire se détendit à son contact, sa respiration devenant plus calme et lente.
-T'es vraiment qu'une tête de mule, chuchota Justin.
Il remonta la couette sur lui et partit prévenir Ted.
Alors que Brian s'était endormi, Justin était parti au salon travailler. Il avait allumé la TV pour tomber une fois de plus sur le sujet favori des médias, actuellement : la proposition 14. La date de vote s'approchant les journalistes s'excitaient sur le sujet comme des vautours autour d'un morceau de viande. Après la manif qui lui avait valu un joli bleu à l'arcade sourcilière il était clair que Brian n'autoriserait jamais Justin à y remettre les pieds. Mais étant ce qu'il était et de surcroît artiste il ne pouvait pas rester sans rien faire. Assis en tailleur sur la canapé il réfléchissait à ce qu'il allait pouvoir inventer. Et c'est entre des photos pour Nike et un bol de pistaches qu'il trouva une idée.
O0o0o0o0o0o
Il devait trouver un moyen d'arriver à ses fins. Le fait qu'il est contacté la police montrait déjà qu'il l'avait remarqué, restait à éloigner les autres mais surtout lui. Il allait trouver un moyen, oh oui il en allait en trouver et ça ne prendrais pas des lustres.
Il eût un sourire.
O0o0o0o0o0o
Carl Horvat n'était pas un homme vaniteux mais il se targuait pourtant d'être un bon flic. A peine sortit du lycée à 20 ans il s'était présenté à l'école de police et avait été reçu. S'en était suivi ses années d'études et finalement son intégration dans le corps policier.
Et aujourd'hui il était au plus haut grade qu'on pouvait être dans le commissariat de Pittsburgh. Rien ne lui résistait jamais ou en tout cas pas très longtemps. Pas une affaire qu'il n'est résolue jusqu'à : aujourd'hui. Aujourd'hui restait encore irrésolues : celle du Babylone quatre ans plus tôt et celle maintenant de Justin avec ce taré qui lui envoyait des lettres toutes tordues plus les unes que les autres.
Assis à son bureau il regardait ces deux dossiers qui étaient toujours pour lui un mystère. Nul doute que la bombe au Babylone avait un lien avec la proposition 14 mais il n'avait trouvé ni les commanditaires, ni le groupuscule qui pouvait être à l'origine de cette bombe artisanale dans la boite. Quand à l'affaire de Justin toujours aucun lien, pas de nom, pas d'empreintes et aucun résultat suite aux noms que le jeune homme lui avait donné.
Il poussa un soupir son menton appuyé dans sa main. Il n'aimait pas se faire balader et encore moins ne pas avoir les réponses aux questions qu'il se posait. Il voulait des réponses et par dessus tout il voulait régler ces deux affaires.
O0o0o0o0o0o
Ce matin là Emmett se rendait dans l'Ohio pour son mariage Sinatra. Ca lui changerait les idées. Il avait toujours aimé les mariages et en devenant organisateur de ces événements, en créant son entreprise il avait réalisé son rêve. Il n'aurait jamais cru en arriver là dans une ville comme Pittsburgh mais il s'était toujours promis d'obtenir tout ce qu'il voulait par n'importe quel moyen. Des personnes comme ce facteur qui lui avait craché dessus alors qu'il était jeune l'avait renforcé dans cette idée.
Il prit donc la route pour l'Ohio organiser encore une fois le plus beau jour de la vie de ce couple. Et le sien à lui ? Ce serait quand ? Un jour ? Peut-être ? Jamais ?
Il secoua la tête, vérifia qu'il avait toutes ses affaires et quitta son appartement.
Il prit le train pour se rendre dans la ville de Akron. Il avait toujours aimé prendre le train, qui lui permettait de penser en regardant défiler le paysage. Il était encore tôt, le soleil se levait à peine, promettant déjà une belle journée.
Et comme depuis la soirée au Babylon, il pensa à Drew et leur séparation. Il ne pouvait rester avec une personne qui lui avait mentit, qui l'avait encore trompé et visiblement pas qu'une fois. En réalité il n'arrivait pas à comprendre. Il cherchait une raison à tout ceci, une raison valable. Peut-être qu'il s'était comporté de façon à ce que Drew aille voir ailleurs. Cette idée le frappa : si c'était de sa faute ? Qu'avait-il fait pour qu'ils en arrivent là ? Tout était-il de sa responsabilité ?
On ne pouvait foutre en l'air une relation de couple comme ça, pour une histoire de fesses ! Emmett n'arrivait pas à le concevoir.
En réalité, Emmett culpabilisait se sentant responsable de quelque chose qui n'était en fait pas de son fait mais il ne pouvait pas encore le comprendre. Il était de ces rares personnes adorables, gentilles, généreuses, naïves qui se laissaient, sans s'en rendre compte, manipulées par d'autres. Il devrait apprendre à le comprendre plus tard mais pour le moment c'est le trou béant que le footballeur avait fait dans sa poitrine qui l’obnubilait. C'était ce goût amer de trahison, d'irrespect, d'amour piétiné qui le submergeait.
Depuis qu'il lui avait dit adieu Emmett s'était saoulé, avait brisé de la vaisselle, pesté, fait des nuits blanches, s'était énervé, s'était empiffré de crème glacée sans encore verser de larmes. Et c'est là, au milieu de ce train à moitié vide, sur la double banquette violette, appuyé contre la fenêtre que les larmes commencèrent à jaillir de ses yeux. Pas d'effusions, pas de cris, mais juste ces perles salées transparentes qui glissaient le long de ses joues, aux commissures de sa bouche tordue. Il ne ferma pas les yeux sur sa douleur, sur ce paysage qui défilait devant lui ; il affronta sa souffrance, son mal être psychologique et physique avec un rare courage.
On dit souvent que les peines de cœur sont les plus douloureuses. L'amour commence comme un éclat de bonheur pur au milieu du tumulte du monde, une tache de couleur éclatante au centre d'un chaos généralisé. On croit à cette couleur, on l'attrape à bras le corps, on s'y jette à esprit et cœur perdu croyant que cet amour sera le plus beau, le plus éternel, le plus flamboyant, le plus passionné. Parfois il le devient mais souvent il s'éteint et la page doit être tournée et on doit se reconstruire. Il n'y a pas plus incontrôlable que l'amour plus dérisoire, plus déroutant, plus inconnu, plus perturbant, plus vertigineux, plus douloureux que l'amour.
Emmett avait eu des petits amis dans sa vie, plusieurs, certains d'un soir d'autres plus. Mais jusqu'à aujourd'hui seulement deux avait réussi à lui voler son cœur et le mettre en pièce : George et Drew. Avec George il n'avait pas eu le temps de tout vivre, de dire tout ce qu'il ressentait, le sablier du temps l'arrachant à lui avant de pouvoir vivre ce qu'ils avaient commencé. Il avait mis du temps à s'en remettre et il savait qu'au plus profond de lui même il l'aimerait toujours, on ne pouvait faire une croix sur de tels sentiments.
Puis Drew était entré dans sa vie comme un ouragan débarque sur une mer sans vague. Il avait déstabilisé Emmett, chamboulé son existence. Emmett avait cru tout recommencer repartir de zéro mais il était de nouveau à la case départ le cœur en miette ; forcé de continuer à avancer malgré tout, forcé de faire naître un sourire à son visage alors qu'il n'avait qu'une envie : s'enfouir sous la couette et ne plus jamais se réveiller.
Mais comme tout autre mortel que les Dieux ont plaisir à torturer avec le sentiment amoureux il allait devoir faire à nouveau surface, renaître, tourner la page, reprendre confiance en lui, croire à nouveau que quelqu'un, quelque part l'aimera autant que lui peut aimer et donner. Il n'y avait pas plus croyant qu'Emmett en l'amour, c'était un prêcheur de l'amour pour qui l'équilibre du monde ne pourrait exister sans. Comme Justin il croyait profondément et sincèrement en l'amour. Il n'y avait qu'à voir l'artiste avec Brian, Ted avec Blake, Mickael avec Ben ou tout simplement l'amour qui les unissaient tous en une grande famille unie.
Pour le moment Emmett voyait toutes ses idées s'effondrer à travers ce flot de larmes qui venait nettoyer son visage. Il les laissa couler, ne les retint pas une seconde parce qu'elles étaient le premier pas vers sa guérison. Malgré tout le mal que Drew Boyd avait fait il serait le plus fort et devrait pardonner et se pardonner.
A quelques sièges de là, une vielle dame entrain de tricoter posa un regard bienveillant sur cet homme entrain de pleurer silencieusement le menton appuyé dans la paume de sa main. Elle n'avait pas vu beaucoup d'hommes pleurer dans sa vie qui commençait à se faire longue mais à chaque fois elle avait trouvé ces larmes belles et empruntes d'humilité. Elle ne connaissait pas Emmett mais éprouva cependant immédiatement de la sympathie et de la bienveillance pour ce jeune homme aux jolis traits. Elle continua son activité sans le quitter des yeux derrière ses petites lunettes en forme de demi-lune.
Deux heures plus tard il arrivait dans la petite ville d'Akron. La famille lui avait fait loué un charmant hôtel en bordure de la ville dans un paysage boisé. Les personnes qu'il avait engagé étaient déjà à l’œuvre lorsqu'il arriva sur place. Il restait du travail mais tel un maître de cérémonie, un chef d'orchestre il virevolta entre les différentes pièces, les différents travaux et fit ce pourquoi il était le meilleur.
A la soirée tout était prêt et on accueillit invités, le couple vedette de la soirée, la famille... La cérémonie fût émouvante. Emmett y assista depuis le fond de la pièce avant de retourner en cuisine et de donner ses directives pour la suite de la soirée. Son métier était de rendre heureux les gens et il ne dérogerait pas à cette règle ce soir.
L’apéritif, suivi du dîner et du dessert furent une réussite. A l'ouverture du bal, après le coup de feu, Emmett sortit sur la terrasse prendre l'air. Il avait encore récolté plusieurs cartes de visites et reçu plusieurs commandes. Le couple de la soirée l'avait félicité pour la somptuosité de la soirée et son bon goût. Emmett avait été flatté mais aussi ravi que son travail plaise. Pourtant il n'arrivait pas à pleinement profiter de cette soirée qu'il avait organisé.
Il sortit sur la terrasse légèrement balayée par une petite brise timidement chaude en ce début de mois de juin. Il s'accouda à la balustrade en vieilles pierres qui descendait au jardin. Le jeune homme poussa un soupir, il lui faudrait du temps, beaucoup de temps. Emmett ne voulait pas passer à côté de cette journée ni des prochaines qu'il allait vivre. Mais il se sentait écartelé, comme cassé en deux, la poitrine vide, mise à vif, à la dérive. Il se sentait comme dans l'oeil d'un cyclone qui se déplace lentement au milieu d'un chaos généralisé comme enfermé dans ses propres émotions, dans l'incapacité de les exprimer, la gorge nouée, le ventre serré, à la fois muet et hurlant à l'intérieur.
-Vous avez l'air bien triste pour une journée pareille, entendit-il soudain.
Il sursauta, se retourna vivement sur la gauche d'où provenait le son de la voix.
-Je ne voulais pas vous faire peur, dit encore cette voix qui sortait de la bouche d'un homme souriant.
Sans doute la trentaine, les cheveux bruns coiffé en bataille, deux yeux verts perçants, un nez fin, un large sourire qui créait de petites fossettes sur ses joues, une bouche charnue, une barbe apparente mais soignée. Un visage ovale, une silhouette fine et élancée. Il devait être aussi grand qu'Emmett. Il portait une chemise blanche légèrement ouverte retroussée sur ses avant bras qui laissait apparaître un tatouage sur la gauche et un large bracelet en cuir à son poignet droit. Il portait une chevalière à la main droite. Un gilet noir déboutonné était passé sur la chemise. La tenue se terminait par un pantalon cintré et des chaussures noires montantes délassés.
Emmett s'était retourné mais n'avait toujours pas répondu occupé qu'il était à le dévisager.
-Bonsoir, repris l'homme sans se départir de son sourire.
-Euh...bonsoir, bafouilla Emmett en redescendant sur terre.
-La fumée vous dérange ? Demanda l'homme en sortant un paquet de Malboro.
Emmett répondit non en secouant la tête. L'homme glissa le cylindre blanc à bout doré entre ses lèvres. Il sortit un zipo à l’effigie des Black Sabbath et l'alluma, éclairant quelques secondes son visage. Il tira quelques bouffées sans rien dire. Emmett s'était déjà replongé dans le jardin en contrebas.
-Scott Wilson le petit fils des mariés, dit-il en tendant la main.
Emmett la prit. Une peau plutôt douce ne put-il s'empêcher de remarquer avec une poigne franche et forte. C'était comme se prendre une décharge dans tout le bras. Il regarda sa main en haussant un sourcil.
-Emmett Honeycutt.
-Alors c'est vous l'organisateur de la soirée ?
-C'est moi, répondit-il avec un sourire en coin.
-Vous êtes d'où ?
-Pittsburgh... Et vous ?
-Philadelphie, répondit Scott. Emmett Honeycutt de Pittsburgh, répéta-t-il doucement.
Le wedding planer le regarda en coin les sourcils froncés.
-Pourquoi cette triste mine Emmett Honeycutt de Pittsburgh ? Demanda-t-il en tirant une nouvelle bouffée de sa cigarette.
A travers la fumée grise seuls ses yeux ressortaient comme deux éclats. Il passait de sa bouche a sa main le long cylindre blanc. C'était comme si le temps s'arrêtait.
-C'est pas grand chose, répondit presque dans un murmure Emmett.
-On ne fait jamais une tête pareille pour pas grand chose, souffla Scott en s'appuyant contre la balustrade avec un léger sourire.
-Je ne vous connais pas...
-Et alors ?
Emmett ne savait pas pourquoi mais il avait envie de parler à cet inconnu qu'il ne connaissait ni d’Ève ni d'Adam. Il avait l'impression qu'il pouvait discuter de tout pendant des heures avec cet homme. Il eut un sourire en entendant sa réponse.
-Je viens de me séparer en fait, finit par répondre Emmett en baissant les yeux ses doigts se crispants sur la pierre n'arrivant pas à croire qu'il venait de prononcer ces mots.
Il n'avait pas encore dit cette phrase à voix haute depuis la soirée au Babylone. Il n'avait pas encore mis de mots sur les événements et il était entrain de le faire avec un type qu'il connaissait depuis 30 secondes. Quel avait été le déclic ?
-Qui à quitté l'autre ? Repris Scott aspirant toujours sa cigarette avec une lenteur mystérieuse.
-Moi. C'est moi qui suis partit.
-Pourquoi ?
-Il me trompait.
-Pas très malin, répliqua à nouveau Scott sans cesser de le regarder.
Emmett ne savait pas pourquoi il répondait à ses questions franchement indiscrètes. Il se sentait en confiance et quelque part ça lui faisait du bien de se confier même si c'était avec un inconnu total qu'il ne reverrait jamais. Cet homme l'aurait d'ailleurs certainement oublié dès le lendemain. Il termina sa cigarette en silence et jeta son mégot.
-Et vous faites quoi à Philadelphie ? Demanda Emmett changeant de sujet.
-Hum...fit Scott avec un sourire, on ne va pas tout se dire au premier rencard. Vous ne m'avez même pas offert de verre, s'écria-t-il avec un large sourire. Je suis sûr qu'on se reverra Emmett Honeycutt de Pittsburgh, termina-t-il avec un clin d'oeil. Salut...
Emmett, les yeux écarquillés, le regarda partir les mains dans les poches la démarche un peu nonchalante. Vraiment ce Scott Wilson n'était pas commun qui lui était apparu comme dans un mirage. Emmett se serait presque demandé s'il n'avait pas rêvé.
La vie était faite de façon étrange, le hasard menait parfois à des carrefours inattendus. Cette rencontre aussi impromptue soit-elle avait mis du baume au cœur d'Emmett même s'il ne devait jamais revoir Scott Wilson.
Il ne le recroisa pas de la soirée mais l'aperçu quitter la réception, veste en cuir foncée, casque noir sur la tête, assis sur une Honda Vintage 92 CB 250. Dérapage contrôlé sur l'allée, toujours le même sourire sur son visage et c'est les phares rouges qu'Emmett vit en dernier.
Vraiment une rencontre étrange.
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Depuis leur retour de Pittsburgh après l'anniversaire de Brian l'ambiance dans la maison de Toronto de Lindsay et Mélanie était tendue. L'avocate n'arrivait pas à comprendre le comportement de sa compagne. Comment cette femme qu'elle aimait avait pu tenir de tels propos, avec une telle violence ? Il est vrai qu'au départ elle n'avait pas voulu que Brian soit le père et le sujet avait été propos à d'incessantes discordes mais les choses c'étaient un peu tassées avec le temps. Surtout Mélanie était reconnaissante à Brian de lui avoir laissé ses droits et de les avoir laissées partir pour le Canada ce que tous les pères n'auraient pas fait.
Les propos de Justin lui revenait souvent en mémoire et elle ne savait pas où toute cette histoire allait les mener.
Mélanie ayant de plus en plus de travail au cabinet se sentait s'éloigner, un quotidien étrange s'était mis en place.
