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Not Without You

Série : Queer As Folk
Création : 12.04.2013 à 18h07
Auteur : Audali09 
Statut : Terminée

« La fiction débute à la fin de la saison 5 avant que Michael n'emmène Brian danser dans ce qui reste du Babylon. Suite de la saison 5. Des spoils sont possibles sur l'ensemble des cinq saison » Audali09 

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Justin avait tenu sa promesse et était resté sagement à la maison toute la semaine. Le lendemain de la visite à l'hôpital il avait demandé à Brian s'ils pouvaient rentrer à Britin car depuis trop longtemps loin de leur maison.

 

Comme pour Brian, cet endroit était devenu son refuge, son cocon, son havre de paix, son nid d'amour, sa cachette, le lieu où il pourrait toujours se retrouver pas seulement avec lui même mais aussi avec Brian son autre refuge, son pilier au milieu de la tempête, son meilleur ami, son amant, son partenaire, son soutien, son égal, son compagnon de route, son mari.

 

A force de négociations et de promesses Justin avait réussi à faire retourner Brian à Kinnetic. Il s'en serait davantage voulu si Brian avait abandonné l'entreprise au moment le plus crucial de sa carrière. Si Justin s'était comporté comme un idiot irréfléchi ce n'était pas une raison pour que Brian sacrifie le contrat Nike qu'il allait certainement lui ouvrir toutes les portes du milieu du business. Justin le savait et en aurait persuadé qui que ce soit ! Dans son boulot Brian était un dieu.

 

Allongé sur leur grand lit de Britin, Justin songeait à tout cela avec un sourire lorsque les paroles de Brian une semaine plus tôt lui revinrent en mémoire.

 

Il se redressa et prit son portable.

 

-Maman ?...bonjour c'est moi...oui ça va ne t'inquiète pas...oui, oui je me repose...il va bien aussi...non il est à Kinnetic...dis maman est ce que je peux passer ?...non je suis à Britin...mais...d'accord maman...je ne bouge pas, je t'attend...bisous à tout à l'heure, termina Justin en raccrochant.

 

Il poussa un soupir, lui qui avait espéré aller faire un tour, c'était raté. « non mon chéri ne bouge pas c'est moi qui vient... ».

Il eût un sourire, sa mère resterait toujours égale à elle même.

 

Justin se leva et se rendit dans la salle de bain attenante à leur chambre. Il alluma la lumière et s'approcha du miroir.

 

-Bon, se dit-il à lui même, c'est pas top mais c'est mieux qu'il y a huit jours...

 

En effet son œil avait considérablement désenflé même s'il avait noirci, son nez avait un peu jauni mais la trace commençait à disparaître, sa coupure avait parfaitement cicatrisée ne restait qu'un trait rouge, sa lèvre avait totalement guérie et son arcade elle aussi poursuivait son processus de rétablissement. Le médecin avait posé des fils qui se résorberaient tout seuls et un ou deux avaient déjà commencés. Les marques sur son coup avaient noircies mais il lui serait aisé de le dissimuler derrière un foulard ou une écharpe. Quand au reste la guérison se faisait plus lente, les marques étant encore très vives mais il ne ressentait quasiment plus de douleur. L'éraflure sous son avant bras, dont il changeait le pansement tous les jours, continuait de cicatriser. Il était sur la bonne voie.

 

Il se dévêtit et entra dans la cabine de douche. Il ouvrit l'eau et ferma les yeux sous le jet.

 

« Hey Taylor ! » il fronça les sourcils.

« Essaie un peu de prendre ça en photo ! » il ouvrit soudainement les yeux en repensant aux coups et à la,

douleur qu'il avait éprouvé.

Il sentit une vague de panique l'envahir. Il ne devait pas y penser, pas maintenant. Il devait respirer, se détendre, profiter de sa douche. Les mains à plat sur les parois de la douche il ferma les yeux et prit de grandes inspirations alors que l'eau ruisselait sur sa nuque. Au fur et à mesure Justin sentit peu à peu le calme l'envahir à nouveau.

 

Il ne s'attarda pas et après quelques minutes sortit de la cabine. Il noua une large serviette éponge autour de ses hanches. Dans le meuble au-dessus du lavabo il prit un de ses cachets pour ses maux de tête. Il se rasa en faisant attention à sa lèvre et sa joue, se rinça et alla se changer dans le dressing de l'autre côté de la chambre. Il abandonna la serviette rouge sur l'étendoir.

 

Il enfila un boxer noir puis un bas de survêtement qui tombait sur ses hanches. Qu'allait-il pouvoir mettre en haut pour cacher son cou ? En se passant la main dans les cheveux il cherchait une alternative. Il opta pour un sweat-shirt bleu marine à capuche resserré au niveau de la gorge. Il se regarda dans le miroir de plein pied. Ce ne serait pas parfait mais ça dissimulait quasiment tout, il n'allait tout de même pas se mettre en pull à col roulé. Il poussa un soupir enfila une paire de chaussettes et descendit au rez-de-chaussée.

 

Il prit le dossier artistique de Nike laissé sur la table de la salle à manger et alla s'asseoir sur un des tabourets de la cuisine autour de l’îlot. Il prit un abricot dans la corbeille de fruits et ouvrit le dossier. Il avait besoin de se plonger dans le travail l'empêchant de trop penser.

 

 

O0o0o0o0o0o

 

 

A Kinnetik Brian avait fait raser les murs à tous les employés depuis le début de la semaine. Une atmosphère silencieuse et électrique régnait depuis 7 jours. Cette ambiance n'avait pas réapparu depuis plus d'un an et à l'approche de la finalisation du contrat Nike tout le monde était au pied de guerre prenant garde à faire son travail à la perfection, à ne se rendre dans le bureau du chef qu'en cas d'extrême urgence bref à faire profil bas le temps que l'orage passe.

 

Cynthia et Ted habitués et le dernier connaissant la raison de l'humeur massacrante de son associé temporisait du mieux qu'ils pouvaient mais surtout épaulait le plus possible leur patron.

 

Depuis le début de la journée Brian se retenait de téléphoner à Britin pour savoir si Justin s'y trouvait toujours mais surtout s'il allait bien. Plutôt que d'appeler son sulfureux partenaire il téléphona à celui qu'il avait choisi pour être directeur du Babylon.

 

S'il avait été grisant pour Brian de racheter le saint des saint de Pittsburgh, son territoire depuis 30 ans il avait rapidement réalisé que de tenir un club ouvert toute la semaine et une énorme agence de com en plein boum relevait du miracle. Il était donc partit à la recherche d'un sous directeur afin de gérer les soirées, les comptes et tout ce qui allait avec. La rumeur selon laquelle Brian Kinney, le maître incontesté de la Liberty Avenue, recherchait un gérant avait rapidement fait le tour de la planète Pittsburgh et des CV avaient commencés à pleuvoir pour la plupart totalement incompétents aux yeux de Brian.

 

En revanche un homme avait su retenir son attention ce qui là aussi tenait de l'exploit.

 

Il s'appelait Laurent Daniels, la quarantaine, brun, barbu, bon vivant, un piercing sous la lèvre inférieure, un penchant pour les chemises à fleurs ou aux coloris voyants mais toujours élégant avec une classe folle lorsqu'il portait un nœud papillon. Déjà gérant de nights club par le passé c'est sa capacité à organiser des soirées les plus dingues avec toujours beaucoup de goût qui avait intéressé Brian. Après un mois d'essai il avait été embauché. Gay depuis toujours, comme il aimait à dire, son relativisme l'avait très vite rendu sympathique auprès de la clientèle du Babylon qui l'avait affectueusement surnommé ''Ours''.

 

Avec lui, Brian savait son club entre de bonnes mains sans compter que depuis son arrivée les affaires n'avaient jamais été aussi florissantes affichant plein tous les soirs. Le renforcement de la sécurité suite à l'attentat proféré contre le club trois ans plus tôt n'avait pas fait désemplir la boîte bien au contraire. Les gays s'y sentaient plus en sécurité et les incidents avaient quasiment disparus entre les murs du Babylon. De temple de la backroom s'était devenu un lieu respectable, banckable et surtout idéal pour se faire plaisir ou l'inverse.

 

Les barmans en mémoire des quatre disparus suite à l'explosion avait fait apposer une plaque et des photos derrière le bar, après accord de Brian, ainsi qu'une bougie allumée tous les soirs. Une façon à eux de rendre hommage à ceux qui avait défendu leurs droits au point d'en perdre la vie.

 

C'est donc à Laurent qu'il téléphona pour organiser la soirée de charité en faveur de la course anti proposition 14 et pour la maison de santé Vic Grassi.

 

-Vous voyez ce que je veux dire Laurent ?

-Bien sur Monsieur Kinney...

-Je ne veux pas de soirée pour vieilles bigotes coincées, il faut que cette soirée soit banckable, que l'alcool coule à flot, que les gens qui viendront dépense le plus possible et surtout je veux que ce soit...

-Une soirée baisable monsieur Kinney ? Répondit le gérant avec un sourire dans la voix.

-Vous avez tout compris.

-Un thème ?

-Ce que vous voulez mais rien de minable comme ses coincés du CGL ! Me-suis je bien fais comprendre ?

-Tout à fait Monsieur Kinney je m'y mets immédiatement. Tout sera fait selon vos directives.

-Parfait, tenez moi informé. A plus tard Monsieur Daniels.

-Monsieur Kinney.

 

Ils raccrochèrent en même temps. Une chose de réglée. La course...Brian n'avait même pas eu le temps d'en parler à Justin. Le jeune homme se battrait sûrement bec et ongle pour la faire et Brian essaierait de l'empêcher mais certainement sans grand succès. Il eût un sourire pensif, son menton appuyé dans le creux de sa main.

 

-Théodore ! Aboya-t-il dans l'intercom.

