HypnoFanfics

Not Without You

Série : Queer As Folk
Création : 12.04.2013 à 18h07
Auteur : Audali09 
Statut : Terminée

« La fiction débute à la fin de la saison 5 avant que Michael n'emmène Brian danser dans ce qui reste du Babylon. Suite de la saison 5. Des spoils sont possibles sur l'ensemble des cinq saison » Audali09 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 155 paragraphes

Afficher la fanfic

Justin avait passé un excellent long week-end avec Brian dans les rues de New-York. Anne n'était pas revenue de la semaine leur laissant l'appartement pour eux seuls tout le nouvel an.

 

Ils s'étaient baladé sur Time Square, à Broadway, marché le long du Pont de Brooklyn, échangèrent un baiser dans la torche de la statue de la liberté, burent un café sur la cinquième avenue parlant chaque jour de tout et de rien. Ils passèrent leur nouvel an dans l'appartement, cuisinant ensemble, buvant champagne et faisant tourner quelques pétards que Brian n'avait pas manqué de ramener. La soirée fut une réussite et se termina sur le canapé puis dans le lit de Justin les corps endoloris, repus l'un de l'autre. Ce soir-là Brian s'endormit dans les bras de Justin.

 

 

Justin était maintenant à une semaine de sa première exposition chez Woodward. Il n'avait cessé de travailler depuis que Brian était parti. Il avait commencé à amener ses toiles à la galerie la veille et devait terminer aujourd'hui afin de se laisser le temps de tout agencer à son goût et de faire une petite pause avant le vernissage. Se connaissant il n'allait pas vraiment faire de pause perfectionniste comme il était. Il était surexcité par l’événement qui pointait le bout de son nez. Ça ne pouvait être qu'une réussite.

 

 

 

Deux jours avant le vernissage, Justin modifiait encore la disposition de ses tableaux lorsqu'il eut la surprise de voir Lindsay et Gus débarquer dans la galerie.

 

-Linds ! Qu'est ce que vous faites à New-York ? Demanda-t-il un grand sourire aux lèvres.

 

Ils s'embrassèrent. Il prit Gus dans ses bras qui commençait à faire son poids et firent un petit tour dans la galerie.

 

-C'est toi qu'à fait tout ça Paddy ? Demanda-t-il de sa petite voix.

-Oui mon grand.

-C'est joli.

-Je te remercie, répondit Justin avec un sourire.

-Tu est très mignon toi, dit Élisabeth Cantile en s'approchant du trio.

-Lindsay je te présente Élisabeth avec qui je travaille et qui dirige la galerie.

-Enchantée, répondit-elle en lui serrant la main.

-Élisabeth je te présente Lindsay et son fils Gus.

-Très heureuse de vous connaître, dit-elle avec un sourire.

-Dit moi jeune homme est ce que tu aimes le gâteau au chocolat ?

-Oui madame.

-Je peux ? Demanda-t-elle en direction de Lindsay.

-Bien sur, répondit-elle avec un sourire.

-Allez viens on va laisser ta maman et Justin discuter, termina-t-elle en se dirigeant vers la pièce qui servait de café à la galerie en période hivernale.

 

-Gus à raison c'est magnifique ce que tu as fait Justin, je te félicite !

-Merci, mais ça ne me dit toujours pas pourquoi tu es venue deux jours avant l'expo, répondit-il.

-Tout d'abord parce que j'avais envie de te voir et puis étant celle qui t'as exposé à Pittsburgh je voulais voir le rendu new-yorkais et je ne suis pas déçue.

-Lindsay je te connais tu aurais très bien pu voir ça dans deux jours. Qu'est ce qui ce passe ? Insista-t-il.

-Eh bien...je ne suis pas sûre que Mél et moi puissions venir...finit-elle par dire.

-Ah bon ? Pourquoi ?

-Il y a les enfants et puis tu sais en ce moment Brian et moi ce n'est pas trop ça...

-Oui j'ai vu qu'il y avait comme un froid entre vous à noël mais je ne comprend toujours pas pourquoi...

-Je suppose qu'il me reproche ton départ à New-York. C'est moi qui lui est montré l'article.

-Tu connais Brian, tu sais comment il est, il ne restera pas fâché longtemps. Venez s'il te plaît, ce serait pas pareil sans vous. Et tu connais Mickael s'il ne voit pas sa fille on va en entendre parler pendant des mois et puis ça fera plaisir à Brian de voir son fils. Allez je suis sur que tout se passera très bien ça fait une semaine que je prie et que je ne dors plus pour que tout se déroule comme prévu, dit-il avec un rire.

-Bien chef nous serons là, répondit-elle.

-Merci, dit-il.

-C'est vrai que tu as l'air fatigué, dit-elle.

-M'en parle pas j'ai l'impression que le sommeil est un mythe, répondit-il avec un rire.

-Mais je crois que ça à payé, notamment quand je vois cette toile-ci, indiqua-t-elle impressionnée. C'est lui, je me trompe ?

-Non, répondit-il avec un sourire.

 

Elle se posta devant la toile et contempla plus précisément le travail effectué.

 

La tableau représentait un nu de Brian allongé sur ce qui semblait être le lit du loft.

 

-Quel type de peinture as tu utilisé ?

-Acrylique, répondit-il.

 

Elle continua son étude. Il était allongé sur le dos la jambe droite replié, le bras droit replié sous sa nuque. Son bras gauche était positionné le long de son corps et tenait une pièce de tissu blanche qui couvrait à peine les parties intimes. L'ensemble de la composition était assez sombre. L'arrière plan était un fondu de noirs, marrons très sombres, une pointe de vert foncé et des touches de bleu marine de-ci de-là.

 

Les contours du corps étaient réalisés avec la technique du sfumato. Léonard de Vinci utilisait cette technique qui rendait les contours de ses personnages comme la célèbre Joconde légèrement flouté comme si de la fumée caressait les contours des sujets.

 

Les détails étaient poussés à leur extrême notamment au niveau des mains, des jambes, des pieds. Tout était reproduit fidèlement des ongles aux mèches de cheveux brunes.

 

Ce qui saisit le plus Lindsay était le visage de Brian. Son regard était perçant et fixait le spectateur qui n'arrivait plus à en détacher son regard. L'iris avait été travaillé très finement avec des tons de marrons, d'or très recherchés. Le regard était très énigmatique à la fois dur et tendre, violent et doux, sauvage et sensuel. L'expression était très intense.

 

De tous les travaux de Justin c'était certainement sa plus grande réussite et le plus qui se détachait de son style habituel.

 

L'ambiance générale de la composition était très énigmatique, mystérieuse, à la limite du fantastique. L'érotisme qui s'en dégageait était poussé à son extrême tout en conservant une certaine intimité. Il s'en dégageait une grande finesse, une certaine douceur, une violence, une profonde virilité. La toile était à la fois terriblement dérangeante mais aussi terriblement sensuelle de part la position et l'intimité masculine suggérée.

 

Une fois de plus Lindsay fut impressionnée du talent du jeune artiste. Elle était totalement subjugué, emballé par l'ambiance que dégageait le tableau.

 

-Cette toile est une véritable merveille, dit-elle en se tournant vers lui. Tout ton travail d'ailleurs est magnifique, termina-t-elle.

-Merci Lindsay ça me touche beaucoup.

-Je ne le dirai pas si c'était faux, répondit-elle avec un clin d’œil.

-J'ai un peu de temps libre cette après-midi je t'invite à prendre un café à la maison ?

-Tu es sûr que tu n'es pas occupé ?

-Non, non c'est bon. Allez venez.

 

Ils se dirigèrent tous les trois vers l'appartement d'Anne et passèrent la fin d'après-midi ensemble.


Audali09  (29.04.2013 à 18:13)

Le grand jour était finalement arrivé et depuis deux heures il se tournait et se retournait dans son lit. Lorsqu'il entendit Anne dans la cuisine il se leva comme piqué par une aiguille. Il se précipita dans la cuisine.

 

-Bonjour l'artiste, dit-elle, tu es bien matinal.

-Il est 10h...

-Tu serais pas un peu stressé toi ? Dit-elle avec un petit sourire.

-Moi ? Pas du tout !

-Mais bien sur...

-T'as du café ?

-Toujours, répondit-elle avec un grand sourire.

-Mmh...trop bon, dit-il après une première gorgée.

-J'imagine que tu vas partir très vite à la galerie...

-T'as tout compris ...

-On parle pas la bouche pleine, dit-elle avec un clin d'oeil.

-Oui maman, répondit-il avec un sourire.

 

Après s'être préparé il partit pour la galerie emportant sous le bras sa tenue pour la soirée.

 

-Tu viens au vernissage ce soir ?

-Bien sur, répondit-elle, je ne raterai ça pour rien au monde.

-Les autres viennent ?