De son côté Lindsay ne décolérait toujours pas de son séjour à Pittsburgh. Ni de la façon dont Brian s'était comporté, ni de celle de Justin. Elle n'en revenait toujours pas qu'il ai pu la menacer d'avocat et de tribunal en ce qui concernait Gus. Après tout ce qu'elle avait fait pour lui, avec les expos et tout le reste elle était tout simplement dégoûtée. En réalité on aurait pu dire qu'elle était de très mauvaise foi et sans conteste jalouse.
Elle en voulait à Mélanie de ne pas l'avoir soutenue dans cette histoire. Elle s'était sentie abandonnée alors qu'elles étaient mariées toutes les deux. L'ambiance à la maison était donc un peu tendue. Sans compter que Gus depuis son séjour chez les garçons n'arrêtait pas de réclamer Brian ou Justin ; au téléphone, sur internet, en envoyant des cartes, en parlant à répétition des vacances qu'il avait passées là-bas et de cette question incessante « pourquoi maman et manoune n'habitent pas plus près de Papa et Paddy ? ». A croire que son fils préférait les garçons à elle ce qui la faisait enrager davantage.
Au milieu de tout ça son travail à la fac de Toronto lui prenait beaucoup de son temps mais elle aimait pourtant ce qu'elle faisait trouvant dans ce poste d'enseignante un réconfort à sa carrière d'artiste avortée. Elle ne pourrait jamais reprendre le dessin ou la peinture dans cette vie désormais, alors elle remplaçait cela par le département d'arts plastiques de Toronto.
Elle pensait à tout ceci assise à son bureau lorsqu'on frappa à sa porte.
-Entrez.
-Je dérange ? Demanda un homme blond en entrant dans le bureau avec un sourire.
-Pas du tout Rick je t'en prie.
Rick Johnson était un artiste dit conceptuel qui s'était fait connaître au Canada avec ses sculptures. Après des années passées dans les galeries et dans différents pays il s'était reconverti comme enseignant à la faculté de Toronto et enseignait aux élèves sa passion. En arrivant à l'université Lindsay ne connaissait personne et les deux anciens artistes avaient rapidement sympathisé.
-Comment vas-tu ? Demanda-t-il en s'asseyant face à elle.
-Ca va, répondit-elle avec un sourire, et toi ?
-Ca va, dit-il avec un large sourire, j'ai un nouveau projet et je t'invite à boire un verre pour en parler. Partante ?
-D'accord. Tu as de la chance je viens de finir.
-En effet je suis chanceux, termina-t-il avec un clin d'oeil.
Ils quittèrent le bureau et sortirent de la faculté.
Mélanie avait demandé à son patron une petite ristourne sur la journée ce qu'il lui avait accordé avec plaisir au vu de la qualité de son travail. Elle était donc passé chercher les enfants à l'école avant qu'ils n'aillent à la garderie. Chacun y allait de son commentaire sur la journée trop content que leur mère soit passé les prendre plus tôt. Elle prit la direction de l'université pour prendre Lindsay et ainsi aller tous les quatre dans un restaurant pour essayer tant bien que mal de recoller les morceaux.
Elle se garait lorsqu'elle vit Lindsay descendre la grande volée de marche de l'école et s'apprêtait à l'appeler lorsqu'elle constata qu'elle n'était pas seule mais au bras d'un homme blond sourire aux lèvres ou plutôt entrain d'éclater de rire. Elle eut besoin d'un certain temps pour assimiler ce qu'elle voyait. A l'arrière sa fille continuait de piailler.
-Maman ! Maman !
-Attend chérie, s'écria-t-elle.
Elle essaya de se calmer, les mains crispées sur le volant. Elle prit son souffle à plusieurs reprises les suivant du regard.
-Qu'est ce que tu m'as dit ma puce ? Demanda-t-elle en se retournant a moitié calmé.
-J'ai faim.
-Oui on y va, répondit Mélanie en mettant le contact.
-Et maman ? Demanda Gus.
-Elle...elle travaille.
-Encore ? Soupira le garçonnet.
-Je suis désolé mon grand ça va aller ?
-Moui...
-Et si je vous emmenais au Macdo ? S'écria Mélanie se composant une expression joyeuse.
Une réponse plus que positive éclata dans l'habitacle décrochant un sourire, sincère cette fois-ci, à Mélanie.
Ils passèrent malgré tout une très bonne soirée et Mélanie avait été heureuse d'avoir ses enfants pour elle essayant de reléguer dans un coin de son esprit l'épisode qui s'était produit un peu plus tôt.
Les enfants couchés et l'histoire lue elle redescendit au salon et se servit un verre d'alcool. Elle allait en avoir besoin. Mélanie s'assit sur le canapé et attendit. Ce n'est que vers 22h qu'elle entendit enfin la clé dans la serrure et qu'elle vit sa compagne entrer.
-Où tu étais Lindsay ? Demanda-t-elle avec une voix glaciale.
Lindsay s'était figée en entendant la question de sa compagne. Plantée dans l'entrée,elle ne disait rien.
-Alors où est ce que tu étais ? Demanda à nouveau Mélanie.
-Je...je suis allée boire un verre avec un collègue, répondit la blonde en baissant le regard.
-Regarde moi quand tu parles.
Lindsay sursauta au ton de la voix et leva les yeux.
-Je suis allée boire un verre avec un collègue, répéta-t-elle avec un peu plus d'assurance.
-Le blond peroxydé ?
-Quoi ?
-Je t'ai vu, répondit l'avocate le regard sombre. J'ai demandé à mon chef de me lâcher plus tôt aujourd'hui. Ce qu'il à fait. Je suis allé chercher les enfants à l'école et je suis passé à la fac pour te faire une surprise. Je voulais qu'on ailler manger tous les quatre.
-C'est pas du tout ce que tu crois Mél ! S'écria Lindsay sans même répondre à la surprise qu'avait voulu lui faire son épouse.
-Ah oui ?
-Non ! Rick est...
-Ah parce que c'est Rick ? S'exclama Mélanie avec un sourire sarcastique.
-Rick est un artiste qui enseigne à la faculté , on à sympathisé quand je suis arrivée.
-Dis moi Lindsay, pourquoi tu te justifie ? Tu as quelque chose à te reprocher ?
-Mais non...je...enfin, bafouilla la blonde, je...pardon de ne pas avoir été là, je savais pas...je...vous avez passé une bonne soirée ?
-Très. J'espère que toi aussi, fit Mélanie, je tiens juste à te faire savoir que Gus m'a encore demandé pourquoi Maman n'était pas là. J'ai dit que tu travaillais ce à quoi il m'a répondu : « encore ? » .
Lindsay n'était pas à l'aise.
-Je déteste mentir à mes enfants Lindsay, repris Mélanie en sortant du salon.
-Attends, fit la blonde en la retenant par le bras.
-Quoi ?
-Je suis désolée vraiment, tu aurais du m'appeler !
-Si ce n'était que cette fois...
-Quoi ?! S'écria Lindsay.
-On te vois plus en ce moment ! C'est quand la dernière fois que tu es arrivée avant que les enfants soit couchés ? Ou que tu as passé un week-end entier avec nous ?
-Je travaille !
-Moi aussi je travaille Lindsay, cracha la brune, mais je trouve toujours du temps pour nos enfants. Je ne passe pas mes soirées avec mes collègues à boire des verres.
-Mais c'est pas ce que je fais ! S'insurgea l'enseignante.
-Ah bon ? Excuse-moi mais avec ce que je viens de voir ce soir je te crois pas vraiment. Nos enfants ne devraient jamais à avoir à demander pourquoi une de leur maman n'est pas là.
-Et qu'est ce que tu voudrais que je fasse ?! Que je lâche mon boulot et que je reste toute la journée à la maison en gentille femme au foyer ?
-Pardon ? Demanda Mélanie la mine outrée. C'est pas ce que je suis entrain de te dire ! Du tout ! Écoute quand je parle ! Le fait est que nous avons une famille maintenant et qu'on ne pourra jamais faire sans ! Quand on est parties de Pittsburgh c'était pour trouver un cadre de vie plus sain, pour se retrouver tous les quatre mais aussi toutes les deux, qu'on se reconstruise. C'est bien ce qu'on avait dit non ?
-Oui mais...
-Je suis bien contente de l'apprendre. Rappelle-t-en. Maintenant excuse-moi je suis fatiguée je vais me coucher. Je te laisse méditer là-dessus, termina Mélanie toujours aussi froide l'expression sombre.
Elle monta les escaliers sans se retourner laissant Lindsay, debout, au milieu du salon le visage défait.
Lindsay se dévêtit avec rage envoyant valdinguer ses chaussures à travers l'entrée. Elle passa à la cuisine se laver les mains et monta au premier. Elle s'arrêta à la chambre de JR puis de Gus. Elle les regarda dormir quelques minutes depuis la porte. Lindsay poussa un soupir. Peu importe qu'elles soient à Pittsburgh ou Toronto pourquoi tout était-ce toujours si compliqué ? Pourquoi est ce qu'elles ne vivaient pas leur vie tranquillement comme cela aurait toujours dû être ? De manière simple, sans vagues ? Quand trouveraient-elles la tranquillité ?
Elle ferma doucement la porte de son fils et alla à la salle de bain.
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Daphnée était au téléphone assise dans la cuisine tandis qu'Arthur faisait la cuisine. Une délicieuse odeur s'échappait de la gazinière songea la jeune femme.
-Non maman, dit-elle l'oreille collée à l'écouteur, non...avant on ne peut pas et puis de toute façon on ne veut pas...Maman on est pas obligé de se marier en été ! …Non Arthur et moi on fera ça en automne...oui maman...non, non plus non...Maman...Maman il faut que je...Il faut que je raccroche...Maman...Oui maman...Oui d'accord...au revoir Maman...oui au revoir, termina Daphnée avant de raccrocher.
Elle poussa un soupir alors qu'Arthur eut un sourire.
-Elle va me rendre cinglée, dit la jeune femme en s'appuyant à la table.
Son copain eut un rire. Elle fit le tour de la table et le rejoignit en passant ses bras autour de sa taille. Elle se serra contre lui en fermant les yeux, respirant son odeur. Arthur posa sa main contre la sienne.
-Hum...ça sent bon, dit-elle en s'appuyant contre le meuble à côté des plaques. Il va falloir que j'apprenne à faire autre chose que des pâtes et des soupes instantanées si je veux m'occuper de mon petit mari.
-On est plus dans les années 60 ma puce, répondit Arthur avec un sourire, on est au 21ème siècle et ce sont les hommes qui font la cuisine au 21ème siècle pendant que tu peux mettre les pieds sous la table.
La brune eut un rire. Elle glissa une main sur sa nuque et déposa ses lèvres sur les siennes. Il reprit son activité sans se départir de son sourire. Daphnée posa sa tête sur son épaule en poussant un nouveau soupir.
-Tu veux vraiment laisser ta mère tout organiser ? Demanda-t-il doucement.
-Est-ce-qu'on à le choix ?
-Daph, je ne veux pas que ce mariage soit une source de contrariétés pour toi.
-Tu es un amour, répondit Daphnée avec un doux sourire.
-C'est pour ça que tu as accepté de m'épouser.
Un rire se fit entendre dans la pièce.
-Je savais, fit la jeune femme, que Maman voudrait tout organiser elle est devenue hystérique quand elle à su que tu avais demandé ma main.
-Je vois.
Et puis tout d'un coup Daphnée eut un éclair de lucidité, une idée germant dans son esprit.
-Tu sais quoi je viens d'avoir une idée ! S'exclama-t-elle avec enthousiasme.
Elle prit le téléphone et composa le numéro de son meilleur ami : Justin.
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Il était arrivé il y a dix minutes tambourinant contre la porte.
-Emmett ! Emmett ! Ouvre la porte !!
Le dit Emmett était dans la chambre caché sous sa couette. Il n'avait pas eu de mal à reconnaître la voix de Drew et au vu de la façon dont il s'exprimait il était clair qu'il avait bu plus d'un verre. En réalité le wedding-planer était terrorisé. La force de la voix, les tambourinements contre la porte, la violence qui se dégageait de la situation. Son cœur cognait contre sa poitrine, il avait chaud enfoui ainsi sous les draps mais il n'osait pas sortir la tête de peur de faire comprendre au footballeur sa présence.
-EMMETT ! Hurlait-il, EMMETT ! Ouvre !! Je sais que t'es là !! Ouvre ou je démolis la porte !! EMMETT !!!
Il était tétanisé mais ne voulait surtout pas ouvrir. Une facette de la personnalité de Drew qu'il ne connaissait pas, faisait surface. Une violence qu'il n'avait jusqu'ici pas soupçonné. Le sang battait à ses tempes mais il ne bougea pas et resta où il se trouvait.
Les coups donnés contre le bois de la porte durèrent encore plusieurs minutes et puis d'un seul coup le calme se fit. Ce n'est qu'au bout d'une demi-heure qu'Emmett osa sortir la tête de sous la couette. Il écouta avec une attention précise le silence qui l'entourait tentant de détecter le moindre bruit, le moindre mouvement qui aurait pu lui signaler, encore, la présence de Drew.
Il finit par tendre la main vers sa table de nuit et prit son téléphone portable.
-Allô ?
-Ted ?
-Emmett ?
-Oui.
-Est-ce-que ça va ?
-Je peux venir chez toi cette nuit ?
-Em qu'est ce qui ce passe ?!
-S'il te plait...
-Viens, je t'attend.
-Merci.
Emmett fit le chemin qui le séparait du domicile de son meilleur ami une boule au ventre, les entrailles nouées.
Lorsque le comptable ouvrit la porte d'entrée il se trouva face à un Emmett blanc comme un linge.
-Em ! Est ce que tu vas bien ?
-Je sais pas trop, bredouilla-t-il.
Il le fit asseoir sur le canapé et alla lui chercher un verre d'eau qu'il but d'une traite.
-Drew est venu chez moi, dit-il après avoir repris son souffle.
-Qu'est ce qui s'est passé ? S'inquiéta Ted.
-Je pense qu'il avait bu, il cognait contre la porte en hurlant.
-...
-J'ai pas ouvert, termina Emmett le menton tremblant.
-D'accord. C'est bon Em, calme toi ok ? Il ne viendra pas ici d'accord ?
Emmett hocha de la tête avant d'appuyer son front contre sa main. Ted avait eu du mal à croire ce que le footballeur avait fait mais ce dont il était certain c'est qu'il lui en voulait à mort d'avoir rendu son meilleur ami malheureux. Il le haïssait pour devoir voir Emmett assis dans son salon entrain de pleurer les mains tremblantes.
Justin triait son dernier projet sur la table basse, une tasse de café à la main. Brian était déjà partit à Kinnetic. Devant lui la TV était allumée. Il devait retrouver tous les autres l'après-midi chez Ted.
Le cadre noir crachait des informations présentées par un homme en costume aux yeux vides d'expression.
« Le projet de loi 14, proposé par le sénateur Jeffrey Nash, soutenu publiquement par la représentante de l’État du Mississippi Viane Hogan et le prêtre Lou Engle fait encore parler de lui à la veille de son passage dans certains états du territoire américain. Les états du Kansas, de l'Oklahoma, du Colorado, du Nevada, du Texas, du Michigan avaient très rapidement voté en faveur de la proposition 14 suivis nous venons de l'apprendre ce matin par le Mississippi, le Montana et le Wyoming qui viennent d'adopter le projet déclenchant des vagues de protestations notamment dans les villes de Cheyenne, Helena, Boise ou encore Jackson.
L’ecclésiaste évangélique Lou Engle connu pour sa direction de The Call proposant des rassemblements de prières de douze à vingt-quatre heures et ses prises de positions parfois très virulentes s'est dit enchanté du vote de ce projet de loi par ces neuf états espérant qu'ils seront suivis par d'autres.
A ce jour seuls les états du Vermont, de la Californie et de l'Oregon ont refusé d'adopter le texte de loi extrêmement répressif envers les couples de même sexe. Kate Boone, élue à la chambre des représentants de l'état de Californie s'est dite ''scandalisée à l'égard de ce texte, violant tous les principes de la constitution américaine. Crachant au pied de l'égalité et faisant faire aux américains un retour en arrière de cinquante ans.''
Madame Boone avait d'ailleurs, au moment où la proposition était apparue, tout de suite mobilisé la population et les associations LGBT afin que le projet de loi soit refusée en Californie. Elle dira lors d'un meeting à San Francisco ''En acceptant ce projet de loi vous tuez une deuxième fois Monsieur Harvey Milk et vous ne valez pas mieux que des Staline, des Hitler ou des Poutine!''. Elle ne s'arrêta pas là et continua activement de défendre ses idées à travers tous les états américains soutenus par certaines associations comme la PFLAG ou par certaines célébrités telles Elton John, Ellen Degeneres ou encore le réalisateur Gus Van Sant.
Ellen Degeneres déclarera notamment lors d'une interview : ''Voter en faveur d'un tel projet de loi au vingt et unième siècle me paraît totalement irréel. Si une telle loi devait passer on verrait une recrudescence de violences homophobes se produire. Ca me fait peur, si cette proposition 14 passe ce sera la chasse aux sorcières des personnes lesbiennes, gay, bi, trans. J'espère que les élus sauront faire le bon choix et se rendre compte de tout ce que ce texte véhicule.''