 

 

O0o0o0o00o

 

 

Jennyfer ne tarda pas à arriver à Britin. A peine Justin eut ouvert la porte que sa mère le prenait dans ses bras.

 

-Comment vas-tu mon chéri ? Demanda-t-elle en le serrant contre elle.

-Ca va maman, répondit-il en rendant l'étreinte.

-Tu me le dirais si ça n'allait pas ?

-Oui maman, répondit Justin, maman ? Maman tu m'étouffes...

-Oui pardon, s'écria-t-elle avec un sourire.

 

Justin la fit entrer.

 

-C'est vraiment un endroit magnifique, s'extasia-t-elle une fois de plus en pénétrant dans la grande pièce.

-Je suis d'accord, répondit Justin avec un sourire, un thé ça te tente ?

-Avec plaisir.

 

Elle s'installa au bout de la grande table de la salle à manger continuant de regarder autour d'elle alors que Justin faisait chauffer l'eau dans un silence d'église.

Cette maison était vraiment magnifique comme le couple qui l'habitait. Si au départ elle avait peu apprécié Brian aujourd'hui elle le remerciait de tout ce qu'il avait fait pour son fils mais surtout de le rendre si épanoui et heureux. Car Jennifer n'avait jamais vu son fils aussi heureux que depuis qu'il s'était uni avec son compagnon.

 

-Voilà, fit Justin en posant deux tasses fumantes devant eux.

 

Il s'installa un genoux remonté contre sa poitrine.

 

-Merci. Comment vas tu mon grand ?

-Ca va, répondit Justin avec un sourire, je suis en repos forcé à la maison depuis une semaine.

-Heureusement !

-Tu connais Brian il aurait été capable de m'attacher aux montants du lit pour ne pas que je sorte.

-Et c'est tant mieux !

 

Justin sourit sans répondre. Ils burent quelques minutes en silence. Jennifer n'était pas idiote bien au contraire si bien qu'elle attendit patiemment que son fils se mette à table ce qu'il ne tarda pas à faire.

 

-Maman...commença-t-il d'une voix basse.

-Oui ?

-Tu sais après le bal de promo, quand Chris Hobbs ma frappé avec cette batte de base-ball est ce que...continua-t-il en cherchant ses mots, je veux dire...est ce que Brian était là ? Demanda son fils d'une petite voix sans la regarder.

 

Jennifer poussa un soupir.

 

-Le soir où tu as été admis aux urgences parce qu'on t'avait agressé c'est Mickael qui m'a téléphoné depuis les urgences. Quand je suis arrivé ils étaient tous les deux là et Brian...seigneur quand je me souviens de ce soir-là...j'étais folle tout d'abord de savoir qu'on s'en était pris à mon fils mais il était assis sur cette chaise du sang sur le visage avec cette écharpe autour du cou, le visage mouillé d'avoir trop pleuré. Il avait le regard hébété, perdu comme s'il avait pris un coup lui aussi. On aurait dit un enfant perdu...Quand j'y repense ; cette vision était vraiment cauchemardesque. Ils sont restés toute la nuit avec moi, Mickael était aux petits soins, Brian muet comme une tombe incapable de parler ou de bouger.

 

Justin écoutait, assimilait ce que lui racontait sa mère sans faire un seul mouvement. Ce qu'elle lui racontait il le voyait presque.

 

-Lorsque les médecins sont arrivés pour nous donner des nouvelles, nous dire que tu étais dans le coma Brian était...je ne saurais comment expliquer...je n'avais jamais vu quelqu'un d'aussi blanc...,poursuivit-elle, et puis il est partit. Sur le moment je l'aurais frappé, dit-elle avec un faible sourire, te laisser alors que tu étais entre la vie et la mort...je l'aurais tué...mais avec le recul et avec tout ce qu'il à fait pour toi par la suite j'ai compris pourquoi il à réagit comme il l'a fait ce soir-là.

 

Jennifer marqua une pause.

 

-Je pense qu'il se sentait responsable.

 

Justin tritura l'étiquette de son sachet de thé. Il se sent toujours responsable...

 

-Justin, repris sa mère d'une voix plus douce en prenant une de ses mains dans les siennes, il est venu tu sais. Il est venu toutes les nuits te veiller.

-Comment est ce que tu l'as su ? Demanda Justin d'une voix étranglée.

-C'est l'infirmière de nuit qui m'a prévenue. Et puis un matin très tôt je suis arrivée et il s'était endormi sur le fauteuil dans le couloir. Je n'ai pas osé le réveiller, continua Jennifer. L'infirmière m'a par la suite précisé que Brian venait toutes les nuits de 23h au petit matin, réglé comme une horloge. Il te regardait dormir, demandait de tes nouvelles, jamais par mon intermédiaire bien sur, mais il suivait tes progrès.

 

Le bas du visage appuyé contre sa main les larmes jaillirent des yeux de Justin sans qu'il s'y attende.

 

-Oh mon cœur, fit doucement Jennifer. Il ne te l'a jamais dit ?

 

Justin secoua la tête de droite à gauche alors que les larmes inondaient son visage, la main contractée sur sa bouche et ses joues.

 

Il était venu...il était là...il est venu...

 

Jennifer s'approcha de son bébé devenu un homme encore pourtant si fragile, le prit dans ses bras. Justin se réfugia dans cette étreinte comme lorsqu'il était enfant. Il se blottit contre cette maman qui l'avait toujours soutenu malgré son homosexualité, malgré Hobbs, Brian, son père, ses choix de vie, toujours présente envers et contre tout. Il se réfugia dans cette étreinte comme pour tout oublier parce qu'il savait que ce soutien quoi qu'il advienne il l'aurait toujours. Se serrer contre ce cœur, oublier pendant un instant la vie, l'âge, les obligations redevenir pendant cet instant unique l'enfant que l'on était jadis.

 

Jennifer serrait son fils contre elle ressentant elle aussi toutes ces émotions que seuls un parent et son enfant pouvaient ressentir. Elle caressait ses cheveux murmurant les paroles qu'elles savaient réconfortantes.

 

La plus grande fierté de Jennifer ex Taylor avait toujours été ses enfants, elle avait toujours tout fait et tout donné pour eux, elle se serait saigné aux quatre veine pour les voir heureux, épanouis.

Cette après midi là elle eût la sensation que ce petit quelque chose qui s'était cassé entre elle et son fils sept ans plus tôt se réparait enfin. Les choses revenaient enfin à la normale. Elle ferma les yeux sur ce moment intense.

 

Jennifer resta tout l'après-midi avec Justin à Britin. Assis sur le canapé ils discutaient à bâtons rompus de ce fameux bal de promotion dont ils n'avaient jamais vraiment réussi à aborder.

La vendeuse immobilière comprit que son fils avait besoin d'en parler depuis qu'il s'était souvenu de cette fameuse soirée. Si Justin avait pu en discuter avec Brian, c'était toujours difficile et extrêmement douloureux pour ce dernier d'aborder la question même s'il comprenait que son partenaire en ressentait le besoin.

 

En lui rendant visite, Jennifer avait fait sauté la chape de plomb qui s'était peu à peu installée sur cette nuit tragique.

En voyant les yeux brillants de son fils lorsqu'il lui raconta la danse avec Brian, elle se dit une fois de plus qu'elle avait eu raison de demander au publiciste de reprendre son fils auprès de lui.

 

L'après-midi passa à une vitesse folle si bien que lorsque Brian rentra de Kinnetik Jennifer était encore là.

 

-Bonsoir, fit-il avec un sourire à celle qu'il avait toujours apprécié.

-Bonsoir Brian, répondit Jennifer avec un sourire chaleureux. Bon, je vais y aller, dit-elle en se levant.

-Tu veux manger avec nous ? Demanda Justin.

-Non je te remercie chéri mais Molly et Tucker doivent m'attendre...

-D'accord.

-Prend soin de toi mon bonhomme, repris Jennifer en prenant Justin dans ses bras, je t'aime très fort, murmura-t-elle dans ses cheveux.

-Moi aussi maman. Merci, merci pour tout, répondit Justin les yeux fermés.

 

Jennifer embrassa son fils sur le haut de la tête et se leva. Elle prit son sac, sa veste et Brian la raccompagna jusqu'à l'entrée.

 

-Prenez soin de lui Brian, dit-elle tout bas en posant une main sur celle du brun.

-Je vous le promet.

-Au revoir, passez une bonne soirée.

-Vous aussi.

 

Brian referma la porte et se tourna vers le salon d'où Justin ne le quittait pas des yeux.

 

-Alors Sunshine on à passé la journée avec maman ? Dit-il avec un sourire espiègle.

 

Justin opina. Brian s'approcha de lui contourna le canapé et vint s'asseoir en face de lui.

 

-Toi, ça va ? Demanda-t-il avec une mine soucieuse fixant encore les marques de coups.

 

Le blond opina une deuxième fois. Il parcourra la distance qui les séparait et s'installa sur ses genoux entourant ses hanches de ses jambes. Il passa ses bras autour de son cou, passant ses doigts dans les mèches brunes. Il plongea ses yeux dans le regard de Brian.

 

-Quoi ? Demanda doucement Brian intrigué par l'attitude de son partenaire.

-Rien, murmura Justin avant de poser ses lèvres sur les siennes.

 

Le jeune homme choisit de ne rien dire sur les récentes révélations de sa mère. Si Brian n'avait pas tenu à lui en faire la confidence jusqu'ici, Justin respectait ce choix.

 

Les révélations viendraient quand elles viendraient, plus rien ne les pressaient désormais. Ils avaient toute la vie devant eux.

 

Justin se serra davantage contre le corps aimé approfondissant le baiser les doigts entortillés dans les mèches brunes. Il n'avait pas besoin de plus si ce n'était de lui.


Audali09  (11.10.2014 à 02:24)

Il était 7h du matin, Anne sortait de sa douche, s'essuyant le corps avec une serviette. Si ces nouveaux amis de Pittsburgh et ceux plus anciens étaient pour la plupart des bombes sur pattes Anne n'avait rien à envier à ses comparses masculins.