-Lisa et Max seront là, Béa et Louise aussi mais je sais pas pour Miranda et Steph et Tony et Anthony. On le saura ce soir.

-Et Aristide ?

-Là aussi, je viens donc je vais le traîner avec moi, termina-t-elle avec un sourire.

-Okay, à ce soir alors, dit-il en lui faisant la bise.

 

Il sortit rapidement de l'immeuble, héla un taxi et prit la direction de la galerie Woodward. Il entra en trombe dans le bâtiment, monta sa tenue au troisième et redescendit pour poursuivre la mise en place de ses toiles. Il en changea en grande partie la disposition qui ne correspondait pas à ce qu'il voulait.

 

-Bonjour Justin, dit John Woodward en entrant dans la galerie. Les artistes qui arrivent avant le patron c'est nouveau ça...

-Bonjour John, je tenais pas vraiment en place à la maison en fait, répondit-il en souriant.

-Et tu avais envie de changer toute ta dispo aussi visiblement...

-Pas tout...enfin presque...et puis j'ai fait amené ma dernière toile ce matin, dit-il en indiquant le nu de Brian.

 

John Woodward s'en approcha et la regarda pendant plusieurs minutes.

 

-J'aime beaucoup, ça dénote avec ce que tu faisais habituellement mais j'aime beaucoup. Je pense sans aucun doute qu'elle rencontrera un franc succès auprès des invités de ce soir et des acheteurs potentiels.

-Euh... John en fait...

-Bon tu m'excuses je dois aller bosser, le coupa John.

 

Il n'est pas à vendre...aurait voulu dire Justin.

 

Il continua jusqu'à la fin de la journée et monta se préparer pour le vernissage. Il enfila une chemise blanche et une veste noire en lin.

 

Il tenta de faire un nœud de cravate et comme à chaque fois la tentative se termina par un lamentable échec. Et Brian n'était pas là. Agacé et stressé il jeta la cravate, ouvrit un peu les boutons du haut et descendit tel quel.

 

Les invités commencèrent à arriver vers 20h et la bande Pittsburgh arriva dans les premiers.

 

-Salut Chéri, l'interpella Emmett.

-Salut Em'

 

Toute la bande était présente Mickael, Ben, Mélanie, Lindsay, les enfants, Ted, Blake et Emmett.

 

-Debbie et ma mère ne sont pas là ? Demanda Justin.

-Le boulot, répondit Mickael.

-Ah, d'accord...

-Soit pas trop déçu, elles auraient vraiment souhaité être là, poursuivit Mickael.

-Je sais, et Brian ?

-En retard darling, répondit Emmett, c'est tendance d'arriver...

-En retard, je sais...répondit Justin avec un sourire.

-En tout cas félicitations c'est du très beau travail Justin.

-Merci Blake.

 

Tout le monde acquiesça.

 

-Vous avez vu la toile principale ? Demanda Lindsay avec un sourire.

-Oh oui, mon God c'est une vraie réussite, répliqua Emmett.

-Ah bon ? Où ça ? Demanda Ted.

-Au fond, répondit Justin avec un sourire.

 

Ted, Blake, Mickael et Ben se dirigèrent vers le fond de la galerie.

 

-Bonsoir Michel Ange !

-Salut, répondit Justin, je suis content que vous soyez-là. Les amis je vous présente Lisa, Max, Louise, Béatrice, Anne ma coloc et Aristide mes amis new-yorkais. Je vous présente Mélanie, Lindsay, leurs deux enfants Gus et JR et Emmett.

-Salut, se dirent-ils en chœur.

-Ils sont trop mignons, dit Max devant Gus et JR. Je peux ? Demanda-t-il en indiquant la petite.

-Je t'en prie, répondit Mélanie.

-T'es trop mignonne toi, dit-il en regardant la petite JR, tu viens faire un tour avec Max ?

 

La petite lui donna un sourire en guise de réponse. Gus tira sur sa jambe de pantalon.

 

-Tu viens avec nous ?

 

Il acquiesça.

 

-Sympa ton ami, dit Mélanie à Justin.

-Il adore les enfants, il arrête pas de me tanner pour en faire, rétorqua Lisa.

 

Tout le monde éclata de rire. Les quatre garçons revinrent du fond de la salle d'expo.

 

-Génial, commenta Ted à l'attention de Justin. J'en connais un qui va être content.

-Qui ? Demanda Louise.

-Brian ! Répondirent-ils tous en chœur.

 

Une ambiance bonne enfant régnait et Justin était ravi, il ne manquait plus que son homme.

 

Soudain il repéra un jeune homme avec une veste foncée, les cheveux bruns bouclés, un petit bouc qui regardait ses toiles les mains dans les poches.

 

C'est pas vrai, qu'est ce que tu fous là...

Emmett le vit rejoindre l’élément qui n'allait pas tarder à venir perturber la charmante soirée du premier vernissage de Justin.

 

-Bonsoir Ethan.

-Salut Justin, répondit ce dernier tout sourire.

-Qu'est ce que tu fais là ?

-J'ai entendu parler de ton expo par un ami, je me suis dit que ce serait sympa de venir voir. Ça fait plusieurs années qu'on ne s'est pas croisés. J'espère que ça t'embête pas, en tout cas bravo c'est une vraie réussite continua-t-il toujours avec le même sourire.

 

Justin se détendit un peu, il fallait juste que Brian ne débarque pas maintenant. Pour la première fois depuis que Justin le connaissait il souhaitait vraiment qu'il arrive le plus en retard possible.

 

-Qui est-ce ? Demanda Lisa à Emmett en indiquant Ethan.

-Ce mec est un cataclysme, une catastrophe nucléaire, un paquet d'emmerdes, répondit-il.

 

Lisa leva un sourcil interrogateur.

 

-L'ex de Justin : Ethan Gold.

-Attend...le violoniste ? Mais je croyais...

-Qu'il était hétéro ? Il est tout ce qu'il y a de plus gay chérie !

-Pourquoi un paquet d'emmerdes ?

-Oulà l'affaire Ethan Gold toute une histoire...

-Je t'écoute.

-Bon je vais te la faire courte sinon on en à pour la nuit. Approche-toi j'ai pas envie que tout le monde m'entende, murmura-t-il. Bon il y a maintenant 5 si je me souviens bien, Justin s'est fait agressé par un camarade de classe...

-Ca je le sais on en a parlé un soir où j'étais chez Anne, le coupa-t-elle.

-Bon, après son agression Brian l'a beaucoup aidé à se remettre. Le couple Brian/Justin à toujours été très chaotique et particulièrement à cette époque là. Justin voulait des choses, Brian d'autre enfin bref c'était la crise et il faut dire qu'à l'époque Brian n'était pas aussi stable que maintenant enfin ça c'est une autre histoire.

Lorsque la situation à commencé à être vraiment tendue entre eux Ethan est entré en scène. Justin et lui ont commencé à sortir ensemble plus ou moins en cachette jusqu'au jour où Mickael, il l'indiqua discrètement du doigt, crache le morceau à Brian. Après ça ils se sont séparés. Ca été difficile pour Brian même s'il ne voulait rien laisser paraître.

Enfin bref tout ça pour dire que ce mec là est un sacré paquet d'emmerdes et qu'il à foutu le boxon dans leur couple à l'époque.

-Je comprend mieux maintenant, répondit Lisa les sourcils froncés.

-Oui et là tu vois c'est carrément l'apocalypse en approche, dit-il en indiquant un homme brun, veste noire qui venait d'entrer, voilà Brian.

-Aie... répondit Lisa.

-Comme tu dis oui...

 

A cet instant Justin tourna les yeux vers Emmett avec une expression qui signifiait clairement « au secours venez me sauver ». Ce dernier lui fit les gros yeux et indiqua discrètement l'entrée du doigt. Justin tourna la tête et lorsqu'il vit Brian il perdit son sourire et se décomposa peu à peu. Brian le fixait depuis l'entrée, les mâchoires crispées avec un regard qui n'annonçait rien de bon.

 

Il quitta le violoniste et se précipita vers lui. Un sourire étira ses lèvres alors qu'il allait dire quelque chose, mais il fut coupé net dans son élan.

 

-Je vois qu'on s'amuse bien ici, dit Brian sur un ton froid.

-Attend Brian, je savais même pas qu'il devait venir, je vais t'expliquer... commença Justin qui sentait le désastre venir.

-Je me casse, continua-t-il de plus en plus glacial.

-Brian tu vas pas me laisser tout seul, attend...

-Je te laisse pas seul tu m'as l'air très bien accompagné, répondit-il sur un ton sarcastique.

-Attend Brian... Brian ! L'interpella-t-il.

 

Mais ce dernier tourna les talons, sortit et sans un regard pour Justin monta dans sa corvette et démarra en trombe. Il disparut dans la nuit.