La proposition 14 en instance de vote dans encore de nombreux états permettrait notamment :
-d'interdire le mariage aux couples de même sexe
-d'interdire l'adoption aux couples homosexuels
-possibilité de retirer leurs droits parentaux aux couples du fait de leur orientation sexuelle
-possibilité d'interdire la propagande dite ''homosexuelle''
-possibilité à tout employeur de renvoyer un employé sur la base de son orientation sexuelle
-autorise commerçants ou tout personne de vendre ou de servir à des personnes homosexuelles sous couvert de leur liberté religieuse
-autorisation de descentes policières dans les lieux LGBT
...etc...
Dans tout le pays des violences en faveur et contre la proposition Nash se sont soulevés depuis la naissance de ce projet de loi. Rappelons que les états de l'Arizona, du Maine, de la Géorgie, de New-York, de Pennsylvanie et du Connecticut devront se prononcer sur la proposition courant du mois de juillet alors que de plus en plus de débordements ont lieux dans des villes telles que : New-York, Portland, Atlanta, Phoenix, Philadelphie, Pittsburgh, Hartford ou encore Washington D.C.
Le président George Bush était en visite à l'étranger actuellement en pleine campagne électorale pour les élections de novembre 2008... »
Justin écoutait tout en continuant de travailler le visage sensiblement énervé, il ne pouvait pas rester sans rien faire.
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Trois semaines après le tapage de Drew chez Emmett c'était Ted et Blake qui déménageaient dans leur nouvelle maison trouvée par Jennifer, la mère de Justin. L'agente immobilière avait trouvé un ravissant pavillon avec un étage dans la banlieue de Pittsburgh à quelques minutes du centre ville. Blake avait rendu les clés de son appartement et Ted louerait le sien dont il était le propriétaire.
Depuis plusieurs semaines déjà Ted avait commencé à faire ses cartons, emballer ses bibelots, faire le tri dans toute une vie. Il fermait un énième carton lorsqu'il fit une pause. Il s'installa au bar de sa cuisine chromé toujours astiquée au centimètre carré près et se servit un café.
Que de chemin parcourut pour lui depuis la fac et son diplôme d'expert comptable. Depuis sa rencontre avec Emmett puis celle avec Mickael et Brian. Il y a huit ans, comme ses comparses de toujours, il écumait bar et boîte de nuit de la Liberty Avenue à la recherche du prince charmant. Il avait toujours été le plus romantique des quatre avant l'arrivée de Justin bien sur, encore que...
Bien qu'éternel romantique il n'avait jamais été très doué dans ces relations sentimentales comparé à son travail ou ses relations amicales. Il songea avec un sourire qu'il n'était vraiment, absolument pas du tout doué pour ses relations sentimentales à l'époque. Sans compter qu'il y a huit ans il était amoureux fou de Mickael depuis déjà plusieurs années qui n'avait d'yeux que pour Brian qui n'avait d'yeux pour personne jusqu'à ce qu'un certain artiste déboule dans leurs vies.
Il pensa à sa première rencontre avec Blake en tournant sa cuillère dans son mug. Là non plus pas vraiment une réussite et même une catastrophe totale qui avait faillit lui coûter la vie. Tout paraissait si loin. Ils avaient passé les huit dernières années à se croiser, à se chercher, à se déchirer, à s'apprivoiser, à se perdre pour mieux se retrouver, ils n'avaient jamais été vraiment éloignés l'un de l'autre. Mais la consécration s'était faite lors de la Gay Ski Week. Ted s'y était rendu avec son meilleur ami Emmett pour fêter son anniversaire et se remettre de sa rupture de l'époque. Et là, pur hasard, qu'il bénissait chaque jour, il avait retrouvé Blake en sortie avec un groupe d'amis du centre où il travaillait. La meilleure coïncidence de toute sa vie.
Flash Back
Emmett avait conseillé à Ted avec un sourire de faire un vœux avant de souffler les bougies sur l'énorme gâteau qu'il avait commandé spécialement pour l'occasion, plein de crème comme seul Emmett pouvait les trouver. Il ne savait pas de quoi était fait l'avenir mais il était avec son meilleur ami ce soir et c'était tout ce qui comptait.
-Ted ?!
Il se retourna et se trouva nez à nez avec la dernière personne qu'il aurait imaginé à cette semaine ski organisée par son ex hystérique.
-Blake ?
-Salut, répondit le jeune homme avec un large sourire sincère.
-Salut, fit-il soudain envahit par une sensation toute nouvelle, mais...qu'est ce que tu fais là ?
-On est venu a la week ski gay avec des amis du centre.
-D'accord, répondit Ted toujours en souriant jusqu'aux oreilles.
-Hum...fit Blake en se passant la main dans les cheveux, salut Emmett...
-Bonsoir Blake, répondit-il avec un léger sourire.
Même si l'eau avait coulée sous les ponts Blake n'était toujours pas très à l'aise en présence d'Emmett. Cependant Ted et lui ne se quittaient plus des yeux.
-Bon...ben, je suis content de t'avoir vu...repris Blake, on se croisera sans doute plus tard, dit-il de l'espoir dans les yeux.
-Oui...oui...enfin, fit Ted en se tournant vers Emmett, ça t'embête si je...
-Non sweetheart vas-y, fais toi plaisir c'est ton anniversaire !
-T'es sur que ça te gêne pas ?
-Non allez file ! Termina Emmett avec un large sourire.
Ted ne se le fit pas dire deux fois et suivit Blake avec l'expression d'un gamin devant ses cadeaux de noël.
Le comptable avait rencontré les amis de Blake mais ils s'étaient très vite isolés tous les deux avec un verre de vin chaud pour discuter de tout et de rien.
-Comment vas-tu depuis la dernière fois ?
-Ca va, j'ai fini par m'en sortir, Emmett m'a beaucoup aidé...répondit Ted les joues rosissantes.
-J'étais sur que tu t'en sortirais, tu es un battant.
Le comptable eut un sourire les yeux baissés.
-Et toi ? Que deviens tu ?
-Je travaille toujours au centre, où j'ai de plus en plus de responsabilités. Tu sais...
-Oui ?
-Je crois que je ne te remercierai jamais assez de tout ce que tu as fais pour moi...
-...
-Je suis sincère Ted. C'est grâce à toi si je m'en suis sortit, si j'ai pu me reconstruire et si j'ai pu trouver ma voix professionnelle.
Le comptable assis confortablement de profil dans le divan ses jambes repliées sous lui coula un regard vers le jeune homme assis près de lui. Dans la cheminée le feu continuait de crépiter. Il se passa une main dans les cheveux.
-Je te suis vraiment et éternellement reconnaissant, repris Blake en prenant sa main dans la sienne.
Comme ce contact était inattendu et pourtant si agréable pour Théodore. C'était comme de revenir à la maison après une longue traversée du désert. Un silence s'installa mais pas inconfortable dans lequel leurs doigts ne se désenlacèrent pas.
Il n'avait pas fallu bien longtemps pour qu'ils se retrouvent après leur retour à Pittsburgh.
Fin du flash back.
Théodore eut un sourire plein de mélancolie les doigts autour de sa tasse.
-A quoi tu penses ? Entendit-il près de son oreille en sentant deux bras l'enlacer.
Il posa une main sur celles de son partenaire.
-A la Gay Ski Week d'il y a trois ans.
-J'avais trop peur ce soir là qu'Emmett ne m'autorise pas à te voir et me jette à la figure ce gros gâteau qu'il y avait sur la table devant vous, répondit Blake avec un petit rire.
Ted fit pivoter son tabouret et entoura la nuque de son compagnon en poussant un soupir. Ce dernier posa ses mains sur ses hanches, la tête penchée sur le côté souriant. Théodore déposa un doux baiser sur ses lèvres.
-Je me disais, commença-t-il.
-Théodore ouvre la porte ! Entendirent-ils entrecoupé de rires derrière la porte d'entrée.
Ils eurent un sourire. Impossible en effet de ne pas reconnaître la voix de Brian Kinney.
-Tu me diras ça tout à l'heure, repris Blake, chez nous...
Théodore le regarda avec toute la tendresse du monde, ce n'était pas peu dire qu'il aimait cet homme à n'en plus finir. Il frotta son nez contre le sien, lui vola un baiser et prit la direction de l'entrée.
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Lorsque Debbie Novotny arriva devant l'appartement de Ted en cette fin d'après-midi des collations à la main elle vit tous ses enfants réunis sur les marches du perron entrain de boire une bière.
La bande avait aidé le couple à finir de vider l'appartement de Ted.
Comme toujours Brian était au centre du groupe et de l'attention. A sa gauche se trouvait Justin assis en haut des marches, Emmett était appuyé contre ses jambes riant aux éclats tapant dans la main du blond. A droite se trouvait Ben entre les jambes de Mickael qui se trouvait à côté de Blake. Quand à Ted il était debout à côté de Justin et Emmett.
Elle s'arrêta de l'autre côté de la rue avec un sourire bienveillant comme seule une mère pouvait avoir. Elle se souviendrait toujours de la première fois où elle avait rencontré Brian puis Emmett et Ted. Plusieurs années plus tard c'était Justin qui était entré dans leurs vies puis Blake et enfin Ben. Elle les aimait tous comme ses propres fils, fière de chacun d'entre eux sans distinction.
Trois avaient monté leur entreprise, un était devenu associé dans l'une des trois boites, un autre s'était lancé avec succès dans le monde artistique, un autre encore aidait son prochain tous les jours et encore un autre publiait des romans à succès tout en se battant pour ses idées, quatre était mariés et installés, deux autres commençaient une nouvelle vie commune et quand au dernier elle en était persuadée : son prince charmant n'était pas loin.
Debbie Novotny avait une grande famille et si elle avait du en choisir une autre elle aurait pris celle-ci avec ses bons comme ses mauvais côtés. Elle ne s'était jamais plus sentie vivante que lorsqu'elle était entourée de ses garçons. Cela elle le défendait bec et ongles emmerdant tout ceux que ça défriserait.
-Monsieur Taylor, je ne suis pas vraiment sur que vous ayez conscience de ce que vous êtes entrain de me demander...fit le galeriste devant le dernier travail de Justin.
Les lunettes sur le nez, il regarda à nouveaux les nombreuses photos sous ses yeux les sourcils froncés, l'expression inquiète.
-Écoutez, reprit-il, vous avez beaucoup de talent et je l'ai su dès que mon prédécesseur m'a montré votre travail mais là je crois...je crois que vous allez un peu loin...
Face à lui Justin écoutait patiemment que le galeriste ait fini son speech pour donner ses arguments, il tenait à ce projet.
-Je ne suis pas venu pour vous entendre me faire des compliments mais pour savoir si vous acceptez d'exposer mon travail ?
-Je ne peux pas prendre parti dans cette affaire, je veux dire que...
-L'art est apolitique ? Le coupa Justin avec un sourire. La création est politique, le simple fait de créer une œuvre d'art peut être considéré comme politique.
-Je vois, répondit le galeriste en ôtant ses lunettes.
-Écoutez, repris l'artiste, je ne vous demande pas votre avis sur mon travail je veux juste savoir si vous seriez prêt à m'exposer ?
-Vous...
-A mes frais, sans me payer ?
-Est ce que vous réalisez ce qui va se passer si j'expose ceci dans ma galerie ? Dit-il en pointant son doigt vers les photographies.
-Si vous refusez Monsieur Bisher, je comprendrais. Je ne vous oblige pas. Si jamais je ne peux pas exposer ici je trouvais un autre endroit.
Le dit Monsieur Bisher, directeur de la petite galerie de Pittsburgh poussa un soupir. Il était partagé entre ce que la raison lui disait de faire et son cœur d'artiste. S'il n'exposait pas ce travail de Justin Taylor il pourrait passer à côté de quelque chose. Il mordilla sa tige de lunette en regardant à nouveau les clichés.
-J'imagine que si je vous demande un délai pour réfléchir vous me direz non ?
Justin eut un sourire. Le galeriste tapota du bout de son ongle contre son bureau.
-Vous ne lâchez jamais rien hein ?
-Je connais quelques personnes qui pourraient vous en parler.
Le galeriste eut un rire.
-Vous savez quoi ? Tant pis ! Allons-y ! Exposons votre travail même si pour ça je dois faire sauter ma place ! répondit le galeriste avec enthousiasme.
-Je suis d'accord avec vous.
-Et je vous fais cadeau des frais de location, dit-il toujours avec le même sourire.
-Mais...commença Justin.
-Non, non cette fois c'est moi qui insiste.
Le galeriste Bisher ne savait pas dans quoi il s'engageait et tout portait à croire que Justin non plus.
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-Justin ! Fit Léo dans le département création, on se demandait où vous étiez passé !
-Oui, répondit le blond avec un sourire, alors où on en est ? Demanda-t-il décevant toutes les personnes présentes qui s'attendaient à des infos croustillantes.
-Où on en est ? Redemanda-t-il devant le silence général.
-O...oui, fit Léo alors que tout le monde devenait blanc.
Justin haussa un sourcil.
-On à eu un problème, on...on va avoir du retard...
Le blond allait répondre lorsqu'une voix se fit entendre depuis l'entrée.
-Quel problème ?! Tonna la voix de Brian Kinney en entrant dans la pièce. J'écoute.
Tous les employés se figèrent. Justin retint un sourire en croisant les bras.
-C'est l'imprimeur, repris Léo qui virait au vert, il...il s'est trompé dans les formats...
-Quoi ?!
-Et dans la place du logo et sur la police de texte, termina-t-il en baissant les yeux.
-Bordel! S'écria Brian.
Léo allait s'excuser lorsqu'il vit Justin lui faire non de la tête. Brian marchait de long en large dans la pièce en regardant les employés qui lui faisait face.
-Qui était responsable des maquettes chez l'imprimeur ?
Personne ne répondit.
-Qui ? J'attends ! Reprit le chef d'entreprise avec force.
-Brian ?
Le brun se tourna vers Justin ses yeux lançant des éclairs mais fondant pourtant presque instantanément devant la vision du blond souriant.
-Oui monsieur Taylor ? Répondit-il en gardant son expression diabolique.
Il n'y avait que Justin qui était capable de déterminer quand Brian bluffait ou non mais ça il était le seul à le savoir.
-Vous me laissez m'en charger ?
-Très bien, rapport dans vingt minutes à mon bureau, termina-t-il avant de scanner la salle d'un regard qui aurait fait fondre un iceberg de la taille du Texas.
-J'y serais, répondit Justin avec un large sourire.
Les autres employés de la créa étaient bouche bées devant la facilité avec laquelle Justin avait réussi à avoir gain de cause. Brian quitta le département, laissant Justin s'occuper du problème d'imprimeur.
-Alors, fit ce dernier en se retournant, qui était responsable des imprimeurs ?
-M...moi, fit une jeune employée ses cheveux bruns relevés en chignon.
-Je te connais ? Demanda Justin.
-Je suis stagiaire, répondit-elle en rougissant.
-Je vois, répondit Justin en se pinçant l'arête du nez. Je veux que tu m'amènes les maquettes, les fiches techniques, les bordereaux, les rendus d'imprimerie...
La jeune stagiaire prenait des notes sur son calepin. Elle releva la tête alors que Justin finissait d'énumérer sa liste.
-Vas-y ! s'écria-t-il la faisant sursauter avec violence.
-Oui, dit-elle en quittant la pièce précipitamment comme piquée par un aiguillon.
-Ok ! Léo, Kate on revois le projet artistique en attendant.
Ils ne se le firent pas dire deux fois.
O0o0o0o0o0o0o
A plusieurs kilomètres de là, à Toronto, Lindsay et Gus étaient dans la cuisine. Lindsay corrigeait des copies et Gus mangeait.
-Maman ?
-Mmh ? Fit-elle en rayant une phrase sur la feuille devant elle.
-J'aimerai bien faire des trucs à la rentrée après l'école...
Elle leva les yeux.
-Si tu veux, répondit-elle avec un sourire, tu veux qu'on t'inscrive au club de foot du quartier ?
-Non maman , j'aime pas le foot, répondit-il avec de gros yeux.
-D'accord...du judo ?
-Non.
-Du rugby ?
-Nan.
-Du tennis ? De l’aviron ? Du Base-ball ?
Gus répondit non de la tête à chaque énumération de sa mère.
-Qu'est ce que tu veux alors ? Y'a pas trente-six choses à faire.
-Ben...fit Gus en tripotant sa tartine de nutella.
-Quoi chéri ?
-J'aimerais bien faire de la danse.
Lindsay s'arrêta de griffonner sur ses feuilles et releva les yeux, surprise, vers son fils.
-De la danse ?
-Oui.
-Mais pourquoi ?
-A l'école, y'a une dame qu'est venu nous faire de la danse et j'ai bien aimé.
-Mais mon chéri la danse c'est pour les filles.
-Ah bon ? Répondit Gus en baissant les yeux la mine déconfite, les coins de sa bouche tordus vers le bas dans une moue triste.
Lindsay trouvait, dans ces moments, avec cette expression sur le visage qu'il ressemblait plus que jamais à son père. Et bien évidemment comme à l'époque avec Brian, elle ne pouvait pas résister bien longtemps.
-D'accord chéri on t'inscrira à la danse à la rentrée.
-Cool ! Merci maman ! Répondit Gus avec un large sourire en mordant dans sa tartine avec allégresse.
Lindsay le regarda plusieurs minutes avec une expression dubitative.
O0o0o0o0o0o0o
Rapport sous le bras, Justin prit la direction du bureau du patron.
-Salut, fit-il en entrant.
-Oui je comprend bien...hum...hum...
Brian lui fit signe d'entrer. Justin vint s'asseoir dans un des fauteuils face au bureau attendant que son partenaire termine sa conversation.