Mince, élancée, un corps de sportive, brune à souhait légèrement bouclée, une bouche pulpeuse, un nez fin, deux grands yeux verts qui lui mangeait le visage avec gourmandise.

 

Les hommes se retournaient sur son passage, les femmes avec des regards de jalousie ou d'envie.

 

Son arrivée à Kinnetic avait été remarquée ; à croire que Brian Kinney n'engageait que de séduisants collaborateurs.

 

Tout en enfilant son short adidas et son débardeur en prévision de son activité favorite après son boulot ; courir, elle pensait à son stage à Kinnetic.

Anne en était persuadée, ce stage était une véritable opportunité. Tout au long de son cursus, même si ce qu'elle étudiait la passionnait, elle n'avait jamais su dans quelle branche elle souhaitait s'orienter.

Le bonheur des études supérieures.

Quand Brian, qu'elle connaissait à peine, lui avait proposé un stage de fin d'études dans sa boîte de communication Anne avait été sceptique. Qu'est ce qu'en tant que diplômée de la finance allait-elle pouvoir y faire ?

 

Mais quand on travaillait avec Brian Kinney on touchait quasiment à tout. Il n'y avait que le département création qu'elle avait vu de loin.

Pour ce qui était du reste elle était étroitement accompagnée par Théodore Schmidt et le PDG. Ce n'était donc plus seulement les portes du département financier qui s'ouvrait devant elle mais celle de l'entreprise, son fonctionnement, le management d'une équipe, le partenariat le tout saupoudré d'une formation intensive en publicité.

Anne n'y aurait jamais cru mais c'était un domaine extraordinairement intéressant et il fallait dire que Brian excellait en la matière, c'était pour elle un réel plaisir de le voir à l’œuvre, de travailler avec lui, de le voir évoluer dans son entreprise et dans ce monde de publicité dont il semblait détenir toutes les clés jonglant avec adresse entre les différentes entreprises, les slogans plus accrochant les uns que les autres, subtils ou non mais toujours vendeurs.

 

Elle débutait dans ce monde de requins mais elle se voyait pourtant bien continuer à manger de ce pain là. Un sourire fendit son visage.

 

Anne se fit une queue de cheval haute qu'elle tressa ensuite, enfila ses tennis, accrocha sur son biceps droit l'étui noir qui maintenait en place son i-pod. Pour une adepte de la course comme elle une vraie petite merveille que cette invention là. Elle glissa les écouteurs dans ses oreilles et appuya sur play.


Elle claqua la porte de son petit appartement et sortit démarrer ses deux heures de course. Pendant ces moments-là sa tête se vidait totalement, les chiffres arrêtaient de tourner, elle ne pensait plus à rien.

Après sa carrière c'était son activité fétiche, le sexe hors catégorie bien sûr.

Elle s'élança dans la rosée du matin éclairée par un soleil qui commençait sa course.

 

 

O0o0o0o0o0

 

 

Mollie Taylor assise à une table du dinner près de l'entrée travaillait derrière une montagne de livres aux noms indéchiffrables pour un non adepte et attendait quelqu'un.

 

Elle adorait étudier. D'aussi loin qu'elle se souvienne elle avait toujours aimé ça. Toujours de bonnes notes, un diplôme au lycée obtenu avec brio et désormais ses études supérieures qu'elle avait attendues presque en trépignant. Mollie s'éclatait.

 

Cette jolie blonde aux yeux clairs, portrait craché de sa mère et par extension de son frère Justin, avançait dans la vie avec ses propres armes sous le regard fier de sa famille.

 

-Bonjour ma chérie, entendit-elle, quel plaisir de voir une jolie plante comme toi dans cette gargote.

 

Elle leva le nez de son cahier pour tomber sur Debbie Novotny, serveuse en chef du dinner, gilet arc-en-ciel et cheveux rouges au-dessus d'un large sourire franc et généreux qui mastiquait avec force un chewing-gum.

Mollie devint rouge comme une pivoine en entendant le compliment.

 

-Tu es seule ?

-Non...non, répondit Mollie timidement, j'attends quelqu'un...

-Le prince charmant peut-être, répliqua Debbie avec un petit rire.

 

La jeune Taylor vira au cramoisi, ses joues s'enflammant comme de la paille au contact du feu.

 

Debbie regarda cette petite avec tendresse. On ne pouvait pas se tromper celle-là comme son double masculin était un petit de sa désormais amie ; Jennifer.

Elle ne l'avait vu qu'à de rare occasions comme noël ou le mariage l'année dernière des garçons mais cette jeune femme gagnait à être connue, porteuse de pleins de promesses.

 

-Debbie ! C'est pour aujourd'hui ou demain le café ?

-Eh, s'exclama avec force Debbie faisant sursauter Mollie, tu vois la grosse machine noire derrière le comptoir ça s'appelle une machine à café alors lève ton gros derch et le faire ce putain de café si tu peux pas attendre !

 

Autour du dit ''gros derch'' ses trois amis s'esclaffèrent comme des baleines alors que le principal intéressé se tassait sur la banquette verte fluo.

 

Debbie se retourna vers Mollie sans se départir de son sourire.

 

-Et toi ma jolie qu'est ce qui te ferait plaisir ? C'est la maison qui régale.

-Merci madame Novotny mais je n'ai pas très faim, répondit doucement Mollie.

-Ah oui ? Demanda Debbie en posant ses poings sur ses hanches penchant la tête sur le côté.

-Finalement peut-être que si, répliqua Mollie qui ne savait pas trop si elle devait rire ou être mortifiée.

-A la bonne heure, c'est bien d'étudier mais tes cellules grises tourneront plus vite le ventre plein foi de Debbie Novotny ! Qu'est ce que je te sers poupée jolie ? Demanda Debbie en dégainant son stylo rose à plumes.

-Je veux bien le dessert du jour...

-Et une tarte au pomme avec une bonne tasse de chocolat chaud avec des petits marshmallows sur le dessus ça te va ?

-Oui, merci beaucoup, répondit Mollie.

 

Cette petite était décidément un amour pour le cœur toujours grand ouvert de Debbie.

 

-Je t'apporte ça. Et voilà le prince charmant, dit-elle avec un clin d'oeil en voyant Hunter entrer dans le snack. Bonjour mon chéri ! Comment vas-tu ? Demanda-t-elle en serrant le jeune homme contre sa poitrine.

-Debbie vous m'étouffez.

-Mais tu es tout pâle ! Est ce que tu te sens bien ?

-Oui, oui ça va c'est juste que j'ai couru.

-Ah l'amour n'attend pas, dit-elle avec un rire alors qu'Hunter lui faisait les gros yeux. Installe toi sweetheart je t'apporte la même chose qu'à ta chérie.

 

Hunter secoua la tête en la regardant s'éloigner : Debbie et son exceptionnelle discrétion.

 

-Salut, fit-il en s'approchant de la table.

 

Il déposa un baiser sur la joue de Mollie et s'installa en face d'elle.

Un jour avec ces petits baisers sur la joue Mollie allait faire une crise cardiaque même si secrètement elle rêvait que ces petits baisers aillent ailleurs que sur ses joues rosies par la timidité. Son journal intime était noirci de pages à propos d'Hunter et de ce qu'elle vivait ou pas avec ce dernier. Si Justin était un grand romantique, Mollie l'était puissance dix pensant toujours que de ce monde parfois si pourri l'amour pouvait tout changer, tout transformer.

 

-Ca va ? Demanda le jeune homme en enlevant sa veste.

-Oui et toi ?

-Très bien, répondit Hunter avec un large sourire. Attends t'as un cil sur la joue, dit-il en approchant sa main.

 

Mollie n'aurait pas pu être plus rouge sinon elle allait commencer à sonner comme un gyrophare de pompier. Ah les petits papillons dans le ventre ça lui mettait les jambes en coton.

Reprend-toi Mollie, on se croirait dans Coup de foudre à Rhode Island...

Cette pensée lui tira un sourire.

 

Elle regarda à nouveau Hunter.

 

-T'es sur que ça va ? S'inquiéta-t-elle en le voyant très pâle.

-Oui.

 

Mollie fronça les sourcils.

 

-Promis, s'écria le jeune homme avec un large sourire.

 

La jeune fille le scruta de ses yeux bleus.

 

-Tu travaillais sur quoi ? Demanda Hunter la coupant dans son scanner visuel.

-Les cours de l'année prochaine.

-Tu t'arrêtes jamais ?

-Nan, répondit Mollie avec un regard espiègle, comment je pourrais être la meilleure sinon ?

 

Hunter éclata de rire. Elle commença à lui expliquer ce qu'elle travaillait. Il posa son menton dans sa paume de main. Quand elle parlait de ses études elle était radieuse.

 

Hunter avait rencontré tardivement la sœur de Justin lors d'un repas de famille chez Debbie. Le courant était tout de suite passé. Dans son entourage proche elle était la seule dans sa tranche d'âge. Depuis le lycée le jeune homme ne s'était pas fait beaucoup d'amis et la solitude était devenue son quotidien. Il n'en avait pas souffert préférant cette dernière à de mauvaises rencontres qu'il aurait pu faire. Le lycée avait été une période difficile pour lui et son ex petite copine n'avait pas aidée. Il avait beaucoup de mal à accorder sa confiance aux gens qui pouvait l'approcher.

 

Mais lorsqu'il avait rencontré Mollie il s'était trouvé face à quelqu'un de totalement différent. C'était une jeune femme d'une extrême douceur, dévouée, timide, fragile mais déterminée, courageuse et surtout elle ne jugeait personne peut importe qui on était, d'où l'on venait, on ce que l'on pensait de la vie.