 

Ce que Justin ignorait c'est qu'avant que Brian ne quitte les lieux il avait croisé le regard d'Ethan qui lui avait adressé un grand sourire assorti d'un clin d'oeil. Et ce signe était tout sauf amical.

 

Justin demeura devant la porte les bras ballants. Jusqu'à aujourd'hui tout allait bien et sa carrière commençait à démarrer. Mais ce soir-là toute sa vie privée venait de s'effondrer comme un château de cartes.


Audali09  (29.04.2013 à 23:48)

Justin voulut rejoindre Ethan et lui dire ce qu'il pensait clairement de sa personne et du bordel qu'il venait de mettre. Mais entre temps Mél et Lindsay l'avait gentiment éconduit du vernissage.

 

Il avait encore du mal à réaliser ce qui venait de se produire. Pourquoi avait-il réagi si violemment ? Justin savait que Brian détestait Ethan mais de là à quitter l'expo aussi précipitamment il ne comprenais pas. Il décrocha son portable et composa son numéro. Il tomba sur la messagerie.

 

Pour le moment il ne pouvait pas vraiment y penser il devait terminer son vernissage. Il essaya de faire bonne figure le reste de la soirée. Il se devait à ses amis et aux invités présents. Mais son esprit ne cessait d'être accaparé par l'absence de Brian. Il avait vraiment besoin de lui ce soir-là et il n'était pas là. Il essayait vainement de se concentrer sur ce qu'on lui disait alors qu'intérieurement il ne ressentait qu'un grand vide.

 

Ses amis le voyaient faire des efforts pour essayer de tenir le cap et ils se sentaient mal pour lui. Mais ils ne pouvaient rien y faire.

 

Justin rencontra de nombreuses personnalités du milieu, des artistes et revit le critique français qui l'avait soutenu dans ArtForum.

 

Il vit cependant arriver la fin du vernissage avec un grand soulagement. Il avait mal à la tête et n'avait qu'une envie : aller se coucher et se réveiller du cauchemar qui venait de se produire. Il avait tant attendu de cette soirée.

 

Sa première exposition avait été un succès sur le plan artistique, relationnel, commercial mais avait été un véritable désastre pour sa vie privée.

 

Il quitta ses amis et rentra à l'appartement. Sur place il alla s'enfermer dans sa chambre. Sans même se déshabiller il s'enroula dans sa couette et composa à nouveau son numéro. Il le composa cinq fois, dix, vingt fois à la fin il ne comptait plus. Brian ne répondit jamais. Il s'endormit d'un sommeil agité.

 

-Justin...Justin...réveille toi...

-Anne ? Murmura-t-il d'une voix rauque.

-Bonjour, répondit-elle.

-Il est quelle heure ?

-12h... je t'ai apporté ton café, dit-elle en lui tendant une tasse fumante.

-Merci...murmura-t-il.

-Comment tu te sens ?

-C'était juste un mauvais rêve, hein ? Demanda-t-il.

 

Elle pinça les lèvres et baissa les yeux. Justin posa sa tasse sur la table de nuit, se recoucha et se retourna vers le mur enfouissant sa tête sous la couette. Anne poussa un soupir. Elle prit le café, se leva et sortit en fermant doucement la porte. A sa sortie elle prit le téléphone et appela la galerie.

 

-Allô ?... Oui, bonjour pourrais-je parler à Monsieur Woodward ?... Merci je patiente...Monsieur Woodward ? Bonjour je suis Anne la colocataire de Justin Taylor je vous appelais pour vous informer que Justin ne pourra pas venir à la galerie aujourd'hui...non non rien de grave il à du prendre froid en rentrant hier soir...oui...bien sur...pas de soucis je lui dirai...je vous en prie...merci bonne journée à vous aussi...

 

Anne raccrocha et poussa un soupir. Elle appela Daphnée qui n'avait pas plus de nouvelles qu'elle au sujet de Brian. Elle reposa le combiné et commença à travailler sur l'îlot dans la cuisine. Elle devait commencer à préparer ses examens.

 

Le regard perdu dans le vide il alluma une cigarette et regarda la fumée s'échapper vers le plafond. Il n'arrivait toujours pas à comprendre ce qu'il ce passait. Il avait beau ce faire et se refaire le film dans sa tête il ne voyait pas. Bien sur que Brian détestait Ethan mais pourquoi avait-il réagi si violemment alors qu'il savait que cette soirée était très importante pour Justin ?

 

Il devait faire quelque chose mais ne savait pas vraiment quoi. Le jour où il recroiserait Ethan ce dernier regretterait certainement d'être né. Et puis non il ne devait pas s'abaisser à ce petit jeu, il devait enfouir sa colère pour mieux apprendre à la gérer, la mettre dans un coin de sa tête et l'oublier.

 

Il passa l'après-midi et une bonne partie de la nuit à cogiter et à chercher une solution.


Audali09  (30.04.2013 à 15:18)

Il partit tôt ce matin là. Il était entré en trombe dans la cuisine où Anne se trouvait encore entrain de travailler.

 

-Any je peux t'emprunter ta voiture ?

-Oui, pourquoi qu'est-ce qui ce passe ? Demanda-t-elle d'une voix fatiguée.

-Je vais à Pittsburgh voir Brian, répondit-il.

-Quoi, maintenant ?

-Oui. S'il te plaît ?

-Bon bah vas-y mais fais attention sur la route, dit-elle en lui lançant ses clés.

-Merci.

 

Il descendit les marches quatre à quatre et monta rapidement en voiture. Il fila à vive allure sur l'autoroute espérant trouver des réponses au bout du chemin.

 

Il arriva à Pittsburgh en début de matinée. Devant l'immeuble de Brian sa voiture était encore là ce qui signifiait qu'il n'était pas encore partit pour Kinnetic. Il prit l'escalier trouvant l’ascenseur trop lent. Alors qu'il arrivait un mec sortait du loft qui visiblement n'était pas venu pour parler affaires. Le cœur de Justin eut un raté. Il entra dans le loft où Brian finissait de se préparer et nouait sa cravate.

 

-New-York ! Qu'est-ce que tu fais si loin de chez toi ? Demanda-t-il assez froidement.

-Il faut qu'on parle Brian.

-J'ai pas le temps je dois aller bosser. Oublie pas l'alarme en partant, salut ! Dit-il en sortant.

-Brian !

 

Mais la porte se refermait déjà sur lui. En deux jours c'était la deuxième fois que Brian lui tournait le dos si froidement.

 

Il patienta toute la journée, à tourner en rond.

 

Pour la première fois il ne se sentait pas à l'aise dans le loft. Il sentait l'orage arriver et malheureusement il ne s'attendait pas à une bonne fin.

 

Lorsqu'il était revenu de sa relation avec Ethan, Brian n'en avait plus jamais parlé. Mais Justin, lui, savait que d'une part il le détestait mais que de surcroît cette relation l'avait bien plus fait souffrir qu'il ne voudrait jamais l'admettre.

 

A l'époque où il s'était mis avec le violoniste, Brian et lui sortaient d'une période difficile : son agression. Il se rendait compte à présent qu'il avait demandé des choses à Brian qui était dans l'incapacité de lui donner. Il avait tout vu de son agression, se souvenait de tout et Justin avait failli mourir dans ses bras. Il venait de comprendre ce que Brian avait pu ressentir en le voyant tout sourire à la galerie avec Ethan.

 

La colère laissa place à la culpabilité. Comment avait-il pu être aussi insensible? Ne pas comprendre ça ?

 

Lorsque Justin s'était remis de son accident Brian avait toujours été présent, à l'écoute sans jamais broncher. Et lorsque son tour était venu de panser ses blessures, sa culpabilité, les images qui le hantait Justin lui avait demandé des choses qu'il était incapable de lui donner dans l'immédiat. Choses que Justin avait quelque part trouvées avec Ethan même si la fin s'était terminée en désastre.

 

Alors que Brian ne l'avait jamais laissé seul, l'avait soutenu et aimé à sa façon Justin l'avait totalement abandonné sans comprendre la situation. Et là, à sa première expo qui était d'une importance capitale pour lui et à laquelle il voulait rendre Brian fier il s'était retrouvé avec Ethan Gold tout sourire à échanger les banalités de la vie.

 

Ethan le mec qui représentait toute cette partie sombre de leur relation qu'ils essayaient d'oublier depuis des années.

 

Justin comprenait mieux la réaction de Brian. Mais voilà Brian Kinney ne parlait pas de ces choses là préférant tout garder pour lui et c'était rarissime lorsqu'il s'ouvrait. Au fur et à mesure des années Justin avait appris à lire entre les lignes mais une fois de plus une chose qu'il n'avait jamais vue venait de s'éclairer dans son esprit.