-T'étais où ce matin ? Demanda Brian en raccrochant.
-Mmh... t'étais inquiet ?
Brian pencha la tête sur le côté.
-C'était une blague, fit Justin.
Il ne bronchait toujours pas.
-Ok...J'étais à la galerie pour un truc, j'avais rendez-vous avec Bisher. Est-ce-que ça va ?
-T'as le rapport ?
Justin lui tendit sans répondre. Mieux valait ne pas faire de commentaires. Brian éplucha le dossier en fronçant les sourcils de plus en plus à chaque ligne.
-Quelle bande de crétins, finit-il par marmonner, quand je vois combien ils sont payés ! Et ils se gourent dans les fiches techniques, quelle bande de cons ! Je vais les tuer ! Je vais les tuer ! S'écria-t-il.
Justin se leva et vint se mettre derrière lui sentant la tempête arriver. Il commença à lui masser les épaules.
-Okay, tu ne vas tuer personne, ça va bien se passer, tout le monde peut faire des erreurs...
-Je vais...tenta Brian en essayant de se lever.
-Nulle part, termina Justin avec un sourire le retenant avec force les mains toujours sur ses épaules.
Voyons que le brun ne bougeait plus, il reprit ses mouvements faisant doucement rouler les muscles sous ses doigts.
-Comme je disais, repris Justin, tout le monde peut faire des erreurs.
-Pas sur des dossiers comme Nike, grinça Brian.
-Oui c'est vrai, mais comme tu l'as dit Nike est un très gros dossier. Sans doute le plus gros que tu ai eu depuis que tu as ouvert Kinnetic. Mais il faut que tu comprenne que ce n'est pas une pression énorme seulement pour toi mais aussi pour toute ton équipe.
Justin fit tourner le fauteuil du patron vers lui qui haussa un sourcil.
-Ils font du mieux qu'ils peuvent. Ils sont toujours là les premiers et les derniers à partir, ils aiment leur travail, cette entreprise, toi même si tu leur fous la trouille les trois quarts du temps. Crois moi, je suis d'accord ils ont fait une erreur, mais ça n'empêche pas qu'ils aiment vraiment leur travail, ce qu'ils font et ils font tout ce qu'ils peuvent pour que ce dossier soit une réussite. D'accord ?
Brian poussa un soupir, les mâchoires serrées.
-D'accord ? Insista Justin en le fixant de ses yeux bleus.
Brian se contenta de le tirer à lui par le t-shirt et d'attraper sa bouche. Pour Justin ça voulait dire oui. Il répondit avec un large sourire au baiser en passant ses bras autour de sa nuque.
-Carl ?
-Oui ?
-On a du nouveau sur l'affaire Taylor !
-Je te l'avait dit John, répondit Carl avec un sourire de vainqueur.
Son collègue haussa un sourcil d'interrogation.
-Ils laissent toujours des traces, peu importe les moyens qu'ils entreprennent pour se cacher de nous, il finissent toujours par faire une erreur, termina-t-il avant de se lever de son fauteuil.
o0o0o0o0o0o0
Quel imbécile ! Il avait laissé une trace sur son dernier envoi. Pas de quoi s'alarmer pensais-t-il jusqu'à ce que les flics remontent à son placard à balais qui lui servait de point de chute à Pittsburgh.
Quel imbécile !
Heureusement pour lui, il était encore plein de ressources et l'endroit où les flics s'étaient rendus n'était qu'une petite partie. Il avait eu le temps d'emmener ses affaires et de l'emmener elle. De toute façon il ne trouverait rien à l'appartement. La dernière enveloppe avait été une erreur mais désormais il ferait davantage attention. Il n'avait pas réussi cette nuit-là à bord de cette voiture volée mais la prochaine fois il ne raterait pas son coup.
Cherchez Horvat, cherchez vous ne me trouverez jamais ! Avant je vais m'occuper de votre cher Sunshine !
Il s'installa sur la corniche et avec ses jumelles regarda la police entrer dans l'immeuble d'en face un sourire terrible sur les lèvres.
o0o0o0o0o0o0
Le commissaire Horvat se sentait proche du but. Dans la voiture de police qui les menait à l'appartement du suspect trouvé suite à une découverte d'empreinte en négatif sur le dernier envoi, il s'impatientait.
Arrivé devant l'immeuble ils descendirent de voiture. En plus de Carl, il y avait son collègue de la criminelle John, deux sergents et un agent de police.
L'appartement était au deuxième étage au 5E.
Ils montèrent les marches de l'immeuble en mauvais état.
Bonne planque, ne put s'empêcher de songer Horvat.
Ils ne tardèrent pas à trouver la porte grise à la peinture écaillée : le 5E.
-Monsieur Fischer ? Ouvrez c'est la police ! S'écria Carl arme au poing.
Personne ne répondit même après les coups répétés contre la porte. Les policiers se positionnèrent face à la porte avec un bélier et enfoncèrent cette dernière sous le regard attentif du commissaire.
-RAS ! Entendit-il depuis le couloir.
Il entra suivit par son profiler John. Il s'attendait à tout mais certainement pas au spectacle qui s'offrit à ses yeux. Dans la petite pièce du studio insalubre se trouvait un matelas à même le sol et sur la gauche une petit kitchenette ainsi qu'un rideau rapiécé menant à une minuscule salle de bain. Les fenêtres avaient été calfeutrées avec du collant noir et une ampoule pendait au plafond couvert de tâches jaunies. Mais ce qui attira le plus l'attention de Carl c'était les murs couverts de milliers de photos.
Des photos de Justin pour la plupart mais aussi de Brian et de tout leur cercle amical et familial en passant par lui et Debbie, des passages de la bible épinglés, des petites reproduction pour certaines faisant froid dans le dos, des photos de New-York, du loft, de leur maison à plusieurs minutes du centre ville, de l'agence de pub de Brian.
Il retourna devant le mur qui contenait le plus de photos. Des clichés de Justin et Brian à Pittsburgh et à New-York, sortant du Babylon, au Dinner, sortant de Kinnetic, à la galerie, dans la rue et aussi des photos du mariage. Il y avait aussi des coupures de presse concernant l'agression de Justin huit ans plutôt, tout ou presque sur le sujet était épinglé sur le mur ainsi que des photos de la soirée du bal de promo et même des éléments qui n'était pas connu du public.
Carl commençait sérieusement à s'inquiéter, c'était une chose de recevoir les lettres que Justin avait eu mais qui ne représentaient pas un réel danger, mais désormais et devant ce quoi se trouvait le commissaire il s'inquiétait réellement.
Dans le studio les policiers étaient silencieux, personne ne souhaitait faire de commentaire sur le macabre spectacle.
-Carl ?
-Hum ?
-Viens voir.
Le commissaire rejoignit le profiler à la petite cuisine. Ce dernier avait enfilé une paire de gants en latex blancs.
-Des résidus de poudre, fit-il.
Carl se passa la main sur le front.
-Commissaire ?
-Oui ?
-Je pense que ça peut vous intéresser, fit un des policiers accroupis devant une valise ouverte.
Horvat le rejoignit et jeta un œil à sa trouvaille. Des coupures de presse, des flyer de la proposition 14, une bible, des pinces coupantes, du fil en métal, mais pire que tout des plans de la célèbre discothèque le Babylon.
-Mon dieu...souffla Carl Horvat. John !
Le profiler le rejoignit devant la valise.
-Je pense que nous avons trouvé notre poseur de bombe, fit Carl.
John s'accroupit et s'entreprit à fouiller la malle.
-Oui je pense qu'on à trouvé notre poseur.
-Vous, s'écria Carl en désignant un policier, appelez l'équipe et la scientifique. Qu'ils s'amènent.
-Oui Commissaire.
-Qu'est ce que tu en penses John ? Repris Carl.
-Je dois t'avouer que pour le moment je n'en sais rien du tout. Il va falloir que je me penche à nouveau sur le profil de notre homme. Je ne vois pas le lien entre les deux affaires, répondit-il en fronçant les sourcils. Carl il va falloir que tu les appelles.
-Je sais, répondit ce dernier en poussant un soupir.
0o0o0o0o0o0
Daphnée avait téléphoné à Justin et Justin avait appelé Emmett : le pro des mariages sans contrefaçons.
Dans la voiture qui les conduisait à la boutique du wedding planer Justin interrogeait sa meilleure amie.
-Mais pourquoi tu lui as pas téléphoné directement ? Demanda-t-il avec un rire.
-Je sais pas ! S'exclama la jeune femme. J'osais pas lui demander, Emmett c'est plus un ami à Brian et toi...
-N'importe quoi, rétorqua le blond en tournant à droite, et tu sais qu'Em t'adore.
Daphnée haussa le épaules. Quelques minutes plus tard ils arrivaient à destination. Justin se gara. Daphnée sortit de la voiture et fit face à la boutique.
De taille moyenne, sa façade était recouverte d'une grande baie vitrée qui offrait à l'oeil du spectateur des photos des réceptions faites par Emmett, des maquettes de gâteaux de mariage...le tout dans un ensemble chic, sobre et parfaitement bien présenté. Daphnée s'étonnait toujours de la perfection et de la sobriété des événements organisés par Emmett lui qui était tellement extraverti dans la vie courante.
Au-dessus de la vitrine, dans des tons chocolat et rose avec une écriture stylisée aux courbes arrondies on pouvait lire : Honey'Em Events.
La jeune femme eut un sourire, non, assurément il n'y avait pas mieux qu'Emmett Honeycutt pour organiser son mariage.
-Voici la plus jolie mariée du monde ! S'exclama Emmett en les voyant entrer. Après toi chéri bien sur, dit-il avec un clin d'oeil vers Justin qui lui tira la langue. Je suis content de te voir, fit-il en direction de la jeune femme avec un grand sourire en la prenant dans ses bras.
Il les invita à le suivre dans son bureau.
-Alors comme ça tu vas te faire passer la bague au doigt, dit-il.
-Oui, répondit Daphnée avec un sourire les joues rosissantes.
-Bien, répondit Emmett en sortant un calepin, alors qu'est ce vous souhaitez ?
-Je sais pas, répondit-elle honnêtement.
-Tu as frappé à la bonne porte, répondit le wedding-planer faisant rire la meilleure amie de Justin. Tu as une idée du nombre d'invités ?
-Pas plus de 80 personnes.
-Un mariage intime donc...
-Oui pas comme Justin et Brian.
-Et qu'est ce que tu veux dire ? Demanda Justin avec un sourire.
-Que nous ne sommes pas des peoples comme des vous.
Le blond éclata de rire devant un commentaire qui aurait certainement plu à son partenaire.
-Pour en revenir à ton mariage Daphnée il faudrait que tu me donne le plus d'éléments possibles. Une date est prévue ?
-Nous souhaiterions nous marier à l'automne.
-C'est une jolie période...
-Si tu pouvais le dire à ma mère.
-Je suis aussi un expert quand il s'agit de gérer les mamans hystériques.
Emmett continua à noter les éléments que lui donnait Daphnée.
-Les tenues ?
-Arthur sait ce qu'il veut et je pense que je vais mettre un petit ensemble simple.
-Un petit ensemble simple ? S'écria Emmett.
-J'ai dit quelque chose qui fallait pas ?
-Ma chérie on parle de ton mariage là...
Justin ne put s'empêcher d'émettre un rire, il avait l'impression de revenir un an en arrière lorsque Emmett avait pris en main leur mariage à Brian et lui.
-Donc, continua Emmett, je te donne ce catalogue. Regarde les modèles et on verra ce qu'on peut faire.
-Mais...tenta-t-elle.
-Rien du tout ! Fit-il avec un sourire, je vais m'occuper de toi chérie !
-Mais...
-T'es de la famille comme le sweetheart à côte de toi donc laisse Tata Emmett se charger du plus beau jour de ta vie.
-D'a...D'accord...
-Parfait ! Alors comme vous souhaitez seulement une cérémonie civile, j'ai une petite idée où on pourrait l'organiser...
Daphnée écouta dans l'heure qui suivit légèrement émerveillée ce qu'Emmett lui racontait.
Un portable vibra sur un bureau quelque part entre la liberty avenue et le centre ville.
Emmett travaillait sur les derniers événements qu'on lui avait commandé et commençait à préparer le mariage de Daphnée et Arthur.
Son portable vibra sur le bureau près de son clavier.
Drew Boyd s'afficha sur l'écran. Il le regarda pendant quelques secondes et finit par appuyer sur le voyant rouge sans répondre. Il avait fait tout disparaître de chez lui de leur relation mais avait omis d'effacer son numéro. Pourquoi ? Une sorte de culpabilité ou une sorte d'incapacité à tourner définitivement la page ?
Ce coup de téléphone l'avait déconcentré dans ce qu'il était entrain de faire le renvoyant inexorablement plusieurs semaines en arrière : « Alors qui est Matthew Crow ? ».
Il poussa un soupir et appuya son front contre ses mains. Il y a un an il avait cru que tout était possible, à nouveau. Avec cette phrase « j'étais venu te dire que je n'avais plus 21 ans » Drew lui avait donné les espoirs les plus fous, lui faisant croire monts et merveilles. Emmett avait été stupide de replonger aussi vite alors que leur histoire s'était terminé de manière tellement lamentable la première fois.
Il aurait toujours 21 ans, songea Emmett, et le métier qu'il faisait ne l'en aiderait que davantage.
Le wedding planer se demandait parfois s'il était né sous un mauvais karma ou si Dieu se foutait perpétuellement de lui, le punissait pour une faute qu'il aurait commise. Toutes ses relations, toutes, avaient toujours foirées : Brett, Georges, Drew, Calvin, Ted. Elles s'étaient toutes terminées en fiasco généralisé. C'était comme si inconsciemment il se jetait à la tête d'hommes qui devaient le faire souffrir. De fait il en était fatigué, déçu, désormais peu enclin à accorder sa confiance à l'amour.
Il prit son i-phone, récente acquisition, et se rendit dans la liste des contacts qui s'était considérablement allongée depuis l'ouverture de son entreprise. Il fit défiler les noms jusqu'à Drew Boyd.
« Effacer ? »
Ses yeux papillonnèrent alors qu'il prenait une inspiration.
« Oui »
« Drew Boyd à été correctement effacé de votre liste de contact »
Emmett poussa un soupir et ferma les yeux quelques secondes. Avoir effacé son numéro était un début mais il le savait un mot de lui aurait suffit à le faire replonger. A cette pensée Emmett poussa un deuxième soupir.
Il se secoua et se replongea dans son travail.
A des milliers de kilomètres de là, sous un soleil brûlant un autre homme pensait à cet « Emmett de Pittsburgh » rencontré plusieurs semaines avant. Cigarette aux lèvres il eût un sourire.
O0o0o0o0o0o0
Ben avait cru que les choses reviendraient à la normale rapidement après la discussion avec Mickael. Mais les choses avaient-elles été réellement normales à un moment donné depuis qu'ils se connaissaient ?
Il avait donc envisagé que la page « Brian Kinney » allait se tourner mais c'était sans compter sur ''chasser le naturel il revient au galop''. En effet deux semaines après les excuses de Mickael leur couple avait repris leur vitesse de croisière et son mari n'avait jamais été autant présent depuis les trois dernières années . Malheureusement les vieux démons étaient très vite revenus s'insinuer dans leur vie. Mickael prêtait plus grande attention à ses faits et gestes mais Ben voyait toujours les coups d'oeil lancés, les insinuations... Et avec cela étaient revenues les disputes, les incompréhensions.
Dans la journée ne s'étaient-ils pas disputer une fois de plus à propos d'une remarque de Mickael vis à vis de Brian et Justin ?
Il aimait Mickael, il l'aimait à en mourir, sa plus grande faiblesse et sa plus grande force. Cependant les seules fois où Mickael avait pu être tout à lui c'était lorsque Brian et Justin n'étaient plus ensemble ce qui ces trois dernières années n'était pas arrivé ou en tout cas pas de façon constante. Ou lorsqu'ils n'étaient pas à Pittsburgh mais chez les filles à Toronto pour rendre visite à J-R. Même lorsque le Babylon avait explosé Mickael avait réussi à mettre Brian et Justin entre eux.
Que serait la prochaine étape ? Pendant combien de temps, Ben, pourrait-il supporter cette situation ?
Afin d'y réfléchir concrètement il se dit qu'une petite bière ne serait pas de refus. Il prit sa veste et prit la direction du Woody's.
O0o0o0o0o0o0
Justin était partit depuis quatre jours à New-York afin de préparer les démarches en vue de son futur départ en Angleterre.
A Pittsburgh, Brian occupait toutes ses journées à l'agence n'ayant rien d'autre à faire. Le contrat Nike dont l'échéance se rapprochait de plus en plus lui prenait tout son temps. Et puis Justin rentrait le soir-même.
A cette pensée il eut un petit sourire les sourcils froncés.
-Cynthia ! S'exclama-t-il dans l'interphone.
Cette dernière rappliqua au bureau du patron dans la seconde qui suivit. Quelques mèches s'échappaient de son chignon. Un calepin dans la main, aux aguets, elle attendait que Brian exprime ses souhaits.
-Dis à la créa que leurs visuels pour American Apparel sont bidons ! C'est quoi ces couleurs merdiques ?! On dirait une pub pour une sitcom pourrie ! Il faut que je fasse le boulot à leur place ? S'écria-t-il avec force. Et puis c'est quoi ces bannières putain ?!