 

Avant de sentir des sentiments naître à nouveau chez lui, c'était une amie qu'il avait trouvé chez elle. Toujours à l'écoute, s'en oubliant presque elle même. Lorsque leurs conversations avaient commencées à devenir plus sérieuses, qu'Hunter s'était dévoilé, il avait eut la surprise de voir un regard vide de tout jugement, calme, posé, qui cherchait simplement à comprendre et par dessus tout à aider. Auprès de Mollie il avait trouvé un soutien sans failles.

Hunter ne disait pas tout à son sujet, certaines blessures ne pouvant pas être encore ré-ouvertes et la jeune femme respectait ça.

 

Puis les sentiments avaient fleuris dans son cœur. Il avait commencé par prendre peur avant de peu à peu s'y habituer. C'était une des choses dont il n'avait toujours pas fait part à Mollie. Il avait peur de perdre une amie, d'essuyer un refus. Car si Mollie lui avait apporté du bien être jusqu'à présent, il ne savait rien de ses sentiments à elle. De plus il s'agissait de la sœur de Justin et il craignait la réaction du grand frère.

Hunter traînait tout de même un sacré bagage derrière lui et redoutait donc l'avis de la famille de la jeune femme qui lui faisait face.

 

Mais avant toute chose est ce que Mollie le voudrait sincèrement, lui, le rejeton d'une folle alliée, ancien prostitué, séropositif ? Il y avait de quoi douter et être terrifié.

 

-Et voilà pour vous les amours, s'écria Debbie en posant deux assiettes et deux tasses fumantes au milieu de la table.

-Merci, répondirent-ils en même temps.

 

Debbie les regarda avec un regard attendris, ils étaient beaux à voir. Elle allait avoir du mal à ne pas mettre son grain de sel dans cette histoire.

 

Ils dégustèrent leur part de tarte aux pommes dans un silence agréable entrecoupés de regards échangés. Entre deux bouchées Hunter ressentit une violente douleur dans le ventre. Ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait.

 

-Hunter ça va ? S'inquiéta Mollie en voyant son ami pâlir une grimace sur le visage.

-Ou...ouais...

-Hunter ! S'exclama-t-elle, Debbie ! Debbie venez vite ! S'écria Mollie alors qu'Hunter venait de perdre connaissance, s'écroulant la banquette.

 

 

O0o0o0o0o0

 

 

Ben travaillait à la faculté ce jour là. Ses élèves l'adorait et appréciaient ses cours toujours très riches. Le professeur Bruckner n'appréciait pas que les portables sonnent pendant ses classes à moins d'une urgence. Mais lorsque le sien se mit à vibrer furieusement sur le bureau de l'amphithéâtre et qu'il vit apparaître le nom de Debbie il eût comme un mauvais pressentiment.

 

 

O0o0o0o00o

 

 

Mickael était d'inventaire au magasin lorsque son téléphone sonna. Trier, classer, mettre en rayon était une tâche qu'il avait appris à apprécier en ouvrant sa boutique.

En entendant son interlocuteur parler ses yeux s'écarquillèrent. Il enfila sa veste, laissa tout en plan, ferma son magasin à la hâte et courut vers l'hôpital de Pittsburgh.

 

 

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Mollie était assise dans le hall des urgences la veste d'Hunter sur le bras, sonnée. Elle n'avait rien vu venir. C'est avec soulagement qu'elle vit arriver les parents du jeune homme : Ben et Mickael.

Ce dernier en la voyant la foudroya du regard sans qu'elle comprenne pourquoi.

 

-Mollie ? Demanda Ben.

-Il est avec l'infirmière, dit-elle le menton tremblant. On était au dinner, il s'est évanoui. Je suis désolée Monsieur Bruckner...il avait l'air d'aller bien, je suis vraiment désolée...

-Ne t'inquiète pas d'accord, répondit Ben tentant de rassurer la jeune fille alors que sa propre raison manquait de lâcher.

 

Mickael n'avait pas desserré les dents. L'infirmière qui avait prit Hunter en charge les rejoignit peu de temps après et invita le couple à la suivre. Mollie resta assise, se mordillant la lèvre, rongée par l'inquiétude resserrant contre elle la veste.

 

Ben et Mickael pénétrèrent dans le box ou se trouvait Hunter assis sur un lit d'hôpital.

 

-Est ce que tu vas bien ? S'écria Ben rongé par l'angoisse.

-Ca va Ben, t'inquiète, répondit le jeune homme très pâle.

-Hunter, tenta Mickael coupé par l'arrivée du médecin.

-Bonjour, fit-il, vous êtes les parents ?

-Oui, répondirent en même temps Ben et Mickael.

 

Le médecin ouvrit le dossier qu'il lût dans un silence d'église. Ben et Mickael sous tension, Hunter les yeux baissés.

 

-Bien, fit le médecin en relevant les yeux le regard troublé.

-Docteur qu'est ce qui ce passe ? Demanda Ben qui n'en pouvait plus de cette attente.

-Hunter je vais te poser une question et j'aimerais que tu sois honnête avec moi.

 

Le jeune homme garda les yeux rivés sur ses mains.

 

-Depuis quand as tu arrêté de prendre ton traitement pour le VIH ?

 

Ben et Mickael, interloqués se tournèrent vers le médecin.

 

-C'est bien ce que je pensais, reprit-il, messieurs Hunter à arrêté de prendre son traitement ce qui à affecté son système immunitaire et fait remonter sa charge virale. Ce n'était qu'un évanouissement aujourd'hui mais ça pourrait être beaucoup plus grave demain. Hunter, il est essentiel que tu suives ce traitement rigoureusement.

-Comment ça t'as arrêté ton traitement Hunter ?! S'écria Mickael, qu'est ce que c'est que cette histoire ?

-Est ce que vous pourriez nous laissez s'il vous plaît, demanda Ben la gorge nouée le regard fixé sur son fils, toi aussi Mickael s'il te plaît.

-Mais...

-S'il te plaît.

-Je repasserai plus tard, répondit le médecin en quittant la pièce.

 

Mickael sortit à son tour vexé. En arrivant dans la salle d'attente il vit Mollie qui n'avait toujours pas bougé et fonça sur elle.

 

Resté dans le box avec Hunter, Ben essayait d'assimiler ce que venait de leur dire le médecin. Hunter resté seul avec son père adoptif ne pût retenir bien longtemps les larmes qui roulèrent sur ses joues. Il les essuya d'un revers de main e reniflant.

 

Le professeur prit une inspiration et vint s'asseoir sur le lit près du jeune homme. Il avait la sensation de se voir quelques années plus tôt lorsque le diagnostic était tombé.

 

-Hunter, commença-t-il doucement, parle moi. Depuis quand est ce que tu as arrêté te prendre ton traitement ?

 

Le jeune homme remonta ses genoux contre sa poitrine.

 

-Hunter...

-Pourquoi moi ? Dit-il la voix étranglée. Qu'est ce que j'ai fais pour que ça m'arrive à moi ?

 

La question fût comme un coup de poing dans le cœur de Ben. Si Hunter avait grandit, faisait des études, paraissait heureux ce n'était encore qu'un enfant fauché par la plus terrible des maladies qui pouvait exister. C'était un coup d'autant plus douloureux pour lui que Ben n'avait rien vu. Lorsque son diagnostic à lui était tombé il avait été tout seul pour affronter ça et même si face à la maladie on se sentait souvent seul il aurait déplacé des montagnes pour qu'Hunter qu'il aimait comme sa propre chair se sente mieux, moins seul. Il aurait prit son mal si cela avait pu l'aider. Mais la réalité était bien différente et aussi cruelle soit-elle ils devraient être forts.

 

-Rien, répondit doucement Ben, tu n'as rien fait pour que cela t'arrive. Ce n'est pas de ta faute Hunter.

-Tu crois ?! S'écria violemment le garçon, c'est un juste retour des choses pour moi la pute !

-Tu as été manipulé, on s'est servi de toi pour que tu fasses toutes ces choses mais ce n'est pas de ta faute Hunter, tu n'es pas responsable.

-Qui voudra de moi avec cette merde ?! Je suis foutu ! A quoi ça sert que je prenne toutes ces pilules si je peux mourir demain ?! A quoi ça sert ?! A quoi ça sert ?! Cria presque Hunter alors que les larmes recommençaient à couler. A quoi ça sert que je les prennent si c'est pour me retrouver comme Vic ?!

 

Face à ces paroles terribles Ben se sentait impuissant. Hunter était encore un enfant comment était-il censé vivre avec ça ? Où trouverait-il la force d'avancer malgré tout ?

 

Ben s'approcha de lui et le prit dans ses bras essayant par cette étreinte de lui transmettre sa propre force, sa propre détermination.

 

-Tu n'es pas responsable de ce qui t'arrive, commença-t-il doucement, tu ne dois jamais te sentir coupable. Autour de toi tu as une famille qui t'aime, Mickael et moi t'aimons comme notre fils. Nous t'aimerons toujours que tu sois séropositif ou non. Debbie, Carl, Mickael, moi t'aimerons toujours. Tu n'es pas foutu bien au contraire, tu as toute la vie qui s'ouvre devant toi même si tu devras faire avec cette maladie tu as toute la vie qui s'ouvre devant toi. Et tu dois te battre pour elle comme Vic l'a fait avant nous et bien d'autres aussi. Vic à eu une belle vie, remplie entouré de gens qui l'aimait parce qu'il était Vic et pas parce qu'il était séropositif et c'est pareil pour toi. Nous t'aimons parce que tu es Hunter et pas pour autre chose.

 

Hunter enfoui dans les bras de son père écoutait même si les larmes n'arrivaient pas à se tarir.