 

Il s'assit au bar, se servit un verre et se prépara psychologiquement à la dispute qui allait inévitablement suivre. Il attendit regardant les minutes et les heures de la pendule s'égrener lentement. La nuit commençait à tomber lorsque Brian rentra enfin.

 

 

-T'es encore là ? Constata Brian en ouvrant la porte.

-Je voudrais qu'on parle, répondit Justin.

-Ah oui ? De quoi ? J'ai rien à dire, dit-il sur un ton froid en prenant une bière dans le réfrigérateur.

-Je voulais m'excuser pour l'expo, je savais même pas qu'il serait là. Je l'ai pas invité, ça faisait des années que je l'avais pas vu, poursuivit Justin.

-Ça y'est t'as fini ? Demanda-t-il sur un ton irrité.

 

Justin commençait à saturer et se leva de son tabouret.

 

-Mais merde Brian ! Qu'est ce que tu veux que je te dises ??!

-Rien.

-C'est toujours comme ça avec toi, toujours rien !

 

Justin commençait à s'énerver.

 

-Désolé que le produit ne soit pas à la hauteur de tes attentes, répliqua Brian.

-Arrête ton cynisme ! Pendant combien de temps tu vas me le faire payer cette histoire ? Pendant combien de temps Brian ?? Je sais qu'à l'époque j'ai fait une connerie mais c'est bon j'ai compris !! Alors arrête de me faire payer un truc qui s'est passé il y a des années ! Je savais pas qu'il serait là et j'aurai franchement préféré qu'il n'y soit pas ! Qu'est ce qu'il faut que je fasse pour que tu me crois ??!

 

Brian eut un rire sarcastique.

 

-T'entends ce que je te dit ??

-Tu vas arrêter de me les briser ?! Je m'en tape de ce mec !

 

Le ton commençait sérieusement à monter entres eux.

 

-Tu t'en tapes ?? Attends une seconde, c'est pas moi qui me suis barré en faisant la gueule que je sache !

-J'ai pas de compte à te rendre, on est pas mariés alors me la joue pas petite femme éplorée ! Répondit violemment Brian.

-Ça t'inquiètes pas, je le sais qu'on est pas mariés !

-C'EST PAS MOI QUI ME SUIS BARRÉ À NEW-YORK POUR JOUER LES GRANDS ARTISTES AVEC TON PAGANINI JUNIOR ! Cria Brian.

-MAIS DE QUOI EST CE QUE TU PARLES ??

-...

-Qu'est ce que tu veux que je fasse Brian ?? QU'EST CE QUE TU ATTENDS DE MOI ??

-Que tu te barres, répondit Brian de façon cinglante et glaciale.

 

Justin reçut sa réponse comme une claque. Il demeura tétanisé plusieurs secondes. Devant lui Brian ne bougeait pas, ne cillait pas. Aucune émotion ne traversait son visage. Justin ne reconnaissait pas l'homme qu'il avait devant lui. Il tourna les talons, pris sa veste, étrangement calme et quitta le loft.

A la sortie il croisa Mickael qui n'avait rien perdu de la dispute. Il passa devant lui sans un regard et descendit les marches avec une rapidité déconcertante.

 

-Brian ? Ça va ? Qu'est ce qui c'est passé ?

-Me fais pas chier Mickael, répondit-il en se dirigeant vers la salle de bain.

 

Il retira sa cravate avec violence et la jeta sur le lit. Il se haïssait pour ce qu'il venait de se passer.

 

Quelques étages plus bas, Justin se précipita dans la voiture d'Anne, jeta sa veste à l'arrière mis le contact et partit sans prendre le temps de mettre sa ceinture. Il se sentait au bord de l'asphyxie. Il prit l'autoroute en trombe. Il mit un cd dans le poste et monta le volume au maximum, il voulait arrêter de penser.

 

Il voulait surtout arrêter d'entendre la phrase qui tournait en boucle dans son esprit.

 

« C'est pas moi qui me suis barré à New-York pour jouer aux grands artistes avec ton paganini junior ! »

 

Alors c'est ce que tu penses Brian ? C'est ce que tu penses de moi ?

 

Dehors une pluie drue et froide commençait à tomber.


Audali09  (30.04.2013 à 15:21)

Justin vit arriver les premières lueurs de New-York avec soulagement, la route était extrêmement glissante et il n'arrivait plus du tout à se concentrer. Son esprit était dans le brouillard, il se sentait totalement sonné.

 

Il trouva une place et le temps de rentrer il était trempé jusqu'aux os. Il prit l'ascenseur et au fur et à mesure que les étages défilaient l'abattement s'insinuait peu à peu en lui. Arrivé devant la porte de l'appartement il se sentait totalement perdu et n'arrivait plus à penser.

 

Anne était dans la cuisine entrain de préparer le dîner lorsque la sonnette retentit. Elle se dirigea vers l'entrée et en ouvrant se retrouva devant un Justin trempé, blanc comme un linge, le regard vide, les yeux creusés.

 

-Justin ?? Qu'est ce qui t'arrive ? Qu'est ce qui c'est passé ?

 

Devant son absence totale de réaction elle le fit entrer et l'emmena dans sa chambre. Elle l'aida à se déshabiller et lui sécha les cheveux avec une petite serviette. Il frissonnait et avait les mains glacées. Il ne la regardait pas et n'avait pas prononcé un seul mot. Il était tel une poupée de chiffon.

 

Il se coucha et se recouvrit de la couette tournant le dos à Anne. Elle ne l'avait jamais vu dans un tel état et ne comprenais pas ce qui se passait. Il resta alité trois jours et tomba malade. Ses anciens cauchemars recommencèrent à la hanter le réveillant en sueur hurlant dans son lit.

 

La situation au fil des semaines s'aggrava.

 

Justin était comme un fantôme errant entre sa chambre et son atelier. Il passait ses journées enfermé dans la terre assis sur un tabouret, voûté, le regard perdu dans le vide. Il s'enfonçait peu à peu dans un mutisme profond où personne n'arrivait à l'atteindre.

 

Depuis son retour de Pittsburgh il n'avait plus prononcé aucune parole et n'avait jamais expliqué ce qui s'était produit là-bas. Il s'éteignait peu à peu. Les phrases tournaient en boucle dans son esprit, l'obsédant.

 

« J'ai pas de compte à te rendre, on est pas mariés alors me la joue pas petite femme éplorée (…) c'est pas moi qui me suis barré à new-york pour jouer les grands artistes avec ton paganini junior !J'ai pas de compte à te rendre, on est pas mariés alors me la joue pas petite femme éplorée (…) c'est pas moi qui me suis barré à new-york pour jouer les grands artistes avec ton paganini junior !J'ai pas de compte à te rendre, on est pas mariés alors me la joue pas petite femme éplorée (…) c'est pas moi qui me suis barré à new-york pour jouer les grands artistes avec ton paganini junior !J'ai pas de compte à te rendre, on est pas mariés alors me la joue pas petite femme éplorée (…) c'est pas moi qui me suis barré à new-york pour jouer les grands artistes avec ton paganini junior !J'ai pas de compte à te rendre, on est pas mariés alors me la joue pas petite femme éplorée (…) c'est pas moi qui me suis barré à new-york pour jouer les grands artistes avec ton paganini junior !.......................»

 

Il n'avait plus de nouvelles de Brian qui de son côté n'en avait pas non plus de Justin.

 

Il n'arrivait plus à penser rationnellement à la situation. Il avait arrêté de peindre et son esprit était vide d'inspiration. Il avait la sensation d'avoir perdu la seule personne qui le maintenait debout. Il se sentait au bord du gouffre et au fil des semaines s'y enfonçait de plus en plus. Il ne voyait plus d'intérêt à rien, plus de couleurs, plus de saveurs, un monde en noir et blanc pluvieux, froid l'entourait.

 

« Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres Que tu te barres............................. »

 

Il était sur la corde raide et un rien pouvait le faire tomber. Il se sentait vide, aucunes larmes ne vinrent couler le long de ses joues, il n'avait plus de forces, plus l'envie de se battre, il était tout seul.

 

« J'ai pas de compte à te rendre, on est pas mariés alors me la joue pas petite femme éplorée (…) c'est pas moi qui me suis barré à new-york pour jouer les grands artistes avec ton paganini junior !J'ai pas de compte à te rendre, on est pas mariés alors me la joue pas petite femme éplorée (…) c'est pas moi qui me suis barré à new-york pour jouer les grands artistes avec ton paganini junior !J'ai pas de compte à te rendre, on est pas mariés alors me la joue pas petite femme éplorée (…) c'est pas moi qui me suis barré à new-york pour jouer les grands artistes avec ton paganini junior !J'ai pas de compte à te rendre, on est pas mariés alors me la joue pas petite femme éplorée (…) c'est pas moi qui me suis barré à new-york pour jouer les grands artistes avec ton paganini junior !J'ai pas de compte à te rendre, on est pas mariés alors me la joue pas petite femme éplorée (…) c'est pas moi qui me suis barré à new-york pour jouer les grands artistes avec ton paganini junior !.......................»