Cynthia ne pipait mot, seul le bruit du stylo sur la feuille se faisait entendre.
-Pour l'équipe sur Liberty Air je veux qu'ils revoient tout sur le back-office, c'est quoi ce front office ? Et les flash dans les bandeaux c'est quoi ? Et ils sont où les slides pour le client ? Je veux une arborescence d'ici la fin de semaine, Continua-t-il.
Elle n'en donnait pas l'air mais Cynthia se liquéfiait un peu sur place. Avec de telles demandes elle savait que le patron n'était pas du tout satisfait du travail de ses employés et elle avait tout sauf envie de revivre la période de terreur que l'agence avait vécu lorsque Justin avait quitté la ville. A cette époque Brian avait fait sauté de nombreuses têtes. Suite à ça l'agence était entré dans le top 3 des entreprises les plus difficiles à intégrer mais s'était aussi taillé la réputation d'une des meilleures avec un directeur extrêmement exigeant. Depuis ces deux dernières années les demandes de stage avait explosées.
-Cynthia !!
-Hein ? Fit-elle sortant de ses pensées.
-Qu'est ce que vous avez tous en ce moment ? Y'a que moi qu'ai envie de bosser ou quoi ?! S'écria-t-il les yeux noirs.
-Non, non, excuse-moi...répondit-elle en rougissant jusqu'à la racine des cheveux.
Après toutes ces années elle était habituée. Brian était toujours exécrable lorsque quelque chose touchait de près ou de loin à Justin et ce depuis l'époque Vangard.
-Pour Nike je veux que tout le monde accélère. Je veux les visuels avant la conf avec New-York, repris-t-il en regardant le dossier devant lui. C'est quoi cette topo ?! Ce n'est pas ce que Justin avait décidé avec les visuels prévus, qu'ils me corrige ça ! On en est où avec les imprimeurs ?
-...
-Cynthia !
-Je me renseigne et je te dis ça avant la fin de la journée.
-Tu peux disposer.
-Okay, répondit-elle en se précipitant hors du bureau afin de prévenir toutes les équipes des décisions du CE.
Brian se pinça l'arrête du nez, prit une grande inspiration et se replongea dans le dossier qui lui faisait face courbé sur sa table de travail.
Cynthia trotta entre les différents départements pour annoncer les nouvelles déclenchant ainsi un vent de panique générale où tout le monde se replongea dans le travail comme des forcenés. Ils redoutaient leurs patrons mais encore de perdre leur emploi.
Elle termina par le bureau de Ted le directeur financier de la boite et accessoirement associé du saint patron de Kinnetic.
Ce dernier plongé dans des dossiers remplis de chiffres ne fit pas attention à son entrée.
-Ted ? Demanda-t-elle.
-...
-Ted ! Insista-t-elle.
-...
-Schmitt ! S'écria en tapant du plat de la main sur le bureau ultra moderne.
Le comptable sursauta et releva la tête.
-Nom de Dieu Cynthia, s'exclama-t-il en retirant un écouteur blanc de son oreille, j'ai failli faire une crise cardiaque ! Continua-t-il la main contractée sur la poitrine.
Elle croisa les bras et le regarda avec gravité.
-Oh non, murmura-t-il, non me dis pas qu'il...
-Oh si, tous les départements sont au pied de guerre, répondit-elle avec un début de sourire.
-Et nous ? Il à dit quelque chose ? S'exclama-t-il soudain très rapidement à mesure que le sang quittait son visage, j'ai raté le rapport financier c'est ça ? On est au bord de la faillite ? Continua-t-il de s'agiter.
Cynthia éclata de rire devant l'état dans lequel se mettait son collègue et ami.
-Non Schmitt rien de tout ça.
-??
-Pour nous pas de problèmes aucune réclamation. Nous pouvons tranquillement aller déjeuner en cette belle journée.
Elle rit de plus belle devant sa mine déconfite.
-Très drôle Cynthia, vraiment très amusant, très fin...
Ted rangea ses dossiers, mit de l'ordre sur son bureau qui était déjà plus que rangé et se leva pour suivre la jeune femme aux boucles blondes.
-Tu as vraiment eu si peur ? Demanda Cynthia en passant un bras sur le sien.
-Oui.
-Pour me faire pardonner je t'offre à déjeuner ?
-Ce serait bien oui.
Elle lui mit un petit coup de coude dans les côtes avec un rire.
-On va chez Debbie ? Demanda-t-elle.
-Tu es sûre ?
-J'adore cette femme, on ne peut pas faire plus excentrique mais je la trouve géniale, s'exclama-t-elle.
-C'est mon avis, rétorqua Ted.
Un employé de l'agence les suivit du regard alors qu'il quittait l'agence en riant, il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir aller déjeuner. Il poussa un petit soupir et se replongea dans son travail, que malgré tout il aimait comme un cinglé.
O0o0o0o0o0o0
Brian rentra au loft, dénoua sa cravate qu'il lança sur la table du salon et prit la direction de la salle de bain en déboutonnant sa chemise.
Sous la douche profitait de ces quelques minutes de répit laissant l'eau nettoyer tout le stress de la journée. Il ferma les yeux le visage sous les gouttes d'eau chaude qui glissaient le long de ses paupières, de ses joues, dans ses cheveux.
Il secoua la tête et ferma les robinets. Il s'entoura d'une large serviette éponge rouge qui pendait nonchalamment sur ses hanches dessinant la courbure de sa taille.
Devant le miroir, appuyé sur le meuble de la salle de bain il étala la crème blanche de la mousse à raser sur ses joues. Brian prit le rasoir couleur métallisée et commença à le passer sur sa peau lentement pour ne pas se blesser ; Le cou, la mâchoire, les joues, la partie supérieure de la lèvre, le menton, les pattes.
Il vida le lavabo et s'essuya le bas du visage avec une petite serviette qui pendait le long du meuble. Il passa une serviette dans ses cheveux plus court leur donnant clairement un aspect ''retour de baise'' quelques mèches ça et là tombant sur le front. Il n'était certes peut-être plus le plus jeune mais c'était toujours lui le plus beau. Le regard qu'il se lança dans la glace ne vint que confirmer ses pensées.
Il quitta sa serviette qui lança maladroitement sur l'étendoir. Dans l'armoire dont il fit coulisser les portes il prit un jean élimé jusqu'à la corne qu'il enfila à même la peau laissant le dernier bouton d'ouvert. Ce jean était le symbole même de la ringardise et de tout ce qu'il détestait mais pourtant il adorait ce pantalon qu'il portait depuis des années ; avec ses poches fatiguées, ce trou au genou, ce bleu passé et délavé. Brian fit coulisser la deuxième porte et prit un marcel noir sur la deuxième étagère au-dessus de celle qui était la propriété de Justin quasiment depuis le début qu'ils se connaissaient.
A une seule reprise Justin avait vidé ses affaires du meuble : lorsqu'il était tombé dans les pattes de Paganini Junior. Depuis elles n'avaient pas bougées. Brian passa un doigt sur le gilet rouge qu'il avait serré, avec son ange dedans, contre lui lorsqu'il lui avait annoncé son départ pour New-York.
Avec un sourire il referma les portes sur ses souvenirs et descendit torse nu, marcel sur l'épaule les trois marches qui menaient vers l'open space. Il s'affala dans le canapé blanc, moelleux à souhait et commença à se rouler une cigarette.
Habituellement il aurait sortit un dossier et se serait mis à travailler mais ce soir il n'avait envie de rien faire seulement s'étendre dans le silence de son loft, ne plus penser à rien et profiter de la quiétude la plus totale.
Brian prit une feuille et commença à y émietter le tabac. Il sortit un filtre qu'il glissa à la commissure de ses lèvres. Il fit tourner entre ses longs doigts le papier qui commençait à prendre forme. Satisfait il glissa le filtre à l'autre bout, humecta le papier d'un coup de langue et fit tourner le tout autour de lui même coinçant le tabac et le purificateur. Il prit la cigarette entre ses lèvres à peine rougies et d'un coup de briquet en fit grésiller le bout dans une flamme aussi rapide que dévastatrice.
Il s'enfonça, appuya sa tête contre le sofa et dans un soupir parfaitement indécent il prit la première bouffée d'une cigarette parfaitement délicieuse.
Il passa un bras au dessus de sa tête parfaitement détendu, les yeux clos dans son loft qui lui servait de refuge depuis des années. Il poussa un soupir d'aise, pacha parmi les pacha.
Depuis l'entrée une tête blonde l'observait dans l'ombre depuis cinq bonnes minutes. Soit Brian ne l'avait pas entendu soit il feignait. Justin décida de ne choisir aucune option préférant la vision que son amant lui offrait. Il aurait presque commencé à dessiner tant la scène était magnifique, grisante, Brian.
Ses yeux glissèrent sur son jean, ''le'' jean, remontèrent jusqu'à la ceinture entrouverte, la fine ligne de poils grimpant sur son ventre, son torse, son cou, son visage, ses yeux clos, sa main légèrement repliée sur elle-même. Il avait maigri mais avait fait du sport. Justin se mordit la lèvre.
Il connaissait Brian par cœur, sous toutes les coutures mais ne sa lassait jamais de le regarder, de l'étudier gravant dans sa mémoire tout ce qu'il pouvait retenir. Depuis la rechute du cancer cette volonté de le regarder s'était accrue. Il voulait profiter de chaque seconde, de chaque moment, de chaque joie, de chaque dispute, il voulait s'en imprégner comme d'un parfum pour ne jamais l'oublier.
Et devant cette vision totalement alanguie de son partenaire il tomba amoureux une deuxième fois. La première fois c'était dans cette rue en pleine nuit non loin du Babylone, devant un Brian électrisé, les yeux sombres, transpirant le sexe et la luxure par tous les pores de la peau. Puis avec « alors tu viens ou tu t'en vas ? Tu ''viens'' , et puis tu t'en vas? Ou tu viens, et tu restes ? » Justin était tombé raide dingue d'amour pour la panthère noire indomptable de Liberty Avenue.
Depuis c'était la course folle mais ce qu'il avait toujours su c'était ce que son cœur ressentait.
Justin retira ses chaussures le plus discrètement possible et s'avança dans le salon à peine éclairé. Ainsi face à lui, le surplombant il était encore plus beau à regarder, Justin en eut la chair de poule. Il s'agenouilla devant lui et fit glisser ses mains sur ses cuisses.
Il se pencha en avant et déposa ses lèvres au-dessus de la ceinture. Un baiser brûlant sur une peau encore fraîchement humide. Brian ne bougea pas, les yeux toujours fermés. Justin poursuivit sur ses abdominaux, sa poitrine, sa gorge, la carré de sa mâchoire tout juste rasée. Prenant appui sur ses cuisses dans une légère pression il arriva jusqu'à ses lèvres entrouvertes. Il déposa un baiser, mordilla sa lèvre inférieure.
Brian ouvrit les yeux et transperça son partenaire du regard. Justin aurait pu venir dans son pantalon rien qu'avec ce regard. Avec un léger sourire il prit sa cigarette entre ses lèvres en tira une longue bouffée sans lâcher Brian du regard. Il se retourna écrasa le mégot et prit la cravate jetée sur la table plus tôt.
Il passa son nez près du corps de son amant comme pour s'imprégner de cette odeur métisse qui le caractérisait si bien. Justin se rapprocha de son visage, l'embrassa en tirant légèrement sur ses cheveux. Aucun des deux ne ferma les yeux et se regardaient s'embrasser l'un l'autre dans un moment de pure sensualité. Le jeune artiste dénoua la cravate de soie noire. Dans le regard de Brian il vit une confiance absolue, totale. Il prit le tissu soyeux entre ses doigts et banda les yeux qui le fixait.
Ce soir, il voulait tout faire ressentir à son partenaire, ''son Brian''.
Le brun ne bougeait pas, attendant, guettant son moment. Il écoutait les respirations, les bruits de tissu, ressentait la paume des mains de son amant, laissait son corps écouter donnant congé à sa vue.
Justin déposa un baiser sur ses yeux bandés, descendit le long de sa joue, ses lèvres, sa gorge que Brian lui offrit la tête inclinée, il continua sur sa clavicule, dessina les contours des petites parties saillantes sur sa poitrine. De sa langue il parcourut la plaine jusqu'au nombril et enfin vers sa taille et la ceinture de son jean.
Brian restait passif même s'il bouillonnait déjà.
Lentement, Justin défit les derniers bouton de jean et poursuivit l'exploration des zones érogènes de son partenaire.
Brian savait que Justin avait un réel talent lorsqu'il s'agissait de le mettre à table mais ce soir avec les yeux bandés c'était d'autant plus excitant. Il entrouvrit la bouche afin de laisser passer l'air, sa tête retomba sur le dossier du canapé. Ses doigts glissèrent dans les cheveux blonds, matière douce qu'il aimait entortiller dans ses mains.
Pour Justin c'était le signal qu'il pouvait accélérer et faire monter son partenaire au septième ciel.
Sous ses lèvres Brian se cambra la bouche ouverte dans un cri muet. Un film de sueur recouvrait peu à peu tout son corps sous l'effet du désir. Tous ses muscles ses contractèrent alors que Justin parachevait son œuvre. Ses doigts se contractèrent une dernière fois dans les mèches blondes de son artiste et se relâchèrent alors que son dos s'affaissait à nouveau dans le cuir du sofa.
Justin remonta vers lui et embrassa ses lèvres la main sur sa nuque.
Brian se redressa brusquement passa un bras autour de sa taille et bascula avec lui sur le tapis. Ses yeux étaient peut-être bandés mais il aurait pu reconnaître le corps de Justin dans le noir le plus total cravate ou pas.
Il lui retira rapidement son t-shirt alors que Justin glissait ses jambes contre sa taille. Voir Brian au-dessus dans cette position les yeux cachés était carrément grisant. Il fit disparaître chaussures, ceinture et pantalon ne lui laissant que l'ultime problème du boxer. Justin brûlant n'attendait qu'une chose ; voir ce bout de tissu disparaître. Brian retira son jean de manière à ce que l'homme qui se trouvait sous lui n'en perde pas une miette. Justin passa une main sur la peau de son amant.
Le publiciste redescendit sur lui et parcourra son corps de ses lèvres, sa langue. Il attrapa entre ses dents l'élastique du boxer qu'il retira d'un coup sec. Justin ferma les yeux alors que Brian entrait en contact avec le sanctuaire des sanctuaires et d'un autre côté glissait sa main.
Lorsqu'il se fit plus intrusif Justin serra les dents avant d'inspirer de plaisir. Il s'accrocha aux poils du tapis le dos cambré poussant toujours plus en avant vers Brian. Il sentait son sourire contre sa peau. Et puis ce fut l'explosion, la chaleur envahit tout son corps, s'enroula autour de ses hanches alors qu'un profond soupir s'échappait de ses lèvres.
Brian remonta vers sa bouche qu'il attrapa dans une douce pression. Il glissa sa main sur sa cuisse, sous son genoux qu'il enroula ensuite de sa taille. Il abandonna bouche et entra d'une seule poussée. Un gémissement rauque s'échappa de la gorge de Justin. Il se passa la langue sur les lèvres.
Brian ondula des hanches gardant, toujours, sa jambe enroulée autour de sa cuisse. Il prit un rythme lascif que Justin ne tarda pas à suivre à la seconde près.
Justin ouvrit les yeux, il voulait son regard sur lui, sur eux. Il coula sa main sur sa nuque et plaqua sa bouche sur la sienne. Dans un même temps il dénoua le nœud derrière la tête de Brian laissant le tissu glisser entre eux.
Un regard de braise couleur chocolat le transperça. Il frissonna des pieds à la tête. Les yeux fixés sur les siens Brian repris ses mouvements. Justin s'accrocha à son dos le corps brûlant, fougueux, exigeant. Il plaqua ses hanches contre les siennes moulant son corps contre le sien. Sa main glissa sur ses reins, son corps coincé contre le sol du loft pourrait se fondre dans les lattes du parquet.
Brian plaqua sa main sur celle de Justin. Les jambes de ce dernier se crispèrent autour de sa taille. Tous ses membres se contractèrent autour de la peau de Brian.
Ils ne faisaient plus qu'un, coulissés l'un contre l'autre dans une danse furieuse et dévorante.
-Hey Taylor ! Entendit Justin alors qu'il sortait de la galerie.
A peine eut-il le temps de se retourner qu'on l'empoignait par le col et le plaquait avec violence contre le mur derrière lui. L'impact résonna dans sa tête, il cligna des yeux.
Son pouls s'accéléra. La ruelle était sombre mais il distingua quatre personnes cagoulées de noir. La main qui tenait son col la seconde d'avant crocheta son cou le faisant suffoquer.
-Alors Taylor ? On se la joue gros dur avec son petit appareil ? Tu te prends pour un artiste Taylor ? Repris ce qu'il reconnut comme un homme à quelques centimètres de son visage. Tu veux prendre des photos ? Essaie un peu de prendre ça !
La main le lâcha mais il fut projeté au sol. Ils lui arrachèrent son sac bandoulière en vidèrent le contenu. Alors que Justin pensait que c'était fini ils se retournèrent sur lui et les coups commencèrent à pleuvoir. Il se protégea le visage de ses bras mais sentit les coups de pieds et de poing sur son ventre, son dos, ses jambes. Il serra les dents.
Au bout d'un temps qui lui paru interminable ils s'arrêtèrent.