 

-Le traitement que tu prend, que je prend aussi est très important parce qu'il permet à ton corps de se battre, de résister contre ce virus. Si ton corps se bat tu ne dois pas l'abandonner mais te battre avec lui. Ce traitement est difficile je sais, mais je sais aussi que c'est grâce à lui que tu pourras réaliser tes projets, découvrir un métier, faire de nouvelles rencontres. Vivre tout simplement. Tu as besoin de ce traitement comme tu as besoin de vivre, comme nous avons besoin de toi parce que nous t'aimons et que nous t'aimerons toujours. Ne t'inflige pas la douleur de croire que tu es coupable ou que plus personne ne voudra de toi parce que ce n'est et ne sera jamais le cas je t'en fais la promesse.

 

-Si tu ne peux pas croire en ça, crois en la vie elle est si précieuse, crois en nous parce que nous serons toujours là pour toi, crois en toutes les découvertes que tu fais chaque jour. Si Vic était là il te dirait la même chose. Tu es jeune, tu as toute la vie devant toi alors bats toi, prends soin de toi et n'ai pas peur parce que Mickael et moi seront toujours là. Si je dois te le rappeler tous les jours je le ferai parce que tu es mon fils, que je t'aime et que je ne te laisserais jamais abandonner.

 

Hunter rendit l'étreinte.

 

Dans la salle d'attente Mickael avait tenu un discours très différent à la jeune femme qui lui faisait face. Mollie avait blanchit terrorisée.

 

Elle se leva donna la veste d'Hunter à Mickael le menton tremblant, les yeux baissés inondés de larmes.

Mollie tourna les talons et partit en courant. Jamais elle ne pourrait oublier les mots durs que l'homme venait de prononcer. Si elle avait cru en Hunter et elle son rêve venait de s'effondrer comme un château de cartes. L'amour ne pouvait peut-être pas tout sauver dans ce monde là finalement.

 

Les Taylor pourraient-ils un jour arrêter de s'immiscer dans la vie Mickael ? Pensa le vendeur de BD alors qu'il regardait la jeune femme s'éloigner le regard dur et froid.


Audali09  (12.11.2014 à 02:27)

Mélanie Marcus souffla un bon coup après que sa cliente ait quitté son bureau. Cette affaire de divorce n'en finissait plus, épuisant l'avocate et sa patience réputée inébranlable. Aucune des deux parties ne voulait céder et l'avocate commençait à se demander si elle n'allait pas donner ce dossier à un collègue. Les enfants qui se trouvaient entre les anciens époux la faisait tenir.

 

Malheureusement cette affaire ne cessait de la renvoyer à sa propre histoire, sa propre vie. La situation entre elle et Lindsay ne cessait de se dégrader. Prises par leurs carrières respectives elles ne se voyaient quasiment plus sauf pour les enfants, ne s'adressait la parole seulement pour discuter travail ou se disputer, quand à leur vie intime elle était devenue inexistante.

 

Leur relation en était arrivée à un stade où la moindre petite remarque virait à l'éclat, les petites habitudes qui auparavant les émerveillaient devenaient sujets d'agacements. Les regards n'étaient plus ce qu'ils étaient et l'avocate ne comptait plus le nombre de nuits où elle n'avait pas dormi tournant et retournant entre les draps avant de finir par se lever.

 

Les fondations de leur foyer semblait s'effriter comme un mur de sable léché par les vagues. Elles se malmenaient sans vouloir se l'avouer, leur couple partait totalement à la dérive. Toute cette frustration et cette colère Mélanie la déversait dans son travail et les affaires qu'elle traitait.

 

L'avocate voulait toujours se battre mais en avait-elle encore la force ?

 

Elle se leva de son fauteuil et s'approcha de la fenêtre qui laissait voir une magnifique journée d'été canadien.

Le Canada...pourquoi étaient-elles venues s'y installer déjà ? Certains jours Mélanie ne savait plus.

 

Si, elle se rappelait à présent, elles avaient quitté un climat dangereux qui s'était installé à Pittsburgh. Elles étaient parties à Toronto pour essayer de reconstruire leur histoire et s'occuper de leurs enfants en famille. Elles s'étaient même mariées légalement peu de temps après être arrivées en territoire canadien.

 

Au milieu des questions incessantes qui tournait dans l'esprit de Mélanie elle se demandait de plus en plus si elles étaient toujours une famille ? Avaient-elles fait le bon choix ?

 

Non, Mélanie se devait d'y croire encore. Elle devait encore un peu se battre. Elles avaient deux magnifiques enfants et elle devait se battre pour ça, parce qu'elle aimait encore Lindsay.

 

-Madame Marcus ?

-Oui Sonya ? Répondit l'avocate à son assistante.

-Votre rendez-vous de midi est arrivé.

-Très bien. Et Sonya ?

-Oui ?

-Annulez mes rendez-vous de cette après-midi je vais partir plus tôt.

-Très bien, répondit l'assistante avec un large sourire franc.

 

Mélanie avait un plan et ferait tout pour que ce dernier marche même si une petite voix au fin fond d'elle même lui criait qu'elle n'y croyait déjà plus.

 

 

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Lindsay tournait elle aussi dans son bureau de la faculté d'arts de Toronto. Elle ne pouvait se sortir de la tête la soirée de l'avant veille.

 

Après une journée de travail intensive, son collègue Rick professeur d'art plastiques et artiste en stand-by, l'avait invitée à boire un verre avant de rentrer dans leurs foyers respectifs.

 

Comme d'habitude, désormais, la conversation avait rapidement tournée sur la vie privée de Lindsay. La professeure avait trouvé auprès de lui une oreille attentive, ce qu'elle avait perdu à Pittsburgh.

Rick avait été tendu toute la soirée ce que la mère de famille avait rapidement remarqué. Après deux verres et beaucoup de confidences l'artiste lui avait avoué ses sentiments dans un discours enflammé mais surtout l'avait embrassé à pleine bouche avant de s'enfuir, gêné par son passage à l'acte.

 

Lindsay de prime abord choquée, avait eu ensuite un sourire idiot sur le visage pendant une bonne dizaine de minutes avant de se rappeler soudainement de sa situation maritale et familiale. Rouge de honte elle avait quitté le bar les yeux fixés au sol. Comme le trajet jusque chez elle lui avait paru une éternité.

 

Les enfants étaient couchés, Mélanie également et un étrange silence régnait dans leur maison ce soir-là. Incapable d'aller dormir Lindsay s'était servi un verre de vin et installée dans le canapé avait tenté de mettre de l'ordre dans ses pensées à la lumière des récents événements.

 

Deux jours plus tard, le chaos régnait toujours dans son esprit. Enfermée dans son bureau pour la pause déjeuner, ses réflexions lui avaient coupé l'appétit. Elle faisait les cent pas ne tenant pas en place, le front barré d'une ride soucieuse.

 

Pourquoi n'arrivait-elle pas à ce sortir ce baiser de l'esprit ? Ce discours passionné et enflammé que lui avait sortit son collègue ? Pis encore pourquoi se sentait-elle comme une adolescente aux prémices de l'amour ? La boule au ventre Lindsay était perdue.

 

Elle alla s'installer dans son fauteuil de bureau et se prit la tête entre les mains.

Lindsay ne s'était pas sentie ainsi depuis sa liaison avec Sam Auerbach.

 

Si elle avait émis des réserves Lindsay avait été heureuse de quitter Pittsburgh pour s'installer avec sa famille au Canada dans un climat plus serein, tranquille. Mélanie et elle avaient laissé derrière elles toute leur vie et avaient tout repris à zéro. Pour les enfants mais aussi pour leur couple qui avait éclaté une énième fois par sa faute. Mais Lindsay doutait désormais.

 

Combien de temps avaient-elles été heureuses à Toronto ? Quelques mois ? Un an ? Et aujourd'hui ?

 

Elle se souvenait encore de l'année après la naissance de Gus, qu'avait-elle dit à Brian ?

« je veux vieillir avec Mélanie, avoir des cheveux blancs... »

Quelques années plus tard que lui avait dit Brian ?

« C'est un fait Linds tout les dix ans tu ressens le besoin de te prendre un coup de queue...rester et se déchirer pour les enfants ? »

Lindsay en aurait pleuré de rage en se remémorant ces paroles. Sa vie était elle arrivée à un stade si critique ?

 

Avec son travail elle avait eu de moins en moins de temps pour sa vie privée, et la situation avec Mél s'était dégradée pour ne pas dire s'étiolait complètement.

La moindre conversation tournait à la dispute, elles n'étaient plus d'accord sur rien. La situation s'était encore dégradée après leur dernier voyage à Pittsburgh et la dispute avec les garçons.

 

Habituellement elle aurait téléphoné à Brian mais la situation s'était tellement dégradée entre eux qu'ils ne se parlaient plus depuis des semaines. Elle le savait le père de Gus ne ferait jamais le premier pas, quand à Lindsay, elle avait encore leur dispute trop en travers de la gorge pour décrocher le téléphone.

 

A dire vrai elle se sentait exclue de sa vie, comme si elle se trouvait derrière une vitrine s'en pouvoir entrer. Mélanie semblait jongler avec habileté entre leur vie de famille et sa carrière. Lindsay avait toutes les peines du monde pour conjuguer les deux.

 

C'était un comble pour elle qui s'était battue si fort pour construire sa famille, la faire accepter aux yeux du monde. Mais elle avait tellement souhaité que sa situation soit normale aux yeux de tous qu'elle en avait oublié tout le reste.

 

Sa nouvelle carrière, qu'elle aimait vraiment, lui prenait tout son temps, la faisant rentrer tard le soir alors que les enfants dormaient déjà et qu'une Mélanie l'attendait pour lui reprocher une fois de plus ses absences.

 

Que lui avait-elle dit encore il n'y a pas une semaine ?

« Je croyais que quand nous avons fondé notre famille on était deux ! Mais tu es où Lindsay ? Tu as voulu des enfants, assume ! Ce n'est pas quelque chose sur lequel tu pourras revenir ! »

Comme ces mots l'avait blessée. Bien sûr qu'elle avait voulu ses enfants et qu'elle les aimaient alors pourquoi Mélanie lui faisait de tels reproches alors qu'elle avait enfin trouvé sa voie professionnelle ?