 

Ainsi passa le mois de mars.


Audali09  (01.05.2013 à 20:02)

La situation à Pittsburgh n'était pas plus glorieuse et tous les vieux démons de Brian qu'il avait réussi à enfouir auprès de Justin refaisaient surface. La bête tapie dans l'ombre revenait en force et reprenait sa place originelle.

 

Son humeur taciturne au travail faisait raser les murs à tout le personnel. Seul Ted arrivait approximativement à lui parler sans déclencher ses foudres.

 

Il s'enfonçait de plus en plus dans la solitude et la bande ne faisait plus que le croiser.

 

Le Babylon terminé était redevenu le lieu gay de la ville par excellence mais aussi le terrain de jeu de Brian. Terrain de jeu qui devenait dangereux. Il n'avait pas eu de mal à récupérer sa place de favori.

 

Il finissait la plupart de ses soirées dans l'alcool, la drogue, le Popper remèdes à son oubli et qui l'empêchait de trop penser. Mais même si ces remèdes l'empêchait de penser sa santé en prenait un coup.

 

Comme Justin il s'enfonçait peu à peu. Il ne cessait de revoir la soirée de l'expo et la dispute avec Justin. Et lorsqu'il commençait à comprendre ses torts il ne pouvait s'empêcher de revoir le sourire que Justin avait eu en face d'Ethan Gold. Ethan Gold...il haïssait ce type et ne se souvenait pas avoir jamais hait autant une personne. Il n'était pas rancunier mais dans son cas il lui aurait volontiers mis son poing dans la figure.

 

Justin n'avait pas donné de nouvelles et il en avait fait autant. C'était peut-être finalement comme ça que les choses devaient se passer. Cette dispute était peut-être le signe que les choses devaient s'arrêter et rester où elles en étaient.

 

Justin n'avait plus donné de signes de vie et une fois de plus Brian se retrouvait seul. C'était peut-être ça, il n'avait été qu'une période de sa vie et désormais il fallait tourner la page tout simplement peut-être parce que c'était fini.

 

Brian était hanté par les mots qu'il lui avait dit et il se détestait pour ça. Comment oser imaginer réapparaître devant lui après les propos qu'il avait tenu ?

 

« J'ai pas de compte à te rendre, on est pas mariés alors me la joue pas petite femme éplorée (…) c'est pas moi qui me suis barré à new-york pour jouer les grands artistes avec ton paganini junior ! »

 

Mais il était aussi hanté par ce putain de sourire qu'il avait vu devant ce putain de violoneux à la noix. Ce sourire c'était le sien, le leur, celui qu'il avait lorsqu'il était heureux ou lorsqu'il s'éveillait près de lui le matin,le sourire quand ils dansaient au Babylon, le sourire de la victoire. C'était le sourire qui le réconfortait, le sourire qui disparaissait lorsqu'il était triste, stressé ou qu'il s'énervait. C'était ce sourire, juste ce sourire, le sourire de Sunshine, le rayon de soleil dans les ténèbres.

 

Brian jeta le verre qu'il avait à la main et qu'il alla se fracasser contre le mur d'en face.

Merde...espèce de con...

 

Le serpent de la jalousie s'insinuait en lui comme l'acide. Mais c'était à lui que Justin avait dit oui, vers lui qu'il était revenu lorsque l'autre avait joué aux cons, avec lui qu'il avait voulu fonder une famille, bâtir un avenir commun alors pourquoi cet événement venait-il autant le ronger ? Et pourquoi s'était-il acharné sur Justin ?

 

Qu'est ce qui lui faisait si peur ? Qu'est ce qui l'empêchait de parler ? Qu'est ce qui lui enserrait la gorge de cette façon ? Pourquoi rejetait-il tout ce qu'il ressentait en bloc et sur les autres ?

Bordel...

 

Il avait besoin de lui comme de l'air qu'on respire, besoin de sa présence, besoin de sentir que lui aussi était bien vivant, qu'il n'était plus seul.

Pourquoi avait-il réapparu dans leurs vies ?

 

Il se souvenait encore de son sourire satisfait, de ce clin d’œil qu'il lui avait envoyé avant de sortir comme pour marquer son territoire, sa victoire. Il lui aurait volontiers sauté dessus mais il ne s'abaisserait jamais au niveau de l'autre.

 

Ses ruminations le rendait fou et augmentait une colère sournoise au fond de lui, lui laissant un arrière goût de bile dans la bouche.

 

Il pris sa veste et sortit.

 

L'alcool s'écoulait lentement le long du mur et le verre éparpillé au sol flottait dans une mare liquide transparente.

 

Ce soir-là Brian était dans le pire état qu'il puisse être. Ted le remmena tant bien que mal au loft. Ce fut le début d'une longue série.

 

Ainsi passa le mois de mars.

 


Audali09  (01.05.2013 à 22:02)

Tout était calme et silencieux. Personne dans l'appartement. Dans la salle de bain seule la tête de Justin apparaissait son corps enfouit dans l'eau. Dans l'eau calme de la baignoire seule la lente respiration de Justin venait troubler la surface. Sur le rebord près du robinet en métal reposait des shampoings, du savon, un rasoir qui gouttaient le long de la baignoire. Seule la tombée des gouttes venaient troubler l'intense silence qui régnait.

 

Justin observait la surface plane de l'eau, si calme, si tranquille semblable à son état d'esprit. Le tumulte, le chaos des réflexions étaient passé, il ne restait désormais plus qu'un grand vide, profond, intense, néant. Tout était vide de sens, plus de rationalité, plus de logique, plus de normalité, plus de compréhension, un vide total et sans raison.

 

Peu à peu, au fil des jours, des semaines, l'esprit de combativité l'avait quitté. Il s'était laissé glissé. Il n'entendait plus et ne comprenais plus le monde qui l'entourait. Il se mouvait telle une ombre silencieuse.

 

Surface plane, calme, silencieuse, froide comme son esprit. Juste se laisser glisser, fermer les yeux. Entrer dans une eau profonde, bulle secrète où les tourments n'atteignent pas. Les yeux clos il s’immergea totalement. Il avait la sensation de flotter dans un autre monde, l'eau refroidie contre sa peau. Plus de bruits, plus besoin de penser, ici tout était trop calme.

 

Un indicible mouvement de la main vers la lame, qui vient dans l'eau. Un filet rouge commence à s'écouler et tombe au fond de la baignoire.

 

Au loin le vague murmure d'une porte qui s'ouvre, un prénom. Et puis soudain le contact des mains, le retour à la réalité, à la surface, le calme laisse à nouveau place à la tempête.

 

-Merde Justin qu'est ce que tu foutais ??!!! lui cria Anne. Mais ça va pas dans ta tête ou quoi ??!! continua-t-elle en l'aidant à sortir du bain refroidit, parle moi !! Dit quelque chose !! Qu'est ce que t'allais faire ?? dit-elle en lui arrachant le rasoir des mains. C'est ça que tu veux ??

 

Justin ne répondit rien, se contenta de baisser les yeux et de se rhabiller lentement. Anne vida la baignoire et commença à désinfecter son poignet droit.

 

-Il ne devrait pas y avoir de cicatrice, murmura-t-elle, mais merde qu'est ce qui te prend Justin ??! Répond moi !! Parle !! Mais parle !! cria-t-elle.

 

Il ne répondit rien et se laissa faire docilement alors qu'elle appliquait un pansement. Elle sortit excédée.

 

Avant de quitter la salle de bain il croisa son regard dans le miroir quelques secondes. Il ne se reconnaissait même plus, qu'était-il devenu ? Quel était ce regard ? Ce visage sans émotions ? Il reprit lentement le chemin de l'atelier et retomba rapidement dans le marasme de son quotidien.

 

Dans la cuisine Anne poursuivait la préparation du dîner : Lisa et Max venaient manger ce soir-là ce qui pour être honnête allait lui faire du bien et lui changer les idées. La morosité et l'état dépressif de Justin commençait sérieusement à l'atteindre.

 

Il était 20h30 lorsqu'ils arrivèrent.

 

-Salut Any !

-Salut ma lili, répondit-elle en l'embrassant, salut max.

-Hello, répondit-il.

-On mangera à la cuisine si ça vous embête pas...dit-elle en traversant la salle à manger. Je vous sers quoi ?

-Un martini, répondit Max.

-Deux, poursuivit Lisa.

 

Elle sortit la bouteille du bar et emplit deux verres. Elle se servit un scotch. Elle mit quelques amuses bouches sur la table, vérifia la cuisson au four et s'assit sur un tabouret.