-Si tu ressors ton petit appareil Taylor, sois sur que t'auras de nos nouvelles !
Justin attendit que les pas s'éloignent pour recommencer à respirer. La tête lui cognait, tout son corps était en feu , il sentit du sang couler le long de sa tempe. Il se tourna sur le dos dans un faible cri le souffle erratique.
Brian allait le tuer.
2 jours plus tôt
Après leur folle nuit c'est les rayons du soleil qui réveillèrent Justin. Ils s'étaient endormis sur le tapis et il était tout fourbu. Brian avait visiblement pris soin de les recouvrir d'un plaid. Justin s'était donc endormi le premier ce qui lui arrivait souvent après l'amour. Il eut un petit sourire. Il passa sa main sur le bras qui lui entourait fermement la taille. Justin sentait le souffle de son partenaire, encore endormi, sur sa nuque. Il savoura le moment dans le silence du loft.
Il allait se retourner pour reprendre où ils en étaient restés mais son portable se mit à sonner furieusement.
-Merde, maugréa-t-il.
Brian bougea dans son sommeil et se tourna sur le dos dans un grognement. Justin se leva précipitamment pour chercher l'engin de malheur qu'il trouva dans la poche de son jean abandonné plus loin la veille au soir.
-Allô ? Fit-il en s'éloignant de l'open space.
-Monsieur Taylor c'est Monsieur Bisher de la galerie...
-Bonjour Monsieur Bisher et appelez moi Justin.
-Bonjour Justin, répondit son interlocuteur. Je vous appelle à propos de votre travail...
-Oui ? Demanda Justin soudain inquiet.
La galeriste exposait depuis maintenant une semaine son dernier projet à la galerie de Pittsburgh.
-Une journaliste de la télévision locale vient de me téléphoner. Elle voudrait vous interviewer au sujet de vos photos...
-Vraiment ? S'étonna Justin alors qu'un sourire fendait son visage.
-Vous seriez intéressé ?
-Oui avec plaisir, répondit Justin sans réfléchir.
-Très bien je prend rendez-vous en début d'après-midi, je vous rappelle.
-Merci Monsieur Bisher à tout à l'heure alors.
-A tout à l'heure.
En raccrochant Justin se serait presque mis à sautiller sur place. Il était content de lui. Il jeta son téléphone sur le grand lit king size et rejoignit l'autre fierté de sa vie endormi sur le tapis du salon. Il glissa contre lui et s'entreprit à le réveiller en déposant de légers baisers sur son visage et son cou.
Brian grogna.
-Bonjour, murmura Justin avec un sourire devant les deux yeux qui s'ouvraient.
-Mmmh...
Bien qu'endormi Brian répondit avec plaisir aux lèvres joyeuses qui s'offraient à lui.
O0o0o0o0o0o
-Cynthia ! Apostropha Brian dans l'interphone. Où sont ces abrutis du CGL ?
-Ils viennent d'arriver...
Si Brian arrivait toujours en retard il ne supportait pas qu'on le fasse attendre. Et attendre dix minutes de plus à l'horaire prévu pour ces gens qu'il détestait il n'en était que davantage exaspéré.
Tannis et son comparse du centre Gay et Lesbien de Pittsburgh se savaient en retard mais pour rien au monde ils ne seraient excusés. Une haine partagée s'entretenait.
-Si vos deux insupportables personnalités sont de notoriétés publiques ont pourrait ajouter votre mépris pour les horaires, s'exclama Brian alors qu'ils venaient à peine d'entrer dans son bureau. Assis, les coupa-t-il.
Les deux gérants du centre préférèrent obéir. Brian braqua des yeux de rapaces sur les deux personnes qui lui faisaient face. Le collègue de Tannis réprima un frisson.
-Le fait que j'ai accepté de de financer votre petite course ''humaniste'' ne signifie pas que vous avez le droit d'arriver en retard à un rendez-vous avec moi, repris le PDG de Kinnetic. Pour en revenir aux clauses de notre contrat je serais donc votre partenaire financier principal donc toutes les décisions passent par moi et j'organiserai la soirée de collecte de fond, continua-t-il avec un méchant sourire.
Tannis serra les dents, des bribes de souvenirs du carnaval organisé par Brian quelques années plus tôt, lui traversant l'esprit.
-Toutes les bénéfices de cette soirée et de cette course seront reversés à la fondation Vic Grassi. Bien évidemment en tant que partenaire principal et organisateur de la collecte de fond je retiendrais une commission.
-Mais, tenta Tannis.
-C'est à ces conditions et seulement à celles ci que je me joindrai à votre petite entreprise de gays coincés, termina Brian. Il est aussi de notoriété publique que vous êtes vraiment minables lorsqu'il s'agit d'organiser et de promouvoir un événement.
Le big boss de Kinnetic avait l'intention de reverser la quasi totalité de sa commission à la maison de son défunt ami Vic Grassi mais il savourait en revanche la tête qu'arboraient les deux représentants du CGL.
-Très bien, finit par capituler Tannis la mâchoire crispée.
Dans la demi heure qui suivit ils lui expliquèrent en détail leur projet que Brian connaissait déjà après avoir lu leur minable plan de campagne.
Il profita de ce moment pour sortir son téléphone de sa poche.
« Woody's ce soir ? »
Message reçu par ''Sunshine''
...
Nouveau message de ''Sunshine'' ouvrir ?
« Ok, a tout' ! Hâte de reprendre ma revanche sur hier soir ! Je t'aime »
Brian sourit en lisant la réponse. Il glissa son téléphone dans sa poche et se reconcentra sur l'exposé qui lui faisait face.
O0o0o0o0o0o
Lors de l'entretien malgré l'angoisse croissante de Justin, la reporter, une certaine Christina, mit pourtant rapidement le jeune homme à l'aise s'intéressant de très près à son travail.
O0o0o0o0o0o
La bande se trouvait au complet au Woody's ce soir-là. Debbie et Carl étaient de la partie. Ne manquait que Justin à l'appel, en retard.
Le poste de télévision transmettait les informations couvertes par la musique du bar. Le présentateur parlait une fois de plus de la proposition 14 qui devait être votée dans l'état de Pennsylvanie courant le mois de juillet. Debbie écoutait d'une oreille tout en suivant la conversation autour de la table qui portait sur le dernier livre de Ben en cours de rédaction.
C'est un titre qui concernait la ville de Pittsburgh qui attira son attention. Un visage qu'elle connaissait parfaitement apparût.
-Jesus Christ mais c'est Sunshine ! S'exclama-t-elle avec force.
Dans le bar les conversations baissèrent et tout le monde regarda l'atypique serveuse du Dinner.
-Qu'est ce que tu racontes Maman ? Demanda Mickael.
-Justin !
-Eh ben quoi Justin ? Insista à son tour Brian.
-Justin ! Continua-t-elle, il passe à la télé !
-Quoi ?
-La télé bande d'idiots ! Regardez la télé !
Ils se retournèrent d'un seul bloc vers le poste constatant avec effarement que c'était bien ''leur'' Justin qui était à l'écran.
-Quelqu'un peut monter le son ?
-Fermez la vous autres ! S'écria Debbie obtenant presque instantanément le silence dans le Woody's.
A la télévision le sujet se poursuivait.
« -Depuis une semaine maintenant nous pouvons voir votre dernier travail, Monsieur Taylor, à la galerie de la ville de Pittsburgh...
-En effet, répondit l'artiste blond avec un sourire. »
Autour de la petite table tout le monde était bouche-bée. Brian les sourcils froncés découvrait en même temps que les autres la dernière création de Justin composé uniquement de photographies. Il dut reconnaître que son jeune amant passait très bien sur le petit écran avec ses cheveux blonds lui tombant légèrement sur ses deux yeux bleus, un t-shirt aux manches trop longues, assis sur un gros fauteuil un genoux remonté contre lui. Il le retrouvait bien là. Mais ce n'était pas temps sa posture qui l'intéressait que ce qu'il disait.
L'interview se poursuivait.
« -Vous avez fait les beaux arts ?
-Oui, mais je ne suis pas allé au bout.
-Pour quelle raison ?
-Parce qu'à l'époque j'ai protesté contre un personnage politique, comme aujourd'hui en quelque sorte avec ce nouveau projet, et mon école ne m'a pas suivi et j'ai préféré cessé mon cursus.
-Vous voulez parler de Jim Stockwell ?
-En effet, répondit Justin.
-C'est donc vous qui avez réalisé ces affiches, dit-elle en montrant les portraits caricaturaux de Stockwell en clown et Hitler.
-Oui.
-C'est un style plutôt violent...
-Je me suis servi du style graphique des affiches de protestation influencées par le mouvement pop art ou le surréalisme.
-A travers une image à la symbolique forte, faire passer un message clair ?
-Exactement, répondit Justin en souriant en replaçant un mèche derrière son oreille. »
Dans le bar toutes les personnes présentes avaient le regard fixé sur le poste de télévision. L'énigme du mystérieux vengeur au moment de la montée en puissance de Stockwell venait de trouver sa réponse.
«-Les images sont importantes pour vous Justin ?
-C'est la base de mon travail. Même si bien souvent les images que j'utilisent sortent de mon imagination elles me sont essentielles, elles me permettent de faire ressentir des émotions, de faire réfléchir, de voir le monde différemment de ce qu'il pourrait être. Ces images sont la représentation de mon processus de création.
-Avec ce nouveau travail vous utilisez totalement vos images puisque ce sont des photos prises dans la vie réelle, la vie quotidienne, liées tout particulièrement à la crise que subit actuellement les États-Unis avec ce projet de la proposition 14 ?
-Effectivement. »
A mesure que les certains clichés passait sur l'écran de télé Brian palissait. Debbie, elle, débordait de fierté pour son plus jeune ''fils''. Quand aux personnes présentes dans le bar personne ne parlait mais on pouvait des oh d'exclamation.
« -Pourquoi avoir présenté ce projet maintenant ?
-Parce qu'un jour j'ai allumé mon poste de télévision et j'ai vu cette montée de haine dans notre pays contre la communauté homosexuelle. Même si cette haine existe depuis des décennies, avec ce projet de loi les gens sont sortis de chez eux ce qui à valu pour certains à dire tout haut ce qu'il pensait tout bas. Regardez ce qui s'est passé il y a trois ans à Pittsburgh dans la discothèque le Babylon.
Je me suis alors demandé comment pouvait-on en arriver là ? Comment pouvait-on à ce point être violent, haineux pour des personnes qui aspirent seulement à aimer et à partager cet amour ?
-Êtes vous homosexuel Justin ? »
Dans la salle tout le monde retint son souffle.
« -Je connais quelques personnes qui pourrait vous en toucher deux mots, répondit Justin avec un sourire. »
Des rires fusèrent.
« -C'est donc un oui ? Demanda la journaliste.
-S'en est un, répondit franchement Justin sans ciller. »
Dans le Woody's des yeux s'écarquillèrent ; ce jeune homme avait vraiment du cran.
« -Vous vous battez pour votre communauté ?
-Si vous voulez mais je préfère dire que je me bat pour le droit à aimer peut importe notre orientation sexuelle, notre religion, nos idées politiques ou notre origine sociale et culturelle.
-Pourquoi avoir choisi la photographie pour ce projet ? Demanda la journaliste revenant à son sujet.
-Parce qu'elle est l'essence même de la réalité. On peut modifier une image, la déformer, modifier totalement sa nature mais dans le cas d'une photographie elle conservera toujours sa part de réalité et dans le cas de mon travail je ne voyais rien de mieux que la photo pour représenter dans ses travers les plus atroces comme dans ses caractéristiques les plus douces. »
Brian en avait assez entendu et vu pour quitter précipitamment le Woody's blanc comme un linge, les yeux noirs.
L'interview se termina quelques instants plus tard. Justin arriva peu de temps après.
-Sunshine ! S'exclama Debbie alors que quelques applaudissements fusaient dans la salle avant que les gens ne retournent à leurs occupations.
-Je sais je suis en retard, fit ce dernier en passant une main dans ses cheveux.
-Tu ne nous avait pas dit que tu étais une star ! Repris Debbie le s yeux brillants.
-Pardon ?
- « je me bat pour le droit à aimer peut importe notre orientation sexuelle, notre religion, nos idées politiques ou notre origine sociale et culturelle... », répéta Debbie, je suis si fière de toi sweetheart, dit-elle en le prenant dans ses bras.
-Ah...fit Justin, alors elle l'a vraiment fait passer au journal...
-Et elle à eu raison mon ange, répondit la serveuse prenant son visage entre ses mains avec un large sourire.
Le jeune homme rougit jusqu'à la pointe des cheveux. Après avoir réalisé l'interview il était revenu sur terre et s'était finalement demandé s'il avait eu une idée si lumineuse.
Autour de la table les garçons lui souriait, sauf Mickael comme toujours et Carl le regardait avec une certaine admiration mêlé d'inquiétude.
-Il est où Brian ?
-Ah ben tiens c'est vrai il est où celui-là ? S'exclama Debbie.
-Il vient de partir, répondit Mickael.
-Merde, murmura Justin en se passant la main sur le visage.
Et sans plus de cérémonie il quitta à son tour le bar sous les yeux médusés de ses amis.
Brian n'était pas au loft et à Britin on ne répondait pas. Et il répondait toujours chez eux. Donc par esprit de déduction il se trouvait soit au Babylon soit à Kinnetic.
Justin partit donc faire un tour dans la discothèque révélant une recherche infructueuse donc il était à l'agence ce qui signifiait qu'il était très, très énervé. Justin rentra donc au loft tout seul, stressé. Les heures passaient et Brian ne rentrait toujours pas : vraiment très, très énervé.
Dans le grand lit Justin se tournait et se retournait il détestait mais surtout n'arrivait jamais à dormir sauf quand il était très fatigué. Il se tourna une énième fois entre les draps en soupirant.
Il savait qu'il aurait dû lui en parler au lieu de faire ce projet en cachette en inventant des prétextes bidons pour aller prendre ses photos à toute heure du jour et de la nuit. Et le seul moyen qu'il avait trouvé pour le mettre au courant c'était de passer au 20h.
Des fois, Justin se trouvait vraiment le dernier des idiots.
O0o0o0o0o0o
Justin savait en entrant dans l'agence ce matin là que la discussion allait être houleuse.
-Bonjour Justin.
-Salut Cynthia.
-Il est dans son bureau.
-Hum...
-Bon courage.
-Merci, répondit le jeune homme avec un vague sourire.
Il entra dans le bureau et referma doucement la porte vitrée derrière lui. Brian était à son bureau, enfoncé dans son fauteuil, sourcils froncés, l'air...l'air...l'air mauvais.
Justin n'avait pas vu chez lui une telle expression depuis qu'il avait oublié de mettre l'alarme dans le loft il y avait des années de ça. Finalement Justin ne regrettait rien mais s'il admettait qu'il aurait lui faire découvrir sa dernière folie autrement.
Il s'avança, s'assit de l'autre côté du bureau et enleva sa veste. Le tout dans un calme olympien. Brian finit par braquer ses yeux sur lui. Regard qui fit froid dans le dos à Justin.
-Tu...tenta-t-il.
-Tais toi, répondit Brian froidement.
Ne pouvant rester immobile plus longtemps Brian se leva brusquement de son fauteuil et se mis à faire les cent pas dans la pièce. La tension était palpable.
-Je savais pas que t'était si photogénique à la télé bravo, fit Brian avec sarcasme.
-Écoute...
-J'arrive pas à croire que t'es fait ça dans mon dos, sans rien me dire !
-Brian, tenta à nouveau Justin.
-J'ai toujours su que tu faisais des trucs en fonçant tête baissée mais là VRAIMENT je dois dire que tu t'es surpassé !!
-Attend...
-Je veux pas entendre une de tes excuses à la con ou t'entendre me sortir ces conneries d'engagement artistique !
-Quoi ?! S'écria Justin en se levant.
-Oui, ces putains de conneries d'engagement pseudo artistique, écolo ou ce que tu veux !
Le ton commençait sérieusement à monter. De l'autre côté de la porte Cynthia se tordait les mains de plus en plus mal à l'aise les murs n'étant pas si épais que cela.
-J'hallucine !! continua Justin, c'est pas des conneries pour moi comme t'as l'air d'insinuer !!
-Ah oui pardon c'est vrai que je parle à Justin Taylor le mec le plus engagé de la planète pd de Pittsburgh !
Justin le regarda bouche bée.
-Tu vois c'est exactement comme dans l'histoire Stockwell tu fonces tête baissée, tu fais tes trucs sans réfléchir, sans penser aux conséquences !
-Attends mais de quoi tu parles ?!
-Là tu fais ton truc, ton projet, tu passes à la télé en balançant tes supers phrases humanistes sans te soucier de ce que ça implique !
-T'es entrain de me reprocher ce qui s'est passé il y a plus de cinq ans avec ce type ?! Tu te fous de moi ?!
-Cette histoire comme tu dis m'a coûté mon boulot à l'époque !
-Mais je t'avais rien demandé !! cria Justin. C'est toi qui as décidé de me suivre ! Et c'est quoi le rapport au juste avec ce qui ce passe aujourd'hui ?!
-Le rapport, fit Brian en se tournant vers lui tout en pointant un doigt dans sa direction, c'est qu'avec cette putain d'expo et ce putain d'interview que tu as fais c'est la réputation de la boite qui est en jeu !
-Cette putain d'expo ?!! C'est ça que tu penses ?