 

Lindsay se passa une main sur le visage. Quand elle voyait Mélanie jouer avec Gus et JR elle se sentait si exclue ! Mélanie était exemplaire dans son boulot comme sa vie privée mais elle ?

Lindsay en voulait toujours plus, mais que pouvait-elle avoir de plus ? Sa vie lui convenait-elle totalement à Toronto ?

 

Gus et JR qui ne cessaient de leur demander s'ils pouvaient appeler leurs pères à Pittsburgh, mamie Debbie, mamie Jennifer, parrain Justin, oncles Ted Blake Emmett. Et Lindsay se sentait encore plus exclue alors que Mélanie répondait avec plaisir aux enfants, les encourageant même parfois. Depuis leur mémorable mise au point avec Justin Mélanie était plus attentive aux besoins que ressentait leurs enfants de garder un lien solide avec Pittsburgh.

 

Lindsay était perdue et voilà que maintenant Rick était entré dans sa vie. Ce baiser qu'elle n'arrivait plus à se sortir de la tête et ces mots qui lui avait lancé.

Pourquoi fallait-il que tout soit toujours compliqué ?

 

Un petit coup discret résonna contre sa porte. Elle releva la tête. N'avait-elle pas demandé qu'on ne la dérange sous aucun prétexte ? Alors qu'elle était prête à exploser ! Elle poussa un soupir rageur et se leva, décoiffé.

 

Elle ouvrit la porte brusquement et tomba sur celui qui avait gangrené son esprit.

 

-Salut Lin, fit Rick.

 

Deux jours qu'elle ne l'avait pas vu, fuyant sa présence dans les couloirs, restant muette à ses textos et ses appels. Sa colère retomba alors que son cœur commençait à battre furieusement dans poitrine. Elle s'effaça pour le laisser entrer puis referma la porte derrière lui.

 

A son apparence elle comprit sans mal qu'il n'était pas plus en forme qu'elle. Sa tignasse habituellement coiffé dans un décoiffé artistique retombait mollement sur son crâne. Ses yeux rouges étaient cernés de fatigue. Il engouffra ses mains dans les poches de son jean, le regard rivé sur le sol du bureau.

 

-Tu m'ignores depuis deux jours alors il fallait que je te vois, commença l'artiste devant elle, je sais que tu as une vie, que tu es mariée et je voulais m'excuser pour ce qui s'est passé l'autre soir au bar. J'ai agis comme un idiot, j'aurais jamais dû te dire tout ça et t'embrasser comme je l'ai fais, termina-t-il le regard confus.

 

Lindsay voyait que ses mots lui coûtait.

Pourquoi sentait-elle son cœur s'effriter au fur et à mesure de ses excuses ? Devenait-elle folle ?

 

Dieu seul sût pourquoi elle fit ce qu'elle fit après. Poussée par des démons intérieurs, l'esprit en ébullition, dans un chaos total elle se rua sur lui.

 

Les bouches se cognèrent, les dents s'entrechoquèrent, les mains malhabiles se touchaient, serpentaient sur le corps de l'autre, la frénésie et la folie s'emparaient d'eux. Les langues se rencontraient violemment, les souffles étaient erratiques, les esprits au point mort, le sang cognait à leurs tempes, l'étreinte était animale, sauvage, désirée aussi perplexe que destructrice.

 

Ils glissèrent sur le tapis alors que Lindsay tombait en enfer.

 

 

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Mélanie regarda sa montre : 19h45. Lindsay n'allait pas tarder. Elle vérifia le plat dans le four, alluma les bougies au centre de la table de la salle à manger. Elle se regarda dans le miroir de l'entrée, replaça une mèche de ses cheveux courts qui partait en vrille.

Mélanie était prête, ne restait plus qu'à attendre.

 

Lindsay avait envie de vomir en marchant vers son domicile, un goût de métal lui restait dans la gorge. Qu'est ce qui lui avait pris ? Comment avait-elle pu ?

Elle s'arrêta au milieu de la rue, l'estomac tordu par la douleur. Comment pouvait-elle rentrer chez elle désormais ?

 

Pourtant quelques minutes plus tard la porte d'entrée de leur maison était devant ses yeux. Qu'est ce qu'elle allait dire ? Comment avouer ? Comment dire les mots ?

 

Mélanie dans la cuisine vérifiait la cuisson de ses mets qui cuisaient avec gourmandise, se repaissant par leur aspects du futur plaisir gustatif qu'ils prodigueraient. Elle trépignait d'impatience maintenant. Pour la première fois depuis des mois elle voulait la retrouver pour discuter de tout et de rien, sans dispute, sans cris, juste entre elles. Comme avant : Mélanie et Lindsay. Elle se gratifia d'un sourire dans le reflet que lui jeta la fenêtre devant elle.

 

Lindsay glissa sa clé dans la serrure, les doigts tremblants. Elle devait se reprendre. Elle pénétrait dans la maison quand une délicieuse odeur lui parvint. Elle ôta sa veste et posa son cartable lorsque Mélanie apparût devant elle, magnifique, dans une petite robe noire, légèrement maquillée, un sourire aux lèvres.

 

La professeure aurait voulu s'enfuir en courant, sa conscience pesant sur elle comme une massue. Pourtant elle ne pouvait quitter du regard sa compagne qui visiblement lui avait préparé quelque chose.

 

-Bonsoir, fit Mélanie presque timidement surprise de cette soudaine intimité dans leur petite entrée.

-Bonsoir, répondit Lindsay. Tu...tu m'attendais ?

-Oui. J'ai pensé qu'on pourrait dîner toutes les deux ce soir...

 

Un sourire étira la bouche de Lindsay pour la première fois de la journée oubliant presque ce qu'elle venait de faire.

 

-Je monte me rafraîchir un peu et j'arrive d'accord ?

-Oui, bien sûr, répondit Mélanie.

 

Elle prit tout de même le temps d'intercepter sa compagne avant l'escalier pour lui donner un doux baiser, de ceux qui se connaissent depuis des années. Elle replaça une mèche derrière son oreille. Elle passa doucement une main sur sa joue, avec un regard qui disait vouloir retrouver l'autre.

 

Lindsay monta les marches deux par deux et s'enferma dans la salle de bain, le souffle court.

 

Comment avait-elle pu se comporter comme elle l'avait fait alors qu'une compagne aussi extraordinaire que Mélanie l'attendait chez elles, magnifique, avec un dîner romantique ?

Elle se déshabilla à la hâte pressé de faire disparaître cette odeur de sexe qui lui collait à la peau et se précipita dans la douche pour se laver de la honte qu'elle portait sur elle.

Lindsay se frictionna, s'étrilla pour enlever cette sensation répugnante qui lui vrillait les sens. L'eau était brûlante et sa peau devint très vite rouge.

 

Elle ferma les robinets. Au rez-de-chaussé Mélanie venait de mettre de la musique : Phil Collins.

Avec le poing elle essuya la buée sur le miroir. C'était à peine si elle se reconnaissait. Où était elle ? Perdue entre son mariage, ses deux enfants et l'homme avec lequel elle venait de coucher sur le sol froid de son bureau.

 

Lindsay s'essuya avec une serviette éponge, se frictionna les cheveux qu'elle attacha en queue de cheval. Ne rien laisser transparaître de sa trahison, pas ce soir, elle verrait demain quand il ferait jour.

 

Elle enfila un short et un léger chemisier, se maquilla légèrement, mit du brillant à lèvres et ainsi paré descendit à leur dîner romantique.

 

 

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Allongée nue sur le dos, un bras au dessus de la tête Mélanie ne trouvait pas le sommeil. Près d'elle Lindsay dormait le visage tourné vers elle.

 

La soirée avait été parfaite à tout point de vue. Les discussions avaient été légères, plus riches qu'elle n'aurait cru. Elles avaient bien mangé, esquissé quelques pas de danse au milieu du salon, échangé des baisers. Une soirée romantique, parfaite comme elles aimaient. Elles avaient fait l'amour, se retrouvant pour la première fois depuis des mois, c'était tendre, doux, partagé.

Une soirée parfaite.

 

Et pourtant, Mélanie savait. Elle avait su à la seconde où Lindsay avait pénétré dans la maison. Ce regard, à nouveau ce regard. Encore. Mélanie savait.

 

Incapable de s'endormir, elle enfila un boxer, un débardeur et quitta la chambre conjugale discrètement. Comme Lindsay quelques heures plus tôt elle s'enferma dans la salle de bain. Elle glissa le long de la porte et remonta ses genoux contre elle.

 

Une question incessante comme un bruit assourdissant tournait dans son esprit : pourquoi ?

 

C'est avec une grande surprise qu'elle sentit l'eau couler sur ses joues. Elle toucha ses dernières se croyant dans un rêve mais pourtant elles étaient bien là, ruisselant de ses paupières, sur ses pommettes, ses joues, son menton, son cou.

 

Mélanie n'avait pas pleuré depuis des années.

Brisée, trahie, blessée avait-elle encore la force de se battre ? Arriverait-elle à faire face ?

 


Audali09  (30.01.2015 à 19:09)

L’adrénaline courait dans ses veines, les mains moites serrées sur le volant et pourtant la détermination le poussait davantage. Il était prêt. L’heure de parachever son œuvre. Il était prêt. Il serait le héros, sa juste cause serait reconnue, sa vengeance serait faite. Il se sentait guidé, poussé par une force intense. La folie était là. Il ne serait plus le trouillard, on ne le mettrait plus à genoux, plus d’humiliation, il était le maître.

La symphonie serait parfaite réglée comme une partition.

La découverte de son appartement l’avait forcé à accélérer ses plans mais tout était déjà prêt. L’urgence de la situation lui avait excité les sens l’amenant sans le savoir à commettre sa première erreur. Tout avait été méticuleusement préparé à la moindre minute jusque dans les derniers détails. Le spectacle serait grandiose et il serait là pour le voir, aux premières loges, confortablement installé. La suite ? Peu importe, il aurait atteint son but.