 

-Tchin' dirent-ils en choeur.

-Alors comment vont les deux tourtereaux ? Commença Anne.

-Ça va, répondirent-ils.

-Où ça en ai la recherche d'appart ?

-Ben ça avance on en à visité un dans le quartier de Soho qui nous plaît beaucoup, on doit rencontrer le propriétaire à la fin de la semaine pour le dossier.

-Super ! Et le boulot ?

-Ben moi ça va, j'ai du travail par dessus la tête. C'est impressionnant le nombre de gens qui veulent se faire tatouer en ce moment, répondit Max.

 

Anne eut un petit rire.

 

-Moi ça va aussi, mes examens se passent très bien. J'ai trouvé un super stage dans un très bon cabinet de kiné pour la rentrée, répondit Lisa. Et toi ?

-Ben moi ça va, les exams aussi se passent bien même si pour certains points je m'arrache un peu les cheveux, dit-elle avec un sourire.

-Justin n'est pas là ? Demanda subitement Max.

 

Anne poussa un long soupir en regardant le fond de son verre et perdit son sourire.

 

-Any ça va pas ? Qu'est ce qui ce passe ? Demanda Lisa, inquiète devant son changement d'attitude.

-Eh bien si Justin est là mais au niveau du moral ça va pas du tout, commença-t-elle. Voilà la salade, dit-elle en posant un saladier sur la table.

-Qu'est ce qu'il à ? demanda Max.

-Je suppose que vous vous rappelez du vernissage de février, commença Anne.

-Si on s'en souvient... répondit Lisa en se servant.

-Bon eh bien deux jours après il est parti à Pittsburgh pour je suppose avoir une explication avec Brian et c'est quand il est revenu que les choses ont commencées à se gâter.

-C'est à dire ? Demanda Max.

-Eh bien depuis qu'il est rentré il ne parle plus, c'est à peine si il mange, il passe ses journées entre sa chambre et la serre. Il ne peint plus, il s'est peu à peu enfoncé dans une grande mélancolie.

J'ai plusieurs fois essayé de lui parler, savoir ce qui c'était passé là-bas mais je n'ai jamais pu avoir de réponse. On dirait qu'il est complètement perdu, je ne sais pas où il est mais il est totalement inatteignable. Je sais que les ruptures sont difficiles mais je n'ai jamais vu quelqu'un dans un état pareil et je dois vous avouer que ça me fait peur.

Cette après-midi quand je suis revenue du marché j'entendais rien dans l'appartement et il n'était pas dans la serre ni dans sa chambre. J'ai commencé à m'inquiéter et je l'ai retrouvé dans la salle de bain, dans la baignoire sous l'eau, il avait commencé à s'entailler le poignet droit avec le rasoir. Si j'étais arrivée bien plus tard je ne préfère même pas savoir ce que j'aurai trouvé.

Les seuls moments de la journée où je l'entend c'est lorsqu'il fait ses cauchemars la nuit. J'en suis arrivée à un stade ou je ne sais franchement plus quoi faire...termina-t-elle en vidant son verre.

-Et du côté de Pittsburgh ? Demanda Lisa.

-Je n'ai pas trop d'infos, je sais juste que Brian n'est pas non plus au sommet de sa forme. Mais bon vous savez je ne suis proche que de Daphnée et je connais pas vraiment les autres amis de Justin alors c'est un peu difficile d'aller à la pêche aux infos, répondit-elle.

-Tu as essayé d'appeler Brian ?

-Ça répond jamais, à croire qu'il à oublié qu'il avait un téléphone, termina Anne. Je ne sais plus quoi faire mais je me dit qu'il va finir par se remettre il le faut bien, de toute façon la situation ne pourra pas éternellement rester comme ça...

 

Ils changèrent de sujet et ses amis passèrent la soirée à lui changer les idées. De son côté Justin resta toute la soirée dans la serre et comme à son habitude partit se coucher, s'enfouissant sous la couette.

 

Le mois d'avril débutait et les beaux jours arrivaient. 


Audali09  (02.05.2013 à 22:20)

Assis sur le tapis, le dos appuyé contre le canapé Brian fumait une cigarette, les yeux dans le vague. Dans le loft, l'espace était empli d'une mélodie de jazz. Il tentait de calmer son mal de tête faramineux, résultat de son exploit de la veille au soir.

 

Mickael n'y pouvant plus, voyant son meilleur ami s'enfoncer de plus en plus chaque jour avait finit par cracher le morceau à sa mère. L'expo, le retour et les mois qui avaient suivis.

 

-Y'a quelqu'un ? Demanda Debbie en entrant dans le loft.

 

Habillée de son éternelle polaire orange et armée de son plat de macaronis au thon Debbie entra dans l'appartement pour venir, une fois de plus, à la rescousse des problèmes Kinney.

 

-Le jour où Mickael fermera sa gueule...maugréa Brian.

-Bonjour, dit-elle avec un grand sourire.

-Qu'est ce que vous venez foutre ici ? Demanda-t-il.

-Premièrement je t'apporte à manger et deuxièmement je viens te faire la morale, répondit-elle avec un large sourire.

-Seigneur...murmura-t-il en tirant sur sa cigarette.

 

Elle vint s’asseoir près de lui, posa le plat sur la table basse et sortit un joint de sa poche.

 

-Pour détendre l'atmosphère, dit-elle avec un clin d’œil.

-Vous avez vraiment mauvaise influence, répondit-il.

 

Debbie éclata de rire. Ils fumèrent quelques instants en silence, puis elle redevint soudain sérieuse.

 

-Brian qu'est ce que tu fiches ici ? Demanda-t-elle.

-Ça se voit pas ? Répondit-il sur le ton de l'ironie.

-Joue pas à l'imbécile avec moi ça marche pas. Tu sais parfaitement de quoi je parle. Pourquoi tu n'es pas à New-York ?

-Pourquoi faire...répondit-il sombre.

-Quand est-ce que tu vas arrêter de faire le gamin, répondit-elle en lui donnant une tape sur la tête.

-Aie...ça fait mal, qu'est ce qui vous prend ? Vous me frappez maintenant ?

-Peut-être que ça te rendra plus intelligent, répondit-elle.

-Très drôle, très spirituel, dit-il en se frottant la tête.

 

Elle le regarda avec gravité. Il évitait son regard. Hormis Sunshine s'il y avait bien une personne qui savait vraiment le comprendre et voir qui il était c'était bien Debbie. Dans ce moments-là lorsqu'il la regardait dans les yeux il avait la sensation de s'y voir à travers comme un miroir. Il avait horreur de ça mais surtout redoutait ce qu'il pouvait y voir.

 

-Qu'est ce qui t'as pris de partir du vernissage de Justin de cette façon ? Tu savais que c'était très important pour lui et d'autant plus important que toi tu sois présent.

-Il avait pas l'air si malheureux que ça que je n'y sois pas...

-Alors c'est ça Brian ? Tu lui fais si peu confiance ?

-...

-Pourquoi attaches tu tant d'importance à cet Ethan ?

 

Le visage de Brian se crispa en entendant son prénom.

 

-Oui il s'appelle Ethan et il serait temps que tu acceptes le fait qu'il à fait partie de la vie de Justin et que s'ils veulent rester amis tu devras aussi l'accepter. Mais de là à croire que Sunshine te laisserait tomber pour lui c'est vraiment puérile de ta part. Il était prêt à se marier avec toi alors je suis désolé mon grand, mais Ethan ne fait pas le poids face à ça.

-Comme c'est touchant...

-Arrête de réagir comme un abruti Brian ça ne te va vraiment pas. Justin est venu jusqu'à Pittsburgh pour s'expliquer avec toi et toi qu'est ce que tu as fait ? Tu lui as claqué la porte au nez. Qu'est ce que tu cherches à prouver au juste ?

-J'en sais rien ! Vous avez fini avec vos questions ? Vous avez pas autre chose à faire ?

-Non je n'ai pas terminé et mange !

-Il est 10h du matin, répliqua-t-il.

-Mange ! Ordonna-t-elle.

 

Il prit une fourchette et piqua dans le plat.

 

-C'est bon hein ? Demanda-t-elle avec un sourire.

-Je suis obligé de répondre ? Dit-il la bouche pleine.

-Écoute moi Brian, je sais que tu aimes Justin quoi que tu puisses en dire. Quand à Sunshine il t'aime comme un dingue. Pendant ces 5 dernières années il à toujours été présent, il est toujours revenu, il t'as toujours soutenu dans les bons comme dans les mauvais moments.

Qui t'as sauvé la mise dans l'histoire avec le fils de ta sœur ? Dans l'histoire avec ton collègue de bureau ? Lorsque Mickael et toi ne vous parliez plus ? Ne cherche pas loin va...