-Oh ça va...
-D'accord donc selon toi MON travail à trop empiété sur le TIEN et c'est pour ça que je met TA boite et accessoirement ta si précieuse réputation à mal ?!
-Ne déforme pas ce que j'ai dit ! Ce que je te reproche c'est d'avoir tout fait dans mon dos sans rien me dire !
-Ah alors on doit tout se dire ? demanda Justin avec ironie.
-Tu te fous de moi ?! Insista Brian détachant chaque mot avec froideur. On est en plein contrat Nike et d'après toi qu'est ce qui se passera si nos investisseurs ou le bureau new-yorkais apprenait ce que tu as fait ?
-Alors c'est quoi l'histoire Brian ? Il faut que je me planque ? Que je ferme ma gueule ?! Que je laisse passer ce genre de choses ?
-Mais la liberté des pd de cette ville ne repose pas que sur les épaules de Justin Taylor à ce que je sache ?!
-Alors quoi tu veux que je fasse une conférence de presse pour m'excuser ? Tu vas que j'aille voir les types de Nike pour m'excuser d'être gay ?!
-C'EST PAS CE QUE JE SUIS ENTRAIN DE TE DIRE !
-ALORS QU'EST CE QUE TU DIT ??
-Tu aurais du me prévenir !! Tu n'es pas tout seul et tu as mis en danger la collaboration de l'agence avec Nike avec ce délire de résistance engagée !!
-ALORS VIRE MOI !! cria Justin. Je ne suis qu'un employé ici ! Vire moi et tu sauveras ton agence, ta réputation et ton cul !! S’époumona Justin en prenant sa veste sur le dossier de la chaise.
-Sur un autre ton !!
-Va te faire foutre Brian Kinney ! Ca devrait pas être trop dur pour toi ! Cria Justin sortant du bureau en claquant la porte.
Cynthia le regarda partir en se mordant la lèvre. Dans l'agence tout le monde avait entendu la dernière phrase de l'artiste et à dire vrai les employés étaient choqués décidément qui était-il pour oser parler comme il venait de le faire au patron ?
-Bordel ! Fit Brian les poings sur son bureau.
Justin sortit en fulminant de Kinnetic et prit la direction de la galerie. Il avait tous envie de se retrouver au loft ou au dinner.
O0o0o0o0o0o
Plus tard dans la soirée
Justin sur le dos, suffoquait. Il fallait qu'il se lève, qu'il bouge. Ses agresseurs lui avaient suffisamment fait mal pour le blesser mais cependant pas assez pour le mettre dans le même état qu'après la batte de Chris Hobbs.
Son corps était en feu mais il fallait qu'il bouge et s'ils revenaient pour finir ce qu'ils avaient commencé ?
Il se tourna sur le dos avec un cri.
Bouge Justin, bouge.
Il se mit sur le flan et avec un effort surhumain se redressa sur un bras, s'assit péniblement et après des minutes interminables se releva haletant, en sueur, la lèvre en sang. Il ramassa péniblement ses affaires et commença à claudiquer vers le loft le dos et les côtes labourés par une douleur immonde. Il s'effondra dans le monte charge en se retenant aux parois. La porte en métal ce soir-là lui parut plus lourde que jamais.
Il se traîna jusqu'à la salle de bain où il se déshabilla comme il pût. Il avait sale mine, en sang des contusions partout, un œil gonflé qui commençait déjà à virer au noir, des contusions et du sang sur le corps.
Il se ceintura la taille d'une serviette et s'appuya comme il pût contre le lavabo. Il avait une mine affreuse et la main tremblante commença à s'essuyer le visage.
-Justin ? Demanda un Brian, qui venait d'entrer, à l'expression horrifiée par ce qu'il voyait. Bordel Justin qu'est ce qui t'es arrivé ?
-Justin bordel qu'est ce qui t'es arrivé ? Demanda un Brian blanc comme un linge.
-Je me suis pris la porte en arrivant, répondit le jeune homme avec sarcasme.
Brian n'en finissait pas de pâlir alors que des flashs lui revenait « Justin !....Non, non, non, non, non ! ».
-Je me suis fait tabassé, voilà, t'es content ?
-Quoi ? Articula avec peine Brian la bouche sèche.
-Ben oui c'est pas toi qui me disait ''tu fonces, tu fais tes trucs sans penser aux conséquences''. Fais pas cette tête chéri, continua Justin, t'avais raison, voilà je les ai eu mes conséquences. J'ai compris. Tu devrais être content. Sur ce tu m'excuseras je vais aller me coucher j'ai un peu mal à la tête là.
Justin passa devant lui sans rien dire de plus, dénoua la serviette et alla se coucher. Brian n'avait pas bougé ne pouvant s'empêcher de garder les yeux fixés sur la serviette tâchée de sang abandonnée sur le rebord de l'évier. Justin éteignit la lumière.
Brian était tétanisé. Qu'est ce qu'il devait faire ? Qu'est ce qu'il était censé faire ?
Combien de temps il resta debout, là, entre leur chambre et la salle de bain comme un arrêt sur image ?
Plus tard il vint s'asseoir sur le bord du lit près de Justin. Il alluma la lumière de chevet qui ne réveilla pas le jeune homme.
Son visage mon dieu, son visage, son visage d'ange. Sunshine...
Il repoussa les mèches qui lui tombaient sur le front.
Cet œil gonflé qui noircissait, cette coupure sur la joue, cette lèvre éclatée, ce nez qui commençait à prendre une couleur étrange, ces traces de doigts sur sa gorge. Brian retint la bile qui lui montait dans la bouche.
Il éteignit la lumière tremblant. Il quitta leur chambre en silence. Arrivé dans le salon il se servit un verre qu'il but d'une traite, prit sa veste et sortit. Il avait besoin de savoir.
A grandes enjambées il prit la direction de la galerie encore ouverte.
-Bonsoir Monsieur, l’accueillit une jeune femme derrière un petit comptoir.
Brian ne répondit rien déjà concentré sur l'exposition qui se trouvait dans la pièce aux murs blancs. Il commença a regarder les photos, tendu.
Si Justin avait un talent incontestable pour le dessin et la peinture il l'avait aussi pour l'art photographique. Les premiers clichés transpiraient de douceur, d'amour.
Deux mains enlacées, une tête posée sur une épaule, un homme qui embrasse une femme, une femme qui embrasse une femme, un homme qui embrasse un homme. Deux hommes tenant la main d'un enfant, une femme avec son bébé contre elle, une petite fille blonde de dos qui tient des ballons colorés dans la main.
Et puis les images commencèrent à changer, une manifestation puis une autre, un drapeau arc en ciel suivit d'un autre drapeau entrain de brûler, des personnes avançant main dans la main, des personnes criant, des mains et des bras tendant des slogans tour à tour d'amour puis de haine totalement radicale. Des hommes lançant des projectiles, des passages à tabac, une femme pleurant assise sur les marches d'une maison pavillonnaire, des personnes se battant au milieu de la rue, deux groupes se faisant face lors d'une autre manifestation. Les deux derniers clichés était les pires en terme de violence pour l'un et en terme de symbole pour l'autre.
Le premier était une photo d'un homme au sol tabassé par un autre au regard fou, les larmes du premier faisait dégouliner un petit drapeau arc en ciel dessiné sur la pommette. L'autre le visage déformé par la violence le tenait par le col le poing serré plus haut. Autour des deux hommes personne ne bougeait.
La dernière photo, enfin, représentait Justin lui-même en noir et blanc : un portrait. C'était la seule photo modifiée : il avait ajouté des blessures à son visage, une larme coulait d'un de ses yeux et un bandeau venait barrer sa bouche sur lequel était inscrit « Proud ? ».
Aucun des visages n'étaient floutés, pas un seul.
Brian se recula pour voir l’œuvre dans son ensemble et se passa une main sur le visage. Là, il avait vraiment peur. Il était terrifié pour son compagnon, une peur innommable qui s'insinuait dans ses veines, le tétanisait. Il manquait d'air les flashs se bousculant dans sa tête.
La plus belle soirée de ma vie...Justin !...Non, non, non, non, NON !...il se sentait impuissant derrière cette vitre, pourquoi n'avait-il pas su le protéger ?...c'est pas de ta faute Brian...si ça l'était...au vu de son âge et de son casier judiciaire vide la cour...c'était comme si je revivais la scène, comme si je prenais à nouveau ce coup de batte...une célèbre boite de Pittsburgh vient d'exploser...proposition 14...4 morts...je n'arrêtais pas de me dire pourvu qu'il ne soit rien arrivé à Justin...Je t'aime, je t'aime si fort...
Brian dût s'asseoir sur la banquette qui se trouvait au milieu de la salle. Il avait peur, peur comme jamais il ne l'avait eu auparavant. Il s'en foutait de Kinnetic, de Nike et de toutes ces conneries il était juste terrifié.
Justin...mon ange...sonny boy...Sunshine...mon prince...
Appuyé sur ses genoux il regardait les photos devant lui. Au bout d'un temps interminable il quitta la galerie sonné. Il reprit la direction du loft dans du coton mais le cœur battant, cognant contre sa poitrine. Il pénétra dans l'immeuble, prit le monte charge extrêmement pâle, la bouche entrouverte, les yeux exorbités.
Il fit coulisser la porte du loft et entra dans l'obscurité de l'appartement. Sa peur ne le lâchait pas, se collant à lui, riant dans le noir de l'effet qu'elle produisait.
Il quitta sa veste, ses chaussures et alla dans la chambre où Justin dormait toujours avec ce visage, mon dieu son visage s'horrifiait encore Brian.
Ce dernier s'allongea près de lui sans le toucher de peur de le réveiller ou de lui faire mal.
-Je t'en supplie Justin arrête, murmura-t-il, arrête...
o0o0o0o0o0
Brian n'avait pas dormi de la nuit, Justin n'avait rien dit se murant dans le silence.
-Mon dieu Sunshine ! S'exclama avec force Debbie horrifiée en les voyant arriver ce matin là dans le dinner.
Justin eût un faible sourire. Brian toujours sous le choc alla s'asseoir avec les autres sans rien dire.
-Mon dieu mon petit cœur mais qu'est ce qui t'es arrivé ?! Qu'est qui est arrivé à ton visage ?!! hurla presque une Debbie hystérique.
-Rien, ça va, répondit poliment Justin.
-Rien ? Tu te moques de moi ?! Dis moi la vérité Sunshine !
-Je vous assure c'est rien je suis tombé.
Brian était toujours sous le coup de l'émotion de la veille mais ne pouvait pas ne pas ne pas réagir. Autour de la table la bande ne pouvait détacher les yeux du visage de Justin.
-Il s'est fait tabassé, s'exclama Brian, on lui a cassé la gueule hier soir !
-Sunshine ! S'écria Debbie.
-Putain Brian tu pouvais pas la fermer, répondit Justin violemment.
-Que je la ferme ? Repris le brun, tu veux que je reste là à t'écouter raconter des conneries ? Ce sera quoi le prochain coup ''tu t'es pris une porte'' ?
-Sunshine ! Surenchérit Debbie, que va dire ta mère ?! Tu es allé à l'hôpital ?
-Bien sur que non on parle de Justin là, répliqua Brian.
-Y'a vraiment des moments où tu te comporte comme un vrai connard Brian Kinney, cracha Justin avant de quitter le snack.
Autour de la table personne ne disait rien d'une part choqué par ce qu'il venait de voir et d'apprendre et d'autre part parce que c'était la première fois qu'ils voyaient Brian et Justin se disputer aussi violemment en public. Mickael ne put tout de même s'empêcher de penser : « Tout n'est pas si rose finalement dans le soi-disant petit couple parfait et merveilleux ».
Brian poussa un soupir en se pinçant l'arrête du nez, la peur ne l'avait pas quitté de la nuit et elle était toujours ici vicieuse se logeant dans les moindres recoins.
-Brian qu'est ce que c'est que cette histoire ? L'interrogea fermement Debbie, j'exige une réponse.
Pourtant le publiciste se leva et à son tour quitta le snack.
-Brian !
Il retourna au loft où il espérait trouver Justin. Ce dernier effectivement y était présent.
-Quoi encore ? S'écria-t-il alors que Brian fermait la porte, c'est bon j'ai eu ma dose de reproches là. Ca va !
-Tu t'attendais à quoi ? Répondit Brian, à ce que personne ne dise rien ? T'as vu ta tête ? On dirait qu'un train t'es passé dessus.
-Merci, répondit Justin avec un petit sourire.
S'il avait toujours été d'un calme olympien, le sarcasme, c'est de Brian qu'il en avait appris les subtilités.
-Mais merde Justin ! Explosa enfin Brian. Comment on peut-être aussi inconscient...murmura-t-il pour lui même. Regarde toi nom de dieu, regarde ton visage putain ! Cria le brun.
Justin ne répondait plus rien, à peine s'il bougeait. Soudain Brian l'attrapa par le bras et le tira vers la salle de bain. Il vint le mettre devant la glace et lui arracha son t-shirt.
-Regarde toi, REGARDE !
Le geste avait été violent, brusque, soudain. Justin était paralysé, Brian submergé par la peur. Il alla s'asseoir au bout du lit king size la tête entre les mains.
Justin finit par lever les yeux vers le miroir et il se vit. Des bleus, des contusions sur le corps, des marques de doigts sur sa gorge, une lèvre fendue, une pommette entaillée, le blanc de son œil devenu rouge sang avec sa paupière enflée lui donnant une allure de boxeur. Justin baissa les yeux ne pouvant se regarder plus longtemps le souffle court.
Brian essayait de respirer, de calmer cette peur qui lui vrillait les entrailles. Cette vision des coups sur le corps de Justin était insupportable.
-T'as pas le droit...finit par murmurer Brian.
Le son de sa voix fit se retourner Justin.
-T'as pas le droit de me refaire ça...continuait le brun les yeux clos. Ne me demande pas de passer des heures à l'hôpital sans savoir si tu vas vivre...ne me demande pas de te regarder encore te vider de ton sang...ne me demande pas encore de passer toutes mes nuits à l'hôpital sans savoir si tu iras mieux...ne me demande pas encore de passer mes nuits derrière une vitre à te regarder dormir et te voir te battre contre des cauchemars...
Justin déglutit, paralysé par ce qu'il entendait.
-Ne me demande pas de passer des nuits entières pendant des semaines à l'hôpital derrière une vitre sans savoir si tu iras mieux...ne me demande pas ça...ne me demande pas de recommencer, s'il te plaît ne...
Brian les yeux toujours fermé réprima un sanglot ne pouvant plus continuer à dire un mot. Il appuya son front contre sa main, les doigts tremblants.
Justin se détacha du meuble de la salle de bain et s'approcha de son homme qui semblait brisé. En entendant ses mots il avait compris, il avait compris à quel autre événement Brian faisait allusion. Non, il avait raison il ne pouvait continuer, il ne pouvait lui demander à nouveau d'endurer ça.
Malgré la douleur que ça lui provoqua il vint s'asseoir sur les genoux de Brian à califourchon. Il détacha sa main de son front.
-Regarde moi, dit-il d'une voix rauque, s'il te plaît regarde moi, répéta-t-il prenant son visage entre ses deux mains.
Brian leva les yeux ne pouvant réprimer une grimace devant le visage de son ange. C'est à cet instant qu'elles jaillirent, la peur le submergeant, n'arrivant plus à contrôler les émotions qui le traversait.
-Pardon, murmura Justin en commençant à embrasser son visage buvant les larmes qui s'y répandait, pardon, pardon, pardon...
Il prit sa bouche voulant l'apaiser, le rassurer. Qu'est ce qu'il avait fait ? Qu'est ce qu'il avait fait ?
Non Brian, je t'en prie sois fort...pardon Brian...pardon mon amour, pardon...
Brian commença à le repousser alors que Justin désirait aller plus loin.
-S'il te plaît, murmura-t-il le front contre le sien.
-Je vais te faire mal, répondit Brian d'une voix rauque presque imperceptible.
Justin l'embrassa même si son corps était déjà envahit par la douleur. Douleur cependant anodine face à celle qu'il éprouvait en voyant Brian dans cet état.
-S'il te plaît, répéta Justin.
Brian capitula et l'allongea avec une extrême douceur sur les draps.
-Vas-y doucement, murmura le jeune homme en s'allongeant face à lui.
Il déposa sa main sur sa nuque et l'embrassa. Ils se déshabillèrent très lentement, Brian prêtant une attention immense à son partenaire, aux moindres de ses mouvements. Justin frissonna sous les baisers de douleur mais aussi d'amour. Il se tourna calant son dos contre le torse de Brian.
Brian le regardait dormir. Justin était recroquevillé contre lui, la bouche entrouverte respirant lentement. Là seulement la peur commença à le quitter mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il ne voudrait jamais perdre l'homme qui respirait contre lui. On pouvait tout lui arracher, tout mais pas ça, pas lui...
Mon dieu pas lui...
Carl Horvat, assis à son bureau au commissariat de police de Pittsburgh réfléchissait. Les photos de l'affaire Justin étaient étalées sur son bureau avec les preuves jusqu'ici récoltées. Après la découverte du petit appartement la piste s'était arrêtée là. Le commissaire de la ville détestait piétiner ainsi au milieu d'une affaire qui touchait en plus des personnes proches de son entourage.
D'une part Justin était suivi par un cinglé et d'autre part ce même cinglé semblait directement lié a l'attentat proféré contre la communauté de Liberty Avenue au Babylon.