Il était prêt. Un sourire fendit son visage alors qu’il appuyait sur la pédale de l’accélérateur. Cours tu y es presque. Regarde Sunshine, regarde ton monde s’effondrer, regarde le bien car ce sera le dernier.

 

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Carl était assis rédigeant des rapports. La pile qui se trouvait à gauche de son bureau lui promettait une soirée très longue.

-Carl, l’interpella son collègue John en entrant précipitamment dans son bureau. On l’a trouvé !

Le commissaire releva brusquement la tête. L’expression de son collègue confirma à Carl ce qu’il avait deviné : ils avaient trouvé le suiveur de Justin.

-Continuez, lui intima-t-il. -Vous vous souvenez de ces prospectus qu’on a trouvé dans l’appartement, sur ce groupe de parole… -Oui, chercha Carl en fronçant les sourcils, les soldats de… -Les soldats de Dieu, termina le profiler. -Et ? -Eh bien on à leur listing. Un nom, je pense, va vous intéresser.

John tendit deux feuilles agrafées à son supérieur.

-Deuxième page, surligné en jaune.

Le nom sauta aux yeux de Carl et soudain la lumière se fit dans son esprit. Les pièces manquantes du puzzle s’embringuaient parfaitement. Tout se tenait ; le Babylon, la proposition 14, les photos de Justin et de sa famille, la façon dont il avait épié les moindres faits et gestes, la découverte de l’appartement, la voiture qui avait manqué de les renverser. Face à ce nom surligné Carl vit les liens se former.

« Trouvez ce taré avant que ce soit moi qui le fasse… » les mots de Brian lui revinrent en mémoire. 

S’il y avait bien quelque chose à laquelle Carl se fiait c’était son instinct. A cet instant précis le commissaire sentait que ce dernier était le bon, qu’il était sur la bonne piste après des semaines en points d’interrogations. Ce qu’il avait sous les yeux il le savait, ne plairait pas du tout à Brian. Pas du tout.

-Qu’est-ce qu’on fait ? demanda le profiler alors que Carl étalait une carte de la ville sur son bureau.

Il sentait, il savait qu’il était sur la bonne piste. Des fourmis lui parcourait tout le corps comme à chaque fois qu’il était sur le point d’arriver au facteur essentiel d’une enquête. Pourtant les idées se bousculaient dans son esprit, une véritable usine en plein échauffement. Il ne devait pas laisser ses sentiments entrer en jeu. Il devait rester neutre, prendre du recul, voir les choses dans son ensemble et surtout ne pas penser que toute sa famille était impliquée dans cette histoire.

-Carl… -Deux minutes John, laissez-moi deux minutes, souffla le gardien de la paix.

Il prit une inspiration, ferma les yeux une seconde et se recentra. Il devait aller vite, où il fallait. Mettre le doigt au bon endroit et passer à l’action. Deux minutes, Carl avait besoin de deux minutes. Peu à peu calme et sang-froid envahirent de nouveau son esprit.

-Il ne devait pas s’attendre à ce qu’on découvre son appartement, commença le commissaire. -Je suis d’accord. -Il va précipiter les choses. -Et ensuite ? demanda John. -Ensuite ? répéta Carl, s’il réussit qu’elle importance ? Il aura atteint son but, qu’on l’arrête ou non à ce moment-là peu importe puisqu’il aura terminé son plan. Le tout réside donc dans notre capacité à l’arrêter avant qu’il ne termine ce qu’il a commencé. -Mais sa famille ? -Je crois qu’on a dépassé ce stade depuis longtemps. Vous l’avez dit vous-même il est obsessionnel, il ne vit donc que pour son acte et je pense que sa famille, son épouse en l’occurrence, n’est qu’une façade pour lui, un moyen de répondre à une pression sociale. -Vous auriez-fait un excellent profiler, répondit John à la tirade de son collègue.

Carl esquissa un sourire.

-Parlons peu mais parlons bien, reprit-il, il faut agir maintenant. D’abord je veux que vous alliez me cueillir tous ceux qui se trouvent sur la liste des « Soldats de Dieu » on va voir ce qu’ils ont à dire mais je mettrais ma main au feu qu’on va y trouver nos poseurs de bombes de 2005 et nos agresseurs cagoulés. Cuisinez-les et je veux qu’on obtienne des mandats pour des perquisitions de leur lieu de rencontre mais aussi de leurs lieux de vie. On ne laisse rien au hasard. Casier, vie familiale, leurs jobs, leurs derniers bulletins de salaire, leurs allées et venues, s’ils ont une carte de bibliothèque je veux tout savoir. Mettez une équipe là-dessus et je veux que vous soyez aux premières loges, pour voir qui ment et qui dit la vérité.

Le profiler face à Horvat acquiesça.

-Faites venir les gars, demanda le commissaire en appuyant sur un intercom. -Tout de suite monsieur, répondit une voix féminine.

En moins de deux minutes Carl avait ses chefs d’équipe en face de lui. Il répéta ce qu’il venait de dire à un homme grand les cheveux tirant sur le roux qui prit la liste et partit.

-Je veux des hommes ici, là, ici et là, poursuivit Carl en entourant des lieux dans Pittsburgh, emmener les équipes de déminages avec vous et sécurisez moi le périmètre. Je ne veux pas que vous quittiez les lieux sans être absolument certains que rien ne va exploser. Je veux une équipe ici et une autre là. Adams, appelez le commissaire à Toronto, expliquez lui la situation, qu’il envoie une patrouille vérifier à cette adresse que tout aille bien. Miles vous m’appelez toutes les personnes de cette liste, qu’elles viennent en urgence au commissariat pour un entretien avec moi. Pas de détails ce n’est pas la peine de les paniquer c’est clair ? -Oui chef. -Alors c’est parti, tout le monde au travail. Réglez vos radios sur le canal deux. Informez-moi de tout, vous êtes mes yeux et mes oreilles. Allez-y.

L’ensemble des hommes sortit du bureau afin de se mettre le plus rapidement possible aux tâches qui leur avait été attribuées.

-Et vous ? demanda John. -Je me charge de notre ami mais avant cela je veux que vous m’appeliez Brian. Expliquez lui la situation clairement sans dévoiler de nom pour autant, pas encore, j’ai besoin de colmater les brèches avant de dévoiler quoi que ce soit je ne veux pas de bavure. -Très bien. -Quand à moi je vais…commença Carl avant d’être interrompu par la sonnerie de son mobile personnel.

Il regarda l’écran qui s’allumait : Justin calling.

 

0o0o0o0o0o0o0o0o0

 

40 minutes plus tôt…

Justin avait passé l’après-midi à Kinnetic. Il allait mieux et avait pu reprendre le travail. A force de persuasion Brian avait bien été obligé de s’incliner. D’autant plus que Justin avait du retard à rattraper sur le dossier Nike dont l’échéance ne cessait de se rapprocher.

Il filait en voiture sur la route menant à Britin. Finalement Justin avait dû bien reconnaître que trente minutes de trajet n’était pas si énormes, la route était agréable et s’il aimait sa ville d’origine il aimait encore plus s’éloigner pour se retrouver dans leur refuge quelque part à la frontière entre la Pennsylvanie et la Virginie. Il alluma l’autoradio et baissa un peu la vitre côté conducteur.

 

O0o0o0o0o0o0o0o0o0

 

Brian était en pleine réunion Remson pour leur nouvelle campagne de produits pharmaceutiques. Un nouveau complément médicamenteux censé alléger les effets secondaires liés aux trithérapies.

Il était donc en pleine démonstration des nouvelles planches lorsque Cynthia fit irruption dans la salle de réunion.

-Patron une personne au téléphone pour vous.

Brian leva des yeux noirs vers celle qui venait d’interrompre une réunion d’importance capitale.

-Prenez le message, répondit-il durement. -Brian prend cet appel, s’écria Cynthia.

Pour que son assistante ose une telle familiarité devant des clients c’est que l’affaire devait être grave.

Brian la suivit jusqu’à son bureau.

-J’espère vraiment pour toi que c’est important.

Son assistante ne répondit rien et se contenta de lui tendre le combiné.

-Kinney.

Au fur et à mesure que Brian écoutait son interlocuteur son expression se décomposa.

-Appelle Schmitt qu’il prenne la relève avec Remson, s’écria Brian après avoir raccroché. -Il vient de partir. -Trouve quelqu’un ! s’exclama Brian en quittant l’agence précipitamment.

 

O0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0

 

Justin se gara dans l’allée, sortit les clés de sa besace et pénétra dans la grande maison. A la minute où il posa le pied dans l’entrée il sût que quelque chose clochait. Son regard était fixé sur la baie vitrée dans le salon-salle à manger : brisée laissant l’air entrer doucement dans la pièce.

Il alluma les lumières, le verre brisé était répandu dans la pièce et quelques éclats étaient près des marches montant à l’étage.

Les pensées se bloquèrent dans l’esprit de Justin, le sang afflua vers ses tempes, son cœur cognait contre sa poitrine. Il tendit l’oreille cherchant le moindre bruit pouvant signifier la présence d’un étranger dans leur maison. Mais rien hormis le silence ne parvint jusqu’à elles. Un silence lourd qui lui donna la chair de poule. Rien ne semblait manquer dans la pièce hormis le verre de la baie vitrée. Il ne sut pas très bien si ce fut la curiosité ou la peur qui le poussa à monter au premier étage.

En premier lieu il vérifia son atelier, rien n’avait bougé. Malgré lui un petit soupir de soulagement allégea sa poitrine. Il vérifia toutes les autres pièces en terminant par leur chambre et ce qu’il y trouva lui glaça le sang.