 

Brian se retourna vers elle interloqué par ce qu'elle venait de dire.

 

-Il à toujours été là. Il t'as soutenu pendant ton cancer. Il est toujours revenu vers toi, il t'as tout pardonné et Dieu sait qu'à des moments tu as été un vrai salop. Il s'est battu contre son propre père pour défendre qui il était mais aussi parce qu'il t'aimait est-ce que tu te rend compte de ça Brian ?

Il était prêt à abandonner sa carrière à New-York pour être avec toi. Il t'as fallu des années pour accepter le fait que tu puisses l'aimer mais même avec ça il s'est montré patient. Je n'ai jamais connu quelqu'un d'aussi patient que lui.

 

Les sourcils froncés, les yeux fixés sur les poils du tapis il écoutait attentivement ce que lui disait Debbie se sentant de plus en plus accablé à chaque mot.

 

-Vous vous aimez Brian et vous êtes réellement faits l'un pour l'autre. Il est intelligent, mature plus que n'importe lequel d'entre vous mais surtout il est la personne qui t'as apporté le plus de bonnes choses dans ta vie, qui à guéri les blessures, qui à su écouter, qui à su comprendre qui tu étais réellement sans te juger. On ne rencontre pas une telle personne deux fois dans sa vie Brian. Il serait temps que tu te réveilles parce que sinon cette fois tu vas définitivement le perdre. C'est à toi maintenant de te battre pour lui.

Je sais qu'Ethan as toujours été un truc difficile à digérer surtout qu'il est arrivé dans votre vie à un moment difficile, je sais ça Brian et je peux le comprendre mais ne laisse pas tomber Justin à cause de lui. Ne laisse pas le passé vous détruire.

-...

-Je vais te laisser maintenant, j'espère que tu vas réfléchir à tout ce que je t'ai dit et que tu vas agir en adulte, termina-t-elle.

 

Elle se leva, enfila sa veste et se dirigea vers la sortie.

 

-J'ai eu sa colocataire hier soir au téléphone, il ne va vraiment pas bien Brian, dit-elle avant de refermer la porte.

 

Il releva la tête et la regarda partir sans un mot.

 

 

A des centaines de kilomètres de là dans un appartement à Manhattan, Anne préparait le dîner. Une fois de plus elle n'avait pas vu Justin de la journée. Depuis l'épisode de la veille dans la salle de bain elle était réellement sous tension et évitait de trop le laisser seul ou en tout cas à portée de vue. Elle redoutait qu'il ne fasse une connerie.

 

Elle se dirigea vers la serre.

 

-Justin tu viens manger ? C'est bientôt prêt, dit-elle en ouvrant la porte de l'atelier.

 

De dos, les épaules voûtées, le regard fixée au sol, il ne répondit rien. Elle s'approcha de lui.

 

-Justin regarde moi, dit-elle en lui posant la main sur l'épaule, regarde moi, insista-t-elle.

 

Il leva alors vers elle, pour la première fois depuis des mois, ses yeux. Son regard était empli d'une telle tristesse, d'un tel désarroi, d'une telle douleur qu'Anne eut un haut le cœur. Elle prit dans ses bras et le serra aussi fort qu'elle le pût.

 

-Ça va aller Justin, je te promets que ça va aller. Il faut que tu te remettes, il faut que tu ailles mieux, dit-elle en lui prenant le visage entre ses mains, je t'aiderai, je ferai tout ce que je peux mais il faut que tu avances, oublie tout ça. Je sais que tu es assez fort pour le faire. Bats toi Justin. Ne laisse pas tout sombrer.

 

Il ne répondit rien et se contenta de baisser à nouveau les yeux. Anne se releva en poussant un soupir et sortit de la serre. Elle retourna à la cuisine et poursuivit ce qu'elle faisait ne pouvant se sortir de la tête le regard qu'il lui avait lancé.

 

Elle épluchait des pommes de terres lorsqu'on frappa à la porte. Elle s'essuya les mains avec un torchon et se dirigea vers l'entrée son tablier noué autour de la taille.

 

-C'est pas vrai... murmura-t-elle en ouvrant.


Audali09  (05.05.2013 à 15:45)

-Je le crois pas...repris Anne devant la porte ouverte, tu sais que je pourrais te tuer ?! Dit-elle en haussant la voix.

-Bonsoir Anne, répondit Brian.

 

Elle le fit entrer.

 

-Je suis trop fatiguée pour te frapper mais je te jure que c'est pas l'envie qui me manque, dit-elle.

-Je sais, répondit-il simplement.

-Putain je sais pas ce qui t'es passé par la tête ! Poursuivit-elle. Viens, il est par là, dit-elle en traversant la cuisine, le salon puis la terrasse. Je te laisse t'as pas besoin de moi, termina-t-elle en le laissant devant l'atelier.

 

Il resta debout quelques instants devant la porte. Il était angoissé, la gorge nouée, les mains moites. Il ne savait pas ce qu'il allait dire mais ce qu'il redoutait le plus c'était la réaction de Justin. Il prit une lente et profonde inspiration et posa la main sur la poignée.

 

Quand il entra la pièce était plongée dans une semi-obscurité et c'est là qu'il le vit.

« J'ai eu sa colocataire au téléphone hier soir et il ne va vraiment pas bien... » les paroles de Debbie lui revinrent en mémoire mais il ne s'attendait vraiment pas à ça.

 

Sur un tabouret, voûtée, replié sur lui même, Justin était de dos et n'avait même pas réagit en entendant la porte s'ouvrir. Il s'approcha de lui et lorsqu'il le vit de face ce fut pire. Il ne l'avait pas vu dans une telle attitude avec une telle expression sur son visage depuis son agression. Il se sentit encore plus coupable, lâche, un vrai connard...

 

Il s'accroupit face à lui et prit, avec douceur, son visage entre ses mains. Lorsqu'il vit le regard de Justin ce fut pire.

 

Lorsque Justin sentit ses mains il crut qu'il rêvait. Lorsqu'il vit son visage à quelques centimètres du sien, le regard douloureux, il avait la sensation que son corps allait exploser. C'était vraiment lui ?

 

Mais alors qu'il ne s'y attendait pas, tout ce qu'il avait retenu ces longs mois, tout ce qu'il avait enfoui, caché, tus éclatèrent comme une grenade d'amertume. Tout remonta à la surface comme un geyser. Il se leva brusquement et rejeta les mains de Brian.

 

Ce dernier recula devant la violence du geste.

 

-ESPECE DE CONNARD !! T'AVAIS PAS LE DROIT DE ME FAIRE CA !! POURQUOI TU T'ES BARRE DE MON VERNISSAGE ?!! J'EN AI RIEN A FOUTRE DE CE MEC !! POURQUOI TU ME FAIS PAS CONFIANCE BRIAN ??? POURQUOI ???!!! TU M'AS LAISSE TOUT SEUL, TU M'AS TOTALEMENT ABANDONNE !!! TU M'AS MEME PAS ECOUTE !!! TU T'ES BARRE BRIAN !! TU M'AS TOTALEMENT LAISSE SEUL !!! T'AVAIT PAS LE DROIT !!!

 

Il criait, lui martelant la poitrine avec ses mains. Brian finit par réussir à la maîtriser l'enserrant avec ses bras. Il finit par se calmer sans cesser de répéter qu'il n'avait pas le droit de lui faire ça et qu'il l'avait abandonné.

 

-Pardon...murmura Brian dans ses cheveux. Qu'est ce qu'il aurait pu dire d'autre ?

-Espèce de connard, répéta Justin.

 

N'y tenant plus, la pression relâchée il fondit en larmes. Ses larmes représentaient tout ce qu'il n'avait pu dire ces deux derniers mois, toute la peur qui l'avait habitée, l'incompréhension, la fatigue, la douleur, la blessure. Brian resserra son étreinte et se sentit encore plus minable.

 

 

Allongés l'un à côté de l'autre, ils ne se quittaient pas des yeux.

 

-Pourquoi tu me fais pas confiance ? Demanda Justin d'une petite voix.

-Parce que je suis un crétin.

-S'il te plaît Brian...le supplia-t-il.

-Parce que j'ai peur que tu t'en ailles et que tu reviennes jamais. Et quand je t'ai vu avec l'autre je me suis dit que mes craintes étaient fondées. T'es à New-York, moi à Pittsburgh. Je suis plus vieux que toi, sérieusement qu'est ce que tu ferais avec un mec comme moi...murmura-t-il en baissant les yeux.

 

Justin fut touché par sa sincérité. Il ne s'ouvrait pas facilement mais lorsqu'il le faisait il disait totalement les choses.