Comme le monde pouvait abriter de telles personnes ? Carl poussa un soupir, il avait besoin d'un break.
Il prit la balle de base-ball sur sa table de travail et tourna le dos à son bureau. Se passant la balle d'une main à l'autre il essayait de faire le tri sur ce qu'ils avaient découverts, mettant de l'ordre dans les pistes, les faits lorsqu’on ouvrit à la volée la porte de son bureau.
-Carl ! S'exclama une forte voix qu'il aurait reconnue entre mille.
-Debbie, fit-il en se retournant. Dieu du ciel que se passait-il encore ?
Sa fiancée, les cheveux en bataille, paraissait au bord de l'explosion.
-Le petit s'est fait tabassé !
-Pardon ? Demanda Carl qui ne comprenait pas bien où elle voulait en venir.
-Le petit, Sunshine, Justin s'est fait tabassé ! On l'a su ce matin ! Il faut que tu fasse quelque chose ! Continuait-t-elle avec fureur.
-Je vois, répondit Carl qui avait pâlit, d'abord essaie de te calmer et raconte moi ce qui s'est passé.
-J'en sais rien, s'exclama-t-elle pas calmée pour un sou marchant telle une furie dans le bureau, ils sont arrivés au snack, avec Brian je veux dire...
Carl acquiesça alors que Debbie était déjà lancée.
-Et puis j'ai vu mon petit ange avec ce visage mon dieu son visage, si j'attrape le salop qui lui à fait ça il va regretter d'être né, pour sûre, foi de Debbie Novotny ! Continuait-t-elle les joues rouges.
-Deb...tenta Carl.
-Je lui ai demandé ce qui lui était arrivé et il m'a répondu qu'il était tombé mais on ne me ment pas à moi certainement pas ! Et Brian s'est énervé et nous à lancé qu'il s'était fait tabasser hier soir ! Et Justin s'est aussi énervé et ils se sont mis à se disputer en plein milieu du resto avant que mon petit ange ne s'en aille précipitamment en claquant la porte et puis Brian l'a suivi alors que je lui demandais des explications celui là aussi il va m'entendre !
-Debbie...
-Je jure devant Dieu que je vais l'attraper ce salop qui à osé touché à mon petit ange, je vais lui faire bouffer ses couilles qu'il va pas comprendre ce qui lui arrive !
-Debbie ! Tonna Carl Horvat, si tu voulais bien te calmer, t'asseoir et recommencer du début s'il te plaît.
L'excentrique mère de Liberty Avenue finit par s'installer dans le fauteuil face au bureau de Carl le souffle erratique comme si elle venait de courir un marathon.
Le commissaire rangea rapidement les dossiers et les photos devant lui. Inutile d'affoler davantage la femme qui se trouvait devant lui.
-Bien. Maintenant explique moi, calmement, précisa Carl en voyant sa fiancée ouvrir la bouche, ce que les garçons t'ont raconté.
O0o0o0o0o0
Justin avait suivi sans broncher lorsque Brian l'avait emmené à l'hôpital. Assis sur les chaises de plastique vert, au milieu de l'odeur d'éther l'un comme l'autre restaient silencieux. Sa fiche d'enregistrement à la main Justin regardait droit devant lui.
Il repensait à ce que Brian lui avait dit : « Ne me demande pas de repasser des nuits aux urgences sans savoir si tu vas t'en sortir...ne me demande de passer des nuits entières derrière une putain de vitre à te voir te battre contre des cauchemars...ne me demande pas de passer toutes mes nuits à l'hôpital sans savoir si tu iras mieux... »
Son cœur se serra alors qu'il déglutit douloureusement. S'il avait pu se sentir trahi ou abandonné par Brian il se rendait compte aujourd'hui que ça n'avait jamais été le cas. Jamais depuis ces huit dernières années. Jamais depuis qu'il l'avait rencontré sous un lampadaire de Liberty Avenue.
« Avec qui que tu sois je serais toujours là... »
Justin refoula un sanglot. Il se sentait minable après cette nouvelle agression. Il ne pensait même pas à ses agresseurs, ni à ce qui c'était passé, tout son esprit était focalisé sur Brian. Sur la souffrance qu'il lui avait fait à nouveau endurer. Il se rapprocha de lui et glissa sa main dans la sienne aux jointures éraflées. Brian répondit à la pression même s'il se trouvait dans un état second.
-Justin Taylor ? Appela une infirmière.
Le jeune homme lâcha la main de son partenaire, se leva et suivit la nurse sans être étonné que Brian ne lui ai pas emboîté le pas.
Elle le conduisit dans un boxe, l'installa sur la table et le pria d'attendre le médecin.
C'était comme si tout son corps s'était transformé en béton. Brian était vissé à son siège comme tétanisé. Il avait vu l'état dans lequel était Justin à la lumière du loft et n'aurait pas supporté de le voir à la lumière foudroyante et blafarde des néons hospitaliers. Son visage seulement suffisait à le rendre dingue, rongé par la peur et Justin n'avait pas besoin de ça. D'ailleurs Brian lui même ne voulait pas de cette putain de peur qui lui vrillait les tripes.
-Brian ?
-Oh Her Professor, constata le brun en levant les yeux. Que faites vous si loin de chez vous ? Un petit infirmier vous à fait du gringue ?
-Non, je suis venu faire mes analyses comme tous les mois et toi ?
-Je me faisais chier...
Ben lui lança un regard appuyé.
-Justin, souffla Brian.
-Tu veux que je reste ?
-Et pourquoi Prof ? T'as pas un cours à donner ? Des géraniums à arroser ? Un gentil petit mari à baiser ? Répondit Brian avec sarcasme les sourcils froncés.
Ben ne répondit pas à la pique et s'installa sur un siège en face de celui de Brian, sortit des copies et sans plus un mot commença à corriger.
Le publiciste ne fit aucun commentaire et reporta son regard sur le lino grisâtre qui couvrait le sol.
-Monsieur Taylor, s'exclama le médecin en entrant dans le box, cela faisait un moment qu'on ne s'était...
Il ne termina pas sa phrase constatant l'état dans lequel se trouvait son ex jeune patient, tabassé à mort un soir de bal de promotion.
-Bonjour docteur, répondit faiblement Justin en baissant les yeux devenu aussi vert que la blouse que l'infirmière lui avait demandé de mettre.
-Monsieur Taylor que vous ai-t-il arrivé ? Demanda le médecin les yeux écarquillés.
-Je suis tombé, mentit une fois de plus l'artiste.
-Justin je n'ai pas fait deux ans de prépa et dix ans de médecine pour entendre « je suis tombé » en voyant l'état dans lequel vous êtes, répliqua le médecin.
-On m'a tabassé, avoua enfin celui qu'on surnommait Sunshine d'une petite voix.
-Violences conjugales ?
-Bien sur que non ! S'exclama violemment Justin horrifié par ce qu'il venait d'entendre.
-Je vous écoute, répondit le médecin en croisant les bras.
-Je me suis fait agressé hier soir en sortant de la galerie de Pittsburgh.
-Par qui ?
-J'en sais rien, répondit Justin, il faisaient sombre ils me sont tombés dessus, j'en sais rien, répéta-t-il.
-Vous savez que je vais devoir faire un rapport à la police ?
Justin hocha de la tête.
-Bien. Voyons maintenant s'il n'y a rien de cassé...fit le médecin en s'approchant de son patient.
Il palpa son visage, vérifia le nez qui déclencha un frisson chez Justin.
-Heureusement il n'est pas cassé. On vous avait déjà fait des points pour l'arcade, visiblement, et c'est récent.
-Je suis tombé lors d'une manifestation, répondit Justin. Vraiment, précisa-t-il en regardant le médecin.
-Il va falloir vous refaire des points mais cette fois je ne vous garantis pas qu'il n'y aura pas de cicatrices. Vous devez faire attention Justin, après ce qui s'est passé vous devez être prudent avec votre tête et les chocs qu'elle pourrait recevoir. Est-ce-qu'il est nécessaire que j'en touche deux mots à votre mari ?
-Non ! S'exclama Justin, je ferais attention.
-Alors faites le, répliqua le docteur, ce type de guérison prend beaucoup de temps et si vous ne laissez pas le temps à votre corps pour récupérer les séquelles seront irréversibles. Bon, cette coupure à la joue est superficielle, continua-t-il, quand à votre œil à part le coquard ça ira, votre lèvre à déjà commencée le processus de guérison. Les marques du cou disparaîtront. Je vous fais mal ?
-Un peu, souffla Justin.
-Si c'est juste un peu ça ira aussi je vous donnerai une pommade pour ça. Voyons le reste, dit-il en défaisant la chemise de papier.
Le médecin ne put réprimer un long soupir. Des contusions, des ecchymoses sur les bras, l'abdomen, le dos, les jambes de son patient. Une large éraflure sur le dessous de l'avant bras droit, des éraflures sur les mains.
Le médecin désinfecta, pansa, cousus les plaies et fit à Justin une longue liste de médicaments renouvelant dans le même temps ses cachets pour sa tête et ses insomnies.
-Eh bien voilà, termina-t-il, maintenant vous devez prendre du repos Justin. Minimum une semaine.
-Mais...
-Pas de protestation sinon je vous fais hospitaliser !
-Bien... se résigna le jeune homme.
Ils se serrèrent la main et le médecin le laissa se rhabiller. En enfilant pantalon, t-shirt, chaussettes et chaussures Justin pensait à ce que son ancien docteur venait de lui dire. Il devait faire attention et pas seulement pour lui. Parce qu'il le savait s'il n'était pas prudent une autre personne dans la pièce d'à côté allait le suivre dans sa chute sans certitudes de guérison cette fois-ci.
-Ben ? S'étonna Justin en entrant dans la salle d'attente.
-Salut Justin, répondit l'écrivain en levant les yeux.
Le jeune artiste avait l'air d'un blessé de guerre avec tous ses pansements et ses cheveux en désordre. Brian ne pipa mot.
-Comment tu te sens ? Demanda le compagnon de Mickael.
-Ca va et toi ?
-Pas de problèmes ne t'inquiète pas, répondit Ben en se levant son cartable sous le bras, prend soin de toi.
-Toi aussi, bonjour à Mickael.
-Je lui dirais. Brian.
-Prof.
Ils quittèrent l'hôpital général de Pittsburgh dans un silence lugubre, s'arrêtèrent dans une pharmacie et reprirent la direction du loft. Il serait temps plus tard pour Justin de demander à Brian s'ils pouvaient rentrer à Britin.
Son partenaire n'avait quasiment rien dit de la journée ce qui inquiétait Justin. Un Brian muet était bien pire qu'un Brian dans la colère la plus noire.
-Parle moi, dit Justin alors que le brun tirait la lourde porte en métal.
-Va te coucher...
-Brian, tenta le jeune homme.
-Au lit, répéta le brun plus durement.
Justin capitula et prit la direction du lit king size. Il se déshabilla, s'allongea sous les draps seulement vêtu de son boxer. Brian s'assit au bord du lit avec un verre d'eau et un cachet d’antidouleurs prescrit par le médecin de l'hôpital. Justin prit le comprimé et vida le verre.
Couché sur le côté il regardait son partenaire qui posa sa main sur sa nuque jouant quelques secondes avec les mèches blondes.
-Je...tenta l'artiste.
Brian le fit taire en passant doucement son pouce sur ses lèvres le regard voilé, un sourire presque invisible flottant sur ses lèvres. Pour Justin l'image était atroce, ce visage éteint, ce sourire espiègle fané, ce regard déchiré qui lui montrait pourtant que Brian aurait été capable de tout, de se mettre devant lui pour prendre les coups, les balles à sa place. Ce regard qui lui disait sa mortelle inquiétude mais qui lui affirmait aussi qu'il l'aurait suivi jusqu'au bout de l'enfer.
Justin s'était mit en danger mais il avait oublié que dans son désir passionné de faire entendre sa voix d'artiste il risquait bien plus qu'un coquard à l'oeil droit.
Peu à peu les vapeurs du sommeil l'envahirent, ses paupières devenant de plus en plus lourdes, sa respiration de plus en plus lente.
Brian assis à la même place le regarda tomber dans les bras de morphée puis dormir pendant une bonne demi-heure avant d'être ramené sur terre par de petits coups frappés à la porte.
-Le commissaire de la ville, dit-il en ouvrant, quel honneur ! Que me vaut cette visite ?
-Bonjour Brian, répondit Carl avec une expression sérieuse, il faudrait qu'on parle.
Le propriétaire le laissa entrer avant d'aller s'asseoir sur un tabouret du bar.
-Justin ? Demanda Carl.
-Il dort. Je vous sers quelque chose à boire ?
-Non merci, répondit le gardien de la paix.
Brian se leva et se servit un verre.
-Alors que puis je faire pour vous ?
-Comment va Justin ?
Le brun eût un temps d'arrêt avant de froncer les sourcils et de prendre une gorgée du liquide ambré le regard dans le vide.
-Debbie m'a prévenu.
-Le contraire aurait été étonnant. Si vous voulez savoir quelque chose demandez Debbie Novotny !
-Et toi comment vas-tu ? Tu as l'air épuisé, repris Carl.
-Les Kinney sont toujours au top de leur forme, répondit Brian en faisant une grimace levant un toast devant un public inexistant.
-Qu'est ce qui s'est passé ?
-Je n'en sais pas plus que vous commissaire, il ne m'a rien dit.
-Je vois.
-Il vous fallait autre chose ? Demanda Brian prit soudain d'une immense lassitude.
-Oui, nous avons avancé dans l'affaire des lettres qu'à reçu Justin...
-Et ?
-La dernière lettre nous à mené à ce qui semblerait être l'appartement à Pittsburgh de le ou la personne à l'origine de ces lettres, répondit Carl.
-Alors ?
-Brian c'est grave, vraiment. Nous avons trouvé des photos de vous placardées sur tous les murs mais aussi des photos de votre famille, de Mélanie et Lindsay, de ton fils mais aussi les prospectus qu'on à retrouvé au Babylon le soir de l'explosion ainsi que des outils qui ont certainement servis à monter la bombe qui à explosée ce soir-là.
Un déluge de briques s'abattit sur la tête de Brian déjà saturée d'informations. Appuyé sur le bar comme s'il allait s'effondrer il se passa la main sur le visage à cours d'idées, de pensées, de tout. Il quitta le coin cuisine et alla chercher sa petite boite spéciale ''cas d'urgence'' qui se trouvait dans la table de nuit de la chambre.
Carl le suivit du regard le visage grave. Il le vit monter les deux marches d'un pas nonchalant, mal assuré. Il le vit prendre une boite ronde en métal, remettre la couette sur Justin, passer une main dans ses cheveux.
Revenu au bar Brian commença à se rouler une cigarette y mêlant un peu d'herbe espérant que cette dernière lui ferait digérer la petite bombe qu'il venait de recevoir en pleine figure.
Carl le regarda faire, sans énoncer de commentaires même s'il n'approuvait pas. Il aurait été bien mal avisé d'émettre la moindre remarque après ce qu'il venait d'annoncer.
Brian tira sur le filtre inspirant nicotine et drogue dans un même temps. Un bras contre son abdomen il souffla la fumée vers les lampes chromées italiennes.
-Arrêtez ce taré avant que ce soit moi qui le fasse, déclara Brian en reposant son regard sur Carl.
L'expression qu'avait le publiciste face à lui fit froid dans le dos au policier qui se targuait pourtant de n'avoir peur de rien.
-Tu as ma parole.
Après quelques minutes Carl quitta le loft laissant à nouveau Brian seul qui ne tarda pas à être à nouveau dérangé.
-Madame Taylor ! S'exclama-t-il en faisant coulisser la porte d'entrée, c'est la journée des visites si j'avais su j'aurais sorti mes habits du dimanche !
-Justin est ici ?
-Votre fils à toujours été ici madame Taylor, répondit doucement Brian.
-Jennyfer, répondit la mère de l'artiste en entrant.
-Mais allez-y je vous en prie.
Dans l'open space Jennyfer se tourna vers son gendre le visage rongé d'inquiétude.
-Il dort, répondit Brian à sa question muette.
Elle se tourna vers la chambre et se dirigea vers cette dernière alors que Brian retournait à la cuisine.
En voyant l'état de son fils étendu en travers du lit, la mère ne put réprimer un hoquet de surprise la main sur sa bouche. Son petit, son bébé, son fils, la chair de sa chair. Elle replaça doucement les mèches blondes sur son front. Elle ne voulait pas perdre son fils, elle n'y avait que miraculeusement échappé 8 ans plus tôt et elle ne pouvait n'y ne voulait revivre ça, jamais. Elle resta quelques minutes veillant sur son sommeil et rejoignit Brian aussi blanche qu'un linge.
-Café ? Demanda le brun.
La mère se retourna et regarda encore une fois son fils dormir.
-Whisky ?
-S'il vous plaît, dit-elle dans un souffle reportant son attention sur Brian.
Il sortit un deuxième verre y plongea trois glaçons, le remplit en fit de même pour le sien et le glissa vers Jennyfer Taylor qu'elle but quasiment d'une traite. Elle poussa un soupir les doigts autour de son verre.
Elle leva les yeux vers Brian qui affichait une expression affreuse.
A travers le bar elle glissa ses mains vers le jeune homme et prit ses mains dans les siennes lui adressant un faible sourire alors que Brian la fixait du regard.