Des photos de lui, de Brian, d’eux deux éparpillées aux quatre coins de la pièce. Il marcha sur ces dernières le sang quittant peu à peu son visage alors que l’air commençait à manquer dans ses poumons. En s’approchant de leur lit d’autres photos formaient deux mots : Prêt Sunshine ?

Justin était au bord de la crise d’asphyxie, il était entré chez eux, il était entré dans leur maison, il…Le jeune homme n’arrivait plus à réfléchir, bloqué sur ces deux mots. Prêt pour quoi ? Que se passait-il ? Qu’allait-il lui arriver ? Qu’est ce qui se passait ?

Il trouva cependant la force nécessaire pour prendre son portable dans sa poche et téléphoner à Carl. Ce dernier décrocha au bout de deux sonneries.

-Carl c’est Justin, s’écria le jeune homme sans laisser le temps à son interlocuteur de dire quoi que ce soit. -Je t’écoute, répondit le commissaire. -Carl il est entré chez nous, il est entré, il a laissé des photos dans notre chambre. Il est entré chez nous…

 

O0o0o0o0o0o0o0o0

 

A Pittsburgh le commissaire se redressa.

-Tu es où Justin ? -Comment il a pu entrer Carl ? Comment il a fait ? -Où es-tu Justin ? Où ?! Insista Carl qui sentait son cœur cogner contre ses tempes. -Dans notre maison en Virginie, je… -Tu sors de la maison Justin !! Tu sors tout de suite !! Sors de la maison !! s’écria Carl.

 

O0o0o0o0o0o0o0o0

 

Au milieu de la chambre à coucher, tétanisé, Justin entendait Carl lui crier de sortir.

Que se passait-il au juste là, tout de suite, à cet instant précis ? Qu’est ce qui se passait ? Ce silence écrasant autour de lui. Il s’entendait respirer, il sentait les sueurs froides lui glisser le long du dos, le papier glacé des photographies crisser sous ses pieds. Comme si le temps s’était arrêté.

 

O0o0o0o0o0o0o0o0

 

Quelque part une détonation, une implosion et tout s’envole dans un nuage de poussière et de fumée. Les éléments virevoltent, le bruit sourd, terrible, fuse au milieu d’une nature auparavant si calme. Puis, lorsque tout retombe, le silence reprend ses droits. Tout s’apaise. Lentement les particules de poussière descendent et se consument vers la terre ferme.

Le calme règne à nouveau, comme si rien ne s’était produit, alors que la terre s’est transformée en champ de ruines.

Noir. Le silence, plus un murmure, plus rien. Noir. Tout s’arrête.


Audali09  (12.04.2015 à 01:36)

-Horvat.
-Où est Justin ?!
-Brian…tenta le commissaire à l’autre bout.
-Il est où bordel ??!! -
Dans votre maison en Virginie, Brian on est…

Brian raccrocha et jeta son portable sur le siège passager. Il accéléra et grilla le feu rouge.

-Non mais ça va pas ! hurla un conducteur.

Brian passa son bras par la fenêtre ouverte et lui adressa, en guise de réponse, un superbe doigt d’honneur.

Sortit de la ville, sur la longue ligne droite qui menait à Britin, Brian accéléra faisant rugir le moteur de la corvette. Sur le siège passager, à sa droite, son téléphone vibra. Il l’ignora.

 

Il ne devait pas penser, se concentrer sur la route, garder son sang-froid. Le collègue de Carl ne lui avait pas tout dit, il le savait, mais ce qu’il avait entendu avait suffi pour lui mettre la puce à l’oreille et lui faire comprendre que les choses étaient plus graves que ce qu’on avait bien voulu lui dire.

 

Tout ce qui importait à Brian, désormais, était de voir Justin. Voir qu’il allait bien, qu’il se portait bien, qu’il n’y avait pas de problème, qu’il n’avait pas perdu son sourire. Il se raccrochait à ça de toutes ses forces, de toutes ses émotions dont il n’avait plus aucune maîtrise.

 

Mais c’était peut-être ces dernières qui l’empêchaient de sombrer totalement dans la peur panique, sentiment qui le révulsait. Pour Brian il n’y avait rien de pire que cette sensation de peur panique pour vous rendre aveugle a tout ce qui vous entourait, qui vous tétanisait et vous empêchait de faire quoi que ce soit. Il fuyait ce sentiment comme la peste. Il appuya encore sur l’accélérateur alors qu’il tentait par tous les moyens de maîtriser ses nerfs.

 

En arrivant au manoir il y avait trois voitures de police, gyrophares de sortit clignotant dans tous les sens.

 

Non…non…non…non…non

 

Brian se gara dans l’allée en dérapant, envoyant une volée de gravillons vers Carl qui marchait vers lui le visage grave. Ce n’était pas le moment pour le publiciste de perdre la tête et pourtant il n’en était pas loin. Trop d’émotions en même temps s’entrechoquaient dans son esprit.

 

-Brian, commença le gardien de la paix.
-Où est Justin ? demanda Brian au bord de l’asphyxie physique et mentale.
-Brian essaie de te calmer, nous sommes…
-Quoi ? demanda le brun en braquant ses yeux vers le policier ayant peine à croire que ce dernier venait de lui demander de se calmer.

 

-Brian !

 

Il détourna les yeux de Carl pour voir Justin marcher vers lui en l’interpellant. Descente de la pression, un poids qui d’un seul coup s’allège, un esprit embrumé qui se dévoile, Brian pouvait recommencer à respirer.

 

En quelques pas il était face à son partenaire plus blanc que d’habitude mais en vie. Brian le prit par le t-shirt et l’enferma dans ses bras. Il voulait être sûr. Il sentait son cœur battre contre lui, son corps bouger, son odeur déferler, il allait bien, Brian pouvait arrêter l’apnée. Il relâcha ses épaules et la tension qui les contenaient dans un soupir.

 

Justin se serra contre lui. Il pouvait recommencer à respirer, il était en sécurité, rien ne pouvait l’atteindre ici. Dans ces bras c’était comme si d’un seul coup il oubliait tout ce qui l’entourait, il oubliait les derniers événements, il oubliait ce qui se trouvait dans leur maison au premier étage, il respirait. Il était en sécurité.

 

-Je te laisse cinq minutes, murmura Brian contre son oreille un petit sourire dans la voix, et les flics débarque chez nous.

 

Justin ria doucement, ça faisait du bien de pouvoir rire, surtout à cet instant. Brian ferma les yeux lorsqu’il l’entendit rire. Tout irait bien désormais, tout ne pourrait qu’aller bien. Tant qu’il entendrait le rire de son sonny-boy rien ne pourrait aller mal.

 

-Tu vas bien ? demanda Brian pour être tout à fait sûr.
-Ouais, répondit Justin d’une voix étranglée en se détachant de son compagnon. Il est entré chez nous Brian. Quand je suis rentré tout à l’heure j’ai vu la baie vitrée, elle était brisée, il y avait du verre partout. Je suis monté à l’étage et…

 

Justin s’arrêta dans son récit la bouche sèche.

 

-Et quoi Justin ? demanda Brian.
-Il y avait des photos. Partout. Dans notre chambre, sur le sol, dans le dressing, sur notre lit. Brian, ce cinglé a écrit sur notre lit avec les photos : Prêt Sunshine ?, répondit-il d’une traite. Ça veut dire quoi Brian ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

 

Le brun le regarda sans savoir quoi répondre. La question était si simple mais la réponse si compliquée.
La façon dont Justin lui avait posé ; Brian oubliait parfois que son partenaire était encore si jeune. Si jeune mais pourtant déjà tellement chambardé par la vie, quand cette dernière lui accorderait-elle un peu de paix ? Brian l’ignorait mais pour tout ce que Justin représentait il le méritait.

 

Après leur avoir accordé un temps d’intimité Carl s’approcha du couple.

 

-Bonsoir Brian.
-Carl vous pouvez nous dire ce qui ce passe ?

-Chef ? fit la radio en grésillant dispensant Carl de répondre à Brian.
-Oui ?
-Vous aviez raison, on en a trouvé une. Premier étage, dans la chambre d’enfant. On est arrivé juste à temps chef. Heureusement pour nous le mécanisme n’était pas compliqué, on a pu la désamorcer.
-Parfait, bon boulot les gars, vous me récupérez tout le matériel présent et vous rentrez.
-Ok chef.

 

-Désamorcer quoi Carl ? demanda Brian le teint devenu aussi gris que le gravier qui se trouvait au sol.

 

Le téléphone de Carl sonna le dispensant une fois de plus de répondre. Il poussa un soupir, la nuit allait être très longue.

 

-Horvat.
-C’est Miles.
-Je t’écoute.
-Il y a eu un incident en ville.
-Qu’est ce qui ce passe ?
-Un colis piégé a explosé à l’une des adresses que vous m’avez donnée.
-Laquelle Miles ? -
280 Stanwix Street.
-Nom de…commença Carl, est ce qu’il y a des blessés ?
-Non Chef, l’équipe est arrivée quelques minutes après. Et cet appartement est le seul de l’étage. -Beaucoup de dégâts ?
-Il y en a  mais pas autant qu’en 2005.
-Très bien, venez me faire un rapport au poste dans une heure.
-Bien chef.

 

Carl raccrocha et se passa une main sur le visage. Il allait rejoindre Brian et Justin lorsque son portable se mit à nouveau à vibrer.

 

-Horvat.
-Patron c’est Hodge on l’a attrapé.
-Où ? -
On l’a cueillit à l’aéroport, il s’apprêtait à prendre un vol pour New-York.
-Amenez le moi au poste, je serais là-bas dans moins d’une heure.
-Nous y sommes déjà, on vous attend chef.
-Bien. A tout à l’heure, termina le commissaire en raccrochant.

 

La nuit venait encore de s'éterniser mais pour le moment il devait s’occuper de Brian et Justin qui bientôt allaient être sous le coup de révélations qui risquait fort de les ébranler au plus haut point.


Audali09  (13.04.2015 à 01:23)

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