 

-Je suis avec un mec comme toi parce que je t'aime, répondit-il avec une petite voix, il serait peut-être temps que tu l'admettes. Comme j'ai essayé de te le dire quand je suis venu te voir à Pittsburgh je savais pas qu'il devait venir. On a juste échangé des banalités. C'était vraiment la dernière personne que je souhaitais voir à mon vernissage. C'était toi que je voulais, pas lui, ni personne d'autre, murmura-t-il.

 

Après ces dernières paroles ils ne dirent plus rien. Ils voulaient juste ressentir la présence, le corps, la chaleur de l'autre. Justin commençait à s'endormir lorsque Brian commença à se lever. Il s'agrippa à sa main.

 

-Je serai là quand tu te réveilleras, chuchota-t-il devant son regard.

 

Brian attendit qu'il se soit endormit et sortit doucement de la chambre. Il se dirigea vers la cuisine où se trouvait Anne entrain de travailler. Elle leva les yeux de ses livres lorsqu'il entra.

 

-Un verre ? Demanda-t-elle.

-Je veux bien, répondit-il en s'asseyant lourdement sur un des tabouret autour du bar.

 

Elle l'observa du coin de l’œil. Il paraissait aussi exténué et déprimé que Justin.

 

-Comment vas-t-il ? Demanda-t-elle.

-Il s'est endormit, répondit Brian en buvant une gorgée de scotch. Anne...

-Oui ?

-Raconte moi. Raconte moi tout ce qu'il s'est passé depuis le vernissage.

-Tu es sûr ?

-S'il te plaît, insista-t-il.

-Bien, répondit-elle.

 

Pendant une heure elle raconta en détails tout ce qui c'était passé ces deux derniers mois. La longue descente de Justin, ses cauchemars, son refus de parler, son mutisme. Au fur et à mesure du récit le visage de Brian se décomposait peu à peu. Elle lui fit cependant grâce de l'épisode dans la salle de bain. De toute façon il le saurait bien assez tôt et ce n'était pas à elle de lui en parler.

 

Il regardait le fond de son verre alors qu'elle venait de terminer.

 

-Désolé pour tout ça...

-T'inquiètes pas c'est bon, répondit-elle.

-Non vraiment désolé pour tout ça. Ça n'a pas du être simple pour toi et je te remercie de t'être occupée de lui comme tu l'as fais, termina-t-il en se levant. Bonne nuit...

-Bonne nuit Brian.

 

Il retourna dans la chambre de Justin et s'assit au bord du lit. Il le regarda dormir et passa sa main dans ses cheveux. Je suis tellement désolé mon ange...

 

Il remarqua un petit bandage blanc sur son poignet droit. Piqué par la curiosité il l'enleva délicatement pour ne pas le réveiller. Il aurait préféré ne pas y toucher. En découvrant ce que le pansement cachait il eut un haut le cœur et remis très vite la bande en place sur la blessure.

 

Il se coucha près de lui et le prit dans ses bras. Le nez dans ses cheveux il eut une réaction qu'il n'avait pas eu depuis des années : il pleura. Les larmes glissaient le long de ses yeux fermés, tombant dans les cheveux blonds.

 

Lorsque Justin l'avait senti près de lui il s'était instinctivement réveillé. Il l'entendit pleurer en silence. Il se resserra un peu plus contre lui niché au creux de son cou. Il l'avait enfin retrouvé et le laissa exprimer sa douleur sans lui signifier qu'il était réveillé.

 

Ils s'endormirent retrouvant la chaleur de l'autre, la respiration, les battements de cœur. Ils n'avaient pas aussi bien dormi depuis des semaines. 


Audali09  (05.05.2013 à 17:11)

Justin s'était réveillé le premier ce qui généralement était plutôt l'inverse Brian étant plus matinal que lui. Il avait cru rêver mais non en ouvrant les yeux il était bien là, près de lui. Sur le côté le visage tourné vers lui il dormait la respiration régulière. Justin approcha ses doigts de son visage. Il les passa sur son front, le long de l'arrête de son nez, ses yeux, sa pommette, ses lèvres, son menton, sa nuque. Brian frémit et ouvrit lentement les yeux.

 

-Bonjour, dit Justin avec un sourire qu'il n'avait pas eu depuis des semaines.

 

Sourire que Brian n'avait pas vu depuis des mois. Depuis le vernissage en fait. Justin fut troublé par son air si sérieux.

 

Brian s'approcha de lui et l'embrassa. Il ressentit un milliers de sensation comme s'il avait attendu que cet homme l'embrasse à nouveau depuis des années.

 

Justin enroula son bras autour de sa nuque, la main dans ses cheveux. Il le voulait maintenant, tout de suite, sentir à nouveau sa chaleur, son corps contre le sien. Il lui retira son t-shirt et déboucla la ceinture de son jean. Brian lui retira à son tour son t-shirt et fit glisser son jogging. Il perdit ses mains sur son corps. Sa bouche descendit le long de sa gorge, le long de son torse. Justin s'arqua sous la caresse, sa main agrippa le couvre lit.

 

Il se redressa et entoura sa taille de ses jambes. Ses mains parcouraient son dos. Descendaient le long de sa colonne, remontaient sur ses omoplates, le long de sa nuque. Il sentait son souffle près de son oreille. Brian avait enroulé son bras autour de sa taille la main plaquée sur ses reins. Ils avaient pris le même rythme. Il se sentait vivant, à nouveau entier, revivre. Ils quittèrent la réalité, ils étaient à nouveau ensemble, dans leur monde, dans leur bulle, plus rien n'existait autour. Son souffle s'accéléra.

 

Justin gémit alors qu'une multitudes d'étincelles se répandaient dans son ventre. Il prit sa bouche avec passion mélangeant sa saveur à la sienne. Une goutte de sueur roula le long de son échine et le fit frissonner. Brian resserra son étreinte.

 

Le cœur au même rythme, ils restèrent quelques minutes dans les bras l'un de l'autre. Justin garda les yeux fermés, inspirant son odeur mélange de tabac et de parfum. Brian se rallongea doucement sur lui la tête reposant sur sa poitrine. Justin passait sa main dans ses cheveux, le bras autour de sa taille.

 

Il se sentait au calme, à nouveau lui-même, à sa place.

 

-Brian ?

-Mmh... ?

-Tu voudrais venir voir mon expo ? Demanda Justin.

 

Brian se redressa et le regarda intensément.

 

-Cela va sans dire jeune homme mais là, tout de suite j'ai faim, répondit-il avec une de ses nombreuses expressions énigmatiques.

 

Justin éclata de rire. Il l'embrassa et se leva du lit. Il prit le marcel noir de Brian l'enfila et remit son bas de survêtement.

 

-Hey ! C'est le mien celui-là, l'interpella Brian en indiquant le marcel.

 

Justin revint se mettre sur lui, l'embrassa dans le cou, au coin des lèvres et embrassa totalement sa bouche. Brian frissonna.

 

-Maintenant c'est le mien, si tu veux le récupérer tu n'as qu'à venir me l'enlever, murmura-t-il sans cesser de l'embrasser dans le cou.

 

-Je peux le garder ? T'en a pleins d'autres des comme ça à la maison, demanda-t-il avec une moue d'enfant à laquelle personne ne pouvait résister.

-C'est bon t'as gagné. Tu sais que t'es chiant ?

-Je sais, répondit-il en se levant un sourire aux lèvres fier de sa victoire. Mets un jean sauf si tu veux manger tout nu, dit-il avant de sortir évitant de justesse le coussin que lui lançait Brian.

 

Il entra dans la cuisine où se trouvait Anne entrain de préparer le café.

 

-Salut, dit-il.

-Salut.

-Écoute Any je suis désolé pour ces dernières semaines, ça à pas du être simple. Je comprendrai si tu voudrais que je parte.

 

Elle se retourna vers lui.

 

-Mais bien sur que non qu'est ce que tu vas chercher ! Bien sur que tu peux rester ici, ça va je sais ce que c'est que les histoires de cœur. Mais vous êtes quand même deux tarés, dit-elle avec un sourire, allez viens là, termina-t-elle en lui tendant les bras.

 

Ils s'étreignirent quelques minutes.

 

-Je suis contente que t’aille mieux, tu m'as vraiment fait peur tu sais, murmura-t-elle.

-Merci pour tout Any, répondit-il.

-De rien Michel Ange, répliqua-t-elle avec un clin d’œil en se détachant.

 

Ils prirent leur petit déjeuner, s'habillèrent et partirent pour la galerie.


Audali09  (06.05.2013 à 13:39)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 3

Vanina - Un vicequestore a Catania, S02E03
Dimanche 7 juin à 21:10
2.22m / 13.3% (Part)

Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

HypnoRooms

ShanInXYZ, 01.06.2026 à 20:39

Nouveau mois sur les quartiers Cat's Eyes et Doctor Who, n'hésitez pas à passer

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, 06.06.2026 à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Avant-hier à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Avant-hier à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages